Fiche de révision : Chapitre 2

Plan du Cours

  1. Canicule et effets économiques
  2. Marché et formes de concurrence
  3. Demande et offre : quantités et déplacements
  4. Équilibre de marché et chocs de demande
  5. Combinaison des chocs
  6. Surplus des acheteurs et vendeurs
  7. Mesurer les élasticités de marché
  8. Défaillances de marché et externalités
  9. Externalités de l’alcool et climatisation, biens collectifs et communs
  10. Information et assurance des risques
  11. Instruments des politiques environnementales
  12. Acceptabilité et choix des instruments
  13. Incidence et coût des taxes
  14. Justice et échelles de régulation
  15. Les critiques de l’État

Repères chronologiques

  1. août 2003La canicule a causé environ 15 000 décès en excès en France, surtout parmi les personnes âgées. - Inserm, rapport Hémon et Jougla, 2003
  2. 2005Le marché européen du carbone (SEQE-UE) couvre l’électricité et l’industrie lourde.
  3. 2026Le mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières (MACF) entre dans sa phase définitive.
  4. 2028Le second marché européen du carbone (SEQE 2) doit couvrir le chauffage des bâtiments et les carburants, après un report d’un an décidé en décembre 2025.

1. Canicule et effets économiques

★ À maîtriser

  • Une canicule accroît la demande d’électricité pour la climatisation et les ventilateurs, réduit la production de certaines centrales lorsque l’eau des rivières est trop chaude et fait souffrir les récoltes, ce qui augmente les prix agricoles.

Compléments

  • La vulnérabilité à la chaleur varie selon le logement, notamment entre un logement mal isolé sous les toits et une maison climatisée, ainsi que selon le travail exercé, au bureau ou sur un chantier.

Astuce mémo

Chaleur → demande électrique en hausse, production et récoltes contraintes

2. Marché et formes de concurrence

Notions clés & Définitions

  • Marché : Groupe d’acheteurs et de vendeurs d’un bien ou d’un service particulier.
  • Marché concurrentiel : Marché où le nombre de vendeurs et d’acheteurs est assez grand pour que chacun ait un effet négligeable sur le prix.
  • Concurrence pure et parfaite : La concurrence pure et parfaite repose sur cinq conditions : atomicité de l’offre et de la demande, homogénéité du produit, libre entrée et sortie du marché, mobilité des facteurs de production et transparence de l’information.

Points essentiels

  • Sur un marché du travail, les travailleurs offrent le travail et les entreprises le demandent.
  • Les formes de concurrence imparfaite comprennent :
    • Le monopole, avec un vendeur unique
    • L’oligopole, avec un nombre limité de vendeurs
    • La concurrence monopolistique, avec de nombreux vendeurs disposant d’une clientèle captive

Astuce mémo

Monopole : un vendeur ; oligopole : quelques vendeurs

3. Demande et offre : quantités et déplacements

Notions clés & Définitions

  • Quantité demandée : Quantité d’un bien que les acheteurs désirent et sont capables d’acheter.
  • Courbe de demande : Courbe décroissante qui décrit les quantités demandées par les acheteurs pour chaque niveau de prix du bien.
  • Quantité offerte : Quantité d’un bien que l’ensemble des vendeurs souhaitent et sont capables de produire et de vendre.
  • Courbe d’offre : Courbe croissante qui décrit les quantités offertes par les vendeurs pour chaque niveau de prix du bien.

★ À maîtriser

  • Toutes choses égales par ailleurs, la quantité demandée varie en sens inverse du prix du bien : lorsque le prix augmente, la quantité demandée diminue, et inversement.

📌 Une variation du prix du bien provoque un mouvement le long de la courbe de demande, tandis qu’une variation d’un autre déterminant déplace toute la courbe.

  • Toutes choses égales par ailleurs, la quantité offerte varie dans le même sens que le prix du bien : lorsque le prix augmente, la quantité offerte augmente, et inversement.

📌 Une variation du prix du bien provoque un mouvement le long de la courbe d’offre, tandis qu’une variation d’un autre déterminant déplace la courbe, sans que ce déplacement soit nécessairement parallèle.

