QCM : Altérités et mondes lointains (64 questions)

Questions et réponses du QCM

1. À partir de quelle réflexion l’altérité grecque est-elle construite ?

D’une réflexion sur soi-même, le corps collectif et la condition humaine
D’une étude des territoires étrangers et de leurs ressources naturelles
D’une opposition entre les pratiques religieuses grecques et les cultes orientaux
D’une comparaison entre les institutions grecques et les royaumes voisins

D’une réflexion sur soi-même, le corps collectif et la condition humaine

Explication

L’altérité grecque se construit à partir d’une interrogation sur soi, sur le corps collectif et sur la condition humaine. Elle ne repose donc pas d’abord sur une simple description géographique ou religieuse des peuples étrangers.

2. Comment l’anthropologie structuraliste de la Grèce ancienne construit-elle son modèle de la condition humaine ?

Elle privilégie les textes philosophiques tardifs et écarte les récits mythologiques anciens
Elle rapproche des textes variés, les replace dans leur contexte, puis élabore un modèle interprétatif
Elle décrit les peuples étrangers séparément sans les rapporter à une norme humaine
Elle compare les langues grecques et étrangères afin de reconstituer une origine commune

Elle rapproche des textes variés, les replace dans leur contexte, puis élabore un modèle interprétatif

Explication

Cette démarche juxtapose des textes d’époques et de genres différents, les contextualise, puis fait émerger un modèle normatif de la condition humaine. Ce modèle sert ensuite à interpréter les figures de l’Autre.

3. Quel ensemble de caractéristiques distingue les humains des dieux et des animaux dans la pensée grecque ?

Les humains connaissent le labeur et la vieillesse, mais se distinguent des animaux par la justice
Les humains échappent à la maladie, mais se distinguent des animaux par la maîtrise du feu
Les humains connaissent l’immortalité divine, mais se distinguent des animaux par la force physique
Les humains partagent la fatigue animale, mais se distinguent des dieux par leur organisation politique

Les humains connaissent le labeur et la vieillesse, mais se distinguent des animaux par la justice

Explication

Les humains se distinguent des dieux par le labeur, la fatigue, la maladie et la vieillesse, tandis que la justice et l’interdiction de l’anthropophagie les distinguent des animaux. Les autres réponses attribuent aux humains des caractéristiques qui ne correspondent pas à cette définition.

4. Quelle distinction oppose correctement l’akoè à l’autopsia chez Hérodote ?

L’akoè concerne la mémoire des événements, tandis que l’autopsia concerne leur explication rationnelle
L’akoè désigne l’interprétation des coutumes, tandis que l’autopsia désigne leur comparaison
L’akoè repose sur l’observation personnelle, tandis que l’autopsia repose sur les récits transmis
L’akoè repose sur les récits entendus, tandis que l’autopsia repose sur ce qui est vu directement

L’akoè repose sur les récits entendus, tandis que l’autopsia repose sur ce qui est vu directement

Explication

Chez Hérodote, l’akoè désigne l’écoute des récits d’autrui, alors que l’autopsia consiste à voir par ses propres yeux. Ces deux voies contribuent à la connaissance, appelée gnômè.

5. Dans quelle région les sources anciennes situent-elles les Scythes ?

Dans les vallées montagneuses au sud et au sud-ouest de la mer Noire
Dans les steppes au nord et au nord-est de la mer Noire
Dans les plaines côtières à l’ouest et au nord-ouest de la mer Égée
Dans les déserts méridionaux entre la mer Rouge et la péninsule Arabique

Dans les steppes au nord et au nord-est de la mer Noire

Explication

Les Scythes sont situés dans les steppes au nord et au nord-est de la mer Noire, correspondant approximativement à l’Ukraine actuelle et au sud-est de la Russie. Leur localisation ne renvoie donc ni à l’espace égéen ni aux régions méridionales.

6. Comment évolue la représentation grecque des peuples du Nord à mesure qu’ils s’éloignent de la Grèce ?

La sauvagerie augmente progressivement jusqu’à la perte de l’humanité aux limites du monde connu
La proximité culturelle augmente progressivement jusqu’à l’adoption des coutumes grecques aux limites du monde connu
La richesse augmente progressivement jusqu’à l’apparition de sociétés plus civilisées aux limites du monde connu
La diversité politique diminue progressivement jusqu’à la formation de royaumes unifiés aux limites du monde connu

La sauvagerie augmente progressivement jusqu’à la perte de l’humanité aux limites du monde connu

Explication

Dans cette représentation, l’éloignement du centre grec s’accompagne d’une sauvagerie croissante, jusqu’à la disparition de toute humanité dans les eschatiai. Le centre grec constitue ainsi le point de référence de l’humain.

7. Quelle différence caractérise principalement les Agripéens et les Issédones ?

Les Agripéens sont réputés pour leurs sacrifices humains, tandis que les Issédones vivent sans règles funéraires ni organisation sociale
Les Agripéens protègent les réfugiés, tandis que les Issédones accordent une forte autorité aux femmes et pratiquent des rites funéraires singuliers
Les Agripéens dominent leurs voisins par la guerre, tandis que les Issédones se distinguent par leur navigation et leur commerce
Les Agripéens pratiquent des rites funéraires singuliers, tandis que les Issédones protègent les réfugiés et refusent toute autorité féminine

Les Agripéens protègent les réfugiés, tandis que les Issédones accordent une forte autorité aux femmes et pratiquent des rites funéraires singuliers

Explication

Les Agripéens sont décrits comme pacifiques et protecteurs des réfugiés, malgré des traits physiques qui les rapprochent de la frontière de l’humain. Les Issédones sont associés à l’autorité accordée aux femmes et à des coutumes funéraires qui les rapprochent de l’altérité extrême.

8. Quelle opposition Strabon établit-il entre deux traditions concernant les Scythes ?

Une tradition présente des Scythes riches et luxueux, l’autre des Scythes pauvres et dépourvus de pratiques religieuses
Une tradition présente des Scythes marins et pacifiques, l’autre des Scythes agricoles et soumis aux Grecs
Une tradition présente des Scythes justes et frugaux, l’autre des Scythes féroces et tueurs de prisonniers
Une tradition présente des Scythes sédentaires et commerçants, l’autre des Scythes savants et bâtisseurs de cités

Une tradition présente des Scythes justes et frugaux, l’autre des Scythes féroces et tueurs de prisonniers

Explication

Strabon rapproche une tradition des Scythes justes, nomades, frugaux et tempérés d’une autre qui les décrit comme féroces, mangeurs de viande crue, pirates et tueurs de prisonniers. Il met ainsi en regard deux portraits opposés d’un même peuple.

