📌 Depuis les néoclassiques, le terme « science économique » est préféré à « économie politique » pour affirmer davantage le caractère scientifique du savoir économique, notamment en lien avec sa mathématisation.
« Économie politique » souligne la vie sociale et historique ; « science économique » affirme la scientificité et la mathématisation.
★ À maîtriser
📌 Contrairement aux mercantilistes, qui défendent les manufactures et les marchands, les physiocrates mettent au premier plan l’agriculture.
Compléments
📌 Les mercantilistes sont des conseillers du Prince plutôt que des économistes au sens scientifique, car ils ne poursuivent pas de visée scientifique.
Le bullionisme espagnol préconise l’enrichissement par les métaux précieux et fait dépendre la puissance de l’État de sa capacité à accumuler de l’or.
En Espagne, le pillage colonial a rapporté de l’or et de l’argent, mais l’accumulation de métaux précieux a fait monter les prix et ruiné l’agriculture et l’industrie.
Le colbertisme français considère que la véritable richesse provient du travail des sujets du monarque et préfigure l’interventionnisme étatique.
La physiocratie est une véritable école dotée d’un chef, François Quesnay, d’un texte de référence, le Tableau économique (1758), et de disciples tels que Mirabeau et Dupont de Nemours.
Vincent de Gournay exprime le libéralisme physiocratique par la formule « Il faut laisser faire les hommes et laisser passer les marchandises » (1752).
Contre le protectionnisme mercantiliste, Quesnay défend la liberté du commerce du blé et Turgot décrète la liberté d’importation et d’exportation des céréales.
L’Espagne accumule l’or, la France organise la production, l’Angleterre mise sur la mer.
★ À maîtriser
Adam Smith (1723 - 1790), présenté comme le père de l’économie politique en tant que discipline autonome, publie Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations en 1776.
Selon Smith, la division du travail accroît la productivité en développant l’habileté des travailleurs par la répétition des tâches et les effets d’apprentissage.
Selon Smith, l’ampleur de la division du travail dépend de l’étendue du marché, car un marché trop petit ne permet pas d’échanger les surplus de production.
Pour Adam Smith, l’État-gendarme doit faire respecter la propriété privée et les règles de droit, sans mener de politique économique conjoncturelle.
La valeur d’usage correspond à l’utilité d’un bien et à la satisfaction qu’il procure, tandis que sa valeur d’échange correspond à la quantité de biens qu’il faut échanger pour l’obtenir.
Pour Smith, la rareté fonde la valeur des biens non reproductibles, tandis que la quantité de travail nécessaire à la production fonde celle des biens reproductibles.
Smith oppose au mercantilisme, qui défend les monopoles du commerce et le protectionnisme, un commerce international à somme positive fondé sur les avantages absolus et l’échange des surplus.
Selon Smith, chaque nation doit se spécialiser dans les productions pour lesquelles ses coûts sont plus faibles qu’à l’étranger, puis échanger ses surplus sans entrave.
Compléments
Marx emploie le terme « classiques » pour Smith et Ricardo, auxquels il reconnaît une intention scientifique et une rigueur intellectuelle, par opposition à l’« économie vulgaire » de Say.
Keynes appelle « classiques » les économistes du XIXe siècle tels que Smith, Ricardo et Mill, ainsi que les néoclassiques du début du XXe siècle, car ils défendent la loi des débouchés de Say et une approche dichotomique de la monnaie.
Schumpeter désigne comme classiques les économistes de Smith jusqu’aux années 1870, Marx compris, et leur attribue comme points communs la théorie de la valeur travail, une visée scientifique et une démarche macroéconomique.
Dans l’exemple de la manufacture d’épingles de Smith, la fabrication est divisée en 18 opérations, et un ouvrier peut produire 4 800 épingles par jour, contre moins de 20 s’il travaille seul et sans spécialisation.
📌 Pour Smith, la division du travail découle de l’échange : la spécialisation est possible parce que chacun peut échanger afin d’obtenir les biens qu’il ne produit pas.
Smith estime que la division du travail peut rendre les travailleurs stupides et aliéner leur esprit lorsqu’ils passent leur vie à accomplir un petit nombre d’opérations simples.
