QCM : Grands courants de la pensée économique — 25 questions

Questions et réponses du QCM

1. Que montre l’histoire de la pensée économique sur la formation des nouvelles théories ?

Elles apparaissent dans un contexte intellectuel dépourvu de références précédentes
Elles résultent principalement de décisions politiques sans débat théorique préalable
Elles s’inscrivent dans une tradition ancienne ou réagissent à un courant antérieur
Elles développent des concepts indépendants des transformations sociales et historiques

Elles s’inscrivent dans une tradition ancienne ou réagissent à un courant antérieur

Explication

Les nouvelles théories économiques se construisent en continuité avec une tradition ou en opposition à une pensée antérieure. L’idée d’une apparition sans références précédentes ne correspond pas à la dynamique historique de la pensée économique.

2. Quelle relation peut exister entre une pensée dominante et les pensées hétérodoxes à une même époque ?

La pensée dominante regroupe toutes les approches qui critiquent les théories établies
Les pensées hétérodoxes remplacent nécessairement la pensée dominante dès leur apparition
Les deux catégories désignent des courants identiques exprimant les mêmes positions
Les pensées hétérodoxes peuvent contester ou prolonger la pensée dominante

Les pensées hétérodoxes peuvent contester ou prolonger la pensée dominante

Explication

Une pensée dominante peut coexister avec des pensées hétérodoxes qui la contestent ou la prolongent. Les pensées hétérodoxes ne se confondent donc pas avec la pensée dominante et ne la remplacent pas automatiquement.

3. Comment le mercantilisme définit-il principalement la richesse ?

Par l’équilibre entre les revenus et les dépenses publiques
Par l’accumulation de métaux précieux
Par la quantité de terres cultivées dans le royaume
Par l’extension des libertés commerciales privées

Par l’accumulation de métaux précieux

Explication

Le mercantilisme associe la richesse à l’accumulation de métaux précieux. La superficie agricole, les libertés commerciales et l’équilibre budgétaire ne constituent pas sa définition centrale de la richesse.

4. Quelle transformation intellectuelle les mercantilistes favorisent-ils ?

Ils réintègrent l’analyse de la richesse dans la réflexion théologique
Ils subordonnent l’analyse de la richesse aux règles propres au droit privé
Ils limitent l’étude économique aux échanges entre marchands étrangers
Ils font de la richesse un objet d’étude distinct des considérations religieuses

Ils font de la richesse un objet d’étude distinct des considérations religieuses

Explication

Les mercantilistes contribuent à autonomiser l’économie politique en étudiant la richesse comme un objet à part entière, distinct des autres disciplines et des considérations religieuses. Ils ne réduisent pas cette étude au commerce extérieur ni au droit privé.

5. Quelle condition traduit la recommandation mercantiliste d’un excédent commercial ?

M−X>0M-X>0, ce qui signifie que M>XM>X
X−M>0X-M>0, ce qui signifie que X>MX>M
X−M=0X-M=0, ce qui signifie que X=MX=M
X−M<0X-M<0, ce qui signifie que X<MX<M

$$X-M>0$$, ce qui signifie que $$X>M$$

Explication

Un excédent commercial signifie que les exportations XX dépassent les importations MM, donc X−M>0X-M>0. Les autres expressions décrivent un déficit ou un équilibre commercial.

6. Comment les droits de douane sur les produits manufacturés importés contribuent-ils à la stratégie mercantiliste ?

Ils protègent la production nationale et favorisent l’excédent commercial
Ils remplacent les exportations par des aides accordées aux consommateurs étrangers
Ils facilitent la concurrence étrangère en supprimant les entraves au commerce
Ils stimulent les importations et réduisent la production des manufactures nationales

Ils protègent la production nationale et favorisent l’excédent commercial

Explication

Les droits de douane renchérissent les produits manufacturés importés, ce qui protège la production nationale et peut favoriser l’excédent commercial. La stimulation des exportations relève plutôt des aides à l’exportation, tandis que la suppression des entraves correspond au libre-échange.

7. Quel enchaînement décrit l’effet de l’afflux de métaux précieux dans le bullionisme espagnol et portugais ?

La baisse des prix accroît les exportations, réduit les importations et consolide durablement l’excédent
La hausse des prix réduit les exportations, accroît les importations et transforme l’excédent en déficit
La stabilité des prix maintient les échanges équilibrés et concentre l’or dans les royaumes ibériques
La hausse des prix réduit les importations, stimule les exportations et retient les métaux précieux

La hausse des prix réduit les exportations, accroît les importations et transforme l’excédent en déficit

Explication

L’afflux de métaux précieux augmente les prix, ce qui réduit les exportations et accroît les importations jusqu’à transformer l’excédent en déficit, puis l’or se diffuse vers d’autres pays européens. L’idée d’un renforcement durable de l’excédent ignore l’effet inflationniste décrit par le bullionisme.

