QCM : Construction de l’État royal (76 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Un roi du XIIIe siècle exerce son autorité par l’intermédiaire de seigneurs qui ont choisi de lui être fidèles. Comment caractériser cette relation politique ?

Le roi est un suzerain à la tête de réseaux de fidèles
Le roi est un administrateur chargé de représenter les intérêts communs
Le roi est un législateur dont l’autorité repose sur la loi royale
Le roi est un souverain territorial au-dessus des groupes sociaux

Le roi est un suzerain à la tête de réseaux de fidèles

Explication

Avant le XVe siècle, le roi est un suzerain dont l’autorité s’exerce sur des réseaux de fidèles qui le reconnaissent. Le souverain territorial ne dépend pas de cette reconnaissance individuelle; le législateur et l’administrateur renvoient à la monarchie plus affirmée du XVIe siècle.

2. Au XVIe siècle, que signifie l’adage « un roi, une foi, une loi » pour caractériser l’Ancien Régime ?

Une monarchie de droit divin, une religion chrétienne commune et une souveraineté manifestée par les décisions de l’Église
Une monarchie élective, une religion chrétienne commune et une souveraineté manifestée par les coutumes locales
Une monarchie de droit divin, une religion chrétienne commune et une souveraineté manifestée par la loi royale
Une monarchie de droit divin, une diversité confessionnelle et une souveraineté manifestée par la loi royale

Une monarchie de droit divin, une religion chrétienne commune et une souveraineté manifestée par la loi royale

Explication

L’adage associe le droit divin du roi, la religion chrétienne partagée et la loi royale comme manifestation de la souveraineté. La diversité confessionnelle et les décisions de l’Église ne correspondent pas à ces trois éléments; l’élection et les coutumes locales substituent d’autres fondements à la monarchie décrite.

3. Au XIIe siècle, un roi étend son influence sur de nouveaux territoires, mais les pouvoirs locaux doivent encore accepter volontairement son autorité. Quelle situation cela décrit-il ?

Un ordre fondé sur la loi royale, sans dépendance envers la reconnaissance des sujets
Une influence territoriale accrue, avec un pouvoir dépendant de la reconnaissance volontaire
Une influence territoriale stable, avec un pouvoir dépendant de la reconnaissance volontaire
Une souveraineté territoriale établie, sans dépendance envers la reconnaissance des sujets

Une influence territoriale accrue, avec un pouvoir dépendant de la reconnaissance volontaire

Explication

À partir du XIIe siècle, la royauté étend son influence territoriale, mais le pouvoir royal demeure soumis à la reconnaissance volontaire. La souveraineté indépendante de cette reconnaissance correspond à une évolution ultérieure; l’influence n’est pas stable et le basculement vers la loi royale est associé à la guerre de Cent Ans.

4. Un historien situe entre 1337 et 1453 une transformation de l’ordre politique, qui passe d’un fonctionnement volontaire et subjectif à un ordre fondé sur la loi royale. Quel événement encadre-t-il ?

La succession des Mérovingiens et des Carolingiens
L’arrivée des Capétiens au pouvoir
La redécouverte de la pensée d’Aristote
La guerre de Cent Ans

La guerre de Cent Ans

Explication

La guerre de Cent Ans se déroule de 1337 à 1453 et accompagne le passage vers un ordre fondé sur la loi royale. La pensée d’Aristote est redécouverte au XIIIe siècle, tandis que l’arrivée des Capétiens et les dynasties citées renvoient à d’autres périodes.

5. Au XIIIe siècle, un penseur soutient que l’État possède une légitimité politique naturelle et que son pouvoir ne dérive pas de l’Église. Quelle influence intellectuelle correspond à cette idée ?

La redécouverte de la pensée d’Aristote
Le courant des politistes en faveur d’une monarchie modérée
La réflexion des légistes sur les droits savants du prince
L’enseignement du droit canonique sur la primauté de l’Église

La redécouverte de la pensée d’Aristote

Explication

La redécouverte d’Aristote nourrit au XIIIe siècle l’idée que le pouvoir politique de l’État a une légitimité propre, indépendante de l’Église. La primauté ecclésiastique contredit cette idée; les légistes et les politistes relèvent des courants de réflexion du XIVe siècle.