Smith défend le libéralisme économique en considérant que les individus peuvent poursuivre leurs intérêts propres sans intervention économique de l’État pour contribuer à l’intérêt général.
Marché étendu → spécialisation → gains de productivité.
★ À maîtriser
Dans les travaux de David Ricardo (1772 - 1823), la valeur ajoutée se répartit entre les salariés, qui reçoivent un salaire fixé au niveau de subsistance, les propriétaires fonciers, qui reçoivent une rente, et les capitalistes, rémunérés par le profit. - Des principes de l'économie politique et de l'impôt, 1817
Selon Ricardo, l’augmentation de la population impose de cultiver des terres moins productives, ce qui accroît les coûts de production et le prix du blé, oblige à augmenter les salaires et réduit les profits jusqu’au blocage de la croissance, appelé état stationnaire. - David Ricardo, Des principes de l'économie politique et de l'impôt, 1817
📌 Selon Ricardo, tous les pays ont intérêt à se spécialiser dans les productions où leur productivité est relativement plus élevée que dans leurs autres productions, puis à échanger afin d’accroître les quantités de biens consommables. - David Ricardo, Des principes de l'économie politique et de l'impôt, 1817
📌 Dans la théorie quantitative de la monnaie, une hausse de la production nécessite une hausse proportionnelle de la masse monétaire pour maintenir constant le niveau général des prix, tandis qu’une hausse de la masse monétaire sans hausse préalable de la production entraîne une hausse des prix.
Compléments
📌 Dans la théorie quantitative de la monnaie, le niveau des prix relatifs dépend du rapport des coûts de production évalués en travail, tandis que le niveau général des prix dépend de la quantité de monnaie en circulation.
Terres moins productives → coûts et salaires en hausse → profits en baisse.
★ À maîtriser
Jean-Baptiste Say (1767 - 1832) attribue la valeur à la fois au coût de production et à l’utilité, c’est-à-dire à la satisfaction procurée au consommateur, contrairement à la tradition anglaise centrée sur le travail. - Traité d'économie politique, 1803
La loi des débouchés de Say affirme que toute offre crée sa propre demande, car un produit terminé ouvre un débouché pour la production. - Jean-Baptiste Say, Traité d'économie politique, 1803
Dans la loi de population de Thomas Robert Malthus (1766 - 1834), les subsistances progressent arithmétiquement tandis que la population progresse géométriquement, ce qui entraîne une tendance permanente à la surpopulation. - Essai sur le principe de population, 1798
Dans ses Principes d'économie politique (1820), Malthus conteste la loi des débouchés : à court terme, l’épargne peut être thésaurisée plutôt qu’investie, ce qui rend possible une crise de surproduction liée à l’insuffisance des débouchés. - Thomas Robert Malthus
Compléments
Pour Say, les services, comme ceux du médecin et du militaire, créent de la valeur parce qu’ils créent de l’utilité. - Jean-Baptiste Say, Traité d'économie politique, 1803
Pour Say, toute production crée des revenus d’égale valeur et toute épargne est investie parce que d’autres agents dépensent ce qui a été épargné. - Jean-Baptiste Say, Traité d'économie politique, 1803
📌 Dans les conditions de concurrence, Say juge impossible une crise générale de surproduction et s’oppose à l’intervention de l’État, sauf pour financer la recherche et l’éducation. - Jean-Baptiste Say, Traité d'économie politique, 1803
📌 Malthus s’oppose à l’aide publique aux pauvres, estimant qu’elle encourage les naissances et entretient la pauvreté, et propose d’abroger les lois sur les pauvres, notamment l’Acte de Speenhamland de 1795, abrogé en 1834. - Thomas Robert Malthus, Essai sur le principe de population, 1798
Malthus préconise les mesures suivantes (Thomas Robert Malthus, 1798) : la contrainte morale pour limiter le nombre de naissances, la baisse de la natalité, le mariage tardif, le célibat, l’école gratuite et obligatoire
Le néomalthusianisme défend la limitation des naissances comme moyen de réduire la réserve de main-d’œuvre et le chômage, d’augmenter les salaires et de prévenir les guerres attribuées au surpeuplement.
Après 1945, plusieurs pays mènent des politiques antinatalistes, notamment le Japon, l’Inde et la Chine, où la politique « un seul enfant par couple » est instaurée en 1979.
