Fiche de révision : Courant libéral et échanges économiques

Plan du Cours

  1. Courants de la pensée économique
  2. Valeur et prix des biens
  3. Marché du travail et chômage
  4. Libre-échange et avantages absolus
  5. Épargne et investissement
  6. Monnaie et création monétaire
  7. Rôle économique de l’État
  8. Marxisme et rapport salarial
  9. Plus-value et crises du capitalisme
  10. Chômage et armée industrielle de réserve
  11. Impérialisme et échanges internationaux
  12. État et théorie keynésienne du chômage
  13. Relation entre épargne et investissement
  14. Monnaie et préférence pour la liquidité
  15. Les missions économiques de l’État

Repères chronologiques

  1. XVIIIe siècleL’école classique se fonde.
  2. milieu du XIXe siècleLe courant néo-classique apparaît.
  3. 1936Keynes publie son principal ouvrage, La théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie.

1. Courants de la pensée économique

Notions clés & Définitions

  • Libéralisme : Confiance quasi totale dans le marché et dans les individus.

★ À maîtriser

  • Les trois courants de la pensée économique présentés sont :
    • le courant libéral
    • le courant marxiste
    • le courant keynésien

📌 Le courant libéral distingue l’école classique et l’école néo-classique.

Compléments

  • Les repères de la pensée libérale cités sont :

    • Adam Smith
    • David Ricardo
    • Jean-Baptiste Say
    • John Stuart Mill
    • Léon Walras
    • Alfred Marshall
    • Hayek
    • Milton Friedman
    • Jean Tirole
  • Milton Friedman est présenté comme le chef de file des monétaristes.

2. Valeur et prix des biens

Notions clés & Définitions

  • Valeur classique : La valeur classique d’un bien dépend de la quantité de travail nécessaire à sa fabrication, mesurée en temps de travail direct et indirect, notamment celui consacré à fabriquer les machines.
  • Valeur néo-classique : La valeur néo-classique d’un bien dépend de son utilité pour les consommateurs et de sa rareté, telles que les consommateurs les ressentent.
  • Utilité : L’utilité d’un bien correspond à la satisfaction que sa consommation procure au consommateur, et elle varie selon les individus et dans le temps.

★ À maîtriser

📌 La rareté objective se mesure à partir de données, tandis que la rareté subjective correspond au ressenti du consommateur.

Compléments

  • Dans l’approche classique, la valeur d’un bien sert de base à une évaluation monétaire qui conduit à son prix, lequel peut fluctuer avec le temps et l’évolution du marché.

  • L’effet de satiété signifie qu’une unité supplémentaire d’un bien peut devenir inutile lorsque le consommateur est déjà très satisfait.

  • Les approches classique et néo-classique sont présentées comme complémentaires, notamment parce que la mesure du travail est pertinente pour certains services facturés à l’heure et que la rareté ou l’utilité peut expliquer la valeur d’autres biens.

Astuce mémo

Le classique mesure le travail ; le néo-classique part du ressenti du consommateur.

3. Marché du travail et chômage

Notions clés & Définitions

  • Marché du travail : Le marché du travail met en relation l’offre de travail des travailleurs et la demande de travail des entreprises.
  • Équilibre du marché du travail : L’équilibre du marché du travail est la situation où l’offre et la demande de travail s’égalisent, pour une quantité de travail et un salaire d’équilibre.
  • Chômage volontaire : Le chômage volontaire concerne les travailleurs qui refusent le salaire d’équilibre parce qu’ils en souhaitent un plus élevé.
  • Chômage de frottement : Le chômage de frottement concerne les travailleurs qui acceptent le salaire d’équilibre mais ne sont pas adaptés aux emplois disponibles pour des raisons de qualification, de secteur ou de localisation géographique.
  • Salaire d’efficience : Le salaire d’efficience est un salaire que les employeurs élèvent eux-mêmes, notamment pour récompenser les travailleurs les plus productifs ou méritants.

★ À maîtriser

  • Selon l’analyse libérale, à l’équilibre, tout travailleur qui accepte le salaire d’équilibre doit pouvoir trouver un emploi, de sorte qu’il n’y a pas de chômage involontaire de masse.

  • Quand le salaire pratiqué dépasse le salaire d’équilibre, l’offre de travail augmente et la demande de travail diminue, ce qui crée un chômage involontaire hors équilibre.

Compléments

📌 Dans l’analyse libérale présentée, la solution proposée au chômage volontaire consiste à supprimer toute autre source de revenus que les revenus du travail.

📌 Les solutions libérales au chômage de frottement comprennent l’aide à la mobilité et la mise en place de formations actives.

