QCM : Genèse de l’État-providence — 20 questions

Questions et réponses du QCM

1. Que désigne l’État-providence ?

Un système de prestations réservé aux salariés ayant cotisé
Une organisation de services financés par des assurances professionnelles
Un dispositif d’aide destiné aux ménages sous condition de ressources
L’ensemble des interventions publiques garantissant la sécurité économique et sociale

L’ensemble des interventions publiques garantissant la sécurité économique et sociale

Explication

L’État-providence regroupe les interventions publiques qui visent à garantir la sécurité économique et sociale de la population. L’aide sous condition de ressources correspond plus précisément à une modalité de l’assistance sociale.

2. Quelle distinction décrit correctement la protection sociale et la Sécurité sociale ?

La protection sociale englobe la Sécurité sociale, l’assurance chômage et l’aide sociale
La Sécurité sociale englobe la protection sociale, l’assurance chômage et l’aide sociale
La Sécurité sociale fournit des aides ciblées, tandis que la protection sociale finance les cotisations
La protection sociale concerne les salariés, tandis que la Sécurité sociale concerne les résidents

La protection sociale englobe la Sécurité sociale, l’assurance chômage et l’aide sociale

Explication

La protection sociale est une notion plus large qui comprend notamment la Sécurité sociale, l’assurance chômage et l’aide sociale. La Sécurité sociale ne recouvre donc pas l’ensemble des mécanismes de protection sociale.

3. Pourquoi la vieillesse peut-elle être considérée comme un risque social ?

Parce qu’elle constitue un événement imprévisible affectant chaque ménage
Parce qu’elle correspond à une aide accordée sous condition de ressources
Parce qu’elle peut réduire le revenu du ménage ou accroître ses dépenses
Parce qu’elle entraîne une obligation de cotiser à une caisse professionnelle

Parce qu’elle peut réduire le revenu du ménage ou accroître ses dépenses

Explication

Un risque social est défini par ses conséquences économiques, notamment une baisse de revenu ou une hausse des dépenses. La vieillesse illustre qu’un risque social peut être prévisible, contrairement à l’idée qu’il serait nécessairement aléatoire.

4. Quelle évolution Otto von Bismarck met-il en place en Allemagne entre 1883 et 1889 ?

Des caisses professionnelles réservées aux familles nombreuses
Un service national financé par l’impôt pour tous les résidents
Des assurances sociales obligatoires couvrant plusieurs risques sociaux
Des aides sociales ciblées sur les personnes privées de ressources

Des assurances sociales obligatoires couvrant plusieurs risques sociaux

Explication

Entre 1883 et 1889, Bismarck instaure des assurances sociales obligatoires couvrant notamment la maladie, les accidents du travail, la vieillesse et l’invalidité. Un service national universel financé par l’impôt renvoie davantage à l’inspiration beveridgienne.

5. Sur quel principe repose principalement le modèle bismarckien ?

Une assistance publique accordée selon les ressources du demandeur
Une protection uniforme financée par l’impôt et ouverte à tous les résidents
Une prestation forfaitaire attribuée indépendamment de l’activité professionnelle
Une assurance obligatoire liée au travail et financée par des cotisations

Une assurance obligatoire liée au travail et financée par des cotisations

Explication

Le modèle bismarckien lie la protection au travail et repose sur des cotisations salariales et patronales, avec des prestations souvent proportionnelles au revenu antérieur. La couverture de tous les résidents par des prestations uniformes caractérise plutôt le modèle beveridgien.

6. Quelle association entre mécanisme de protection et condition d’accès est correcte ?

L’assurance dépend des ressources, tandis que l’assistance dépend des cotisations versées
L’assurance dépend de la résidence, tandis que l’assistance dépend du salaire antérieur
L’assurance dépend de la citoyenneté, tandis que l’assistance dépend de l’emploi occupé
L’assurance dépend des cotisations, tandis que l’assistance dépend généralement des ressources

L’assurance dépend des cotisations, tandis que l’assistance dépend généralement des ressources

Explication

L’assurance sociale ouvre des droits en contrepartie de cotisations, alors que l’assistance est généralement accordée sans contribution préalable et sous condition de ressources. La protection universelle se rattache plutôt à la résidence ou à la citoyenneté.

7. Quel document William Beveridge publie-t-il en novembre 1942 ?

Le rapport Social Insurance and Allied Services
Le rapport Social Security and Economic Stability
Le programme National Health and Employment Services
Le traité Insurance, Labour and Welfare Reform

Le rapport Social Insurance and Allied Services

Explication

William Beveridge publie en novembre 1942 le rapport intitulé Social Insurance and Allied Services. Ce rapport propose de combattre notamment la misère, la maladie, l’ignorance, l’insalubrité et le chômage.

