Fiche de révision : Organisation juridique et principes fondamentaux de l’UE

Plan du Cours

  1. Organisation juridique de l’UE
  2. Traités constitutifs
  3. Principes de fonctionnement
  4. Compétences et ressources
  5. Sources du droit de l’UE
  6. Actes unilatéraux
  7. Actes contraignants
  8. Actes non contraignants
  9. Droit international public

1. Organisation juridique de l’UE

Notions clés & Définitions

Organisation juridique de l’UE : Elle se situe dans le droit institutionnel de l’UE et désigne l’ensemble des structures, des règles et des principes qui organisent le fonctionnement de l’Union, en particulier sa construction juridique, ses sources de droit, et ses principes de fonctionnement (source : contenu source).

Traités constitutifs : Ce sont des traités internationaux qui instaurent des institutions et des règles régissant leur fonctionnement, ayant une valeur constitutionnelle matérielle (source : paragraphe 1, section 1).

Principes de fonctionnement : Ce sont les valeurs et règles fondamentales qui régissent l’UE, telles que le respect de l’état de droit, la démocratie, la dignité humaine, ainsi que des principes juridiques comme la subsidiarité et la proportionnalité (source : paragraphe 2, section 1).

Sources du droit de l’UE : Elles désignent l’ensemble des textes et actes qui produisent des normes juridiques dans l’UE, comprenant notamment les traités, la jurisprudence, la charte des droits fondamentaux, et les autres sources conventionnelles ou unilatérales (source : partie 1, chapitre 1).

Actes contraignants : Ce sont des actes juridiques qui produisent des effets obligatoires, tels que les actes législatifs, réglementaires ou de droit dérivé, qui doivent être respectés par les États et les institutions (source : mention dans le contenu général).

Actes non contraignants : Ce sont des actes qui n’ont pas d’effet obligatoire, comme les recommandations ou avis, qui orientent mais ne contraignent pas juridiquement (source : mention dans le contenu général).

Points essentiels

  • La construction juridique de l’UE s’est faite par des moyens matériels et humains, visant à instaurer un fédéralisme européen, avec des réalisations concrètes comme la CECA, la CEE, et la CECA.
  • La relance du projet européen s’est faite à partir des années 1980 avec l’Acte unique européen, puis le traité de Maastricht, qui a posé la structure à trois piliers : la communauté européenne, la politique étrangère et de sécurité commune, et la coopération policière et judiciaire.
  • La ratification des traités a connu des difficultés, notamment en France, mais la Cour de cassation a validé leur conformité à la constitution.
  • Le traité de Lisbonne (2007) a reconnu à l’UE la personnalité juridique, renforcé ses institutions, et élevé la Charte des droits fondamentaux au rang de traité.
  • La nature juridique de l’UE est celle d’un ordre juridique propre, autonome, distinct de celui des États membres, avec la primauté et l’effet direct du droit européen affirmés par la jurisprudence (arrêt Van Gend Loos, Costa, IH).
  • Les sources du droit de l’UE incluent les traités, la jurisprudence, la charte, et d’autres sources conventionnelles ou unilatérales, sans liste exhaustive.

À retenir

L’UE possède une organisation juridique spécifique, autonome et distincte, fondée sur des traités constitutifs qui lui confèrent une personnalité juridique propre, avec des principes fondamentaux de primauté et d’effet direct du droit européen.

2. Traités constitutifs

Notions clés & Définitions

Traités constitutifs : Ce sont des traités internationaux dont le contenu est matériellement constitutionnel, visant à instaurer des institutions et des règles fondamentales régissant leur fonctionnement. Ils ont une valeur suprême et une portée constitutionnelle, assurant la répartition des pouvoirs et la garantie des droits fondamentaux (source : paragraphe 1, section 1).

Traité de Rome : Traité sur le fonctionnement du droit européen, signé en 1957, qui établit la Communauté économique européenne et définit ses principes de fonctionnement. Il constitue une source primaire du droit de l’UE (source : paragraphe 1, section 1).

Traité de Maastricht : Traité signé en 1992, qui pose la base de l’Union européenne, introduit une union économique et monétaire, et établit une politique étrangère et de sécurité commune. Il constitue également une source primaire du droit de l’UE (source : paragraphe 1, section 1).

Charte des droits fondamentaux : Texte adopté en 2000, dotée d’une valeur contraignante depuis le traité de Lisbonne, qui consacre environ 50 droits et libertés fondamentaux. Elle a la même valeur que les traités constitutifs (source : paragraphe 1, section 1).

