📋 Plan du Cours
- Précurseurs classiques de la croissance
- Division du travail et accumulation du capital
- Croissance vouée à s’éteindre chez Ricardo
- Croissance chez J A Schumpeter
- Théorie d’Allyn Young
- Loi des débouchés et croissance déséquilibrée
- Modèle keynésien de croissance déséquilibrée
- Modèle de Solow : hypothèses néoclassiques
- Accumulation du capital et état stationnaire
- Règle d’or et maximisation de la consommation
- Croissance démographique et niveau de vie
- Progrès technique et croissance à long terme
📖 1. Précurseurs classiques de la croissance
🔑 Notions clés & Définitions
- Division du travail : Notion classique reliant la croissance à la spécialisation des tâches, qui augmente l’efficacité productive.
- Accumulation du capital : Notion classique selon laquelle la croissance provient de l’augmentation du stock de capital utilisé dans la production.
- Croissance vouée à s’éteindre : Idée classique selon laquelle la dynamique de croissance finit par ralentir puis s’épuiser sous l’effet de mécanismes internes au système.
- Schumpeter : Auteur associé à une vision de la croissance portée par l’innovation et les transformations économiques.
- Allyn Young : Auteur associé à une théorie où la croissance dépend fortement des effets liés à l’extension des activités et des rendements.
📝 Points essentiels
- Les classiques expliquent la croissance par l’interaction entre division du travail et accumulation du capital.
- La division du travail accroît la productivité en rendant la production plus efficace grâce à la spécialisation.
- L’accumulation de capital augmente la capacité productive et soutient la croissance à court terme.
- La dynamique classique est présentée comme instable dans le temps : la croissance tend à s’éteindre plutôt qu’à durer indéfiniment.
- Schumpeter met l’accent sur le rôle moteur de l’innovation dans la croissance économique.
- La théorie d’Allyn Young insiste sur des mécanismes de croissance liés à l’expansion des activités et à leurs effets d’entraînement.
💡 Astuce mémo
Division du travail + capital = moteur classique ; innovation (Schumpeter) et effets d’expansion (Young) = moteurs alternatifs.
📖 2. Division du travail et accumulation du capital
🔑 Notions clés & Définitions
- Division du travail : Notion économique selon laquelle la spécialisation des tâches augmente la productivité et soutient la croissance.
- Accumulation d’épargne : Processus par lequel les agents mettent de côté des ressources, permettant ensuite de financer des investissements.
- Taux de profit : Indicateur reliant la rentabilité des entreprises à l’accumulation de capital et à l’évolution de la croissance.
- Baisse tendancielle du taux de profit : Idée selon laquelle la rentabilité des entreprises diminue progressivement avec le temps, jusqu’à provoquer des crises.
- Destruction créatrice : Mécanisme schumpétérien où l’innovation rend obsolètes des activités existantes tout en en créant de nouvelles.
📝 Points essentiels
- Pour Adam Smith, la division du travail accroît la productivité, ce qui entraîne une hausse du PIB.
- Pour Ricardo, l’accumulation d’épargne finance les investissements nécessaires à la croissance via le rôle des banques.
- Chez Smith et Ricardo, la concurrence pousse les entreprises à réaliser des gains de productivité et à utiliser efficacement les ressources.
- Chez Ricardo, l’accumulation de capital stimule aussi la population, ce qui conduit à cultiver des terres moins productives et à faire monter les coûts.
- Pour Ricardo, la hausse des salaires réduit les profits et augmente la rente foncière, ce qui finit par faire s’éteindre la croissance.
- Pour Marx, l’accumulation de capital réduit la plus-value et donc le profit à long terme, ce qui alimente une baisse tendancielle du taux de profit et des crises.
💡 Astuce mémo
Smith : spécialisation → productivité → PIB ; Ricardo : épargne → investissement (banques) puis profits → pression (salaires) ; Marx : accumulation → plus-value ↓ → profit ↓ → crise.
