Fiche de révision : Les théories de la croissance économique

📋 Plan du Cours

  1. Définition et mesure de la croissance
  2. Premières théories classiques
  3. Keynes et la demande effective
  4. Modèle Harrod-Domar
  5. Kaldor et répartition des revenus
  6. Solow et le progrès technique
  7. Résidu et croissance endogène
  8. Romer et apprentissage collectif
  9. Lucas, Barro et Aghion-Howitt
  10. Origines du développement durable
  11. Brundtland et soutenabilité faible
  12. Soutenabilité forte et limites climatiques

📖 1. Définition et mesure de la croissance

🔑 Notions clés & Définitions

  • Croissance économique (Kuznets) : La croissance économique, selon Kuznets, correspond à une hausse durable de la capacité d’un pays à offrir à sa population un éventail de biens économiques de plus en plus large.
  • Produit par tête : Le produit par tête mesure la croissance du revenu moyen, à partir de l’agrégat de référence du PIB, pour suivre l’évolution annuelle.
  • Valeur ajoutée : La valeur ajoutée est la richesse nouvelle produite par l’entreprise, calculée comme la valeur de la production moins les consommations intermédiaires.
  • Croissance extensive : La croissance extensive correspond à une hausse de la production obtenue en mobilisant davantage de facteurs de production.
  • Croissance intensive : La croissance intensive correspond à une hausse de la production obtenue en économisant les facteurs de production.

📝 Points essentiels

  • Le taux de croissance du produit par tête est calculé à partir du PIB, somme des valeurs ajoutées des agents résidents, et fournit le taux annuel célèbre.
  • La valeur ajoutée suit la relation VA = valeur de la production − consommations intermédiaires.
  • La croissance peut s’appuyer soit sur l’accroissement des facteurs (croissance extensive), soit sur des gains d’efficacité via une économie des facteurs (croissance intensive).
  • La croissance se traduit aussi par des changements de structure (transfert de main-d’œuvre du primaire vers le tertiaire, essor du salariat, concentration, modification de la consommation).
  • La croissance s’observe également par l’évolution sociale et idéologique, ainsi que par son extension géographique permise par le progrès technique, les transports et les télécommunications.

💡 Astuce mémo

PIB = somme des VA ; VA = (production − intermédiaires) ; et la croissance peut être extensive (plus de facteurs) ou intensive (moins de facteurs).

📖 2. Premières théories classiques

🔑 Notions clés & Définitions

  • Adam Smith : Économiste classique qui explique la croissance par le travail, la division du travail et l’accumulation de capital.
  • Jean-Baptiste Say : Économiste classique qui affirme que la production crée ses propres débouchés via la loi des débouchés.
  • Thomas Malthus : Économiste classique qui relie croissance démographique et ressources à un blocage menant à un état stationnaire.
  • David Ricardo : Économiste classique qui étudie les freins à la croissance grâce aux rendements décroissants et à la rente.
  • Karl Marx : Économiste qui analyse la dynamique de la croissance capitaliste à partir de la plus-value et de ses contradictions.

📝 Points essentiels

  • Chez Adam Smith, la division du travail augmente la productivité car elle spécialise, réduit les pertes de temps et favorise une utilisation plus efficace des machines.
  • Pour Say, la loi des débouchés repose sur l’idée que produire ouvre une demande équivalente, donc une crise généralisée de surproduction est impossible.
  • Pour Malthus, la population augmente plus vite que les subsistances, ce qui crée un déséquilibre récurrent jusqu’à des catastrophes démographiques et un retour à l’équilibre.
  • Chez Ricardo, la loi des rendements décroissants explique que l’intensification sur des terres de moins en moins fertiles fait baisser la productivité si les autres facteurs ne s’améliorent pas.
  • Marx relie la croissance capitaliste à la plus-value et prévoit une baisse tendancielle du taux de profit à long terme dans un capitalisme porté par le progrès technique.