  • Les facteurs critiqués par les libéraux sont :
    • le SMIC
    • les syndicats
    • le code du travail

Astuce mémo

Salaire supérieur à l’équilibre → offre de travail en hausse et demande en baisse.

4. Libre-échange et avantages absolus

Notions clés & Définitions

  • Théorème HOS : Le théorème HOS, associé à Hecksher, Ohlin et Samuelson, est la théorie néoclassique selon laquelle le commerce international avantage tous les pays s’ils se spécialisent correctement.

★ À maîtriser

  • Les libéraux considèrent que le commerce international est avantageux pour tous les pays et préconisent le libre-échange plutôt que les mesures protectionnistes.

  • David Ricardo est associé à la loi des avantages comparatifs dans l’analyse classique des échanges internationaux. - Ricardo David

📌 Ricardo soutient que, même si un pays est plus efficace dans les deux productions, chaque pays doit se spécialiser dans le bien où son avantage comparatif est le plus fort ou son désavantage comparatif le plus faible.

  • La théorie ricardienne des avantages comparatifs conduit à un plaidoyer pour le libre-échange, dans un contexte où le protectionnisme était fort. - Ricardo

Compléments

  • Dans l’exemple des avantages absolus, l’Angleterre est plus productive pour les draps et le Portugal pour le vin ; chaque pays se spécialise dans le bien où il est le plus productif.

  • Dans l’exemple des avantages absolus, la spécialisation permet à l’Angleterre de produire deux fois plus de draps.

📌 Dans le cas des avantages absolus, chaque pays se spécialise dans le bien qu’il produit le plus efficacement : l’Angleterre dans les draps et le Portugal dans le vin.

  • La spécialisation selon les avantages absolus permet à chaque pays de produire davantage avec moins de facteurs de production, mais ses gains supposent que les pays échangent.

  • Selon le théorème HOS, le libre-échange conduit à l’égalisation mondiale des prix des facteurs de production, notamment des salaires, du capital et du foncier.

Astuce mémo

Avantage absolu : être le plus efficace ; avantage comparatif : avoir le plus fort avantage ou le plus faible désavantage.

5. Épargne et investissement

Notions clés & Définitions

  • Épargne : La partie du revenu qui n’est pas immédiatement dépensée.

★ À maîtriser

  • Selon les libéraux, l’épargne est une condition nécessaire à l’investissement : tout investissement suppose une épargne préalable.

  • Selon les libéraux, toute épargne finit inévitablement par déboucher sur un investissement.

Compléments

  • Pour les libéraux, lorsque le système économique stagne, il faut examiner l’épargne et lui donner la priorité.

6. Monnaie et création monétaire

★ À maîtriser

📌 Les libéraux considèrent la monnaie comme un voile neutre et un instrument, non comme un bien recherché pour lui-même.

  • Les libéraux privilégient la création monétaire par les acteurs privés sur les marchés et se méfient de la création monétaire d’origine publique lorsque l’économie stagne.

Compléments

  • La monnaie est principalement créée par les acteurs publics, dont la banque centrale, et les acteurs privés, dont les banques ordinaires.

  • Selon les libéraux, une injection monétaire décidée par la banque centrale serait inefficace parce que les acteurs du marché n’y réagiraient pas et elle augmenterait l’inflation.

Astuce mémo

Banques privées : création jugée adaptée ; banque centrale : injection jugée inefficace et inflationniste.

7. Rôle économique de l’État

Notions clés & Définitions

  • Échec de marché : Une situation dans laquelle un marché ne fonctionne pas efficacement.

★ À maîtriser

  • Selon les libéraux, le marché peut se réguler seul grâce à la main invisible et l’État ne devrait pas intervenir dans l’économie.

  • Les libéraux moins radicaux considèrent que l’éducation et les infrastructures devraient être prises en charge parce que certains marchés ne fonctionnent pas efficacement.

Compléments

  • Les libéraux les plus radicaux peuvent défendre la délégation de fonctions régaliennes, comme l’armée ou la justice, à des entreprises ou tribunaux privés.

Astuce mémo

Libéraux radicaux : aucun rôle économique ; libéraux moins radicaux : éducation et infrastructures.

8. Marxisme et rapport salarial

Notions clés & Définitions

  • Mode de production : Marx - La manière dont un système économique s’organise pour produire et faire circuler les richesses.
  • Rapport salarial : Marx - Une relation dans laquelle le travailleur possède sa force de travail et l’employeur possède les moyens de production ; le travailleur loue sa force de travail contre un salaire.

★ À maîtriser

  • Dans le rapport salarial décrit par Marx, la richesse produite par le travailleur pendant son temps de travail est abandonnée au capitaliste.

  • Dans l’analyse de Marx, le salaire est fixé de manière à couvrir les besoins de subsistance et de reproduction de la force de travail, notamment les besoins éducatifs des enfants qui formeront la future force de travail.

