📋 Plan du Cours
- Croissance économique et productivité
- Commerce international et production mondialisée
- Structure sociale et moyennisation
- École, socialisation et inégalités
- Chômage conjoncturel et structurel
- Politiques économiques européennes
- Mobilité sociale et tables de mobilité
- Engagement politique et participation
- Crises financières et régulation
- Travail, emploi et chômage
- Justice sociale et protection sociale
- Action publique et environnement
📖 1. Croissance économique et productivité
🔑 Notions clés & Définitions
- Croissance économique : La croissance économique désigne l’augmentation durable et soutenue de la production d’une économie, mesurée par le taux de croissance du PIB.
- Produit intérieur brut : Le produit intérieur brut correspond à la somme des valeurs ajoutées produites par les unités résidentes sur un territoire sur une période donnée.
- Croissance extensive : La croissance extensive repose sur l’augmentation des quantités des facteurs de production (travail et/ou capital) pour produire davantage.
- Productivité globale des facteurs : La productivité globale des facteurs mesure l’efficacité avec laquelle le travail et le capital sont combinés pour produire.
- Destruction créatrice : La destruction créatrice décrit l’idée que les innovations rendent anciens produits et métiers moins rentables, donc les font disparaître.
📝 Points essentiels
- La croissance économique se mesure par le taux de variation du PIB, où le PIB agrège les valeurs ajoutées des producteurs résidents sur une période.
- Dans la croissance extensive, augmenter le travail se fait par plus de population active et/ou plus de durée de travail, et augmenter le capital par des investissements de capacité.
- Dans la croissance intensive, la hausse de production vient surtout de l’amélioration de la productivité globale des facteurs (PGF).
- La PGF correspond à la part de la croissance non expliquée par l’évolution des quantités de travail et de capital mobilisées (résidu).
- Avec Schumpeter, il y a croissance économique quand la création d’activités dépasse la destruction d’activités, sous l’effet des innovations.
- Comme le PIB ne comptabilise pas les dégâts environnementaux, la croissance peut accroître la pollution et les externalités négatives, ce qui menace sa durabilité.
💡 Astuce mémo
Extensive = + de facteurs ; Intensive = meilleure efficacité (PGF) ; Innovations = création puis destruction (Schumpeter).
📖 2. Commerce international et production mondialisée
🔑 Notions clés & Définitions
- Avantages comparatifs : Concept selon lequel chaque pays a intérêt à se spécialiser dans le bien pour lequel son coût d’opportunité est le plus faible, même sans avantage absolu.
- Différenciation des produits : Principe selon lequel des produits proches peuvent être distingués par la qualité ou par la variété, permettant des échanges au sein d’une même branche.
- Fragmentation internationale de la chaîne de valeur : Organisation où les étapes de conception, approvisionnement, fabrication et commercialisation d’un produit sont réalisées dans plusieurs pays.
- Délocalisation : Transfert à l’étranger de la production d’une entreprise, après fermeture d’une unité locale, dans certains cas seulement liés à l’internationalisation.
📝 Points essentiels
- Après 1945, le commerce international se développe avec les accords du GATT (1947) et la création de l’OMC (1995) ainsi que la baisse des barrières, le conteneur et le progrès des transports.
- Le libre-échange peut réduire les prix grâce aux économies d’échelle et aux gains à l’échange, tout en élargissant l’accès à une offre plus diversifiée.
- La compétitivité peut être-prix (prix plus faibles, entraînant délocalisations, filiales et sous-traitance) ou hors-prix (qualité, image, service, délais) et la productivité des firmes la fonde.
- Le protectionnisme éducateur (Friedrich List) vise à protéger temporairement des industries naissantes jusqu’à l’acquisition d’un avantage comparatif.
- La fragmentation de la chaîne de valeur explique que les échanges mondiaux portent sur des produits semi-finis et que les exportations ont augmenté 2,5 fois plus vite que le PIB mondial en 50 ans.
- Le modèle HOS explique la spécialisation par la rareté relative des facteurs et conduit, après spécialisation et échanges, à une hausse des rémunérations du facteur le plus abondant dans chaque pays.
💡 Astuce mémo
Comparatif = « coût d’opportunité » plus faible, fragmentation = « étapes partout ».
📖 3. Structure sociale et moyennisation
🔑 Notions clés & Définitions
- Moyennisation : La moyennisation désigne l’affaiblissement des écarts entre classes sociales, avec une montée d’une grande classe moyenne et des frontières moins nettes.
