Fiche de révision : Keynésianisme et retour du libéralisme

Plan du Cours

  1. Les révolutions industrielles
  2. La crise de 1929 et le New Deal
  3. Croissance d’après-guerre et tournant libéral
  4. Smith, Say et l’autorégulation des marchés
  5. Les théories de David Ricardo
  6. L’équilibre et l’efficacité néoclassiques
  7. La pensée keynésienne
  8. Relance et État-providence
  9. Limites du keynésianisme
  10. Hayek et Friedman
  11. Politiques libérales anglo-saxonnes

Repères chronologiques

  1. 1979 à 1990Margaret Thatcher a dirigé le Royaume-Uni et y a appliqué le thatchérisme, une politique économique radicalement libérale.
  2. 1981 à 1989Ronald Reagan a appliqué le Reaganomics aux États-Unis.
  3. 1986Le Big Bang a libéralisé les marchés financiers britanniques et contribué à faire de Londres un grand centre financier mondial.

1. Les révolutions industrielles

★ À maîtriser

  • Les révolutions industrielles commencent en Angleterre à la fin du XVIIIe siècle, puis s’étendent à l’Europe et à l’Amérique du Nord.

  • Les révolutions industrielles reposent sur la mécanisation de la production, la centralisation dans des usines, le développement des transports et l’urbanisation liée à l’exode rural.

Compléments

  • La croissance des révolutions industrielles s’accompagne de l’apparition du prolétariat et de conditions de travail difficiles.

2. La crise de 1929 et le New Deal

★ À maîtriser

  • La crise de 1929, ou Grande Dépression, est déclenchée par le krach boursier de Wall Street et se propage aux économies industrialisées.

  • La Grande Dépression provoque une chute brutale de la production et de l’emploi, une déflation qui réduit consommation et investissement, ainsi qu’un effondrement du commerce international lié aux politiques protectionnistes.

  • Aux États-Unis, Franklin D. Roosevelt met en place le New Deal dans les années 1930 pour relancer l’économie.

Compléments

  • Les politiques de relance des années 1930 mobilisent les dépenses publiques, les travaux publics et les aides sociales, régulent les marchés financiers et soutiennent la demande globale.

Astuce mémo

Krach boursier → déflation, recul de la production et du commerce

3. Croissance d’après-guerre et tournant libéral

★ À maîtriser

  • Les Trente Glorieuses, de 1945 à 1975, sont marquées par une croissance exceptionnelle, le plein emploi et l’amélioration du niveau de vie dans les pays industrialisés.

  • Le choc pétrolier de 1973, provoqué par l’embargo de l’OPEP, entraîne une hausse brutale des prix de l’énergie et une stagflation.

  • Dans les années 1980, le tournant néolibéral associé à Ronald Reagan aux États-Unis et Margaret Thatcher au Royaume-Uni favorise la dérégulation, les privatisations, la rigueur budgétaire, la baisse des dépenses publiques et la libéralisation financière.

Compléments

  • La prospérité des Trente Glorieuses est soutenue par la reconstruction d’après-guerre, les innovations technologiques, l’essor de l’État-providence et la mondialisation des échanges favorisée par des accords comme le GATT.

  • Au début des années 1970, la saturation des gains de productivité et la montée du chômage mettent fin au plein emploi et révèlent les limites du modèle fordiste.

  • Les politiques libérales des années 1980 mettent aussi l’accent sur l’innovation et la compétitivité pour stimuler la croissance et l’emploi.

Astuce mémo

Trente Glorieuses : plein emploi ; années 1970 : stagflation et chômage

4. Smith, Say et l’autorégulation des marchés

Notions clés & Définitions

  • Main invisible : La main invisible désigne, chez Adam Smith, le mécanisme par lequel des individus poursuivant leur intérêt propre dans un cadre de concurrence parfaite contribuent sans le vouloir au bien-être collectif.

★ À maîtriser

  • Adam Smith (1723-1790), considéré comme le père de l’économie moderne, pose les bases du libéralisme économique dans La Richesse des nations (1776).

  • Pour Adam Smith, la division et la spécialisation des tâches dans une manufacture augmentent la productivité, comme l’illustre la fabrication des épingles.

  • Jean-Baptiste Say (1767-1832) formule la loi des débouchés, selon laquelle l’offre crée sa propre demande parce que la production distribue aux producteurs des revenus leur permettant d’acheter des biens et services.

Compléments

  • Selon Smith, l’offre et la demande ajustent les prix et allouent les ressources sans intervention économique de l’État.

  • Smith réserve à l’État la défense nationale, l’administration de la justice et la fourniture de biens publics comme les infrastructures, tout en rejetant son intervention dans les activités économiques.

  • Selon Say, les crises de surproduction ne peuvent être que sectorielles et temporaires, car la baisse des prix incite les producteurs à réduire leur offre ou à se reconvertir et les marchés s’équilibrent par la flexibilité des prix.