📖 3. Croissance vouée à s’éteindre chez Ricardo
🔑 Notions clés & Définitions
- Monopole temporaire : Situation où un entrepreneur bénéficie d’un avantage concurrentiel seulement pendant un temps, car les autres finissent par imiter l’innovation.
- Crépuscule de l’entrepreneur : Idée selon laquelle la concentration des entreprises et la bureaucratisation affaiblissent l’esprit d’innovation des entrepreneurs.
- Innovations de laboratoire : Vision où l’innovation provient davantage d’équipes et de laboratoires d’entreprises que de l’initiative d’un seul individu.
- Rendements croissants : Propriété selon laquelle l’augmentation de l’échelle de production peut accroître la productivité et le volume produit.
- Dynamique cumulative marché-technique : Mécanisme reliant la taille du marché et le progrès technique dans une boucle qui s’auto-renforce.
📝 Points essentiels
- Le monopole lié à une innovation est provisoire car l’imitation par les autres entrepreneurs réduit l’avantage jusqu’à saturation du marché.
- Les innovations sont présentées comme un moteur des cycles longs du capitalisme dans l’analyse de Schumpeter.
- La concentration très forte des entreprises, combinée à une bureaucratisation de masse, est vue comme une menace pour l’innovation et l’esprit capitaliste.
- Le « crépuscule de l’entrepreneur » décrit un déplacement de l’innovation vers des laboratoires d’entreprise plutôt que vers un esprit individuel.
- Le modèle d’Allyn Young (1928) intègre des rendements croissants pour soutenir une croissance durable.
- La croissance vient d’une dynamique cumulative : plus le marché est grand, plus on utilise les machines, ce qui accroît les revenus et relance la taille du marché.
💡 Astuce mémo
Monopole = feu de paille : imitation → saturation ; puis innovation déplacée vers laboratoires ; croissance = boucle marché↔machines (revenus↗, marché↗).
📖 4. Croissance chez J A Schumpeter
🔑 Notions clés & Définitions
- Épargne : L’épargne correspond à la partie du revenu non consommée et elle peut être mobilisée pour financer des investissements.
- Investissement : L’investissement regroupe les dépenses qui augmentent les capacités de production et génèrent aussi des revenus via les fournisseurs et salariés.
- Effet de capacité : L’effet de capacité décrit l’augmentation des capacités de production permise par l’investissement (par exemple l’achat de machines).
- Effet de revenu : L’effet de revenu désigne les revenus créés par l’investissement, qui peuvent ensuite soutenir la demande d’autres entreprises.
- Effet multiplicateur : L’effet multiplicateur correspond au fait que des revenus supplémentaires issus d’investissements stimulent la demande et donc l’activité d’autres producteurs.
📝 Points essentiels
- Dans la logique classique, l’épargne finance les investissements et tout écart entre épargne et investissement est corrigé par la variation du taux d’intérêt (prix des fonds prêtables).
- Dans la vision keynésienne, l’épargne est vue comme la différence entre revenu et consommation, et la demande devient le moteur de la production.
- Le modèle de Harrod-Domar sert surtout à expliquer la durée de la croissance et la difficulté de la modéliser, plutôt que ses causes exactes.
- L’investissement a deux effets : un effet de capacité (capacités de production) et un effet de revenu (revenus qui stimulent la demande).
- Pour Domar, si l’effet de revenu dépasse l’effet de capacité, l’offre ne suit pas la demande et cela crée des tensions inflationnistes ; si l’effet de capacité dépasse l’effet de revenu, cela mène à une surproduction et,
💡 Astuce mémo
Revenu vs Capacité : Revenu > Capacité → inflation ; Capacité > Revenu → déflation.
📖 5. Théorie d’Allyn Young
🔑 Notions clés & Définitions
- Croissance déséquilibrée : La croissance déséquilibrée apparaît quand le taux de croissance effectif observé ne correspond pas au taux de croissance nécessaire, ce qui entraîne des trajectoires instables.
- Sous-estimation des débouchés : La sous-estimation des débouchés correspond au fait que les entreprises anticipent trop peu de ventes futures, ce qui crée un excès de demande et pousse à produire davantage ensuite.