Compléments

  • Les déterminants de la demande sont :

    • Le prix du bien
    • Le revenu des acheteurs
    • Le prix des biens substituables ou complémentaires
    • Les goûts des acheteurs
    • Les anticipations des acheteurs
    • Le nombre d’acheteurs
  • Les déterminants de l’offre sont :

    • Le prix du bien
    • Le prix des facteurs de production
    • La technologie disponible
    • Le nombre de vendeurs
    • Les anticipations des vendeurs
  • Une hausse du prix de l’énergie augmente les coûts de production et déplace l’offre vers la gauche, tandis qu’une technologie plus efficace ou l’entrée de nouveaux producteurs déplace l’offre vers la droite.

  • Une sécheresse réduit les récoltes et une eau de rivière trop chaude contraint les centrales thermiques et nucléaires, ce qui déplace l’offre vers la gauche.

4. Équilibre de marché et chocs de demande

Notions clés & Définitions

  • Équilibre de marché : Situation où le prix atteint le niveau qui égalise la quantité demandée et la quantité offerte, au point d’intersection des courbes d’offre et de demande.
  • Choc exogène : Variation d’un facteur hors prix qui affecte l’offre et/ou la demande.
  • Quantité d’équilibre : Quantité échangée au prix d’équilibre.

★ À maîtriser

  • À l’équilibre, acheteurs et vendeurs réalisent les quantités qu’ils désirent et aucune force ne pousse au changement en l’absence de choc exogène au marché.

  • 🔄 Un choc positif de demande entraîne les étapes suivantes :

    1. La demande se déplace vers la droite et les acheteurs demandent plus à chaque prix
    2. Au prix initial, l’excès de demande fait monter le prix
    3. Au nouvel équilibre, le prix et la quantité échangée sont plus élevés
  • Un choc négatif d’offre déplace l’offre vers la gauche : au prix initial, un excès de demande fait monter le prix, puis le nouvel équilibre présente une quantité échangée plus faible et un prix plus élevé.

  • Un choc positif d’offre déplace l’offre vers la droite : au prix initial, un excès d’offre fait baisser le prix, puis le nouvel équilibre présente une quantité échangée plus élevée et un prix plus faible.

Compléments

  • 🔄 L’analyse d’un choc exogène suit trois étapes :

    1. Déterminer s’il concerne l’offre, la demande ou les deux
    2. Établir le sens de déplacement de chaque courbe
    3. Comparer graphiquement le nouvel équilibre à l’équilibre initial
  • Lors d’une canicule, les ménages peuvent acheter moins de légumes à soupe, comme les poireaux et les carottes, ce qui constitue un choc négatif de demande.

  • Lors d’une canicule, la demande de ventilateurs et de climatiseurs mobiles peut augmenter.

  • Une sécheresse qui abîme les récoltes réduit l’offre de légumes à soupe des maraîchers.

  • La baisse du prix des panneaux solaires peut conduire les producteurs à offrir davantage d’électricité photovoltaïque à chaque prix.

  • Pendant une canicule, la demande d’électricité augmente avec l’usage de la climatisation et des ventilateurs, tandis que la température de l’eau contraint les centrales et déplace l’offre vers la gauche ; le prix monte sans ambiguïté et l’effet sur la quantité dépend de l’ampleur relative des chocs.

5. Combinaison des chocs

★ À maîtriser

📌 Lorsque l’offre et la demande subissent toutes deux un choc négatif, la quantité d’équilibre diminue à coup sûr, car les deux effets vont dans le même sens, tandis que l’effet sur le prix est ambigu, car les effets opposés se compensent partiellement ou non.

📌 Lorsque le choc négatif d’offre est plus ample que le choc négatif de demande, le prix d’équilibre augmente, tandis que la quantité diminue.

Compléments

  • Pour analyser deux chocs, on isole l’effet de chacun sur les prix et les quantités, puis on additionne ces effets.

  • Quand l’offre et la demande diminuent toutes deux, le sens de variation du prix dépend de l’ampleur relative des chocs, tandis que la quantité baisse dans les deux scénarios.