6. Dans un débat du XIVe siècle, un conseiller veut un prince juridiquement tout-puissant et mobilise le droit romain ainsi que le droit canonique. À quel courant appartient-il ?

Aux penseurs influencés par la redécouverte d’Aristote
Aux partisans d’une monarchie attentive aux intérêts de la population
Aux politistes
Aux légistes

Aux légistes

Explication

Les légistes défendent un prince juridiquement tout-puissant en s’appuyant sur le droit romain et le droit canonique. Les politistes soutiennent plutôt une monarchie modérée attentive à la population; la légitimité indépendante de l’Église renvoie à la réflexion nourrie par Aristote au XIIIe siècle.

7. Comment caractériser la vassalité entre un vassal et un seigneur ?

Une relation contractuelle entre deux seigneurs
Une relation foncière entre deux propriétaires
Une relation politique entre deux communautés
Une relation contractuelle personnelle

Une relation contractuelle personnelle

Explication

La vassalité est un contrat personnel entre un vassal, le *vassus*, et un seigneur, le *senior*. La dépendance collective confond ce lien avec une relation communautaire, le lien foncier néglige son caractère personnel et deux seigneurs ne désignent pas les parties concernées.

8. Au XIe siècle, un seigneur remet à son vassal une rente plutôt qu’une terre. Quel élément cette remise matérialise-t-elle dans leur relation ?

Une obligation de conseil sans contrepartie réelle
Le lien réel associé à la fidélité personnelle
La seule fidélité personnelle sans avantage matériel
Le serment religieux qui conclut l’hommage

Le lien réel associé à la fidélité personnelle

Explication

À partir du XIe siècle, le lien personnel de fidélité est associé à un lien réel matérialisé par un fief, lequel peut être une rente. Réduire le fief à une terre exclut les autres formes possibles, le serment relève de la formation du lien et le conseil constitue un service vassalique.

9. Lors d’une cérémonie vassalique, quelle séquence respecte les étapes de formation du lien ?

Hommage avec les mains dans celles du seigneur, puis serment sur des reliques ou la Bible
Remise d’un fief, puis serment sur des reliques ou la Bible
Hommage avec les mains dans celles du seigneur, puis remise obligatoire d’une terre
Serment sur des reliques ou la Bible, puis hommage avec les mains dans celles du seigneur

Hommage avec les mains dans celles du seigneur, puis serment sur des reliques ou la Bible

Explication

Le lien se forme d’abord par l’hommage, au cours duquel le vassal s’agenouille et place ses mains dans celles du seigneur, puis par le serment sur des reliques ou la Bible. Commencer par le serment inverse l’ordre; la remise d’un fief ne remplace pas l’hommage, et celui-ci n’est pas suivi nécessairement d’une terre.

10. Un vassal aide militairement son seigneur et participe à ses décisions à la cour. Comment classer ces deux services ?

L’aide et le conseil relèvent tous deux de l’auxilium
L’aide relève du consilium et le conseil de l’auxilium
L’aide et le conseil relèvent tous deux du consilium
L’aide relève de l’auxilium et le conseil du consilium

L’aide relève de l’auxilium et le conseil du consilium

Explication

L’auxilium désigne l’aide militaire et financière, tandis que le consilium est le conseil donné à la cour du seigneur. Attribuer le conseil à l’auxilium ou l’aide militaire au consilium inverse les notions; la protection est une obligation du seigneur envers son vassal.

11. Dans une localité où l’État ne remplit plus ses fonctions, un seigneur gouverne et juge les habitants. Comment caractériser cette seigneurie ?

Un contrat de fidélité conclu avec les habitants
Un domaine foncier sans fonctions de gouvernement
Un centre local de pouvoir exercé par un acteur privé
Une administration publique dépendant directement de l’État

Un centre local de pouvoir exercé par un acteur privé

Explication

La seigneurie est un centre local où le seigneur gouverne et juge comme acteur privé, dans un contexte d’affaiblissement de l’État. La propriété générant des redevances ne rend pas compte de ces fonctions publiques; une administration centrale et un contrat de fidélité avec les paysans décrivent d’autres rapports.

12. À partir de l’an mil, un château concentre les pouvoirs locaux et son seigneur s’approprie des prérogatives publiques. Quel processus cela illustre-t-il ?

