QCM : Libertés fondamentales économiques et sociales — 71 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle approche définit les droits et libertés fondamentaux à partir des valeurs essentielles qu’ils protègent ?

L’approche procédurale, fondée sur les modalités du recours
L’approche substantialiste, fondée sur les valeurs protégées
L’approche institutionnelle, fondée sur l’organisation des pouvoirs
L’approche normativiste, fondée sur le rang de la norme

L’approche substantialiste, fondée sur les valeurs protégées

Explication

L’approche substantialiste identifie les droits fondamentaux par les valeurs fondamentales qu’ils portent. L’approche normativiste s’intéresse plutôt au rang constitutionnel ou conventionnel de la norme qui les énonce.

2. Quelle distinction caractérise le mieux une liberté par rapport à un droit ?

La liberté dépend d’une norme conventionnelle, tandis que le droit repose sur une valeur sociale
La liberté concerne une autorité publique, tandis que le droit protège la sphère personnelle
La liberté protège l’autonomie du sujet, tandis que le droit constitue une prérogative opposable à une autorité
La liberté impose une prestation publique, tandis que le droit organise une abstention individuelle

La liberté protège l’autonomie du sujet, tandis que le droit constitue une prérogative opposable à une autorité

Explication

La liberté donne au sujet un pouvoir d’autodétermination dans sa sphère d’autonomie, tandis que le droit lui attribue une prérogative invocable contre une autorité. Confondre ces notions revient à négliger cette différence entre autonomie et pouvoir opposable.

3. Quelle protection relève de la compétence du juge judiciaire en vertu de l’article 66 de la Constitution de 1958 ?

La protection contre une contrainte physique arbitraire
La protection contre une restriction injustifiée de la liberté de réunion
La protection contre une atteinte à la liberté de la presse
La protection contre une limitation du droit d’association

La protection contre une contrainte physique arbitraire

Explication

La liberté individuelle protège contre la soumission arbitraire à une contrainte physique et sa protection relève du juge judiciaire selon l’article 66. Les autres libertés citées ne correspondent pas à la définition précise de cette garantie constitutionnelle.

4. Quelle condition contribue à la reconnaissance d’un principe fondamental reconnu par les lois de la République ?

Il doit résulter d’une décision juridictionnelle récente et concerner une situation individuelle
Il doit provenir d’une loi républicaine antérieure à 1946 et avoir été appliqué de manière continue
Il doit être inscrit dans une loi adoptée après 1958 et protéger une liberté économique
Il doit être proclamé par un traité international et viser une relation entre États

Il doit provenir d’une loi républicaine antérieure à 1946 et avoir été appliqué de manière continue

Explication

Un principe fondamental reconnu par les lois de la République provient d’une loi adoptée sous un régime républicain avant 1946 et bénéficie d’une mise en œuvre continue. Une décision récente ou un traité international ne répond pas à ces critères historiques et juridiques.

5. Quelle différence oppose principalement le droit-autonomie au droit-créance ?

Le droit-autonomie concerne l’environnement, tandis que le droit-créance concerne les libertés politiques
Le droit-autonomie demande une prestation de l’autorité, tandis que le droit-créance protège une abstention publique
Le droit-autonomie repose sur une norme internationale, tandis que le droit-créance repose sur une norme constitutionnelle
Le droit-autonomie demande une abstention de l’autorité, tandis que le droit-créance vise une prestation publique

Le droit-autonomie demande une abstention de l’autorité, tandis que le droit-créance vise une prestation publique

Explication

Le droit-autonomie protège un pouvoir d’émancipation en exigeant principalement que l’autorité n’intervienne pas. Le droit-créance suppose au contraire que cette autorité fournisse une prestation ou mette en œuvre une action.

6. Quelle association entre générations de droits fondamentaux et objet protégé est correcte ?

La première génération protège l’autonomie, la deuxième implique une prestation étatique et la troisième concerne l’Humanité et l’environnement
La première génération implique une prestation étatique, la deuxième protège l’autonomie et la troisième concerne les libertés individuelles
La première génération protège l’environnement, la deuxième concerne l’Humanité et la troisième organise les rapports avec l’État
La première génération concerne les droits sociaux, la deuxième protège les libertés politiques et la troisième impose une abstention publique

La première génération protège l’autonomie, la deuxième implique une prestation étatique et la troisième concerne l’Humanité et l’environnement

Explication

Les droits de première génération protègent principalement l’autodétermination, ceux de deuxième génération reposent sur une prestation étatique et ceux de troisième génération portent sur l’Humanité et son environnement. Attribuer l’intervention de l’État à la première génération inverse la logique de cette classification.

7. Une autorité doit mettre en place des moyens raisonnablement exigibles pour prévenir une violation d’un droit : de quel type d’obligation s’agit-il ?

D’une obligation négative, qui interdit toute intervention de l’autorité publique
D’une obligation autonome, qui protège la faculté de décision du titulaire
D’une obligation positive, qui impose une action de mise en œuvre ou de prévention
D’une obligation procédurale, qui concerne la hiérarchie des normes applicables

D’une obligation positive, qui impose une action de mise en œuvre ou de prévention

Explication

Une obligation positive exige des autorités qu’elles agissent pour prévenir ou remédier aux violations, dans la mesure des moyens raisonnablement exigibles. L’obligation négative impose plutôt de ne pas porter atteinte aux droits.

8. Dans quel ordre le contrôle de proportionnalité examine-t-il une mesure portant atteinte à un droit ?

Adéquation, nécessité, puis proportionnalité stricte
Adéquation, proportionnalité stricte, puis nécessité
Proportionnalité stricte, adéquation, puis nécessité
Nécessité, proportionnalité stricte, puis adéquation

Adéquation, nécessité, puis proportionnalité stricte

Explication

Le contrôle vérifie d’abord si la mesure est adaptée à son objectif, puis si elle est nécessaire, avant d’évaluer la proportionnalité stricte des charges créées. Commencer par la proportionnalité stricte ne respecte donc pas la succession des étapes.

9. Quelle caractéristique appartient aux droits consacrés par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ?

Ils prennent principalement la forme de prestations sociales dues par l’État
Ils organisent principalement les relations diplomatiques entre les États européens
Ils sont présentés comme universels et naturels, avec une exigence de légalité des atteintes
Ils protègent prioritairement l’Humanité et son environnement contre les risques globaux

Ils sont présentés comme universels et naturels, avec une exigence de légalité des atteintes

Explication

La Déclaration de 1789 consacre des droits conçus comme universels et naturels et exige que les atteintes qui leur sont portées soient prévues par la loi. Les droits-créances sont notamment associés à la Déclaration de 1793, et non à cette caractérisation de 1789.