- Distances inter-classes : Les distances inter-classes mesurent l’intensité des inégalités qui séparent des classes sociales différentes dans une société.
- Distances intra-classes : Les distances intra-classes renvoient aux inégalités à l’intérieur d’une même classe sociale, qui peuvent fracturer l’homogénéité du groupe.
- Classes en soi : Les classes en soi regroupent des groupes partageant des conditions d’existence proches mais objectivement inégales par rapport aux autres.
- Classes pour soi : Les classes pour soi correspondent à des groupes qui développent une conscience d’appartenance et une mobilisation pour défendre des intérêts communs.
📝 Points essentiels
- Depuis les années 1960-1970, les distances inter-classes semblent diminuer avec la réduction des inégalités et l’homogénéisation de la consommation de masse.
- La thèse de Henri Mendras décrit la constitution d’une vaste classe moyenne, avec des frontières de classe plus floues et moins de conflits de classes.
- Le modèle en « toupie » de Mendras répartit la population active en petite élite (3%), marge de pauvres (7%), constellation populaire (50%) et constellation centrale (25%).
- À partir du processus de tertiarisation et de montée des qualifications, les distances intra-classes augmentent car les membres d’une même classe deviennent plus hétérogènes.
- Depuis les années 1980, les distances inter-classes ré-augmentent : les classes « en soi » persistent car les inégalités économiques et culturelles restent fortes.
- Malgré l’affaiblissement des frontières, des classes « pour soi » peuvent continuer à se maintenir aux extrémités de l’échelle sociale grâce à une conscience et des pratiques propres.
💡 Astuce mémo
Inter = s’amenuise (1960-70) ; Intra = se creuse (tert iarisation) : « la classe se mélange dehors, mais se divise dedans ».
📖 4. École, socialisation et inégalités
🔑 Notions clés & Définitions
- Capital culturel : Ressources culturelles et dispositions qu’un individu possède, qui se déclinent en forme scolaire, objectivée (biens culturels) et incorporée (aisance culturelle et linguistique).
- Capital social : Ensemble des relations d’un individu qui peuvent être mobilisées pour gagner des opportunités dans la vie sociale.
- Domination symbolique : Domination fondée sur la reconnaissance de normes et valeurs culturelles, produisant l’idée que l’ordre social des dominants est légitime.
📝 Points essentiels
- Chez Bourdieu, le capital économique fonde la domination matérielle tandis que le capital culturel fonde la domination symbolique par la production et la légitimation de l’ordre social.
- La stratification chez Weber est multidimensionnelle : elle combine une dimension économique (classes), une dimension sociale (statuts/prestige) et une dimension politique (accès au pouvoir via partis).
- Depuis les années 1960, la moyennisation décrit un recul des inégalités inter-classes et une homogénéisation des pratiques de consommation de masse.
- Selon Mendras, les frontières de classe deviennent floues et la société ressemble à une structure en “toupie” avec constellations (dont une constellation centrale en expansion).
- À l’intérieur des classes, les inégalités intra-classes peuvent s’accroître quand les groupes se fracturent sous l’effet de la tertiarisation et de la montée des qualifications.
- L’approche intersectionnelle articule plusieurs facteurs (comme la classe sociale et le genre) sans annuler l’analyse en classes, notamment pour expliquer des effets différents selon le milieu et le lieu de résidence.
💡 Astuce mémo
Éco = matériel (argent, conditions), Culture = symbole (légitimité et prestige).
📖 5. Chômage conjoncturel et structurel
🔑 Notions clés & Définitions
- Chômage conjoncturel : Le chômage conjoncturel correspond à la part du chômage qui se modifie selon l’état de la conjoncture économique, en lien avec la demande globale.
- Chômage structurel : Le chômage structurel correspond à la part du chômage qui persiste même quand la conjoncture s’améliore, à cause de dysfonctionnements du marché du travail.
- Hystérèse du chômage : L’hystérèse désigne le fait qu’un chômage d’abord conjoncturel peut devenir structurel si la reprise n’arrive pas assez vite.
- Asymétries d’information : Les asymétries d’information désignent des situations où les parties à l’embauche n’ont pas les mêmes informations, ce qui peut empêcher l’appariement efficace des emplois et des travailleurs.
📝 Points essentiels
- Selon Keynes, le chômage vient d’une demande globale insuffisante, problème qui se situe sur le marché des biens et services plutôt que sur le seul marché du travail.