Subsistances arithmétiques, population géométrique.
★ À maîtriser
Compléments
Infrastructure productive en bas, superstructure juridique et politique au-dessus.
★ À maîtriser
Marx critique l’économie politique classique comme une idéologie qui présente des lois naturelles tout en défendant les intérêts bourgeois, contrairement à sa prétention à une analyse scientifique de la société.
Marx rejette la loi des débouchés des classiques, car il considère que les crises sont inscrites dans la nature même du système capitaliste.
Le capitaliste paie la force de travail, rémunérée au salaire de subsistance nécessaire à sa reconstitution, et non le travail lui-même.
La composition organique du capital évolue lorsque le capitaliste investit davantage en capital constant, destiné aux machines, et moins en capital variable, destiné à acheter la force de travail.
Selon Marx, le capital constant ne crée pas de valeur et sa substitution au capital variable entraîne une baisse tendancielle du taux de profit.
Marx prévoit qu’à terme la répétition des crises conduit à la crise du système capitaliste, remplacé par le communisme, fondé sur l’appropriation collective des moyens de production et la disparition de l’État après une phase de dictature du prolétariat.
Compléments
📌 La valeur d’une marchandise prend en compte le travail vivant, appelé travail direct par les classiques, et le travail mort nécessaire à la production des biens de production utilisés pour la fabriquer.
Le capitaliste cherche à réaliser un profit, qui provient du travail, marchandise créatrice de valeur lorsqu’elle est consommée.
La plus-value réinvestie dans la production alimente un processus d’accumulation.
La baisse du taux de profit peut bloquer l’accumulation et la substitution du capital constant au capital variable réduit les débouchés en développant le chômage.
L’armée industrielle de réserve permet à court terme de prolonger le capitalisme en faisant pression à la baisse sur les salaires, ce qui entraîne la paupérisation ouvrière, mais elle contribue à une crise de surproduction.
Plus de machines et moins de travail vivant → baisse tendancielle du taux de profit → crises.
★ À maîtriser
📌 Les néoclassiques remplacent la conception objective de la valeur fondée sur le travail par une théorie subjective de la valeur-utilité fondée sur l’utilité marginale et la rareté des biens.
📌 Les néoclassiques reprennent la loi de Say et considèrent les crises générales et durables impossibles, la dépression créant par le jeu du marché les conditions de la reprise.
Compléments
La révolution marginaliste caractérise l’approche néoclassique par le raisonnement à la marge.
L’utilité marginale est décroissante ; selon la loi de Gossen, la jouissance d’un bien diminue à mesure que la quantité détenue augmente, et le supplément d’utilité diminue jusqu’à s’annuler.
Les néoclassiques adoptent une méthodologie individualiste et un raisonnement microéconomique, abandonnant les aspects macroéconomiques de l’approche classique.
Classiques et néoclassiques défendent l’économie de marché, fondée sur la propriété privée et la liberté individuelle.
📌 À l’exception de Malthus et Hayek, classiques et néoclassiques adhèrent à la théorie dichotomique de la monnaie, selon laquelle la monnaie est neutre et une hausse de la masse monétaire sans hausse préalable de la production engendre de l’inflation.
Valeur objective par le travail chez les classiques, valeur subjective par l’utilité marginale chez les néoclassiques.
★ À maîtriser
L’école de Lausanne regroupe Walras et Pareto.
L’école de Cambridge regroupe Jevons, Marshall et Pigou.
L’école de Vienne regroupe Menger, Böhm-Bawerk, Hayek et Schumpeter.
Selon la loi de Walras, dans le modèle de concurrence pure et parfaite, si l’équilibre est réalisé sur n−1 marchés, il l’est aussi sur le n-ième marché.
La flexibilité des prix stabilise l’équilibre général : lorsque l’offre dépasse la demande, les prix baissent, et lorsque la demande dépasse l’offre, ils montent.
Dans le cours de Pareto, la concurrence pure et parfaite permet d’atteindre un équilibre optimal, tandis qu’un écart à ce modèle éloigne de l’optimum.
Marshall synthétise la théorie marginaliste et la théorie anglaise de la valeur en considérant que l’utilité et le coût de production contribuent tous deux à déterminer la valeur.
