Fiche de révision : Comprendre le marché du travail et le chômage

Plan du Cours

  1. Chômage : enjeux et théories
  2. Définition et mesure du chômage
  3. Chômage structurel et marché du travail
  4. Appariements et asymétries d'information
  5. Institutions et rigidités du marché du travail
  6. Politiques de relance de la demande
  7. Allégement du coût du travail et flexibilité
  8. Formation et mobilité professionnelle
  9. Fluctuations économiques et chômage conjoncturel

1. Chômage : enjeux et théories

Notions clés & Définitions

  • Chômage : Le chômage correspond à une situation de non-emploi touchant des personnes en âge de travailler, avec des effets au-delà du revenu individuel.
  • Théories keynésiennes : Les théories keynésiennes expliquent que la baisse de l’activité se traite en stimulant la demande pour relancer l’emploi.
  • Théories libérales : Les théories libérales estiment que le chômage vient d’un dysfonctionnement du marché du travail et qu’il faut agir du côté de l’offre.

Points essentiels

  • Depuis le ralentissement de l’activité économique des années 80, le chômage devient un problème majeur dans les économies développées.
  • Le chômage entraîne des conséquences économiques (perte de revenu), sociales (perte de liens sociaux) et symboliques (perte de l’estime de soi).
  • Pour les keynésiens, la lutte contre le chômage passe par l’avantage donné aux politiques de relance de la demande.
  • Pour les libéraux, la lutte contre le chômage passe par l’avantage donné à l’offre car le marché du travail fonctionne mal.

Astuce mémo

Keynésien = Demande pour relancer; Libéral = Offre pour corriger le marché.

2. Définition et mesure du chômage

Notions clés & Définitions

  • Population active : La population active regroupe les personnes qui ont un emploi et celles qui n’en ont pas mais cherchent à en avoir un.
  • Population active occupée : La population active occupée correspond aux personnes qui travaillent effectivement.
  • Population active inoccupée : La population active inoccupée regroupe les personnes sans emploi qui sont en recherche active d’un travail.
  • Halo du chômage : Le halo du chômage regroupe des personnes qui souhaitent travailler mais ne sont pas comptées comme chômeuses selon les critères de disponibilité ou de recherche active.
  • Taux d’emploi : Le taux d’emploi mesure la part des individus en âge de travailler qui sont en emploi.

Points essentiels

  • Un chômeur au sens du BIT a 15 ans ou plus, n’a pas d’emploi sur la semaine donnée et est disponible pour travailler dans les 2 semaines.
  • Un chômeur au BIT mène une démarche active de recherche sur les 4 dernières semaines ou a trouvé un emploi qui commence dans les 3 mois.
  • Le halo du chômage concerne notamment les personnes non disponibles rapidement ou qui ne recherchent pas activement un emploi.

3. Chômage structurel et marché du travail

Notions clés & Définitions

  • Appariements sur le marché du travail : Les appariements sont la mise en relation entre l’offre de travail des salariés et la demande de travail des entreprises.
  • Frictions sur le marché du travail : Les frictions sont des obstacles qui empêchent la rencontre immédiate entre l’offre et la demande de travail.
  • Asymétries d’information : Les asymétries d’information désignent le fait que tous les acteurs n’ont pas la même information pour décider et recruter.
  • Salaire d’efficience : Le salaire d’efficience est un salaire volontairement plus élevé que le salaire d’équilibre pour inciter les salariés à être plus productifs.

Points essentiels

  • Le chômage structurel peut venir d’une inadéquation spatiale : les travailleurs ne vivent pas au même endroit que les emplois disponibles, ce qui laisse des postes vacants.
  • Le chômage structurel peut aussi venir d’une inadéquation des compétences : les qualifications demandées ne correspondent pas à celles des chômeurs, donc des emplois restent inoccupés.
  • Le chômage structurel peut encore résulter de délais de recherche : prospection des candidats et traitement des candidatures par les employeurs prennent du temps avant de pourvoir les postes.
  • Le chômage structurel peut être renforcé par la sélection adverse : l’employeur, ne connaissant pas la productivité réelle avant l’embauche, risque de recruter un candidat moins productif que prévu.
  • Le chômage structurel peut être causé par l’aléa moral : après l’embauche, l’employeur ne contrôle pas parfaitement l’effort ou la productivité, ce qui peut amener les entreprises à embaucher moins.
  • Quand la productivité n’est pas parfaitement observable, les entreprises peuvent recourir à un salaire d’efficience supérieur au salaire d’équilibre, augmentant le coût du travail et réduisant les embauches.