📖 3. Keynes et la demande effective

🔑 Notions clés & Définitions

  • Demande effective : La demande effective désigne le niveau de demande anticipé qui détermine le niveau d’activité et donc la croissance.
  • Préférence pour la liquidité : La préférence pour la liquidité correspond au fait que les agents gardent davantage de monnaie plutôt que d’investir ou de dépenser, ce qui freine l’activité.
  • Effet multiplicateur : L’effet multiplicateur affirme qu’une hausse initiale de la dépense (investissement, consommation ou dépenses publiques) augmente le revenu national de façon plus que proportionnelle.
  • Effet accélérateur : L’effet accélérateur indique qu’une hausse de la demande entraîne une progression plus forte de l’investissement.
  • Efficacité marginale du capital : L’efficacité marginale du capital mesure le retour attendu d’un investissement, et elle conditionne la décision d’investir.

📝 Points essentiels

  • Keynes s’oppose à l’idée d’ajustement automatique des marchés et juge la croissance instable, avec risque de sous-emploi.
  • L’équation keynésienne du revenu est Y=C+IY = C + I, où le revenu dépend de la consommation et de l’investissement.
  • La demande effective dépend notamment des prévisions, de la préférence pour la liquidité et d’anticipations négatives menant à un excès d’épargne.
  • L’État peut relancer l’activité par des politiques monétaires expansionnistes (taux d’intérêt plus bas) et des politiques budgétaires de relance (dépenses publiques, aide aux ménages, embauches).
  • Le multiplicateur et l’accélérateur relient la dépense à l’évolution du revenu et de l’investissement, ce qui renforce les variations de l’activité.
  • Pour investir, les entreprises comparent l’efficacité marginale du capital au taux d’intérêt, et l’investissement n’est possible que si l’efficacité marginale du capital est supérieure au taux d’intérêt.

💡 Astuce mémo

Demande effective → activité : Y=C+IY=C+I ; investir seulement si EMC > taux d’intérêt.

📖 4. Modèle Harrod-Domar

🔑 Notions clés & Définitions

  • Croissance instable : La croissance ne reste pas durablement sur un équilibre, car le déséquilibre entre demande et capacités de production est la norme et l’équilibre l’exception.
  • Taux de croissance effectif : Le taux de croissance effectif est la croissance réellement observée, mesurée par l’évolution du PIB.
  • Taux de croissance garanti : Le taux de croissance garanti est le taux potentiel qui assurerait l’équilibre entre l’épargne disponible et l’investissement des entreprises.
  • Sentier d’équilibre : Le sentier d’équilibre correspond à la relation entre taux de croissance garanti et taux de croissance effectif permettant le plein emploi.
  • Double effet de l’investissement : Le double effet de l’investissement distingue un impact à court terme sur la demande et un impact à long terme sur les capacités de production.

📝 Points essentiels

  • Harrod distingue un taux de croissance effectif mesuré par le PIB et un taux de croissance garanti compatible avec l’équilibre épargne-investissement.
  • Pour Harrod, il existe un écart entre le taux de croissance effectif et le taux de croissance garanti, ce qui rend la croissance naturellement instable.
  • Le modèle Harrod-Domar soutient qu’un plein emploi nécessiterait une synchronisation, difficile à obtenir sans régulation de la demande globale par l’État.
  • Domar montre que l’investissement agit d’abord comme multiplicateur en stimulant la demande puis comme facteur d’offre en augmentant les capacités de production.
  • Si la demande augmente plus vite que l’offre, le déséquilibre se traduit par de l’inflation, et s’il augmente moins vite, il se traduit par du chômage avec risque de crise déflationniste.
  • Le modèle insiste sur l’idée d’un soutien permanent de l’État, notamment via l’investissement public, pour stabiliser une croissance déséquilibrée.

💡 Astuce mémo

Harrod = écart (effectif ≠ garanti) ; Domar = double effet (demande court terme + capacités long terme).

📖 5. Kaldor et répartition des revenus

🔑 Notions clés & Définitions

  • Kaldor : Économiste qui prolonge l’analyse keynésienne en expliquant la croissance par la demande et en étudiant comment la répartition des revenus peut la soutenir.
  • Propriétaires du capital : Groupe d’agents rémunéré par des profits et qui a une propension à épargner plus élevée que celle des travailleurs.
  • Travailleurs : Groupe d’agents rémunéré par des salaires et qui contribue davantage à la consommation par une propension marginale à consommer plus élevée.
  • Impôt : Outil de politique économique permettant à l’État d’ajuster le partage salaires-profits pour agir sur l’épargne et donc sur la croissance.
  • Carré magique : Représentation graphique des objectifs simultanés de l’État en croissance équilibrée : croissance, plein emploi, stabilité des prix et équilibre extérieur.