À courte période, les capacités de production étant données, les conditions de la demande influent sur le prix ; à longue période, le coût de production le détermine. - Marshall
Compléments
📌 En raison de l’originalité de ses auteurs, l’école de Vienne se situe aux frontières de l’orthodoxie néoclassique et certains distinguent l’école autrichienne de l’école néoclassique.
Léon Walras expose sa théorie de l’équilibre général dans Éléments d'économie politique pure, publié en 1874.
Sur chaque marché, le prix d’équilibre est recherché par un commissaire-priseur qui confronte l’offre et la demande au moyen du tâtonnement.
📌 Une situation est sous-optimale au sens de Pareto si tous les agents seraient d’accord pour la modifier, ou au moins ne s’opposeraient pas à sa modification.
📌 Un équilibre général walrassien est un optimum de Pareto, car réallouer les ressources ne peut accroître la satisfaction de certains individus sans réduire celle des autres.
Les deux lames du ciseau — utilité et coût de production — déterminent ensemble la valeur.
★ À maîtriser
📌 Pour appliquer le principe du pollueur-payeur, Pigou propose une taxe pigouvienne destinée à internaliser les externalités.
📌 L’arbitrage intertemporel consiste à réduire sa satisfaction immédiate pour produire des biens de production et accroître le stock de capital, afin d’obtenir une satisfaction future plus importante.
Compléments
📌 L’État peut internaliser une externalité en donnant un prix à ce qui n’en avait pas auparavant.
Externalité → coût privé différent du coût social → taxe pigouvienne.
★ À maîtriser
Pour Hayek, une émission excessive de monnaie allonge injustement le détour de production, provoque un surinvestissement puis un retour brutal du stock de capital à un niveau compatible avec les arbitrages intertemporels des agents.
Hayek attribue les crises à une politique monétaire expansive et préconise l’austérité et la discipline monétaire contre les politiques de relance keynésiennes.
Hayek défend un ordre social spontané issu des actions libres d’individus égaux en droit et considère justes les inégalités de situation produites par le marché.
Compléments
📌 Pour Hayek, l’État ne doit pas intervenir pour réduire les inégalités, car cette intervention conduit à la servitude ; son rôle est de garantir la liberté et les droits de propriété.
📌 Hayek explique les crises par le surinvestissement lié à une création monétaire excessive, tandis que Keynes les explique par l’insuffisance de l’investissement.
À la différence de Walras et Marshall, Hayek critique l’approche statique et accorde une grande importance au temps, comme Keynes.
Hayek remet en cause la neutralité de la monnaie : une hausse de la masse monétaire modifie les prix relatifs et réalloue les ressources entre les secteurs de l’économie.
Émission excessive → surinvestissement → crise et retour brutal à un stock de capital compatible.
★ À maîtriser
📌 Pour Schumpeter, la situation normale de l’économie est le déséquilibre créé par la fréquence des innovations, et non l’équilibre.
Une innovation procure à l’entrepreneur un monopole temporaire sur le nouveau marché et une rente de monopole, c’est-à-dire un surprofit.
Dans l’explication endogène des cycles de Schumpeter, l’innovation entraîne une concurrence imparfaite, stimule d’autres innovations, augmente les profits et les débouchés et ouvre une phase ascendante de croissance ; lorsque le monopole temporaire disparaît, les profits et les gains de productivité baissent jusqu’à ce qu’une récession pousse à de nouvelles innovations majeures.
Compléments
Joseph Schumpeter (1883 - 1950) publie Théorie de l'évolution économique en 1912.
Schumpeter est classé parmi les hétérodoxes avec Marx en raison de son caractère atypique.
L’entrepreneur prend des risques pour innover et bousculer la routine. - Schumpeter
Les entreprises doivent innover pour dégager un profit temporaire lié au monopole d’exploitation de l’innovation, tandis que celles qui n’innovent pas sont condamnées à disparaître. - Schumpeter
📌 Les innovations apparaissent en grappes comprenant des innovations majeures, qui bouleversent les manières de produire ou de consommer, et des innovations mineures, qui améliorent simplement l’existant.
📌 Schumpeter prévoit que le « crépuscule de la fonction d'entrepreneur » conduira progressivement au remplacement du capitalisme par le socialisme et à l’avènement d’un circuit stationnaire.
