Fiche de révision : Les théories de la croissance économique

Plan du Cours

  1. Définition et mesure de la croissance
  2. Premières théories classiques
  3. Keynes et la demande effective
  4. Modèle Harrod-Domar
  5. Kaldor et répartition des revenus
  6. Solow et le progrès technique
  7. Résidu et croissance endogène
  8. Romer et apprentissage collectif
  9. Lucas, Barro et Aghion-Howitt
  10. Origines du développement durable
  11. Brundtland et soutenabilité faible
  12. Soutenabilité forte et limites climatiques

1. Définition et mesure de la croissance

Notions clés & Définitions

  • Croissance économique (Kuznets) : La croissance économique, selon Kuznets, correspond à une hausse durable de la capacité d’un pays à offrir à sa population un éventail de biens économiques de plus en plus large.
  • Produit par tête : Le produit par tête mesure la croissance du revenu moyen, à partir de l’agrégat de référence du PIB, pour suivre l’évolution annuelle.
  • Valeur ajoutée : La valeur ajoutée est la richesse nouvelle produite par l’entreprise, calculée comme la valeur de la production moins les consommations intermédiaires.
  • Croissance extensive : La croissance extensive correspond à une hausse de la production obtenue en mobilisant davantage de facteurs de production.
  • Croissance intensive : La croissance intensive correspond à une hausse de la production obtenue en économisant les facteurs de production.

Points essentiels

  • Le taux de croissance du produit par tête est calculé à partir du PIB, somme des valeurs ajoutées des agents résidents, et fournit le taux annuel célèbre.
  • La valeur ajoutée suit la relation VA = valeur de la production − consommations intermédiaires.
  • La croissance peut s’appuyer soit sur l’accroissement des facteurs (croissance extensive), soit sur des gains d’efficacité via une économie des facteurs (croissance intensive).
  • La croissance se traduit aussi par des changements de structure (transfert de main-d’œuvre du primaire vers le tertiaire, essor du salariat, concentration, modification de la consommation).
  • La croissance s’observe également par l’évolution sociale et idéologique, ainsi que par son extension géographique permise par le progrès technique, les transports et les télécommunications.

Astuce mémo

PIB = somme des VA ; VA = (production − intermédiaires) ; et la croissance peut être extensive (plus de facteurs) ou intensive (moins de facteurs).

2. Premières théories classiques

Notions clés & Définitions

  • Adam Smith : Économiste classique qui explique la croissance par le travail, la division du travail et l’accumulation de capital.
  • Jean-Baptiste Say : Économiste classique qui affirme que la production crée ses propres débouchés via la loi des débouchés.
  • Thomas Malthus : Économiste classique qui relie croissance démographique et ressources à un blocage menant à un état stationnaire.
  • David Ricardo : Économiste classique qui étudie les freins à la croissance grâce aux rendements décroissants et à la rente.
  • Karl Marx : Économiste qui analyse la dynamique de la croissance capitaliste à partir de la plus-value et de ses contradictions.

Points essentiels

  • Chez Adam Smith, la division du travail augmente la productivité car elle spécialise, réduit les pertes de temps et favorise une utilisation plus efficace des machines.
  • Pour Say, la loi des débouchés repose sur l’idée que produire ouvre une demande équivalente, donc une crise généralisée de surproduction est impossible.
  • Pour Malthus, la population augmente plus vite que les subsistances, ce qui crée un déséquilibre récurrent jusqu’à des catastrophes démographiques et un retour à l’équilibre.
  • Chez Ricardo, la loi des rendements décroissants explique que l’intensification sur des terres de moins en moins fertiles fait baisser la productivité si les autres facteurs ne s’améliorent pas.
  • Marx relie la croissance capitaliste à la plus-value et prévoit une baisse tendancielle du taux de profit à long terme dans un capitalisme porté par le progrès technique.