  • Sur le marché des légumes à soupe pendant une canicule, la quantité échangée baisse à coup sûr ; le prix monte si la perte de récolte l’emporte et baisse si l’effondrement de la demande l’emporte.

Astuce mémo

Quantités : mêmes sens ; prix : sens opposés.

6. Surplus des acheteurs et vendeurs

Notions clés & Définitions

  • Surplus du consommateur : Différence entre ce que les acheteurs étaient prêts à payer et ce qu’ils paient effectivement.
  • Surplus du producteur : Différence entre le prix reçu et le coût de production.

★ À maîtriser

📐 Formule - Avec la demande p=120−20Qp=120-20Q et l’offre p=20Qp=20Q, l’équilibre vérifie 120−20Q=20Q120-20Q=20Q, donc Q∗=3Q^*=3 et p∗=60 €p^*=60\,€.

📐 Formule - À cet équilibre, le surplus du consommateur vaut 12×3×(120−60)=90 €\frac{1}{2}\times 3\times(120-60)=90\,€.

📐 Formule - À cet équilibre, le surplus du producteur vaut 12×3×(60−0)=90 €\frac{1}{2}\times 3\times(60-0)=90\,€.

📌 En concurrence, l’équilibre maximise la somme des surplus si le marché fait payer tous les coûts.

Compléments

  • Sur un marché stylisé de ventilateurs, cinq acheteurs potentiels veulent chacun un ventilateur et le prix de marché est de 60 € ; les quatre consentements à payer indiqués sont 110 €, 90 €, 70 € et 50 €, et le surplus total du consommateur est de 90 €.

  • Sur le graphique, la hauteur de la courbe de demande à une quantité donnée représente le consentement à payer de l’acheteur de ce rang, les acheteurs étant classés du plus pressé au moins pressé.

  • Lorsque tous les acheteurs paient le même prix d’équilibre, le surplus du consommateur est la somme des gains individuels, représentée par l’aire entre la courbe de demande et la ligne du prix.

  • Le coût est le prix minimal en dessous duquel un vendeur refuse de vendre.

  • Sur le même marché stylisé, cinq vendeurs potentiels veulent chacun vendre un ventilateur au prix de marché de 60 € ; les quatre coûts indiqués sont 10 €, 30 €, 50 € et 70 €, et le surplus total du producteur est de 90 €.

  • Sur le graphique, la hauteur de la courbe d’offre à une quantité donnée représente le coût du vendeur de ce rang, les vendeurs étant classés du moins cher au plus cher.

  • Lorsque tous les vendeurs reçoivent le même prix d’équilibre, le surplus du producteur est la somme des gains individuels, représentée par l’aire entre la ligne du prix et la courbe d’offre.

  • Le surplus du producteur est l’aire comprise entre la ligne du prix de marché et la courbe d’offre.

  • Quand acheteurs et vendeurs sont nombreux, les marches des courbes deviennent des droites et les surplus se calculent comme des aires de triangles.

  • L’échange de l’unité 3 crée un gain collectif de 20 €, car l’acheteur est prêt à payer 70 € et son coût est de 50 €.

Astuce mémo

Acheteur : consentement à payer moins prix ; vendeur : prix moins coût.

7. Mesurer les élasticités de marché

Notions clés & Définitions

  • Élasticité-prix de l’offre : Mesure la variation en pourcentage de la quantité offerte quand le prix augmente de 1 % ; elle est positive, car l’offre et le prix varient dans le même sens.
  • Élasticité-revenu : Mesure la variation en pourcentage de la quantité demandée quand le revenu augmente de 1 %.
  • Élasticité-prix croisée : Mesure la variation en pourcentage de la quantité demandée d’un bien quand le prix d’un autre bien augmente de 1 %.

★ À maîtriser

📌 Une demande est peu élastique lorsque les substituts sont rares, le bien nécessaire ou l’horizon court, tandis qu’elle est élastique lorsque les substituts sont nombreux, la dépense non indispensable ou l’horizon long.