Astuce mémo

Appariements = Où ? Quoi ? Quand ? ; Asymétries = Avant embauche (sélection adverse) et Après embauche (aléa moral), puis Salaire d’efficience = coût ↑, embauches ↓.

4. Appariements et asymétries d'information

Notions clés & Définitions

  • Asymétrie d’information : Situation où une partie du marché ne peut pas observer totalement les caractéristiques pertinentes de l’autre partie.
  • Condition de transparence : Principe selon lequel la productivité et la qualité des travailleurs devraient être observables par les employeurs pour fixer efficacement les salaires.
  • Appariements : Correspondance entre une offre de travail et une demande de travail qui conduit à un placement adapté des travailleurs aux postes.

Points essentiels

  • Quand la productivité n’est pas parfaitement observée par les entreprises, elles peuvent proposer un salaire d’efficience supérieur au salaire d’équilibre pour réduire l’aléa moral.
  • Le salaire d’efficience incite à être plus productif car le risque de perdre un emploi bien rémunéré rend les efforts rationnels.
  • Le salaire d’efficience augmente le coût du travail pour l’entreprise, ce qui réduit les embauches et fait monter le chômage structurel.
  • Les appariements sont défaillants quand l’offre et la demande ne correspondent pas bien, ce qui contribue au chômage structurel.
  • Le chômage structurel peut aussi venir de rigidités et d’inadéquations entre offres et demandes d’emploi qui empêchent un bon matching.

Astuce mémo

Transparence cassée → salaire plus haut → efforts ↑ → embauches ↓ → chômage structurel ↑.

5. Institutions et rigidités du marché du travail

Notions clés & Définitions

  • Flexibilisation du marché du travail : La flexibilisation du marché du travail désigne l’ensemble des mesures qui permettent aux entreprises de s’adapter à la demande en assouplissant les règles qui encadrent l’emploi.
  • Chômage structurel : Le chômage structurel est un chômage de long terme lié au mauvais fonctionnement du marché du travail, notamment à cause de rigidités et d’inadéquations entre offres et demandes.
  • Allégement du coût du travail : L’allégement du coût du travail regroupe les politiques qui réduisent le coût salarial (souvent via cotisations) pour rendre l’embauche plus attractive.

Points essentiels

  • Le chômage structurel existe lorsque des règles trop rigides, des coûts d’embauche élevés, un manque de qualification et des appariements imparfaits freinent l’embauche des entreprises.
  • La flexibilisation est externe si elle ajuste les effectifs selon l’activité, et interne si elle modifie les conditions pour les salariés déjà en poste.
  • Si le salaire minimum est fixé au-dessus du salaire d’équilibre, l’offre de travail dépasse la demande et cela peut créer un chômage structurel involontaire.
  • L’assouplissement du droit du travail, notamment la procédure de licenciement, réduit le risque perçu par les entreprises et les incite à embaucher davantage.
  • Le recours accru à la flexibilité via contrats précaires permet d’engager et de rompre plus facilement une relation de travail, ce qui diminue le risque d’embauche et peut réduire le chômage structurel.
  • L’annualisation du temps de travail permet d’ajuster les horaires à l’activité économique afin d’éviter certains licenciements lors des baisses d’activité, ce qui contribue à réduire le chômage structurel.

Astuce mémo

Salaire trop haut + règles trop rigides → chômage structurel; on flexibilise (horaires, licenciements, contrats) → embauches possibles → chômage ↓.

6. Politiques de relance de la demande

Notions clés & Définitions

  • Chômage conjoncturel : Chômage lié aux fluctuations de l’activité économique, qui diminue quand la demande globale se redresse.
  • Politique de soutien de la demande globale : Ensemble de politiques macroéconomiques visant à augmenter la demande (consommation, investissement, dépenses publiques, exportations) pour relancer croissance et emploi.
  • Politique monétaire expansionniste : Politique consistant à relancer la demande via une création monétaire plus forte, notamment en abaissant les taux directeurs.
  • Politique budgétaire expansionniste : Politique menée par l’État qui augmente la demande grâce à des dépenses publiques plus élevées ou des prélèvements obligatoires plus faibles.