3. Keynes et la demande effective

Notions clés & Définitions

  • Demande effective : La demande effective désigne le niveau de demande anticipé qui détermine le niveau d’activité et donc la croissance.
  • Préférence pour la liquidité : La préférence pour la liquidité correspond au fait que les agents gardent davantage de monnaie plutôt que d’investir ou de dépenser, ce qui freine l’activité.
  • Effet multiplicateur : L’effet multiplicateur affirme qu’une hausse initiale de la dépense (investissement, consommation ou dépenses publiques) augmente le revenu national de façon plus que proportionnelle.
  • Effet accélérateur : L’effet accélérateur indique qu’une hausse de la demande entraîne une progression plus forte de l’investissement.
  • Efficacité marginale du capital : L’efficacité marginale du capital mesure le retour attendu d’un investissement, et elle conditionne la décision d’investir.

Points essentiels

  • Keynes s’oppose à l’idée d’ajustement automatique des marchés et juge la croissance instable, avec risque de sous-emploi.
  • L’équation keynésienne du revenu est Y=C+IY = C + I, où le revenu dépend de la consommation et de l’investissement.
  • La demande effective dépend notamment des prévisions, de la préférence pour la liquidité et d’anticipations négatives menant à un excès d’épargne.
  • L’État peut relancer l’activité par des politiques monétaires expansionnistes (taux d’intérêt plus bas) et des politiques budgétaires de relance (dépenses publiques, aide aux ménages, embauches).
  • Le multiplicateur et l’accélérateur relient la dépense à l’évolution du revenu et de l’investissement, ce qui renforce les variations de l’activité.
  • Pour investir, les entreprises comparent l’efficacité marginale du capital au taux d’intérêt, et l’investissement n’est possible que si l’efficacité marginale du capital est supérieure au taux d’intérêt.

Astuce mémo

Demande effective → activité : Y=C+IY=C+I ; investir seulement si EMC > taux d’intérêt.

4. Modèle Harrod-Domar

Notions clés & Définitions

  • Croissance instable : La croissance ne reste pas durablement sur un équilibre, car le déséquilibre entre demande et capacités de production est la norme et l’équilibre l’exception.
  • Taux de croissance effectif : Le taux de croissance effectif est la croissance réellement observée, mesurée par l’évolution du PIB.
  • Taux de croissance garanti : Le taux de croissance garanti est le taux potentiel qui assurerait l’équilibre entre l’épargne disponible et l’investissement des entreprises.
  • Sentier d’équilibre : Le sentier d’équilibre correspond à la relation entre taux de croissance garanti et taux de croissance effectif permettant le plein emploi.
  • Double effet de l’investissement : Le double effet de l’investissement distingue un impact à court terme sur la demande et un impact à long terme sur les capacités de production.

Points essentiels

  • Harrod distingue un taux de croissance effectif mesuré par le PIB et un taux de croissance garanti compatible avec l’équilibre épargne-investissement.
  • Pour Harrod, il existe un écart entre le taux de croissance effectif et le taux de croissance garanti, ce qui rend la croissance naturellement instable.
  • Le modèle Harrod-Domar soutient qu’un plein emploi nécessiterait une synchronisation, difficile à obtenir sans régulation de la demande globale par l’État.
  • Domar montre que l’investissement agit d’abord comme multiplicateur en stimulant la demande puis comme facteur d’offre en augmentant les capacités de production.
  • Si la demande augmente plus vite que l’offre, le déséquilibre se traduit par de l’inflation, et s’il augmente moins vite, il se traduit par du chômage avec risque de crise déflationniste.
  • Le modèle insiste sur l’idée d’un soutien permanent de l’État, notamment via l’investissement public, pour stabiliser une croissance déséquilibrée.

Astuce mémo

Harrod = écart (effectif ≠ garanti) ; Domar = double effet (demande court terme + capacités long terme).

5. Kaldor et répartition des revenus

Notions clés & Définitions

  • Kaldor : Économiste qui prolonge l’analyse keynésienne en expliquant la croissance par la demande et en étudiant comment la répartition des revenus peut la soutenir.
  • Propriétaires du capital : Groupe d’agents rémunéré par des profits et qui a une propension à épargner plus élevée que celle des travailleurs.
  • Travailleurs : Groupe d’agents rémunéré par des salaires et qui contribue davantage à la consommation par une propension marginale à consommer plus élevée.
  • Impôt : Outil de politique économique permettant à l’État d’ajuster le partage salaires-profits pour agir sur l’épargne et donc sur la croissance.
  • Carré magique : Représentation graphique des objectifs simultanés de l’État en croissance équilibrée : croissance, plein emploi, stabilité des prix et équilibre extérieur.