Compléments

  • Le Capital est l’ouvrage de Marx ciblé sur l’économie, et Marx est présenté comme le fondateur de la pensée marxiste.

📌 Marx reprend la théorie de la valeur travail de Ricardo, qu’il juge éclairante, mais cette théorie constitue le seul point commun mentionné entre leurs pensées.

  • Selon Marx, le capitalisme s’installe à la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle, après les grandes découvertes, puis se répand rapidement.

  • Marx distingue le capitalisme des modes de production qui l’ont précédé, notamment les modes esclavagiste et artisanal.

  • Le salaire correspond au prix d’un panier de biens et de services permettant au travailleur de satisfaire ses besoins de subsistance et de reproduction. - Marx

9. Plus-value et crises du capitalisme

Notions clés & Définitions

  • Plus-value : Marx - La différence entre la richesse créée par le salarié pendant une journée de travail et le salaire qu’il reçoit.

★ À maîtriser

  • Selon Marx, le capitaliste extorque la plus-value en versant au salarié un salaire inférieur à la richesse créée par son travail.

  • Les capitalistes peuvent accroître la plus-value en : intensifiant le travail, fournissant des outils plus efficaces, remplaçant une partie du travail par des machines

  • Selon Marx, la plus-value provient de l’usage du travail et non des machines, alors que la substitution du capital au travail tend à augmenter la part du capital.

Compléments

  • Selon Marx, la concurrence intensifiée tend à faire baisser le taux de profit, puis les crises deviennent plus fréquentes et plus graves jusqu’à l’effondrement du capitalisme.

📌 La crise de sous-consommation correspond à une partie de la production qui n’est pas achetée, tandis que la crise de sous-accumulation des profits tient à la difficulté croissante des capitalistes à tirer de la plus-value du travail remplacé par des machines. - Marx

Astuce mémo

Substitution des machines au travail → baisse de la source de la plus-value

10. Chômage et armée industrielle de réserve

Notions clés & Définitions

  • Armée industrielle de réserve : Marx appelle « armée industrielle de réserve » les travailleurs au chômage que les capitalistes peuvent rappeler lorsque la situation l’exige.

★ À maîtriser

  • Selon Marx, le chômage est inévitable et sa cause principale est la substitution du capital au travail, qui remplace des travailleurs par des machines.

Compléments

  • Selon Marx, l’aggravation du système fait qu’un nombre croissant de chômeurs ne seront jamais rappelés au travail.

  • Selon Marx, il n’existe pas de lutte contre le chômage et celui-ci tend donc à s’aggraver.

Astuce mémo

Des réservistes au chômage, prêts à être rappelés au travail

11. Impérialisme et échanges internationaux

★ À maîtriser

  • Au début du XXe siècle, Lénine et Rosa Luxembourg travaillent sur l’internationalisation du capital et soutiennent que les échanges internationaux favorisent certains pays et en défavorisent d’autres.

📌 Lénine étudie pourquoi les pays capitalistes importent, tandis que Rosa Luxembourg examine pourquoi ils exportent.

Compléments

  • Selon Lénine, les capitalistes importent de pays précapitalistes des consommations intermédiaires moins coûteuses afin de réduire certains coûts et d’augmenter la plus-value, en s’appuyant notamment sur le pouvoir politique et le colonialisme.

  • Selon Rosa Luxembourg, les capitalistes exportent vers les pays précapitalistes pour écouler leur production et apporter une solution temporaire aux crises de sous-consommation.

  • Selon Rosa Luxembourg, les capitalistes implantent le capitalisme dans les pays précapitalistes pour rendre leurs populations solvables et peuvent leur imposer l’achat de produits étrangers.

Astuce mémo

Lénine cherche les raisons des importations ; Rosa Luxembourg, celles des exportations

12. État et théorie keynésienne du chômage

★ À maîtriser

  • Marx ne préconise pas l’intervention de l’État dans l’économie, contrairement à Keynes, et montre comment le capitalisme s’appuie sur l’État.

  • La théorie keynésienne du chômage s’oppose à la théorie libérale et s’appuie sur des constats empiriques que celle-ci ne permet pas d’expliquer. - Keynes

📌 Pour Keynes, le marché du travail n’est pas un marché classique où l’offre et la demande se rencontrent librement, car les demandeurs de travail fixent les conditions d’embauche et de rémunération.

  • Selon Keynes, les entreprises déterminent leur demande de travail en fonction de leurs anticipations de débouchés et de profits : des anticipations optimistes les conduisent à accroître leur production, puis leurs embauches.

