Fiche de révision : Cinéma classique hollywoodien

Plan du Cours

  1. Production et récits hollywoodiens
  2. Genres et mythologies américaines
  3. Classicisme et formes modernes
  4. Studios, genres et stars
  5. Fiction classique et récit d’action
  6. Exil et hybridation à Hollywood
  7. Périodisation du classicisme hollywoodien
  8. Critères du classicisme hollywoodien
  9. Censure et mise en scène classique
  10. Système des studios américains
  11. Grandes sociétés de production
  12. Formes narratives et portrait collectif

1. Production et récits hollywoodiens

★ À maîtriser

  • Dans les années 1930-1940, l’industrialisation des studios renforce les tensions entre art et industrie.

  • Le cinéma classique hollywoodien est produit par des structures économiques, techniques et professionnelles qui organisent les tournages en studio de bout en bout.

  • Le cinéma classique hollywoodien s’appuie sur des récits à schéma simple, allant d’une situation initiale à des actions puis à une situation finale, ainsi que sur une structure actancielle.

Compléments

  • Les récits hollywoodiens classiques puisent notamment dans les règles dramaturgiques d’Aristote et dans des adaptations littéraires.

  • Les récits classiques recourent souvent à des archétypes manichéens, que certains films déjouent.

Astuce mémo

Hollywood associe industrie des studios et ambition artistique.

2. Genres et mythologies américaines

Notions clés & Définitions

  • Comédie de remariage : La comédie de remariage est une forme comique illustrée par New York-Miami (1934), Cette sacrée vérité (1937), La Dame du vendredi (1940) et Trop de maris (1940).

★ À maîtriser

  • Le burlesque est un genre phare du cinéma classique hollywoodien et peut faire rire tout en faisant pleurer.

  • Monsieur Smith au Sénat (1939) de Frank Capra est présenté comme une fable politique relevant des mythologies américaines.

Compléments

  • Dans Les Temps modernes de Chaplin, l’être humain est montré comme avalé par la machine et soumis à l’augmentation de la cadence de travail.

  • Le burlesque peut porter un regard sur la société en représentant les effets de la mécanisation du travail humain.

  • Les mythologies américaines au cinéma défendent des idées liées à la société et à la politique américaines.

3. Classicisme et formes modernes

★ À maîtriser

  • Le cinéma classique peut contourner le code Hays par l’ellipse, l’infilmé et des images métaphoriques ou suggestives.

  • Le film noir est associé à une complexité et à un pessimisme illustrés par Scarface (1932), Le Faucon maltais (1941) et Assurance sur la mort (1944).

Compléments

  • Citizen Kane (1941) et La Splendeur des Amberson (1942) sont rapprochés dans la réflexion sur classicisme et modernité.

  • Le Rebelle (1949) de King Vidor est présenté comme un détournement moderne du classicisme.

Astuce mémo

Le classicisme construit la continuité ; la modernité peut la détourner.

4. Studios, genres et stars

★ À maîtriser

  • La classification par genres forme un système hiérarchisé qui participe au fonctionnement d’Hollywood.

  • Le star system compte notamment les acteurs suivants. :

    • Humphrey Bogart
    • Cary Grant
    • Gary Cooper
    • James Stewart

Compléments

  • Le western est présenté comme le seul genre dont les origines se confondent presque avec celles du cinéma.

  • Humphrey Bogart, d’abord peu demandé, devient une star du film noir en jouant notamment des détectives au passé lourd.

  • Cary Grant est associé aux comédies loufoques.

  • L’image de la femme cinématographique idéale est décrite comme absolue, intouchable et idéalisée, notamment à travers Ingrid Bergman et Katharine Hepburn.

5. Fiction classique et récit d’action

★ À maîtriser

  • Le pacte fictionnel mobilise plusieurs principes. :

    • une entente tacite avec le spectateur
    • la transparence de l’énonciation
    • l’illusion mimétique
    • la croyance
    • l’identification
    • la catharsis
  • Le récit classique privilégie la cohérence et la clôture, avec une quête lisible et un dénouement qui achève le récit.