Traité de Lisbonne : Traité signé en 2007, entré en vigueur en 2009, qui constitue une révision des traités antérieurs, notamment du traité de Rome et de Maastricht. Il reconnaît à l’UE la personnalité juridique, institue un président du Conseil européen, et élève la Charte des droits fondamentaux au même rang que les traités. Il ne mentionne pas explicitement le principe de primauté du droit européen (source : paragraphe 1, section 1).

Points essentiels

  • Les traités constitutifs sont à la fois des traités internationaux et des textes à contenu constitutionnel, assurant la répartition des pouvoirs et la protection des droits fondamentaux.
  • Le traité de Rome (1957) et le traité de Maastricht (1992) sont les deux principaux traités constitutifs, complétés par la Charte des droits fondamentaux.
  • La Charte des droits fondamentaux, adoptée en 2000, a une valeur contraignante depuis le traité de Lisbonne de 2007.
  • Le traité de Lisbonne (2007) a modernisé l’architecture juridique de l’UE, notamment en lui conférant la personnalité juridique et en renforçant la place des droits fondamentaux.
  • Ces traités ont une valeur suprême, étant considérés comme des textes à portée constitutionnelle, et organisent la structure et le fonctionnement de l’UE.

À retenir

Les traités constitutifs de l’UE, notamment ceux de Rome, Maastricht et Lisbonne, constituent la base juridique suprême de l’Union, assurant la répartition des compétences, la protection des droits fondamentaux et l’organisation institutionnelle.

3. Principes de fonctionnement

Notions clés & Définitions

  • Souveraineté de l’UE : La capacité pour l’Union européenne d’exercer son pouvoir juridique suprême sur son ordre juridique propre, distinct de celui des États membres, sans être soumis à une autre puissance juridique dans l’ordre international (arrêt Van Gend Loos, arrêt Costa).

  • Primauté du droit européen : Principe selon lequel toute norme du droit de l’Union européenne prévaut sur toute norme de droit interne des États membres, y compris la Constitution nationale, et doit être appliquée en priorité (arrêt Van Gend Loos, arrêt Costa).

  • Effet direct du droit de l’UE : Capacité des normes du droit européen à produire des effets directs dans l’ordre juridique national, permettant aux particuliers de se prévaloir de ces normes devant les juridictions nationales (arrêt Van Gend Loos, arrêt Costa).

  • Subsidiarité : Principe selon lequel l’Union européenne n’intervient que lorsque les objectifs poursuivis ne peuvent pas être réalisés de manière suffisante par les États membres et peuvent l’être mieux à l’échelle de l’Union (article 5 TUE).

  • Proportionnalité : Principe selon lequel l’action de l’Union doit être limitée à ce qui est nécessaire pour atteindre ses objectifs, sans excéder ce qui est utile (article 5 TUE).

Points essentiels

  • La construction juridique de l’UE repose sur des traités constitutifs qui ont une valeur constitutionnelle, assurant la répartition des pouvoirs et la garantie des droits fondamentaux, avec une hiérarchie normative affirmée par la Cour de justice (arrêt Costa, arrêt Van Gend Loos).

  • La souveraineté de l’UE se distingue de celle d’un État, car elle exerce une puissance juridique suprême sur son ordre juridique propre, tout en étant créée par des traités signés par les États membres.

  • La primauté et l’effet direct sont des caractéristiques fondamentales du droit de l’UE, affirmées par la jurisprudence, permettant à ce droit d’être supérieur aux normes nationales et directement applicable aux particuliers.

  • La subsidiarité et la proportionnalité encadrent l’action de l’UE, garantissant que l’intervention européenne est justifiée et limitée à ce qui est nécessaire.

  • Ces principes assurent la cohérence, l’autonomie et l’efficacité du système juridique européen, tout en respectant la souveraineté des États membres dans le cadre fixé par les traités.

À retenir

Les principes de fonctionnement de l’UE, notamment la souveraineté, la primauté, l’effet direct, la subsidiarité et la proportionnalité, structurent son ordre juridique en lui conférant autonomie, cohérence et efficacité, tout en respectant la souveraineté des États membres.