8. Quelle relation Jean Bodin établit-il en 1568 entre les métaux précieux et l’inflation ?

La baisse des droits de douane explique l’inflation par l’accroissement des importations
L’augmentation des métaux précieux en circulation peut expliquer l’inflation
La hausse de la production manufacturière constitue la cause monétaire de l’inflation
La diminution des métaux précieux en circulation provoque directement l’inflation

L’augmentation des métaux précieux en circulation peut expliquer l’inflation

Explication

Jean Bodin formule en 1568 une première théorie quantitative de la monnaie reliant l’inflation à l’augmentation de la quantité de métaux précieux en circulation. Les autres réponses attribuent l’inflation à des mécanismes qui ne correspondent pas à cette formulation monétaire.

9. Quelle conception de la richesse caractérise la physiocratie ?

Elle repose sur les biens manufacturés et place l’industrie au centre de la production.
Elle repose sur les fruits de la terre et place l’agriculture au centre de la production.
Elle repose sur les échanges extérieurs et place la finance au centre de la richesse.
Elle repose sur l’accumulation monétaire et place le commerce au centre de l’économie.

Elle repose sur les fruits de la terre et place l’agriculture au centre de la production.

Explication

Les physiocrates définissent la richesse par les fruits de la terre et considèrent l’agriculture comme productive. Le commerce et l’industrie sont au contraire jugés improductifs dans cette conception.

10. Comment les physiocrates définissent-ils le produit net ?

Comme la somme des dépenses consacrées à l’achat des terres et des instruments.
Comme la totalité de la production agricole avant déduction des dépenses engagées.
Comme le surplus de richesse obtenu après déduction des avances nécessaires à la production agricole.
Comme la valeur des échanges commerciaux réalisés après la récolte agricole.

Comme le surplus de richesse obtenu après déduction des avances nécessaires à la production agricole.

Explication

Le produit net correspond à la valeur de la production d’une terre diminuée des avances nécessaires à cette production. Les avances désignent donc les dépenses engagées, et non le surplus lui-même.

11. Quel rôle le Tableau économique de Quesnay joue-t-il dans l’analyse physiocratique ?

Il explique la spécialisation internationale à partir des différences de productivité nationale.
Il mesure la rentabilité des entreprises industrielles selon leurs coûts de fabrication.
Il décrit la formation des prix individuels à partir de l’utilité marginale des consommateurs.
Il formalise le fonctionnement macroéconomique par un circuit reliant production, revenus et consommation.

Il formalise le fonctionnement macroéconomique par un circuit reliant production, revenus et consommation.

Explication

Le Tableau économique relie la production et la consommation grâce à un circuit de revenus, ce qui en fait une représentation macroéconomique. L’utilité marginale et la spécialisation internationale appartiennent à d’autres cadres théoriques.

12. Dans quel enchaînement le circuit physiocratique décrit-il les relations entre dépenses, production et revenus ?

Les revenus précèdent la production, la production réduit les dépenses, puis les dépenses détruisent les revenus.
Les dépenses distribuent les revenus, les revenus arrêtent la production, puis la production limite la consommation.
Les dépenses stimulent la production, la production crée des revenus, puis les revenus financent les dépenses.
La production précède les dépenses, les dépenses suppriment les revenus, puis les revenus réduisent la production.

Les dépenses stimulent la production, la production crée des revenus, puis les revenus financent les dépenses.

Explication

Le circuit physiocratique est circulaire : les dépenses donnent vie à la production, celle-ci crée des revenus, et ces revenus permettent de nouvelles dépenses. Les autres enchaînements inversent ou rompent cette relation.

13. Sur quels fondements l’économie de marché repose-t-elle selon l’école classique ?

Sur le contrôle monétaire et la réglementation des échanges, dans une économie dirigée par l’État.
Sur la propriété foncière et la production agricole, dans une économie organisée par les corporations.
Sur la propriété privée et la liberté individuelle, dans une économie composée de biens et de services.
Sur la propriété collective et la planification publique, dans une économie centrée sur les besoins sociaux.

Sur la propriété privée et la liberté individuelle, dans une économie composée de biens et de services.

Explication

Pour les classiques, la richesse comprend l’ensemble des biens et services, tandis que le marché repose sur la propriété privée et la liberté individuelle. Les autres réponses décrivent des organisations économiques qui ne correspondent pas à ces principes.

