Fiche de révision : Histoire des institutions scolaires

Plan du Cours

  1. Périodiser l’histoire
  2. Éducation spartiate et cité guerrière
  3. Éducation et écoles à Athènes
  4. Paideia et cursus hellénistique
  5. Écoles chrétiennes du haut Moyen Âge
  6. Université et collèges médiévaux
  7. Réforme, humanisme et instruction
  8. Collèges et pédagogie jésuites
  9. Petites écoles et écoles charitables
  10. Enseignement secondaire masculin
  11. Enseignement secondaire féminin
  12. École primaire et lois scolaires
  13. Petite enfance et école maternelle
  14. Enseignement primaire supérieur

Repères chronologiques

  1. 529Le concile de Vaison impose la création d’écoles paroissiales d’abord destinées aux futurs lecteurs, auxiliaires des prêtres.
  2. 1539Ignace de Loyola fonde la Compagnie de Jésus, qui accorde une importance majeure à la formation de ses membres.
  3. 1561La Compagnie de Jésus est officiellement autorisée dans le royaume de France.
  4. 28 juin 1833La loi Guizot impose à chaque commune d’entretenir au moins une école primaire élémentaire, seule ou avec des communes voisines, et de fournir un local ainsi qu’un traitement fixe au maître.
  5. 10 avril 1867Victor Duruy fait voter une loi en faveur de l’enseignement primaire féminin.
  6. 9 août 1879La loi Paul Bert oblige chaque département à se doter d’une école normale d’instituteurs et d’une école normale d’institutrices.
  7. 21 décembre 1880La loi portée par le député Camille Sée crée les lycées et collèges de jeunes filles.
  8. 16 juin 1881Une loi instaure la gratuité absolue de l’enseignement primaire dans les écoles publiques, alors que 57 % des élèves bénéficiaient déjà de la gratuité en 1876-1877. - Antoine Prost
  9. 28 mars 1882Une loi rend l’instruction obligatoire de 6 à 13 ans et laïcise les programmes publics en remplaçant l’instruction religieuse par l’instruction morale et civique.
  10. 1891L’enseignement secondaire spécial prend le nom d’enseignement secondaire moderne et est sanctionné par un baccalauréat du même nom.

1. Périodiser l’histoire

★ À maîtriser

  • Dans le cadre universitaire français, l’Antiquité s’étend conventionnellement de l’apparition de l’écriture, autour de 3000 av. J.-C., à la chute de l’Empire romain d’Occident en 476.

📌 Les périodes historiques sont des conventions rétrospectives : les contemporains ne percevaient pas nécessairement leur époque comme un changement de période.

Compléments

  • Le Moyen Âge s’étend conventionnellement de la fin du Ve siècle à la Renaissance et aux grandes découvertes du XVe siècle.

  • La période moderne s’étend conventionnellement du XVe siècle à la Révolution française, qui débute en 1789.

  • La période contemporaine commence avec la Révolution française et se poursuit jusqu’à aujourd’hui.

  • Le découpage en périodes correspond à une vision française de l’histoire et n’est pas nécessairement pertinent pour d’autres sociétés.

2. Éducation spartiate et cité guerrière

★ À maîtriser

  • À Sparte, l’éducation est organisée par l’État en fonction de ses besoins et du dévouement à la cité.

  • Jusqu’à 7 ans, l’État spartiate délègue à la famille l’encadrement des enfants, confié notamment aux femmes.

  • Après 7 ans, le garçon spartiate reçoit une éducation collective sous contrôle de l’État ; les quatre premières années sont consacrées aux jeux et exercices communs, puis, à 12 ans, il quitte la maison pour l’internat, qu’il ne quitte qu’à 30 ans.

  • La formation spartiate des garçons privilégie la préparation physique et militaire, tandis que lecture et écriture sont limitées au nécessaire.

Compléments

  • Aux VIIIe-VIe siècles av. J.-C., Sparte est un État guerrier dont la puissance militaire lui permet de conquérir et conserver un vaste territoire grec.