4. Compétences et ressources

Notions clés & Définitions

  • Sources primaires : Ce sont des traités internationaux qui établissent les règles fondamentales régissant l’Union européenne. Ils ont une valeur constitutionnelle et sont à la base de l’ordre juridique de l’UE. Selon la jurisprudence, ils ont une valeur équivalente à celle des principes généraux du droit (voir section 2).
  • Sources dérivées : Ce sont des actes produits par les organes de l’UE, tels que la législation, les règlements, directives, etc., qui découlent des sources primaires. Elles complètent et précisent le cadre posé par ces traités.
  • Sources conventionnelles : Ce sont des textes ou accords, comme les traités, qui ont une valeur normative et sont adoptés par les États ou institutions de l’UE. Les traités constitutifs en font partie, ayant une valeur constitutionnelle.
  • Sources de décision unilatérale : Ce sont des actes adoptés par une seule autorité de l’UE, sans négociation ou accord préalable, tels que certains règlements ou décisions. Leur force juridique dépend de leur nature et de leur conformité aux traités.

Points essentiels

  • La construction juridique de l’UE repose principalement sur des traités constitutifs qui ont une valeur constitutionnelle, notamment en tant que sources primaires.
  • Les traités constitutifs sont des traités internationaux à contenu matériellement constitutionnel, organisant la répartition des pouvoirs et garantissant les droits fondamentaux (ex : Charte des droits fondamentaux).
  • La procédure de révision des traités est encadrée par l’article 48 du TUE, comprenant une procédure ordinaire et des procédures simplifiées, permettant d’adapter le cadre juridique de l’UE.
  • La hiérarchie des sources du droit de l’UE place les traités constitutifs en sommet, avec une valeur supérieure aux actes de droit dérivé, conformément à la jurisprudence de la Cour de justice.
  • La valeur des traités peut varier selon leur contenu, certains articles ayant une valeur plus importante, notamment ceux préliminaires.
  • La notion d’ordre juridique de l’UE est autonome, distincte de celui des États membres, avec des principes tels que la primauté et l’effet direct du droit européen.

À retenir

Les sources du droit de l’UE, principalement les traités constitutifs, forment un cadre constitutionnel autonome, hiérarchisé et évolutif, qui garantit la primauté et l’effet direct du droit européen face aux normes nationales.

5. Sources du droit de l’UE

Notions clés & Définitions

Actes contraignants : Actes juridiques qui produisent des effets obligatoires pour leurs destinataires, qu'ils soient individuels ou généraux, conformément à leur contenu (voir section 7).

Actes législatifs : Actes adoptés selon une procédure législative, notamment par le Parlement et le Conseil, qui ont une portée générale et impersonnelle, et qui créent des règles de droit applicables à tous ou à une catégorie de sujets (voir section 7).

Actes réglementaires : Actes qui précisent ou complètent des actes législatifs, adoptés par les institutions de l’UE pour assurer leur application uniforme, généralement sous forme de règlements ou directives (voir section 7).

Actes de droit dérivé : Actes produits par les institutions de l’UE en application des traités, qui ne sont pas des traités eux-mêmes mais qui ont une force juridique contraignante ou non, selon leur nature (voir section 7).

Points essentiels

  • Les actes de droit dérivé sont produits par les institutions de l’UE pour mettre en œuvre ou préciser les traités constitutifs et le traité de fonctionnement (section 2, chapitre 2).
  • Les actes législatifs sont adoptés selon une procédure législative conjointe, notamment par le Parlement et le Conseil, et ont une portée générale (section 2, chapitre 2).
  • Les actes réglementaires peuvent prendre la forme de règlements, directives, décisions, recommandations ou avis, avec des effets contraignants ou non, selon leur type (article 288 TFUE).
  • La distinction entre actes contraignants et non contraignants est essentielle pour comprendre leur force juridique et leur champ d’application (section 2, chapitre 2).

À retenir

Les actes contraignants, qu'ils soient législatifs ou réglementaires, constituent la principale source de droit dérivé de l’UE, permettant la mise en œuvre concrète des traités et la régulation des relations juridiques au sein de l’Union.

