QCM : Introduction à la justice administrative et ses principes — 24 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quand des circonstances exceptionnelles peuvent-elles rendre licite une mesure normalement illégale ?

Lorsqu’elle s’applique de façon permanente
Lorsqu’elle est prise sans contrôle du juge
Lorsqu’elle est nécessaire, proportionnée et liée à une crise réelle
Lorsqu’elle poursuit uniquement un intérêt budgétaire

Lorsqu’elle est nécessaire, proportionnée et liée à une crise réelle

Explication

Les circonstances exceptionnelles peuvent justifier temporairement une mesure normalement illégale si elle est nécessaire, proportionnée et liée à une crise réelle. Le juge contrôle ensuite la réalité et la proportionnalité de la mesure.

2. Dans quelle hypothèse parle-t-on de voie de fait selon la définition actuelle ?

Lorsque l’administration adopte une décision simplement illégale
Lorsque le juge administratif met trop de temps à statuer
Lorsque l’administration commet une atteinte grave à la liberté individuelle au sens strict ou à la propriété
Lorsque l’administration applique une loi contestée

Lorsque l’administration commet une atteinte grave à la liberté individuelle au sens strict ou à la propriété

Explication

Depuis la jurisprudence Bergoend, la voie de fait est limitée à deux hypothèses : l’atteinte grave à la liberté individuelle au sens strict ou l’extinction du droit de propriété. Une simple illégalité ne suffit pas.

3. Quelle réforme de 2000 a réduit l’utilité de la voie de fait ?

La création des procédures de référé devant le juge administratif
La reconnaissance de l’indépendance de la juridiction administrative
L’instauration du contrôle de conventionnalité
La consécration du principe de continuité du service public

La création des procédures de référé devant le juge administratif

Explication

La loi du 30 juin 2000 crée les procédures de référé, permettant d’agir rapidement devant le juge administratif. Cette évolution a diminué le recours à la voie de fait comme mécanisme de contournement.

4. Quelle est la fonction du Tribunal des conflits dans la séparation des autorités administratives et judiciaires ?

Trancher les questions de compétence entre les deux ordres de juridiction
Réexaminer au fond toutes les décisions des juridictions suprêmes
Contrôler la constitutionnalité des lois
Sanctionner les agents publics ayant commis une faute

Trancher les questions de compétence entre les deux ordres de juridiction

Explication

Le Tribunal des conflits sert à résoudre les conflits de compétence entre l’ordre administratif et l’ordre judiciaire afin d’éviter le déni de justice. Il ne contrôle pas la constitutionnalité des lois et ne rejoue pas le litige au fond.

5. Comment définir le droit dérogatoire ?

Comme un ensemble de principes non écrits dégagés par le juge
Comme l’ensemble des règles générales applicables à tous les litiges
Comme des règles réservées exclusivement aux personnes publiques
Comme des règles qui s’écartent du droit commun pour des situations particulières

Comme des règles qui s’écartent du droit commun pour des situations particulières

Explication

Le droit dérogatoire se caractérise par l’écartement du droit commun afin de s’adapter à une situation particulière. Il ne se confond ni avec le droit commun ni avec les seuls principes jurisprudentiels.

6. Quelle est la conséquence du contrôle de conventionnalité sur une loi contraire à un traité ?

La loi est simplement écartée pour le litige concerné
La loi est abrogée automatiquement par le juge
La loi s’impose tant qu’aucune révision n’intervient
La loi devient constitutionnelle par priorité

La loi est simplement écartée pour le litige concerné

Explication

Le contrôle de conventionnalité conduit le juge à ne pas appliquer la loi au litige si elle est contraire au traité. Il ne prononce pas l’annulation de la loi, ce qui le distingue du contrôle de légalité classique.

7. Quel est le principal effet de la conventionnalisation du droit administratif sur la protection des droits fondamentaux ?

Le juge administratif réserve l’examen des droits fondamentaux au seul juge judiciaire
Le juge administratif remplace la CEDH par les principes généraux du droit
Le juge administratif annule systématiquement les traités contraires à la Constitution
Le juge administratif applique directement la CEDH pour apprécier la légalité des actes

Le juge administratif applique directement la CEDH pour apprécier la légalité des actes

Explication

La conventionnalisation signifie que le juge administratif mobilise directement la CEDH pour contrôler les actes administratifs. Il ne substitue pas la CEDH aux PGD et n’annule pas les traités.

8. Que permet l’article 55 de la Constitution en matière de contrôle de conventionnalité ?

De supprimer toute hiérarchie entre les normes
D’écarter la loi contraire à un traité régulièrement ratifié et publié
D’annuler directement la Constitution au profit d’un traité
De remplacer le juge par l’administration

D’écarter la loi contraire à un traité régulièrement ratifié et publié

Explication

L’article 55 donne aux traités régulièrement ratifiés, approuvés et publiés une autorité supérieure à celle des lois. Le juge peut donc écarter la loi incompatible avec le traité dans le litige, sans annuler la loi.