  • La musique spartiate relie les pratiques culturelles : la danse à la gymnastique et le chant à la poésie.

  • La formation morale spartiate valorise le patriotisme, le dévouement à l’État, l’austérité et la résistance à la douleur.

  • Les filles spartiates reçoivent une formation réglementée privilégiant le sport et la gymnastique, subordonnée à l’objectif d’avoir des enfants vigoureux.

Astuce mémo

À Sparte, l’État forme les garçons soldats ; les filles sont formées pour devenir des mères fécondes.

3. Éducation et écoles à Athènes

★ À maîtriser

  • À Athènes, autour du VIe siècle av. J.-C., la démocratisation de la vie politique accroît la demande d’éducation et favorise le développement d’une formation collective destinée aux hommes libres.

  • L’éducation des jeunes enfants est assurée par trois maîtres :

    • le pédotribe enseigne l’éducation physique à la palestre
    • le cithariste enseigne la musique
    • le grammatiste enseigne la lecture, l’écriture et le calcul
  • Les Sophistes élaborent un enseignement destiné à préparer les jeunes gens à une carrière d’homme d’État, sans constituer une école institutionnelle ; leur formation collective dure probablement trois ou quatre ans.

📌 Socrate s’oppose aux Sophistes en plaçant l’éthique et la vertu morale au premier plan, plutôt que l’efficacité de la formation.

  • Platon ouvre l’Académie en 387 av. J.-C. pour enseigner la philosophie et les sciences politiques et former des conseillers et des législateurs.

Compléments

  • L’enseignement musical athénien vise notamment la maîtrise de soi et l’harmonie de l’être tout entier.

  • L’Académie de Platon est une confrérie consacrée au culte des Muses, fondée sur la recherche de la vérité par la science rationnelle.

  • Isocrate fonde une école payante proposant trois ou quatre années d’enseignement de l’éloquence pour former des professeurs ou des techniciens de la discussion.

Astuce mémo

Platon recherche la vérité par la science rationnelle ; Isocrate forme à l’action politique par l’éloquence.

4. Paideia et cursus hellénistique

Notions clés & Définitions

  • Paideia : La paideia est l’idéal grec de formation personnelle par lequel les individus cherchent à se conformer à un même type idéal d’humanité.

★ À maîtriser

  • Dans le cursus hellénistique décrit, l’enfant reste dans sa famille jusqu’à 7 ans, suit la période scolaire de 7 à 14 ans, étudie ensuite les auteurs classiques de 14 à 21 ans, puis accomplit l’éphobie, stage de formation civique et militaire.

📌 Le modèle éducatif hellénistique est partagé dans le monde grec, mais la majorité des écoles sont privées et financées par les frais versés par les familles aux maîtres.

Compléments

  • À l’époque hellénistique, l’éducation physique recule au profit des disciplines spirituelles, et les éléments littéraires prennent le pas sur les arts.

  • À l’époque hellénistique, la fréquentation de l’école devient la règle à partir de 7 ans pour les enfants de condition libre dans les pays véritablement grecs.

  • Dans certaines cités hellénistiques, les filles et les garçons suivent le même cursus scolaire.

5. Écoles chrétiennes du haut Moyen Âge

★ À maîtriser

📌 Entre les IVe et VIIIe siècles, l’éducation passe progressivement de la paideia antique, destinée à former les élites politiques et administratives, à l’école médiévale occidentale, chargée d’enseigner la vérité chrétienne.

  • Après la disparition des écoles romaines aux Ve-VIe siècles, l’Église prend progressivement en charge l’éducation en s’appuyant sur les chapitres et les monastères.

  • Les écoles monastiques, principales institutions d’enseignement du monde latin occidental du début du Moyen Âge au XIIe siècle, forment d’abord les futurs moines, notamment des oblats âgés de 7 à 12 ans.

📌 Les écoles cathédrales assurent la formation supérieure des candidats du diocèse à l’état clérical, tandis que les écoles paroissiales et l’enseignement des couvents sont plus élémentaires.