- Surestimation des débouchés : La surestimation des débouchés correspond au fait que les entreprises anticipent trop de ventes futures, ce qui provoque un manque de demande et une production en baisse amplifiée.
- Effet multiplicateur : L’effet multiplicateur désigne le mécanisme par lequel une variation initiale de revenus et de demande se propage et s’amplifie dans l’économie.
- Chômage persistant : Le chômage persistant est une situation où la croissance économique n’aboutit pas à un emploi pour tous, notamment à cause du décalage entre croissance de l’activité et croissance de la population active.
📝 Points essentiels
- La croissance peut être régulière seulement si le taux de croissance effectif observé est égal au taux de croissance nécessaire, ce qui est rare en pratique.
- Les anticipations d’investissement des entreprises ne coïncident pas avec les comportements d’épargne des agents, ce qui rend l’égalité des taux improbable.
- En cas de sous-estimation des débouchés, l’excès de demande conduit les entreprises à produire davantage dans les périodes suivantes, et l’effet multiplicateur amplifie revenus et demande.
- En cas de surestimation des débouchés, le manque de demande conduit les entreprises à produire moins, et l’effet multiplicateur amplifie la baisse de demande et de revenus jusqu’à une dépression.
- La croissance peut s’accompagner d’un chômage persistant car la croissance de la population active est indépendante du taux de croissance nécessaire, et la sous-estimation des débouchés réduit mécaniquement les embauches
- Le modèle attribue un rôle important à l’État pour stimuler la demande globale via des dépenses budgétaires et limiter le risque de sous-estimation des débouchés.
💡 Astuce mémo
Sous-estimation → excès de demande → production ↑ → multiplicateur ↑ ; Surestimation → demande ↓ → production ↓ → multiplicateur ↓ ; Population active découplée → chômage possible.
📖 6. Loi des débouchés et croissance déséquilibrée
🔑 Notions clés & Définitions
- Investissement net : L’investissement net correspond à la partie de l’investissement qui s’ajoute réellement au stock de capital après prise en compte de l’amortissement.
- Amortissement : L’amortissement représente les dépenses de remplacement du capital devenu obsolète ou cassé, ce qui réduit le stock de capital.
- État stationnaire : L’état stationnaire est la situation où l’investissement et l’amortissement s’équilibrent, stabilisant le capital par travailleur.
- Croissance déséquilibrée : La croissance déséquilibrée décrit le fait qu’une hausse du capital par travailleur peut d’abord accélérer la production, puis être freinée par la dépréciation et les rendements décroissants.
📝 Points essentiels
- Le stock de capital évolue avec l’investissement et diminue avec l’amortissement, car les entreprises achètent du capital et doivent aussi remplacer le capital usé.
- La variation du capital par travailleur vérifie δk=sf(k)−δ′k, où δ′k mesure l’amortissement.
- Si sf(k)>δ′k, alors le capital par travailleur augmente, car l’investissement dépasse l’amortissement.
- Si sf(k)<δ′k, alors le capital par travailleur diminue, car l’amortissement dépasse l’investissement.
- On converge vers un état stationnaire tel que sf(k)=δ′k, ce qui fixe un niveau k∗ de capital par travailleur.
- L’accumulation de capital favorise la croissance la plus rapide dans les phases initiales, mais l’augmentation du capital finit par être rattrapée par l’amortissement via les rendements décroissants.
💡 Astuce mémo
Investissement vs amortissement : au-dessus → k monte, au-dessous → k baisse, égalité → état stationnaire k∗.
📖 7. Modèle keynésien de croissance déséquilibrée
🔑 Notions clés & Définitions
- Croissance démographique : La croissance démographique augmente le facteur travail, ce qui peut prolonger la croissance une fois l’état stationnaire atteint.
- Stock de capital par travailleur : Le stock de capital par travailleur mesure combien de capital est disponible pour chaque travailleur et conditionne le niveau de vie.