  • Les quatre facteurs qui rendent la demande plus élastique sont :
    • la disponibilité de substituts proches
    • le caractère de luxe du bien
    • une définition étroite du marché
    • un horizon temporel long

📌 Pour la demande, l’élasticité est négative ; on interprète sa valeur absolue : supérieure à 1, la demande est élastique ; égale à 1, elle est unitaire ; inférieure à 1, elle est inélastique.

📌 Après un choc d’offre négatif, une demande inélastique entraîne une forte hausse du prix et une faible baisse des quantités, tandis qu’une demande élastique entraîne une faible hausse du prix et une forte baisse des quantités.

Compléments

📐 Formule - L’élasticité-prix de la demande est ε=ΔQ/QΔp/p\varepsilon=\frac{\Delta Q/Q}{\Delta p/p}.

  • 🔄 Le calcul de l’élasticité-prix se déroule ainsi :

    1. Calculer la variation relative du prix par rapport à sa valeur initiale.
    2. Calculer la variation relative de la quantité par rapport à sa valeur initiale.
    3. Diviser la variation relative de la quantité par celle du prix.
  • L’élasticité est un rapport de pourcentages sans unité et se distingue de la pente de la courbe de demande.

  • Quand le prix des ventilateurs augmente de 10 % et que la quantité demandée baisse de 20 %, l’élasticité vaut −2 et la demande est élastique.

  • Quand le prix de l’électricité augmente de 10 % et que la quantité demandée baisse de 2 %, l’élasticité vaut −0,2 et la demande est inélastique.

  • Quand le prix du kilo de tomates passe de 1,50 € à 2 € et que la production mensuelle passe de 15 000 à 16 500 tonnes, l’élasticité de l’offre est d’environ 0,3 et l’offre est inélastique.

  • La flexibilité de la production et l’horizon temporel déterminent l’élasticité de l’offre, qui est généralement plus forte à long terme qu’à court terme.

  • Plus l’offre est inélastique, plus un choc de demande fait monter le prix ; de même, une demande inélastique amplifie l’effet d’un choc d’offre sur le prix.

📌 Une élasticité-revenu comprise entre 0 et 1 caractérise un bien normal, supérieure à 1 un bien supérieur, et inférieure à 0 un bien inférieur.

Astuce mémo

Demande inélastique : le prix varie davantage ; demande élastique : la quantité varie davantage.

8. Défaillances de marché et externalités

Notions clés & Définitions

  • Externalité : Existe lorsque l’action d’un individu affecte l’utilité d’un autre sans paiement ni dédommagement, donc sans que le marché médiatise ce lien économique.

★ À maîtriser

  • Les quatre défaillances de marché citées sont :

    • les externalités
    • les biens collectifs (biens publics et biens communs)
    • l’information asymétrique (antisélection et aléa moral)
    • le pouvoir de marché des vendeurs (monopole et oligopole)
  • Les trois fonctions de l’État décrites par Richard Musgrave dans The Theory of Public Finance (1959) sont :

    • l’allocation des ressources
    • la distribution des revenus et des richesses
    • la stabilisation de l’économie
  • Dans une externalité négative de production comme la pollution, l’offre reflète le coût privé, alors que le coût social inclut le dommage subi par les autres ; le marché produit alors une quantité supérieure à la quantité optimale.

Compléments

📌 Une externalité peut être positive ou négative et être engendrée par une activité de production ou de consommation.

  • Les exemples d’externalités de production sont l’apiculture, positive, et la pollution, négative ; ceux de consommation sont la vaccination, positive, et le tabagisme, négative.

  • L’éducation procure des bénéfices privés et des externalités positives, car elle améliore la qualité du système politique et favorise la diffusion des idées et des technologies nouvelles ; la valeur sociale de l’éducation dépasse sa valeur privée, ce qui conduit à une quantité d’équilibre inférieure à la quantité socialement optimale.