Innovation → monopole temporaire et profits → imitation et baisse des profits → nouvelles innovations.
★ À maîtriser
Contrairement aux classiques et aux néoclassiques, qui raisonnent à long terme, Keynes analyse l'économie à court terme.
Pour Keynes, l'incertitude est radicale et ne peut être ramenée à une probabilité, ce qui rend déterminantes les anticipations des agents.
Keynes substitue une analyse macroéconomique à la démarche microéconomique néoclassique et rejette l'idée que le comportement collectif soit réductible à la somme des comportements individuels.
À court terme, Keynes considère les prix comme rigides et l'ajustement comme portant sur les quantités, tandis que les classiques privilégient l'ajustement par les prix flexibles.
L'investissement keynésien dépend négativement du taux d'intérêt, tandis que l'épargne dépend positivement du revenu ; ils ne dépendent donc pas des mêmes variables.
Le paradoxe keynésien de l'épargne affirme que trop d'épargne peut réduire l'épargne, car c'est l'investissement qui fait l'épargne et non l'inverse.
Keynes explique le chômage par l'insuffisance de la demande effective, c'est-à-dire la demande globale anticipée par les entrepreneurs, et le considère comme involontaire.
Contrairement aux classiques, Keynes considère que la monnaie n'est pas neutre et peut influer sur l'économie réelle.
Comme le marché ne garantit pas que la demande effective atteigne un niveau compatible avec le plein emploi, Keynes rejette le laisser-faire et préconise l'intervention de l'État contre l'équilibre de sous-emploi.
Compléments
John Maynard Keynes (1883-1946), formé par Marshall et Pigou, publie la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie en 1936 et rompt progressivement avec l'orthodoxie.
Dans un avenir incertain, la monnaie peut être détenue pour elle-même comme réserve, et pas seulement pour faciliter les transactions.
Une baisse individuelle du salaire peut réduire les coûts et favoriser l'embauche, tandis qu'une baisse généralisée des salaires diminue la demande globale et peut déprimer l'activité.
Quand l'offre dépasse la demande sur le marché des biens, la production puis l'emploi diminuent ; lorsque la demande dépasse l'offre, ils augmentent.
📌 Keynes décrit l'activité comme un circuit avec des fuites de revenu — épargne, impôts et importations — et des entrées de revenu — investissement, dépenses publiques et exportations.
Dans l'analyse de Keynes, le déséquilibre est possible et même probable, car rien ne garantit à court terme que toute épargne soit investie ou que les importations soient compensées par des exportations équivalentes.
Lorsque l'épargne dépasse l'investissement, la production et le revenu diminuent, ce qui réduit ensuite l'épargne ; l'ajustement passe par les quantités plutôt que par le taux d'intérêt.
L’individuel réduit les coûts ; le collectif peut réduire la demande
★ À maîtriser
📌 Dans la guerre des deux Cambridge, les keynésiens de Cambridge au Massachusetts, comme P. Samuelson, défendent une synthèse entre modèles keynésiens et néoclassiques, tandis que les économistes de Cambridge en Angleterre, comme J. Robinson et N. Kaldor, défendent l'hétérodoxie keynésienne.
Compléments
La révolution keynésienne s'inspire notamment du mercantiliste William Petty, qui défend la monnaie active et la baisse des taux d'intérêt pour relancer l'activité.
Keynes revendique également l'influence de Thomas Malthus, qui remet en cause la théorie quantitative de la monnaie et la loi des débouchés.
Pendant l'entre-deux-guerres, l'école suédoise des finances publiques envisage un équilibre de sous-emploi ; Lindahl et Myrdal évoquent le paradoxe de l'épargne, tandis qu'Ohlin défend une politique conjoncturelle contracyclique.
La révolution keynésienne est aussi l'œuvre d'un groupe d'économistes comprenant Kaldor, Robinson et Kahn, qui élabore le principe du multiplicateur d'investissement.
📌 La révolution keynésienne est plus modérée que les approches de Marx et Schumpeter : Keynes ne prévoit pas la crise du capitalisme, mais étudie les conditions d'un fonctionnement efficace de l'économie de marché.
Contrairement à ce que suggère la conception de Kuhn, l'émergence du paradigme keynésien n'a pas fait disparaître le paradigme néoclassique.