  • À partir du XIIe siècle, davantage d’enfants des villes fréquentent les petites écoles, notamment les enfants de marchands et d’artisans pour qui lire et écrire devient indispensable ; les séjours restent brefs et irréguliers.

Compléments

  • Les écoles paroissiales enseignent à lire et à chanter les psaumes, et font découvrir aux élèves l’organisation de l’Église.

  • Au haut Moyen Âge, la majorité des enfants acquièrent la culture et les savoir-faire dans leur milieu familial, et les garçons de familles moyennes à aisées sont les principaux élèves des écoles.

  • Au début du Moyen Âge, l’enseignement est principalement assuré par des clercs et repose sur la parole et l’exemple ; les punitions corporelles existent, mais les pédagogues recommandent la modération.

Astuce mémo

La paideia forme les élites des cités ; l’école médiévale enseigne la vérité chrétienne.

6. Université et collèges médiévaux

★ À maîtriser

  • Au XIIe siècle, l’essor intellectuel, l’élargissement des études et le développement urbain contribuent à la constitution de certaines écoles en universités.

  • À Paris, on trouve trois types d’écoles :

    • l’école épiscopale dirigée par l’écolâtre
    • les écoles monastiques
    • les écoles privées autorisées par le chancelier grâce à la licencia docendi
  • Au XIIIe siècle, les maîtres des écoles privées parisiennes s’organisent en corporation et obtiennent le monopole de la collation des grades et de la cooptation, l’autonomie administrative et judiciaire, ainsi que l’autonomie financière.

📌 La faculté des arts, qui accueille les étudiants les plus jeunes et les plus nombreux, dispense une formation générale ; les facultés de droit, médecine et théologie sont considérées comme supérieures en raison du niveau de leur enseignement.

Compléments

  • Les quatre facultés sont :

    • arts
    • droit
    • médecine
    • théologie
  • Les études universitaires médiévales sont très coûteuses, car elles imposent de payer le logement, la nourriture, l’inscription, les examens, les livres et manuscrits, et parfois le maître ; près de 99 % des étudiants sont issus de la noblesse ou de la bourgeoisie.

  • Le collège de la Sorbonne, fondé en 1253 par Robert de Sorbon pour des étudiants pauvres en théologie, accueille trente-six pensionnaires.

  • À la Sorbonne, le prieur et un maître d’études organisent des répétitions et des disputes, tandis que le prieur gère la bibliothèque.

7. Réforme, humanisme et instruction

★ À maîtriser

  • Au XVe siècle, les réformateurs chrétiens considèrent l’ignorance des clercs comme un mal majeur et soutiennent qu’un chrétien a besoin d’un minimum de savoir pour faire son salut.

  • Dans son ouvrage de 1529, De l’éducation des enfants, Érasme recommande de commencer l’éducation à 3 ans par des jeux, des images, des exercices physiques et des fables, puis des citations, sans châtiments corporels et en joignant l’utile à l’agréable. - Erasme de Rotterdam

  • En 1559, Jean Bodin appelle à instruire tous les enfants, quelles que soient leurs origines sociales, dans une école publique.

  • Les réformateurs protestants font de l’alphabétisation un moyen pour les chrétiens de lire directement la Bible et de construire une foi personnelle et solide.

📌 Adopté en 1551, l’édit de Châteaubriant condamne à mort les détenteurs de livres protestants et interdit aux non-catholiques de tenir des écoles.

📌 L’édit de Nantes de 1598 autorise les protestants à tenir école uniquement dans les territoires où leur culte est permis.

Compléments

  • Jean de Gerson (1363-1429) défend l’éducation chrétienne des enfants dans son Traité du devoir de conduire les enfants à Jésus-Christ.

