Fiche de révision : Les fondamentaux de la macroéconomie monétaire

📋 Plan du Cours

  1. Rôle de la monnaie dans l’équilibre macroéconomique
  2. Modèle IS LM à prix fixes et transmission
  3. Courbe de Phillips et excès de demande
  4. Disparition et inversion de la courbe de Phillips
  5. Critique monétariste et effets de la monnaie
  6. Anticipations adaptatives et chômage naturel
  7. NAIRU et inflation non accélératrice
  8. Neutralité de la monnaie à long terme
  9. Courbe d’offre globale selon flexibilité des salaires
  10. Courbe de demande globale issue de IS LM
  11. Équilibre AS AD et ajustements court long terme
  12. Théorie des anticipations rationnelles et politiques

📖 1. Rôle de la monnaie dans l’équilibre macroéconomique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Modèle IS/LM : Modèle macroéconomique reliant le marché des biens (IS) et le marché de la monnaie (LM) pour déterminer le couple production–taux d’intérêt.
  • Trappe à liquidité : Situation où la demande de monnaie devient très sensible au taux d’intérêt, rendant la politique monétaire peu efficace sur ce taux.
  • Courbe de Phillips : Relation empirique reliant chômage et inflation, souvent décrite comme inverse à court terme dans certaines périodes.
  • Trade-off court terme : Idée selon laquelle, à court terme, une politique peut échanger stabilité des prix contre niveau de chômage.
  • Taux naturel de chômage : Niveau de chômage déterminé par des facteurs réels du marché du travail, vers lequel l’économie revient à long terme.

📝 Points essentiels

  • Dans la lecture keynésienne IS/LM à prix fixes, la monnaie a peu d’importance car les quantités nominales et réelles évoluent de façon similaire.
  • Le mécanisme keynésien de transmission passe par une relation inverse entre monnaie et taux d’intérêt.
  • En trappe à liquidité, la politique monétaire ne fait plus baisser le taux d’intérêt, donc son effet sur l’activité est fortement limité.
  • Les investissements sont supposés relativement peu sensibles au taux d’intérêt, ce qui réduit encore l’impact de la politique monétaire.
  • La courbe de Phillips est motivée par un excès de demande sur le marché du travail qui relie chômage et variation des salaires nominaux.
  • La variation des salaires nominaux est ensuite remplacée par la variation des prix pour obtenir une relation chômage–inflation.

💡 Astuce mémo

IS/LM : monnaie → taux d’intérêt (inverse) ; Trappe : taux “bloqué” ; Phillips : chômage ↔ inflation (souvent court terme).

📖 2. Modèle IS LM à prix fixes et transmission

🔑 Notions clés & Définitions

  • Courbe de Phillips : Relation reliant l’inflation au taux de chômage, initialement sans tenir compte explicitement des anticipations.
  • Courbe de Phillips augmentée : Version de la courbe de Phillips qui ajoute le rôle des anticipations d’inflation dans la dynamique inflation–chômage.
  • Théorie des anticipations (Friedman) : Théorie selon laquelle les anticipations d’inflation déterminent le chômage compatible avec une inflation stable.
  • NAIRU : Taux de chômage naturel qui rend l’inflation non accélératrice, c’est-à-dire constante dans le temps.
  • Neutralité monétaire : Idée selon laquelle, à long terme, la monnaie n’affecte pas les quantités réelles, seulement les prix.

📝 Points essentiels

  • Courbe de Phillips initiale : p=αβUp=\alpha-\beta U.
  • Courbe de Phillips augmentée : p=αβU+pp=\alpha-\beta U+p^*, avec une interprétation des anticipations jugée discutable dans le cours.
  • Friedman : U=U1β(pp)U=U^*-\frac{1}{\beta}(p-p^*) avec U=αβU^*=\frac{\alpha}{\beta}.
  • NAIRU : UtU=1β(ptpt)U_t-U^*=-\frac{1}{\beta}(p_t-p_t^*), donc l’inflation varie selon l’écart entre chômage courant et chômage naturel.
  • Si pt=pt1p_t^*=p_{t-1} alors UtU=1β(ptpt1)U_t-U^*=-\frac{1}{\beta}(p_t-p_{t-1}) et le cours relie le signe de UtUU_t-U^* à celui de ptpt1p_t-p_{t-1}.
  • Interprétation NAIRU (selon le signe) : si Ut<UU_t<U^* alors pt>pt1p_t>p_{t-1}, et si Ut>UU_t>U^* alors pt<pt1p_t<p_{t-1}.

