QCM : Écoles néoclassiques de Lausanne à Vienne (65 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle définition de l’économie politique Jean-Baptiste Say propose-t-il dans son ouvrage de 1803 ?

L’étude de la bonne gestion d’une maison et de son personnel
L’étude du comportement humain face à des fins et à des moyens rares à usages alternatifs
L’étude des méthodes scientifiques appliquées à la gestion des échanges
L’étude de la formation, de la distribution et de la consommation des richesses répondant aux besoins des sociétés

L’étude de la formation, de la distribution et de la consommation des richesses répondant aux besoins des sociétés

Explication

Say définit l’économie politique par l’étude de la formation, de la distribution et de la consommation des richesses qui satisfont les besoins sociaux. L’analyse des moyens rares renvoie à Robbins, la gestion domestique à Xénophon et l’accent sur la scientificité à la distinction terminologique ultérieure.

2. Quelle relation Lionel Robbins place-t-il au cœur de sa définition de l’économie ?

La formation et la distribution des richesses répondant aux besoins des sociétés
Le comportement humain entre des fins et des moyens rares à usages alternatifs
La gestion d’une maison et de son personnel au quotidien
L’accumulation de monnaie grâce aux échanges entre les nations

Le comportement humain entre des fins et des moyens rares à usages alternatifs

Explication

Pour Robbins, l’économie étudie le comportement humain dans la relation entre des fins et des moyens rares susceptibles d’usages alternatifs. La formation et la distribution des richesses caractérisent la définition de Say, la gestion du foyer celle de Xénophon, et l’accumulation monétaire n’est pas le cœur de cette définition.

3. À quelle période le mercantilisme, politique visant à maximiser la richesse d’un pays, a-t-il prospéré ?

De l’Antiquité au Moyen Âge
Du XIXe au XXe siècle
Du XVIIIe au XIXe siècle
Du XVe au XVIIIe siècle

Du XVe au XVIIIe siècle

Explication

Le mercantilisme, conçu comme une politique économique visant à maximiser la richesse nationale, a prospéré du XVe au XVIIIe siècle. Le XVIIIe siècle est aussi celui de l’essor physiocratique, mais le courant ne se limite pas à cette période; les deux autres datations déplacent son essor.

4. Un gouvernement cherche à accroître la prospérité nationale selon les principes mercantilistes. Quelle politique correspond à cette orientation ?

Soutenir les exportations et limiter les importations, en valorisant échanges et population
Soutenir les importations et limiter les exportations, en valorisant échanges et population
Soutenir les exportations et limiter les importations, en réduisant le rôle de la population
Soutenir les exportations et limiter les importations, en donnant la priorité à l’agriculture

Soutenir les exportations et limiter les importations, en valorisant échanges et population

Explication

Les mercantilistes associent la prospérité nationale aux échanges et à l’effectif de la population; ils défendent aussi le protectionnisme par le soutien aux exportations et la limitation des importations. La priorité agricole relève des physiocrates, tandis que favoriser les importations ou dévaloriser la population contredit les principes mercantilistes.

5. Un débat oppose des partisans des manufactures et des marchands à un courant qui place la terre au centre de la richesse. Quelle position caractérise les physiocrates ?

Placer l’agriculture au premier plan de la création de richesse
Placer les manufactures au premier plan de la création de richesse
Placer les échanges commerciaux au premier plan de la création de richesse
Placer les marchands au premier plan de la création de richesse

Placer l’agriculture au premier plan de la création de richesse

Explication

Les physiocrates mettent l’agriculture au premier plan, contrairement aux mercantilistes, qui défendent les manufactures et les marchands. La priorité donnée aux échanges et aux marchands relève des positions mercantilistes, et celle accordée aux manufactures s’y rattache également.

6. Dans la pensée physiocratique, que désigne le « produit net » créé par l’agriculture ?

La richesse issue du surplus que les manufactures font naître par le travail artisanal
La richesse issue du surplus que les échanges commerciaux font naître par le commerce
La richesse issue du surplus que les propriétaires fonciers reçoivent sous forme de rente
La richesse issue du surplus que la terre fait naître par son don gratuit

La richesse issue du surplus que la terre fait naître par son don gratuit

Explication

Pour les physiocrates, le produit net est la richesse créée par l’agriculture, seule activité capable de faire naître un surplus grâce au don gratuit de la nature. Les gains commerciaux correspondent à la perspective mercantiliste, tandis que les rentes sont des revenus distribués aux propriétaires fonciers dans le circuit de Quesnay.

7. Quel ouvrage Adam Smith publie-t-il en 1776, associé à la naissance de l’économie politique comme discipline autonome ?

Principes d’économie politique, publié en 1848
Des principes de l’économie politique et de l’impôt
La richesse des nations, publié en 1823
Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations

Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations

Explication

Smith publie Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations en 1776, ouvrage associé à l’autonomie de l’économie politique. Des principes de l’économie politique et de l’impôt est l’ouvrage de Ricardo ; 1823 correspond à la mort de Ricardo, et les Principes d’économie politique sont associés à Mill.

8. Dans un atelier, des salariés répètent chacun une tâche précise et acquièrent progressivement davantage d’habileté. Quel effet Smith associe-t-il à cette organisation ?

Une hausse des salaires grâce à l’échange des surplus
Une hausse des prix grâce à la spécialisation des tâches
Une hausse de la productivité grâce à l’élargissement des débouchés
Une hausse de la productivité grâce à la répétition et à l’apprentissage

Une hausse de la productivité grâce à la répétition et à l’apprentissage

Explication

La répétition des tâches développe l’habileté et les effets d’apprentissage, ce qui accroît la productivité. L’élargissement des débouchés concerne l’étendue du marché, tandis que la hausse des prix ou des salaires n’est pas le mécanisme décrit ici.

9. Une commerçante cherche à augmenter son revenu personnel et, par ses ventes, contribue à répondre aux besoins de ses clients sans avoir visé cet objectif collectif. Quel mécanisme décrit cette situation chez Smith ?