10. À quelle date le décret du 16 pluviôse an II a-t-il aboli l’esclavage en France et dans ses colonies ?

Le 4 février 1794
Le 27 avril 1848
Le 9 décembre 1905
Le 26 août 1789

Le 4 février 1794

Explication

Le 16 pluviôse an II correspond au 4 février 1794, date du décret abolissant l’esclavage en France et dans ses colonies. Le 27 avril 1848 renvoie à une autre mesure relative à l’interdiction de le pratiquer pour les Français à l’étranger.

11. Quelle liberté a été consacrée en 1901 durant la IIIe République ?

La liberté de réunion
La liberté d’association
La liberté de la presse
La liberté syndicale

La liberté d’association

Explication

La loi de 1901 consacre la liberté d’association. La liberté de réunion et la liberté de la presse sont associées à 1881, tandis que la liberté syndicale relève de 1884.

12. Quel ensemble illustre l’internationalisation de la protection des droits après la Seconde Guerre mondiale ?

Les constitutions nationales, les règlements municipaux et les décisions administratives
La Déclaration universelle de 1948, les Pactes de 1966 et les Conventions de Genève de 1949
La Déclaration de 1789, le décret de 1794 et la Déclaration de 1793
Les lois de 1881, 1884, 1901 et 1905 adoptées sous la IIIe République

La Déclaration universelle de 1948, les Pactes de 1966 et les Conventions de Genève de 1949

Explication

Après la Seconde Guerre mondiale, la protection des droits s’internationalise notamment grâce à la Déclaration universelle de 1948, aux Pactes de 1966 et aux quatre Conventions de Genève de 1949. Les autres ensembles renvoient principalement à des textes nationaux ou à des étapes antérieures de l’histoire des libertés.

13. Quelle caractéristique distingue l’État de droit de l’État légal ?

L’État légal neutralise le pouvoir grâce à un contrôle constitutionnel étendu
L’État légal protège les justiciables contre toute décision juridictionnelle
L’État de droit soumet le pouvoir à une norme suprême protectrice
L’État de droit confie au législateur une liberté sans limite supérieure

L’État de droit soumet le pouvoir à une norme suprême protectrice

Explication

L’État de droit encadre l’exercice du pouvoir par la norme suprême afin de protéger les justiciables contre l’arbitraire. L’État légal, en revanche, laissait largement le législateur libre de toute limite supérieure.

14. Que permet le droit d’accès à un tribunal ?

Obtenir automatiquement l’exécution matérielle de toute décision rendue
Soumettre une cause à un organe juridictionnel appliquant des règles de droit
Contester une loi sans présenter de litige devant un organe juridictionnel
Faire trancher un différend par une autorité dépourvue de règles procédurales

Soumettre une cause à un organe juridictionnel appliquant des règles de droit

Explication

Le droit d’accès à un tribunal permet de saisir un organe chargé de trancher un litige selon des règles de droit et une procédure déterminée. L’exécution du jugement constitue une question distincte, liée aux effets de la décision rendue.

15. Quelle décision a fondé le bloc de constitutionnalité dans la Ve République ?

La décision Liberté d’association du Conseil constitutionnel en 1971
La résolution du Conseil de sécurité créant le tribunal pour l’ex-Yougoslavie
L’arrêt pilote consacré aux requêtes répétitives par la Cour européenne
La proclamation spéciale instituant le Tribunal militaire international de Tokyo

La décision Liberté d’association du Conseil constitutionnel en 1971

Explication

Le bloc de constitutionnalité regroupe les normes de rang constitutionnel, et sa décision fondatrice est Liberté d’association, rendue par le Conseil constitutionnel en 1971. Les autres décisions concernent des institutions ou mécanismes internationaux différents.

16. Quelle distinction décrit correctement le droit international des droits de l’homme et le droit international humanitaire ?

Le premier protège les personnes sous juridiction étatique, le second régit les conflits armés
Le premier sanctionne les crimes internationaux, le second garantit l’accès aux tribunaux nationaux
Le premier régit les conflits armés, le second protège les personnes en temps de paix
Le premier concerne les relations entre États, le second organise les juridictions constitutionnelles

Le premier protège les personnes sous juridiction étatique, le second régit les conflits armés

Explication

Le droit international des droits de l’homme impose aux États de garantir les droits des personnes sous leur juridiction en temps de paix comme de guerre. Le droit international humanitaire encadre les conflits armés internes et internationaux.

17. Quelle est la fonction des tribunaux militaires internationaux ?

Juger les crimes soumis à la compétence complémentaire de la Cour pénale internationale
Régler les différends civils entre particuliers selon les règles du droit interne
Juger temporairement des crimes internationaux commis lors d’un conflit armé international
Examiner durablement les requêtes individuelles adressées contre les États européens

Juger temporairement des crimes internationaux commis lors d’un conflit armé international

Explication

Les tribunaux militaires internationaux sont des juridictions pénales internationales temporaires chargées de juger des crimes contre l’humanité, de guerre et contre la paix liés à un conflit armé international. La Cour pénale internationale constitue une juridiction permanente et distincte.

18. Quel instrument a créé le Tribunal de Nuremberg le 8 août 1945 ?

La proclamation spéciale du commandement allié
L’Accord de Londres
Le Statut de Rome
La Résolution 827 du Conseil de sécurité

L’Accord de Londres

Explication

L’Accord de Londres du 8 août 1945 a institué le Tribunal de Nuremberg pour juger les grands criminels de guerre des pays européens de l’Axe. La proclamation spéciale concernait la création du Tribunal de Tokyo, tandis que le Statut de Rome concerne la Cour pénale internationale.

19. Quelle proposition caractérise correctement la Cour pénale internationale ?

C’est une juridiction permanente et complémentaire créée par le Statut de Rome de 1998
C’est une juridiction nationale compétente avant les tribunaux pénaux des États
C’est une juridiction régionale chargée des violations de la Convention européenne
C’est une juridiction temporaire créée par une résolution pour juger un conflit déterminé

C’est une juridiction permanente et complémentaire créée par le Statut de Rome de 1998

Explication

La Cour pénale internationale est une juridiction permanente créée par le Statut de Rome de 1998, dont la compétence est complémentaire de celle des juridictions nationales. Elle juge notamment le génocide, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et le crime d’agression.