La restitution des prérogatives publiques
La centralisation du pouvoir royal
La privatisation du ban
La patrimonialisation du fief

La privatisation du ban

Explication

À partir de l’an mil, les châteaux concentrent progressivement les pouvoirs locaux et favorisent l’appropriation seigneuriale de prérogatives publiques : c’est la privatisation du ban. La centralisation royale va dans un autre sens, la croissance foncière ne décrit pas ce transfert de pouvoir et la restitution évoque le processus inverse.

13. L’autorité centrale s’affaiblit et ne contrôle plus un gardien de forteresse publique. Celui-ci accorde des bénéfices à l’aristocratie et impose son pouvoir aux paysans. Quelle évolution ces conditions favorisent-elles ?

La disparition des rapports de dépendance dans la région
L’apparition d’une seigneurie autonome
Le rétablissement de l’autorité centrale
La formation d’un domaine foncier sans pouvoir local

L’apparition d’une seigneurie autonome

Explication

L’affaiblissement de l’autorité centrale permet aux gardiens de forteresses d’exercer des pouvoirs locaux, de concéder des bénéfices et de soumettre les paysans, favorisant des seigneuries autonomes. Le rétablissement du contrôle central contredit cette dynamique; la seule propriété foncière et la disparition des dépendances ne rendent pas compte de l’exercice local du pouvoir.

14. Quelles prérogatives composent le pouvoir de ban exercé sur un territoire seigneurial ?

Des prérogatives militaires, fiscales et judiciaires
Des prérogatives militaires, successorales et ecclésiastiques
Des prérogatives foncières, commerciales et religieuses
Des prérogatives judiciaires, vassaliques et matrimoniales

Des prérogatives militaires, fiscales et judiciaires

Explication

Le pouvoir de ban regroupe des prérogatives militaires, fiscales et judiciaires sur le territoire seigneurial. Les droits fonciers ne remplacent pas sa dimension fiscale, les rites vassaliques ne sont pas des fonctions judiciaires et les obligations du vassal ne définissent pas le pouvoir de ban.

15. Dans un acte médiéval, le terme *consuetudo* apparaît au singulier pour désigner une règle juridique appliquée dans un territoire. Que désigne-t-il ici ?

Une règle juridique coutumière territoriale
Une décision judiciaire rendue par le duc
Un ensemble de droits publics exercés par un seigneur
Un prélèvement fiscal imposé par un seigneur

Une règle juridique coutumière territoriale

Explication

Au singulier, *consuetudo* désigne une règle juridique coutumière applicable sur un territoire. Les droits publics seigneuriaux relèvent de *consuetudines* au pluriel, tandis que l’impôt et la justice ducale sont des notions distinctes.

16. Pour préserver son autorité en Flandre, un comte réorganise son territoire et charge des agents de contrôler les unités locales. Quelle organisation correspond à cette stratégie ?

Des circonscriptions administratives et militaires contrôlées par ses agents
Des seigneuries héréditaires gouvernées par des pouvoirs autonomes
Des vicomtés normandes placées sous l’autorité d’un duc
Des châtellenies indépendantes qui échappent au pouvoir comtal

Des circonscriptions administratives et militaires contrôlées par ses agents

Explication

En Flandre, le comte maintient l’intégrité du pouvoir public en divisant son territoire en circonscriptions administratives et militaires surveillées par ses agents. Les seigneuries autonomes et les vicomtés normandes correspondent à d’autres organisations.

17. En Normandie, un justiciable conteste une décision rendue par une juridiction locale. Quelle caractéristique du pouvoir ducal détermine l’issue de son recours ?

La justice relève des agents comtaux, tandis que le duc contrôle la guerre
La justice du duc est supérieure aux autres justices
La justice relève des seigneurs, tandis que le duc contrôle la monnaie
La justice locale est supérieure à celle du duc

La justice du duc est supérieure aux autres justices

Explication

En Normandie, la justice demeure un droit ducal et la justice du duc est supérieure aux autres justices. La souveraineté judiciaire locale ou l’exclusion de la justice des droits ducaux ne correspond pas à cette organisation.