L’action de l’État-gendarme, qui oriente les choix des commerçants
La division du travail, qui transforme directement les besoins en profits
La valeur d’échange, qui mesure la satisfaction des clients
La main invisible, qui relie la recherche de l’intérêt personnel à l’intérêt général

La main invisible, qui relie la recherche de l’intérêt personnel à l’intérêt général

Explication

La main invisible désigne la contribution à l’intérêt général produite par la recherche de l’intérêt personnel, même si cet intérêt général n’est pas visé. L’État-gendarme relève des fonctions juridiques de l’État, la division du travail porte sur la spécialisation, et la valeur d’échange mesure les biens obtenus en échange.

10. Un objet rare procure une grande satisfaction à son propriétaire, mais s’échange contre peu d’autres biens. Quelle distinction permet à Smith de décrire ces deux aspects ?

La satisfaction relève de la valeur d’usage et le rapport d’échange de la valeur d’échange
La satisfaction relève de la valeur d’échange et le rapport d’échange de la valeur d’usage
La satisfaction et le rapport d’échange relèvent tous deux de la valeur d’échange
La satisfaction et le rapport d’échange relèvent tous deux de la valeur d’usage

La satisfaction relève de la valeur d’usage et le rapport d’échange de la valeur d’échange

Explication

La valeur d’usage correspond à l’utilité et à la satisfaction procurée, tandis que la valeur d’échange correspond à la quantité d’autres biens obtenue contre le bien. Inverser ces notions confond l’utilité avec le pouvoir d’échange, et les ramener toutes deux au travail efface la distinction.

11. Dans une économie étudiée par Ricardo, une somme de valeur ajoutée est distribuée entre travailleurs, propriétaires des terres et investisseurs. Quel revenu revient à ces derniers ?

Le salaire de subsistance
Le profit
La rente foncière
La valeur d’échange

Le profit

Explication

Dans la répartition ricardienne, les capitalistes avancent le capital et sont rémunérés par le profit. La rente revient aux propriétaires fonciers et le salaire, fixé au niveau de subsistance, aux salariés ; la valeur d’échange n’est pas un revenu de cette répartition.

12. Une population croissante oblige à mettre en culture des terres moins productives. Quelle évolution, dans le raisonnement de Ricardo, peut conduire à l’état stationnaire ?

Les coûts et le prix du blé diminuent, les salaires baissent et les profits augmentent
Les coûts et le prix du blé augmentent, les salaires baissent et les profits augmentent
Les coûts et le prix du blé augmentent, les salaires montent et les profits diminuent
Les coûts et le prix du blé diminuent, les salaires montent et les profits diminuent

Les coûts et le prix du blé augmentent, les salaires montent et les profits diminuent

Explication

Les terres moins productives accroissent les coûts et le prix du blé ; les salaires doivent alors augmenter, ce qui réduit les profits et peut bloquer la croissance. La réponse qui prévoit une baisse des coûts inverse l’effet de la mise en culture de terres moins productives, tandis que celle qui augmente les profits méconnaît leur compression par les salaires.

13. Un pays compare deux productions sur son territoire et constate qu’il est relativement plus productif dans la production de textile que dans celle de vin. Quel choix correspond à l’avantage comparatif de Ricardo ?

Comparer les coûts étrangers avant de choisir le textile
Produire les deux biens sans spécialisation ni échanges
Se spécialiser dans le textile puis échanger avec d’autres pays
Se spécialiser dans le vin puis échanger avec d’autres pays

Se spécialiser dans le textile puis échanger avec d’autres pays

Explication

L’avantage comparatif compare les productions d’un même pays et recommande la spécialisation dans celle où sa productivité relative est la plus élevée, suivie de l’échange. Comparer directement les coûts du pays à ceux de l’étranger relève de l’avantage absolu ; choisir la production relativement moins productive inverse le critère.

14. La production d’une économie augmente de 8 %, tandis que sa masse monétaire reste inchangée. D’après la théorie quantitative de la monnaie présentée par Ricardo, quelle évolution de la masse monétaire maintiendrait le niveau général des prix constant ?

La laisser inchangée
L’augmenter de 8 %
L’augmenter de 16 %
La réduire de 8 %

L’augmenter de 8 %

Explication

Pour maintenir le niveau général des prix constant, la masse monétaire doit augmenter proportionnellement à la production : une hausse de production de 8 % appelle donc une hausse monétaire de 8 %. La maintenir inchangée ne suit pas cette proportion, tandis qu’une hausse de 16 % ou une baisse de 8 % ne lui est pas proportionnelle.

15. Quelle conception de la valeur distingue Jean-Baptiste Say de la tradition anglaise centrée sur le travail ?

Elle dépend du travail nécessaire et de la quantité de monnaie en circulation.
Elle dépend du travail nécessaire et de la satisfaction du producteur.
Elle dépend du coût de production et de l’utilité pour le consommateur.
Elle dépend de l’utilité pour le producteur et des revenus qu’il reçoit.

Elle dépend du coût de production et de l’utilité pour le consommateur.

Explication

Say associe la valeur au coût de production et à l’utilité, c’est-à-dire à la satisfaction du consommateur. La réduire au travail reprend la tradition anglaise, tandis que la monnaie en circulation ou la satisfaction du producteur ne correspond pas à cette distinction.

16. Une entreprise termine un lot de biens. D’après la loi des débouchés de Say, quel effet cette production a-t-elle sur la demande ?

Elle reste sans débouché jusqu’à ce que l’épargne soit dépensée.
Elle ouvre un débouché seulement si les prix augmentent.
Elle ouvre un débouché pour la production et crée une demande correspondante.
Elle ne trouve preneur que si la demande précédait la production.

Elle ouvre un débouché pour la production et crée une demande correspondante.

Explication

Pour Say, un produit terminé ouvre un débouché et toute offre crée sa propre demande. L’idée d’une épargne thésaurisée renvoie à la contestation de Malthus, et les deux autres réponses inversent ou déplacent le mécanisme.

17. Dans une société décrite par la loi de population de Malthus, les subsistances augmentent selon une progression arithmétique tandis que la population suit une progression géométrique. Quelle tendance en découle ?

