Fiche de révision : Album pour enfants

Plan du Cours

  1. Définir l’album pour enfants
  2. Image et narration dessinée
  3. Naissance de l’album moderne
  4. Max et les Maximonstres
  5. Protéger ou libérer l’enfance
  6. Genres et structures d’albums
  7. Choisir le niveau de lecture
  8. Déjouer la fausse simplicité

Repères chronologiques

  1. 1919Edy Legrand publie Macao et Cosmage, œuvre qui renverse la prédominance du texte sur l’image et annonce l’album contemporain pour enfants.
  2. 1931Jean de Brunhoff publie Babar et les albums du Père Castor sont créés.
  3. 1967Françoise Dolto déconseille la lecture de Max et les Maximonstres, jugé trop transgressif.

1. Définir l’album pour enfants

Notions clés & Définitions

  • Album pour enfants : Sophie Van der Linden, Lire l’album, 2006 - Forme d’expression où textes, éventuellement sous-jacents, et images spatialement prépondérantes interagissent dans un livre à double page librement organisée, aux réalisations matérielles variées et à l’enchaînement fluide et cohérent.

★ À maîtriser

  • La présence de texte n’est pas obligatoire dans un album pour enfants, car il existe des albums sans texte.

Compléments

  • L’album pour enfants sollicite un rapport physique et esthétique à l’objet livre, notamment par sa matière, son façonnage et sa mise en page.

  • L’album nourrit l’imaginaire enfantin en enrichissant la capacité des enfants à produire des images mentales.

  • L’image dans l’album peut soutenir la projection émotionnelle et la compréhension grâce à ses détails et à ses références.

2. Image et narration dessinée

★ À maîtriser

📌 Dans la littérature illustrée, les illustrations ponctuelles ne suffisent pas à raconter l’histoire et le texte demeure le point d’ancrage de la lecture.

📌 Dans la littérature dessinée, l’image sert de point d’ancrage permanent à la lecture et est souvent spatialement prépondérante. - Morgan, Principes des littératures dessinées, 2003

Compléments

  • Dans la littérature dessinée, les passages où le texte n’est pas associé à l’image sont perçus comme des parenthèses, et la narration spécifique reprend lorsque texte et image se rejoignent.

📌 La littérature dessinée peut raconter de case en case, vers le récit séquentiel de la bande dessinée, ou de double-page en double-page, vers l’album contemporain pour enfants.

Astuce mémo

Dans le livre illustré, le texte ancre la lecture ; dans l’album, l’image co-pilote le récit.

3. Naissance de l’album moderne

Points essentiels

  • Macao et Cosmage privilégie le visuel, adopte un format carré et intègre un texte calligraphié qui devient une composante de l’image.

  • Macao et Cosmage fonctionne sur l’espace de la double-page et alterne des planches polychromes avec des planches d’atmosphère à tendance monochrome.

  • La définition moderne de l’album insiste sur l’interaction du texte et de l’image, la double-page, la diversité matérielle et la continuité du feuilletage. - Sophie Van der Linden, Lire l’album, 2006

4. Max et les Maximonstres

★ À maîtriser

  • Dans Max et les Maximonstres, Max, privé de repas après ses bêtises, s’évade au pays des Maximonstres, en devient le roi, puis rentre chez lui par nostalgie et besoin d’amour. - Maurice Sendak, 1967

📌 Max et les Maximonstres reconnaît la vie pulsionnelle et imaginaire de l’enfant sans condamner entièrement la transgression, à laquelle il accorde un espace d’expression.

  • Dans Max et les Maximonstres, la composition des double-pages accompagne l’évasion imaginaire par une expansion de l’image et une diminution de la place du texte, puis le retour au calme par le mouvement inverse.

Compléments

  • Françoise Dolto craint que les Maximonstres effraient les jeunes enfants et critique le fait que Max ne soit puni ni ne réalise de bonnes actions ou d’exploits à la fin.

5. Protéger ou libérer l’enfance

★ À maîtriser

📌 François Ruy Vidal critique l’hyperprotection et défend des livres courageux qui abordent la mort, la guerre et les réalités difficiles par la transmutation artistique.

📌 L’éducation doit poser des limites tout en offrant un espace d’expression à l’imaginaire et à la vie libidinale de l’enfant.

Compléments

📌 La conception protectrice de la littérature jeunesse cherche à rassurer l’enfant et à satisfaire ses besoins de sécurité, d’affection et de valorisation personnelle. - François Faucher

  • L’image peut porter une forte charge affective et imaginaire susceptible de marquer durablement la sensibilité de l’enfant.

  • L’image contribue à la prise de sens et à l’adoption d’une attitude active de lecture.

Astuce mémo

Protection rassurante du Père Castor versus livres courageux de Ruy Vidal.

6. Genres et structures d’albums

★ À maîtriser

📌 Les albums scripts présentent des événements routiniers de la vie quotidienne et permettent d’anticiper la suite grâce à des situations familières. - Terwagne et Vanesse, 2008

📌 Les albums d’imagination s’organisent autour d’un motif ou d’une complication qui rompt la routine et abordent souvent des enjeux interprétatifs, existentiels ou sociaux avec humour ou ironie. - Terwagne et Vanesse, 2008

Compléments

  • Les structures d’albums fictionnels comprennent les récits en randonnée, alternés, enchâssés et multifocalisés, ainsi que les albums tête-bêche.

  • Les albums fictionnels peuvent traiter d’autres cultures, de l’histoire, du vivant, de la vie affective, des stéréotypes de personnage, de l’humour, de la peur, du jeu avec la langue, de la parodie ou de la métafiction.

7. Choisir le niveau de lecture

★ À maîtriser

📌 Le choix du niveau de classe pour étudier un album doit s’appuyer sur plusieurs critères afin d’éviter une erreur de destination du lectorat.

  • Les critères d’évaluation comprennent : les thématiques abordées, la charge émotionnelle et la portée éthique ou symbolique, le niveau de langue, le lexique et la complexité syntaxique, la longueur du récit et du texte, les rapports texte-image, la structure du récit, le système des personnages

Compléments

  • Le choix du niveau doit aussi tenir compte des références culturelles prérequises, des implicites, des ellipses, des blancs interprétatifs ainsi que de la taille et du format de l’album.

8. Déjouer la fausse simplicité

★ À maîtriser

  • Un album aux actions, personnages, phrases et images simples peut néanmoins être complexe si la compréhension repose sur la psychologie non dite du personnage, des implicites culturels et une fin à interpréter.

Compléments

  • L’exemple d’album faussement simple conduit à envisager une étude au cycle 2 ou 3 plutôt qu’au cycle 1, car il repose sur des implicites psychologiques et culturels.

  • Les réflexions soulevées portent sur :

    • le désir d’être considéré
    • les rapports fille-garçon
    • les fondements de l’attachement à autrui
    • le rapport entre être et avoir
    • les ressorts de la rivalité jalouse

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Album pour enfants avec 17 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Qu’est-ce qui distingue l’album pour enfants d’un simple livre illustré ?

2. Un album raconte une histoire uniquement par ses images, sans aucun texte imprimé : quelle caractéristique de l’album cette situation illustre-t-elle ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Album pour enfants avec 50 flashcards interactives.

Qui a publié *Lire l’album* en 2006 ?

Sophie Van der Linden.

Comment textes et images interagissent-ils dans l’album pour enfants ?

Les images, spatialement prépondérantes, interagissent avec les textes, éventuellement sous-jacents.

Comment l’enchaînement des pages se caractérise-t-il dans l’album pour enfants ?

Il est fluide et cohérent.

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