  • Say présente l’entrepreneur comme celui qui combine travail, capital et terre, prend des risques et innove pour créer de la valeur et stimuler la croissance.

5. Les théories de David Ricardo

Notions clés & Définitions

  • Rendements décroissants : Les rendements décroissants désignent, chez Ricardo, la diminution du supplément de production obtenu lorsqu’on ajoute successivement du travail ou du capital à une terre de qualité fixe.
  • Rente différentielle : La rente différentielle est, chez Ricardo, la rente foncière déterminée par la différence de produit entre les terres les plus fertiles et les terres marginales les moins productives.
  • Avantage comparatif : Ricardo - Un avantage comparatif permet à un pays de tirer profit du commerce international en se spécialisant dans les biens pour lesquels son désavantage relatif est le moins marqué, même s’il est moins efficace dans la production de tous les biens.

Points essentiels

  • David Ricardo (1772-1823) expose ses idées dans Principes de l’économie politique et de l’impôt (1817).

  • Ricardo affirme que la valeur d’un bien dépend du travail nécessaire à sa production, idée qui influencera les théories marxistes.

6. L’équilibre et l’efficacité néoclassiques

Notions clés & Définitions

  • Équilibre général : L’équilibre général est, chez Léon Walras, une situation où un ensemble de prix rend simultanément égales l’offre et la demande sur tous les marchés interdépendants.
  • Optimum de Pareto : Un optimum de Pareto est une situation où il est impossible d’améliorer le bien-être d’un individu sans détériorer celui d’un autre.

★ À maîtriser

  • L’école néoclassique émerge à la fin du XIXe siècle en introduisant les modèles mathématiques et l’analyse marginale, qui étudie les variations infiniment petites.

Compléments

  • Chez Walras, l’équilibre général est atteint par tâtonnement, les prix s’ajustant jusqu’à l’équilibre de tous les marchés.

  • Walras fonde la valeur économique d’un bien sur son utilité et sa rareté.

  • La loi de Pareto, ou principe 80-20, décrit une répartition des richesses où une petite partie de la population détient une grande partie des richesses.

  • L’école néoclassique formalise notamment l’utilité marginale, la productivité marginale, l’équilibre partiel, l’économétrie et la modélisation économique.

7. La pensée keynésienne

Notions clés & Définitions

  • Demande effective : Keynes - Le niveau de demande globale, composé de la consommation et de l’investissement, qui détermine la production et l’emploi.
  • Préférence pour la liquidité : Keynes - Le choix de détenir de la monnaie plutôt que d’investir, notamment en période d’incertitude lorsque les entrepreneurs anticipent l’avenir.

★ À maîtriser

📌 Keynes conteste la loi de Say, selon laquelle « l’offre crée sa propre demande », car un déséquilibre durable entre l’offre et la demande peut exister, notamment en période de sous-emploi.

  • Lorsque la demande effective est insuffisante, les entreprises réduisent leur production et licencient, ce qui aggrave le chômage.

Compléments

  • John Maynard Keynes (1883-1946), économiste britannique, a publié Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie en 1936 en réponse à la Grande Dépression.

  • La demande effective dépend du revenu national et des anticipations des agents économiques. - Keynes

  • Pour Keynes, une baisse des salaires en période de chômage réduit le pouvoir d’achat des travailleurs, diminue la demande globale et peut aggraver la crise au lieu de rétablir l’équilibre.

Astuce mémo

Demande insuffisante → baisse de la production et hausse du chômage.

8. Relance et État-providence

Notions clés & Définitions

  • Piège à liquidité : Keynes - Une situation où les taux d’intérêt sont déjà très bas et où la politique monétaire peut devenir inefficace, car les agents préfèrent thésauriser plutôt qu’investir.
  • État-providence : Vise à réduire les inégalités, à protéger les citoyens contre le chômage, la maladie et la vieillesse, et à stabiliser l’économie par la redistribution.

★ À maîtriser

  • La politique budgétaire expansionniste stimule la demande globale en augmentant les dépenses publiques, notamment les travaux publics et les aides sociales, ou en réduisant les impôts. - Keynes

Compléments

  • Keynes soutient qu’un déficit budgétaire lié à la relance peut être compensé par la croissance économique qu’elle génère.

  • La baisse des taux d’intérêt par les banques centrales vise à encourager l’investissement et la consommation.

  • Après la Seconde Guerre mondiale, les idées keynésiennes ont inspiré la mise en place de systèmes de protection sociale dans les pays industrialisés.

Astuce mémo

Taux bas : la relance monétaire agit, sauf si le piège à liquidité bloque l’investissement.

9. Limites du keynésianisme

Notions clés & Définitions

  • Stagflation : La combinaison d’une stagnation économique et d’une inflation élevée, phénomène auquel les économies occidentales ont été confrontées dans les années 1970.