  • Les pouvoirs publics peuvent soutenir l’éducation par :

    • l’instruction obligatoire de 3 à 16 ans
    • la formation obligatoire jusqu’à 18 ans
    • la gratuité de la production d’éducation
    • les bourses d’études
  • La consommation d’alcool procure des bénéfices privés, mais crée des externalités négatives liées à la santé des consommateurs, à la violence et aux accidents ; sa valeur sociale est inférieure à sa valeur privée, ce qui conduit à une quantité d’équilibre supérieure à la quantité socialement optimale.

  • Les pouvoirs publics peuvent limiter la consommation d’alcool par des interdictions concernant :

    • les moins de 18 ans
    • la voie publique
    • le lieu de travail

9. Externalités de l’alcool et climatisation, biens collectifs et communs

Notions clés & Définitions

  • Rivalité : La rivalité signifie que la consommation d’un bien par un agent affecte la quantité disponible pour les autres agents.
  • Exclusion : L’exclusion signifie qu’il est difficile ou coûteux d’empêcher des agents de consommer un bien lorsque celui-ci est non-excluable.
  • Bien public pur : Non rival et non excluable, ce qui rend difficile de faire payer son accès.

★ À maîtriser

  • Les pouvoirs publics peuvent limiter les externalités négatives de l’alcool par l’interdiction de consommation pour les moins de 18 ans, dans la voie publique ou sur le lieu de travail, par la taxation affectée au système de santé et par des campagnes agissant sur les préférences, comme « Tu t’est vu, quand t’as bu », SAM.

  • Un climatiseur rafraîchit l’intérieur en rejetant de la chaleur dehors et consomme de l’électricité, parfois produite avec des émissions de CO2.

  • Les travaux de Paul A. Samuelson, Pure Theory of Public Expenditure (1954), classent les biens collectifs selon la rivalité et l’exclusion.

  • La classification croisant rivalité et exclusion distingue le bien privé (rival et excluable), le bien commun (rival et non-excluable), le bien de club (non rival et excluable) et le bien public (non rival et non-excluable).

Compléments

  • La consommation d’alcool procure des bénéfices privés, notamment le plaisir de l’ivresse, la sociabilité, l’intégration dans le groupe, le statut social et les rites festifs, mais entraîne des externalités négatives sur la santé, la violence et les accidents.

  • Une personne qui se protège de la chaleur avec un climatiseur réchauffe la rue pour les personnes qui n’en ont pas, de sorte qu’une solution individuelle rationnelle peut aggraver le problème collectif.

  • Dès 1776, Adam Smith souligne l’existence des biens collectifs et justifie la nécessaire intervention de l’État.

  • Un pain est rival, tandis que la télévision publique est non rivale ; la télévision cryptée est excluable, tandis que la défense nationale est non-excluable.

10. Information et assurance des risques

Notions clés & Définitions

  • Passager clandestin : Mancur Olson, Logic of Collective Action, 1965 - Désigne l’échec de l’action collective lorsque des individus maximisent leur seule utilité individuelle et comptent laisser les autres payer un bien collectif dont ils profiteront.

★ À maîtriser

  • Le problème du passager clandestin conduit à ce qu’aucune entreprise privée ne trouve de consommateur prêt à payer un prix positif, que le bien collectif ne soit pas produit et que tous en pâtissent, même lorsque l’utilité du bien pour chacun dépasse sa quote-part.

  • Le climat stable est un bien public mondial non rival et non excluable, dont les bénéfices sont partagés par tous alors que la réduction des émissions coûte aux acteurs qui la réalisent.

  • Dans la tragédie des communs décrite par Hardin (1968), une ressource rivale mais non excluable, comme un pâturage ouvert à tous, une nappe phréatique ou un stock de poissons, est surexploitée par des prélèvements individuels et finit par s’épuiser.

  • Elinor Ostrom montre que des communautés peuvent gérer durablement des communs, notamment l’irrigation, les pêcheries et les forêts, grâce à des règles adaptées au lieu et décidées par les usagers, à la surveillance, à des sanctions graduées et à la reconnaissance de leurs droits par les autorités. - Governing the Commons, 1990

Compléments

  • À l’échelle des États, chaque pays a intérêt à laisser les autres réduire leurs émissions, et la coordination climatique passe par des accords internationaux comme l’Accord de Paris (2015), sans pouvoir de contrainte fort, car il n’existe pas d’État mondial pour lever l’impôt.