- Progrès technique : Le progrès technique accroît la productivité du travail, ce qui élève la production et le revenu par tête à long terme.
- Phénomène exogène : Un phénomène exogène est expliqué par des facteurs extérieurs au modèle, sans être dérivé de ses mécanismes internes.
- Rattrapage technologique : Le rattrapage technologique correspond au fait que des pays en retard rattrapent plus vite grâce à l’adoption de techniques plus avancées.
📝 Points essentiels
- Une fois l’état stationnaire atteint, la croissance peut continuer grâce à l’augmentation du travail via la démographie.
- La hausse de population tend à réduire le capital par travailleur, ce qui impose une épargne supplémentaire pour maintenir le stock par tête.
- L’épargne additionnelle doit à la fois remplacer le capital usé et équiper les nouveaux travailleurs.
- Même si la croissance se poursuit, le niveau de vie par travailleur ne progresse pas car le revenu par travailleur reste inchangé.
- Le progrès technique augmente la productivité du travail, donc la production et le revenu par tête, à taux d’épargne inchangé.
- Dans ce cadre, le progrès technique n’est pas expliqué par Solow : il est traité comme exogène.
💡 Astuce mémo
Démographie = plus de travailleurs → capital par tête baisse → épargne en plus, mais revenu par tête inchangé ; Progrès technique = hausse durable du revenu par tête.
📖 8. Modèle de Solow : hypothèses néoclassiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Hypothèses néoclassiques : En économie, ce sont des hypothèses de fonctionnement du marché qui servent de base aux modèles de croissance néoclassiques.
- Convergence conditionnelle : La convergence conditionnelle décrit l’idée que les pays convergent seulement s’ils partagent des caractéristiques structurelles proches.
- Progrès technique : Le progrès technique est le moteur central de la croissance dans le modèle de Solow, mais il n’est pas expliqué par le modèle lui-même.
- Résidu de Solow : Le résidu de Solow est la part de la croissance non expliquée par l’accumulation des facteurs et associée à la productivité globale.
- Paradoxe de Lucas : Le paradoxe de Lucas affirme que l’accumulation de capital ne conduit pas à la convergence attendue car les capitaux étrangers ne vont pas vers les pays pauvres pour des raisons institutionnelles.
📝 Points essentiels
- Les hypothèses du marché néoclassique ne sont pas vérifiées aujourd’hui et ont rarement été testées empiriquement.
- La convergence entre pays n’apparaît que si les pays ont des caractéristiques structurelles similaires, ce qui renvoie à l’idée de « clubs de convergence ».
- Dans Solow, le déterminant majeur de la croissance est le progrès technique, mais ses déterminants ne sont pas explicités dans le modèle.
- Lors d’une tentative d’explication de la croissance des Trente Glorieuses, environ la moitié de la croissance est attribuée à l’accumulation des facteurs, le reste restant un résidu.
- Le résidu correspond à l’augmentation de la productivité globale des facteurs, qualifiée par Abramovitz de « mesure de notre ignorance ».
- Barro et Sala-i-martin résument la limite en disant que le modèle explique tout sauf la croissance, faute de théorisation du progrès technique.
💡 Astuce mémo
Convergence = mêmes structures ; Solow = capital explique une partie, le reste = « ignorance » (résidu) ; Lucas = pas de capitaux vers pauvres → pas de convergence.
📖 9. Accumulation du capital et état stationnaire
🔑 Notions clés & Définitions
- Capital humain : Le capital humain désigne les compétences et connaissances des individus, dont l’accumulation soutient la croissance via la productivité.
- Capital public : Le capital public regroupe les infrastructures et services fournis par les pouvoirs publics, qui améliorent la productivité de l’économie.
- Recherche et développement : La recherche et développement correspond aux activités visant à produire de nouvelles connaissances et innovations, moteur de la croissance endogène.
- Capital-connaissance : Le capital-connaissance est l’ensemble des connaissances issues de la production et des innovations des entreprises, qui entretient la croissance.