9. Quel événement marque l’année 1206 dans l’histoire de l’Empire mongol ?

Rubrouck quitte la Crimée et entreprend une mission diplomatique auprès du khan Möngkhö
Gengis-Khan unifie les populations mongoles, avant l’expansion rapide de l’Empire vers l’Europe
Les victoires mongoles en Pologne et en Hongrie rapprochent les cavaliers de l’Europe chrétienne
Le khan Güyük est élu, puis les Mongols commencent leur retrait militaire vers l’Asie centrale

Gengis-Khan unifie les populations mongoles, avant l’expansion rapide de l’Empire vers l’Europe

Explication

En 1206, Gengis-Khan unifie les populations mongoles, ce qui précède l’expansion rapide de l’Empire vers l’Europe. L’élection de Güyük et les victoires européennes appartiennent à des périodes ultérieures.

10. Quel itinéraire et quel objectif caractérisent la mission de Jean de Plan Carpin ?

Il part de Lyon en 1245, assiste à l’élection de Güyük en 1246 et revient en Europe en 1247 comme ambassadeur et observateur stratégique
Il part de Crimée en 1253, rencontre Möngkhö en 1254 et revient par Antioche en 1255 dans une démarche ethnographique
Il quitte Lyon en 1253, rencontre Güyük en 1254 et revient en 1255 pour établir une alliance commerciale
Il part de Hongrie en 1241, assiste à l’élection de Möngkhö en 1246 et revient en Europe en 1247 comme prédicateur itinérant

Il part de Lyon en 1245, assiste à l’élection de Güyük en 1246 et revient en Europe en 1247 comme ambassadeur et observateur stratégique

Explication

Plan Carpin part de Lyon en avril 1245, atteint la Mongolie à l’été 1246 pour l’élection de Güyük et revient au printemps 1247. Sa mission est surtout diplomatique et stratégique, contrairement à l’approche davantage ethnographique attribuée à Rubrouck.

11. Quelle chronologie correspond au voyage de Guillaume de Rubrouck ?

Il part de Crimée en juin 1245, rencontre Güyük en janvier 1246 et revient par Lyon en juin 1247
Il part de Hongrie en 1241, rencontre Möngkhö en janvier 1246 et atteint Antioche en juin 1247
Il part de Crimée en juin 1253, rencontre Möngkhö en janvier 1254 et atteint Antioche en juin 1255
Il part de Lyon en avril 1245, rencontre Güyük en été 1246 et regagne l’Europe au printemps 1247

Il part de Crimée en juin 1253, rencontre Möngkhö en janvier 1254 et atteint Antioche en juin 1255

Explication

Rubrouck voyage de 1253 à 1255 : il quitte la Crimée en juin 1253, rencontre Möngkhö en janvier 1254 et arrive à Antioche en juin 1255. Cette chronologie le distingue du voyage antérieur de Plan Carpin, effectué de 1245 à 1247.

12. Quelle différence oppose principalement les démarches de Plan Carpin et de Rubrouck face au monde mongol ?

Plan Carpin cherche à circonscrire l’altérité pour la maîtriser militairement, tandis que Rubrouck la décrit à partir des personnes rencontrées
Plan Carpin voyage comme marchand indépendant, tandis que Rubrouck rédige un traité juridique destiné à organiser les territoires mongols
Plan Carpin étudie les rites religieux mongols sans objectif politique, tandis que Rubrouck cherche à imposer une administration chrétienne
Plan Carpin décrit les coutumes mongoles depuis leur propre perspective, tandis que Rubrouck prépare une conquête militaire de l’Empire

Plan Carpin cherche à circonscrire l’altérité pour la maîtriser militairement, tandis que Rubrouck la décrit à partir des personnes rencontrées

Explication

Plan Carpin vise surtout à délimiter et comprendre l’altérité mongole afin de permettre sa maîtrise militaire par la chrétienté. Rubrouck adopte davantage une démarche descriptive, en essayant de rendre compte du monde mongol dans les termes de ceux qu’il rencontre.

13. Quelle différence caractérise le mieux les récits de Jean de Plan Carpin et de Guillaume de Rubrouck sur les Mongols ?

Plan Carpin décrit leurs techniques, tandis que Rubrouck se concentre sur leurs conquêtes militaires.
Plan Carpin admire leur société, tandis que Rubrouck condamne leurs pratiques religieuses.
Plan Carpin les condamne, tandis que Rubrouck cherche à comprendre leur mode de vie.
Plan Carpin étudie leurs échanges, tandis que Rubrouck refuse toute observation de leur société.

Plan Carpin les condamne, tandis que Rubrouck cherche à comprendre leur mode de vie.

Explication

Jean de Plan Carpin conserve une vision très négative des Mongols, alors que Guillaume de Rubrouck observe leur société avec une curiosité proche de l’ethnographie. L’idée d’une condamnation de Rubrouck inverse donc la distinction essentielle entre les deux auteurs.

14. Quelle attitude l’empereur Güyük adopte-t-il envers le pape ?

Il le traite comme le représentant religieux de toutes les populations soumises à l’Empire mongol.
Il lui demande d’organiser l’administration chrétienne des territoires récemment conquis par les Mongols.
Il le reconnaît comme un souverain égal et lui propose une alliance militaire contre les royaumes voisins.
Il le considère comme le chef d’un peuple périphérique et lui demande de reconnaître la souveraineté mongole.

Il le considère comme le chef d’un peuple périphérique et lui demande de reconnaître la souveraineté mongole.

Explication

Güyük place le pape à la tête d’un peuple périphérique de l’Empire mongol et exige la reconnaissance de la souveraineté mongole. Il ne lui accorde donc pas le statut d’un souverain égal dans un projet d’alliance.

15. Quelle démarche correspond à l’ethnographie ?

Décrire les batailles d’un empire en privilégiant les décisions de ses dirigeants.
Observer en détail les pratiques, les croyances et l’organisation d’une société.
Comparer les territoires selon leur richesse et leur capacité à fournir des tributs.
Juger une société conquise principalement selon les normes culturelles de l’observateur.