20. Quelle condition intentionnelle doit accompagner les actes constitutifs d’un génocide ?

L’intention de punir des responsables militaires après la fin des hostilités
L’intention de détruire totalement ou partiellement un groupe protégé
L’intention de déplacer une population sans viser la destruction d’un groupe
L’intention de renverser le gouvernement d’un État impliqué dans un conflit

L’intention de détruire totalement ou partiellement un groupe protégé

Explication

Le génocide suppose que les actes commis, tels que le meurtre ou le transfert forcé d’enfants, soient accomplis avec l’intention de détruire totalement ou partiellement un groupe national, ethnique, racial ou religieux. La seule existence d’un déplacement ou d’une persécution ne suffit pas à établir cette intention spécifique.

21. Comment les juges de la Cour européenne des droits de l’homme sont-ils désignés ?

Ils sont désignés par les gouvernements pour un mandat de quatre ans renouvelable
Ils sont élus par l’Assemblée parlementaire pour neuf ans non renouvelables
Ils sont nommés par le président de la Cour pour six ans renouvelables
Ils sont élus par la Grande Chambre pour douze ans non renouvelables

Ils sont élus par l’Assemblée parlementaire pour neuf ans non renouvelables

Explication

La Cour comprend un juge par État partie, élu par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe pour un mandat de neuf ans non renouvelable. Cette procédure ne doit pas être confondue avec l’élection du président par la Cour réunie en Assemblée plénière.

22. Quelle formation examine notamment les requêtes manifestement irrecevables non communiquées au gouvernement ?

La Grande Chambre de dix-sept juges
Le comité de trois juges
La chambre de sept juges
Le juge unique

Le juge unique

Explication

Le juge unique examine les demandes de mesures provisoires et les requêtes manifestement irrecevables qui ne sont pas communiquées au gouvernement. La Grande Chambre de dix-sept juges intervient notamment dans les affaires renvoyées ou ayant fait l’objet d’un dessaisissement.

23. Qui peut introduire un recours individuel devant la Cour européenne des droits de l’homme ?

Toute association située en Europe sans devoir relever de la juridiction d’un État partie
Toute personne relevant de la juridiction d’un État partie alléguant une violation conventionnelle
Tout juge national demandant un avis abstrait sur une disposition conventionnelle
Tout gouvernement contestant une décision rendue par une juridiction d’un autre État

Toute personne relevant de la juridiction d’un État partie alléguant une violation conventionnelle

Explication

Le recours individuel est ouvert à toute personne se trouvant sous la juridiction d’un État partie qui allègue une violation de ses obligations conventionnelles par cet État. Il ne s’agit ni d’un recours abstrait réservé aux juges ni d’une action interétatique entre gouvernements.

24. Quelle condition de recevabilité doit respecter une personne avant de saisir la Cour européenne des droits de l’homme ?

Elle doit obtenir l’accord préalable du gouvernement et saisir la Cour dans les six mois
Elle doit épuiser les recours internes effectifs et saisir la Cour dans les quatre mois
Elle doit démontrer l’absence de tout recours interne et attendre une année complète
Elle doit saisir la Cour avant les juridictions nationales dans un délai de quatre mois

Elle doit épuiser les recours internes effectifs et saisir la Cour dans les quatre mois

Explication

Le requérant doit avoir épuisé les voies de recours internes effectives, avoir invoqué en substance ses griefs conventionnels au niveau national et saisir la Cour dans les quatre mois suivant la dernière décision interne définitive. L’accord du gouvernement défendeur n’est pas requis pour introduire le recours.

25. Dans quel cadre la question prioritaire de constitutionnalité permet-elle de contester une disposition législative ?

Avant la promulgation de la loi, lors du contrôle préventif
Après la promulgation de la loi, à l’occasion d’un litige juridictionnel
Après l’abrogation de la loi, dans une procédure autonome
Lors de l’élaboration de la loi, devant une commission parlementaire

Après la promulgation de la loi, à l’occasion d’un litige juridictionnel

Explication

La QPC constitue un contrôle a posteriori : elle est soulevée après la promulgation de la loi dans le cadre d’un litige. Le contrôle avant la promulgation relève du contrôle a priori, qui correspond à une procédure différente.

26. Quel parcours suit une question prioritaire de constitutionnalité avant son examen éventuel par le Conseil constitutionnel ?

Elle est adressée au Conseil d’État et à la Cour de cassation sans examen juridictionnel préalable
Elle est transmise directement au Conseil constitutionnel par la partie au litige
Elle est filtrée par la juridiction saisie, puis par le Conseil d’État ou la Cour de cassation
Elle est examinée d’abord par le Parlement, puis renvoyée à la juridiction saisie

Elle est filtrée par la juridiction saisie, puis par le Conseil d’État ou la Cour de cassation

Explication

La juridiction saisie examine d’abord la QPC, puis le Conseil d’État ou la Cour de cassation vérifie les conditions d’un éventuel renvoi. Le Conseil constitutionnel intervient après ce double filtrage, et non directement à la demande de la partie.

27. Quelle conséquence le Conseil constitutionnel peut-il prévoir lorsqu’il déclare une disposition législative inconstitutionnelle ?

Maintenir automatiquement la disposition en vigueur sans limitation dans le temps
Annuler rétroactivement toutes les décisions rendues sur son fondement
Reporter les effets de son abrogation pour préserver un objectif d’intérêt général
Transférer au juge judiciaire le pouvoir de réécrire la disposition censurée

Reporter les effets de son abrogation pour préserver un objectif d’intérêt général

Explication

Le Conseil constitutionnel peut différer les effets de l’abrogation afin de protéger un objectif d’intérêt général. Cette possibilité ne revient ni à maintenir définitivement la disposition ni à confier sa réécriture au juge judiciaire.

28. Quelle compétence appartient au juge judiciaire lorsqu’il examine une loi applicable à un litige ?

Contrôler sa conventionnalité et écarter son application si elle méconnaît une convention
Contrôler sa légalité administrative et suspendre son entrée en vigueur
Contrôler sa constitutionnalité et prononcer directement son abrogation générale
Contrôler sa constitutionnalité et la renvoyer systématiquement au Conseil constitutionnel

Contrôler sa conventionnalité et écarter son application si elle méconnaît une convention

Explication

Le juge judiciaire peut contrôler la conformité d’une loi aux engagements internationaux et écarter la loi inconventionnelle dans le litige. Il ne dispose pas, dans ce cadre, du pouvoir de contrôler directement sa constitutionnalité.