- Externalité positive de la connaissance : Une externalité positive de la connaissance apparaît quand les innovations d’une entreprise rendent l’ensemble de l’économie plus productive.
📝 Points essentiels
- Les politiques structurelles sont présentées comme la source principale de la croissance, contrairement aux politiques conjoncturelles qui stimulent peu durablement.
- Les investissements en capital humain, capital public et R&D sont décrits comme les plus favorables à la croissance car ils relèvent de l’État pour éviter un sous-investissement privé dans le capital public.
- Dans le modèle de Romer, la croissance est auto-entretenue par l’accumulation du capital-connaissance dans l’économie.
- Le capital-connaissance provient à la fois de l’activité productive des entreprises et de leurs efforts d’innovation.
- Les rendements marginaux du capital sont décroissants au niveau privé mais peuvent devenir croissants au niveau public grâce aux externalités positives de la connaissance.
- L’État doit favoriser l’investissement en innovation pour que les efforts des entreprises deviennent rentables, car les bénéfices sont en partie sociaux et non privés.
💡 Astuce mémo
Connaissance = entreprise + diffusion : privé décroît, public croît (externalité).
📖 10. Règle d’or et maximisation de la consommation
🔑 Notions clés & Définitions
- Capital public : Le capital public désigne les infrastructures et équipements financés par l’État qui améliorent la productivité du capital privé.
- Productivité marginale du capital privé : La productivité marginale du capital privé mesure l’augmentation de production due à une unité supplémentaire de capital privé, toutes choses égales par ailleurs.
- Taille optimale de l’État : La taille optimale de l’État est le niveau de dépenses publiques qui maximise la croissance en équilibrant effets positifs et effets négatifs sur l’investissement.
- Capital humain : Le capital humain correspond au stock de connaissances et savoir-faire économiquement valorisables incorporé aux individus.
- Externalités positives du capital humain : Les externalités positives du capital humain sont des retombées bénéfiques pour l’ensemble de l’économie quand les travailleurs sont plus qualifiés.
📝 Points essentiels
- Le capital public augmente la productivité du capital privé, par exemple via des infrastructures de transport mieux entretenues.
- Dans le modèle de Solow, la baisse de la productivité marginale du capital privé peut être compensée par l’accumulation de capital public.
- Au niveau agrégé, cette compensation peut conduire à des rendements constants, mais elle dépend du niveau des dépenses publiques.
- Si les dépenses publiques sont trop élevées, l’épargne baisse car elles ponctionnent les revenus, ce qui limite l’investissement privé et réduit les retombées sociales.
- Pour Barro, il existe un niveau optimal de l’État qui maximise la croissance en tenant compte de cet arbitrage.
- Le capital humain est défini comme un stock de connaissances et savoir-faire valorisables incorporé aux agents, au sens de Becker (1964).
💡 Astuce mémo
Capital public = productivité privée; trop d’État = moins d’épargne = moins d’investissement; donc taille optimale pour maximiser la croissance.
📖 11. Croissance démographique et niveau de vie
🔑 Notions clés & Définitions
- Capital humain : Le capital humain désigne les compétences et connaissances qui peuvent augmenter la productivité et soutenir la croissance économique.
- Trappe à sous-développement : La trappe à sous-développement est un mécanisme où un pays reste durablement à faible niveau de développement faute d’atteindre un seuil minimal d’éducation.
- Théorie du signal : La théorie du signal explique que l’éducation peut servir surtout à révéler la productivité d’individus déjà performants plutôt qu’à la créer.
- Job market signaling : Le job market signaling est l’idée que les études fonctionnent comme un signal crédible pour les employeurs sur la productivité des candidats.
- Surinvestissement éducatif : Le surinvestissement éducatif correspond à un excès d’études, notamment dans le supérieur, qui peut réduire la valeur des diplômes sur le marché du travail.
📝 Points essentiels
- Les effets positifs du capital humain ne se manifestent pleinement qu’après un niveau minimum d’éducation atteint dans l’économie.