Observer en détail les pratiques, les croyances et l’organisation d’une société.

Explication

L’ethnographie repose sur l’observation détaillée de la vie sociale, des pratiques quotidiennes, des croyances et des modes d’organisation. Elle se distingue ainsi d’un récit de conquête qui évalue surtout une société à partir des normes de son auteur.

16. Quelle caractéristique de Karakorum frappe particulièrement Guillaume de Rubrouck ?

Son économie rurale, fondée sur des villages agricoles entourant la capitale.
Son caractère cosmopolite, avec des quartiers et des lieux de culte appartenant à plusieurs traditions.
Son organisation militaire, dominée par des casernes réservées aux soldats de l’empire.
Son homogénéité religieuse, centrée autour d’un grand sanctuaire mongol.

Son caractère cosmopolite, avec des quartiers et des lieux de culte appartenant à plusieurs traditions.

Explication

Rubrouck décrit Karakorum comme une ville cosmopolite comprenant notamment des quartiers sarrasin et chinois, ainsi qu’une mosquée, un temple bouddhiste et une église chrétienne. Cette diversité contredit l’image d’une capitale religieusement homogène.

17. Qu’est-ce qu’un millet dans l’Empire ottoman ?

Une province gouvernée par un administrateur nommé directement par le sultan.
Une corporation professionnelle chargée d’organiser les métiers d’une ville ottomane.
Une unité militaire regroupant les soldats recrutés dans une même région.
Une communauté religieuse bénéficiant d’une autogestion de ses affaires internes selon ses coutumes.

Une communauté religieuse bénéficiant d’une autogestion de ses affaires internes selon ses coutumes.

Explication

Le millet est une communauté religieuse reconnue par l’Empire ottoman et autorisée à gérer ses affaires internes selon ses propres coutumes. Il ne désigne donc ni une province administrative, ni une organisation professionnelle ou militaire.

18. Pourquoi l’Empire ottoman ne correspond-il pas à un empire colonial classique ?

Il accorde une indépendance complète à chaque territoire tout en supprimant l’autorité impériale.
Il ne repose pas sur une séparation métropole-colonies ni sur une politique générale d’assimilation.
Il fonde son administration sur une population culturellement homogène issue de la métropole.
Il organise ses territoires autour de colonies séparées dirigées par des gouverneurs européens.

Il ne repose pas sur une séparation métropole-colonies ni sur une politique générale d’assimilation.

Explication

L’Empire ottoman cohabite avec des communautés diverses au lieu d’organiser une relation classique entre métropole et colonies accompagnée d’une assimilation générale. L’autonomie complète des territoires ne décrit toutefois pas le fonctionnement impérial ottoman.

19. Que désigne l’oumma dans l’organisation religieuse de l’Empire ottoman ?

L’ensemble des populations non musulmanes placées sous la protection du sultan.
Une association de marchands musulmans chargée des échanges entre les provinces.
Une communauté locale de chrétiens administrant ses affaires selon ses propres coutumes.
La communauté universelle des musulmans, distincte des communautés chrétiennes et juives reconnues.

La communauté universelle des musulmans, distincte des communautés chrétiennes et juives reconnues.

Explication

L’oumma désigne la communauté universelle des musulmans, tandis que les autres communautés reconnues relèvent principalement du christianisme et du judaïsme. Elle ne correspond donc ni à une communauté chrétienne locale ni à une organisation commerciale.

20. Quel événement marque l’ouverture de l’« âge des réformes » dans l’Empire ottoman ?

L’adoption du turc ottoman comme langue administrative au XVe siècle.
Le Tanzimat inauguré en 1839.
La reconnaissance de l’oumma après la conquête de Constantinople.
La création du millet tzigane au début du XVIIIe siècle.

Le Tanzimat inauguré en 1839.

Explication

Le Tanzimat commence en 1839 et inaugure l’« âge des réformes » de l’Empire ottoman. Les autres propositions associent cette période à des institutions ou à des dates qui ne correspondent pas au fait établi.

21. Quelle approche permet de mieux comprendre l’histoire de la conquête des Amériques ?

Présenter la conquête comme l’action autonome des Européens face à des populations dépourvues d’initiative.
Analyser les événements à partir des décisions royales en écartant les expériences des sociétés conquises.
Décrire les échanges comme un processus unilatéral transformant les peuples autochtones sans interaction réciproque.
Intégrer le point de vue des vaincus, le rôle des auxiliaires autochtones et la réciprocité des contacts.

Intégrer le point de vue des vaincus, le rôle des auxiliaires autochtones et la réciprocité des contacts.

Explication

Une histoire renouvelée de la conquête prend en compte les populations vaincues, les auxiliaires autochtones et la réciprocité des contacts. La représentation d’une conquête entièrement européenne néglige précisément ces acteurs et ces interactions.

22. Quel objectif guide principalement l’expansion portugaise le long des côtes africaines ?

Explorer les côtes africaines sans chercher de route maritime vers les marchés de l’océan Indien.
Évangéliser les populations côtières avant de renoncer aux échanges avec les régions asiatiques.
Conquérir l’intérieur du continent afin d’y installer une vaste administration territoriale.
Contourner l’Afrique par le sud pour atteindre les Indes et établir des comptoirs commerciaux.

Contourner l’Afrique par le sud pour atteindre les Indes et établir des comptoirs commerciaux.

Explication

Les Portugais cherchent à contourner l’Afrique par le sud afin d’atteindre les Indes, tout en installant des comptoirs commerciaux sur les côtes africaines. Réduire leur projet à une exploration côtière ignore la recherche d’une route maritime vers l’Asie.

23. Comment les populations autochtones sont-elles d’abord représentées dans l’analyse de João Pacheco de Oliveira ?

Comme des groupes isolés dont les relations avec les Européens restent limitées aux affrontements.
Comme des ennemies irréconciliables refusant les échanges commerciaux et toute coopération politique.
Comme des sujets déjà intégrés aux institutions européennes et soumis à leurs normes sociales.
Comme des alliées militaires, des partenaires économiques et des personnes susceptibles de nouer des liens d’alliance.