14. Quelle caractéristique distingue l’école classique de l’approche marginaliste ?

Les classiques privilégient une analyse macroéconomique, tandis que les marginalistes annoncent l’approche néoclassique.
Les classiques privilégient une analyse individuelle, tandis que les marginalistes développent une approche principalement historique.
Les classiques fondent leur analyse sur l’utilité marginale, tandis que les marginalistes étudient les institutions collectives.
Les classiques défendent la planification économique, tandis que les marginalistes analysent la propriété publique.

Les classiques privilégient une analyse macroéconomique, tandis que les marginalistes annoncent l’approche néoclassique.

Explication

L’école classique est associée à une approche macroéconomique, alors que les marginalistes annoncent l’approche néoclassique. L’utilité marginale appartient précisément au courant marginaliste, et non aux classiques.

15. Comment Adam Smith relie-t-il la poursuite de l’intérêt personnel à l’intérêt collectif dans La Richesse des nations ?

La main invisible transforme nécessairement les décisions publiques en décisions favorables aux producteurs.
La main invisible remplace les échanges marchands par une coordination assurée par l’État.
La main invisible garantit que chaque individu choisit une activité identique à celle des autres.
La main invisible peut transformer la recherche de l’intérêt personnel en contribution à l’intérêt collectif.

La main invisible peut transformer la recherche de l’intérêt personnel en contribution à l’intérêt collectif.

Explication

Smith présente la main invisible comme un mécanisme par lequel la poursuite de l’intérêt personnel peut contribuer à l’intérêt collectif. Cette idée ne signifie ni que l’État remplace le marché ni que les individus exercent la même activité.

16. Par quel mécanisme la division technique du travail augmente-t-elle la productivité ?

Elle remplace les travailleurs spécialisés par des machines et diminue les besoins de formation.
Elle répartit la production en tâches, accroît l’habileté des travailleurs et améliore leur apprentissage.
Elle attribue à chaque individu une profession différente et réduit la répétition des gestes productifs.
Elle spécialise chaque nation selon ses coûts relatifs et augmente les échanges entre les pays.

Elle répartit la production en tâches, accroît l’habileté des travailleurs et améliore leur apprentissage.

Explication

La division technique décompose la production en tâches, ce qui favorise l’habileté et l’apprentissage avant d’accroître la productivité. La spécialisation des individus dans des activités différentes relève plutôt de la division sociale du travail.

17. Que signifie l’avantage absolu dans l’analyse de Smith ?

Une nation se spécialise dans la production dont le coût relatif est le plus faible parmi ses activités.
Une nation produit les biens dont la demande intérieure dépasse celle des autres nations.
Une nation se spécialise dans la production où elle est plus efficace que les autres nations.
Une nation échange les biens dont la valeur d’usage est supérieure à leur valeur d’échange.

Une nation se spécialise dans la production où elle est plus efficace que les autres nations.

Explication

L’avantage absolu compare l’efficacité d’une nation avec celle des autres et justifie sa spécialisation dans les productions où elle est la plus efficace. La comparaison des coûts relatifs correspond à l’avantage comparatif.

18. Quelle distinction Smith établit-il entre valeur d’usage et valeur d’échange ?

La valeur d’usage exprime la productivité du travail, tandis que la valeur d’échange exprime la quantité de monnaie détenue.
La valeur d’usage exprime le coût de production d’un bien, tandis que la valeur d’échange exprime sa quantité disponible.
La valeur d’usage exprime l’utilité d’un bien, tandis que la valeur d’échange exprime sa valeur relative face aux autres biens.
La valeur d’usage exprime le prix monétaire d’un bien, tandis que la valeur d’échange exprime son utilité pour le consommateur.

La valeur d’usage exprime l’utilité d’un bien, tandis que la valeur d’échange exprime sa valeur relative face aux autres biens.

Explication

La valeur d’usage renvoie à l’utilité procurée par un bien, alors que la valeur d’échange renvoie à sa valeur relative dans l’échange avec d’autres biens. Le prix, le coût de production et la quantité de monnaie ne définissent pas directement cette distinction.

19. Dans les Principes de l’économie politique et de l’impôt publiés en 1817, comment Ricardo définit-il la valeur travail d’un bien ?

Par le travail direct et indirect incorporé à sa fabrication
Par l’utilité que le bien procure à son consommateur
Par le revenu monétaire versé lors de sa production
Par la quantité de travail que le bien permet d’obtenir

Par le travail direct et indirect incorporé à sa fabrication

Explication

Ricardo inclut dans la valeur travail le travail direct ainsi que le travail indirect nécessaire à la fabrication du capital fixe. Le travail commandé désigne plutôt la quantité de travail qu’un bien permet d’obtenir.