📝 Points essentiels

  • Kaldor considère que des inégalités trop fortes menacent la croissance via une épargne excessive et un manque de consommation.
  • Kaldor sépare les agents en capitalistes (profits) et travailleurs (salaires), en affirmant que l’épargne des capitalistes est plus élevée que celle des travailleurs.
  • Une croissance équilibrée est possible si l’économie atteint une répartition optimale des revenus compatible avec l’augmentation conjointe des capacités de production et de la demande.
  • La répartition optimale ne se fait pas spontanément et nécessite une action de l’État via l’impôt pour ajuster le niveau d’épargne.
  • Kaldor demande à l’État de viser en même temps croissance, plein emploi, stabilité des prix et équilibre de la balance commerciale, regroupés dans le carré magique.

💡 Astuce mémo

Inégalités = épargne↑ donc consommation↓ : impôt pour régler salaires-profits et atteindre les 4 objectifs du carré magique.

📖 6. Solow et le progrès technique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Modèle de Solow : Modèle de croissance néoclassique qui explique l’évolution du PIB par l’accumulation du travail et du capital, en intégrant le rôle du progrès technique.
  • Fonction de production à deux facteurs : Fonction qui relie la production YY au capital KK et au travail LL, avec le savoir AA, noté Y=F(K,AL)Y=F(K,AL).
  • Productivité globale des facteurs : Part de la croissance non attribuable à la hausse du capital ni à celle du travail, associée au progrès technique.
  • Paradoxe de Solow : Constat empirique selon lequel des innovations majeures peuvent ne pas se traduire par une hausse mesurée de la productivité.
  • Progrès technique exogène : Idée selon laquelle le progrès technique provient de facteurs extérieurs au modèle économique et n’est pas déterminé par la dynamique interne de croissance.

📝 Points essentiels

  • Dans le modèle de Solow, le progrès technique améliore la productivité des travailleurs et la rentabilité du capital, ce qui empêche l’économie d’atteindre un état stationnaire strict.
  • Solow juge que ~80% de la croissance économique ne s’explique ni par l’augmentation du capital ni par celle du travail, et renvoie à la productivité globale des facteurs.
  • L’équilibre est obtenu par la substitution entre travail et capital, car ces facteurs peuvent se remplacer dans la production.
  • Solow explique l’absence d’impact immédiat des innovations par des délais d’adaptation, d’apprentissage et par la capacité des institutions à les exploiter.
  • Le paradoxe de Solow se résout en partie quand on observe des gains de productivité liés aux TIC, à condition qu’il y ait appropriation et apprentissage.

💡 Astuce mémo

Ordinateurs partout, mais productivité dans les statistiques seulement avec apprentissage et institutions.

📖 7. Résidu et croissance endogène

🔑 Notions clés & Définitions

  • Résidu de croissance : Le résidu de croissance est la part de la croissance qui reste inexpliquée une fois les contributions du travail et du capital isolées dans les calculs.
  • Croissance endogène : La croissance endogène est une théorie où l’économie produit elle-même le progrès technique, ce qui rend la croissance auto-entretenue.
  • Progrès technique endogène : Le progrès technique endogène est un progrès issu des décisions d’investissement et d’activité économique plutôt qu’un choc extérieur tombant du ciel.
  • Capital humain : Le capital humain désigne les connaissances et compétences des individus, mobilisables pour produire et améliorer la productivité.

📝 Points essentiels

  • Pour la croissance française 1961-1972, la hausse du volume du capital explique plus de 30%, le facteur travail environ 10%, et le résidu plus de 50%.
  • Le résidu renvoie à ce qui n’est pas attribué à capital ou travail, et il est interprété comme une confirmation du progrès technique chez Carré, Dubois et Malinvaud.
  • Les théories de la croissance endogène apparaissent quand Solow ne parvient pas à expliquer le progrès technique et quand Harrod-Domar échoue dans les PDE.
  • Dans une dynamique endogène, la croissance s’auto-entretient car l’activité économique alimente l’accumulation des facteurs et finance le progrès technique.
  • La croissance endogène considère que le progrès technique provient de l’investissement des agents et que l’État peut aussi jouer un rôle moteur dans certains domaines.

💡 Astuce mémo

Résidu = Reste : ce qui n’est ni capital ni travail, et qui « pointe » vers le progrès technique.