Comme des alliées militaires, des partenaires économiques et des personnes susceptibles de nouer des liens d’alliance.

Explication

João Pacheco de Oliveira souligne que les autochtones furent d’abord perçus comme des alliés, des partenaires économiques et des personnes avec lesquelles des liens d’amitié ou d’alliance familiale étaient possibles. Cette analyse ne correspond donc pas à une représentation initiale fondée sur l’hostilité générale.

24. Quelle évolution caractérise la représentation des populations autochtones dans l’analyse de João Pacheco de Oliveira ?

Elle passe d’une image négative à une image positive fondée sur leur intégration aux institutions européennes.
Elle passe d’une image religieuse à une image commerciale qui les décrit comme des intermédiaires économiques.
Elle passe d’une représentation militaire à une représentation juridique qui leur accorde progressivement la citoyenneté.
Elle passe d’une image positive à une image négative les présentant comme nus, cannibales et opposés à la mission civilisatrice.

Elle passe d’une image positive à une image négative les présentant comme nus, cannibales et opposés à la mission civilisatrice.

Explication

L’évolution décrite va d’une représentation initialement positive vers une image négative associant les autochtones à la nudité, au cannibalisme, à l’agressivité et à l’opposition à la mission civilisatrice. L’hypothèse d’une amélioration progressive de leur image inverse cette dynamique.

25. Que désigne principalement le terme grec ancien « thauma » ?

Ce qui étonne, suscite l’admiration et peut provoquer le rejet
Ce qui inspire une admiration positive sans pouvoir être perçu comme monstrueux
Ce qui appartient aux rites religieux et exclut toute réaction esthétique
Ce qui est simplement rare, sans effet sur le jugement des observateurs

Ce qui étonne, suscite l’admiration et peut provoquer le rejet

Explication

Le thauma renvoie à ce qui paraît étrange et étonnant, pouvant susciter aussi bien l’admiration que la révulsion. La merveille correspond davantage à une réaction positive, tandis que le thauma peut conduire à percevoir le monstrueux.

26. Quels objets les thômata d’Hérodote peuvent-ils englober ?

Des paysages, des coutumes, des réalisations humaines et des monuments
Des batailles célèbres, des généalogies royales et des traités diplomatiques
Des créatures fabuleuses, des présages célestes et des divinités étrangères
Des pratiques médicales, des techniques agricoles et des lois commerciales

Des paysages, des coutumes, des réalisations humaines et des monuments

Explication

Chez Hérodote, les thômata regroupent les paysages, les coutumes des peuples, les travaux ou faits humains et les monuments. Ils ne se limitent donc pas aux récits de créatures extraordinaires ou aux événements politiques.

27. Quelle association Hérodote établit-il entre les régions extrêmes du monde et le merveilleux ?

Elles réunissent des choses rares et belles ainsi que des peuples monstrueux
Elles sont réservées aux récits militaires sans rapport avec les curiosités naturelles
Elles abritent des sociétés parfaitement semblables aux cités grecques centrales
Elles sont décrites comme dépourvues de toute richesse naturelle et culturelle

Elles réunissent des choses rares et belles ainsi que des peuples monstrueux

Explication

Hérodote associe les régions extrêmes à la présence simultanée de choses très belles ou rares et de peuples ou créatures monstrueux. Cette combinaison montre que l’éloignement géographique intensifie plusieurs formes d’altérité.

28. Quelles limites chronologiques définissent la période hellénistique ?

De la mort d’Alexandre en 323 av. n. è. à la naissance de l’Empire romain en 14 av. n. è.
De la chute de l’Empire romain d’Occident à la naissance des royaumes hellénistiques
De la fondation d’Athènes au début des conquêtes macédoniennes en 334 av. n. è.
De la naissance d’Alexandre en 356 av. n. è. à la conquête romaine de la Grèce en 146 av. n. è.

De la mort d’Alexandre en 323 av. n. è. à la naissance de l’Empire romain en 14 av. n. è.

Explication

La période hellénistique s’étend de la mort d’Alexandre, en 323 av. n. è., jusqu’à la naissance de l’Empire romain, en 14 av. n. è. Elle est caractérisée par un brassage culturel et ethnique plutôt que par les seules conquêtes d’Alexandre.

29. Comment le Roman d’Alexandre représente-t-il les terres et les peuples conquis ?

En combinant récits biographiques, géographie, histoire et traditions chrétiennes
En les présentant comme des sociétés grecques dépourvues de traditions religieuses propres
En décrivant exclusivement des campagnes militaires sans dimension géographique
En les intégrant à une chronique romaine centrée sur les institutions impériales

En combinant récits biographiques, géographie, histoire et traditions chrétiennes

Explication

Le Roman d’Alexandre mêle biographie, géographie, histoire et traditions chrétiennes pour décrire les terres et peuples conquis, notamment aux marges septentrionales de l’œcoumène. Il dépasse ainsi le simple récit des opérations militaires.

30. Dans le Roman d’Alexandre, quel rapport unit Gog-et-Magog aux Portes de fer ?

Gog-et-Magog désigne les alliés d’Alexandre, tandis que les Portes protègent leurs cités
Gog-et-Magog désigne une dynastie, tandis que les Portes marquent son territoire royal
Gog-et-Magog désigne les peuples menaçants, tandis que les Portes les retiennent
Gog-et-Magog désigne la frontière, tandis que les Portes désignent les peuples enfermés

Gog-et-Magog désigne les peuples menaçants, tandis que les Portes les retiennent

Explication

Gog-et-Magog désigne les peuples non subjugués et menaçants, tandis que les Portes de fer ou d’airain constituent la frontière qui les enferme au-delà du monde civilisé. Confondre les deux revient à prendre le peuple contenu pour la limite qui le contient.

31. Comment les figures antiques des peuples monstrueux ont-elles été réutilisées au XVIe siècle ?

Elles ont été appliquées à des populations supposées du Nouveau Monde, notamment en Guyane
Elles ont été transformées en récits portant sur les animaux inconnus des régions polaires
Elles ont servi à décrire les marchands européens installés dans les ports atlantiques
Elles ont été abandonnées au profit de descriptions fondées sur les institutions politiques américaines

Elles ont été appliquées à des populations supposées du Nouveau Monde, notamment en Guyane

Explication

Au XVIe siècle, des figures antiques comme les Acéphales ou Blemmyai ont été transposées à des populations supposées du Nouveau Monde, notamment en Guyane. Cette transposition prolonge l’association entre éloignement géographique et monstruosité.