18. Un prince territorial gouverne ses terres de façon autonome et héréditaire, sans rendre hommage au roi, et affirme tenir son pouvoir directement de Dieu. Quelle position exprime-t-il ?

Un pouvoir princier fondé sur l’hommage au roi
Un pouvoir princier délégué par le roi
Un pouvoir princier issu de l’accord royal à une élection épiscopale
Un pouvoir princier tenu directement de Dieu

Un pouvoir princier tenu directement de Dieu

Explication

Certains grands princes territoriaux ne prêtent pas hommage au roi et affirment tenir leur pouvoir directement de Dieu, dans le cadre de pouvoirs autonomes et héréditaires. La délégation royale, l’hommage vassalique et l’accord royal à l’élection d’un évêque sont d’autres rapports au pouvoir.

19. À partir du XIe siècle, le roi choisit de grands officiers dans son entourage familier, composé de personnes partageant sa vie quotidienne. Comment appelle-t-on cette maisonnée ?

Les vicomtes ducaux
La mesnie royale
Les grands princes territoriaux
Les évêchés royaux

La mesnie royale

Explication

La mesnie royale est la maisonnée du roi, formée de familiers qui partagent sa vie quotidienne; les grands officiers sont choisis dans cet entourage à partir du XIe siècle. Les princes, les évêchés et les vicomtes relèvent d’autres réalités politiques ou institutionnelles.

20. Quels éléments combinent les Capétiens pour fonder la légitimité de leur royauté ?

L’acclamation carolingienne, le soutien des seigneurs et le couronnement mérovingien
L’hérédité mérovingienne, le soutien de l’Église et l’élection carolingienne
Le sacre mérovingien, l’appui des villes et le couronnement capétien
L’acclamation mérovingienne, le soutien de l’Église et le sacre carolingien

L’acclamation mérovingienne, le soutien de l’Église et le sacre carolingien

Explication

La légitimité capétienne associe l’acclamation héritée des Mérovingiens, l’appui de l’Église et la tradition carolingienne du sacre et du couronnement. Les modèles inversés confondent les traditions dynastiques, tandis que l’hérédité seule ne reprend pas ces trois fondements.

21. Que signifie le sacre constitutif dans la conception de la royauté ?

Il fait élire le roi par les Grands et reconnaît leur autorité politique
Il transmet au roi la couronne par héritage et confirme son rang dynastique
Il fait du roi l’oint de Dieu et manifeste la mission qu’il lui confie
Il remet au roi les insignes du pouvoir et confirme son autorité militaire

Il fait du roi l’oint de Dieu et manifeste la mission qu’il lui confie

Explication

Le sacre constitutif fait du roi l’oint de Dieu et manifeste la mission royale qui lui est confiée. L’héritage dynastique concerne la succession, l’élection relève d’un autre moment du sacre et les insignes ne résument pas le sens du rite.

22. Lors d’un sacre, le roi promet de protéger les églises et de rendre justice, puis il est élu par l’Église et les Grands. Quelle étape vient ensuite ?

La remise de l’anneau, de l’épée et du sceptre
L’élection par l’Église et les Grands
L’onction sur la tête, la poitrine et les mains
La promesse de protéger les églises et de rendre justice

L’onction sur la tête, la poitrine et les mains

Explication

Le rite suit l’ordre de la promesse, de l’élection par l’Église et les Grands, puis de l’onction sur la tête, la poitrine et les mains. Placer l’onction avant l’élection inverse la séquence, tandis que la remise des regalia vient après ces étapes.

23. Après la mort de Louis V en 987, quelle décision prit l’assemblée des Grands concernant la royauté ?

Elle élut Charles de Lorraine et écarta Hugues Capet
Elle élut Hugues Capet et écarta Charles de Lorraine
Elle transmit le trône au fils de Louis V sans élection
Elle choisit un roi carolingien sans écarter Charles de Lorraine

Elle élut Hugues Capet et écarta Charles de Lorraine

Explication

En 987, après la mort de Louis V, les Grands élurent Hugues Capet et écartèrent Charles de Lorraine, dernier représentant carolingien. Attribuer l’élection à Charles inverse le résultat, et une succession sans élection ne correspond pas à cet événement.

24. Un roi justifie son intervention pour rétablir l’ordre public par les devoirs liés à son sacre. Quel principe désigne cette mission ?