9. Quelle affirmation décrit le mieux l’obligation de neutralité d’un agent public pendant l’exercice de ses fonctions ?

Il peut afficher ses convictions dès lors qu’elles n’affectent pas le service
Il doit défendre publiquement les choix du gouvernement
Il peut exprimer librement ses opinions privées si elles restent modérées
Il doit rester sans parti pris et ne pas manifester ses opinions

Il doit rester sans parti pris et ne pas manifester ses opinions

Explication

L’obligation de neutralité impose à l’agent public de ne pas laisser paraître ses opinions dans l’exercice de ses fonctions. L’expression libre d’opinions ou la défense du gouvernement ne correspondent pas à cette exigence.

10. Quelle condition caractérise le référé-suspension ?

Un doute sérieux sur la légalité de l’acte et une urgence
Une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale
L’existence d’un conflit entre deux décisions définitives
Une demande préalable obligatoire de révision de la loi

Un doute sérieux sur la légalité de l’acte et une urgence

Explication

Le référé-suspension suppose une urgence et un doute sérieux sur la légalité de l’acte. Il a pour effet de suspendre provisoirement l’exécution de l’acte dans l’attente du jugement au fond.

11. Quelle est la finalité principale de la police administrative ?

Punir les auteurs d’infractions pénales
Remplacer le pouvoir législatif en période normale
Régler les litiges entre particuliers
Prévenir les troubles à l’ordre public

Prévenir les troubles à l’ordre public

Explication

La police administrative a pour objet de prévenir les troubles et de maintenir l’ordre public. Elle n’a pas une fonction de sanction pénale, qui relève de la police judiciaire et du juge pénal.

12. Quel apport majeur le juge administratif obtient-il en 1995 dans la construction de la justice administrative ?

La suppression du recours pour excès de pouvoir
Le pouvoir d’ordonner à l’administration d’exécuter une décision
Le pouvoir d’annuler les lois contraires aux traités
Le transfert des pouvoirs de police aux militaires

Le pouvoir d’ordonner à l’administration d’exécuter une décision

Explication

En 1995, le juge administratif obtient le pouvoir d’injonction, ce qui renforce l’efficacité du contentieux administratif. Cela lui permet d’ordonner à l’administration de prendre ou d’exécuter une mesure.

13. Dans la logique de l’article 8 de la CEDH, quelle situation peut conduire le juge administratif à censurer une mesure d’éloignement ?

Une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de la personne
Une absence totale de motivation de l’acte réglementaire
Une contestation fondée uniquement sur un principe général du droit
Une simple contrariété avec une directive interne de l’administration

Une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de la personne

Explication

L’article 8 protège la vie privée et familiale, et le juge peut écarter une mesure d’éloignement si l’atteinte est disproportionnée. Les autres propositions ne correspondent pas au fondement conventionnel visé ici.

14. Que vérifie principalement le juge face à une mesure prise en période de crise ?

Sa nécessité et sa proportionnalité
Sa conformité au code civil uniquement
Sa compatibilité avec les usages locaux
Son utilité politique pour le gouvernement

Sa nécessité et sa proportionnalité

Explication

En situation exceptionnelle, le juge contrôle surtout la nécessité et la proportionnalité des mesures prises. Il n’admet pas une dérogation générale et illimitée aux règles de légalité.

15. Dans quel cas l’état de siège modifie-t-il l’exercice des pouvoirs de police ?

Les pouvoirs de police sont confiés aux seules juridictions administratives
Les mesures de police deviennent impossibles à prendre
Le préfet perd toute compétence sans exception
Les pouvoirs de police sont transférés aux autorités militaires

Les pouvoirs de police sont transférés aux autorités militaires

Explication

L’état de siège entraîne le transfert des pouvoirs de police aux autorités militaires. Cette situation exceptionnelle vise à assurer la sécurité et le maintien de l’ordre public.

16. Quel effet produit en principe le délai de droit commun de deux mois pour former un recours pour excès de pouvoir ?

Il ne s’applique qu’aux recours gracieux et non aux recours contentieux
Il ne commence qu’après une décision du Conseil d’État sur le fond
Il est ouvert indéfiniment tant que l’acte produit des effets
Il court à partir de la notification d’une décision individuelle ou de la publication d’une décision réglementaire

Il court à partir de la notification d’une décision individuelle ou de la publication d’une décision réglementaire

Explication

Le délai de droit commun de deux mois court à compter de la notification pour une décision individuelle ou de la publication pour une décision réglementaire. Les autres propositions contredisent la règle posée pour le REP.

17. Que garantit principalement le principe de continuité du service public ?

Le fonctionnement sans interruption du service public
L’annulation automatique des décisions administratives
La liberté totale de grève sans encadrement
La disparition des obligations des agents publics

Le fonctionnement sans interruption du service public

Explication

La continuité impose que le service public fonctionne sans interruption afin d’assurer la permanence de l’action administrative. Ce principe peut encadrer l’exercice du droit de grève des agents publics.