Une tendance permanente à la surpopulation.
Une progression de la population moins rapide que celle des subsistances.
Une crise de surproduction due à l’excès de biens produits.
Une tendance permanente à la baisse de la population.

Une tendance permanente à la surpopulation.

Explication

La population progressant géométriquement et les subsistances arithmétiquement, l’écart tend à produire une surpopulation. Inverser les rythmes ou conclure à une baisse de la population contredit ce mécanisme ; la surproduction relève d’un autre débat économique.

18. À court terme, une partie de l’épargne d’un pays est conservée sous forme de monnaie au lieu d’être investie. Quelle conséquence Malthus juge-t-il possible ?

Une transformation immédiate de l’épargne conservée en investissement productif.
Une hausse automatique de la demande provoquée par la monnaie thésaurisée.
Une insuffisance des débouchés pouvant provoquer une crise de surproduction.
La création automatique d’une demande équivalente à toute l’offre.

Une insuffisance des débouchés pouvant provoquer une crise de surproduction.

Explication

Malthus souligne que l’épargne peut être thésaurisée plutôt qu’investie, ce qui peut réduire les débouchés et rendre possible une crise de surproduction. La création automatique de débouchés correspond à la thèse de Say ; confondre épargne conservée et investissement inverse l’argument.

19. Dans le matérialisme historique, comment distingue-t-on l’infrastructure de la superstructure ?

L’infrastructure réunit les formes juridiques et politiques ; la superstructure comprend les machines et les rapports de production.
L’infrastructure comprend les forces productives ; la superstructure réunit les rapports de production et les formes religieuses.
L’infrastructure désigne les rapports de production ; la superstructure comprend les forces productives et les institutions.
L’infrastructure réunit forces et rapports de production ; la superstructure comprend les formes juridiques, politiques et religieuses.

L’infrastructure réunit forces et rapports de production ; la superstructure comprend les formes juridiques, politiques et religieuses.

Explication

Le mode de production forme l’infrastructure en combinant forces productives et rapports de production ; les formes juridiques, politiques et religieuses constituent la superstructure. Les autres réponses déplacent des éléments d’une catégorie à l’autre ou omettent les rapports de production.

20. Une société organise le travail en vendant le travail humain sur un marché. À quel mode de production cette organisation correspond-elle ?

Au mode de production féodal.
Au mode de production antique.
À un mode de production fondé sur le servage.
Au mode de production capitaliste.

Au mode de production capitaliste.

Explication

Le mode capitaliste repose sur le salariat, où le travail humain devient une marchandise vendue sur un marché. Le servage caractérise le mode féodal et l’esclavage le mode antique.

21. Dans une usine, un salarié ne possède pas le produit qu’il fabrique, ne décide pas de l’organisation de son travail et travaille surtout pour assurer son existence. Quelle notion décrit cette situation ?

La mobilité du travailleur sur le marché.
La précarité du travailleur face à son employeur.
L’aliénation du travailleur.
L’autonomie du travailleur dans la production.

L’aliénation du travailleur.

Explication

L’aliénation associe la dépossession du produit, l’impossibilité d’organiser son travail à sa guise et la réduction de l’activité productive à un moyen d’existence. La spécialisation, la mobilité ou la précarité ne rendent pas compte à elles seules de cet ensemble.

22. Quelle critique Marx adresse-t-il à l’économie politique classique malgré sa prétention à analyser scientifiquement la société ?

Elle présente comme imposées par l’État des lois qui défendent les intérêts bourgeois.
Elle défend les intérêts bourgeois en renonçant à toute prétention à des lois naturelles.
Elle présente comme naturelles des lois qui défendent les intérêts bourgeois.
Elle abandonne l’analyse scientifique au profit d’une défense des intérêts ouvriers.

Elle présente comme naturelles des lois qui défendent les intérêts bourgeois.

Explication

Marx reproche aux classiques de masquer la défense des intérêts bourgeois sous l’apparence de lois naturelles, tout en prétendant analyser scientifiquement la société. Le rejet de toute science, la défense des ouvriers et le rôle de l’État ne correspondent pas à cette critique.

23. Un économiste soutient que les crises générales ne peuvent provenir du fonctionnement normal du capitalisme, car les débouchés s’équilibrent. Quelle position Marx opposerait-il à cette thèse ?

Les crises sont inscrites dans la nature même du système capitaliste.
Les crises proviennent de chocs extérieurs au fonctionnement capitaliste.
Les crises résultent principalement des déséquilibres de la masse monétaire.
Les crises sont des accidents corrigés par le jeu spontané du marché.

Les crises sont inscrites dans la nature même du système capitaliste.

Explication

Marx rejette la loi des débouchés et considère les crises comme inhérentes au système capitaliste. Les crises conçues comme des accidents résorbés par le marché relèvent plutôt de la position néoclassique, tandis que les deux autres réponses attribuent une cause différente.

24. Deux lots d’une même marchandise ont nécessité des durées de fabrication différentes, mais les conditions de production habituelles ont changé. Quel critère permet de mesurer la valeur de cette marchandise ?

L’utilité que les acheteurs tirent de sa consommation.
Le temps de travail effectivement consacré par chaque producteur.
Le prix auquel elle s’échange sur le marché au moment considéré.
Le temps de travail moyen socialement nécessaire à sa production.

Le temps de travail moyen socialement nécessaire à sa production.

Explication

Dans la théorie de la valeur-travail de Marx, la valeur dépend du temps de travail moyen socialement nécessaire à la production, et non de la durée individuelle réellement dépensée. Le prix de marché et l’utilité relèvent d’autres critères.

25. Une entreprise verse à un salarié un salaire de subsistance, puis celui-ci crée durant sa journée une valeur supérieure à ce salaire. Qu’est-ce que le capitaliste a payé ?

Le capital constant, rémunéré au niveau nécessaire à sa reconstitution.
La valeur totale produite, déterminée par le temps de travail de la journée.
Le travail accompli, rémunéré à hauteur de toute la valeur qu’il crée.
La force de travail, rémunérée au niveau nécessaire à sa reconstitution.