  • Les solutions classiques à la tragédie des communs sont l’intervention de l’État par des quotas ou des taxes, ou la privatisation.

  • L’État démocratique peut résoudre le problème du passager clandestin grâce à son monopole légitime de la violence, qui lui permet de prélever l’impôt sans être accusé de racket dans un État de droit, et grâce à un gouvernement élu sur un programme de biens collectifs que les citoyens sont disposés à financer. - Max Weber

Astuce mémo

Antisélection : type caché avant le contrat ; aléa moral : action cachée après

11. Instruments des politiques environnementales

Notions clés & Définitions

  • Asymétrie d’information : Situation où les deux parties d’un échange ne disposent pas de la même information.
  • Antisélection : Akerlof, 1970 - Forme d’auto-sélection due à une information imparfaite sur la réalisation du risque : avant le contrat, l’assureur ne connaît pas le risque de chaque client et les assurés à faible risque peuvent renoncer à s’assurer si la prime est trop élevée.
  • Aléa moral : Apparaît après la signature du contrat lorsqu’une partie change son comportement d’une façon que l’autre ne peut pas observer et lui fait supporter une part du coût.

★ À maîtriser

  • Dans l’antisélection, le départ des assurés à faible risque ne laisse que les assurés à risque élevé, ce qui oblige l’assureur à augmenter ses primes et peut conduire à la disparition d’une assurance rentable. - Akerlof, 1970

Compléments

  • L’antisélection peut être limitée par l’obligation d’assurance ou par la différenciation des contrats, par exemple une prime élevée avec un bon remboursement ou une prime faible avec un remboursement moindre.

  • L’assurance mutualise les risques lorsque les primes de nombreux assurés épargnés financent les sinistres de quelques assurés, mais les catastrophes climatiques peuvent frapper de nombreux assurés en même temps et rendre les risques corrélés et plus fréquents.

  • En France, le régime des catastrophes naturelles, établi par la loi de 1982, combine assureurs privés, surprime obligatoire sur les contrats d’assurance de biens et garantie de l’État.

  • La surprime obligatoire du régime français des catastrophes naturelles est portée de 12 % à 20 % de la prime habitation au 1er janvier 2025.

📌 Le régime d’assurance des catastrophes naturelles oppose la solidarité, puisque tous paient, à l’incitation à prévenir, par exemple en évitant de construire en zone inondable, tandis que la hausse des primes peut rendre certaines zones inassurables.

  • Une fois assuré, l’assuré supporte moins les conséquences d’un sinistre ; comme l’effort de prévention lui coûte autant mais lui rapporte moins, il en fait moins, ce qui accroît les sinistres et les primes, y compris pour les assurés prudents.

  • Conduire moins prudemment avec une assurance tous risques et rester en zone inondable parce que l’État indemnisera sont des exemples d’aléa moral.

  • Les réponses à l’aléa moral comprennent : la franchise, qui laisse une part du coût à l’assuré, le bonus-malus, l’exigence de prévention pour être indemnisé

12. Acceptabilité et choix des instruments

★ À maîtriser

📌 Une politique environnementale efficace sur le papier peut échouer si elle est perçue comme injuste ou inutile, car son acceptabilité est une question économique.

  • 🔄 Un système de quotas échangeables fonctionne ainsi :

    1. L’autorité fixe un plafond total d’émissions et distribue ou vend des permis.
    2. Les entreprises échangent leurs permis.
    3. Les entreprises qui réduisent leurs émissions à bas coût vendent leurs permis à celles pour lesquelles les réductions
  • La taxe fixe le prix et laisse la quantité s’ajuster, tandis que les quotas fixent la quantité et laissent le prix s’ajuster.

  • Selon Weitzman (1974), si dépasser un seuil de pollution risque d’être catastrophique, mieux vaut garantir la quantité par des quotas ou des normes, tandis que si l’incertitude porte surtout sur le coût des réductions, mieux vaut fixer le prix par une taxe.