6. Actes unilatéraux

Notions clés & Définitions

  • Actes non contraignants : Actes produits par l’Union européenne qui ne créent pas d’obligations juridiques contraignantes pour leurs destinataires. Ils ont une portée purement recommandative ou informative, sans effet obligatoire. (source : paragraphe "Rappel ANTI-RÉPÉTITION")

  • Recommandations : Actes non contraignants destinés à orienter ou conseiller les États membres ou autres acteurs sans imposer d’obligations juridiques. Leur but est d’inciter à une conduite souhaitée, mais ils ne peuvent pas faire l’objet d’un recours pour non-respect. (source : paragraphe "Rappel ANTI-RÉPÉTITION")

  • Avis : Expression de la position d’une institution de l’UE sur une question spécifique. Ils n’ont pas d’effet juridique contraignant et ne peuvent pas faire l’objet de recours devant la CJUE. Leur fonction est purement consultative. (source : paragraphe "Avis")

7. Actes contraignants

Notions clés & Définitions

Sources du droit international public : Ensemble des règles et principes qui régissent les relations entre les sujets de droit international, notamment les États et les organisations internationales, et qui ont une valeur juridique. Elles incluent notamment les traités, la coutume, les principes généraux du droit, et d’autres sources reconnues par la pratique internationale.

Normes internationales : Règles ou principes adoptés dans le cadre du droit international public, qui s’imposent aux sujets de droit international. Elles peuvent résulter de traités ou de pratiques coutumières, et ont pour but de réguler les relations internationales.

Traités internationaux : Accords écrits entre sujets de droit international, rédigés en conformité avec le droit international public, qui engagent leur(s) signataire(s). Ils constituent une source majeure du droit international public, et leur respect est obligatoire pour les parties.

Principes du droit international : Règles fondamentales implicites ou explicites qui guident l’élaboration, l’interprétation et l’application des normes du droit international public. Ils assurent la cohérence et la légitimité de l’ordre juridique international.

Points essentiels

  • La Cour de justice évoque la transférabilité de compétences, affirmant que celles de l’UE sont imprescriptibles et que l’acquis communautaire est irréversible, renforçant la nature contraignante des actes issus des traités.
  • Les compétences de l’UE sont classifiées en compétences exclusives, partagées, et d’appui, avec des domaines précis pour chacune, notamment la politique commerciale commune ou la conservation des ressources marines.
  • La Charte des droits fondamentaux de l’UE, dotée d’une valeur contraignante depuis le traité de Lisbonne, consacre environ 50 droits et libertés fondamentaux, organisés en six titres.
  • La Cour de justice adopte une interprétation extensive de la portée de la Charte, notamment pour déterminer si une réglementation nationale relève de la mise en œuvre du droit de l’UE.
  • Les préambules des traités définissent des objectifs moraux, politiques et économiques, ayant une valeur normative susceptible d’avoir des effets juridiques indirects.
  • Les protocoles et annexes, notamment sur le statut de la Cour de justice ou celui de la BCE, ont une portée juridique, étant intégrés dans les normes de référence du contrôle juridictionnel.
  • La hiérarchie des traités constitue un rapport hiérarchique, avec certains articles ayant une valeur plus importante, notamment les articles préliminaires.
  • Les traités doivent respecter le droit international public, notamment la charte des Nations unies, selon l’article 21 paragraphe 1 du TFUE.
  • La Cour de justice a affirmé que les compétences de l’UE doivent être exercées dans le respect du droit international, mais la relation entre traités de l’UE et principes du DIP reste complexe.
  • Les principes généraux du droit, issus de la jurisprudence, sont des principes non écrits, fondamentaux, qui s’imposent à l’ordre juridique de l’UE, notamment ceux relatifs à la protection des droits fondamentaux.
  • La CJUE reconnaît que certains droits fondamentaux issus des traditions constitutionnelles et de la CEDH font partie intégrante du droit de l’UE en tant que PGD, avec une portée variable.
  • La possibilité pour l’UE d’adhérer à la Convention européenne des droits de l’homme (ConvEDH) a été rejetée, notamment par la CJUE, pour des raisons de compétence et d’autonomie juridique.
  • Les actes unilatéraux de l’UE, notamment les règlements, directives, décisions, recommandations, et avis, constituent des sources du droit dérivé, avec des effets juridiques variés.
  • La procédure d’élaboration des actes de droit dérivé doit respecter le principe de légalité, en conformité avec les compétences conférées par les traités, et suivre des règles précises de forme et de compétence.

À retenir

Les actes contraignants de l’UE, issus principalement des traités et du droit international public, constituent la base juridique de ses normes, leur respect étant garanti par leur hiérarchie et leur conformité aux principes fondamentaux du droit international.

8. Actes non contraignants

Notions clés & Définitions

Ordre juridique de l’UE : Ensemble de règles, principes et institutions qui organisent la législation, l’administration et la justice dans l’Union européenne, garantissant la cohérence et la primauté du droit européen (voir section 9).

Système de normes : Organisation hiérarchique et cohérente des différentes sources de droit dans l’UE, comprenant notamment les traités, la charte, et les actes de droit dérivé (voir section 9).

