QCM : Respect juridique du corps humain — 15 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle conception du rapport entre la personne et son corps est attribuée au doyen Carbonnier ?

La personne protège son corps, qui demeure extérieur à son identité juridique
La personne est son corps, qui constitue le substratum de la personne
La personne est distincte de son corps, qui relève du patrimoine familial
La personne possède son corps, qui constitue un bien juridiquement cessible

La personne est son corps, qui constitue le substratum de la personne

Explication

Pour Carbonnier, le corps constitue le substratum de la personne : il ne s’agit pas d’un bien extérieur à celle-ci. L’idée d’une simple propriété sur le corps ne correspond donc pas à cette conception juridique.

2. À quelle période le corps humain en tant que tel a-t-il été introduit dans le droit français par les lois bioéthiques ?

En 1989, lors de la réforme générale du Code civil
En 2004, avec la révision des règles de bioéthique
En 1975, dans le cadre des premières règles médicales
En 1994, avec l’adoption des premières lois bioéthiques

En 1994, avec l’adoption des premières lois bioéthiques

Explication

Les lois bioéthiques de 1994 ont introduit tardivement le corps humain en tant que tel dans le droit français. La révision de 2004 est postérieure à cette reconnaissance initiale.

3. Que garantit l’article 16-1 du Code civil concernant le corps humain ?

Le droit des médecins à modifier le corps sans accord
Le droit des tiers à disposer du corps d’une personne
Le droit de chacun au respect de son corps
Le droit des héritiers à contrôler le corps familial

Le droit de chacun au respect de son corps

Explication

L’article 16-1 reconnaît à chacun un droit au respect de son corps. Ce droit appartient donc à la personne concernée, et non à des tiers qui pourraient en disposer.

4. Quel principe résulte de l’article 16-1-1 du Code civil après le décès d’une personne ?

La protection du corps est transférée aux seuls héritiers
Le corps devient librement disponible après les obsèques
Le respect dû au corps humain se poursuit après la mort
Le respect du corps disparaît dès que la personne décède

Le respect dû au corps humain se poursuit après la mort

Explication

L’article 16-1-1 maintient le respect dû au corps humain après la mort. Le décès ne rend donc pas le corps librement disponible et ne supprime pas cette exigence juridique.

5. Sur quels principes repose le statut juridique du corps humain ?

La responsabilité, la publicité et la contractualisation
La propriété, la transmissibilité et la libre disposition
La personnalité, la patrimonialité et la commercialisation
L’inviolabilité, la non-patrimonialité et l’indisponibilité

L’inviolabilité, la non-patrimonialité et l’indisponibilité

Explication

Le statut juridique du corps humain repose sur l’inviolabilité, la non-patrimonialité et l’indisponibilité. La propriété et la commercialisation décrivent au contraire une logique patrimoniale incompatible avec ces principes.

6. Que signifie principalement le principe d’inviolabilité corporelle ?

Il autorise les proches à décider du corps d’un adulte
Il transforme le corps humain en objet du patrimoine
Il encadre les atteintes au corps commises par autrui
Il interdit toute intervention médicale sur une personne

Il encadre les atteintes au corps commises par autrui

Explication

Le principe d’inviolabilité encadre les atteintes corporelles commises par autrui et exprime l’idée de protection du corps. Il ne prohibe donc pas toute intervention médicale, notamment lorsque celle-ci est légalement justifiée.

7. Dans quelle situation l’article 16-3 du Code civil permet-il de porter atteinte à l’intégrité du corps humain ?

En cas de nécessité médicale pour la personne ou, exceptionnellement, pour autrui
En présence d’un intérêt financier pour l’établissement ou pour autrui
Pour toute recherche scientifique présentant un intérêt général
Sur décision d’un proche lorsque la personne refuse l’intervention

En cas de nécessité médicale pour la personne ou, exceptionnellement, pour autrui

Explication

L’article 16-3 fait de la nécessité médicale pour la personne le cas principal et admet exceptionnellement l’intérêt thérapeutique d’autrui. Un intérêt financier ou scientifique ne suffit pas, à lui seul, à justifier l’atteinte.

8. Quelle est la règle concernant le consentement avant une intervention portant atteinte à l’intégrité corporelle ?

Le consentement d’un proche remplace normalement celui de la personne concernée
Le consentement doit être recueilli préalablement, sauf impossibilité liée à l’état de la personne
Le consentement peut être recueilli après l’intervention lorsque le médecin le juge utile
Le consentement n’est requis que pour les interventions dépourvues de finalité médicale

Le consentement doit être recueilli préalablement, sauf impossibilité liée à l’état de la personne

Explication

Le consentement préalable de l’intéressé constitue la règle. Une exception existe lorsque son état rend nécessaire une intervention thérapeutique à laquelle il ne peut consentir, et non lorsque le médecin souhaite simplement différer l’accord.