La force de travail, rémunérée au niveau nécessaire à sa reconstitution.

Explication

Le salaire rémunère la force de travail, évaluée au niveau de subsistance nécessaire à sa reconstitution, et non le travail lui-même. Assimiler le salaire à toute la valeur créée efface la distinction au cœur de l’analyse de l’exploitation.

26. Dans une analyse néoclassique, quelle conception remplace l’explication de la valeur par le travail ?

Une valeur objective déterminée par le travail nécessaire à la production.
Une valeur subjective déterminée par le coût total des facteurs de production.
Une valeur objective déterminée par l’utilité totale de chaque bien.
Une valeur subjective fondée sur l’utilité marginale et la rareté des biens.

Une valeur subjective fondée sur l’utilité marginale et la rareté des biens.

Explication

Les néoclassiques fondent la valeur sur une appréciation subjective liée à l’utilité marginale et à la rareté, plutôt que sur le travail. Le coût de production et l’utilité totale ne sont pas les fondements indiqués pour cette approche.

27. Une consommatrice augmente très légèrement la quantité d’un bien consommée. Quelle grandeur mesure l’utilité marginale de cette variation ?

La variation de l’utilité totale résultant de cette variation infinitésimale de quantité.
La variation du prix du bien résultant de cette quantité consommée.
Le niveau d’utilité totale atteint après la consommation de cette quantité.
La variation de la quantité consommée sans tenir compte de l’utilité totale.

La variation de l’utilité totale résultant de cette variation infinitésimale de quantité.

Explication

L’utilité marginale désigne la variation de l’utilité totale qui résulte d’une variation infinitésimale de la quantité consommée. Elle ne correspond ni au niveau total d’utilité, ni à la variation de quantité isolée, ni au prix.

28. Une chercheuse étudie comment un ménage répartit un budget limité entre plusieurs usages afin d’atteindre au mieux ses objectifs. Quelle définition de la science économique correspond à cette démarche, associée à Lionel Robbins ?

L’étude des actions qui combinent des moyens rares pour atteindre au mieux une fin.
L’étude de la production et de l’échange de marchandises sur les marchés.
L’étude des crises économiques et des mécanismes qui permettent leur résolution.
L’étude des choix qui satisfont les besoins sans tenir compte de la rareté.

L’étude des actions qui combinent des moyens rares pour atteindre au mieux une fin.

Explication

Pour Robbins, la science économique étudie les actions qui combinent des moyens rares pour atteindre au mieux une fin, ce qui implique des choix sous contrainte. La production marchande, l’absence de rareté et l’étude des crises ne définissent pas cette conception.

29. Une économie connaît une dépression prolongée. Quelle évolution les néoclassiques anticipent-ils en appliquant la loi de Say ?

La dépression se prolonge car le marché ne peut produire les conditions de la reprise.
La reprise exige une politique publique de soutien direct à la demande.
La dépression crée par le jeu du marché les conditions de la reprise.
La dépression révèle des crises inhérentes au système et mène à son effondrement.

La dépression crée par le jeu du marché les conditions de la reprise.

Explication

Les néoclassiques reprennent la loi de Say et considèrent que le marché fait émerger, au cours de la dépression, les conditions de la reprise; les crises générales et durables sont donc tenues pour impossibles. Les crises inhérentes au système renvoient à la position marxienne, et les autres réponses s’écartent de ce mécanisme.

30. À quelle école de pensée associe-t-on Walras et Pareto ?

À l’école de Vienne
À l’école de Cambridge
À l’école de Lausanne
À l’école autrichienne

À l’école de Lausanne

Explication

L’école de Lausanne regroupe Walras et Pareto. L’école de Cambridge est associée à Jevons, Marshall et Pigou, tandis que l’école de Vienne regroupe notamment Menger et Hayek.

31. Quel groupe d’économistes est associé à l’école de Cambridge ?

Walras, Marshall et Schumpeter
Jevons, Marshall et Pigou
Menger, Böhm-Bawerk et Hayek
Walras et Pareto

Jevons, Marshall et Pigou

Explication

L’école de Cambridge regroupe Jevons, Marshall et Pigou. Walras et Pareto relèvent de Lausanne, tandis que Menger, Böhm-Bawerk et Hayek sont associés à Vienne.

32. Dans une économie où tous les marchés sont simultanément à l’équilibre avec plein emploi, quelle notion décrit cette situation ?

L’équilibre général de sous-emploi
L’équilibre partiel d’un marché
L’équilibre général stable
L’équilibre temporaire sans stabilité

L’équilibre général stable

Explication

L’équilibre général correspond à l’égalité de l’offre et de la demande sur tous les marchés, avec plein emploi, et il est stable. L’équilibre partiel concerne un marché particulier, tandis que le sous-emploi contredit la définition donnée.

33. Sur un marché, l’offre devient supérieure à la demande. Selon le mécanisme de flexibilité des prix qui stabilise l’équilibre général, quelle évolution est attendue ?

Une hausse des prix
Le maintien des prix à leur niveau initial
Une baisse des prix
Une hausse de la demande par hausse des prix

Une baisse des prix

Explication

Quand l’offre dépasse la demande, la baisse des prix contribue à stabiliser l’équilibre général. Une hausse des prix correspond plutôt à une demande supérieure à l’offre, et des prix fixes ne reflètent pas leur flexibilité.

34. Une usine rejette des fumées qui dégradent le bien-être des riverains sans que cette nuisance donne lieu à un échange ni à un prix. Comment qualifie-t-on cette situation ?

Un échange marchand compensé
Un coût privé internalisé
Une externalité positive
Une externalité négative

Une externalité négative

Explication

Il s’agit d’une externalité négative, car l’activité de production affecte l’utilité d’autres agents sans passer par le marché ni par les prix. Un coût facturé serait internalisé, et une externalité positive améliorerait le bien-être des riverains.

35. Une activité impose à des tiers un dommage qui n’est pas intégré dans le coût supporté par le producteur. Quelle différence économique cette situation entraîne-t-elle ?