29. Quel est l’objet principal du recours pour excès de pouvoir ?

Obtenir la suspension provisoire d’une décision administrative urgente
Obtenir l’annulation d’un acte administratif contraire à la légalité
Obtenir une indemnisation pour un dommage causé par l’administration
Faire constater une atteinte grave à une liberté fondamentale

Obtenir l’annulation d’un acte administratif contraire à la légalité

Explication

Le recours pour excès de pouvoir vise à assurer le respect de la légalité en demandant l’annulation d’un acte administratif. La suspension provisoire relève du référé-suspension, tandis que l’indemnisation obéit à une autre voie contentieuse.

30. Quelles conditions caractérisent le référé-suspension ?

Une urgence et un doute sérieux concernant la légalité de la décision
Une décision définitive et une violation établie d’une convention internationale
Une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale
Un préjudice financier certain et une demande d’indemnisation préalable

Une urgence et un doute sérieux concernant la légalité de la décision

Explication

Le référé-suspension exige l’urgence et l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la décision, en complément d’un recours au fond. L’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale caractérise plutôt le référé-liberté.

31. Dans quelle situation le juge administratif peut-il utiliser le référé-liberté ?

Lorsqu’un litige indemnitaire nécessite une expertise avant le jugement au fond
Lorsqu’une décision administrative soulève un doute sérieux mais ne concerne aucune liberté fondamentale
Lorsqu’un requérant cherche à faire annuler un acte sans invoquer d’urgence particulière
Lorsqu’une autorité administrative porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale

Lorsqu’une autorité administrative porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale

Explication

Le référé-liberté permet au juge d’ordonner rapidement les mesures nécessaires pour sauvegarder une liberté fondamentale menacée par une atteinte grave et manifestement illégale. Un simple doute sur la légalité d’un acte relève plutôt du référé-suspension.

32. Quelle caractéristique décrit le Défenseur des droits ?

Une autorité ministérielle chargée de diriger les activités des forces de sécurité
Une juridiction spécialisée chargée d’annuler les actes administratifs contraires à la loi
Une autorité administrative indépendante chargée notamment de protéger les droits de l’enfant et de lutter contre les discriminations
Une commission parlementaire chargée de contrôler les décisions des juridictions nationales

Une autorité administrative indépendante chargée notamment de protéger les droits de l’enfant et de lutter contre les discriminations

Explication

Le Défenseur des droits est une autorité administrative indépendante à statut constitutionnel, compétente notamment pour les droits de l’enfant, les discriminations et la déontologie de la sécurité. Il ne constitue pas une juridiction chargée d’annuler les actes administratifs.

33. Quelle différence distingue le droit à un recours effectif du droit d’accès à un tribunal ?

Le recours effectif vise la composition du tribunal, tandis que l’accès à un tribunal concerne la durée raisonnable du procès
Le recours effectif concerne les voies disponibles, tandis que l’accès à un tribunal suppose un organe tranchant un différend selon le droit
Le recours effectif protège les témoins, tandis que l’accès à un tribunal garantit l’exécution des décisions rendues
Le recours effectif suppose toujours une juridiction, tandis que l’accès à un tribunal peut relever d’une autorité administrative

Le recours effectif concerne les voies disponibles, tandis que l’accès à un tribunal suppose un organe tranchant un différend selon le droit

Explication

Le recours effectif garantit la possibilité d’utiliser des voies de recours existantes et effectives, y compris devant une instance non juridictionnelle. L’accès à un tribunal implique la saisine d’un organe habilité à trancher un différend selon le droit et une procédure déterminée.

34. De quelle disposition découle le droit constitutionnel au recours effectif en droit interne ?

De l’article 34 de la Constitution relatif au domaine de la loi
De l’article 66 de la Constitution relatif à l’autorité judiciaire
De l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen
De l’article 55 de la Constitution relatif à la primauté des traités

De l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen

Explication

En droit interne, le droit constitutionnel au recours effectif est rattaché à l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Les autres dispositions citées portent sur le domaine de la loi, les traités ou la liberté individuelle.

35. Quel principe l’arrêt CE, Dame Lamotte, 1950, consacre-t-il ?

Le recours indemnitaire permet de suspendre l’exécution d’un acte administratif
Le référé-liberté permet d’obtenir l’annulation définitive d’une décision administrative
Le recours pour excès de pouvoir permet de contester la légalité d’un acte administratif
Le recours en cassation permet de contester directement la constitutionnalité d’une loi

Le recours pour excès de pouvoir permet de contester la légalité d’un acte administratif

Explication

L’arrêt CE, Dame Lamotte, 1950, consacre le principe selon lequel le recours pour excès de pouvoir permet de contester la légalité d’un acte administratif. Le recours en cassation porte sur une décision juridictionnelle et poursuit une finalité différente.

36. Que recouvre la notion de procès équitable ?

Les formalités permettant à une administration de préparer une décision sans intervention d’un juge
Les droits encadrant la composition du tribunal et le déroulement d’une procédure destinée à régler un litige
Les garanties relatives principalement à l’indemnisation d’une personne après une erreur judiciaire
Les règles organisant exclusivement la publicité des audiences pénales et la présence du public

Les droits encadrant la composition du tribunal et le déroulement d’une procédure destinée à régler un litige

Explication

Le procès équitable regroupe les droits qui encadrent la composition du tribunal et le déroulement de la procédure destinée à régler un litige. Il peut concerner des affaires civiles, pénales, administratives, disciplinaires ou pénitentiaires, et ne se limite donc pas à la publicité des audiences pénales.

37. Que protège principalement le droit à la sûreté, aussi appelé liberté individuelle ?

Il impose la gratuité des services publics essentiels.
Il protège contre les contraintes physiques arbitraires ou illégales.
Il garantit l’accès égal aux fonctions publiques et électives.
Il assure la libre expression de toutes les opinions politiques.

Il protège contre les contraintes physiques arbitraires ou illégales.

Explication

Le droit à la sûreté protège la personne contre les contraintes physiques arbitraires ou illégales, notamment l’arrestation et la détention. La liberté d’expression et l’accès aux fonctions publiques relèvent d’autres droits fondamentaux.

38. Quelle différence caractérise le contrôle d’identité administratif par rapport au contrôle d’identité judiciaire ?

Il exige une décision préalable du juge des libertés et de la détention.
Il vise préventivement la préservation de l’ordre public.
Il concerne les personnes déjà placées en garde à vue.
Il intervient après une condamnation pénale devenue définitive.