Points essentiels

  • En période de ralentissement, une politique monétaire expansionniste abaisse les taux directeurs, ce qui réduit les taux des banques commerciales et stimule consommation et investissements, donc la demande puis l’emploi, ce qui baisse le chômage.
  • En période de ralentissement, une politique budgétaire expansionniste augmente les dépenses sociales des ménages peu favorisés ou diminue des prélèvements obligatoires, ce qui relève revenu et pouvoir d’achat, puis la demande, la production et l’emploi, donc le chômage.
  • En période de ralentissement, une politique budgétaire expansionniste soutient l’investissement privé ou réalise des investissements publics dans les infrastructures, ce qui augmente la production et l’emploi, donc fait baisser le chômage.
  • Les politiques de relance de la demande sont surtout adaptées au chômage conjoncturel car elles visent à stimuler l’activité lorsque la demande globale est insuffisante.

Astuce mémo

Monétaire = taux qui baissent → conso + investissements; Budgétaire = revenu/dépenses qui montent ou investissements publics → demande puis emploi.

7. Allégement du coût du travail et flexibilité

Notions clés & Définitions

  • Flexibilité externe : La flexibilité externe concerne l’ajustement des effectifs en facilitant l’embauche et le licenciement selon l’activité économique.
  • Flexibilité interne : La flexibilité interne consiste à ajuster l’organisation du travail des salariés déjà présents, via le temps de travail ou l’adaptation des tâches.
  • Annualisation du temps de travail : L’annualisation du temps de travail permet de moduler les horaires sur l’année pour mieux coller aux variations de l’activité économique.

Points essentiels

  • Si le salaire minimum est fixé au-dessus du salaire d’équilibre, l’offre de travail dépasse la demande et la flexibilisation passe par une baisse du salaire minimum, ce qui réduit le coût du travail et incite à embaucher.
  • En assouplissant le droit du travail, notamment la procédure de licenciement, les entreprises réduisent leur risque face aux baisses d’activité, ce qui favorise les embauches et diminue le chômage structurel.
  • L’augmentation du recours aux contrats précaires rend l’engagement et la rupture plus rapides, ce qui réduit le risque des entreprises et facilite l’ajustement des effectifs, donc baisse le chômage structurel.
  • Le recours accru à la sous-traitance permet de produire sans embaucher directement, ce qui réduit les charges liées à l’embauche et peut augmenter l’emploi.
  • L’annualisation du temps de travail autorise à faire varier les horaires en cas de ralentissement, ce qui évite plus souvent les licenciements et encourage les entreprises à embaucher, réduisant ainsi le chômage structurel.

Astuce mémo

Flexibilité = 2 leviers : externe (effectifs) ou interne (temps/organisation) ; en modulant, les entreprises licencient moins et embauchent plus.

8. Formation et mobilité professionnelle

Notions clés & Définitions

  • Politique de formation : Une politique de formation vise à ajuster les compétences des travailleurs aux postes recherchés par les entreprises pour améliorer la rencontre emploi-travailleur.
  • Politique d’aide à la mobilité géographique : Une politique d’aide à la mobilité géographique facilite le déplacement des travailleurs vers les zones où se trouvent les emplois afin de mieux faire correspondre l’offre et la demande.

Points essentiels

  • Une politique de formation réduit le chômage structurel en limitant l’inadéquation entre compétences disponibles et qualifications demandées par les entreprises.
  • Une politique d’aide à la mobilité géographique diminue le chômage structurel en réduisant l’écart spatial entre lieu de résidence et lieux d’emploi.
  • Dans la flexibilité interne, la formation et la mobilité renforcent les appariements sur le marché du travail et facilitent l’accès aux postes disponibles.

Astuce mémo

Formation = bonnes compétences ; Mobilité géographique = bon endroit : appariement plus facile, chômage structurel en baisse.

9. Fluctuations économiques et chômage conjoncturel

Notions clés & Définitions

  • Demande effective : La demande effective correspond au niveau de demande effectivement anticipé et réalisé, qui conditionne la production et les embauches des entreprises.
  • Politique expansionniste : Une politique expansionniste regroupe les mesures monétaires et/ou budgétaires visant à soutenir la demande et l’activité à court terme.

Points essentiels

  • Une baisse de l’activité économique à court terme réduit la demande effective, ce qui fait baisser la production et déclenche baisse des embauches et licenciements.
  • En période de crise, les anticipations des entreprises d’une demande future plus faible entraînent une contraction de la production et donc du chômage conjoncturel.
  • Une politique monétaire et/ou budgétaire expansionniste augmente la demande effective, ce qui stimule la production et les embauches.
  • Quand l’activité progresse à court terme, la hausse attendue de la demande globale se traduit par plus de production et une résorption du chômage conjoncturel.

Astuce mémo

Crise (baisse activité) → demande effective ↓ → production ↓ → embauches ↓ (licenciements) → chômage conjoncturel ; soutien (politique expansionniste) → demande effective ↑ → production ↑ → embauches ↑.