  • Le cinéma classique hollywoodien privilégie la continuité narrative et un montage transparent au service de l’unité du récit.

  • La grande forme décrite par Gilles Deleuze enchaîne une situation qui englobe le personnage, une action qui répond à cette situation et une situation transformée par l’action.

Compléments

  • David Bordwell décrit le film hollywoodien classique comme présentant des individus définis psychologiquement qui cherchent à résoudre un problème clair ou à atteindre des objectifs précis. - The Classical Hollywood Cinema, 1985

  • Pour Jacques Rancière, la poétique classique représente des personnages en action et organise les événements selon une logique qui relie le développement de l’action aux changements de fortune et de savoir des personnages. - La Fable cinématographique, 2001

  • Dans l’image-action, le milieu et les forces exercées sur le personnage s’actualisent dans sa conduite. - Gilles Deleuze

  • La structure de l’image-action donne une puissance particulière au western, au film historique et au film social.

  • Le cinéma classique hollywoodien se veut un art populaire dont les auteurs peuvent jouer avec les codes.

Astuce mémo

Situation → action → situation transformée.

6. Exil et hybridation à Hollywood

★ À maîtriser

  • L’exil de cinéastes européens vers les États-Unis entraîne des transferts et des mélanges entre traditions européennes et hollywoodiennes.

  • Des traditions visuelles, dramaturgiques et musicales européennes migrent vers Hollywood, où elles rencontrent notamment l’expressionnisme, le théâtre, l’opérette et les cultures viennoise et berlinoise.

  • Le début de Casablanca passe d’une présentation géographique et historique collective à un récit d’amour situé dans le contexte des déplacements de population provoqués par la guerre en Europe.

Compléments

  • Michael Curtiz, réalisateur de Casablanca (1942), illustre un Hollywood cosmopolite jusque dans ses acteurs et ses techniciens.

  • Le prologue de Casablanca utilise une carte et une voix off au ton de bande d’actualité pour installer le contexte géographique et historique.

  • Les structures économiques du monde de production hollywoodien engendrent une unité stylistique entre 1917 et 1960.

Astuce mémo

L’exil européen entraîne des transferts, puis une hybridation des styles.

7. Périodisation du classicisme hollywoodien

★ À maîtriser

  • Les périodisations du classicisme hollywoodien varient selon les critères retenus : David Bordwell, Janet Staiger et Kristin Thompson situent l’unité stylistique entre 1917 et 1960 ; Jacqueline Nacache place l’apogée du système des studios entre 1930 et 1960 ; Douglas Gomery décrit 1930-1949 comme la phase la plus glorieuse ; Alain Masson retient 1927-1941 pour une période plus restreinte.

Compléments

  • La période 1934-1953 correspond à l’application puis à la dissolution progressive du code Hays, qui impose des règles esthétiques, morales et de convenance sociale. - JL BOURGET, Hollywood, la norme et la marge

  • La périodisation du classicisme hollywoodien peut aussi s’appuyer sur des critères juridiques, historiques, économiques et sociaux.

8. Critères du classicisme hollywoodien

★ À maîtriser

  • Le classicisme hollywoodien désigne des conventions, des codes et des normes, mais le terme peut aussi qualifier un film d’une autre époque qui renoue avec ces conventions.

  • La légitimation esthétique du cinéma hollywoodien s’est développée lorsque les cinéphiles, notamment ceux des Cahiers du cinéma, puis les institutions l’ont reconnu ; des cinéastes comme Hawks, Hitchcock, Welles, Capra, Ford et Wyler ont été consacrés comme grands auteurs classiques.

Compléments

  • Le cinéma classique hollywoodien reprend à la peinture un répertoire d’images, notamment dans les films à sujets bibliques ou de peinture d’histoire. - JL Bourget, D'un classicisme l'autre...

  • La hiérarchie des genres est :

    • histoire
    • drame
    • comédie

9. Censure et mise en scène classique

★ À maîtriser

  • L’éthique et l’esthétique classiques accordent une importance à la convenance, à la bienséance et à la censure, et recourent à des stratégies indirectes comme l’ellipse.