Il vise préventivement la préservation de l’ordre public.

Explication

Le contrôle administratif a une finalité préventive : il cherche à prévenir une atteinte à l’ordre public. Le contrôle judiciaire repose plutôt sur des raisons plausibles de soupçonner une infraction ou sur l’utilité de la personne pour une enquête.

39. Dans quelles conditions une personne peut-elle être placée en garde à vue ?

Lorsqu’elle refuse de présenter volontairement une pièce d’identité valide.
Lorsqu’elle est reconnue dangereuse sans qu’une infraction soit soupçonnée.
Lorsqu’elle est soupçonnée d’un crime ou d’un délit puni d’emprisonnement.
Lorsqu’elle fait l’objet d’une contestation administrative sans caractère pénal.

Lorsqu’elle est soupçonnée d’un crime ou d’un délit puni d’emprisonnement.

Explication

La garde à vue concerne une personne soupçonnée d’avoir commis ou tenté de commettre un crime ou un délit puni d’emprisonnement. Elle constitue une mesure de contrainte destinée à la maintenir à la disposition des enquêteurs.

40. Quelle distinction oppose la détention provisoire à une mesure de sûreté ?

La première sanctionne une infraction jugée, la seconde organise l’exécution d’une peine déjà prononcée.
La première répond à des nécessités de procédure ou de protection, la seconde prévient de nouvelles infractions.
La première est décidée par l’autorité militaire, la seconde est ordonnée par l’administration pénitentiaire.
La première protège l’ordre public général, la seconde garantit la présence d’un témoin pendant l’enquête.

La première répond à des nécessités de procédure ou de protection, la seconde prévient de nouvelles infractions.

Explication

La détention provisoire est décidée par le juge des libertés et de la détention pour répondre à des nécessités de procédure ou de protection. Une mesure de sûreté vise plutôt à prévenir la commission d’infractions par une personne considérée comme dangereuse.

41. Que signifie l’exigence de proportionnalité lorsqu’une mesure porte atteinte à un droit non absolu ?

L’atteinte doit rester conforme au droit concerné et ne pas excéder ce qui est admissible.
L’atteinte est valable lorsque la majorité des citoyens la juge utile.
L’atteinte devient légitime dès lors qu’elle est prévue par une décision administrative.
L’atteinte est interdite parce que tout droit fondamental possède un caractère absolu.

L’atteinte doit rester conforme au droit concerné et ne pas excéder ce qui est admissible.

Explication

La proportionnalité exige qu’une restriction d’un droit non absolu demeure conforme à ce droit et ne soit pas excessive. Le simple soutien administratif ou majoritaire ne suffit pas à rendre une atteinte proportionnée.

42. Dans quel ordre s’effectue le contrôle de proportionnalité d’une mesure restrictive ?

But légitime, constitutionnalité, condamnation, puis examen d’une mesure équivalente.
Nécessité, contrôle judiciaire, opportunité politique, puis conformité au but poursuivi.
But légitime, aptitude, nécessité, puis recherche d’une alternative moins attentatoire.
Aptitude, sanction, autorisation préalable, puis appréciation de l’ordre public.

But légitime, aptitude, nécessité, puis recherche d’une alternative moins attentatoire.

Explication

Le contrôle commence par l’identification d’un but légitime, puis examine l’aptitude de la mesure, sa nécessité et l’existence d’une solution moins attentatoire. Cette séquence permet d’écarter les restrictions excessives ou insuffisamment justifiées.

43. Quelle distinction oppose le contrôle de constitutionnalité au contrôle de conventionnalité ?

Le premier vérifie la conformité aux droits constitutionnels, le second la compatibilité avec les conventions internationales.
Le premier intervient après l’exercice d’un droit, le second avant toute autorisation administrative.
Le premier est exercé par les juges ordinaires, le second par le Conseil constitutionnel.
Le premier concerne les actes administratifs, le second les décisions judiciaires individuelles.

Le premier vérifie la conformité aux droits constitutionnels, le second la compatibilité avec les conventions internationales.

Explication

Le contrôle de constitutionnalité porte sur la proportionnalité des atteintes législatives aux droits constitutionnels, tandis que le contrôle de conventionnalité examine la compatibilité de la loi avec les conventions internationales. Le Conseil constitutionnel exerce le premier, alors que les juges judiciaires et administratifs exercent le second.

44. Quelle caractéristique distingue le régime répressif du régime préventif d’exercice d’une liberté ?

Le régime répressif s’applique aux droits absolus, tandis que le régime préventif concerne les droits dépourvus de protection juridique.
Le régime répressif impose une autorisation avant l’exercice du droit, tandis que le régime préventif sanctionne après un trouble.
Le régime répressif transfère la décision à l’autorité militaire, tandis que le régime préventif la confie aux juridictions internationales.
Le régime répressif intervient principalement après l’exercice du droit, tandis que le régime préventif peut exiger une autorisation préalable.

Le régime répressif intervient principalement après l’exercice du droit, tandis que le régime préventif peut exiger une autorisation préalable.

Explication

Dans le régime répressif, la liberté demeure le principe et une intervention survient principalement après l’exercice du droit. Le régime préventif peut subordonner cet exercice à une autorisation afin d’éviter un trouble.

45. Quelles conditions cumulatives permettent de recourir aux pouvoirs exceptionnels de l’article 16 de la Constitution ?

Des circonstances exceptionnellement graves et l’incapacité des pouvoirs publics à y faire face.
Une atteinte limitée à l’ordre public et l’accord préalable des autorités militaires.
Une difficulté administrative persistante et une demande du Parlement réuni en congrès.
Une crise économique majeure et l’impossibilité de réunir les juridictions ordinaires.

Des circonstances exceptionnellement graves et l’incapacité des pouvoirs publics à y faire face.

Explication

L’article 16 exige à la fois une gravité exceptionnelle des circonstances et l’incapacité des pouvoirs publics à faire face à la situation. Une simple difficulté administrative ne remplit pas ces conditions cumulatives.

46. Dans quelle situation l’état de siège peut-il être déclaré et quel effet produit-il sur le maintien de l’ordre ?

En cas de trouble social modéré, il suspend les compétences de police des autorités civiles.
En cas de crise sanitaire, il attribue les compétences de police au Conseil constitutionnel.
En cas de calamité publique, il confie les compétences de police aux collectivités territoriales.
En cas de guerre étrangère ou d’insurrection armée, il transfère les compétences de police à l’autorité militaire.