★ À maîtriser

  • Pour les monétaristes comme Milton Friedman, l’inflation est toujours un phénomène monétaire lié à un excès de monnaie en circulation, que les dépenses publiques peuvent aggraver.

Compléments

  • Dans les années 1970, les relances keynésiennes par la demande ont parfois alimenté l’inflation sans réduire le chômage, contribuant à discréditer les recettes keynésiennes traditionnelles.

  • Les relances budgétaires ont accru la dette publique dans de nombreux pays, et des déficits chroniques peuvent déstabiliser les finances publiques et décourager l’investissement privé par effet d’éviction.

📌 Le chômage conjoncturel résulte principalement d’un manque de demande, tandis que le chômage structurel est lié à des déséquilibres du marché du travail, tels que des compétences inadaptées ou des régulations trop rigides.

Astuce mémo

Stagflation : stagnation économique et inflation élevée coexistent.

10. Hayek et Friedman

★ À maîtriser

  • Selon Hayek, les prix, la concurrence et l’innovation permettent au marché décentralisé d’allouer les ressources plus efficacement que la planification centrale, car il mobilise l’information dispersée entre les agents.

  • Selon Hayek, des taux d’intérêt artificiellement bas issus d’une politique monétaire trop expansionniste encouragent des investissements non rentables qui finissent par éclater et provoquer des récessions.

  • Selon Friedman, l’inflation est causée par une croissance excessive de la masse monétaire par rapport à la production, et sa lutte exige un contrôle strict de la masse monétaire.

Compléments

  • Dans les années 1970 et 1980, les idées libérales portées par Friedrich Hayek et Milton Friedman sont revenues en force et ont été mises en œuvre par Margaret Thatcher au Royaume-Uni et Ronald Reagan aux États-Unis.

  • Friedrich Hayek (1899-1992), prix Nobel d’économie en 1974, défend le libéralisme classique et critique le keynésianisme et le socialisme.

  • Hayek estime que l’intervention de l’État crée des distorsions et réduit la liberté, et considère le socialisme comme une menace pour la démocratie et la prospérité.

  • Milton Friedman (1912-2006), prix Nobel d’économie en 1976, est le chef de file de l’école monétariste.

📌 Friedman propose que les banques centrales augmentent la masse monétaire à un taux constant et prévisible, par exemple de 3 à 5 % par an, indépendamment de la conjoncture.

  • Dans les années 1980, les banques centrales, notamment la Réserve fédérale américaine sous Paul Volcker, ont appliqué des politiques monétaires restrictives par hausse des taux d’intérêt pour réduire l’inflation, au prix d’une récession temporaire.

  • Friedman défend :

    • la réduction de l’intervention de l’État
    • la privatisation des entreprises publiques
    • la libéralisation des marchés
    • le libre-échange
    • la flexibilité des prix et des salaires

Astuce mémo

Hayek insiste sur l’information dispersée du marché ; Friedman sur la maîtrise de la masse monétaire.

11. Politiques libérales anglo-saxonnes

★ À maîtriser

  • Le Reaganomics repose sur quatre piliers :
    • la réduction des impôts, notamment par l’Economic Recovery Tax Act de 1981
    • la dérégulation
    • la réduction des dépenses publiques sauf pour la défense
    • une politique monétaire restrictive contre l’inflation

Compléments

  • Le thatchérisme a privatisé des secteurs entiers de l’économie britannique :

    • les télécommunications
    • l’énergie
    • la sidérurgie
    • les transports
  • Au Royaume-Uni, l’inflation est passée de 27 % en 1975 à moins de 5 % en 1983 sous l’effet d’une politique monétaire restrictive menée par la Banque d’Angleterre.

  • Le thatchérisme a réduit le pouvoir des syndicats et assoupli les lois sur l’emploi afin de favoriser la flexibilité du marché du travail.

  • Au Royaume-Uni, le chômage est passé de 5 % en 1979 à plus de 11 % en 1986 sous le thatchérisme, tandis que les inégalités sociales ont augmenté malgré la baisse de l’inflation et la relance de la croissance.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Keynésianisme et retour du libéralisme avec 31 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Dans quelle région les révolutions industrielles commencent-elles à la fin du XVIIIe siècle, avant de s’étendre ailleurs ?

2. Une région connaît le passage des ateliers à des usines centralisées, l’usage accru de machines, l’essor du chemin de fer et l’arrivée de populations rurales dans les villes. Quel phénomène relie le mieux ces changements ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Keynésianisme et retour du libéralisme avec 86 flashcards interactives.

Où et quand commencent les révolutions industrielles ?

En Angleterre, à la fin du XVIIIe siècle.

Vers quelles régions les révolutions industrielles s’étendent-elles ?

Vers l’Europe et l’Amérique du Nord.

Quel changement de production caractérise les révolutions industrielles ?

La mécanisation de la production.

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