32. À partir de quelle période les villes d’Europe occidentale organisent-elles des spectacles de « monstres humains » qui annoncent les zoos humains ?

Après le milieu du XXe siècle
Dès le milieu du XIXe siècle
À partir de la fin du XVIIe siècle
Dès le début du XVIe siècle

Dès le milieu du XIXe siècle

Explication

Les villes d’Europe occidentale organisent ces spectacles dès le milieu du XIXe siècle, ce qui contribue à l’émergence des zoos humains. Les périodes antérieures concernent plutôt la circulation de récits et de représentations de peuples monstrueux.

33. Quel rôle les expositions universelles et les zoos humains jouent-ils dans le discours racial ?

Ils le remplacent par une classification fondée sur les langues plutôt que sur une hiérarchie des peuples
Ils le contestent en présentant les populations colonisées comme les égales politiques des Européens
Ils le rendent abstrait en supprimant toute représentation concrète des différences culturelles
Ils le matérialisent en montrant des populations colonisées comme des sauvages opposés à l’Occident

Ils le matérialisent en montrant des populations colonisées comme des sauvages opposés à l’Occident

Explication

Ces dispositifs donnent une réalité visuelle au discours racial en opposant les populations colonisées, présentées comme des « sauvages », à un Occident réputé civilisé. Ils ne se bornent donc pas à exposer des différences culturelles sans hiérarchie.

34. Quelle opposition caractérise la distinction entre le bon sauvage et le mauvais sauvage aux XVIe et XVIIe siècles ?

Le mauvais sauvage incarne la sagesse, tandis que le bon sauvage représente la corruption sociale
Le mauvais sauvage désigne l’innocence, tandis que le bon sauvage exprime l’absence de raison
Le mauvais sauvage représente le manque, tandis que le bon sauvage exprime une plénitude naturelle
Le mauvais sauvage symbolise la richesse, tandis que le bon sauvage manifeste l’ambition politique

Le mauvais sauvage représente le manque, tandis que le bon sauvage exprime une plénitude naturelle

Explication

Le mauvais sauvage est défini par ses manques de morale, de religion, de loi et de raison, alors que le bon sauvage est valorisé pour sa simplicité et sa proximité avec la nature. Confondre le bon sauvage avec l’absence de raison inverse les caractéristiques attribuées aux deux figures.

35. Selon Rousseau, quel mécanisme éloigne les sociétés européennes de l’état de nature ?

La diminution des échanges économiques et le recul des hiérarchies politiques
Le retour à la simplicité, à l’innocence et à la proximité avec la nature
La pratique de rites religieux et la transmission orale des traditions collectives
La recherche du luxe, de la propriété et du pouvoir, soutenue par les institutions sociales

La recherche du luxe, de la propriété et du pouvoir, soutenue par les institutions sociales

Explication

Rousseau estime que les institutions sociales encouragent le luxe, la propriété et le pouvoir, ce qui corrompt l’homme et l’éloigne de l’état de nature. La simplicité et la proximité avec la nature correspondent plutôt aux qualités associées au bon sauvage.

36. Comment Diderot explique-t-il que le comportement d’un sauvage puisse être cruel ou doux ?

Il varie selon son éloignement géographique des sociétés européennes et de leurs coutumes
Il dépend des conditions de sécurité et de conflit dans lesquelles cet individu vit
Il résulte de son degré d’accès à l’écriture, à l’État et aux lois religieuses
Il découle d’une nature fondamentalement bonne qui résiste aux institutions sociales

Il dépend des conditions de sécurité et de conflit dans lesquelles cet individu vit

Explication

Pour Diderot, le sauvage n’est ni bon ni mauvais en soi : son comportement varie selon les conditions de sécurité et de conflit. L’idée d’une bonté naturelle constante reprend plutôt une version simplifiée du mythe du bon sauvage.

37. Pourquoi l’alimentation est-elle considérée comme une pratique située entre le biologique et le social ?

Elle concerne les besoins physiologiques en excluant les règles de commensalité et les rituels
Elle associe les aliments consommés à leur préparation, aux manières de table et aux contextes sociaux
Elle désigne les techniques culinaires sans inclure les boissons ni les pratiques quotidiennes
Elle se limite aux repas collectifs qui organisent les relations entre les membres d’un groupe

Elle associe les aliments consommés à leur préparation, aux manières de table et aux contextes sociaux

Explication

L’alimentation comprend ce que l’on mange et boit, mais aussi la préparation, les manières de table, la commensalité et les contextes quotidiens ou rituels. La réduire aux besoins physiologiques néglige précisément sa dimension sociale.

38. Comment les pratiques alimentaires peuvent-elles fonctionner comme des marqueurs identitaires ?

Elles établissent des frontières entre des groupes ethniques, politiques, religieux ou sociaux
Elles remplacent les langues et les institutions dans la définition des communautés humaines
Elles uniformisent les comportements alimentaires au sein de populations culturellement différentes
Elles produisent des catégories culinaires qui restent indépendantes des appartenances collectives

Elles établissent des frontières entre des groupes ethniques, politiques, religieux ou sociaux

Explication

Les pratiques alimentaires marquent les appartenances en établissant des frontières ethniques, politiques, religieuses ou sociales. Elles ne suppriment pas les différences entre groupes et ne rendent donc pas les comportements alimentaires uniformes.

39. Quelle correspondance entre les approches anthropologiques de l’alimentation est correcte ?

Frazer étudie l’évolution religieuse, le fonctionnalisme les fonctions sociales et le structuralisme les catégories culinaires
Frazer examine les fonctions sociales, le fonctionnalisme l’évolution religieuse et le structuralisme les pratiques rituelles
Frazer analyse les catégories culinaires, le fonctionnalisme l’évolution religieuse et le structuralisme les fonctions sociales
Frazer étudie les fonctions sociales, le fonctionnalisme les catégories culinaires et le structuralisme l’évolution religieuse

Frazer étudie l’évolution religieuse, le fonctionnalisme les fonctions sociales et le structuralisme les catégories culinaires

Explication

Frazer privilégie l’évolution des formes religieuses, le fonctionnalisme analyse les fonctions sociales de l’alimentation et le structuralisme étudie les relations entre catégories culinaires. Attribuer l’étude des fonctions sociales au structuralisme confond deux approches distinctes.