Repères chronologiques

DateÉvénement
les années 80Le chômage devient un problème majeur dans les économies développées
1929Keynes s’oppose au remède néoclassique qui aggraverait le chômage lors de la crise de 1929
93Début des politiques d’allègement du coût du travail en France (en 93)

Tableaux de synthèse

Keynésiens vs libéraux : lutte contre le chômage

CourantCause du chômageSolution mise en avant
KeynésienBaisse de l’activité à traiterAvantager les politiques de relance de la demande
LibéralLe marché du travail fonctionne malAvantager l’offre

Chômage conjoncturel vs structurel

TypeLien avec l’activitéMécanisme
Chômage conjoncturelVariations de l’activité économique à court termeBaisse de la demande effective, baisse de la production puis des embauches/licenciements
Chômage structurelLong terme (structures)Rigidités et inadéquations : appariements (spatial/compétences/délais) et asymétries d’information (sélection adverse, aléa moral, salaire d’efficience) ou…

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre BIT et halo du chômage : le halo regroupe des personnes souhaitant travailler mais pas comptées chômeuses (disponibilité ou recherche non conforme).
  2. Dire que le chômage conjoncturel ne dépend que du salaire : en réalité il dépend de la demande effective et des anticipations des entreprises.
  3. Mélanger chômage structurel et rigidités : le structurel provient du long terme et de dysfonctionnements du marché (appariements, information, institutions).
  4. Inverser sélection adverse et aléa moral : sélection adverse concerne l’embauche (productivité non observée), aléa moral le suivi après embauche (effort/productivité non contrôlables).
  5. Croire qu’un salaire d’efficience vise à “baisser” le chômage directement sans effet sur les embauches : il augmente le coût du travail et réduit les embauches.
  6. Confondre flexibilisation externe et interne : externe = ajuster les effectifs (embauche/licenciement), interne = adapter le travail/temps des salariés déjà en poste.
  7. Penser que les politiques de relance de la demande conviennent aussi au chômage structurel : elles visent surtout le chômage conjoncturel (demande globale insuffisante).

Checklist Examen

  1. Expliquer ce qu’est la population active, population active occupée et population active inoccupée, et relier ces notions au chômage.
  2. Définir précisément le chômeur au sens du BIT (15 ans ou +, sans emploi sur la semaine, disponible 2 semaines, démarche active 4 semaines ou emploi démarrant sous 3 mois).
  3. Définir le halo du chômage et distinguer ses critères (pas disponible rapidement ou pas de recherche active).
  4. Décrire au moins 3 origines du chômage structurel liées aux appariements : inadéquation spatiale, inadéquation des compétences/qualifications, délais de recherche (offreurs et demandeurs).
  5. Décrire l’enchaînement d’une asymétrie d’information menant à la sélection adverse (employeur ne connaît pas la productivité réelle à l’embauche).
  6. Décrire l’enchaînement menant à l’aléa moral (productivité/effort non contrôlables après embauche) et son effet sur les embauches.
  7. Relier la “condition de transparence” à la mise en place d’un salaire d’efficience, puis à l’augmentation du coût du travail et la baisse des embauches.
  8. Expliquer comment les institutions peuvent avoir des effets positifs puis négatifs sur le chômage (smic, législation sociale, négociation) en restant cohérent avec le raisonnement du cours.
  9. Distinguer chômage conjoncturel et chômage structurel : dates/variations à court terme vs long terme, et mécanisme central pour chacun.
  10. Montrer comment une baisse de l’activité à court terme réduit la demande effective, déclenche baisse de production, licenciements/embauches et donc chômage conjoncturel.
  11. Enumérer et relier les politiques expansionnistes à la demande effective : politique monétaire expansionniste (taux directeurs) et politique budgétaire expansionniste (dépenses sociales ou baisse de prélèvements/investissements).
  12. Présenter des politiques contre le chômage structurel : allégement du coût du travail, flexibilisation (externe/interne : salaire minimum, licenciements, contrats précaires, sous-traitance, annualisation), et politiques de formation/mobilité géographique.

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1. Quelle idée correspond le mieux à l’analyse keynésienne du chômage ?

2. Quel effet du chômage est explicitement mis en avant au-delà de la seule perte de revenu ?

Faire le QCM →

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Chômage — définition ?

Situation de non-emploi touchant les personnes en âge de travailler.

Théories keynésiennes — rôle ?

Stimuler la demande pour relancer l’emploi.

Théories libérales — rôle ?

Agir sur l’offre pour corriger le marché du travail.

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