  • Pour la formation scolaire et l’éveil intellectuel, Érasme recommande : (Erasme de Rotterdam, 1529) : de commencer la formation scolaire à 7 ans, d’enseigner le latin par la conversation plutôt que par la grammaire, de recourir à un précepteur à domicile, d’envoyer les enfants voyager en Europe pour apprendre les langues étrangères

  • La culture humaniste des bonnes lettres associe la connaissance de soi, des autres et du monde à des valeurs esthétiques et éthiques, et repose notamment sur l’apprentissage du latin, du grec et de l’hébreu.

  • En 1524, Martin Luther recommande que les garçons fréquentent l’école une ou deux heures par jour et consacrent le reste de leur temps au travail domestique et à l’apprentissage d’un métier.

  • En 1542, Jean Calvin rédige à Genève Le Formulaire d’instruire les enfants en la chrétienté, un catéchisme sous forme de questions-réponses entre un ministre du culte et un enfant.

  • À Genève, Jean Calvin institue une instruction publique et obligatoire reposant sur des écoles élémentaires gratuites.

8. Collèges et pédagogie jésuites

★ À maîtriser

  • Les collèges de la période moderne répondent au manque d’établissements intermédiaires entre les écoles primaires et l’université, où l’entrée suppose déjà la maîtrise de savoirs comme le latin.

  • Vers 1530, les collèges parisiens organisent les élèves en huit classes correspondant à des étapes et à des contenus pédagogiques distincts.

  • Dans les collèges parisiens, le passage de classe dépend d’un examen de fin de semestre ou d’année ; les élèves apprennent d’abord à construire des phrases latines simples, puis rédigent des compositions en prose et en vers, s’initient au discours rhétorique en seconde et à la disputatio en première.

Compléments

  • Les méthodes adoptées par les collèges parisiens comprennent la division par classes, l’organisation ordonnée des salles, des horaires stricts, des exercices successifs, des promotions et des examens.

  • Les premiers collèges jésuites sont des internats destinés à former les novices dans de bonnes conditions intellectuelles et morales, puis accueillent aussi d’autres futurs prêtres.

  • En 1551, Ignace de Loyola ouvre le collège de Rome, qui devient le laboratoire d’expérience et l’école normale des collèges jésuites.

  • La Ratio Studiorum rassemble les règlements de la Compagnie de Jésus et manifeste son choix de l’apostolat par l’enseignement.

  • En 1572, le royaume de France compte douze collèges jésuites.

9. Petites écoles et écoles charitables

★ À maîtriser

📌 Au début du règne de Louis XIV, les cadres de l’Église soutiennent une école religieuse et charitable, tandis que des élites s’opposent à l’instruction profane du peuple, perçue comme une menace pour l’ordre social et économique.

  • Le 27 mai 1672, Charles Démia fonde le séminaire Saint-Charles, premier séminaire français de formation des maîtres.

📌 Les écoles des Frères des écoles chrétiennes comptent toujours au moins deux enseignants, ce qui permet de répartir les élèves selon leur niveau.

Compléments

  • Des notables de l’industrie et du commerce soutiennent progressivement l’instruction afin de réduire le manque de main-d’œuvre qualifiée, tandis que les finalités profanes croissantes inquiètent certains hommes d’Église.

  • Charles Démia publie ses Remontrances en 1666, rééditées en 1668, pour défendre la création d’écoles primaires destinées aux enfants pauvres.

  • À la mort de Charles Démia en 1689, le réseau qu’il a développé à Lyon compte 16 écoles gratuites de garçons et de filles.

  • Jean-Baptiste de La Salle fonde l’Institut des Frères des écoles chrétiennes en 1684 et ouvre les premières écoles de cet institut à Paris en 1688.

  • En 1685, Jean-Baptiste de La Salle fonde à Reims un séminaire constituant une école normale d’instituteurs sans équivalent alors, hors la formation des jésuites destinée à l’enseignement des milieux aisés.

Astuce mémo

Instruction religieuse charitable ↔ instruction profane utile

10. Enseignement secondaire masculin

Notions clés & Définitions

  • Université impériale : Corporation organisée par l’État, créée en 1806, qui rassemble un corps enseignant national, public et laïque, principalement composé des personnels des lycées et secondairement de ceux des collèges communaux.