20. Que désigne l’état stationnaire dans l’analyse de Ricardo ?

Un plafond durable de production atteint à long terme
Une baisse temporaire de la production agricole
Une hausse continue de la production nationale
Un équilibre entre les exportations et les importations

Un plafond durable de production atteint à long terme

Explication

L’état stationnaire correspond à un niveau maximal de production que l’économie ne peut pas dépasser durablement. Il ne s’agit donc pas d’une phase de croissance, qui implique une augmentation de la production.

21. Que signifie la loi des rendements décroissants lorsqu’un facteur augmente tandis que les autres restent constants ?

La productivité marginale de ce facteur diminue
Le coût total de production devient nécessairement nul
La productivité moyenne de tous les facteurs augmente
La production globale diminue dès la première unité ajoutée

La productivité marginale de ce facteur diminue

Explication

Les rendements décroissants signifient que chaque unité supplémentaire du facteur apporte une productivité marginale plus faible, les autres facteurs étant constants. Cette loi ne signifie pas que la production totale diminue dès le premier ajout de facteur.

22. Quel enchaînement explique chez Ricardo la tendance de la croissance vers l’état stationnaire ?

La culture de terres moins fertiles augmente les coûts, réduit les profits et ralentit l’investissement
La mécanisation réduit les coûts, accroît les profits et accélère durablement l’investissement
La baisse des salaires stimule les profits et rend les terres fertiles plus abondantes
La hausse des profits diminue les rentes et favorise l’abandon des terres moins productives

La culture de terres moins fertiles augmente les coûts, réduit les profits et ralentit l’investissement

Explication

L’extension de la culture à des terres moins fertiles augmente les coûts et les salaires, accroît les rentes différentielles, puis réduit les profits et l’investissement. La mécanisation et l’accélération de l’investissement décrivent donc une chaîne opposée à celle retenue ici.

23. Comment Jean-Baptiste Say définit-il la valeur d’un bien dans son Traité d’économie politique publié en 1803 ?

Par la quantité de monnaie détenue par le producteur
Par l’utilité, c’est-à-dire la satisfaction procurée au consommateur
Par le travail direct et indirect incorporé dans le bien
Par la durée nécessaire à l’échange du bien sur le marché

Par l’utilité, c’est-à-dire la satisfaction procurée au consommateur

Explication

Pour Say, la valeur dépend de l’utilité du bien, entendue comme le degré de satisfaction qu’il procure au consommateur. La référence au travail incorporé correspond à l’analyse de Ricardo, non à celle de Say.

24. Quelle proposition exprime la loi des débouchés de Say ?

Toute épargne réduit le revenu disponible et provoque une baisse automatique de la production
Toute hausse des prix empêche les producteurs de trouver des acheteurs pour leurs biens
Toute intervention monétaire transforme directement l’offre existante en demande nouvelle
Toute production crée un revenu équivalent utilisé en consommation ou en investissement

Toute production crée un revenu équivalent utilisé en consommation ou en investissement

Explication

La loi de Say affirme que la production distribue un revenu équivalent, lequel soutient la consommation ou l’investissement et crée ainsi les débouchés. L’épargne n’est pas présentée comme une disparition du revenu, puisqu’elle peut financer l’investissement.

25. Dans la formulation du circuit de Say, quelle relation relie le revenu, la consommation, l’épargne et l’investissement ?

Y=R=C−S=C−IY=R=C-S=C-I, ce qui implique O>DO>D
Y=R=C+S=C+IY=R=C+S=C+I, ce qui implique O=DO=D
Y=R=C×S=C×IY=R=C\times S=C\times I, ce qui implique O=DO=D
Y=R=S−IY=R=S-I, ce qui implique O<DO<D

$$Y=R=C+S=C+I$$, ce qui implique $$O=D$$

Explication

Le circuit présenté par Say pose Y=R=C+S=C+IY=R=C+S=C+I et en déduit l’égalité entre l’offre et la demande, soit O=DO=D. La monnaie facilite les échanges, mais ce sont la production et le revenu créé qui assurent les débouchés.

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Que montre l'histoire de la pensée économique sur les nouvelles théories ?

Elles s'inscrivent dans une tradition ancienne ou réagissent contre un courant antérieur.

Qu'observe-t-on à toute époque dans la pensée économique ?

Une pensée dominante coexiste avec des pensées hétérodoxes émergentes.

Qu'est-ce que le mercantilisme selon sa définition historique ?

Un ensemble hétérogène d'auteurs du XVIe au XVIIIe siècle définissant la richesse par l'accumulation de métaux précieux.

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