Le coût de production devient le bénéfice privé
Le coût privé diffère du coût social
Le coût privé égale le coût social
Le coût social se confond avec le prix de vente

Le coût privé diffère du coût social

Explication

Les externalités entraînent une différence entre le coût privé et le coût social, car certaines conséquences de l’activité touchent des tiers sans être intégrées aux décisions du producteur. L’égalité des deux coûts ne décrit donc pas cette situation.

36. Une autorité veut faire appliquer le principe du pollueur-payeur en donnant un prix à une pollution qui n’est pas prise en compte par le marché. Quel instrument Pigou propose-t-il ?

Un quota de production
Une taxe pigouvienne
Une subvention au pollueur
Une interdiction administrative

Une taxe pigouvienne

Explication

Pigou propose une taxe pigouvienne pour internaliser les externalités dans le cadre du principe du pollueur-payeur. Une subvention au pollueur va dans le sens opposé, et les interdictions ou quotas ne sont pas l’instrument visé ici.

37. Un investisseur accepte de moins consommer aujourd’hui afin de fabriquer des biens de production et d’accroître le capital, dans l’espoir d’obtenir davantage de satisfaction plus tard. Quel arbitrage réalise-t-il ?

Une réduction de la satisfaction future
Un équilibre entre offre et demande
Un arbitrage intertemporel
Une externalité de production

Un arbitrage intertemporel

Explication

L’arbitrage intertemporel consiste à réduire la satisfaction immédiate pour produire des biens de production et augmenter le stock de capital, afin d’obtenir une satisfaction future plus importante. Il relie donc un sacrifice présent à un bénéfice futur, plutôt qu’à une externalité ou à un équilibre de marché.

38. Une banque centrale accroît fortement la quantité de monnaie et les entreprises lancent alors des projets de production plus longs. Quel enchaînement Hayek prévoit-il à terme ?

Sous-investissement, puis hausse graduelle du capital au-delà des arbitrages intertemporels
Surinvestissement, puis retour brutal du capital à un niveau compatible avec les arbitrages intertemporels
Baisse de l’investissement, puis retour progressif du capital au niveau initial
Surinvestissement, puis maintien durable du capital au niveau accru par la monnaie

Surinvestissement, puis retour brutal du capital à un niveau compatible avec les arbitrages intertemporels

Explication

Pour Hayek, une émission monétaire excessive allonge injustement le détour de production et provoque un surinvestissement, suivi d’un retour brutal du capital vers un niveau compatible avec les arbitrages intertemporels. L’idée d’un sous-investissement inverse le mécanisme, tandis que le maintien durable ou le retour progressif omettent la correction brutale.

39. Face à une crise qu’il attribue à une expansion monétaire, quelle orientation Hayek privilégierait-il plutôt qu’une relance de la demande ?

L’expansion du crédit et la baisse des taux
La relance budgétaire et l’expansion monétaire
La stimulation de l’investissement par la dépense publique
L’austérité et la discipline monétaire

L’austérité et la discipline monétaire

Explication

Hayek relie les crises à une politique monétaire expansive et préconise l’austérité ainsi que la discipline monétaire, à l’opposé des politiques de relance keynésiennes. La relance budgétaire et la stimulation de l’investissement reprennent l’orientation qu’il critique, tandis que l’expansion du crédit contredit sa prescription monétaire.

40. Dans une société où les échanges sont libres entre individus égaux en droit, les revenus obtenus sur le marché sont inégaux. Comment Hayek évaluerait-il ces inégalités de situation ?

Comme légitimes seulement après une redistribution qui égalise les revenus
Comme justes lorsqu’elles résultent des actions libres dans l’ordre spontané du marché
Comme injustes parce qu’elles empêchent l’égalité des résultats économiques
Comme incompatibles avec un ordre spontané fondé sur les échanges libres

Comme justes lorsqu’elles résultent des actions libres dans l’ordre spontané du marché

Explication

Hayek considère que l’ordre spontané du marché est juste lorsque ses résultats procèdent des actions libres d’individus égaux en droit, y compris les inégalités de situation. Assimiler égalité en droit et égalité des résultats confond deux notions, et exiger une correction publique rejette la légitimité qu’il reconnaît aux résultats du marché.

41. Dans une économie où des innovations fréquentes bouleversent régulièrement les méthodes de production, quelle situation Schumpeter considère-t-il comme normale ?

L’équilibre général rétabli après chaque changement technique
Le déséquilibre engendré par la fréquence des innovations
La crise permanente provoquée par l’absence d’innovations
L’équilibre durable interrompu par des innovations exceptionnelles

Le déséquilibre engendré par la fréquence des innovations

Explication

Pour Schumpeter, la situation normale de l’économie est le déséquilibre créé par la fréquence des innovations, et non l’équilibre stable. L’équilibre durable inverse cette distinction, tandis que la crise permanente et l’absence d’innovations ne décrivent pas le mécanisme considéré.

42. Une entreprise réorganise ses machines et ses méthodes de travail déjà disponibles afin d’accroître l’efficacité de la production et de sortir de ses habitudes. Comment caractériser cette démarche chez Schumpeter ?

Une innovation réorganisant les moyens de production existants pour améliorer leur efficacité
Une routine productive maintenant les méthodes en place sans changement
Une invention remplaçant les moyens existants par un équipement entièrement nouveau
Une expansion de la production sans réorganisation des moyens disponibles

Une innovation réorganisant les moyens de production existants pour améliorer leur efficacité

Explication

Chez Schumpeter, l’innovation tire l’économie de sa routine en réorganisant les moyens de production existants pour en améliorer l’efficacité. L’invention entièrement nouvelle confond innovation et création d’équipement, tandis qu’une simple hausse de production ou le maintien de la routine ne comporte pas cette réorganisation.

43. Une entreprise lance un produit nouveau sur un marché où elle est temporairement seule à l’offrir. Quel avantage économique cette situation procure-t-elle à l’entrepreneur ?