Des libéraux comme M. Friedman renouvellent l'orthodoxie néoclassique et refusent toute concession aux keynésiens.
Parmi les hétérodoxies qui se perpétuent et se renouvellent figurent :
Cambridge américain : synthèse ; Cambridge anglais : hétérodoxie
★ À maîtriser
La synthèse néoclassique traite la théorie de Keynes comme un cas particulier du modèle néoclassique et domine la macroéconomie pendant les années 1950-1960.
John Richard Hicks et Alvin H. Hansen élaborent le modèle IS-LM pour étudier les conditions d'efficacité des politiques monétaire et budgétaire, en combinant la régulation néoclassique par le marché et la régulation keynésienne par la demande globale.
L'intérêt pour les nouveaux keynésiens renaît dans les années 1980, car la hausse du chômage ne s'accompagne pas d'une baisse des salaires et des prix, ce qui confirme l'absence de flexibilité immédiate défendue par Keynes.
📌 La théorie du déséquilibre distingue un chômage classique lié à une rentabilité insuffisante et un chômage keynésien lié à une demande globale insuffisante.
Compléments
La courbe de Phillips relie un faible taux de chômage à des hausses de salaire importantes. - Alban W. Phillips, Courbe de Philips
Paul A. Samuelson et Robert Solow prolongent les travaux de Phillips en décrivant une relation inverse entre inflation et chômage, qui crée un conflit entre stabilité des prix et plein emploi.
Samuelson qualifie de « cruel dilemme » le conflit entre stabilité des prix et plein emploi.
Les politiques conjoncturelles contracycliques dites keynésiennes des Trente Glorieuses s'inspirent des travaux sur la synthèse néoclassique et la courbe de Phillips.
La stratégie de stop and go relance l'activité lorsque le chômage se développe, au risque de l'inflation, puis applique une politique de rigueur lorsque l'inflation s'accélère.
Les nouveaux keynésiens donnent un fondement microéconomique aux analyses de Keynes.
Dans la théorie du déséquilibre, des échanges ont lieu à des prix qui ne sont pas des prix d'équilibre et certains ajustements s'effectuent donc par les quantités.
★ À maîtriser
📌 Dans la théorie néoclassique, le salaire est égal à la productivité marginale du travailleur, tandis que la nouvelle microéconomie du travail considère que le salaire offert détermine en partie la productivité.
Dans les années 1980, la contre-révolution des détracteurs du keynésianisme s’impose comme la nouvelle orthodoxie.
Selon Milton Friedman, les agents forment des anticipations adaptatives à partir de leurs expériences et de leurs erreurs ; une relance monétaire peut donc agir à court terme, mais ne produit à long terme que de l’inflation.
La relance par la consommation peut être inefficace lorsque les agents consomment selon leur revenu permanent, valeur actualisée des revenus passés et des revenus futurs anticipés, plutôt que selon leur revenu courant.
📌 La nouvelle économie classique soutient que la monnaie est neutre même à court terme et que les politiques conjoncturelles sont sans effet réel lorsqu’elles sont parfaitement anticipées par les agents.
📌 Selon Arthur Laffer, au-delà d’un certain seuil non précisé, une hausse du taux d’imposition diminue les recettes fiscales.
Compléments
La nouvelle microéconomie du travail mobilise les instruments de la microéconomie pour expliquer la rigidité des salaires.
Un salaire supérieur au salaire d’équilibre peut résulter du comportement rationnel des agents plutôt que de rigidités institutionnelles.
Selon Milton Friedman, les agents sont victimes d’illusion monétaire à court terme, mais pas à long terme.
L’école des cycles réels considère les fluctuations cycliques comme la réponse optimale de l’économie à des chocs exogènes, ce qui remet en cause la légitimité de l’intervention étatique.
Sous Reagan, les taux d’imposition des plus riches sont fortement abaissés conformément à la doctrine de l’école de l’offre.
La théorie du marché politique décrit des décideurs qui mettent en œuvre des politiques économiques pour satisfaire les intérêts des agents ayant contribué à leur accession au pouvoir.
La théorie de la bureaucratie soutient que l’administration sert son propre intérêt plutôt que l’intérêt général.