💡 Astuce mémo

NAIRU = chômage « juste » : en dessous, l’inflation monte; au-dessus, elle baisse.

📖 3. Courbe de Phillips et excès de demande

🔑 Notions clés & Définitions

  • Courbe de demande globale : Courbe décroissante reliant le niveau des prix PP au niveau de la production demandée, toutes choses égales par ailleurs.
  • Courbe d’offre globale : Courbe reliant le niveau des prix PP à la production offerte, avec une distinction possible entre court terme et long terme.
  • Excès de demande : Situation où la production demandée dépasse la production compatible avec l’offre à court terme, ce qui exerce des pressions sur les salaires et les coûts.
  • Taux de chômage naturel : Niveau de chômage associé à l’équilibre de long terme, vers lequel l’économie revient quand la production revient à son potentiel.

📝 Points essentiels

  • L’équilibre macro est donné par l’intersection de l’offre globale et de la demande globale, à court terme comme à long terme.
  • À court terme, l’équilibre peut différer de l’équilibre de long terme selon la conjoncture.
  • Si la production est supérieure au niveau potentiel, l’économie subit une surchauffe avec hausse des salaires et des coûts, ce qui pousse la courbe AS de court terme vers la gauche.
  • Si la production est inférieure au niveau potentiel, la récession s’accompagne d’une baisse des salaires et des coûts, ce qui pousse la courbe AS de court terme vers la droite.
  • Le retour vers l’équilibre de long terme dépend de la vitesse d’ajustement des salaires : lentement si les salaires sont rigides à la baisse, rapidement si salaires et prix sont flexibles.
  • Une politique monétaire expansive déplace la demande globale vers la droite à court terme (hausse de MM), ce qui augmente production et prix, puis à long terme l’effet quantité disparaît et la monnaie devient neutre.

💡 Astuce mémo

Excès de demande → salaires/coûts montent → AS court terme glisse à gauche → retour au potentiel.

📖 4. Disparition et inversion de la courbe de Phillips

🔑 Notions clés & Définitions

  • Neutralité de la monnaie : La neutralité de la monnaie décrit le fait qu’à moyen terme, une variation du stock de monnaie n’affecte ni le produit ni le taux d’intérêt.
  • Théorie quantitative de la monnaie : La théorie quantitative relie à long terme la masse monétaire et le niveau des prix, sous réserve que les variations de V et Q soient indépendantes de M.
  • Équation des échanges d’Irving Fisher : L’équation des échanges exprime MV=PQ et sert à relier la monnaie, la vitesse de circulation, le niveau des prix et la production réelle.
  • Partage prix-quantité : Le partage prix-quantité décrit la dynamique où l’effet quantité domine d’abord puis s’éteint, tandis que l’effet prix devient durable.
  • Inflation phénomène monétaire : L’inflation est un phénomène monétaire : à long terme, elle dépend fortement de la croissance excédentaire de monnaie par rapport à la production réelle.

📝 Points essentiels

  • À court terme, une expansion monétaire augmente la production, baisse le taux d’intérêt et fait monter le niveau des prix.
  • À moyen terme, les prix continuent d’augmenter car la courbe AS se déplace vers le haut, tandis que LM revient à son niveau initial.
  • La hausse des prix compense la hausse de M : l’encaisse réelle M/P redevient égale à l’encaisse réelle désirée, donc Y revient à Yn et i revient à son niveau initial.
  • À long terme, la relation entre M et P devient proportionnelle : l’inflation reflète l’ajustement monétaire.
  • L’équation ΔP=(ΔMΔQ)+ΔV\Delta P=(\Delta M-\Delta Q)+\Delta V relie l’inflation à l’excès de liquidité et à la variation de la vitesse.
  • Le taux d’inflation moyen dépend de la valeur moyenne de l’excès de liquidité quand ΔV\Delta V reste stable à moyen terme, ce qui rend la monnaie neutre à long terme.