- En dessous du seuil éducatif, les rendements sont plus faibles et le risque de trappe à sous-développement augmente.
- Les différences de taux d’alphabétisation peuvent contribuer à expliquer les écarts de croissance entre pays.
- Barro et Sala-I-Martin (1995) trouvent une corrélation positive entre le nombre moyen d’années de scolarisation et la croissance future, ainsi qu’entre dépenses publiques d’éducation et croissance.
- Une causalité inverse est possible : la croissance peut financer l’éducation et les dépenses publiques éducatives.
- Meghir et Palme (2005) estiment qu’une hausse d’une année des durées moyennes de scolarité au secondaire augmente le salaire moyen d’environ 10%.
💡 Astuce mémo
Seuil éducatif → rendements faibles → trappe ; études = signal (Spence) ou surinvestissement (Freeman).
📖 12. Progrès technique et croissance à long terme
🔑 Notions clés & Définitions
- Modèle Aghion-Howitt : Modèle de croissance qui explique la croissance de long terme par l’innovation et la destruction créatrice, en reliant productivité, concurrence et R&D.
- Destruction créatrice : Mécanisme selon lequel de nouvelles innovations rendent les anciennes technologies obsolètes, ce qui transforme la structure productive et la productivité.
- Frontière technologique : Niveau de développement où un pays est proche des meilleures technologies mondiales, ce qui change le moteur de la croissance vers l’innovation plutôt que le rattrapage.
- Rente de monopole de l’innovation : Motivation de la R&D : les entrepreneurs investissent pour obtenir un pouvoir de marché temporaire lié à l’innovation réussie.
- Externalités de la R&D : Effets indirects de la recherche qui font diverger le gain social et le gain privé, pouvant provoquer sous- ou surinvestissement.
📝 Points essentiels
- Sans innovation, l’économie tend vers la stagnation à long terme.
- La réussite d’une innovation est aléatoire, mais elle dépend d’un contexte favorable (investissements, protection des droits de propriété).
- Le taux de croissance dépend de l’accumulation de connaissances, mais la croissance n’est pas régulière à cause de l’aléa de l’innovation.
- La productivité progresse soit par innovation « à la frontière », soit par imitation de technologies plus avancées.
- Plus un pays se rapproche de la frontière technologique, plus l’innovation devient le moteur et remplace le rattrapage par imitation.
- À la frontière, stimuler la concurrence entre entreprises est essentiel pour déclencher davantage d’innovation.
💡 Astuce mémo
Innovation = moteur; frontière = concurrence; aléa = croissance irrégulière; R&D = rente; externalités = mauvais niveau d’investissement.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1776 | A. Smith, La richesse des nations (division du travail et croissance de la productivité) |
| 1817 | D. Ricardo, Principes d’économie politique et de l’impôt (accumulation d’épargne et croissance) |
| 1912 | J. A. Schumpeter, Théorie du développement économique (croissance par innovation et destruction créatrice) |
| 1928 | Allyn Young, Increasing returns and economic progress (rendements croissants et croissance perpétuellement entretenue) |
| 1956 | R. Solow, A contribution to the theory of growth (modèle de Solow) |
| 1964 | G. Becker, Human capital : a theoretical and empirical analysis (définition du capital humain) |
| 1973 | M. Spence, Job market signaling (éducation comme signal) |
| 1986 | P. Romer, Increasing returns and long run growth (capital-connaissance) |
| 1988 | R. Lucas, On the Mechanics of Economic Development (croissance par capital humain) |
| 1990 | R. Barro, Government spending in a simple model of endogeneous growth (capital public) |
📊 Tableaux de synthèse
Moteurs de la croissance selon les auteurs classiques et alternatifs
| Auteur | Moteur principal | Mécanisme central |
|---|
| A. Smith | division du travail | croissance de la productivité donc du PIB |
| D. Ricardo | accumulation d’épargne | épargne finançant les investissements via les banques |
| Schumpeter | innovation | destruction créatrice et monopole temporaire |
| Allyn Young | rendements croissants | dynamique cumulative taille du marché ↔ progrès technique |
Keynésiens : déséquilibres et effets de l’investissement
| Situation | Comparaison des effets | Conséquence |
|---|
| Tensions inflationnistes | effet de revenu > effet de capacité | l’offre ne suit pas la demande |
| Tensions déflationnistes | effet de capacité > effet de revenu | surproduction et tensions déflationnistes |
| Croissance déséquilibrée | sous-estimation ou surestimation des débouchés | effet multiplicateur amplifie demande et revenus (emballement ou dépression) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre la loi des débouchés (Say) avec la vision keynésienne : chez Say l’offre crée la demande, alors que Keynes fait de la demande le moteur de la production.