Le principe électif, au service du choix du souverain par les Grands
La paix de Dieu, au service de la protection des non-combattants
Le ministerium regis, au service de l’ordre public et de la Res Publica
Les regalia, au service de l’autorité symbolique et de la majesté royale

Le ministerium regis, au service de l’ordre public et de la Res Publica

Explication

Le ministerium regis est la mission royale issue du sacre, orientée vers l’ordre public et le service de la Res Publica. Les regalia sont des insignes, le principe électif concerne la désignation du roi et la paix de Dieu protège des non-combattants.

25. Un auteur médiéval présente la fonction royale comme institutionnelle et légitime parce qu’elle s’appuie sur des textes sacrés et sur un modèle biblique. Quel modèle correspond à cette justification ?

La seigneurie féodale
La royauté d’Israël
La cité grecque
L’Empire romain

La royauté d’Israël

Explication

La légitimation institutionnelle de la mission royale s’appuie notamment sur la Bible, les textes des évêques et le modèle de la royauté d’Israël. L’Empire romain, la seigneurie féodale et les cités grecques ne sont pas le modèle biblique évoqué.

26. Un roi doit définir les priorités de son action au nom de sa mission royale. Quel ensemble de devoirs correspond à cette mission ?

Servir la Res Publica, rendre la justice, maintenir la paix et protéger les seuls marchands
Servir la Res Publica, conduire les guerres, maintenir la paix et protéger les seuls combattants
Servir les intérêts du roi, rendre la justice, maintenir la paix et protéger les églises
Servir la Res Publica, rendre la justice, maintenir la paix et protéger les vulnérables et les églises

Servir la Res Publica, rendre la justice, maintenir la paix et protéger les vulnérables et les églises

Explication

Le roi agit pour l’intérêt de la Res Publica, assure la justice et la paix, et protège la veuve, l’orphelin et les églises. L’intérêt personnel du roi contredit cette finalité, et les combattants ou les seuls marchands ne remplacent pas l’ensemble des personnes à protéger.

27. À la suite d’une assemblée ecclésiastique tenue à Charroux en 989, une mesure protège les paysans, les marchands, les gens d’Église et leurs outils contre la violence. De quelle institution s’agit-il ?

Le ministerium regis
La trêve de Dieu
La paix de Dieu
Le sacre constitutif

La paix de Dieu

Explication

Initiée au concile de Charroux en 989, la paix de Dieu protège les non-combattants ainsi que leurs biens et leurs instruments de production. La trêve de Dieu limite la violence selon des périodes calendaires, tandis que le ministerium regis désigne la mission royale.

28. Quels souverains contribuent au XIIe siècle au renforcement progressif du contrôle royal sur les vassaux et le réseau féodal ?

Hugues Capet, Robert II et Henri Ier
Suger, Louis VII et le comte de Toulouse
Philippe Auguste, Louis VIII et Louis IX
Louis VI, Louis VII et Philippe Auguste

Louis VI, Louis VII et Philippe Auguste

Explication

Au XIIe siècle, Louis VI, Louis VII et Philippe Auguste renforcent progressivement leur contrôle sur les vassaux et le réseau féodal. Confondre avec Louis VIII et Louis IX déplace l’évolution au XIIIe siècle; attribuer ce rôle à Suger confond un conseiller avec les souverains; citer les premiers Capétiens ne correspond pas aux rois indiqués.

29. Un grand seigneur est vassal d’un prince qui est lui-même vassal du roi. Avant le XIIIe siècle, quelle limite l’adage féodal impose-t-il au roi dans cette relation ?

Le roi est supérieur dans la hiérarchie, mais le grand seigneur n’est pas son vassal direct
Le roi peut commander directement au grand seigneur dès que le prince lui rend hommage
Le roi devient le vassal direct du grand seigneur par l’intermédiaire du prince
Le grand seigneur échappe à toute relation féodale avec le prince et avec le roi

Le roi est supérieur dans la hiérarchie, mais le grand seigneur n’est pas son vassal direct

Explication

L’adage « le vassal de mon vassal n’est pas mon vassal » limite l’autorité directe du roi, même si celui-ci est le suzerain supérieur. L’autorité directe sur le vassal indirect renverse l’adage; l’inversion de la relation fait du roi un vassal; l’absence de tout lien féodal nie la position hiérarchique du prince.