En cas de guerre étrangère ou d’insurrection armée, il transfère les compétences de police à l’autorité militaire.

Explication

L’état de siège suppose un péril imminent résultant d’une guerre étrangère ou d’une insurrection armée et transfère les compétences de police à l’autorité militaire. Une calamité publique relève plutôt des conditions de l’état d’urgence.

47. Quelle règle s’applique à la prolongation de l’état d’urgence au-delà de douze jours ?

Elle nécessite l’intervention d’une loi après la déclaration initiale par décret en Conseil des ministres.
Elle résulte automatiquement d’un vote du Conseil constitutionnel après la déclaration parlementaire.
Elle exige une autorisation militaire après une déclaration par le Premier président de la Cour de cassation.
Elle nécessite une décision du juge administratif après une déclaration par le maire de la commune concernée.

Elle nécessite l’intervention d’une loi après la déclaration initiale par décret en Conseil des ministres.

Explication

L’état d’urgence est initialement déclaré par décret du président de la République en Conseil des ministres, et sa prolongation au-delà de douze jours nécessite une loi. Les autres autorités mentionnées ne disposent pas de cette compétence dans ce régime.

48. Quelle formalité accompagne une dérogation à certains droits fondée sur l’article 15 de la Convention européenne des droits de l’homme ?

L’État doit soumettre la dérogation au vote simultané de toutes les assemblées nationales.
L’État doit obtenir l’autorisation préalable de la Cour européenne pour chaque mesure adoptée.
L’État doit notifier au Secrétaire général du Conseil de l’Europe les motifs et le champ des mesures.
L’État doit transmettre les mesures au Conseil de sécurité avant toute restriction temporaire.

L’État doit notifier au Secrétaire général du Conseil de l’Europe les motifs et le champ des mesures.

Explication

L’article 15 permet une dérogation dans une situation menaçant la vie ou l’existence de la Nation, sous réserve des droits indérogeables. L’État doit notifier les motifs ainsi que le champ spatial et temporel des mesures au Secrétaire général du Conseil de l’Europe.

49. Quelle situation illustre l’égalité devant la loi, aussi appelée égalité formelle ?

Réserver un avantage juridique aux personnes considérées comme défavorisées
Accorder un traitement similaire à des personnes placées dans des situations semblables
Appliquer une règle identique sans tenir compte des situations comparées
Adopter des mesures particulières pour compenser les inégalités économiques

Accorder un traitement similaire à des personnes placées dans des situations semblables

Explication

L’égalité devant la loi exige un traitement similaire lorsque les personnes se trouvent dans des situations semblables, tout en autorisant certaines différences justifiées et proportionnées. L’égalité ne commande donc pas nécessairement une identité absolue de traitement, ni une intervention compensatoire dans chaque cas.

50. Quelle mesure relève de l’égalité par la loi, ou égalité réelle ?

Mettre en place une aide publique destinée à réduire une inégalité de fait
Traiter deux situations semblables selon des critères identiques
Appliquer la même règle juridique à toutes les personnes comparables
Écarter toute intervention publique dans les rapports sociaux

Mettre en place une aide publique destinée à réduire une inégalité de fait

Explication

L’égalité par la loi suppose une intervention positive des pouvoirs publics pour réduire les inégalités concrètes et favoriser la justice sociale. L’application uniforme d’une règle juridique correspond plutôt à l’égalité devant la loi, qui concerne principalement le traitement juridique.

51. Une règle apparemment neutre désavantage particulièrement un groupe en raison d’un critère prohibé : de quelle forme de discrimination s’agit-il ?

D’une discrimination directe fondée sur une décision explicitement défavorable
D’une différence de traitement justifiée par une situation comparable
D’une discrimination indirecte résultant de l’effet concret de la règle
D’une mesure corrective visant à établir une égalité réelle

D’une discrimination indirecte résultant de l’effet concret de la règle

Explication

La discrimination indirecte provient d’une mesure apparemment neutre qui désavantage particulièrement certaines personnes en raison d’un critère prohibé. Une discrimination directe, au contraire, applique explicitement à une personne un traitement moins favorable pour ce motif.

52. Comment le droit français détermine-t-il le début de la vie, tandis que la Cour européenne des droits de l’homme évite de le fixer abstraitement ?

Le droit français le situe dès la conception et la Cour retient la même approche
Le droit français le situe à la majorité et la Cour le rattache à la naissance
Le droit français laisse la question indéterminée et la Cour retient la conception
Le droit français le situe à la naissance d’un enfant vivant et viable

Le droit français le situe à la naissance d’un enfant vivant et viable

Explication

En droit français, la vie commence juridiquement à la naissance d’un enfant vivant et viable. La Cour européenne des droits de l’homme refuse, quant à elle, de déterminer abstraitement le point de départ de la vie.

53. Dans laquelle de ces situations le recours à une force meurtrière par les autorités peut-il être admissible ?

Lorsqu’il est absolument nécessaire pour défendre une personne contre une violence illégale
Lorsqu’il paraît utile pour faciliter une intervention policière difficile
Lorsqu’il constitue une mesure préventive face à une menace simplement hypothétique
Lorsqu’il permet d’obtenir plus rapidement l’obéissance d’un suspect

Lorsqu’il est absolument nécessaire pour défendre une personne contre une violence illégale

Explication

La force meurtrière peut être admise lorsqu’elle est absolument nécessaire, notamment pour défendre une personne contre une violence illégale. Une force simplement utile, pratique ou fondée sur une menace hypothétique ne satisfait pas cette exigence stricte de nécessité.

54. Quelles obligations successives l’État doit-il respecter lorsqu’une personne est mise en danger par un risque connu ou prévisible ?

Constater le danger, indemniser la victime, puis limiter l’enquête aux témoignages disponibles
Prévenir le risque, protéger concrètement la personne, puis enquêter de manière indépendante
Surveiller la situation, attendre sa réalisation, puis déléguer l’enquête à l’auteur présumé
Informer la personne, privilégier une médiation, puis clore rapidement le dossier

Prévenir le risque, protéger concrètement la personne, puis enquêter de manière indépendante

Explication

L’État doit d’abord prévenir le risque connu ou prévisible, assurer une protection concrète, puis conduire une enquête rapide, transparente, indépendante et impartiale. Se limiter à une indemnisation ou à une enquête non indépendante ne répond pas à l’ensemble de ces obligations.

55. Quelle exception au caractère en principe indérogeable du droit à la vie est admise par la Convention européenne des droits de l’homme ?