Points essentiels

  • Kaldor considère que des inégalités trop fortes menacent la croissance via une épargne excessive et un manque de consommation.
  • Kaldor sépare les agents en capitalistes (profits) et travailleurs (salaires), en affirmant que l’épargne des capitalistes est plus élevée que celle des travailleurs.
  • Une croissance équilibrée est possible si l’économie atteint une répartition optimale des revenus compatible avec l’augmentation conjointe des capacités de production et de la demande.
  • La répartition optimale ne se fait pas spontanément et nécessite une action de l’État via l’impôt pour ajuster le niveau d’épargne.
  • Kaldor demande à l’État de viser en même temps croissance, plein emploi, stabilité des prix et équilibre de la balance commerciale, regroupés dans le carré magique.

Astuce mémo

Inégalités = épargne↑ donc consommation↓ : impôt pour régler salaires-profits et atteindre les 4 objectifs du carré magique.

6. Solow et le progrès technique

Notions clés & Définitions

  • Modèle de Solow : Modèle de croissance néoclassique qui explique l’évolution du PIB par l’accumulation du travail et du capital, en intégrant le rôle du progrès technique.
  • Fonction de production à deux facteurs : Fonction qui relie la production YY au capital KK et au travail LL, avec le savoir AA, noté Y=F(K,AL)Y=F(K,AL).
  • Productivité globale des facteurs : Part de la croissance non attribuable à la hausse du capital ni à celle du travail, associée au progrès technique.
  • Paradoxe de Solow : Constat empirique selon lequel des innovations majeures peuvent ne pas se traduire par une hausse mesurée de la productivité.
  • Progrès technique exogène : Idée selon laquelle le progrès technique provient de facteurs extérieurs au modèle économique et n’est pas déterminé par la dynamique interne de croissance.

Points essentiels

  • Dans le modèle de Solow, le progrès technique améliore la productivité des travailleurs et la rentabilité du capital, ce qui empêche l’économie d’atteindre un état stationnaire strict.
  • Solow juge que ~80% de la croissance économique ne s’explique ni par l’augmentation du capital ni par celle du travail, et renvoie à la productivité globale des facteurs.
  • L’équilibre est obtenu par la substitution entre travail et capital, car ces facteurs peuvent se remplacer dans la production.
  • Solow explique l’absence d’impact immédiat des innovations par des délais d’adaptation, d’apprentissage et par la capacité des institutions à les exploiter.
  • Le paradoxe de Solow se résout en partie quand on observe des gains de productivité liés aux TIC, à condition qu’il y ait appropriation et apprentissage.

Astuce mémo

Ordinateurs partout, mais productivité dans les statistiques seulement avec apprentissage et institutions.

7. Résidu et croissance endogène

Notions clés & Définitions

  • Résidu de croissance : Le résidu de croissance est la part de la croissance qui reste inexpliquée une fois les contributions du travail et du capital isolées dans les calculs.
  • Croissance endogène : La croissance endogène est une théorie où l’économie produit elle-même le progrès technique, ce qui rend la croissance auto-entretenue.
  • Progrès technique endogène : Le progrès technique endogène est un progrès issu des décisions d’investissement et d’activité économique plutôt qu’un choc extérieur tombant du ciel.
  • Capital humain : Le capital humain désigne les connaissances et compétences des individus, mobilisables pour produire et améliorer la productivité.

Points essentiels

  • Pour la croissance française 1961-1972, la hausse du volume du capital explique plus de 30%, le facteur travail environ 10%, et le résidu plus de 50%.
  • Le résidu renvoie à ce qui n’est pas attribué à capital ou travail, et il est interprété comme une confirmation du progrès technique chez Carré, Dubois et Malinvaud.
  • Les théories de la croissance endogène apparaissent quand Solow ne parvient pas à expliquer le progrès technique et quand Harrod-Domar échoue dans les PDE.
  • Dans une dynamique endogène, la croissance s’auto-entretient car l’activité économique alimente l’accumulation des facteurs et finance le progrès technique.
  • La croissance endogène considère que le progrès technique provient de l’investissement des agents et que l’État peut aussi jouer un rôle moteur dans certains domaines.