40. Comment Mary Douglas interprète-t-elle les interdits alimentaires ?

Ils servent principalement à distinguer les techniques culinaires propres à chaque région
Ils classent le monde en catégories de pureté et d’impureté et protègent la société du désordre
Ils expriment des préférences gustatives individuelles sans rapport avec l’organisation collective
Ils décrivent des différences biologiques entre les aliments selon leur valeur nutritive

Ils classent le monde en catégories de pureté et d’impureté et protègent la société du désordre

Explication

Pour Mary Douglas, les interdits alimentaires classent les éléments du monde en purs et impurs et protègent la société contre ce qui paraît désordonné ou dangereux. Les réduire à des préférences gustatives ignore leur fonction symbolique et sociale.

41. Par quels moyens les sociétés se protègent-elles symboliquement de leur environnement selon Mary Douglas ?

Elles organisent l’univers au moyen de catégories, de tabous, de souillures et de prohibitions
Elles expliquent l’environnement par des besoins biologiques indépendants des normes sociales
Elles transforment les aliments en signes religieux sans établir de classement du monde
Elles éliminent les différences entre les êtres grâce à des règles alimentaires identiques

Elles organisent l’univers au moyen de catégories, de tabous, de souillures et de prohibitions

Explication

Mary Douglas montre que les sociétés classent les éléments de l’univers grâce à des catégories, des tabous, des souillures et des prohibitions. Ces dispositifs ne suppriment pas les différences : ils les ordonnent et leur donnent une signification sociale.

42. Dans la classification de Mary Douglas, qu’est-ce qui caractérise un aliment impur ?

Il appartient à une classe reconnue et respecte les critères attendus pour celle-ci
Il provient d’un autre territoire et demeure étranger aux habitudes culinaires locales
Il présente une anomalie taxinomique et ne correspond pas au schéma de l’univers
Il possède une valeur nutritive faible qui le rend inadapté aux besoins du groupe

Il présente une anomalie taxinomique et ne correspond pas au schéma de l’univers

Explication

Un aliment impur est défini par son anomalie taxinomique : il ne correspond pas au schéma de classement de l’univers. Un aliment conforme à sa classe relève au contraire de la catégorie du pur, indépendamment de sa valeur nutritive.

43. Pourquoi le porc est-il considéré comme impur dans le Lévitique ?

Il rumine et possède des ongles fendus, mais son pied n’est pas onglé
Il possède un pied onglé et rumine, mais ses ongles ne sont pas fendus
Il ne rumine pas et ne possède ni pied onglé ni ongles fendus
Il a le pied onglé et les ongles fendus, mais il ne rumine pas

Il a le pied onglé et les ongles fendus, mais il ne rumine pas

Explication

Dans le Lévitique, un animal terrestre pur doit réunir le pied onglé, les ongles fendus et la rumination. Le porc possède les deux premières caractéristiques, mais pas la troisième, ce qui le rend impur dans cette classification.

44. Dans le triangle culinaire de Lévi-Strauss, quelle relation associe correctement les trois catégories ?

Le cru relève de la culture, le cuit de la nature et le pourri de leur interface
Le cuit relève de la culture, le pourri de la nature et le cru de leur interface
Le pourri relève de la culture, le cru de la nature et le cuit de leur interface
Le cuit relève de la culture, le cru de la nature et le pourri de leur interface

Le cuit relève de la culture, le pourri de la nature et le cru de leur interface

Explication

Le triangle culinaire associe le cuit à l’élaboration culturelle, le pourri à l’élaboration naturelle et le cru à une position intermédiaire entre nature et culture. Attribuer au cru une origine naturelle directe inverse sa place dans le modèle.

45. Que désignait le régime de la coutume dans l’administration coloniale américaine ?

Une manière de décrire les pratiques indigènes depuis le point de vue d’un État lié au clergé
Une procédure visant à remplacer les pratiques indigènes par des normes administratives européennes
Une classification des croyances indigènes établie indépendamment des autorités religieuses
Un statut accordé aux populations indigènes après leur conversion complète au christianisme

Une manière de décrire les pratiques indigènes depuis le point de vue d’un État lié au clergé

Explication

Le régime de la coutume désignait le langage administratif employé par un État encore étroitement lié au clergé pour parler des pratiques indigènes. Il ne constituait pas une procédure de remplacement ni un statut réservé aux populations converties.

46. À quelle condition les colonies espagnoles toléraient-elles les coutumes indiennes ?

Lorsqu’elles étaient approuvées par les communautés indigènes et transmises entre générations
Lorsqu’elles étaient reconnues par les autorités locales sans examen des principes chrétiens
Lorsqu’elles demeuraient compatibles avec l’autorité royale et les préceptes du christianisme
Lorsqu’elles concernaient la vie familiale sans intervenir dans les pratiques religieuses

Lorsqu’elles demeuraient compatibles avec l’autorité royale et les préceptes du christianisme

Explication

La tolérance dépendait de la compatibilité des coutumes avec l’autorité royale et l’autorité divine, notamment les préceptes chrétiens. La simple ancienneté, l’approbation locale ou le domaine concerné ne suffisait pas à les rendre acceptables.

47. Quel ouvrage de Joseph-François Lafitau est présenté comme un texte fondateur de l’anthropologie par sa démarche rationaliste envers l’altérité ?

Essai sur le don, publié pendant la période de l’entre-deux-guerres
Mœurs des sauvages américains comparées aux mœurs des premiers temps, publié en 1724
Les structures élémentaires de la parenté, publié au milieu du XXe siècle
De la démocratie en Amérique, publié au début du XIXe siècle

Mœurs des sauvages américains comparées aux mœurs des premiers temps, publié en 1724

Explication

Lafitau est associé à Mœurs des sauvages américains comparées aux mœurs des premiers temps, paru en 1724, ouvrage présenté comme fondateur par son approche rationaliste de l’altérité. Les autres titres appartiennent à d’autres auteurs et à des périodes différentes.