Les décès résultant d’actes licites de guerre
Les décès causés par toute opération de maintien de l’ordre
Les décès liés à une politique publique jugée socialement utile
Les décès provoqués par une simple nécessité administrative

Les décès résultant d’actes licites de guerre

Explication

Le droit à la vie est en principe indérogeable, mais l’article 15, paragraphe 2, de la Convention admet une exception pour les décès résultant d’actes licites de guerre. Cette exception ne couvre pas toute opération administrative ou policière présentant une utilité générale.

56. Quelle caractéristique définit la dignité humaine ?

Un intérêt social accordé selon la contribution de chacun à la collectivité
Une qualité inaliénable et indisponible inhérente à toute personne humaine
Un droit relatif pouvant être abandonné par une personne majeure
Une protection réservée aux personnes privées de leur liberté

Une qualité inaliénable et indisponible inhérente à toute personne humaine

Explication

La dignité est une qualité inhérente à toute personne humaine, qui ne peut être aliénée ni rendue disponible. Elle ne dépend donc ni de la contribution sociale, ni de la situation de liberté, et sa nature ne se confond pas avec celle d’un droit librement abandonnable.

57. Quelle qualification correspond à l’imposition d’un travail sous la menace d’une peine ?

Le travail forcé
La traite
L’esclavage
La servitude

Le travail forcé

Explication

Le travail forcé désigne un travail imposé sous la menace d’une peine. La servitude renvoie à une dépendance complète, l’esclavage à l’exercice d’attributs de propriété sur une personne, et la traite au recrutement, au transport ou à l’accueil à des fins d’exploitation.

58. Quelle distinction décrit correctement les traitements contraires à la dignité ?

Le traitement dégradant suppose une menace pénale, le traitement inhumain une exploitation et la torture une dépendance complète
Le traitement dégradant humilie, le traitement inhumain inflige de vives souffrances et la torture ajoute une cruauté très grave et délibérée
Le traitement dégradant exige une douleur physique, le traitement inhumain une fraude et la torture un déplacement forcé
Le traitement dégradant inflige de très graves souffrances, le traitement inhumain humilie et la torture repose sur une simple négligence

Le traitement dégradant humilie, le traitement inhumain inflige de vives souffrances et la torture ajoute une cruauté très grave et délibérée

Explication

Le traitement dégradant humilie ou avilit, le traitement inhumain provoque de vives souffrances physiques ou morales, et la torture constitue une forme délibérée entraînant des souffrances très graves et cruelles. Les autres descriptions confondent ces notions avec des éléments de l’exploitation ou de la traite.

59. Qu'interdit le principe de non-refoulement ?

Éloigner une personne vers un pays tiers dès lors qu’elle ne possède pas de titre de séjour valide
Refuser l’entrée à une personne lorsque son identité n’a pas été établie par les autorités
Renvoyer une personne vers un pays où elle risque de subir un traitement indigne ou d’être transférée vers un tel pays
Transférer une personne vers son pays d’origine après un examen administratif de sa situation

Renvoyer une personne vers un pays où elle risque de subir un traitement indigne ou d’être transférée vers un tel pays

Explication

Le non-refoulement interdit le renvoi vers un pays où la personne risque de subir des traitements indignes, y compris lorsque ce pays pourrait ensuite la renvoyer vers un autre État présentant le même risque. L’absence de titre ou l’incertitude sur l’identité ne suffit pas, à elle seule, à définir l’interdiction.

60. Que protège principalement la dignité subjective en droit ?

Le citoyen contre toute différence de traitement dans l’accès à l’emploi
La personne contre l’asservissement et la dégradation de son corps
La société contre toute restriction proportionnée d’une liberté individuelle
Le patient contre toute décision médicale prise sans intervention judiciaire

La personne contre l’asservissement et la dégradation de son corps

Explication

La dignité subjective garantit à chacun une protection contre l’asservissement et la dégradation corporelle. La dignité objective peut, dans certaines conditions, justifier une restriction proportionnée d’un droit, ce qui constitue une notion distincte.

61. Dans quelle situation l’assistance médicale à la procréation est-elle admise en droit français ?

Pour une personne seule ou un couple vivant, sans condition liée à l’âge de procréer
Pour un couple hétérosexuel ou de femmes, y compris lorsque l’un des membres est décédé
Pour un couple de femmes ou un couple hétérosexuel vivant, en âge de procréer, ayant un projet parental
Pour tout couple marié vivant, quel que soit son âge, même sans projet parental

Pour un couple de femmes ou un couple hétérosexuel vivant, en âge de procréer, ayant un projet parental

Explication

L’assistance médicale à la procréation est ouverte aux couples hétérosexuels ou de femmes ainsi qu’aux femmes seules, à condition qu’ils soient vivants, en âge de procréer et engagés dans un projet parental. Le mariage et l’absence de projet parental ne suffisent donc pas à remplir les conditions.

62. Comment le médecin doit-il agir lorsqu’un patient refuse un traitement susceptible de mettre sa vie en danger ?

Saisir le juge avant de tenir compte de la volonté exprimée
Respecter sa décision après l’avoir informé des conséquences de son choix
Imposer le traitement dès que le pronostic vital est engagé
Considérer le refus comme valable après l’avis d’un membre de la famille

Respecter sa décision après l’avoir informé des conséquences de son choix

Explication

Le patient peut refuser un traitement, même si ce refus expose sa vie, et le médecin doit respecter cette volonté après une information sur les conséquences. L’engagement du pronostic vital ne transforme pas automatiquement le traitement en obligation imposable.

63. Quelle est la portée du droit à l’emploi ?

Il garantit à chaque personne l’obtention d’un poste précisément choisi
Il oblige le législateur à favoriser l’accès ou le maintien du plus grand nombre dans l’emploi
Il impose à chaque employeur de maintenir tout salarié dans son emploi
Il reconnaît une liberté de travailler sans intervention des pouvoirs publics

Il oblige le législateur à favoriser l’accès ou le maintien du plus grand nombre dans l’emploi

Explication

Le droit à l’emploi traduit une obligation pour le législateur de favoriser l’accès ou le maintien du plus grand nombre dans l’emploi. Il ne garantit pas à chacun l’obtention d’un emploi déterminé, contrairement à l’interprétation proposée dans la réponse correspondante.

