★ À maîtriser
Le taux français à 10 ans (TEC 10) a dépassé 4,5 % le 14 septembre 2026, pour la première fois depuis 2008, tandis que les taux étaient proches de zéro ou négatifs au début des années 2020.
La remontée des taux de marché renchérit les nouvelles émissions, augmente progressivement le taux moyen et la charge de la dette, dégrade le déficit à politique inchangée et entraîne de nouvelles émissions.
📌 Lorsque le taux effectif de la dette r augmente par rapport à la croissance nominale g, le solde primaire nécessaire pour stabiliser la dette devient plus exigeant.
📌 La hausse générale du taux sans risque, liée notamment aux anticipations d’inflation mondiales ou européennes, se distingue de la hausse propre à la prime de risque française.
Compléments
À fin juillet 2026, le taux moyen pondéré des OAT émises en 2026 atteignait 3,47 %, et l’État devait émettre environ 310 Md€ de dette à moyen et long terme sur l’année.
La dette négociable de l’État avait une durée de vie moyenne de 8 ans et 163 jours à fin juillet 2026, ce qui diffuse progressivement la hausse des taux au fil des refinancements.
La mission sur la transparence des finances publiques de l’IGF, en juillet 2026, souligne qu’une dérive persistante peut conduire les marchés à imposer un ajustement budgétaire plus brutal.
Taux de marché → refinancement → charge d’intérêts → déficit
Le facteur travail dépend de la population en âge de travailler, du taux d’activité, du chômage structurel et de la durée du travail ; une hausse du taux d’emploi accroît le potentiel de production, tandis que le vieillissement démographique le réduit.
L’investissement augmente le stock de capital productif, et l’approfondissement du capital désigne la hausse du capital disponible par travailleur ; à technologie donnée, les rendements décroissants limitent sa capacité à soutenir durablement la croissance.
Pour 2026-2028, la Banque de France estime que la PGF fournirait environ la moitié de la croissance potentielle française, contre un quart pour le capital et un quart pour le travail, dont la contribution devrait diminuer avec la démographie.
📌 Dans la règle de Taylor, un écart de production positif et une inflation supérieure à la cible appellent un taux directeur plus élevé, tandis qu’un écart négatif justifie une baisse des taux ; l’écart de production est estimé et fréquemment révisé. - Bénassy-Quéré, 2022
★ À maîtriser
Dans la perspective schumpétérienne, la diffusion de l’innovation est aussi importante, voire plus importante, que son invention.
Maddison (1995) retient quatre déterminants de la croissance :
📌 La croissance extensive résulte d’une hausse des quantités de capital et de travail, tandis que la croissance intensive résulte d’une hausse de la productivité du capital, du travail ou de la PGF.
Compléments
📌 Le Manuel d’Oslo de l’OCDE et d’Eurostat (2018) distingue l’innovation de produit de l’innovation de processus d’affaires. - OCDE et Eurostat
★ À maîtriser
Hansen (1938) explique la stagnation séculaire par une baisse durable de la demande agrégée liée au recul démographique, à l’épuisement des nouveaux territoires et au ralentissement du progrès technique, qui prive l’épargne de débouchés productifs.
En France, le ralentissement de la croissance potentielle s’explique principalement par celui de la PGF et par une moindre contribution du capital.
📌 Un stimulus budgétaire ou une politique monétaire adaptée peut soutenir la croissance effective, tandis que la croissance potentielle exige des réformes structurelles.
Compléments
Summers (2013) soutient qu’une distribution inefficace des revenus favorisant les hauts revenus, qui épargnent davantage, peut créer un excès d’épargne par rapport aux investissements rentables et empêcher l’ajustement d’un taux d’intérêt réel proche de zéro.
Gordon (2016) identifie plusieurs freins d’offre à la croissance :
Summers (2014) attribue l’insuffisance de la demande à un excès d’épargne.
★ À maîtriser
Selon la Maddison Database, le revenu par habitant en France a été multiplié par 25 entre la fin du XVIIIe siècle et le début des années 2000.
En France, le PIB par habitant a augmenté en moyenne de 2,1 % par an depuis 1890, de 1,2 % depuis 1980, de 1 % depuis 1990 et de 0,7 % entre 2000 et 2012, selon Bergeaud, Cette et Lecat (2016).
L’augmentation de la productivité horaire du travail est la principale contribution à la croissance française de long terme.
Compléments
Le PIB par habitant français est passé d’environ 1 000 à 2 000 dollars PPA 2011 entre l’an zéro et 1820, puis a atteint environ 37 000 dollars PPA 2011 en 2016, soit 31 800 €.