48. Quelle conception de l’histoire humaine caractérise l’évolutionnisme anthropologique ?

Chaque peuple suit une trajectoire culturelle singulière sans classement général des sociétés
Tous les peuples suivent une évolution unilinéaire commune, à des vitesses différentes, avec l’Europe au sommet
Les différences entre les peuples résultent principalement de leur environnement et de leurs échanges historiques
Les sociétés progressent selon plusieurs directions, sans qu’une région occupe une position supérieure

Tous les peuples suivent une évolution unilinéaire commune, à des vitesses différentes, avec l’Europe au sommet

Explication

L’évolutionnisme postule une évolution unilinéaire commune, parcourue à des rythmes différents, et place l’Europe au sommet de cette hiérarchie. Les autres formulations rejettent soit l’unité de l’évolution, soit sa hiérarchisation.

49. Comment Edward Tylor définit-il une survivance ?

Un élément folklorique ou archaïque conservé comme le reste d’un stade social antérieur
Une pratique récemment créée pour répondre à une transformation des conditions sociales
Un comportement individuel adopté temporairement lors d’une période de crise collective
Une croyance scientifique diffusée après l’abandon d’une interprétation religieuse

Un élément folklorique ou archaïque conservé comme le reste d’un stade social antérieur

Explication

Pour Tylor, une survivance est un élément archaïque provenant d’une époque dépassée et maintenu dans un cadre social. Elle n’est donc pas une pratique nouvelle, même si elle peut subsister dans une société transformée.

50. Comment l’évolutionnisme caractérise-t-il simultanément les croyances et la rationalité humaine qui les produit ?

Les croyances sont fausses parce qu’elles sont arbitraires, et leur production ne suit aucune régularité mentale
Les croyances sont fausses par manque de connaissances, mais rationnelles comme productions d’un esprit soumis à des règles universelles
Les croyances sont irrationnelles parce qu’elles relèvent de l’émotion, mais leurs effets sociaux peuvent être rationnellement expliqués
Les croyances sont vraies parce qu’elles reposent sur des règles universelles, tandis que l’esprit humain échappe aux erreurs

Les croyances sont fausses par manque de connaissances, mais rationnelles comme productions d’un esprit soumis à des règles universelles

Explication

Dans cette perspective, les croyances sont jugées fausses parce qu’elles compensent un déficit de connaissance, tout en restant rationnelles au sens où elles résultent de mécanismes mentaux universels. Elles ne sont donc pas considérées comme de simples productions arbitraires ou dépourvues de régularité.

51. Pourquoi l’enfance est-elle considérée comme une catégorie socio-culturelle et historique ?

Parce que l’âge biologique ne fournit aucun repère pour distinguer les étapes de la vie
Parce que les différences entre enfants dépendent principalement de leur développement physique individuel
Parce que ses limites, ses caractéristiques et son statut varient selon les sociétés et les périodes
Parce que toutes les sociétés définissent l’enfance selon les mêmes seuils juridiques et familiaux

Parce que ses limites, ses caractéristiques et son statut varient selon les sociétés et les périodes

Explication

L’enfance est une catégorie socio-culturelle et historique parce que sa définition et son statut changent selon les contextes sociaux et les époques. L’âge biologique peut servir de repère statistique, mais il ne fixe pas partout le même âge social de l’enfance.

52. Quelle tranche d’âge la Convention internationale des droits de l’enfant de 1989 associe-t-elle juridiquement à l’enfance ?

De la naissance jusqu’à 18 ans
De 3 ans jusqu’à 16 ans
De 6 ans jusqu’à 21 ans
De la naissance jusqu’à 12 ans

De la naissance jusqu’à 18 ans

Explication

La Convention internationale des droits de l’enfant adoptée par l’ONU en 1989 borne juridiquement l’enfance de 0 à 18 ans. Les autres tranches proposées ne correspondent pas à cette définition conventionnelle.

53. En Mongolie, quel événement marque l’humanisation et l’appartenance des jeunes enfants à la communauté humaine ?

La première coupe de cheveux
La maîtrise du langage
La participation aux activités économiques familiales
La fin du sevrage

La maîtrise du langage

Explication

Dans le cas mongol présenté, les jeunes enfants sont proches du monde des esprits jusqu’à la maîtrise du langage, qui marque leur humanisation et leur appartenance communautaire. La première coupe de cheveux renvoie plutôt à une pratique décrite dans la société quechua.

54. Quelle thèse Philippe Ariès avance-t-il à propos de l’enfance dans la France médiévale et moderne ?

Le concept d’enfance est présent depuis l’Antiquité, avec une séparation stricte des enfants et des adultes après le sevrage
Le concept d’enfance apparaît au XVIIIe siècle, lorsque les institutions scolaires remplacent les solidarités familiales
Le concept d’enfance apparaît à partir du XIVe siècle, tandis qu’après le sevrage les enfants étaient peu distingués des adultes
Le concept d’enfance naît au XXe siècle, lorsque les droits internationaux définissent une protection spécifique

Le concept d’enfance apparaît à partir du XIVe siècle, tandis qu’après le sevrage les enfants étaient peu distingués des adultes

Explication

Ariès situe l’apparition du concept d’enfance en France à partir du XIVe siècle et affirme qu’au Moyen Âge les enfants étaient peu distingués des adultes après le sevrage. Les autres propositions déplacent cette apparition vers une période différente ou inversent son analyse du Moyen Âge.

55. En Mongolie, quel élément détermine la « personne cosmologique » d’un individu ?

Son lieu de résidence
Son année de naissance
Son rang dans la fratrie
Son âge chronologique

Son année de naissance

Explication

La personne cosmologique est déterminée par l’année de naissance, et non par l’âge chronologique. Confondre ces deux notions conduit à appliquer un critère d’âge à une catégorie cosmologique.

56. Lors d’un rite mongol, comment les rôles sont-ils attribués ?

Selon le statut social occupé par la famille du participant
Selon l’âge chronologique observé au début du rituel
Selon la personne cosmologique calculée à partir de plusieurs données
Selon le nombre de rites déjà accomplis par chaque personne

Selon la personne cosmologique calculée à partir de plusieurs données

Explication

Les rôles rituels dépendent de la personne cosmologique, calculée notamment à partir de l’année de naissance, du jour de la semaine et de l’heure du rituel. L’âge chronologique ne constitue donc pas le principe d’attribution indiqué ici.