64. Quelle distinction caractérise le droit au logement et le droit à l’hébergement d’urgence ?

Le droit au logement et l’hébergement d’urgence ont la même portée contentieuse et la même durée de protection
Le droit au logement est une liberté du référé-liberté, tandis que l’hébergement d’urgence relève d’un objectif social
Le droit au logement s’invoque directement contre les particuliers, tandis que l’hébergement d’urgence concerne l’administration
Le droit au logement est fondamental mais n’est pas une liberté du référé-liberté, contrairement à l’hébergement d’urgence

Le droit au logement est fondamental mais n’est pas une liberté du référé-liberté, contrairement à l’hébergement d’urgence

Explication

Le droit au logement est un droit fondamental conventionnel, mais il ne constitue pas une liberté fondamentale du référé-liberté. L’hébergement d’urgence bénéficie de cette qualification en raison de son caractère urgent et provisoire.

65. Quelle procédure permet de faire reconnaître le droit au logement opposable ou le droit à l’hébergement opposable ?

Un recours devant une commission départementale de médiation, puis une injonction du juge administratif si nécessaire
Une demande directe auprès du juge judiciaire, suivie d’une décision automatique de relogement
Une plainte pénale contre la commune, après laquelle le préfet attribue un logement
Une saisine de l’OFPRA, puis un recours devant la Cour nationale du droit d’asile

Un recours devant une commission départementale de médiation, puis une injonction du juge administratif si nécessaire

Explication

Le DALO et le DAHO passent d’abord par un recours amiable devant une commission départementale de médiation, puis peuvent être imposés par le juge administratif, notamment au moyen d’une injonction assortie d’une astreinte. Les juridictions et organismes compétents ne sont donc pas ceux de l’asile ou du contentieux pénal.

66. Quelle succession correspond à la procédure d’asile décrite ?

Examen immédiat par la CNDA, filtrage administratif, orientation vers l’OFPRA, puis décision préfectorale
Filtrage par la CNDA, décision de l’OFPRA, orientation vers la frontière, puis recours devant une commission départementale
Orientation vers l’OFPRA, filtrage de trente jours, examen par la CNDA, puis recours devant le juge administratif
Filtrage de sept jours au maximum, orientation, examen par l’OFPRA, puis recours éventuel devant la CNDA

Filtrage de sept jours au maximum, orientation, examen par l’OFPRA, puis recours éventuel devant la CNDA

Explication

La procédure comprend un filtrage pouvant durer au maximum sept jours, une orientation vers une procédure à la frontière ou sur le territoire, l’examen par l’OFPRA et un éventuel recours devant la CNDA. La CNDA intervient donc après l’examen de la demande par l’OFPRA.

67. Quelle condition distingue principalement le statut de réfugié de la protection subsidiaire ?

Le statut de réfugié suppose un risque général de violence, même sans crainte personnelle du demandeur
Le statut de réfugié s’accorde lorsque le demandeur peut obtenir la protection effective de son pays
Le statut de réfugié concerne toute personne menacée de difficultés économiques lors de son retour
Le statut de réfugié exige des craintes personnelles et fondées de persécutions liées à un motif énuméré

Le statut de réfugié exige des craintes personnelles et fondées de persécutions liées à un motif énuméré

Explication

La qualité de réfugié repose sur des craintes personnelles, actuelles et fondées de persécutions liées à un motif exhaustivement énuméré, ainsi que sur l’absence de protection nationale effective. Un risque général de violence relève plutôt de la protection subsidiaire lorsqu’il atteint le degré requis.

68. Que protège le droit au respect de la vie privée et familiale ?

Les activités publiques d’une personne, même lorsqu’elles ne touchent pas son identité ou son intimité
L’intégrité physique et mentale ainsi que les éléments relevant de l’intimité, de l’identité et de la sphère personnelle
Les relations familiales reconnues par l’état civil, sans protection de l’intégrité personnelle
Les données administratives détenues par l’État, indépendamment de toute atteinte à la personne

L’intégrité physique et mentale ainsi que les éléments relevant de l’intimité, de l’identité et de la sphère personnelle

Explication

Ce droit protège contre les atteintes disproportionnées à l’intégrité physique et mentale ainsi qu’à l’intimité, à l’identité et à la sphère personnelle. La vie familiale ne se réduit pas à l’état civil et la protection englobe également la vie privée personnelle.

69. Quel élément relève notamment de la vie privée ?

Les relations commerciales, les obligations fiscales et les décisions rendues par les juridictions
La situation professionnelle, les opinions exprimées dans l’espace public et les fonctions électives
Les préférences politiques publiques, les débats parlementaires et les actes administratifs
La liberté sexuelle, l’image, le domicile, les correspondances et les données personnelles

La liberté sexuelle, l’image, le domicile, les correspondances et les données personnelles

Explication

La vie privée comprend notamment la liberté sexuelle, l’image, le domicile, le secret des correspondances, les données personnelles et l’identité biologique. Les autres éléments proposés relèvent principalement de la vie publique, professionnelle ou administrative.

70. Comment le RGPD définit-il une donnée personnelle ?

Toute information produite par une administration au sujet d’une personne juridiquement protégée
Toute information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable
Toute donnée concernant une entreprise lorsqu’elle peut être associée à son représentant légal
Toute information conservée sur un support numérique, même sans lien avec une personne

Toute information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable

Explication

Une donnée personnelle est toute information liée à une personne physique identifiée ou identifiable. Le support numérique ou l’origine administrative de l’information ne suffit pas à lui conférer cette qualité.

71. Quelle règle s’applique au traitement des données sensibles ?

Il est autorisé après un consentement général, sans exigence particulière concernant sa formulation
Il est libre dès lors que les données sont conservées par un organisme soumis au RGPD
Il est interdit dans tous les cas, y compris lorsque la personne a expressément consenti
Il est en principe interdit, sauf exceptions telles que le consentement explicite de la personne

Il est en principe interdit, sauf exceptions telles que le consentement explicite de la personne

Explication

Le traitement des données sensibles est en principe interdit, mais certaines exceptions sont prévues, notamment le consentement explicite. Il ne suffit pas d’un consentement général et l’interdiction n’est pas absolue puisque des exceptions existent.

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Mémorisez les réponses avec 94 flashcards sur Libertés fondamentales économiques et sociales.

Que désignent les droits et libertés fondamentaux selon l'approche substantialiste ?

Les droits porteurs de valeurs fondamentales.

Que désignent les droits et libertés fondamentaux selon l'approche normativiste ?

Les droits énoncés dans une norme constitutionnelle ou conventionnelle.

Quelle différence principale existe entre liberté et droit ?

La liberté est un pouvoir d'autodétermination, le droit une prérogative attribuée par une autorité.

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