Entre 2000 et 2025, la croissance du PIB par habitant français a représenté 63 % de celle de l’Union européenne, 59 % de celle de l’OCDE et 54 % de celle des États-Unis, selon l’OCDE en juin 2026.
★ À maîtriser
Selon le FMI (2018), la croissance de la productivité du travail a ralenti jusqu’à environ 1,2 % entre 1970 et 1985, remonté jusqu’à environ 2,5 % entre 1985 et 2005, puis diminué autour de 1,8 % entre 2005 et 2018.
Dans l’OCDE, la croissance de la PGF est passée de +1,5 % par an en 2000-2007 à +0,8 % en 2010-2019, puis à -0,3 % en moyenne en 2023-2024, selon l’OCDE, Compendium of Productivity Indicators 2026.
En France, la productivité du travail a baissé de 8,5 % par rapport à sa tendance pré-Covid depuis 2019 ; les facteurs identifiés expliquent un peu plus de la moitié de cette perte, notamment l’apprentissage massif pour 1,2 point et la composition de l’emploi pour 1,4 point, selon la Banque de France en mars 2024.
Compléments
Dans les secteurs intensifs en TIC, la croissance de la PGF est passée de 1,6 % par an entre 1980 et 1990 à 2,4 % entre 1990 et 2000, puis à 1,3 % entre 2001 et 2007, selon Furceri (2016).
Le vieillissement de la population active peut ralentir la croissance de la productivité, car la productivité individuelle atteint un pic en cours de carrière avant de décliner, selon Aksoy (2015).
Le ralentissement du commerce mondial réduit la pression concurrentielle des importations, tandis que l’exportation peut accroître la productivité par l’apprentissage et l’exposition à la concurrence.
Depuis le début de 2023, la productivité du secteur marchand non agricole a progressé de 1,3 % par an, au-dessus de sa tendance de long terme de 0,9 %, mais reste 5 % sous sa trajectoire tendancielle, selon Coquet et Heyer (OFCE, avril 2025).
Le Conseil national de productivité (juillet 2026) estime le décrochage post-Covid à -4,6 points ; au T4 2025, la productivité par tête était 0,7 % sous son niveau de 2019, mais restait 4,3 points sous la tendance pré-Covid, contre 5 points pour la productivité horaire.
★ À maîtriser
En 2025, la FBCF française atteignait 663,6 Md€, soit environ 22,2 % du PIB ; le taux d’investissement des sociétés non financières était de 22,6 % de leur valeur ajoutée et l’investissement public représentait 132,2 Md€, soit 4,4 % du PIB, selon l’Insee (2026).
En 2024, la dépense intérieure de R&D française était estimée à 63,6 Md€, soit 2,18 % du PIB, dont 41,9 Md€ réalisés par les entreprises ; cet effort reste inférieur à l’objectif européen de 3 % du PIB, selon l’Insee.
L’enjeu français en matière de R&D consiste à renforcer la recherche privée et la transformation de la recherche en innovations diffusées dans l’appareil productif, et pas seulement à financer davantage la recherche.
La productivité horaire relative des quatre principales économies de la zone euro, proche de 100 % du niveau américain en 1995, était retombée autour de 80 % en 2008, selon Schnabel (2024).
Compléments
La FBCF en volume a reculé de 0,9 % en 2024 et progressé de 0,5 % en 2025 ; en 2025, l’investissement des entreprises non financières a augmenté de 0,4 %, l’investissement public de 2,6 % et celui des ménages a baissé de 0,2 %, après -9,8 % en 2024.
La Banque de France (juin 2026) prévoit une progression de l’investissement de 0,5 % en 2026, 1,2 % en 2027 et 1,5 % en 2028.
En 2024, l’intensité de R&D de l’Union européenne était de 2,2 % du PIB ; en 2023, les entreprises finançaient 54 % de la R&D réalisée en France, contre 63 % en Allemagne et 70 % aux États-Unis. - Eurostat
Entre 1995 et 2019, la productivité horaire a progressé d’environ 2,1 % par an aux États-Unis contre 1,0 % dans la zone euro.
Le décrochage technologique européen tient notamment aux gains plus importants des États-Unis grâce aux TIC et au numérique, à une croissance plus faible de la PGF et à un approfondissement insuffisant du capital dans la zone euro depuis la crise financière.
★ À maîtriser
Dans le modèle de Solow (1956), la croissance de la productivité du travail ne peut se poursuivre durablement que si le résidu de Solow, c’est-à-dire la part de la croissance non expliquée par le capital et le travail, augmente.
La fonction de production de Solow (1957), de type Cobb-Douglas, est strictement croissante, concave et à rendements constants.
Compléments
Mankiw, Romer et Weil (1992) étendent le modèle de Solow en ajoutant le capital humain comme troisième facteur de production.