Astuce mémo

Résidu = Reste : ce qui n’est ni capital ni travail, et qui « pointe » vers le progrès technique.

8. Romer et apprentissage collectif

Notions clés & Définitions

  • Technologie bien cumulatif : La technologie progresse en s’appuyant sur un stock de connaissances déjà disponibles, que chaque innovateur enrichit en ajoutant ses propres apports.
  • Capital humain (Lucas) : Le capital humain est un stock de connaissances valorisables économiquement, incorporées aux individus et accumulées tout au long de la vie.
  • Effets externes du capital humain : L’augmentation du niveau de compétences d’un individu améliore aussi la productivité des autres, ce qui crée des retombées collectives.
  • Rendement social supérieur au rendement privé : Les bénéfices issus des efforts de formation dépassent le seul gain individuel car ils profitent à l’entreprise et à la collectivité.

Points essentiels

  • Pour Lucas, le capital humain correspond aux qualifications, à l’état de santé, à la nutrition et à l’hygiène pour les PED.
  • L’accumulation du capital humain provient des dépenses éducatives, des efforts de formation et d’investissements, rendus possibles par la croissance.
  • Dans le modèle de Lucas, l’efficacité du capital humain est cumulative, ce qui entraîne des rendements décroissants.
  • Les efforts individuels de formation génèrent des externalités positives en améliorant la productivité de l’ensemble.
  • Les politiques publiques doivent soutenir le capital humain via des politiques éducatives et des politiques actives de l’emploi.

Astuce mémo

Lucas : compétences qui ne s’usent pas → efficacité cumulative → effets sur soi et sur les partenaires.

9. Lucas, Barro et Aghion-Howitt

10. Origines du développement durable

Notions clés & Définitions

  • GIEC : Institution scientifique créée en 1988 pour produire des rapports qui alertent sur le risque de dérèglement climatique lié aux actions humaines.
  • Sommet de la Terre de Rio : Réunion mondiale de juin 1992 qui médiatise fortement le développement durable et encadre une action collective via un programme d’agenda.
  • Agenda 21 : Programme adopté à Rio en 1992, organisé en recommandations pour une meilleure gestion de la planète au XXIe siècle.
  • Gouvernance mondiale : Mode de coordination internationale impliquant institutions, États, entreprises, collectivités, administrations, associations et ménages pour intégrer les principes du développement durable.
  • Soutien politique sans contrainte : Caractéristique des accords issus de grands sommets où les engagements existent mais sans mesures juridiquement contraignantes imposées aux États.

Points essentiels

  • En 1988, le GIEC est créé et dépend du PNUE, avec des premiers rapports qui alertent sur le réchauffement climatique.
  • Le premier rapport du GIEC est publié en 1990 et affirme que le climat risque d’être perturbé par les actions humaines.
  • Le concept de développement durable n’a un fort écho international qu’avec le Sommet de la Terre de Rio en juin 1992.
  • À Rio, l’adoption du programme Action 21 comprend 2500 recommandations pour une meilleure gestion de la planète.
  • Le Sommet de Rio prévoit des programmes contre les changements climatiques, l’érosion/désertification et les produits toxiques, sans imposer de mesures contraignantes aux États.

Astuce mémo

1988 GIEC → 1990 rapport d’alerte → Rio 1992 Agenda 21 (2500 recos) : beaucoup d’engagements, peu de contraintes.

11. Brundtland et soutenabilité faible

Notions clés & Définitions

  • Soutenabilité faible : Approche où le capital peut être substitué et où la dégradation de l’environnement peut être compensée pour préserver le bien-être des générations futures.
  • Règle de compensation intergenerationnelle : Principe attribué à Hartwick qui recommande d’investir les rentes tirées des ressources naturelles dans du capital reproductif pour les générations suivantes.
  • Règle Solow-Hartwick : Extension de la logique de Hartwick à la croissance qui affirme que les atteintes à l’environnement doivent être compensées par des investissements dans d’autres formes de capital.
  • Courbe de Kuznets environnementale : Courbe issue de l’idée d’un U inversé, appliquée à l’environnement, où la dégradation augmente avec le développement puis diminue après satisfaction des besoins primaires.