💡 Astuce mémo

Court terme = quantité d’abord, prix ensuite ; Long terme = prix seul (quantité s’éteint).

📖 5. Critique monétariste et effets de la monnaie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Théorie quantitative : La théorie quantitative relie l’évolution de la monnaie à l’inflation via une relation statistique attendue entre croissance monétaire et prix.
  • Excès de liquidité : L’excès de liquidité désigne une situation où la monnaie croît plus vite que ce que l’économie désire, ce qui affaiblit le lien monnaie→inflation.
  • Vitesse de circulation : La vitesse de circulation mesure à quelle fréquence la monnaie est utilisée pour réaliser des transactions, et elle peut varier avec le régime monétaire.
  • Élasticité de la demande de monnaie : L’élasticité de la demande de monnaie décrit la sensibilité de la demande de monnaie au taux d’intérêt, et elle modifie la relation empirique avec l’inflation.
  • Politique d’inflation targeting : L’inflation targeting est une stratégie où la banque centrale pilote sa politique pour atteindre une cible d’inflation, ce qui peut changer la dynamique monnaie→prix.

📝 Points essentiels

  • La relation croissance monétaire excédentaire ↔ inflation reste positive mais devient moins étroite quand l’inflation est faible et peu variable.
  • La dégradation empirique est attribuée à des changements de la vitesse de circulation de la monnaie.
  • La correction passe par la prise en compte de l’élasticité de la demande de monnaie par rapport au taux d’intérêt.
  • Le phénomène s’accentue quand les taux d’intérêt baissent vers un niveau proche de zéro.
  • Avec ces corrections, la relation redevient étroite même sur des échantillons à faible inflation.
  • Les pays émergents à forte variabilité d’inflation (ex. Brésil, Indonésie, Chili, Malaisie, Hongrie, Philippines, Israël, Singapour, Inde, Thaïlande, Mexique, Vietnam, Turquie, Afrique du Sud, etc.) montrent aussi une ét

💡 Astuce mémo

Faible inflation = lien monnaie→prix qui se relâche : corrige par vitesse de circulation + élasticité demande de monnaie (taux≈0 amplifie).

📖 6. Anticipations adaptatives et chômage naturel

🔑 Notions clés & Définitions

  • Anticipations adaptatives : Concept macroéconomique où le public ajuste ses anticipations d’inflation à partir de l’expérience passée plutôt que d’une information parfaitement anticipée.
  • Chômage naturel : Notion selon laquelle le chômage revient vers un niveau déterminé par les facteurs structurels du marché du travail, indépendamment des politiques conjoncturelles de court terme.
  • Barro-Gordon : Modèle de politique monétaire en jeu stratégique qui formalise le biais inflationniste quand la banque centrale n’est pas contrainte par une règle crédible.
  • Inflation targeting : Régime où la banque centrale pilote son action pour ramener l’inflation vers une cible, en ajustant l’instrument selon l’écart à l’objectif.
  • Règle de Taylor : Formulation de politique monétaire reliant le taux d’intérêt nominal aux écarts d’inflation et d’activité par rapport à leurs niveaux cibles ou d’équilibre.

📝 Points essentiels

  • Une politique non anticipée produit des effets réels à court terme similaires dans les deux écoles, car les anticipations ne s’ajustent pas immédiatement.
  • Avec des anticipations, les effets réels de la politique monétaire se réduisent à mesure que le public modifie ses anticipations, ce qui limite les gains durables.
  • Le modèle de Barro-Gordon décrit un arbitrage où la banque centrale peut être incitée à stimuler à court terme, mais cela dégrade sa crédibilité et renchérit l’inflation à long terme.
  • Le résultat du jeu est une stimulation de court terme suivie d’une inflation plus élevée à long terme, sans gain durable en emploi ou en production.
  • Le choix entre stabilité des prix et inflation se résume à une contrainte de crédibilité: sans engagement crédible, l’inflation monte sans bénéfice réel durable.
  • La règle monétaire vise à ancrer les anticipations: la banque centrale doit être contrainte par l’objectif, indépendante pour éviter les pressions, et prévisible pour stabiliser l’économie.

💡 Astuce mémo

Anticipations adaptatives = « le public apprend après coup » → la politique surprise agit vite, puis perd de l’effet quand les anticipations s’ajustent.