- Le chômage conjoncturel varie avec la conjoncture : en phase de croissance la demande augmente et le chômage tend à baisser, alors qu’en période faible il tend à augmenter.
- Le chômage structurel ne disparaît pas en période favorable car il résulte de mécanismes du marché du travail : coût du travail trop élevé, rigidités institutionnelles, frictions, inadéquation et asymétries d’information.
- Le chômage classique est lié à un coût du travail trop élevé : si le salaire (net) ou les cotisations dépassent le niveau d’équilibre, l’offre de travail peut être exclue du marché.
- Pour lutter contre le chômage conjoncturel, on utilise des politiques macro de soutien de la demande globale comme les relances budgétaires et monétaires expansionnistes.
- Pour lutter contre le chômage structurel, on agit notamment par l’allègement des cotisations, des mesures sur le SMIC (SMIC à 1 353€ net/mois, 35h) et des politiques d’accompagnement et de formation.
💡 Astuce mémo
Conjoncturel = cycle (la demande bouge) ; Structurel = blocages (ils persistent) ; si la reprise tarde → hystérèse.
📖 6. Politiques économiques européennes
🔑 Notions clés & Définitions
- Politique européenne de la concurrence : Politique de l’Union qui vise à préserver une concurrence suffisante entre entreprises afin d’améliorer prix, qualité et diversité des produits.
- Policy mix européen : Combinaison coordonnée des politiques monétaires (BCE) et budgétaires (États) pour gérer la conjoncture dans la zone euro.
- Pacte de stabilité et de croissance : Ensemble de règles européennes qui encadre les déficits et dettes publics des États pour limiter les dérapages budgétaires.
- Taux d’intérêt réel : Taux qui reflète le coût ou le rendement de l’emprunt une fois corrigé de l’inflation, utile pour comparer l’effet réel des décisions.
📝 Points essentiels
- La politique européenne de la concurrence relève de la Commission européenne et sanctionne des pratiques anti-concurrentielles via des contrôles et interdictions, pour protéger le bien-être du consommateur.
- Le contrôle des concentrations compare risques (hausse des prix) et avantages (innovation, qualité, baisse possible des prix) avant d’autoriser une fusion.
- Une position dominante n’est pas interdite en soi, seule l’abus qui affaiblit la concurrence et impose ses conditions est sanctionné.
- Les ententes illicites (cartels) visent à fixer secrètement les prix et figer les parts de marché, ce qui réduit innovation et diversité et fait payer plus cher.
- Le policy mix européen combine une politique monétaire unique (même taux nominal) et des budgets nationaux encadrés, ce qui peut créer des effets différents selon le niveau d’inflation.
- Le PSC impose un déficit < 3% du PIB et une dette publique < 60% du PIB, et le « pacte budgétaire » de 2012 renforce ces règles.
💡 Astuce mémo
Nominal pareil, réel différent : le taux réel vaut nominal moins inflation, donc la même BCE “aide” surtout les pays à forte inflation.
📖 7. Mobilité sociale et tables de mobilité
🔑 Notions clés & Définitions
- Tables de mobilité : Les tables de mobilité croisent la PCS des enfants et celle des parents pour mesurer la mobilité entre générations.
- Table de destinée : La table de destinée décrit ce que deviennent, en PCS, les fils ou filles issus d’une PCS d’origine.
- Table de recrutement : La table de recrutement indique l’origine sociale des individus, c’est-à-dire de quelles PCS ils proviennent.
- Mobilité structurelle : La mobilité structurelle est le changement de position sociale dû à la transformation des emplois et de la structure socio-professionnelle.
- Fluidité sociale : La fluidité sociale mesure si l’origine sociale pèse plus ou moins sur les chances d’atteindre une même position sociale.
📝 Points essentiels
- La mobilité sociale se lit via des tables sur des individus âgés de 40 à 59 ans, à partir de la PCS d’une génération et de celle des parents.
- La diagonale des tables correspond à la reproduction sociale, quand les enfants gardent la même PCS que leurs parents.
- La mobilité brute se calcule en combinant les tableaux de destinée et de recrutement, avec une colonne « ensemble » et une logique de lecture selon destinée ou recrutement.
- En France, la mobilité sociale des hommes est d’environ 64% (calcul via la diagonale) et deux fils sur trois sont mobiles (≈66%).
- Chez les femmes, la mobilité sociale est d’environ 71% en 2015 et elle est plus souvent ascendante par rapport aux mères.
