QCM : Justice et juridictions françaises (17 questions)

Questions et réponses du QCM

1. La justice peut-elle désigner autre chose qu’une institution chargée de rendre des décisions ?

Non, elle correspond seulement à l’application technique des règles
Oui, elle renvoie principalement aux sanctions prévues par la loi
Oui, elle peut aussi exprimer un sentiment et une vertu
Non, elle désigne uniquement les tribunaux et leurs décisions

Oui, elle peut aussi exprimer un sentiment et une vertu

Explication

La justice est à la fois une notion philosophique, un sentiment de juste ou d’injuste et une vertu. La réduire aux tribunaux confond la notion de justice avec les juridictions qui l’appliquent.

2. Quelle est la fonction principale d’une juridiction lorsqu’un litige lui est soumis ?

Représenter une partie afin de défendre ses intérêts privés
Organiser les moyens matériels du service public judiciaire
Élaborer les règles juridiques destinées à prévenir les conflits
Appliquer les règles juridiques pour trancher la contestation

Appliquer les règles juridiques pour trancher la contestation

Explication

Une juridiction applique les règles juridiques afin de trancher un litige ou une contestation, et peut aussi condamner en matière pénale. L’élaboration des règles relève notamment du pouvoir normatif, non de la fonction juridictionnelle.

3. Dans un procès civil, comment appelle-t-on la personne qui engage l’action en justice ?

Le greffier chargé de conserver les actes
Le magistrat chargé de diriger l’audience
Le demandeur ou la partie demanderesse
Le défendeur ou la partie défenderesse

Le demandeur ou la partie demanderesse

Explication

Le demandeur est la personne qui saisit la justice et engage l’action. Le défendeur est la personne contre laquelle cette action est dirigée, tandis que le magistrat et le greffier exercent des fonctions différentes.

4. Quel critère distingue principalement un service public d’une entreprise commerciale ?

Il fournit des prestations financées par des décisions de justice
Il exerce une activité réservée aux autorités judiciaires
Il fonctionne avec des personnels relevant nécessairement de l’État
Il poursuit une activité d’intérêt général sans but lucratif

Il poursuit une activité d’intérêt général sans but lucratif

Explication

Un service public est une activité d’intérêt général qui ne poursuit pas un but lucratif, comme la justice ou l’éducation. La présence de personnels publics ou un financement public ne suffit pas à définir à elle seule un service public.

5. Quelle relation existe entre le ministre de la Justice et les juridictions ?

Le ministre dirige le service public, tandis que les juridictions rendent les décisions
Le ministre représente les parties, tandis que les juridictions rédigent les lois
Le ministre tranche les litiges, tandis que les juridictions administrent les bâtiments
Le ministre prononce les condamnations, tandis que les juridictions exécutent ses ordres

Le ministre dirige le service public, tandis que les juridictions rendent les décisions

Explication

Le ministre de la Justice exerce une autorité sur le service public de la justice, mais il ne rend pas les décisions juridictionnelles. Cette fonction appartient aux juridictions, qui tranchent les litiges et statuent en matière pénale.

6. Quel élément relève notamment des responsabilités du ministère de la Justice ?

La rédaction de toutes les règles applicables aux relations privées
La gestion des bâtiments judiciaires et le pilotage des personnels
La défense individuelle des personnes poursuivies devant les tribunaux
Le jugement des litiges à la place des magistrats des juridictions

La gestion des bâtiments judiciaires et le pilotage des personnels

Explication

Le ministère détient les bâtiments judiciaires et pilote notamment les magistrats, les greffiers et l’administration pénitentiaire. Il ne se substitue pas aux juridictions pour rendre les décisions.

7. Pourquoi les décisions de justice françaises commencent-elles par la formule « Au nom du peuple français » ?

Parce que rendre la justice constitue un exercice de la souveraineté populaire
Parce que les tribunaux exercent une autorité héritée du pouvoir royal
Parce que chaque décision est directement rédigée par le gouvernement français
Parce que la justice repose sur une délégation accordée par une autorité religieuse

Parce que rendre la justice constitue un exercice de la souveraineté populaire

Explication

La formule rappelle que la souveraineté appartient au peuple et que rendre la justice revient à exercer cette souveraineté. Elle ne fonde donc pas l’autorité judiciaire sur un pouvoir divin ou royal.