Compléments

  • Dans New York-Miami (Frank Capra, 1934), la couverture et le hors-champ rendent possible une séquence érotique qui contourne le code Hays par l’ellipse, les métaphores et les jeux de mots.

  • New York-Miami est sorti quelques mois avant l’application du code Hays et joue avec les limites de la censure.

10. Système des studios américains

Notions clés & Définitions

  • Studio : Vincent Pinel - Un studio est un complexe technique destiné à la prise de vue et à la prise de son ; par extension, le terme désigne une grande société de production américaine réunissant infrastructure administrative, acteurs sous contrat, lieux de tournage, laboratoires de traitement et parfois réseau de salles.

Points essentiels

  • Les studios reconstruisent des décors et produisent un réalisme cinématographique singulier, qui ne se réduit pas à la distinction entre tournage en studio et tournage dans un décor réel.

11. Grandes sociétés de production

★ À maîtriser

  • Les « Little Three » regroupent :
    • Universal (1912)
    • Columbia (1919)
    • United Artists (1919)

Compléments

  • La Warner est créée en 1923 ; elle lance le Vitaphone pour produire du son, popularise des films musicaux associés à Busby Berkeley, puis produit notamment des films de capes et d’épées et des films de gangsters.

  • La MGM est créée en 1924 par Louis Mayer et Irving Thalberg, et développe des films en Technicolor associés à Victor Fleming, dont Le Magicien d’Oz et Autant en emporte le vent.

  • La Fox, créée en 1915, produit initialement cinquante films par an et fusionne en 1935 avec 20th Century pour former 20th Century Fox.

  • La RKO, créée en 1928, produit King Kong (1933) et La Féline de Jacques Tourneur (1941), et disparaît par la suite.

  • Orson Welles obtient à la RKO le contrôle total du montage, le « final cut », ce qui entraîne des problèmes économiques et conduit le studio à privilégier ensuite le divertissement plutôt que les « génies ».

12. Formes narratives et portrait collectif

★ À maîtriser

📌 La grande forme organise un grand récit où une situation initiale est transformée par des péripéties jusqu’à une situation finale, tandis que la petite forme burlesque enchaîne des actions qui produisent chacune une nouvelle situation.

  • Dans La Chevauchée fantastique, John Ford enferme dans une diligence traversant des territoires hostiles des personnages-types qu’il caractérise en quelques traits reconnaissables tout en les individualisant.

Compléments

  • Dans Les Temps modernes, Charlot sort de l’usine avec des tics, attrape par inadvertance le drapeau rouge d’une manifestation et est arrêté par la police, qui le prend pour un chef du mouvement.

  • La diligence réunit :

    • le cocher
    • le shérif
    • le pistolero
    • une prostituée rejetée par les puritaines
    • l’épouse d’un commandant de cavalerie
    • un joueur sudiste
    • un banquier voleur
    • un vendeur de whisky
    • un médecin alcoolique
  • La grande forme hollywoodienne met en scène des conflits de valeurs portant notamment sur la justice, la liberté et le rapport à la violence.

Astuce mémo

Grande forme : le récit transforme une situation ; petite forme : chaque action burlesque engendre une nouvelle situation.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Cinéma classique hollywoodien avec 28 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Dans les années 1930-1940, quelle tension l’industrialisation des studios hollywoodiens accentue-t-elle ?

2. Un film classique hollywoodien est tourné selon une organisation qui coordonne les moyens économiques, techniques et les métiers du studio du début à la fin. Quelle caractéristique cette situation illustre-t-elle ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Cinéma classique hollywoodien avec 82 flashcards interactives.

Que renforce l’industrialisation des studios dans les années 1930-1940 ?

Les tensions entre art et industrie.

Qu’organisent les structures du cinéma classique hollywoodien de bout en bout ?

Les tournages en studio.

Sur quel schéma narratif simple repose le cinéma classique hollywoodien ?

D’une situation initiale à des actions, puis à une situation finale.

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