8. Quelle population le modèle beveridgien cherche-t-il principalement à protéger ?

Les cotisants dont les prestations suivent le salaire antérieur
Les travailleurs salariés affiliés à une caisse professionnelle
L’ensemble des résidents comme membres de la communauté nationale
Les ménages disposant de revenus inférieurs à un seuil donné

L’ensemble des résidents comme membres de la communauté nationale

Explication

Le modèle beveridgien protège la personne en tant que membre de la communauté nationale et vise l’ensemble des résidents. La protection principalement liée au statut professionnel et aux cotisations correspond au modèle bismarckien.

9. Que signifient les trois « U » qui résument le modèle beveridgien ?

Unicité de la couverture, universalité des caisses et uniformité des financements
Universalité des cotisations, unité des caisses et uniformité des emplois protégés
Uniformité de la population, unicité des prestations et universalité des cotisations
Universalité de la couverture, uniformité des prestations et unicité de la coordination publique

Universalité de la couverture, uniformité des prestations et unicité de la coordination publique

Explication

Les trois « U » désignent l’universalité de la couverture, l’uniformité des prestations de base et l’unicité de la coordination publique. L’universalité concerne donc la population couverte, tandis que l’uniformité concerne le niveau comparable des prestations.

10. Quelle opposition caractérise le mieux les modèles bismarckien et beveridgien ?

Le premier privilégie les cotisations professionnelles, le second l’impôt et des prestations de base
Le premier coordonne des services universels, le second organise des caisses professionnelles
Le premier privilégie l’impôt général, le second les cotisations liées au salaire antérieur
Le premier verse des montants uniformes, le second proportionne les prestations au revenu antérieur

Le premier privilégie les cotisations professionnelles, le second l’impôt et des prestations de base

Explication

Le modèle bismarckien privilégie les cotisations salariales, les caisses professionnelles et des prestations liées au revenu antérieur. Le modèle beveridgien met davantage l’accent sur les cotisations forfaitaires, l’impôt, les prestations de base et la coordination publique.

11. Comment les prestations sociales soutiennent-elles la demande lorsque l’activité économique ralentit ?

Elles remplacent les salaires par une hausse générale des prix.
Elles augmentent la demande après une nouvelle décision publique ciblée.
Elles limitent spontanément la baisse de la demande lorsque les revenus diminuent.
Elles financent principalement les investissements des entreprises exportatrices.

Elles limitent spontanément la baisse de la demande lorsque les revenus diminuent.

Explication

Les prestations sociales fonctionnent comme des stabilisateurs automatiques : elles soutiennent les revenus et donc la consommation lorsque l’activité ralentit. Une mesure discrétionnaire, contrairement à ce mécanisme, nécessite une nouvelle décision publique.

12. Quelle orientation des politiques économiques les analyses de John Maynard Keynes légitiment-elles après la crise de 1929 ?

Une gestion directe de la production par les administrations centrales.
Une réduction des dépenses publiques afin de restaurer rapidement l’équilibre budgétaire.
Une intervention publique pour soutenir l’investissement, la demande et l’emploi.
Une priorité donnée à la stabilité monétaire au détriment de la demande.

Une intervention publique pour soutenir l’investissement, la demande et l’emploi.

Explication

Keynes légitime une intervention publique destinée à soutenir simultanément l’investissement, la demande et l’emploi après la crise de 1929. La réduction des dépenses publiques ne correspond pas à cette orientation de soutien de l’activité.

13. Quel dispositif britannique fournit à partir de 1948 un accès universel aux soins principalement financé par l’impôt ?

Le National Health Service.
Le National Insurance Act.
Le Social Security Act.
Le National Assistance Act.

Le National Health Service.

Explication

Le National Health Service devient opérationnel en 1948 et garantit un accès universel aux soins, principalement financé par l’impôt. Le National Insurance Act relève plutôt de l’assurance sociale contributive.

14. Quelle conception de l’action publique correspond à l’ordolibéralisme ?

Un marché libre qui se régule sans règles publiques ni surveillance des monopoles.
Un système contributif qui réserve la protection sociale aux salariés assurés.
Un État producteur qui planifie les quantités et administre les entreprises stratégiques.
Un État fort qui fixe les règles de concurrence sans diriger directement la production.

Un État fort qui fixe les règles de concurrence sans diriger directement la production.

Explication

L’ordolibéralisme défend un État garant de règles stables, de la concurrence et de la stabilité monétaire, sans direction directe de la production. La planification des quantités et des entreprises relève d’une intervention beaucoup plus directe.

15. Que prévoit le programme du Conseil national de la Résistance adopté le 15 mars 1944 en matière de protection sociale ?