Compléments

  • Keynes observe que, sur une période d’environ quinze à vingt ans, les salaires ont tendance à baisser et que cette baisse ne résout le chômage que partiellement.

  • En période de crise, les demandeurs de travail disposent de peu de pouvoir pour négocier les conditions d’embauche et de rémunération.

  • L’offre de travail est présentée comme stable, car elle dépend de facteurs qui ne fluctuent pas avec les anticipations des entreprises.

📌 Pour soutenir l’activité, l’État peut envoyer aux entreprises des signaux qui améliorent leurs anticipations, notamment en réduisant leurs charges.

📌 Une hausse du revenu disponible des ménages modestes stimule la demande, car ils utilisent ce supplément de pouvoir d’achat pour satisfaire leurs besoins, tandis que les ménages aisés risquent davantage de l’épargner.

Astuce mémo

Marx ne préconise pas l’intervention économique de l’État ; Keynes est associé au keynésianisme

13. Relation entre épargne et investissement

★ À maîtriser

📌 Contrairement aux libéraux, qui privilégient l’épargne en période de crise, Keynes préconise de privilégier l’investissement, car celui-ci peut créer l’épargne par le multiplicateur d’investissements.

  • Le multiplicateur d’investissements suit une chaîne de cycles : un investissement lance une production, qui distribue des revenus, dont une partie finance la consommation, laquelle stimule une nouvelle production et de nouveaux revenus. - Keynes

Compléments

  • À chaque cycle du multiplicateur, les revenus reçus sont répartis entre consommation et épargne.

  • La somme des montants épargnés au fil des cycles est égale à l’investissement initial, mais cette épargne n’est constituée qu’à la fin du processus.

📌 Le financement de l’investissement initial peut passer par l’emprunt bancaire, remboursé grâce à l’épargne générée par l’activité.

📌 Si les banques ne peuvent pas financer l’investissement ou si les investisseurs privés refusent d’investir, l’État peut garantir les emprunts, se substituer aux entreprises privées ou mobiliser les impôts pour investir.

Astuce mémo

Investissement → revenus → consommation → nouvelle production

14. Monnaie et préférence pour la liquidité

Notions clés & Définitions

  • Liquidité : Facilité avec laquelle une épargne peut être utilisée comme moyen de paiement.

★ À maîtriser

📌 Keynes rejette la neutralité de la monnaie : les acteurs peuvent vouloir détenir de la monnaie pour elle-même, notamment comme épargne de précaution sans projet d’investissement.

  • En période de crise, la préférence croissante pour la liquidité peut conduire les acteurs à retirer leur épargne des banques et à la conserver hors du système bancaire, ce qui prive les banques de dépôts et entrave leur capacité à prêter.

Compléments

  • Les épargnes non liquides alimentent les ressources que les banques peuvent utiliser pour prêter, dans le cadre de leur transformation bancaire.

📌 Si le système bancaire ne peut plus prêter en période de crise, l’État doit prendre l’initiative de créer de l’argent.

Astuce mémo

Crise → préférence pour la liquidité → banques privées de dépôts

15. Les missions économiques de l’État

★ À maîtriser

  • Selon Keynes, l’État a trois missions économiques :
    • la redistribution
    • la production et l’investissement
    • l’incitation et la régulation

Compléments

  • La redistribution des richesses par l’État vise à limiter le creusement des inégalités, qui peut précipiter le système économique dans la crise.

  • Lorsque les acteurs privés sont défaillants, l’État peut prendre le relais en produisant et en investissant, notamment par l’intermédiaire de ses entreprises publiques.

  • Dans la théorie keynésienne, l’État est légitime pour intervenir dans le système économique et réguler les marchés. - Keynes

Tableaux de synthèse

Avantages absolus et comparatifs

NotionCritèreSpécialisation
Avantage absoluEfficacité la plus élevéeDans le bien produit le plus efficacement
Avantage comparatifAvantage relatif le plus fort ou désavantage le plus faibleDans le bien où l’avantage comparatif est le plus fort

Importations et exportations chez les marxistes

AuteurQuestion étudiéeRôle des échanges
LéninePourquoi les pays capitalistes importentRéduire certains coûts et accroître la plus-value
Rosa LuxembourgPourquoi les pays capitalistes exportentÉcouler la production et atténuer la sous-consommation

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1. Quels sont les trois grands courants de la pensée économique présentés ?

2. Dans une classification des écoles de pensée, comment le courant libéral est-il subdivisé ?

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Quels sont les trois courants de la pensée économique présentés ?

Les courants libéral, marxiste et keynésien.

Sur quoi repose le libéralisme ?

Sur une confiance quasi totale dans le marché et les individus.

De quoi dépend la valeur classique d’un bien ?

De la quantité de travail direct et indirect nécessaire à sa fabrication.

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