8. Que désigne l’imperium dans le fonctionnement de la justice ?

Le pouvoir de contrainte permettant d’imposer l’exécution d’une décision
La possibilité pour une partie de contester un jugement rendu
La règle juridique formulée par le tribunal dans sa décision
La compétence d’une juridiction pour examiner un litige déterminé

Le pouvoir de contrainte permettant d’imposer l’exécution d’une décision

Explication

L’imperium est le pouvoir de contrainte grâce auquel la justice peut imposer l’exécution de ses décisions. Il ne désigne pas la règle contenue dans le jugement, mais le pouvoir public qui en assure l’effectivité.

9. Quelle mesure peut permettre l’exécution d’une décision ordonnant le paiement d’une pension alimentaire impayée ?

Une suspension de la décision jusqu’à l’accord volontaire des parties
Une nouvelle négociation privée qui remplace la décision déjà rendue
Une simple demande adressée au débiteur sans intervention des autorités
Une saisie sur le salaire, le compte bancaire ou les biens du débiteur

Une saisie sur le salaire, le compte bancaire ou les biens du débiteur

Explication

L’exécution peut être obtenue par une saisie portant sur le salaire, le compte bancaire ou les biens, avec le recours à la force publique. Une simple demande volontaire ne suffit pas lorsque le débiteur ne paie pas malgré la décision.

10. Quelle transformation décrit le mieux l’évolution historique du pouvoir de juger jusqu’en 1789 ?

Il est passé d’un pouvoir populaire à une justice militaire, puis au monopole de l’Église.
Il est passé d’un pouvoir royal à une justice religieuse, puis au monopole des seigneurs.
Il est passé d’un pouvoir religieux à une justice royale, puis au monopole de la République.
Il est passé d’un pouvoir administratif à une justice parlementaire, puis au monopole du roi.

Il est passé d’un pouvoir religieux à une justice royale, puis au monopole de la République.

Explication

Le pouvoir de juger a progressivement quitté le domaine sacerdotal, s’est sécularisé, puis a été exercé par le roi avant de devenir le monopole de la République en 1789. La justice royale repose sur le pouvoir du roi, tandis que la justice républicaine repose sur celui de la République.

11. Quelle pratique médiévale consistait à utiliser le fer rouge ou l’eau froide comme moyen de preuve judiciaire ?

La vénalité des charges, fondée sur l’achat d’une fonction
Les remontrances, destinées à contester les règles royales
Les ordalies, considérées comme des jugements de Dieu
La séparation des pouvoirs, destinée à organiser les juridictions

Les ordalies, considérées comme des jugements de Dieu

Explication

Les ordalies étaient des jugements de Dieu parfois utilisés comme preuves devant des juridictions civiles, notamment au moyen du fer rouge ou de l’eau froide. La vénalité des charges concernait l’achat d’une fonction de magistrat et non un procédé de preuve.

12. Quel litige relève en principe de l’ordre administratif plutôt que de l’ordre judiciaire ?

Une demande de dommages-intérêts entre deux particuliers
Un recours contre une décision prise par une commune
Une poursuite pénale engagée contre une personne physique
Une contestation d’un contrat conclu entre deux entreprises privées

Un recours contre une décision prise par une commune

Explication

L’ordre administratif connaît les litiges impliquant des personnes publiques, comme les communes, tandis que l’ordre judiciaire traite principalement les litiges entre personnes privées et les affaires pénales. Un contrat entre entreprises privées relève donc en principe de l’ordre judiciaire.

13. Quel ordre de juridictions doit être saisi lorsqu’un propriétaire conteste un arrêté municipal ordonnant la démolition d’un immeuble dangereux ?