- Les tables servent à mesurer l’égalité des chances, mais elles excluent notamment les chômeurs et précaires et ne représentent pas toujours finement la mobilité horizontale au sein des PCS.
📖 8. Engagement politique et participation
🔑 Notions clés & Définitions
- Engagement politique : Ensemble d’actions individuelles ou collectives des citoyens visant à influer sur le fonctionnement du système politique.
- Formes conventionnelles : Modalités d’action politique intégrées au cadre démocratique représentatif, qui soutiennent la légitimité du système.
- Formes non conventionnelles : Actions protestataires qui cherchent à faire aboutir des revendications par des moyens autres que les formes électorales classiques.
- Paradoxe de l’action collective : Difficulté à mobiliser des individus malgré un intérêt commun, car chacun peut avoir intérêt à ne pas participer.
- Répertoire d’action collective : Ensemble des moyens disponibles pour exercer une pression afin de défendre les intérêts d’un groupe.
📝 Points essentiels
- L’engagement politique peut être conventionnel (vote, candidature, meeting, militantisme partisan) ou non conventionnel (manifestations, grèves, pétitions, actions illégales ou légales de contestation).
- Malgré l’intérêt commun, l’action collective peut être freinée par le comportement de passager clandestin, car le coût est individuel et les bénéfices sont collectifs.
- Les individus s’engagent grâce à des incitations sélectives, des rétributions symboliques et à l’environnement des opportunités politiques (ouvertures du système, alliances, capacité institutionnelle).
- La socialisation politique favorise l’engagement quand les normes et valeurs politiques sont intégrées comme repères personnels d’action.
- L’engagement politique reste socialement situé : les classes supérieures et les diplômés s’engagent davantage via un sentiment de compétence politique plus élevé, contrairement au « cens caché » de la classe populaire.
- Le répertoire d’action collective évolue vers des mobilisations moins coûteuses et plus institutionnalisées, avec un prolongement transnational autonome via médias et internet.
💡 Astuce mémo
Passager clandestin = coût privé, bénéfice commun; on participe quand il y a incitations (sélectives) et gratifications (symboliques).
📖 9. Crises financières et régulation
🔑 Notions clés & Définitions
- Crise financière : Une crise financière correspond à une forte baisse de la valeur des titres, qui traduit une perte de confiance sur les marchés financiers.
- Bulle spéculative : Une bulle spéculative est une hausse auto-entretenue des prix des actifs, qui s’écarte de leur valeur fondamentale avant de se retourner brutalement.
- Déflation par la dette : La déflation par la dette est un mécanisme en spirale où la baisse des cours pousse à vendre pour éviter des pertes, ce qui fait encore baisser les cours.
- Risque systémique : Le risque systémique est la probabilité qu’une défaillance se propage en chaîne et fragilise tout le système financier et parfois l’économie réelle.
- Too big to fail : Too big to fail désigne l’idée que de très grandes banques sont susceptibles d’être sauvées par les autorités, ce qui les incite à prendre plus de risques.
📝 Points essentiels
- Une crise financière naît souvent d’un retournement de la confiance quand une bulle spéculative éclate, provoquant panique et ventes massives des titres.
- Lors d’une crise, la spirale déflationniste peut se déclencher : la baisse des cours incite à vendre pour limiter les pertes, ce qui réduit encore la capacité de remboursement et aggrave la chute.
- L’éclatement d’une bulle peut mener à des faillites en chaîne chez banques et entreprises, puis à une crise de liquidité amplifiée par la réticence des banques à se prêter.
- En 1929, le krach suit l’éclatement de la bulle : les cours chutent d’environ 90% entre 1929 et 1932 et le chômage atteint 25% en 1933.
- En 2004, la hausse des taux de la Fed fragilise les crédits subprimes à taux variable : l’éclatement immobilier déclenche une crise financière et, selon le cours du PIB, la récession atteint environ -2,7% aux États-Unis entre 2007 et 2009.
- La régulation vise la stabilité via le contrôle prudentiel, notamment des ratios de solvabilité qui obligent les banques à couvrir les risques par des fonds propres suffisants.
💡 Astuce mémo
Bulle → éclate → panique → ventes → Spirale déflationniste, puis Effet domino (liquidité) ; réguler = ratio de solvabilité + contrôle prudentiel.
📖 10. Travail, emploi et chômage
🔑 Notions clés & Définitions
- Travail : Le travail est une activité humaine qui crée des richesses, rémunérée ou non (emploi si rémunéré, activité domestique ou bénévole sinon).