📖 8. Romer et apprentissage collectif

🔑 Notions clés & Définitions

  • Technologie bien cumulatif : La technologie progresse en s’appuyant sur un stock de connaissances déjà disponibles, que chaque innovateur enrichit en ajoutant ses propres apports.
  • Capital humain (Lucas) : Le capital humain est un stock de connaissances valorisables économiquement, incorporées aux individus et accumulées tout au long de la vie.
  • Effets externes du capital humain : L’augmentation du niveau de compétences d’un individu améliore aussi la productivité des autres, ce qui crée des retombées collectives.
  • Rendement social supérieur au rendement privé : Les bénéfices issus des efforts de formation dépassent le seul gain individuel car ils profitent à l’entreprise et à la collectivité.

📝 Points essentiels

  • Pour Lucas, le capital humain correspond aux qualifications, à l’état de santé, à la nutrition et à l’hygiène pour les PED.
  • L’accumulation du capital humain provient des dépenses éducatives, des efforts de formation et d’investissements, rendus possibles par la croissance.
  • Dans le modèle de Lucas, l’efficacité du capital humain est cumulative, ce qui entraîne des rendements décroissants.
  • Les efforts individuels de formation génèrent des externalités positives en améliorant la productivité de l’ensemble.
  • Les politiques publiques doivent soutenir le capital humain via des politiques éducatives et des politiques actives de l’emploi.

💡 Astuce mémo

Lucas : compétences qui ne s’usent pas → efficacité cumulative → effets sur soi et sur les partenaires.

📖 9. Lucas, Barro et Aghion-Howitt

📖 10. Origines du développement durable

🔑 Notions clés & Définitions

  • GIEC : Institution scientifique créée en 1988 pour produire des rapports qui alertent sur le risque de dérèglement climatique lié aux actions humaines.
  • Sommet de la Terre de Rio : Réunion mondiale de juin 1992 qui médiatise fortement le développement durable et encadre une action collective via un programme d’agenda.
  • Agenda 21 : Programme adopté à Rio en 1992, organisé en recommandations pour une meilleure gestion de la planète au XXIe siècle.
  • Gouvernance mondiale : Mode de coordination internationale impliquant institutions, États, entreprises, collectivités, administrations, associations et ménages pour intégrer les principes du développement durable.
  • Soutien politique sans contrainte : Caractéristique des accords issus de grands sommets où les engagements existent mais sans mesures juridiquement contraignantes imposées aux États.

📝 Points essentiels

  • En 1988, le GIEC est créé et dépend du PNUE, avec des premiers rapports qui alertent sur le réchauffement climatique.
  • Le premier rapport du GIEC est publié en 1990 et affirme que le climat risque d’être perturbé par les actions humaines.
  • Le concept de développement durable n’a un fort écho international qu’avec le Sommet de la Terre de Rio en juin 1992.
  • À Rio, l’adoption du programme Action 21 comprend 2500 recommandations pour une meilleure gestion de la planète.
  • Le Sommet de Rio prévoit des programmes contre les changements climatiques, l’érosion/désertification et les produits toxiques, sans imposer de mesures contraignantes aux États.

💡 Astuce mémo

1988 GIEC → 1990 rapport d’alerte → Rio 1992 Agenda 21 (2500 recos) : beaucoup d’engagements, peu de contraintes.

📖 11. Brundtland et soutenabilité faible

🔑 Notions clés & Définitions

  • Soutenabilité faible : Approche où le capital peut être substitué et où la dégradation de l’environnement peut être compensée pour préserver le bien-être des générations futures.
  • Règle de compensation intergenerationnelle : Principe attribué à Hartwick qui recommande d’investir les rentes tirées des ressources naturelles dans du capital reproductif pour les générations suivantes.
  • Règle Solow-Hartwick : Extension de la logique de Hartwick à la croissance qui affirme que les atteintes à l’environnement doivent être compensées par des investissements dans d’autres formes de capital.
  • Courbe de Kuznets environnementale : Courbe issue de l’idée d’un U inversé, appliquée à l’environnement, où la dégradation augmente avec le développement puis diminue après satisfaction des besoins primaires.