📖 7. NAIRU et inflation non accélératrice

🔑 Notions clés & Définitions

  • NAIRU : Le NAIRU est le taux de chômage compatible avec une inflation qui ne s’accélère pas.
  • Inflation non accélératrice : Une inflation non accélératrice correspond à un régime où l’inflation reste stable au fil du temps.
  • Inflation targeting : L’inflation targeting est une stratégie de politique monétaire qui vise une cible d’inflation.
  • Excès de liquidité : L’excès de liquidité désigne une abondance de monnaie et de crédit qui dépasse les besoins liés aux prix des biens et services.
  • Agrégats monétaires et de crédit : Les agrégats monétaires et de crédit regroupent les mesures de la quantité de monnaie et de l’activité de crédit dans l’économie.

📝 Points essentiels

  • Le NAIRU correspond au niveau de chômage où l’inflation n’a pas tendance à augmenter plus vite.
  • L’inflation non accélératrice implique une stabilité de l’inflation dans le temps, sans accélération durable.
  • L’inflation targeting a maintenu l’inflation proche de la cible en moyenne sur 1999-2008.
  • Sur 1999-2008, la variabilité de l’inflation est restée faible malgré la crise financière.
  • La mise en œuvre de l’inflation targeting s’est traduite par un excès de liquidité et des taux d’intérêt trop bas.
  • Les banques centrales ont moins surveillé les agrégats monétaires et de crédit, alors que M3 et le crédit ont repris fortement de 1999 à 2008.

💡 Astuce mémo

NAIRU = chômage “OK” : l’inflation ne s’accélère pas (sinon elle accélère).

📖 8. Neutralité de la monnaie à long terme

🔑 Notions clés & Définitions

  • Neutralité de la monnaie : Idée selon laquelle la monnaie n’affecte pas les variables réelles à long terme, seulement le niveau des prix.
  • Stabilité des prix : Objectif de politique monétaire centré sur le contrôle de l’inflation, sans garantie directe de stabilité financière.
  • Stabilité financière : Capacité du système financier à éviter des déséquilibres (bulles, crises) et à maintenir un fonctionnement normal.
  • Monnaie de base : Liquidité fournie au système bancaire, qui sert de base aux mécanismes monétaires et aux refinancements.
  • Canaux de transmission monétaire : Mécanismes reliant la politique monétaire (taux, liquidité) aux décisions de crédit et à l’activité réelle.

📝 Points essentiels

  • La neutralité de la monnaie à long terme est mise en cause car la politique monétaire influence aussi la stabilité financière via les prix d’actifs et le crédit.
  • La stabilité des prix ne suffit pas à assurer la stabilité financière, car des bulles peuvent se former même quand l’inflation est maîtrisée.
  • L’excès de liquidité peut se déplacer entre classes d’actifs, favorisant la succession de bulles déstabilisantes.
  • Le trading algorithmique amplifie les déséquilibres en renforçant la volatilité des prix des actifs.
  • Après 2008, les politiques non conventionnelles augmentent fortement la monnaie de base, mais la reprise du crédit ne se matérialise pas.
  • Le lien entre monnaie de base et masse monétaire (M3) est rompu : malgré la hausse de la liquidité bancaire, la croissance de M3 reste modérée.

💡 Astuce mémo

Prix d’actifs + crédit ≠ neutralité : la monnaie agit sur les bulles même quand l’inflation reste faible.

📖 9. Courbe d’offre globale selon flexibilité des salaires

🔑 Notions clés & Définitions

  • Flexibilité des salaires : Concept décrivant l’ajustement des salaires aux conditions du marché, qui influence l’offre et l’emploi via la dynamique des coûts.
  • Courbe d’offre globale : Courbe reliant la production offerte au niveau des prix et des coûts, en tenant compte des rigidités ou de la flexibilité des salaires.
  • Rigidités salariales : Caractéristique d’un marché du travail où les salaires s’ajustent lentement, ce qui peut empêcher l’économie de revenir rapidement à son potentiel.
  • Taux zéro : Situation où les taux directeurs ou de refinancement sont proches de zéro, réduisant le coût du financement mais pouvant limiter la transmission au crédit.
  • QE zone euro : Quantitative easing de la BCE, visant à soutenir la liquidité et les conditions financières, avec des effets jugés mitigés sur l’inflation et le crédit.