- Emploi : L’emploi est un travail rémunéré et déclaré qui donne un statut social et des droits (ex. chômage, congés payés, congés maladie).
- Chômage BIT : Le chômage BIT regroupe les personnes sans emploi, en âge de travailler, disponibles rapidement et recherchant activement un emploi selon le cadre BIT.
📝 Points essentiels
- Le BIT définit le chômage comme une situation des personnes de 15 ans ou plus sans emploi, disponibles sous 15 jours et recherchant activement un emploi.
- Le taux de chômage correspond aux chômeurs rapportés à la population active (≈ 8% fin 2019), tandis que le taux d’emploi rapporte les actifs occupés à la population totale (≈ 65% fin 2019).
- L’emploi « atypique » ne correspond pas à l’emploi typique, et une grande partie de l’atypie est « précaire » (temps partiel subi, CDD, intérim, stages).
- Le sous-emploi (temps partiel subi ou chômage partiel) crée une zone floue entre emploi et chômage car une partie reste comptée dans le taux d’emploi.
- Le « halo du chômage » concerne des personnes proches du chômage mais non comptabilisées : sans emploi, elles sont soit pas en recherche réelle, soit pas disponibles immédiatement, soit en situation d’attente (ex. découragement).
- La précarité et le chômage affaiblissent l’intégration sociale en fragilisant les revenus, les droits et les liens sociaux, ce qui peut mener à une désaffiliation sociale.
💡 Astuce mémo
BIT = Disponible 15 jours + Recherche active : 15-15-15 (âge 15+, sous 15 jours, recherche activement).
📖 11. Justice sociale et protection sociale
🔑 Notions clés & Définitions
- État Providence : Un État Providence est un État qui intervient dans le domaine social via la protection sociale pour soutenir la justice sociale.
- Protection sociale : La protection sociale regroupe des mécanismes collectifs de prévoyance qui aident financièrement les individus face aux risques sociaux.
- Risque social : Un risque social est un événement susceptible d’entraîner de fortes dépenses ou une baisse durable des revenus ou des conditions d’existence.
- Logique d’assurance : Une logique d’assurance repose sur des cotisations préalables et organise une redistribution surtout entre personnes ayant cotisé et celles touchées par le risque.
- Logique d’assistance : Une logique d’assistance aide les plus défavorisés sans cotisation préalable grâce à des financements par impôts et taxes.
📝 Points essentiels
- Le risque social peut être la perte d’emploi, la maladie, la parentalité ou la retraite, avec pour effet des dépenses importantes ou une dégradation des revenus.
- Dans la logique d’assurance, la redistribution est horizontale et vise des personnes touchées par le risque, proportionnellement aux cotisations versées.
- Dans la logique d’assistance, la redistribution est verticale et finance une aide orientée vers la lutte contre la pauvreté et les inégalités.
- En France, la protection sociale combine assurance et assistance, avec une part majoritaire assurantielle (environ 90% des dépenses).
- Les prestations sociales expliquent environ les deux tiers de la réduction des inégalités économiques, et les prestations les plus progressives concernent notamment les allocations familiales, logements et minimas sociaux.
- La crise financière de l’État Providence correspond à des dépenses de protection sociale supérieures aux recettes publiques, sous l’effet conjoncturel et structurel de la situation économique et démographique.
💡 Astuce mémo
Assurance = cotiser avant; Assistance = aider après (sans cotisation).
📖 12. Action publique et environnement
🔑 Notions clés & Définitions
- Mise à l’agenda environnementale : Processus où un problème d’abord privé devient un enjeu public reconnu comme relevant de l’intérêt général, sans exiger encore une mesure concrète.
- Externalité négative : Situation où la pollution crée un coût social supérieur au coût supporté par l’entreprise, ce qui fausse le calcul économique privé.
- Taxe pigouvienne : Prélèvement visant à internaliser une externalité négative en faisant payer au pollueur un montant égal au coût social de la pollution.
- Passager clandestin : Acteur qui espère profiter d’efforts climatiques des autres sans supporter les coûts, ce qui réduit l’efficacité des accords.
📝 Points essentiels
- La mise à l’agenda suit une séquence problème → problème social → problème public → traitement par les pouvoirs publics, sans garantie immédiate d’action.
- L’internalisation des externalités consiste à obliger les agents à intégrer dans leurs décisions les coûts ou bénéfices sociaux qu’ils négligeaient.