Un plan complet de Sécurité sociale garantissant des moyens d’existence aux personnes privées de travail.
Une assurance chômage autonome gérée paritairement avec la création de l’Unédic.
Un accès universel aux soins financé principalement par l’impôt national.
Un régime général coordonnant les assurances existantes par des ordonnances.

Un plan complet de Sécurité sociale garantissant des moyens d’existence aux personnes privées de travail.

Explication

Le programme du Conseil national de la Résistance prévoit un plan complet de Sécurité sociale destiné à garantir des moyens d’existence à ceux qui ne peuvent les obtenir par leur travail. L’assurance chômage autonome et le régime général français sont mis en place plus tard.

16. Quelle fonction les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 remplissent-elles dans la construction de la protection sociale française ?

Elles annoncent un programme général de protection sociale pour l’après-guerre.
Elles créent un service national de santé financé principalement par l’impôt.
Elles organisent la Sécurité sociale autour d’un régime général coordonnant les assurances existantes.
Elles instaurent une assurance chômage distincte gérée paritairement par l’Unédic.

Elles organisent la Sécurité sociale autour d’un régime général coordonnant les assurances existantes.

Explication

Les ordonnances d’octobre 1945 structurent la Sécurité sociale française autour d’un régime général qui coordonne les assurances déjà existantes. L’assurance chômage gérée par l’Unédic apparaît lors de la convention interprofessionnelle de 1958.

17. Pourquoi le système français de protection sociale est-il qualifié d’hybride ?

Parce qu’il confie les assurances sociales aux entreprises tout en supprimant les caisses professionnelles.
Parce qu’il organise la protection autour d’un service national de santé sans cotisations.
Parce qu’il combine une assistance financée par l’impôt avec une couverture réservée aux fonctionnaires.
Parce qu’il associe une logique professionnelle de cotisations à une ambition de protection de toute la population.

Parce qu’il associe une logique professionnelle de cotisations à une ambition de protection de toute la population.

Explication

Le système français est hybride parce qu’il conserve une forte place du travail, des cotisations et des caisses, tout en visant progressivement la protection de l’ensemble de la population. Il ne repose donc pas sur un service national de santé financé sans cotisations.

18. Comment la Sécurité sociale française finance-t-elle principalement la couverture de la maladie, de la vieillesse et des charges familiales ?

Par des cotisations prélevées principalement sur les revenus professionnels.
Par des contributions volontaires versées directement par les bénéficiaires.
Par un financement fiscal principalement consacré aux soins universels.
Par des transferts publics réservés aux personnes sans activité professionnelle.

Par des cotisations prélevées principalement sur les revenus professionnels.

Explication

La Sécurité sociale française couvre plusieurs risques sociaux grâce principalement à des cotisations prélevées sur les revenus professionnels. Un financement fiscal principalement consacré aux soins universels correspond davantage au modèle du National Health Service britannique.

19. Quelle double transformation Pierre Rosanvallon associe-t-il à l’après-guerre dans le domaine de la protection sociale ?

L’État administre les caisses, tandis que les entreprises financent un droit individuel à la retraite
L’État transfère la régulation économique aux communes, tandis que les familles organisent l’assurance maladie
L’État réduit son intervention économique, tandis que la solidarité professionnelle limite la protection aux salariés
L’État régule l’économie et le plein emploi, tandis que la solidarité fonde un droit à la sécurité sociale

L’État régule l’économie et le plein emploi, tandis que la solidarité fonde un droit à la sécurité sociale

Explication

Pierre Rosanvallon décrit une double révolution : l’intervention de l’État dans la régulation économique et le plein emploi, ainsi que la reconnaissance d’un droit à la sécurité économique et sociale fondé sur la solidarité nationale. L’idée d’un retrait de l’État et d’une protection limitée aux salariés ne correspond pas à cette analyse.

20. Quel acteur a conçu l’architecture administrative du système français de Sécurité sociale avant d’en devenir le premier directeur général ?

Alexandre Parodi
Pierre Laroque
Ambroise Croizat
Pierre Rosanvallon

Pierre Laroque

Explication

Pierre Laroque a conçu l’organisation administrative du système français de Sécurité sociale et en a été le premier directeur général. Alexandre Parodi est associé à la signature des ordonnances de 1945, tandis qu’Ambroise Croizat a conduit leur mise en œuvre concrète.

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Qu'est-ce que désigne l'État-providence ?

L'ensemble des interventions publiques garantissant la sécurité économique et sociale.

Que regroupe la protection sociale ?

Les mécanismes collectifs protégeant contre les risques sociaux.

Quels sont des exemples de risques sociaux ?

Maladie, maternité, invalidité, accident du travail, vieillesse, chômage, charges familiales.

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