📝 Points essentiels

  • Le crédit et l’inflation restent faibles malgré l’augmentation de la liquidité bancaire et la baisse des taux d’intérêt.
  • Le lien entre monnaie de base (liquidité bancaire) et masse monétaire (croissance de M3) est décrit comme rompu, avec une croissance modérée.
  • L’inflation reste inférieure à la cible de 2% et peut devenir négative en 2015 (déflation).
  • Le QE et les politiques non conventionnelles sortent la zone euro de la déflation en 2015-2016 mais ne permettent pas de rejoindre durablement 2%.
  • Le redressement de l’activité économique reste proche du taux de croissance potentiel, qui a baissé.
  • Le canal du crédit échoue face à la réticence des banques (bilans fragiles, créances douteuses, désendettement) et à la réticence du secteur privé à emprunter (endettement élevé, désendettement).

💡 Astuce mémo

Si les salaires ne s’ajustent pas vite, l’économie “bloque” : liquidité ↑ mais crédit et inflation n’avancent pas (canaux de transmission cassés).

📖 10. Courbe de demande globale issue de IS LM

🔑 Notions clés & Définitions

  • IS-LM : Modèle macroéconomique reliant le marché des biens (IS) et le marché monétaire (LM) pour déterminer le niveau de production et de taux d’intérêt compatibles.
  • Demande globale : Grandeur qui résume la demande adressée à l’économie et qui dépend notamment de la consommation, de l’investissement et des conditions financières.
  • Politique monétaire non conventionnelle : Ensemble de mesures qui va au-delà des taux directeurs, notamment via achats d’actifs, pour influencer les conditions financières quand les taux proches de zéro ne suffisent plus.
  • Taux zéro : Situation où les taux d’intérêt nominaux sont maintenus très proches de 0, ce qui limite la marge de manœuvre et peut modifier le comportement de détention de monnaie.
  • Policy-mix expansif : Combinaison de politiques budgétaire et monétaire visant à soutenir simultanément la demande et à amortir un choc macroéconomique.

📝 Points essentiels

  • Dans IS-LM, la politique monétaire agit via les conditions monétaires (taux d’intérêt et liquidité) et déplace la demande globale compatible avec l’équilibre macroéconomique.
  • Le maintien de taux de refinancement nuls s’accompagne d’un crédit qui ne repart pas vraiment, sauf dans l’immobilier, ce qui alimente des bulles et l’instabilité financière.
  • Les politiques très expansionnistes ont été poursuivies tant que l’objectif d’inflation n’était pas atteint, ce qui pose la question du lien entre croissance de la monnaie et inflation.
  • On observe une dé-corrélation entre monnaie de base et masse monétaire malgré des taux négatifs sur les réserves, car le crédit reste faible tandis que M2/M3 augmente modérément.
  • Le maintien de taux proches de zéro peut augmenter l’encaisse désirée, ce qui absorbe une partie de l’augmentation de M2/M3 et réduit la vitesse de circulation.
  • Dans le policy-mix Covid, les chocs d’offre et de demande se renforcent, puis la relance de la demande limite la perte de production à court terme mais peut créer des tensions inflationnistes si l’offre est peu élastique

💡 Astuce mémo

IS-LM = IS pour la demande des biens, LM pour la monnaie : taux bas → encaisse désirée ↑ → vitesse ↓ → crédit freiné (bulles possibles).

📖 11. Équilibre AS AD et ajustements court long terme

🔑 Notions clés & Définitions

  • Quantitative easing (QE) : Politique monétaire non conventionnelle où la banque centrale achète des titres pour augmenter la monnaie de base et influencer l’activité et les prix.
  • Nouveau quantitative easing : Version post-Covid où les achats de dette liée à la crise se traduisent par une accélération plus forte de la création monétaire et un choc de demande.
  • Helicopter money : Idée selon laquelle la création monétaire issue du financement public se diffuse directement dans l’économie réelle, pouvant accélérer l’inflation.
  • Dominance fiscale : Situation où la politique monétaire est contrainte par les besoins de financement public, ce qui peut accroître l’instabilité financière et l’inflation.
  • Choc d’offre : Perturbation qui augmente les coûts ou réduit la production (goulots d’étranglement, énergie), poussant les prix vers le haut.