Une rente permanente maintenue après l’arrivée de concurrents
Une rente de monopole correspondant à un surprofit temporaire
Une perte temporaire due à l’absence de concurrents sur le marché
Un profit concurrentiel ordinaire sans avantage lié à la nouveauté

Une rente de monopole correspondant à un surprofit temporaire

Explication

L’innovation procure à l’entrepreneur un monopole temporaire sur le nouveau marché, d’où une rente de monopole, c’est-à-dire un surprofit. Le profit ordinaire néglige cet avantage, la perte en inverse le signe et la rente permanente oublie le caractère temporaire du monopole.

44. Après une innovation majeure, une entreprise obtient temporairement des profits élevés, puis son avantage s’érode et les gains de productivité diminuent. Selon le mécanisme schumpétérien des cycles, quelle évolution peut suivre ?

Une récession peut pousser à de nouvelles innovations majeures
Une hausse durable des profits découle de la disparition du monopole
Une stagnation sans innovations suit nécessairement la baisse des gains
Une croissance ascendante se poursuit grâce à la baisse des profits

Une récession peut pousser à de nouvelles innovations majeures

Explication

Dans l’explication endogène de Schumpeter, la disparition du monopole temporaire fait baisser les profits et les gains de productivité; une récession peut alors pousser à de nouvelles innovations majeures. Prolonger la phase ascendante malgré la baisse inverse le cycle, tandis que la hausse durable des profits ou l’absence de nouvelles innovations contredisent ce mécanisme.

45. Pour analyser une récession qui se déroule sur quelques mois, quel horizon Keynes privilégie-t-il par rapport aux classiques et aux néoclassiques ?

L’équilibre de long terme
Le court terme
Le long terme
Le cycle économique entier

Le court terme

Explication

Keynes étudie l’économie à court terme, tandis que les classiques et les néoclassiques raisonnent à long terme. L’horizon de long terme et l’équilibre de long terme reprennent l’approche classique, tandis que le cycle entier ne désigne pas l’opposition en jeu.

46. Une entreprise hésite à investir dans un contexte où l’avenir est imprévisible et où les probabilités ne permettent pas de mesurer les risques. Quelle idée keynésienne éclaire le rôle des anticipations dans sa décision ?

L’information parfaite rend les anticipations inutiles
L’incertitude radicale rend les anticipations déterminantes
Le risque probabilisable rend les anticipations secondaires
La flexibilité des prix détermine les anticipations

L’incertitude radicale rend les anticipations déterminantes

Explication

Pour Keynes, l’incertitude radicale ne se réduit pas à une probabilité, ce qui rend les anticipations des agents déterminantes. Le risque probabilisable réduit l’incertitude à une mesure, l’information parfaite nie cette incertitude et la flexibilité des prix porte sur un autre mécanisme.

47. Un économiste veut expliquer le chômage national en additionnant les décisions de ménages et d’entreprises représentatifs. Quelle critique keynésienne s’applique à cette démarche ?

Le comportement collectif se déduit des choix d’un agent représentatif
Le comportement collectif résulte de l’addition des comportements individuels
Le comportement collectif ne se réduit pas à la somme des comportements individuels
Le comportement collectif s’explique par la flexibilité des prix

Le comportement collectif ne se réduit pas à la somme des comportements individuels

Explication

Keynes substitue une analyse macroéconomique à l’approche microéconomique néoclassique et rejette la réduction du comportement collectif à la somme des conduites individuelles. L’addition et l’agent représentatif sont précisément les formes de raisonnement qu’il critique, tandis que la flexibilité des prix concerne l’ajustement des marchés.

48. À court terme, une baisse de la demande de biens survient alors que les prix sont rigides. Selon l’analyse keynésienne, par quoi l’ajustement passe-t-il principalement ?

Par une variation des quantités produites
Par l’absence d’ajustement économique
Par une baisse des prix jusqu’à l’équilibre
Par une hausse des taux d’intérêt

Par une variation des quantités produites

Explication

Avec des prix rigides à court terme, l’ajustement keynésien porte sur les quantités : une demande plus faible entraîne une baisse de la production. L’ajustement par les prix flexibles relève de l’approche classique, les taux d’intérêt ne décrivent pas ici l’ajustement des biens et la rigidité des prix n’empêche pas une variation des quantités.

49. Un économiste de Cambridge, dans le Massachusetts, défend une synthèse entre modèles keynésiens et néoclassiques. À quel courant correspond cette position ?

Aux keynésiens de Cambridge au Massachusetts
Aux défenseurs de l’hétérodoxie keynésienne anglaise
Aux libéraux qui renouvellent l’orthodoxie néoclassique
Aux économistes de Cambridge en Angleterre

Aux keynésiens de Cambridge au Massachusetts

Explication

Les keynésiens de Cambridge au Massachusetts, comme Samuelson, défendent une synthèse entre modèles keynésiens et néoclassiques. Cambridge en Angleterre, avec Robinson et Kaldor, est associée à l’hétérodoxie, tandis que les libéraux cités renouvellent l’orthodoxie néoclassique.

50. Depuis 1945, quel double mouvement caractérise l’évolution de la pensée économique ?

Une convergence des paradigmes et une disparition des hétérodoxies
Une convergence des paradigmes et une réaffirmation des orthodoxies et des hétérodoxies
Une disparition des paradigmes et une réaffirmation des orthodoxies
Une séparation des paradigmes et une disparition des orthodoxies

Une convergence des paradigmes et une réaffirmation des orthodoxies et des hétérodoxies

Explication

Depuis 1945, la pensée économique combine une convergence entre paradigmes keynésien et néoclassique avec la réaffirmation des orthodoxies et des hétérodoxies. La disparition des paradigmes ou des courants hétérodoxes ne rend pas compte de cette coexistence.

51. Quelle place la synthèse néoclassique accorde-t-elle à la théorie de Keynes, et quand domine-t-elle la macroéconomie ?

Un cas particulier du modèle néoclassique, dominant dans les années 1930-1940
Un rejet du modèle néoclassique, dominant dans les années 1950-1960
Un cas particulier du modèle néoclassique, dominant dans les années 1950-1960
Une théorie distincte du modèle néoclassique, dominante dans les années 1950-1960

Un cas particulier du modèle néoclassique, dominant dans les années 1950-1960

Explication

La synthèse intègre Keynes comme un cas particulier du modèle néoclassique et domine la macroéconomie pendant les années 1950-1960. La réponse qui évoque un rejet confond synthèse et opposition, celle qui date la domination des années 1930-1940 déplace la période, et celle qui présente les théories comme distinctes nie leur intégration.