📝 Points essentiels

  • En 1971, Hartwick formule une règle de compensation intergenerationnelle en investissant les rentes des ressources naturelles dans du capital reproductif pour maintenir la croissance des générations futures.
  • Dans la logique néoclassique reprise par Hartwick et Solow, la consommation ne doit pas avantager une génération plutôt qu’une autre.
  • La règle Solow-Hartwick soutient que les dommages à l’environnement peuvent être compensés en transférant vers de futures générations du capital reproductif via des investissements.
  • Grossman et Krueger (1994) reprennent l’idée de la courbe de Kuznets pour l’environnement : au départ l’environnement se dégrade, puis la tendance s’inverse une fois les besoins primaires assurés.
  • Le raisonnement sous-jacent combine substituabilité des capitaux et compensation : l’objectif est de préserver le stock global de capital au fil du temps.

💡 Astuce mémo

Solow-Hartwick : « dégâts maintenant, capital ailleurs plus tard » ; et Kuznets-environnement suit le « U inversé » (dégradation puis amélioration).

📖 12. Soutenabilité forte et limites climatiques

🔑 Notions clés & Définitions

  • Sommets des ressources : Les ressources non renouvelables atteignent des pics d’exploitation avant de s’épuiser, ce qui fixe une contrainte matérielle à la croissance.
  • Surconsommation des renouvelables : La consommation excessive de ressources pourtant renouvelables entraîne leur déclin et leur perte, par exemple via la disparition d’espèces ou la déforestation.
  • Rapport Stern : Le rapport Stern estime le coût du changement climatique et met en évidence un coût de l’inaction supérieur au coût de l’action.
  • Crise climatique en 2100 : Le réchauffement peut atteindre environ 4,8°C d’ici 2100 si rien n’est fait, avec des impacts déjà visibles et menaçants sur les sociétés.

📝 Points essentiels

  • Les pics des ressources non renouvelables (gaz, uranium, pétrole) sont annoncés d’ici environ 50 ans dans le texte.
  • Une surconsommation des renouvelables est associée à la disparition d’espèces (comme le thon rouge) et à une déforestation marquée en Amazonie.
  • Le réchauffement climatique pourrait atteindre 4,8°C en 2100, avec des conséquences déjà visibles comme la fonte des glaces et la désertification.
  • Le rapport Stern chiffre le coût du changement climatique à 5 500 milliards € par an, en distinguant le coût de l’inaction du coût de l’action.
  • Sans action, les conséquences pourraient coûter jusqu’à 5% du PIB mondial par an, et jusqu’à 20% en ajoutant les effets collatéraux.

💡 Astuce mémo

Stern = Sans action énorme : 5 500 Md€/an, puis 5% (jusqu’à 20%) du PIB mondial.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1971Kuznets définit la croissance économique lors de la réception de son Prix Nobel d’Économie
1776Adam Smith publie La Richesse des Nations
1803Jean-Baptiste Say publie Traité d’Economie Politique
1798Malthus publie Essai sur le principe de population
1939Harrod publie « un essai de théorie dynamique »
1947Domar publie « expansion et emploi »
1956Hubbert présente des conclusions sur le pic de production de pétrole
1968Publication de La bombe P de Paul Ehrlich
1972Rapport Meadows (Club de Rome) et Sommet de la Terre à Stockholm
1987Premier rapport du GIEC publié en 1990 (repère associé au texte) / définition de l’I.W.I présenté en 2012 (repères contemporains)

📊 Tableaux de synthèse

Classiques : visions opposées de la croissance

CourantsAuteur(s)Idée centraleLimite majeure
OptimistesAdam SmithCroissance illimitée portée par travail, division du travail, marché, accumulation de capitalÉtat stationnaire évité par un mécanisme vertueux (épargne/accumulation)
PessimistesThomas MalthusPopulation progresse plus vite que les subsistances (déséquilibre), catastrophes démographiquesBlocage vers un état stationnaire (croissance 0)
PessimistesDavid RicardoRendements décroissants et avarice de la natureConflit salaires/profits et état stationnaire, croissance non infinie

Soutenabilité faible vs soutenabilité forte

ApprocheIdée cléRôle du capital naturelConséquence
FaibleSubstituabilité des capitaux et compensation intergénérationnelle (Hartwick, Solow-Hartwick)Atteintes compensables en maintenant le stock global de capitalLa croissance peut se poursuivre sous conditions de compensation
ForteCapital naturel non substituable (économie écologique)Atteintes irréversibles sur un stock critiqueContraintes fortes : remise en cause de la croissance et des modes de vie/production