  • Les politiques réelles combinent plusieurs instruments, car aucun instrument environnemental n’est parfait.

Compléments

  • De nombreux ménages craignaient une perte de pouvoir d’achat et doutaient de l’efficacité de la taxe carbone, y compris parmi ceux qui auraient bénéficié des compensations (Douenne et Fabre, 2022).

  • Dans un système de quotas échangeables, un permis correspond à une tonne de CO2.

📌 Selon le théorème de Coase (1960), si les droits sont bien définis et que la négociation ne coûte rien, pollueurs et victimes peuvent conclure seuls un accord efficace, par exemple par une indemnisation.

📌 La négociation à la Coase peut fonctionner avec peu d’acteurs, comme deux voisins, mais pas à l’échelle de millions de pollueurs et de victimes, comme pour le climat.

  • Les subventions à la rénovation thermique et les bonus aux véhicules peu émetteurs rendent l’effort plus accessible, mais coûtent au budget et peuvent profiter à des personnes qui auraient investi de toute façon, ce qui constitue un effet d’aubaine.

  • L’information environnementale peut prendre la forme d’une étiquette énergie ou d’un diagnostic de performance énergétique (DPE).

📌 Dans le tableau comparatif, la norme et la subvention obtiennent respectivement un signe positif et un signe négatif pour la certitude sur la quantité, tandis que la taxe et les quotas obtiennent respectivement un signe négatif et un signe positif.

  • Dans le tableau comparatif, les recettes publiques sont associées à la taxe et aux quotas si les permis sont vendus, tandis que la norme et la subvention n’en procurent pas.

13. Incidence et coût des taxes

★ À maîtriser

📌 L’incidence légale désigne la personne qui verse la taxe selon la loi, tandis que l’incidence économique désigne la répartition réelle de sa charge entre acheteurs et vendeurs.

  • Une taxe peut faire monter le prix payé par les acheteurs et baisser le prix reçu par les vendeurs, de sorte que sa charge est partagée entre les deux côtés du marché.

📌 Le côté du marché le moins élastique, qui dispose de moins de solutions de repli, supporte l’essentiel de la taxe, quel que soit celui qui la verse légalement.

  • La taxe réduit les quantités échangées et supprime des échanges avantageux, ce qui crée une perte sèche correspondant à la valeur des échanges empêchés.

Compléments

  • Lorsque les pentes de l’offre et de la demande sont égales, la charge de la taxe est partagée à moitié entre acheteurs et vendeurs.

  • À court terme, la demande de carburant et de chauffage est peu élastique, car les consommateurs ne peuvent pas facilement s’en passer ; les acheteurs supportent donc presque toute la taxe.

📐 Formule - Dans l’exemple de marché, la demande est p=120−20Qp = 120 - 20Q et l’offre initiale est p=20Qp = 20Q ; une taxe de 20 € par unité vendue déplace l’offre vers le haut, donne Q1=2,5Q_1 = 2{,}5, un prix acheteur de 70 € et un prix vendeur net de 50 €.

📐 Formule - Dans l’exemple, la perte sèche est de 5 €, calculée par 12×20×0,5=5\frac{1}{2} \times 20 \times 0{,}5 = 5.

📌 Pour des courbes droites, la perte sèche augmente comme le carré du montant de la taxe et augmente aussi lorsque l’offre et la demande sont plus élastiques.

Astuce mémo

Moins le côté du marché est élastique, plus il supporte la taxe

14. Justice et échelles de régulation

Notions clés & Définitions

  • Taxe carbone régressive : Souvent régressive en proportion du revenu, car elle pèse davantage sur les ménages les moins aisés.

★ À maîtriser

  • Le principe de régulation associe les problèmes aux échelles suivantes :

    • Commune ou ville : îlots de chaleur et pollution de l’air locale.
    • État : émissions nationales et logement.
    • Union européenne : marché unique et concurrence entre pays.
    • Monde : climat et bien public mondial.
  • Si l’Europe fait payer le carbone sans que ses concurrents le paient, la production polluante risque de se déplacer hors d’Europe, ce qui peut déplacer les émissions et les emplois au lieu de réduire les émissions : ce phénomène constitue une fuite de carbone.