52. Pour étudier l’efficacité des politiques monétaire et budgétaire, quelle approche Hicks et Hansen réunissent-ils dans le modèle IS-LM ?

La régulation néoclassique par le marché et la régulation monétariste par la demande globale
La régulation néoclassique par le marché et la régulation keynésienne par la monnaie
La régulation néoclassique par la demande globale et la régulation keynésienne par le marché
La régulation néoclassique par le marché et la régulation keynésienne par la demande globale

La régulation néoclassique par le marché et la régulation keynésienne par la demande globale

Explication

Le modèle IS-LM élaboré par Hicks et Hansen combine la régulation néoclassique par le marché avec celle de Keynes par la demande globale. La demande globale attribuée au courant néoclassique inverse les approches, la monnaie substituée à la demande globale confond les mécanismes, et la régulation monétariste introduit un courant différent.

53. Dans une économie où le chômage augmente sans que les salaires ni les prix diminuent, quel constat contribue au regain d’intérêt pour les nouveaux keynésiens dans les années 1980 ?

L’ajustement des salaires et des prix est immédiatement flexible
La baisse de la demande globale provoque une baisse immédiate des prix
L’ajustement des salaires et des prix n’est pas immédiat
La hausse du chômage entraîne une hausse des salaires

L’ajustement des salaires et des prix n’est pas immédiat

Explication

L’absence de baisse des salaires et des prix malgré la montée du chômage confirme que leur ajustement n’est pas immédiat, ce qui soutient l’analyse keynésienne. La flexibilité immédiate contredit ce constat, la hausse des salaires n’en découle pas, et une baisse immédiate des prix est précisément absente de la situation.

54. Une entreprise réduit son activité faute de rentabilité suffisante, tandis qu’une autre ne vend pas assez en raison d’une demande globale faible. Comment classer ces deux situations, dans cet ordre ?

Chômage keynésien, puis chômage keynésien
Chômage classique, puis chômage classique
Chômage classique, puis chômage keynésien
Chômage keynésien, puis chômage classique

Chômage classique, puis chômage keynésien

Explication

Le chômage classique est lié à une rentabilité insuffisante, tandis que le chômage keynésien découle d’une demande globale insuffisante. La première situation classée comme keynésienne inverse les causes, et les classifications en deux catégories identiques ignorent l’une des deux causes distinctes.

55. Une entreprise réduit le salaire réel de ses employés et constate ensuite une baisse de leur effort. Quel mécanisme explique ce résultat ?

La hausse du salaire réel réduit l’effort et peut diminuer la productivité
La baisse du salaire réel réduit l’effort, mais accroît nécessairement la productivité
La baisse du salaire réel réduit l’effort et peut diminuer la productivité
La baisse du salaire réel accroît l’effort et peut diminuer la productivité

La baisse du salaire réel réduit l’effort et peut diminuer la productivité

Explication

Dans cette analyse, l’effort augmente avec le salaire réel : le réduire peut donc faire baisser l’effort et la productivité. L’idée que l’effort augmente lorsque le salaire diminue inverse le mécanisme, la productivité fixée par la technologie confond cette explication avec une approche différente, et la hausse du salaire ne correspond pas au cas décrit.

56. Deux économistes expliquent la productivité du travail : le premier la relie à la productivité marginale, le second au salaire offert. À quelles approches correspondent-ils, dans cet ordre ?

Nouvelle microéconomie du travail, puis nouvelle microéconomie du travail
Nouvelle microéconomie du travail, puis théorie néoclassique
Théorie néoclassique, puis théorie néoclassique
Théorie néoclassique, puis nouvelle microéconomie du travail

Théorie néoclassique, puis nouvelle microéconomie du travail

Explication

La théorie néoclassique égalise le salaire à la productivité marginale, alors que la nouvelle microéconomie du travail considère que le salaire offert détermine en partie la productivité. L’ordre inverse renverse cette distinction, tandis que les deux classements identiques effacent le contraste entre les approches.

57. Pour stimuler l’effort de ses salariés, un employeur choisit de verser un salaire supérieur au salaire d’équilibre. Comment qualifie-t-on ce choix ?

Un salaire d’équilibre destiné à motiver les travailleurs
Un salaire inférieur à l’équilibre destiné à motiver les travailleurs
Un salaire d’efficience imposé par une rigidité institutionnelle
Un salaire d’efficience destiné à motiver les travailleurs

Un salaire d’efficience destiné à motiver les travailleurs

Explication

Le salaire d’efficience est supérieur au salaire d’équilibre et peut servir à motiver les travailleurs et à accroître leur effort. L’égalité avec le salaire d’équilibre manque le critère distinctif, le salaire inférieur inverse ce critère, et l’explication par une rigidité institutionnelle écarte le rôle incitatif du salaire.

58. Un gouvernement augmente la consommation des ménages pour stimuler l’activité, mais ceux-ci déterminent leurs dépenses selon la valeur actualisée de leurs revenus passés et futurs anticipés. Pourquoi cette relance peut-elle être inefficace ?

Les ménages consomment selon leur revenu courant, pas selon leur revenu permanent
Les ménages consomment selon leur revenu permanent, déterminé par les salaires
Les ménages consomment selon leur seul revenu futur anticipé, pas selon leur revenu courant
Les ménages consomment selon leur revenu permanent, pas selon leur revenu courant

Les ménages consomment selon leur revenu permanent, pas selon leur revenu courant

Explication

La relance peut être inefficace si les ménages fondent leur consommation sur le revenu permanent, c’est-à-dire la valeur actualisée des revenus passés et des revenus futurs anticipés, plutôt que sur le revenu courant. Le revenu courant substitué au revenu permanent inverse le mécanisme, le seul revenu futur en donne une définition incomplète, et les salaires ne définissent pas ici le revenu permanent.