18. Quel est l’objet principal du devoir de réserve pour un fonctionnaire, y compris hors service ?

Garantir la publication de ses opinions sur les réseaux sociaux
L’empêcher de critiquer toute décision administrative en privé
L’obliger à éviter des propos qui portent atteinte à l’image de l’État
Le dispenser de toute obligation de discrétion en dehors du travail

L’obliger à éviter des propos qui portent atteinte à l’image de l’État

Explication

Le devoir de réserve encadre aussi les propos tenus hors service lorsqu’ils sont susceptibles de ternir l’image de l’État ou de l’administration. Il ne supprime pas toute expression privée, mais limite les prises de position incompatibles avec les fonctions.

19. Quelle est la portée de l’arrêt Dehaene pour les agents publics ?

Le droit de grève est interdit à tous les agents publics
Le droit de grève est admis mais encadré par la continuité du service public
Le droit de grève prime toujours sur toute autre exigence
Le droit de grève ne concerne que les salariés du secteur privé

Le droit de grève est admis mais encadré par la continuité du service public

Explication

L’arrêt Dehaene reconnaît le droit de grève des agents publics, mais sous réserve du principe de continuité du service public. Cela permet à l’administration d’organiser le service pour éviter une interruption excessive.

20. Quel est le rôle du Conseil d’État en matière de contentieux administratif ?

Il juge exclusivement les affaires pénales de l’État
Il est la juridiction suprême de l’ordre administratif
Il contrôle uniquement les actes du Parlement
Il tranche les conflits de compétence entre les communes

Il est la juridiction suprême de l’ordre administratif

Explication

Le Conseil d’État est la juridiction suprême de l’ordre administratif. Il intervient notamment comme juge de cassation ou comme juge de premier et dernier ressort dans certains litiges.

21. Pourquoi le droit administratif est-il qualifié de droit dérogatoire au droit civil ?

Parce qu’il donne à l’administration des prérogatives de puissance publique
Parce qu’il s’applique uniquement aux relations entre particuliers
Parce qu’il interdit à l’administration de conclure des contrats
Parce qu’il remplace toutes les règles civiles par des règles pénales

Parce qu’il donne à l’administration des prérogatives de puissance publique

Explication

Le droit administratif s’écarte du droit civil notamment parce qu’il permet à l’administration d’agir avec des prérogatives de puissance publique, comme l’expropriation. Il ne supprime pas les contrats, mais encadre différemment certaines situations.

22. Quel objectif principal poursuit la finalité du droit administratif ?

Remplacer le droit constitutionnel par des règles techniques
Assurer l’action de l’administration dans l’intérêt général
Écarter tout contrôle du juge sur les actes administratifs
Organiser uniquement les relations entre particuliers

Assurer l’action de l’administration dans l’intérêt général

Explication

Le droit administratif a pour finalité d’encadrer l’action de l’administration au service de l’intérêt général. Il ne vise ni les relations privées ni l’absence de contrôle juridictionnel.

23. Que consacre l’arrêt Dame Lamotte de 1950 en matière de recours pour excès de pouvoir ?

Le recours pour excès de pouvoir reste ouvert même sans texte, sauf disposition constitutionnelle expresse
Le recours pour excès de pouvoir n’existe qu’en présence d’un texte législatif spécial
Le recours pour excès de pouvoir ne vise que les contrats administratifs
Le recours pour excès de pouvoir impose toujours un recours administratif préalable obligatoire

Le recours pour excès de pouvoir reste ouvert même sans texte, sauf disposition constitutionnelle expresse

Explication

L’arrêt Dame Lamotte consacre le principe selon lequel le recours pour excès de pouvoir demeure possible sans texte, sauf exception constitutionnelle expresse. Il ne s’agit ni d’un recours réservé aux contrats ni d’une obligation de recours préalable.

24. Que signifie l’inamovibilité des magistrats administratifs ?

Qu’ils sont élus par les justiciables
Qu’ils échappent à toute règle disciplinaire
Qu’ils sont protégés contre un déplacement contre leur volonté
Qu’ils ne peuvent jamais changer de juridiction pour aucun motif

Qu’ils sont protégés contre un déplacement contre leur volonté

Explication

L’inamovibilité protège les magistrats administratifs contre un déplacement imposé, ce qui renforce l’autonomie de la justice administrative. Elle ne les soustrait pas aux règles disciplinaires ni à toute évolution de carrière.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 24 flashcards sur Introduction à la justice administrative et ses principes.

Obligation de neutralité — définition ?

Impose aux agents publics de rester sans parti pris pendant le service.

Devoir de réserve — rôle ?

Oblige les fonctionnaires à s’abstenir de propos pouvant ternir l’image de l’État.

Neutralité — pendant ou hors service ?

Pendant le service.

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