Points essentiels

  • En 1971, Hartwick formule une règle de compensation intergenerationnelle en investissant les rentes des ressources naturelles dans du capital reproductif pour maintenir la croissance des générations futures.
  • Dans la logique néoclassique reprise par Hartwick et Solow, la consommation ne doit pas avantager une génération plutôt qu’une autre.
  • La règle Solow-Hartwick soutient que les dommages à l’environnement peuvent être compensés en transférant vers de futures générations du capital reproductif via des investissements.
  • Grossman et Krueger (1994) reprennent l’idée de la courbe de Kuznets pour l’environnement : au départ l’environnement se dégrade, puis la tendance s’inverse une fois les besoins primaires assurés.
  • Le raisonnement sous-jacent combine substituabilité des capitaux et compensation : l’objectif est de préserver le stock global de capital au fil du temps.

Astuce mémo

Solow-Hartwick : « dégâts maintenant, capital ailleurs plus tard » ; et Kuznets-environnement suit le « U inversé » (dégradation puis amélioration).

12. Soutenabilité forte et limites climatiques

Notions clés & Définitions

  • Sommets des ressources : Les ressources non renouvelables atteignent des pics d’exploitation avant de s’épuiser, ce qui fixe une contrainte matérielle à la croissance.
  • Surconsommation des renouvelables : La consommation excessive de ressources pourtant renouvelables entraîne leur déclin et leur perte, par exemple via la disparition d’espèces ou la déforestation.
  • Rapport Stern : Le rapport Stern estime le coût du changement climatique et met en évidence un coût de l’inaction supérieur au coût de l’action.
  • Crise climatique en 2100 : Le réchauffement peut atteindre environ 4,8°C d’ici 2100 si rien n’est fait, avec des impacts déjà visibles et menaçants sur les sociétés.

Points essentiels

  • Les pics des ressources non renouvelables (gaz, uranium, pétrole) sont annoncés d’ici environ 50 ans dans le texte.
  • Une surconsommation des renouvelables est associée à la disparition d’espèces (comme le thon rouge) et à une déforestation marquée en Amazonie.
  • Le réchauffement climatique pourrait atteindre 4,8°C en 2100, avec des conséquences déjà visibles comme la fonte des glaces et la désertification.
  • Le rapport Stern chiffre le coût du changement climatique à 5 500 milliards € par an, en distinguant le coût de l’inaction du coût de l’action.
  • Sans action, les conséquences pourraient coûter jusqu’à 5% du PIB mondial par an, et jusqu’à 20% en ajoutant les effets collatéraux.

Astuce mémo

Stern = Sans action énorme : 5 500 Md€/an, puis 5% (jusqu’à 20%) du PIB mondial.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1971Kuznets définit la croissance économique lors de la réception de son Prix Nobel d’Économie
1776Adam Smith publie La Richesse des Nations
1803Jean-Baptiste Say publie Traité d’Economie Politique
1798Malthus publie Essai sur le principe de population
1939Harrod publie « un essai de théorie dynamique »
1947Domar publie « expansion et emploi »
1956Hubbert présente des conclusions sur le pic de production de pétrole
1968Publication de La bombe P de Paul Ehrlich
1972Rapport Meadows (Club de Rome) et Sommet de la Terre à Stockholm
1987Premier rapport du GIEC publié en 1990 (repère associé au texte) / définition de l’I.W.I présenté en 2012 (repères contemporains)

Tableaux de synthèse

Classiques : visions opposées de la croissance

CourantsAuteur(s)Idée centraleLimite majeure
OptimistesAdam SmithCroissance illimitée portée par travail, division du travail, marché, accumulation de capitalÉtat stationnaire évité par un mécanisme vertueux (épargne/accumulation)
PessimistesThomas MalthusPopulation progresse plus vite que les subsistances (déséquilibre), catastrophes démographiquesBlocage vers un état stationnaire (croissance 0)
PessimistesDavid RicardoRendements décroissants et avarice de la natureConflit salaires/profits et état stationnaire, croissance non infinie

Soutenabilité faible vs soutenabilité forte

ApprocheIdée cléRôle du capital naturelConséquence
FaibleSubstituabilité des capitaux et compensation intergénérationnelle (Hartwick, Solow-Hartwick)Atteintes compensables en maintenant le stock global de capitalLa croissance peut se poursuivre sous conditions de compensation
ForteCapital naturel non substituable (économie écologique)Atteintes irréversibles sur un stock critiqueContraintes fortes : remise en cause de la croissance et des modes de vie/production