★ À maîtriser

📌 La loi du 1er mai 1802 crée les lycées, prévus à raison d’un par arrondissement de tribunal d’appel, pour former les futurs administrateurs du royaume.

  • L’enseignement des lycées est centré sur :

    • les langues anciennes, notamment le latin
    • la rhétorique
    • la logique
    • la morale
  • La bifurcation de 1852, initiée par Hippolyte Fortoul, sépare après la quatrième une voie littéraire menant au baccalauréat littéraire et aux facultés de lettres et de droit, et une voie scientifique destinée notamment aux facultés des sciences et aux professions commerciales et industrielles.

  • Après l’abandon progressif de la bifurcation à partir de 1864, Victor Duruy crée un enseignement secondaire spécial parallèle au classique, d’une durée initiale de quatre ans à partir de la sixième, destiné notamment aux industriels, négociants et agriculteurs.

  • La réforme de 1902 organise le premier cycle secondaire, de la sixième à la troisième, en section classique avec latin obligatoire et grec optionnel, et en section moderne sans latin.

Compléments

  • Les lycées passent de 36 établissements en 1812 à 77 en 1865, restent concentrés dans les principales villes et ne dépassent pas un établissement par département, sauf Paris qui en compte cinq.

  • Les collèges communaux passent de 337 établissements en 1812 à 251 en 1865 et sont financés principalement par les communes, contrairement aux lycées dont l’État subventionne le fonctionnement à partir de 1817.

  • L’Université impériale organise les carrières des enseignants par des conditions de formation, des rémunérations fixées par une grille, des possibilités de mutation, des droits à la retraite et, à partir de 1821, le concours de l’agrégation.

📌 Dans la hiérarchie enseignante, le professeur de lycée titulaire d’une chaire précède l’agrégé suppléant, puis le chargé de cours, qui n’a pas nécessairement les titres requis ni de garantie de stabilité.

  • En 1842, les collèges et lycées accueillent au total 44 000 élèves, et le baccalauréat est l’examen commun nécessaire pour accéder aux facultés.

  • En prenant en compte les garçons de 8 à 18 ans, le taux de scolarisation dans les collèges et lycées passe de 2,2 % en 1842 à près de 5 % en 1876, soit d’un garçon sur 45 à un sur 21. - Antoine Prost

  • À partir des années 1880, le secondaire spécial se développe en deux cycles : un cours moyen de trois ans sanctionné par un certificat d’études, puis un cours supérieur menant au baccalauréat spécial ; une sixième année est ajoutée en 1886.

  • En 1902, le second cycle secondaire offre aux familles le choix entre quatre filières conduisant à deux baccalauréats de même valeur.

Astuce mémo

Lycée classique ↔ cursus secondaire spécial puis moderne

11. Enseignement secondaire féminin

★ À maîtriser

  • Jusqu’en 1850, seuls les établissements secondaires de garçons sont autorisés à préparer au baccalauréat, si bien que les filles doivent s’y préparer par leurs propres moyens.

📌 Les établissements secondaires féminins n’enseignent ni le latin ni le grec, ne préparent pas au baccalauréat et proposent cinq années d’études menant au diplôme d’études secondaires ou au brevet supérieur.

Compléments

  • Les lycées de jeunes filles accueillent principalement des filles de familles moyennes à aisées vivant en milieu urbain, un public comparable à celui des établissements de garçons.

12. École primaire et lois scolaires

★ À maîtriser

  • Le 30 octobre 1886, la loi Goblet exclut le personnel religieux de l’enseignement public, laïcise le personnel enseignant et donne aux instituteurs un statut de fonctionnaires.

Compléments

  • La loi Guizot met en place une inspection primaire comprenant un inspecteur par département et des sous-inspecteurs, ainsi que des conditions de formation pour le recrutement des maîtres.

📌 La loi Guizot autorise les écoles privées et laisse aux parents le choix de l’école, sans instaurer de monopole d’État sur l’enseignement primaire.