Norme fondamentale : La norme qui constitue le socle de l’ordre juridique de l’UE, notamment les traités constitutifs, qui ont une valeur supérieure et prévalent sur les autres normes (voir section 9).

Conflits de normes : Situations où deux normes juridiques sont incompatibles, nécessitant une hiérarchie ou une règle de priorité pour déterminer laquelle s’applique. Dans l’UE, la primauté du droit européen joue un rôle clé pour résoudre ces conflits (voir section 9).

Autonomie du droit de l’UE : Caractère distinct et indépendant du système juridique européen par rapport aux systèmes juridiques nationaux, notamment par la prévalence du droit de l’UE et la capacité de ses institutions à produire des actes contraignants ou non contraignants (voir section 9).

Points essentiels

  • La périphérie des traités constitutifs inclut des actes non contraignants tels que les préambules, protocoles ou annexes, qui ont une portée juridique différente selon leur nature et leur contenu.
  • Les protocoles et annexes, notamment ceux sur le statut de la Cour de justice ou la protection des droits fondamentaux, ont une force obligatoire équivalente à celle des traités, selon l’article 52 du TUE.
  • Les préambules des traités définissent des objectifs moraux, politiques et économiques, et peuvent produire des effets juridiques indirects, notamment lors de l’interprétation des dispositions des traités par la Cour de justice.
  • Les actes non contraignants, tels que recommandations et avis, n’ont pas d’effet juridique contraignant. Les recommandations expriment une position sans obligation, tandis que les avis donnent une opinion sans portée interprétative.
  • La hiérarchie et la valeur juridique des actes dépendent de leur nature : les règlements, directives et décisions sont contraignants, alors que recommandations et avis ne le sont pas.
  • La légitimité et la conformité des actes non contraignants avec le système de normes de l’UE sont encadrées par des règles de procédure et de légalité, notamment celles prévues par l’article 13 §2 TUE et l’article 290 TFUE.

À retenir

Les actes non contraignants de l’UE, tels que recommandations et avis, jouent un rôle important dans la communication et la coordination des politiques, sans produire d’effets juridiques contraignants, tout en étant intégrés dans le système de normes de l’Union.

9. Droit international public

Notions clés & Définitions

Primauté du droit de l’UE : Principe selon lequel le droit de l’Union européenne prévaut sur toute norme juridique interne ou internationale incompatible, assurant une hiérarchie normative claire (voir section 3).

Effet direct du droit de l’UE : Caractère conféré à certaines normes de l’UE leur permettant d’être directement invoquées par les particuliers devant les juridictions nationales, sans nécessité de transposition (voir section 3).

Arrêts Van Gend Loos et Costa : Jurisprudences fondamentales affirmant respectivement que le droit de l’UE a un effet direct (Van Gend Loos, 1963) et que le droit de l’UE prime sur le droit national (Costa, 1964).

Autonomie du système juridique européen : Indépendance du système juridique de l’UE vis-à-vis du droit international public, notamment par la création de principes propres et une hiérarchie spécifique, notamment la primauté et l’effet direct (voir section 3).

Ordre juridique de l’UE : Système de normes propre, doté d’une hiérarchie, avec des principes fondamentaux tels que la primauté, l’effet direct, et l’autonomie, qui régissent la relation entre le droit de l’UE et les autres ordres juridiques.

Points essentiels

  • Les traités de l’UE ont une prévalence juridique absolue sur toutes les normes de droit dérivé, sauf disposition contraire explicitement prévue.
  • La hiérarchie normative au sein des traités privilégie certains articles, notamment les articles préliminaires, qui ont une valeur plus importante.
  • La Cour de justice de l’UE a admis une hiérarchie normative entre les dispositions des traités, permettant de modifier certaines dispositions tout en conservant leur valeur juridique.
  • La relation entre les traités constitutifs de l’UE et le droit international public est complexe : l’UE doit respecter le droit international, notamment la Charte des Nations unies, mais possède une autonomie juridique qui lui permet de créer ses propres principes.
  • Les principes généraux du droit, tels que la liberté, la démocratie, et les droits de l’homme, ont une origine jurisprudentielle, sont placés au sommet de l’ordre juridique de l’UE, et s’imposent aux actes de droit dérivé et aux traités internationaux.
  • La Cour de justice s’émancipe de certains principes du droit international public, notamment la souveraineté des États, pour privilégier l’effet utile des traités et l’intégration effective du droit de l’UE.