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre la croissance économique (hausse durable) avec une variation annuelle du PIB : la définition insiste sur la durée et la capacité à offrir des biens.
  2. Inverser VA et PIB : VA = production − consommations intermédiaires et le PIB correspond à la somme des valeurs ajoutées.
  3. Croire que la loi des débouchés de Say exclut toute crise : le texte précise que des crises sectorielles peuvent apparaître même si la surproduction généralisée est impossible.
  4. Réduire Harrod-Domar à Keynes : Harrod insiste sur l’écart effectif/garanti et Domar sur le double effet investissement (demande court terme + capacités long terme).
  5. Penser que Solow n’explique aucun rôle du progrès technique : il explique la croissance surtout via la productivité globale des facteurs, mais l’absence d’explication du progrès rend le PT « exogène » et produit le paradoxe.
  6. Démêler « résidu » et « progrès technique » : dans le cours, le résidu pointe vers le progrès technique (part non expliquée par capital et travail), mais les auteurs refusent de réduire la croissance à un seul facteur.
  7. Croire que développement durable = décroissance : le cours indique explicitement ≠ décroissance et décrit un objectif conciliant dimensions économique, sociale et environnementale.

✅ Checklist Examen

  1. Définir la croissance économique selon Kuznets et expliquer pourquoi c’est une vision qualitative, pas seulement quantitative.
  2. Calculer le taux de croissance du produit par tête à partir du PIB décrit comme somme des valeurs ajoutées, puis relier VA à (production − consommations intermédiaires).
  3. Expliquer la distinction croissance extensive (mobilisation plus de facteurs) / croissance intensive (économie des facteurs).
  4. Présenter Adam Smith : travail, division du travail (productivité), rôle de la taille du marché, et accumulation de capital/épargne.
  5. Présenter Say : loi des débouchés et pourquoi la crise de surproduction généralisée est annoncée comme impossible (tout en admettant des crises sectorielles).
  6. Présenter Malthus : population géométrique vs subsistances arithmétique, catastrophes et état stationnaire ; expliciter sa critique de l’aide aux pauvres et la contrainte morale.
  7. Présenter Ricardo : rendements décroissants, rente différentielle (qualité des terres), antagonisme salaires/profits et stagnation vers l’état stationnaire.
  8. Présenter Keynes : demande effective, Y = C + I, rôle de la préférence pour la liquidité et des anticipations, puis conditions d’investissement via EMC > taux d’intérêt.
  9. Expliquer Harrod-Domar : croissance instable, taux effectif vs garanti, sentier d’équilibre, puis le double effet de l’investissement et la réaction attendue (inflation si demande > offre, chômage si demande < offre).
  10. Expliquer Kaldor : inégalités menaçant la croissance via épargne/consommation, répartition optimale salaires-profits par l’impôt et les 4 objectifs du carré magique.
  11. Expliquer Solow : fonction Y = F(K,AL), substituabilité, productivité globale des facteurs (~80% non expliquée par capital/travail), progrès technique exogène et paradoxe de Solow (ordinateurs/mesure) résolu par apprentissage et institutions.
  12. Expliquer la croissance endogène et l’enchaînement Solow/Harrod-Domar (limites), puis rappeler au moins Romer (learning by doing, bien cumulatif) et Lucas (capital humain, effets externes, rendement social supérieur).
  13. Présenter les origines du développement durable : création du GIEC (1988), rapport (1990), Sommet de Rio (juin 1992) et Agenda 21 (2500 recommandations) sans mesures contraignantes.
  14. Comparer soutenabilité faible (Hartwick, règle Solow-Hartwick, courbe de Kuznets environnementale) et soutenabilité forte (Daly, capital naturel critique, règles de Daly/5R) puis conclure sur la contrainte de remise en cause des modes de vie/production.

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Les théories de la croissance économique avec 11 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Quelle définition correspond le mieux à la croissance économique selon Kuznets ?

2. Quelle est la définition de la croissance économique selon Kuznets ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Les théories de la croissance économique avec 9 flashcards interactives.

Croissance économique — définition ?

Augmentation durable de la capacité à produire des biens.

Croissance économique (Kuznets)

Capacité accrue à fournir des biens à la population.

Théories classiques — rôle ?

Expliquer la croissance par le travail, capital, et lois du marché.

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