- Croire que la croissance peut être régulière dans Harrod-Domar : elle n’est régulière que si le taux effectif égale le taux nécessaire, ce qui « arrive presque jamais » en pratique.
- Inverser les effets de Domar : revenu > capacité mène à des tensions inflationnistes, tandis que capacité > revenu mène à des tensions déflationnistes.
- Mélanger Solow et croissance endogène : dans Solow le progrès technique est exogène, alors que la croissance endogène cherche à l’expliquer par des variables du modèle.
- Penser que l’accumulation de capital suffit à long terme dans Solow : l’économie converge vers un état stationnaire car l’amortissement et les rendements décroissants limitent la croissance du capital par tête.
- Confondre capital humain et théorie du signal : Lucas insiste sur les externalités positives, tandis que Spence voit l’éducation comme un signal de productivité.
- Croire que « plus d’innovation » signifie toujours gain social : dans Aghion-Howitt, les externalités peuvent conduire à sous- ou surinvestissement en R&D selon le type d’externalité.
✅ Checklist Examen
- Expliquer comment A. Smith relie division du travail, productivité et croissance du PIB.
- Expliquer comment Ricardo relie accumulation d’épargne, financement bancaire des investissements et rôle de la concurrence.
- Décrire le mécanisme ricardien de croissance vouée à s’éteindre : terres moins productives, hausse des salaires, baisse structurelle du taux de profit.
- Expliquer la logique marxienne : accumulation → baisse de la plus-value → baisse tendancielle du taux de profit → faillites et crise finale.
- Présenter Schumpeter : entrepreneurs innovent, monopole temporaire, imitation jusqu’à saturation, puis nouveau changement ; relier à cycles longs et « crépuscule de l’entrepreneur ».
- Présenter la théorie d’Allyn Young : rendements croissants, économies d’échelle par spécialisation, variété des produits, et dynamique cumulative marché-technique.
- Expliquer la remise en cause keynésienne de la loi des débouchés : épargne comme différence revenu-consommation et demande qui stimule la production.
- Décrire Harrod-Domar : croissance régulière seulement si taux effectif = taux nécessaire, et comment sous/surestimation des débouchés déclenche emballement ou dépression via l’effet multiplicateur.
- Expliquer le modèle de Solow : hypothèses (fonction Y=f(K,L), rendements d’échelles constants, productivité marginale décroissante, I= S*Y) et équilibre travail.
- Expliquer l’accumulation du capital dans Solow : δK dépend de l’investissement et de l’amortissement, et convergence vers l’état stationnaire sf(k)=δ’k.
- Expliquer la règle d’or de Solow : choix du taux d’épargne maximisant la consommation par tête à chaque instant, avec condition reliant taux de productivité du capital et taux d’investissement.
- Expliquer les extensions de Solow : effet de la démographie (capital par travailleur baisse, épargne supplémentaire, revenu par tête inchangé) et progrès technique exogène.
- Expliquer les limites empiriques/théoriques de Solow : résidu (Abramovitz « mesure de notre ignorance ») et paradoxe de Lucas (capitaux étrangers non attirés par raisons institutionnelles).
- Présenter la croissance endogène : progrès technique endogène, absence de productivité marginale décroissante supposée, rôle de capital humain, capital public et R&D ; distinguer externalités positives (sous-invest.) et,
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