À retenir

Le système juridique de l’UE repose sur la primauté, l’effet direct, et l’autonomie, qui lui confèrent une structure normative spécifique, distincte du droit international public, permettant une hiérarchie claire et une application uniforme de ses normes.

Tableaux de Synthèse

CritèreOrganisation juridique de l’UETraités constitutifs
DéfinitionStructures, règles, principes organisant le fonctionnement de l’UETraités internationaux à contenu constitutionnel, établissant institutions et règles fondamentales
Principaux exemplesTraité de Rome, Traité de Maastricht, Traité de LisbonneTraité de Rome (1957), Traité de Maastricht (1992), Traité de Lisbonne (2007)
Valeur juridiqueAutonome, spécifique, primauté, effet directSuprême, à portée constitutionnelle, valeur prioritaire
ObjectifsConstruction fédérale, principes fondamentaux (démocratie, état de droit)Répartition des compétences, protection des droits fondamentaux
Source principaleTraités, jurisprudence, charte des droits fondamentauxTraités, charte, jurisprudence
CritèrePrincipes de fonctionnementSources du droit de l’UE
DéfinitionRègles fondamentales : souveraineté, primauté, effet direct, subsidiarité, proportionnalitéTextes, jurisprudence, charte, actes unilatéraux, conventions
Principes clésSouveraineté, primauté, effet direct, subsidiarité, proportionnalitéTraités, jurisprudence, charte des droits fondamentaux
ApplicationGarantissent la hiérarchie, la légitimité et la cohérence du droit européenProduisent des normes obligatoires ou non contraignantes

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre la valeur juridique des traités de Rome, Maastricht et Lisbonne : tous ont une valeur suprême, mais seul le traité de Lisbonne a reconnu explicitement la personnalité juridique de l’UE.
  2. Confondre actes contraignants et actes non contraignants : les premiers obligent juridiquement, les seconds sont des recommandations ou avis.
  3. Croire que la Charte des droits fondamentaux n’a qu’une valeur déclarative : depuis le traité de Lisbonne, elle a une valeur contraignante.
  4. Confondre la souveraineté de l’UE avec celle d’un État : l’UE exerce une souveraineté limitée, dérivée de ses traités.
  5. Oublier que la primauté du droit de l’UE s’applique même si une norme nationale est contraire, y compris la Constitution.
  6. Confondre l’effet direct vertical et horizontal : l’effet direct vertical permet aux particuliers de se prévaloir du droit européen contre l’État, l’effet horizontal contre un autre particulier.
  7. Négliger que la jurisprudence (arrêt Van Gend Loos, Costa) a affirmé la primauté, la souveraineté et l’effet direct du droit européen.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition de l’organisation juridique de l’UE et ses composantes principales.
  2. Identifier les principaux traités constitutifs : Rome, Maastricht, Lisbonne.
  3. Expliquer la valeur juridique des traités constitutifs et leur rôle dans la construction de l’ordre juridique européen.
  4. Maîtriser la différence entre actes contraignants et actes non contraignants, avec exemples.
  5. Connaître la portée de la Charte des droits fondamentaux et son évolution juridique.
  6. Comprendre la notion de personnalité juridique de l’UE, notamment avec le traité de Lisbonne.
  7. Savoir définir et illustrer la souveraineté de l’UE, la primauté et l’effet direct.
  8. Connaître les principes de subsidiarité et de proportionnalité, leur contenu et leur application.
  9. Identifier les sources du droit de l’UE : traités, jurisprudence, charte, actes unilatéraux.
  10. Maîtriser la jurisprudence clé : arrêt Van Gend Loos, Costa, IH.
  11. Connaître la hiérarchie normative dans l’ordre juridique de l’UE.
  12. Savoir distinguer l’ordre juridique de l’UE de celui des États membres.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Organisation juridique et principes fondamentaux de l’UE avec 9 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Comment peut-on définir les sources du droit de l’Union européenne ?

2. Quelle est la conséquence juridique principale de la nature non contraignante des recommandations et avis adoptés par l’UE ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Organisation juridique et principes fondamentaux de l’UE avec 18 flashcards interactives.

Organisation juridique de l’UE

Structures, règles, principes organisant l’Union

Traités constitutifs — définition ?

Traités à contenu constitutionnel établissant institutions et règles

Principes de fonctionnement — exemples ?

Souveraineté, primauté, effet direct, subsidiarité, proportionnalité

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