Relance monétaire : effet temporaire chez Friedman, nul chez les nouveaux classiques
★ À maîtriser
Les postkeynésiens Joan Robinson et Nicolas Kaldor refusent les tentatives de synthèse et considèrent la révolution keynésienne comme une rupture radicale avec la pensée néoclassique. - Joan Robinson, Nicolas Kaldor
Pour les postkeynésiens, le partage des revenus dépend du rapport de force entre groupes sociaux plutôt que des mécanismes de marché.
Robert Boyer et Michel Aglietta expliquent la crise de 1974 par l’épuisement du mode de régulation fordiste, fondé sur le partage des gains de productivité afin que la consommation de masse débouche sur la production de masse. - Robert Boyer, Michel Aglietta
Compléments
L’école française du capitalisme monopoliste d’État considère que l’État limite la baisse tendancielle du taux de profit en venant au secours d’un capital incapable d’assurer seul sa rentabilité.
La théorie de la régulation emprunte à quatre traditions : (Robert Boyer, Michel Aglietta) :
★ À maîtriser
📌 Dans l’exemple de l’assurance automobile, l’impossibilité pour l’assureur de distinguer les bons conducteurs des mauvais avant le contrat peut entraîner une sélection adverse : une hausse du prix pousse les bons conducteurs à renoncer à s’assurer.
Dans le dilemme du prisonnier, deux complices interrogés séparément choisissent simultanément entre se taire et dénoncer ; se taire tous deux entraîne un an de prison chacun, dénoncer tous deux trois ans chacun, et dénoncer seul libère le dénonciateur tandis que l’autre reçoit cinq ans. - Albert Tucker
Dans le dilemme du prisonnier, dénoncer est la stratégie dominante de chaque joueur et la dénonciation mutuelle constitue l’unique issue logique du jeu.
La méthode d’Esther Duflo étudie une question précise en comparant un groupe témoin et un groupe expérimental constitués par tirage au hasard, puis évalue sur le terrain les effets d’approches de lutte contre la pauvreté.
Compléments
Dans l’exemple de l’assurance automobile, le risque moral désigne la baisse de vigilance de l’assuré après la souscription, puisque les dommages causés seront remboursés.
Un équilibre de Nash peut être sous-optimal, comme dans le dilemme du prisonnier, où les choix rationnels ne conduisent pas au meilleur résultat collectif.
Le dilemme du prisonnier peut formaliser la tragédie des biens communs et éclairer les incitations à former des ententes en duopole ou en oligopole.
L’économie empirique contemporaine associe modélisation et validation empirique, tandis que la microéconomie est décrite comme moins théorique qu’au début du XXe siècle.
| Débat | Première position | Seconde position |
|---|---|---|
| Source de la valeur | Smith et Ricardo : travail | Say : utilité |
| Spécialisation | Smith : avantages absolus | Ricardo : avantages comparatifs |
| Crises de surproduction | Say : impossibles en concurrence | Malthus : possibles |
| Avenir du capitalisme | Say : optimiste | Ricardo : état stationnaire |
| École | Économistes |
|---|---|
| Lausanne | Walras, Pareto |
| Cambridge | Jevons, Marshall, Pigou |
| Vienne | Menger, Böhm-Bawerk, Hayek, Schumpeter |
Teste tes connaissances sur Écoles néoclassiques de Lausanne à Vienne avec 65 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. Quelle définition de l’économie politique Jean-Baptiste Say propose-t-il dans son ouvrage de 1803 ?
2. Quelle relation Lionel Robbins place-t-il au cœur de sa définition de l’économie ?
Mémorisez les concepts clés de Écoles néoclassiques de Lausanne à Vienne avec 96 flashcards interactives.
Comment Jean-Baptiste Say définit-il l’économie politique dans son ouvrage de 1803 ?
L’étude de la formation, de la distribution et de la consommation des richesses qui satisfont les besoins des sociétés.
Dans quel ouvrage et en quelle année Jean-Baptiste Say définit-il l’économie politique ?
Dans le Traité d'économie politique, en 1803.
Comment Lionel Robbins définit-il l’économie dans son ouvrage de 1932 ?
La science étudiant le comportement humain comme relation entre des fins et des moyens rares à usage alternatif.
Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.
Générateur de fiches