- Le marché des quotas (UE depuis 2005) attribue des droits à polluer puis le prix du CO2 s’ajuste selon que les entreprises ont pollué moins (offre O) ou plus (demande D) que leur quota.
- Si D est supérieur à O, le prix du quota augmente et les entreprises polluantes sont incitées à réduire leurs émissions, et inversement si O est supérieur à D.
- La politique d’action climatique doit inclure tous les pays pour limiter le passager clandestin et éviter les fuites de carbone quand un seul réduit ses émissions.
- La subsidiarité signifie que l’UE n’agit que si l’échelle nationale est moins efficace ou si les pays ne sont pas compétents pour le faire.
💡 Astuce mémo
Prix, règles, quotas : taxe (prix), réglementation (normes), quotas (droits à polluer).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1947 | Accords du GATT |
| 1995 | Création de l’OMC |
| 2005 | Mise en place du marché des quotas dans l’UE |
| 2012 | Renforcement du pacte budgétaire de 2012 |
| 2015 | Mobilité sociale des femmes : environ 71% en 2015 |
| mai 1968 | (présence verbatim dans le contenu source) |
📊 Tableaux de synthèse
Assurance vs assistance (protection sociale)
| Logique | Financement | Objectif principal |
|---|
| Assurance | Cotisations préalables | Redistribution surtout entre personnes ayant cotisé et touchées par le risque |
| Assistance | Impôts et taxes | Aide aux plus défavorisés pour lutter contre pauvreté et inégalités |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre croissance extensive et croissance intensive : la première ajoute des facteurs, la seconde repose sur la PGF.
- Croire que la PGF est directement mesurée : dans le cours, c’est un « résidu » et elle n’est qu’une estimation du progrès technique.
- Mélanger chômage BIT et autres formes de chômage/inactivité : selon le cours, seules certaines situations sont comptabilisées si disponibilité et recherche active.
- Inverser les mécanismes chômage conjoncturel/structurel : le conjoncturel varie avec la demande globale, le structurel persiste (rigidités, asymétries d’information, frictions…).
- Déduire une seule cause aux crises financières : une bulle éclate, puis la panique et la déflation par la dette peuvent se combiner à des faillites et une crise de liquidité.
- Oublier que le policy mix européen suppose un taux nominal commun mais des effets différents via l’inflation (taux réel).
- Confondre mobilité observée, mobilité structurelle et fluidité sociale : la fluidité mesure l’effet de l’origine sur les chances d’atteindre une même position.
✅ Checklist Examen
- Définir croissance économique et calcul via le taux de croissance du PIB, puis distinguer PIB et dégâts environnementaux non comptabilisés.
- Expliquer la croissance extensive (travail/capital) et la croissance intensive via la PGF, en reliant PGF au progrès technique et aux innovations (procédé/produit/organisation).
- Présenter les mécanismes du commerce international après 1945 (GATT/OMC/baisse barrières/transport) et distinguer avantages comparatifs et différenciation des produits.
- Distinguer compétitivité-prix et compétitivité hors-prix, puis relier productivité des firmes à productivité/innovation et fragmentation de la chaîne de valeur.
- Comparer protectionnisme éducateur et limites du libre-échange (inégalités, dumping, contraintes écologiques/sociales) en s’appuyant sur les notions du cours.
- Définir moyennisation, distances inter-classes et intra-classes, et résumer la dynamique des années 1960-1970 puis depuis les années 1980 (inter puis intra).
- Expliquer comment l’école agit : capital culturel (Bourdieu), domination symbolique, et articulation avec démocratisation scolaire (Boudon/Bourdieu) et stratégies/contournement carte scolaire.
- Distinguer chômage conjoncturel/structurel, et hystérèse ; puis donner les causes structurelles du marché du travail (coût du travail, rigidités, frictions, inadéquation, asymétries).
- Lister et caractériser les politiques pour chaque type de chômage (macro de demande vs allègement du coût du travail/SMIC/formation/accompagnement) et relier à la logique du cours.
- Présenter les politiques économiques européennes : concurrence (concentrations, position dominante/abus, cartels), PSC et policy mix européen, et calculer/comprendre nominal vs réel.
- Décrire la mobilité sociale à partir des tables (destinée/recrutement/diagonale), distinguer reproduction sociale, mobilité brute et fluidité sociale, avec les limites des tables.
- Expliquer l’engagement politique (conventionnel/non conventionnel, passager clandestin, incitations sélectives/rétributions symboliques, opportunités politiques, répertoire) et mobiliser les notions pour répondre à un sujet de justification/causalité.
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