57. Selon la conception mongole de la réincarnation, quel indice peut conduire à reconnaître en un enfant le retour d’un ancêtre ?

Une ressemblance vestimentaire ou une préférence alimentaire
Une réussite scolaire précoce ou une grande mémoire
Une marque de naissance ou un goût particulier
Une naissance dans une famille occupant une fonction rituelle

Une marque de naissance ou un goût particulier

Explication

Des marques de naissance, une démarche ou des goûts particuliers peuvent être interprétés comme des signes du retour d’un ancêtre. Une réussite scolaire ou une fonction familiale ne sont pas les indices mentionnés dans cette conception.

58. Quelle définition correspond le mieux à la socialisation ?

Une accumulation de connaissances scolaires utiles à l’intégration professionnelle
Un ensemble de processus par lesquels l’individu intériorise des manières socialement situées
Une éducation consciente organisée par des adultes dans des institutions spécialisées
Une adaptation biologique de l’enfant aux conditions physiques de son environnement

Un ensemble de processus par lesquels l’individu intériorise des manières socialement situées

Explication

La socialisation construit l’individu en lui faisant acquérir et intérioriser des façons de faire, de penser et d’être situées socialement. Elle ne se réduit donc pas à une éducation consciente dispensée par des adultes.

59. Que montre le cas de Robinson sur les effets de la socialisation ?

Elle produit des dispositions durables, visibles dans ses rapports à l’espace et au travail
Elle disparaît lorsqu’un individu quitte son milieu culturel d’origine
Elle dépend des interactions présentes sans conserver les apprentissages antérieurs
Elle transmet principalement des connaissances scolaires liées à la lecture et au calcul

Elle produit des dispositions durables, visibles dans ses rapports à l’espace et au travail

Explication

Robinson conserve sur son île des rapports à l’espace, au temps, au travail et aux objets appris dans son milieu anglais, ce qui montre la durabilité des dispositions socialisées. Son isolement ne fait donc pas disparaître les manières d’agir acquises auparavant.

60. Pourquoi les modes de socialisation sont-ils considérés comme historiquement et culturellement situés ?

Parce qu’ils dépendent principalement de la maturation biologique des enfants
Parce qu’ils sont définis par des institutions indépendantes des changements historiques
Parce qu’ils résultent de l’histoire d’une population et de sa conception du monde
Parce qu’ils suivent une progression identique dans toutes les sociétés humaines

Parce qu’ils résultent de l’histoire d’une population et de sa conception du monde

Explication

Les modes de socialisation sont liés à l’histoire propre d’une population et à la manière dont elle conçoit le monde. Ils ne suivent donc pas une forme identique, indépendante des contextes culturels et historiques.

61. Quelle distinction oppose correctement les transmissions verticale et horizontale ?

La transmission verticale concerne les rites, tandis que l’horizontale concerne les apprentissages scolaires
La transmission verticale se fait entre pairs, tandis que l’horizontale va des parents vers les enfants
La transmission verticale est inconsciente, tandis que l’horizontale repose sur un enseignement institutionnel
La transmission verticale va des adultes vers les enfants, tandis que l’horizontale se fait entre enfants ou entre générations juvéniles

La transmission verticale va des adultes vers les enfants, tandis que l’horizontale se fait entre enfants ou entre générations juvéniles

Explication

La transmission verticale désigne la socialisation des adultes vers les enfants, alors que la transmission horizontale s’effectue entre enfants du même âge ou entre aînés et cadets. La distinction repose donc sur les relations entre transmetteurs et destinataires, non sur le caractère scolaire ou conscient de l’apprentissage.

62. Comment les pratiques de soin chez les Beng favorisent-elles la socialisation du bébé ?

Les visites répétées et la circulation des soins l’habituent à la convivialité et à un vaste réseau social
La participation précoce aux activités scolaires l’intègre principalement dans un groupe d’enfants
La séparation régulière des adultes et du bébé développe son autonomie dans un espace isolé
La concentration des soins sur la mère renforce une relation exclusive et limite les contacts extérieurs

Les visites répétées et la circulation des soins l’habituent à la convivialité et à un vaste réseau social

Explication

Chez les Beng, les visites nombreuses, le contact avec plusieurs adultes et la circulation des soins habituent le bébé à la convivialité et l’insèrent dans un réseau étendu. Ce modèle se distingue d’une socialisation centrée sur une dyade exclusive entre la mère et l’enfant.

63. Quel exemple illustre une transmission horizontale dans la cour de récréation ?

Des enfants se transmettent des jeux, des comptines, des règles et des techniques
Un responsable rituel attribue un statut aux nouveaux membres du groupe
Des parents apprennent à leur enfant les usages de la table familiale
Un enseignant explique une règle de grammaire à l’ensemble de sa classe

Des enfants se transmettent des jeux, des comptines, des règles et des techniques

Explication

Dans la cour de récréation, les enfants transmettent entre eux des éléments d’une culture enfantine, comme les jeux, les chants et les règles. Les autres situations décrivent des transmissions provenant d’adultes ou d’une autorité institutionnelle.

64. Quel enchaînement décrit le schéma d’un rite de passage ?

Célébration collective, attribution d’un rôle rituel, puis abandon des liens avec la communauté
Séparation du groupe, phase liminale de transition, puis réintégration dans une nouvelle position sociale
Isolement individuel, transmission entre pairs, puis retour aux pratiques ordinaires du groupe
Apprentissage familial, scolarisation institutionnelle, puis entrée progressive dans la vie professionnelle

Séparation du groupe, phase liminale de transition, puis réintégration dans une nouvelle position sociale

Explication

Le rite de passage suit trois moments : séparation, phase liminale de mise en marge et transition, puis réintégration dans une nouvelle position sociale. La liminalité n’est donc pas une rupture définitive avec le groupe, mais une étape intermédiaire avant le retour sous un statut transformé.

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Comment l'altérité grecque est-elle pensée ?

À partir d'une réflexion sur soi-même, le corps collectif et la condition humaine.

Quelle méthode utilise l'anthropologie structuraliste grecque ancienne ?

Elle juxtapose des textes variés, les remet en contexte, puis fait émerger un modèle normatif de la condition humaine.

Par quoi les humains se distinguent-ils des dieux dans la pensée grecque ?

Par le labeur, la fatigue, la maladie et la vieillesse.

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