59. Quelle position Joan Robinson et Nicolas Kaldor défendent-ils à propos du rapport entre la révolution keynésienne et la pensée néoclassique ?

Ils y voient une rupture radicale et refusent les tentatives de synthèse.
Ils y voient une rupture institutionnelle portée par la théorie de la régulation.
Ils y voient une continuité théorique et acceptent la synthèse avec le néoclassicisme.
Ils y voient une synthèse progressive et refusent toute rupture avec le néoclassicisme.

Ils y voient une rupture radicale et refusent les tentatives de synthèse.

Explication

Joan Robinson et Nicolas Kaldor conçoivent la révolution keynésienne comme une rupture radicale avec la pensée néoclassique et refusent les tentatives de synthèse. La « synthèse progressive » confond leur position avec celle de partisans d’un rapprochement, la « continuité théorique » inverse leur thèse, et la « rupture institutionnelle » attribue cette idée à un autre courant.

60. Dans une entreprise, les salariés et les dirigeants négocient la répartition des revenus et disposent d’un pouvoir de négociation inégal. Quel facteur explique principalement le partage des revenus selon les postkeynésiens ?

La rencontre entre l’offre et la demande sur les marchés.
L’intervention de l’État pour soutenir la rentabilité du capital.
Le rapport de force entre les groupes sociaux.
Le partage des gains de productivité propre au fordisme.

Le rapport de force entre les groupes sociaux.

Explication

Pour les postkeynésiens, le partage des revenus dépend du rapport de force entre groupes sociaux, et non des mécanismes de marché. L’« offre et la demande » renvoie à l’explication par le marché, le « partage fordiste » concerne un mode de régulation, et le « soutien de l’État » caractérise l’analyse du capitalisme monopoliste d’État.

61. Une économie connaît une crise après que le partage des gains de productivité ne permet plus à la consommation de masse d’absorber la production de masse. Quelle interprétation de cette crise correspond à celle de Boyer et Aglietta ?

Une asymétrie d’information entre assureurs et conducteurs.
L’épuisement du mode de régulation fordiste.
Une difficulté de rentabilité compensée par l’intervention de l’État.
Une rupture théorique entre la pensée keynésienne et la pensée néoclassique.

L’épuisement du mode de régulation fordiste.

Explication

Boyer et Aglietta expliquent la crise de 1974 par l’épuisement du mode de régulation fordiste, qui articulait partage des gains de productivité, consommation de masse et production de masse. L’« asymétrie d’information » relève de l’assurance, la « difficulté de rentabilité » de l’analyse du capitalisme monopoliste d’État, et la « rupture théorique » de la position postkeynésienne.

62. Une entreprise, principal, cherche à amener un agent mieux informé à révéler ses informations et à ne pas agir de façon opportuniste. Quel cadre théorique étudie ce problème ?

La théorie des jeux.
La théorie de l’agence.
L’équilibre de Nash.
La sélection adverse.

La théorie de l’agence.

Explication

La théorie de l’agence analyse les comportements stratégiques en situation d’asymétrie d’information et les moyens dont dispose le principal pour inciter l’agent à révéler ses informations et à éviter l’opportunisme. La « théorie des jeux » porte sur des choix interactifs, l’« équilibre de Nash » sur des meilleures réponses, et la « sélection adverse » désigne un problème particulier précédant le contrat.

63. Avant de signer une assurance automobile, une compagnie augmente ses tarifs parce qu’elle ne sait pas distinguer les bons conducteurs des mauvais ; les conducteurs prudents renoncent alors à s’assurer. De quel phénomène s’agit-il ?

L’équilibre de Nash.
Le risque moral.
Le dilemme du prisonnier.
La sélection adverse.

La sélection adverse.

Explication

La sélection adverse se produit avant la conclusion du contrat lorsque l’assureur ne distingue pas les profils et que la hausse du prix pousse les bons conducteurs à renoncer à l’assurance. Le « risque moral » concerne une modification du comportement après l’assurance, tandis que l’« équilibre de Nash » et le « dilemme du prisonnier » relèvent de la théorie des jeux.

64. Deux entreprises choisissent leurs stratégies en tenant compte des décisions de l’autre. Quelle théorie mathématique étudie ce type de choix interdépendants ?

La sélection adverse.
La théorie de l’agence.
L’équilibre de Nash.
La théorie des jeux.

La théorie des jeux.

Explication

La théorie des jeux est une théorie mathématique qui étudie les choix stratégiques d’agents dont les décisions interagissent. La « théorie de l’agence » se concentre sur les asymétries d’information, la « sélection adverse » est un problème particulier d’information, et l’« équilibre de Nash » est une notion précise au sein de la théorie des jeux.

65. Dans un dilemme du prisonnier, deux complices choisissent simultanément entre se taire et dénoncer. Quelle issue découle de la stratégie dominante de chaque joueur ?

Un complice dénonce et est libéré tandis que l’autre reçoit cinq ans.
Les deux dénoncent et reçoivent chacun trois ans de prison.
Les deux se taisent et reçoivent chacun un an de prison.
Les deux se taisent et reçoivent chacun trois ans de prison.

Les deux dénoncent et reçoivent chacun trois ans de prison.

Explication

Dénoncer est la stratégie dominante de chaque joueur : quelle que soit la décision de l’autre, chacun a intérêt à dénoncer, ce qui mène à la dénonciation mutuelle et à trois ans de prison chacun. Le silence mutuel correspond à une peine commune moins lourde, mais n’est pas l’issue logique des stratégies dominantes ; la dénonciation unilatérale suppose que les choix des joueurs diffèrent.

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Comment Jean-Baptiste Say définit-il l’économie politique dans son ouvrage de 1803 ?

L’étude de la formation, de la distribution et de la consommation des richesses qui satisfont les besoins des sociétés.

Dans quel ouvrage et en quelle année Jean-Baptiste Say définit-il l’économie politique ?

Dans le Traité d'économie politique, en 1803.

Comment Lionel Robbins définit-il l’économie dans son ouvrage de 1932 ?

La science étudiant le comportement humain comme relation entre des fins et des moyens rares à usage alternatif.

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