📝 Points essentiels

  • Avant-Covid, l’excès de liquidité du QE s’est surtout logé sur les marchés financiers plutôt que dans la masse monétaire et les crédits.
  • Le « nouveau QE » post-Covid se distingue car les banques centrales achètent la dette Covid à l’État, ce qui finance chômage partiel et entreprises.
  • En zone euro, la croissance de M1 et M3 s’accélère fortement en 2020 puis ralentit ensuite (M1: +15,8% en 2020 puis -7,5% en 2023).
  • Le risque inflationniste dépend de l’usage de la monnaie: encaisses de précaution (moins d’inflation) ou dépenses en biens et services (plus d’inflation).
  • Après-Covid, deux risques dominent: crise de dette si les achats cessent (hausse des taux, insolvabilité possible) et instabilité si la banque centrale subit la dominance fiscale.
  • Entre mi-2021 et 2024, l’inflation s’accélère après une période où elle restait sous la cible malgré une politique monétaire expansive (2008-début 2021).

💡 Astuce mémo

QE ancien = liquidité marchés; QE nouveau = dette Covid → monnaie → demande.

📖 12. Théorie des anticipations rationnelles et politiques

🔑 Notions clés & Définitions

  • Volatilité des prix du pétrole : Phénomène de fortes variations des prix du pétrole qui ne s’explique pas uniquement par l’offre et la demande.
  • Financiarisation des matières premières : Renforcement du rôle de la finance dans les marchés de matières premières, amplifié par l’excès de liquidité.
  • Nouveau QE : Programme d’assouplissement quantitatif lié à la crise du Covid, distinct du QE précédent et associé à une dynamique monétaire accélérée.
  • Choc de demande : Situation où l’inflation provient d’un excès de demande, ce qui appelle une politique monétaire restrictive.
  • Choc d’offre : Situation où l’inflation vient d’une insuffisance de l’offre, notamment via des prix relatifs de l’énergie qui se diffusent aux autres prix.

📝 Points essentiels

  • Les fluctuations de l’offre et de la demande ne suffisent pas à expliquer les variations de prix, car la hausse précède le conflit en Ukraine.
  • La financiarisation des matières premières peut amplifier les mouvements de prix, notamment quand la liquidité est excessive.
  • Une hausse généralisée des matières premières pose la question reprise économique vs spéculation financière.
  • Le nouveau QE s’accompagne d’une accélération de la création monétaire malgré l’augmentation de la monnaie de base.
  • La politique monétaire restrictive réduit la demande et peut faire reculer l’inflation, qu’elle vienne d’un choc de demande ou d’un choc d’offre.
  • Le délai de transmission de la politique monétaire restrictive vers la baisse de l’inflation est d’environ un an ou plus, conforme aux observations passées.

💡 Astuce mémo

Demande→taux↑; Offre-énergie→prix relatifs→taux↑ aussi; dans tous les cas, l’effet sur l’inflation arrive avec ~1 an de retard.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1960baisse régulière du chômage aux États-Unis associée à une hausse régulière de l’inflation
1999-2008période où l’inflation targeting maintient l’inflation proche de la cible en moyenne
2008-?dynamique de la crise bancaire et financière (crise 2008 et suite)

📊 Tableaux de synthèse

Courbe de Phillips : court terme vs long terme (anticipations)

HorizonRelationRésultat
Court termep = p* (agents prennent conscience avec retard)courbe de Phillips apparaît temporairement
Long termep = p* (anticipations ajustées)courbe de Phillips verticale à long terme
Trade-offinflation non anticipée seulementtrade-off temporaire, pas permanent

Effets d’une expansion monétaire : court terme vs long terme

HorizonEffetsÉquilibre
Court termeproduction et prix augmentent (effet quantité puis effet prix)AD se déplace vers la droite, Y et P plus élevés
Moyen/long termeeffet quantité disparaît, monnaie neutreY revient à Yn, i revient au niveau initial