Dans l’extension de Mankiw, Romer et Weil, les différences de capital humain expliquent environ un quart des écarts de PIB par habitant entre pays.
Les différences de taux d’épargne physique et humain et de croissance démographique expliquent 78 % de la variance du PIB par habitant de 98 pays entre 1960 et 1985, selon Mankiw, Romer et Weil (1992).
Arrow (1962) considère qu’une idée est un bien non rival.
Romer (1986, 1990) attribue à la R&D et aux innovations la production d’externalités positives de connaissance.
Lucas (1988) soutient que les externalités de capital humain augmentent les rendements sociaux de la formation.
Barro (1990) estime que les fonds structurels augmentent de 1,6 % le taux de croissance du PIB par habitant dans les régions bénéficiaires.
R&D → innovation → rente temporaire → imitation → destruction créatrice
★ À maîtriser
📌 Une invention n’accroît la productivité que si elle est adoptée et diffusée, notamment par la mobilité des travailleurs, l’imitation, les publications et l’apprentissage.
🔄 La dynamique schumpétérienne suit cette séquence :
La productivité agrégée augmente lorsque le travail et le capital se déplacent vers les usages les plus efficaces.
📌 Les économies éloignées de la frontière technologique peuvent rattraper leur retard par l’adoption et l’imitation, tandis que les économies proches de la frontière dépendent davantage de l’innovation, de la concurrence, de la R&D, de l’entrepreneuriat et du financement de l’innovation.
Compléments
La rentabilité privée de l’innovation peut venir en partie de la captation de la rente des entreprises en place, mécanisme désigné par l’expression business stealing.
Melitz (2003) montre que l’ouverture commerciale réalloue les parts de marché vers les entreprises les plus productives.
Hsieh et Klenow (2009) soutiennent que les distorsions qui empêchent les facteurs d’aller vers les entreprises les plus productives peuvent réduire fortement la PGF agrégée.
📌 Le rattrapage technologique n’est pas automatique et suppose des institutions, des infrastructures et des compétences permettant d’absorber les technologies.
Acemoglu, Aghion et Zilibotti (2006) soulignent que les institutions favorables au rattrapage ne sont pas nécessairement celles qui permettent de croître à la frontière technologique.
Nelson et Phelps (1966) soutiennent que le capital humain accroît la capacité d’une économie à comprendre, adopter et diffuser les nouvelles technologies.
Une technologie à usage général possède un champ d’application très large, s’améliore continuellement et est complémentaire de nouvelles innovations et de nouveaux modes d’organisation.
Le paradoxe de Solow désigne le constat, à la fin des années 1980, que l’informatique se diffusait rapidement sans effets immédiatement visibles dans les statistiques de productivité, car l’adoption exige des équipements complémentaires, une réorganisation, la formation des salariés et des actifs immatériels.
Loin de la frontière : adopter ; près de la frontière : innover
★ À maîtriser
L’État soutient l’innovation par la R&D publique, les incitations fiscales et un environnement réglementaire approprié, et renforce le capital humain par l’éducation, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle.
Cinq défaillances de marché peuvent justifier l’intervention sur l’innovation :
📌 L’intervention publique se justifie parce que le marché peut produire trop peu d’innovation ou diffuser insuffisamment les connaissances, et non parce que l’État saurait quelles innovations réussiront.
📌 Une protection trop faible des connaissances réduit les incitations à innover, tandis qu’une protection excessive ralentit la diffusion et la concurrence.
Compléments
North (1990) soutient que des institutions de qualité réduisent l’incertitude et les coûts de transaction, favorisant l’investissement de long terme.
Acemoglu (2009) souligne qu’un risque élevé d’expropriation ou une faible sécurité des contrats réduit les incitations à investir et à accumuler du capital technologique.
Romer (1990) montre que l’accumulation de connaissances produit des externalités positives et des rendements croissants.
Eicher (1999) justifie le financement public de l’éducation par les externalités positives et les asymétries d’information, qui rendent le marché de l’éducation imparfait.
Le financement public de l’éducation peut aussi répondre aux contraintes de crédit des ménages, aux asymétries d’information et à l’objectif d’équité et d’égalité des chances.
★ À maîtriser
📌 L’éducation renforce le capital humain, les qualifications et la productivité du travail, soutient l’innovation et la croissance potentielle, et peut réduire les inégalités sociales d’origine.