Compléments

  • L’énergie pèse davantage dans le budget des ménages modestes et ruraux, notamment parce que la voiture peut leur être indispensable et que leur logement peut être moins bien isolé.

📌 Le reversement des recettes d’une taxe carbone sous forme d’un chèque identique pour tous peut rendre l’ensemble de la politique progressif.

  • L’exposition à la chaleur est plus forte dans : les logements sous les toits, les logements mal isolés, les logements suroccupés, les quartiers touchés par les îlots de chaleur urbains et peu arborés, les emplois extérieurs dans le BTP ou l’agriculture, les personnes âgées ou isolées

  • Les moyens d’adaptation à la chaleur comprennent : la climatisation, la résidence secondaire, le départ en vacances, la capacité à rénover son logement, les marges de manœuvre pour adapter ses horaires

  • Les instruments cités selon l’échelle sont :

    • À l’échelle communale ou urbaine : arbres, règles d’urbanisme et circulation.
    • À l’échelle de l’État : taxes, normes et subventions.
    • À l’échelle européenne : marché du carbone et normes sur les produits.
    • À l’échelle mondiale : accords internationaux.

📌 Plus l’échelle de régulation est large, plus la coordination est difficile en raison du risque de passagers clandestins.

  • Le MACF vise notamment les importations de :
    • acier
    • ciment
    • aluminium
    • engrais

15. Les critiques de l’État

Notions clés & Définitions

  • Critique marxiste de l’État : Part d’une société de classes antagonistes et considère l’État comme un instrument au service de la classe dominante, qui le finance, garantissant le fonctionnement du capitalisme ainsi que la reproduction des rapports sociaux et des dotations en ressources inégalitaires.
  • Bureaucratie : Grande organisation hiérarchique dont la majorité des recettes provient de subventions indépendantes du niveau de production ou de vente, et où le salaire des employés est indépendant de leur efficacité.
  • Critique électoraliste : Associée à l’école du Choix Public, considère que les décisions de l’État sont prises par des élus politiques rationnels qui cherchent à maximiser la durée de leur pouvoir et à garantir leur réélection.

Points essentiels

  • Dans la critique marxiste, les transferts sociaux et la production de biens non marchands servent à renouveler la force de travail et à obtenir un armistice social au sein de la lutte des classes.

  • Selon la critique de la bureaucratie, les fonctionnaires peuvent réclamer des subventions toujours plus importantes afin d’augmenter leur budget et leur pouvoir, sans améliorer l’efficacité du service.

  • James Buchanan et Gordon Tullock ont publié The Calculus of consent en 1962. - James Buchanan & Gordon Tullock

  • Dans la critique électoraliste, la croissance, l’emploi et la justice sociale sont des objectifs intermédiaires des élus, tandis que leur objectif réel est la réélection, qui les incite à plaire à l’électeur médian.

Tableaux de synthèse

Effets de deux chocs négatifs

Choc le plus amplePrix d’équilibreQuantité
OffreAugmenteDiminue
DemandeDiminueDiminue

Surplus à l’échange

NotionÉcart individuelReprésentation
ConsommateurConsentement à payer moins prix payéAire entre demande et prix
ProducteurPrix reçu moins coûtAire entre prix et offre

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Chapitre 2 avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Lors d’une canicule, quelle combinaison d’effets économiques peut-on prévoir sur l’électricité, la production de certaines centrales et les récoltes ?

2. Quel bilan humain est associé à la canicule d’août 2003 en France ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Chapitre 2 avec 10 flashcards interactives.

Quelles conséquences économiques une canicule entraîne-t-elle sur l’électricité et l’agriculture ?

Elle accroît la demande d’électricité, réduit certaines productions électriques et augmente les prix agricoles.

Quel rapport de 2003 attribue environ 15 000 décès en excès à la canicule française ?

Le rapport Hémon et Jougla de l’Inserm.

Comment définir un marché ?

Un groupe d’acheteurs et de vendeurs d’un bien ou d’un service particulier.

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