  • La loi Guizot prévoit des écoles normales primaires où des élèves issus de l’enseignement primaire peuvent poursuivre leur formation pour devenir maîtres.

📌 La loi du 10 avril 1867 oblige les communes de plus de 500 habitants à entretenir une école de filles et encourage la gratuité par des financements nationaux pour les familles incapables de payer les frais d’études.

  • Après la loi de 1882, les écoles publiques laissent un jour libre en dehors du dimanche, d’abord le jeudi puis le mercredi, pour permettre aux parents de donner une éducation religieuse à leurs enfants.

Astuce mémo

Guizot organise → gratuité → obligation et programmes laïcisés → personnel laïcisé

13. Petite enfance et école maternelle

★ À maîtriser

📌 Pauline Kergomard considère que l’école maternelle doit être un établissement d’éducation et non d’instruction, et qu’elle ne doit pas devenir une pré-école élémentaire centrée sur la lecture. - L'Éducation maternelle dans l'école, 1886

Compléments

  • À partir des années 1820, des salles d’asile inspirées du modèle anglais sont ouvertes, notamment à Paris, pour accueillir les jeunes enfants des familles modestes.

  • Dès 1850, la France compte 1 700 salles d’asile, conçues comme des lieux d’accueil salubres et éducatifs pour les enfants des familles les moins aisées.

  • Pauline Kergomard estime qu’il est illogique d’apprendre à lire à un enfant qui ne sait pas encore parler. - L'Éducation maternelle dans l'école, 1886

  • Pauline Kergomard est inspectrice générale des écoles maternelles de 1881 à 1917.

Astuce mémo

Éduquer avant six ans, plutôt qu’instruire par la lecture

14. Enseignement primaire supérieur

★ À maîtriser

📌 La loi Guizot du 28 juin 1833 prévoit une école primaire supérieure dans les chefs-lieux de département et les communes de plus de 6 000 habitants.

📌 Les écoles primaires supérieures sont placées dans l’ordre primaire et offrent aux classes moyennes une formation intermédiaire sans ouvrir l’accès à l’enseignement secondaire classique.

  • Le 15 janvier 1881, un décret prévoit des cours complémentaires annexés aux écoles élémentaires et des écoles primaires supérieures comprenant au moins deux années d’études.

Compléments

  • Les écoles primaires supérieures sont pensées par Victor Cousin sur le modèle des Mittelschulen allemandes, situées entre les Volksschulen et le Gymnasium.

  • Le programme des écoles primaires supérieures comprend : la géométrie et ses applications usuelles, le dessin linéaire, l’arpentage, des notions de sciences physiques et d’histoire naturelle applicables aux usages de la vie, le chant, les éléments de l’histoire et de la géographie, surtout de la France

  • En 1850, on compte 343 écoles primaires supérieures.

  • Les écoles primaires supérieures organisent une spécialisation disciplinaire avec trois maîtres enseignant des contenus différenciés, en plus du directeur, et un cursus pouvant durer jusqu’à trois ans, sanctionné par un certificat d’études primaires supérieures.

Astuce mémo

EPS dans l’ordre primaire, entre école élémentaire et lycée

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Histoire des institutions scolaires avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Dans le découpage conventionnel de l’histoire utilisé dans les universités françaises, quels événements délimitent l’Antiquité ?

2. Pourquoi les limites entre les grandes périodes historiques ne correspondent-elles pas nécessairement à des changements vécus comme tels par les contemporains ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Histoire des institutions scolaires avec 10 flashcards interactives.

Quelles bornes conventionnelles définissent l’Antiquité dans le cadre universitaire français ?

De l’apparition de l’écriture, vers 3000 av. J.-C., à la chute de l’Empire romain d’Occident en 476.

Par qui et selon quels besoins l’éducation spartiate est-elle organisée ?

Par l’État, selon ses besoins et le dévouement à la cité.

Quand commence conventionnellement la période contemporaine et jusqu’à quand se poursuit-elle ?

Avec la Révolution française, jusqu’à aujourd’hui.

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