Compléments
Le RESF 2025 présente le ciblage éducatif précoce, notamment dès la maternelle et dans les territoires fragiles, comme un levier de croissance potentielle dont les effets sont différés et difficiles à chiffrer. - Gouvernement français, Rapport sur l’évolution de la situation économique et financière du Gouvernement français (RESF) 2025
Le dédoublement des classes de CP et CE1 en réseau d’éducation prioritaire a commencé à la rentrée 2017, son extension aux grandes sections en zone prioritaire a débuté à la rentrée 2020, et son achèvement a été annoncé en septembre 2024 pour 100 % des classes de GS, CP et CE1 en éducation prioritaire.
L’instruction est obligatoire dès 3 ans en France depuis 2019, et l’accueil des enfants de 2 ans est favorisé en éducation prioritaire renforcée par des dispositifs de première scolarisation associant petite enfance et PMI.
🔄 L’enseignement explicite suit ces étapes : (CAE, septembre 2026) :
Le CAE recommande de détecter rapidement les difficultés par des évaluations diagnostiques, de proposer du tutorat en petits groupes de 2 à 4 élèves et d’organiser la remédiation selon le niveau réel de compétence.
Le CAE estime qu’un bouquet d’environ 4 Md€ par an pourrait améliorer le niveau des élèves de 0,53 à 0,60 écart-type en dix ans, soit environ une année supplémentaire d’apprentissage.
Le CAE vise à diviser par deux la proportion d’élèves sous le seuil minimal de compétences et à rapprocher de la moyenne de l’OCDE l’écart de résultats selon l’origine sociale.
📌 Le CAE recommande une loi de programmation éducative sur dix ans assortie d’objectifs chiffrés, d’indicateurs et de financements pluriannuels, ainsi que l’évaluation indépendante et la généralisation des dispositifs efficaces.
★ À maîtriser
📌 À court terme, les politiques visent à stabiliser la demande et à rapprocher le PIB de son potentiel en utilisant les capacités de production ; à moyen et long terme, les politiques structurelles renforcent les capacités productives et la croissance potentielle.
Compléments
Les stabilisateurs automatiques limitent l’impact d’une dégradation macroéconomique sur la consommation des ménages, et l’investissement public peut soutenir la demande dans une perspective keynésienne, notamment par France Relance et France 2030.
La politique monétaire peut être efficace à court terme dans les modèles IS-LM de Keynes (1936) et Hicks (1937) en économie fermée, et IS-LM-BP de Mundell et Fleming (1962) en économie ouverte.
La rigidité des prix contribue à l’efficacité à court terme de la politique monétaire ; les explications citées comprennent l’information imparfaite des producteurs (Lucas, 1972), les contrats entre entreprises et salariés (Fischer, 1977 ; Taylor, 1980) et les coûts de menu ou de catalogue (Akerlof et Yellen, 1985 ; Mankiw, 1985).
Les leviers structurels d’innovation comprennent les investissements publics en R&D, notamment France 2030 et la stratégie nationale IA, ainsi que les incitations réglementaires et fiscales, le CIR et les infrastructures comme France Très Haut Débit.
Les leviers structurels de capital humain comprennent les investissements dans l’éducation primaire et secondaire, l’orientation, la formation professionnelle et l’accompagnement des demandeurs d’emploi, notamment par le Plan d’investissement dans les compétences et France Travail.
★ À maîtriser
📌 Le CAE considère que toutes les dépenses éducatives ne se valent pas : la réduction généralisée de la taille des classes produit un effet robuste mais relativement coûteux, tandis que la formation, l’accompagnement des enseignants, les ressources pédagogiques et le tutorat peuvent offrir des rapports coût-efficacité plus favorables.
Compléments
📌 Le CAE recommande de faire de l’établissement l’échelon opérationnel de la transformation, avec davantage de capacité d’organisation locale tout en maintenant des programmes, objectifs et évaluations nationaux, et de faire évoluer l’inspection du contrôle vers l’accompagnement.
Teste tes connaissances sur Croissance productivité et innovation avec 48 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. Un État renouvelle une partie de sa dette alors que les taux de marché ont augmenté. Quelle évolution budgétaire peut s’ensuivre à politique inchangée ?
2. Dans un pays, le taux effectif de la dette augmente alors que la croissance nominale reste stable. Comment évolue le solde primaire nécessaire pour stabiliser la dette ?
Mémorisez les concepts clés de Croissance productivité et innovation avec 93 flashcards interactives.
Quand le taux français à 10 ans a-t-il dépassé 4,5 % pour la première fois depuis 2008 ?
Le 14 septembre 2026.
Comment la remontée des taux de marché affecte-t-elle le déficit à politique inchangée ?
Elle le dégrade progressivement.
Que devient le solde primaire nécessaire à la stabilisation de la dette lorsque le taux effectif dépasse davantage la croissance nominale ?
Il devient plus exigeant.
Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.
Générateur de fiches