9. Que prohibe le principe de non-patrimonialité du corps humain ?

Les actes médicaux réalisés avec le consentement libre et éclairé de la personne
Les actes juridiques concernant l’identité civile et l’état des personnes
Les actes de disposition gratuits portant sur des éléments corporels détachés de la personne
Les actes de disposition à titre onéreux portant sur le corps humain, ses éléments et ses produits

Les actes de disposition à titre onéreux portant sur le corps humain, ses éléments et ses produits

Explication

La non-patrimonialité interdit d’attribuer une valeur marchande au corps humain, à ses éléments et à ses produits. La possibilité juridique de disposer d’un élément corporel détaché relève d’une distinction différente et ne supprime pas cette interdiction marchande.

10. Dans quelles conditions un élément ou un produit du corps humain peut-il faire l’objet d’un acte de disposition ?

Après son détachement de la personne, sans pouvoir recevoir une valeur marchande
Pendant qu’il appartient au corps, si l’acte poursuit une finalité médicale
Avant tout détachement, dès lors que la personne donne un consentement exprès
Après son détachement, à condition de lui attribuer un prix correspondant au marché

Après son détachement de la personne, sans pouvoir recevoir une valeur marchande

Explication

Le détachement permet certains actes de disposition concernant l’élément ou le produit corporel, mais la dignité humaine s’oppose à sa commercialisation. Le consentement ou la finalité médicale ne permet pas d’attribuer librement une valeur marchande.

11. Quelle décision a consacré pour la première fois le principe d’indisponibilité du corps humain ?

L’arrêt de l’Assemblée plénière de la Cour de cassation du 31 mai 1991 relatif à une convention de mère porteuse
Une décision du Conseil constitutionnel de 1994 portant sur le don d’organes
Un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme concernant la chirurgie esthétique
Une loi de 2004 relative à la bioéthique et à la recherche médicale

L’arrêt de l’Assemblée plénière de la Cour de cassation du 31 mai 1991 relatif à une convention de mère porteuse

Explication

L’Assemblée plénière de la Cour de cassation a consacré ce principe dans son arrêt du 31 mai 1991 relatif à une convention de mère porteuse. Cette décision concerne l’indisponibilité du corps humain, et non le principe distinct de non-patrimonialité.

12. Quelle proposition décrit correctement le principe d’indisponibilité du corps humain ?

Les tiers ne peuvent disposer du corps humain, mais la personne peut en organiser contractuellement la cession
Les actes portant sur le corps entier sont valables lorsqu’ils poursuivent une finalité médicale ou familiale
La personne peut disposer de son corps entier si elle manifeste un consentement libre et éclairé devant un professionnel
Aucun acte juridique de disposition ne peut porter sur le corps humain dans son entier, et la règle s’impose à la personne comme aux tiers

Aucun acte juridique de disposition ne peut porter sur le corps humain dans son entier, et la règle s’impose à la personne comme aux tiers

Explication

L’indisponibilité interdit les actes juridiques de disposition portant sur le corps humain considéré dans son ensemble et lie la personne comme les tiers. Le consentement ou la finalité invoquée ne suffit donc pas à rendre valable une convention de cette nature.

13. Quel changement intervenu en 1999 a assoupli le principe d’inviolabilité du corps humain ?

La substitution du consentement familial au consentement de la personne
La substitution de la nécessité médicale à la nécessité thérapeutique
La substitution de l’intérêt économique à l’intérêt médical
La suppression de toute condition médicale pour intervenir sur le corps

La substitution de la nécessité médicale à la nécessité thérapeutique

Explication

En 1999, la référence à la nécessité thérapeutique a été remplacée par celle de nécessité médicale, ce qui a élargi le cadre des interventions admises. Cette évolution n’a pas supprimé toute exigence médicale ni remplacé le consentement individuel par celui de la famille.

14. Lequel de ces actes constitue un exemple de libre disposition corporelle ?

La gestation pour autrui
L’euthanasie active
La modification du sexe
Le clonage reproductif

La modification du sexe

Explication

La modification du sexe figure parmi les exemples de libre disposition corporelle, avec l’IVG, l’accouchement sous X et la chirurgie esthétique. La gestation pour autrui, l’euthanasie active et le clonage reproductif appartiennent aux interdits maintenus.

15. Lequel de ces actes ou principes relève des interdits corporels maintenus ?

L’accouchement sous X
La chirurgie esthétique
La gestation pour autrui
La modification du sexe

La gestation pour autrui

Explication

La gestation pour autrui fait partie des interdits maintenus, au même titre que l’euthanasie active, la non-brevetabilité du corps et le clonage reproductif. La chirurgie esthétique relève au contraire des exemples de libre disposition corporelle.

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Comment le Doyen Carbonnier décrit-il le corps humain en droit ?

Il le décrit comme le substratum de la personne.

Qu'est-ce que la personne en droit selon le Doyen Carbonnier ?

La personne est son corps.

Quelle loi a introduit le corps humain dans le droit français ?

Les lois bioéthiques de 1994.

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