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre la croissance économique (hausse durable) avec une variation annuelle du PIB : la définition insiste sur la durée et la capacité à offrir des biens.
  2. Inverser VA et PIB : VA = production − consommations intermédiaires et le PIB correspond à la somme des valeurs ajoutées.
  3. Croire que la loi des débouchés de Say exclut toute crise : le texte précise que des crises sectorielles peuvent apparaître même si la surproduction généralisée est impossible.
  4. Réduire Harrod-Domar à Keynes : Harrod insiste sur l’écart effectif/garanti et Domar sur le double effet investissement (demande court terme + capacités long terme).
  5. Penser que Solow n’explique aucun rôle du progrès technique : il explique la croissance surtout via la productivité globale des facteurs, mais l’absence d’explication du progrès rend le PT « exogène » et produit le paradoxe.
  6. Démêler « résidu » et « progrès technique » : dans le cours, le résidu pointe vers le progrès technique (part non expliquée par capital et travail), mais les auteurs refusent de réduire la croissance à un seul facteur.
  7. Croire que développement durable = décroissance : le cours indique explicitement ≠ décroissance et décrit un objectif conciliant dimensions économique, sociale et environnementale.

Checklist Examen

  1. Définir la croissance économique selon Kuznets et expliquer pourquoi c’est une vision qualitative, pas seulement quantitative.
  2. Calculer le taux de croissance du produit par tête à partir du PIB décrit comme somme des valeurs ajoutées, puis relier VA à (production − consommations intermédiaires).
  3. Expliquer la distinction croissance extensive (mobilisation plus de facteurs) / croissance intensive (économie des facteurs).
  4. Présenter Adam Smith : travail, division du travail (productivité), rôle de la taille du marché, et accumulation de capital/épargne.
  5. Présenter Say : loi des débouchés et pourquoi la crise de surproduction généralisée est annoncée comme impossible (tout en admettant des crises sectorielles).
  6. Présenter Malthus : population géométrique vs subsistances arithmétique, catastrophes et état stationnaire ; expliciter sa critique de l’aide aux pauvres et la contrainte morale.
  7. Présenter Ricardo : rendements décroissants, rente différentielle (qualité des terres), antagonisme salaires/profits et stagnation vers l’état stationnaire.
  8. Présenter Keynes : demande effective, Y = C + I, rôle de la préférence pour la liquidité et des anticipations, puis conditions d’investissement via EMC > taux d’intérêt.
  9. Expliquer Harrod-Domar : croissance instable, taux effectif vs garanti, sentier d’équilibre, puis le double effet de l’investissement et la réaction attendue (inflation si demande > offre, chômage si demande < offre).
  10. Expliquer Kaldor : inégalités menaçant la croissance via épargne/consommation, répartition optimale salaires-profits par l’impôt et les 4 objectifs du carré magique.
  11. Expliquer Solow : fonction Y = F(K,AL), substituabilité, productivité globale des facteurs (~80% non expliquée par capital/travail), progrès technique exogène et paradoxe de Solow (ordinateurs/mesure) résolu par apprentissage et institutions.
  12. Expliquer la croissance endogène et l’enchaînement Solow/Harrod-Domar (limites), puis rappeler au moins Romer (learning by doing, bien cumulatif) et Lucas (capital humain, effets externes, rendement social supérieur).
  13. Présenter les origines du développement durable : création du GIEC (1988), rapport (1990), Sommet de Rio (juin 1992) et Agenda 21 (2500 recommandations) sans mesures contraignantes.
  14. Comparer soutenabilité faible (Hartwick, règle Solow-Hartwick, courbe de Kuznets environnementale) et soutenabilité forte (Daly, capital naturel critique, règles de Daly/5R) puis conclure sur la contrainte de remise en cause des modes de vie/production.

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2. Quelle est la définition de la croissance économique selon Kuznets ?

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Croissance économique — définition ?

Augmentation durable de la capacité à produire des biens.

Croissance économique (Kuznets)

Capacité accrue à fournir des biens à la population.

Théories classiques — rôle ?

Expliquer la croissance par le travail, capital, et lois du marché.

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