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre corrélation et causalité dans la courbe de Phillips (ex. p = α − βU présenté comme confusion entre corrélation et causalité).
  2. Croire qu’une politique monétaire peut maintenir durablement le chômage au-dessous du taux naturel (trade-off seulement temporaire via inflation non anticipée).
  3. Mélanger salaires nominaux et salaires réels : la critique monétariste/Phillips insiste sur le rôle des anticipations et de la confusion salaires nominaux/réels.
  4. Penser que la monnaie n’agit pas du tout à long terme : la neutralité vaut à long terme pour les variables réelles, mais l’inflation reste un phénomène monétaire.
  5. Interpréter l’inflation targeting comme garantissant automatiquement la stabilité financière : le cours montre l’excès de liquidité et les bulles possibles.
  6. Croire que la hausse de monnaie de base implique mécaniquement une hausse de M3 et du crédit : le lien peut être rompu (crédit faible, encaisse désirée élevée).
  7. Confondre choc d’offre et choc de demande : l’inflation d’offre (énergie) se transmet via prix relatifs, alors que l’inflation de demande appelle une politique restrictive.

✅ Checklist Examen

  1. Expliquer pourquoi, dans la lecture keynésienne IS/LM à prix fixes, la monnaie a peu d’importance et comment la transmission passe par une relation inverse monnaie–taux d’intérêt.
  2. Définir trappe à liquidité et conclure sur l’efficacité limitée de la politique monétaire sur le taux d’intérêt et donc sur l’activité.
  3. Présenter la logique de la courbe de Phillips : excès de demande sur le marché du travail, lien chômage–variation des salaires nominaux, puis remplacement par variation des prix.
  4. Donner les formes de la courbe de Phillips et de la courbe augmentée (avec anticipations) et interpréter le rôle de p* dans le mécanisme.
  5. Expliquer NAIRU : chômage compatible avec inflation non accélératrice, et relier le signe de (U − U*) à celui de (p_t − p_{t-1}) selon le cours.
  6. Relier excès de demande à l’ajustement des salaires/coûts et au déplacement de la courbe AS de court terme (gauche si surchauffe, droite si récession).
  7. Décrire la disparition/inversion de la courbe de Phillips via neutralité monétaire et ajustements AS/AD : court terme (quantité) puis long terme (prix).
  8. Expliquer la critique monétariste : effets de la monnaie sur les taux d’intérêt (liquidité, revenu, Fisher) et conclusion sur la faiblesse du taux d’intérêt comme indicateur.
  9. Exposer le mécanisme Friedman : anticipations adaptatives, inflation non anticipée, courbe de Phillips temporaire et verticale à long terme.
  10. Présenter la mise en œuvre de la politique monétaire : discrétion vs règle, Barro-Gordon (crédibilité), inflation targeting et règle de Taylor (structure et indicateurs).
  11. Analyser la crise financière et le rôle de l’excès de liquidité : inflation targeting et instabilité financière (bulles, crédit, agrégats de crédit).
  12. Expliquer les politiques non conventionnelles (QE, credit easing, taux zéro) et pourquoi la monnaie de base peut ne pas relancer crédit/M3 (encaisse désirée, canaux qui fonctionnent mal).
  13. Décrire le policy-mix Covid : double choc offre/demande, nouveau QE/helipcopter money, accélération de M1/M3 en 2020 puis question de l’après-Covid.
  14. Exposer l’origine de l’accélération de l’inflation 2021-2024 : chocs d’offre (énergie/goulots) vs choc de demande, financiarisation des matières premières, et délai de transmission d’environ un an de la politique monetae

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Les fondamentaux de la macroéconomie monétaire avec 24 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Dans la lecture keynésienne IS/LM à prix fixes, par quel mécanisme la monnaie transmet-elle principalement ses effets à l’activité ?

2. Pourquoi la politique monétaire devient-elle peu efficace en situation de trappe à liquidité ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Les fondamentaux de la macroéconomie monétaire avec 24 flashcards interactives.

Rôle de la monnaie dans l’équilibre ?

Influence limitée à court terme, surtout via taux d’intérêt.

Modèle IS/LM — rôle ?

Déterminer production et taux d’intérêt d’équilibre.

Courbe de Phillips — relation ?

Inverse à court terme entre chômage et inflation.

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