L’ordre pénal, car l’état de l’immeuble crée un risque pour autrui
L’ordre administratif, car l’arrêté a été pris par une commune
L’ordre judiciaire, car le litige concerne la propriété d’un immeuble
L’ordre constitutionnel, car la décision touche à un droit de propriété

L’ordre administratif, car l’arrêté a été pris par une commune

Explication

La contestation d’un arrêté municipal relève de l’ordre administratif, car elle met en cause l’exercice d’une compétence par une personne publique. Le fait que le litige concerne un immeuble ou le droit de propriété ne suffit pas à le rattacher à l’ordre judiciaire.

14. Quelle distinction Montesquieu établit-il dans De l’esprit des lois, publié en 1748 ?

Le législatif fait les lois, l’exécutif les met en œuvre et le juridictionnel juge.
Le législatif met les lois en œuvre, l’exécutif juge et le juridictionnel les rédige.
Le législatif juge les litiges, l’exécutif fait les lois et le juridictionnel les met en œuvre.
Le législatif contrôle les tribunaux, l’exécutif vote les lois et le juridictionnel gouverne.

Le législatif fait les lois, l’exécutif les met en œuvre et le juridictionnel juge.

Explication

Montesquieu distingue le pouvoir législatif, qui fait les lois, le pouvoir exécutif, qui les met en œuvre, et le pouvoir juridictionnel, qui juge. La fonction de juger ne doit donc pas être confondue avec la fonction législative.

15. Que proclame l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen d’août 1789 ?

Une société sans représentation nationale ne peut pas adopter de règles administratives.
Une société sans pouvoir exécutif indépendant ne peut pas organiser ses juridictions.
Une société sans garantie des droits ni séparation des pouvoirs n’a pas de Constitution.
Une société sans tribunaux judiciaires distincts ne peut pas protéger les intérêts privés.

Une société sans garantie des droits ni séparation des pouvoirs n’a pas de Constitution.

Explication

L’article 16 affirme que la garantie des droits et la séparation des pouvoirs sont des éléments nécessaires à l’existence d’une Constitution. Il ne subordonne pas cette existence à la seule indépendance du pouvoir exécutif ou à l’organisation des tribunaux judiciaires.

16. Quelle mesure la loi des 16 et 24 août 1790 a-t-elle instaurée concernant les rapports entre justice et administration ?

Elle a chargé les juridictions administratives de trancher les litiges pénaux impliquant des agents publics.
Elle a confié aux juges judiciaires le contrôle général des actes administratifs et des décisions des administrateurs.
Elle a supprimé toute distinction entre les fonctions judiciaires et administratives pour unifier les tribunaux.
Elle a distingué les fonctions judiciaires et administratives et interdit aux juges de juger les administrateurs dans leurs fonctions.

Elle a distingué les fonctions judiciaires et administratives et interdit aux juges de juger les administrateurs dans leurs fonctions.

Explication

La loi des 16 et 24 août 1790 sépare les fonctions judiciaires et administratives et interdit aux juges de troubler l’action administrative ou de juger les administrateurs pour leurs fonctions. Elle contribue ainsi à écarter les juridictions judiciaires du jugement de l’administration.

17. Quel changement intervient en 1872 dans l’organisation du jugement de l’administration ?

Les juridictions judiciaires reçoivent compétence pour juger directement toutes les décisions administratives.
Des juridictions spécifiques, distinctes des juridictions judiciaires, sont mises en place pour juger l’administration.
Les magistrats royaux sont rétablis pour régler les différends opposant les particuliers à l’État.
Les fonctions administratives sont supprimées afin de confier les litiges aux juridictions civiles.

Des juridictions spécifiques, distinctes des juridictions judiciaires, sont mises en place pour juger l’administration.

Explication

En 1872, des juridictions spécifiques autres que les juridictions judiciaires sont instituées afin de juger l’administration. Cette évolution renforce la dualité entre les ordres judiciaire et administratif, plutôt qu’elle ne confie ces litiges aux tribunaux civils.

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Qu'est-ce que la justice selon la philosophie ?

Une notion théorisée par Aristote, Platon et les philosophes des Lumières.

Qu'est-ce qu'une juridiction ?

Une institution qui applique les règles juridiques pour trancher un litige ou condamner en matière pénale.

Comment appelle-t-on la personne qui saisit la justice ?

Le demandeur ou la partie demanderesse.

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