30. À quelle théorie Suger associe-t-il l’idée que tous les fiefs du royaume dépendent du roi, en renversant l’adage féodal ?

La théorie de l’investiture féodale
La théorie de la loi princière
La théorie de la mouvance
La théorie de l’appel hiérarchique

La théorie de la mouvance

Explication

La théorie de la mouvance, associée à Suger sous Louis VII, affirme que tous les fiefs dépendent du roi et renverse l’adage. L’appel hiérarchique concerne la saisine des tribunaux royaux; la loi comme volonté du prince relève d’une autre réflexion juridique; l’investiture est un moyen concret de renforcer la position royale, non cette théorie.

31. En 1204, Jean sans Terre manque à ses obligations de vassal dans son conflit avec le seigneur de Lusignan. Quelle mesure le roi de France prend-il à l’égard de ses possessions françaises ?

Il proclame une paix générale pour protéger les terres françaises
Il convoque Jean sans Terre sans toucher à ses fiefs français
Il condamne Jean sans Terre et confisque ses fiefs français
Il confisque les fiefs français du seigneur de Lusignan

Il condamne Jean sans Terre et confisque ses fiefs français

Explication

En 1204, le roi condamne Jean sans Terre pour manquement à ses obligations de vassal et confisque ses fiefs français. Une simple convocation omet la sanction rapportée; la confiscation vise Jean sans Terre, non Lusignan; la paix générale relève d’un autre acte royal.

32. En juin 1155, quelle décision l’assemblée de Soissons proclame-t-elle pour protéger les églises, les marchands et les paysans dans tout le royaume ?

Une paix générale de cinq ans
Une paix générale de dix ans
Une protection de dix ans réservée aux églises
Un appel général de dix ans devant les tribunaux royaux

Une paix générale de dix ans

Explication

L’assemblée de Soissons proclame en juin 1155 une paix générale de dix ans qui protège les églises, les marchands et les paysans dans tout le royaume. Cinq ans réduit la durée; la protection des seules églises exclut les autres groupes; l’appel hiérarchique est un mécanisme judiciaire distinct.

33. Un justiciable conteste la décision d’un seigneur et porte l’affaire devant les tribunaux royaux. Quel principe permet cette démarche et place le roi en juge ultime ?

La conservation du droit
La dette de justice
La législation princière
L’appel hiérarchique

L’appel hiérarchique

Explication

L’appel hiérarchique permet de saisir les tribunaux royaux, le roi étant juge en dernier ressort. La législation princière concerne la production de règles; la conservation du droit décrit une conception du rôle royal; la dette de justice exprime une mission du roi, non la procédure d’appel.

34. Un juriste oppose l’ancienne conception du roi, gardien et correcteur du droit, à une conception où la loi émane de la volonté du prince et prime les autres normes. Comment caractériser ce changement ?

D’une conception dynamique vers un rôle statique de conservateur
Du juge en dernier ressort vers le simple arbitre des conflits féodaux
De la loi supérieure vers un droit entièrement déterminé par les seigneurs
Du rôle statique de conservateur vers une conception dynamique de la loi

Du rôle statique de conservateur vers une conception dynamique de la loi

Explication

L’ancienne conception est statique: le roi conserve le droit et peut le corriger; la réflexion inspirée du droit romain ouvre une conception dynamique où la loi, issue de la volonté du prince, est supérieure aux autres normes. Inverser les deux conceptions brouille leur évolution; le juge en dernier ressort relève de la justice; faire déterminer tout le droit par les seigneurs contredit la place nouvelle du prince.

35. Quel juriste formule le principe selon lequel « ce qui a plu au prince a force de loi » ?

Philippe de Beaumanoir
Suger
Ulpien
Le Livre de Jostice et de Plet

Ulpien

Explication

Ulpien formule le principe « ce qui a plu au prince a force de loi », qui soutient le pouvoir du roi de produire des règles générales et d’exercer la jurisdictio. Suger est associé à la théorie de la mouvance; le Livre de Jostice et de Plet est un recueil de coutume; Beaumanoir formule une affirmation sur la souveraineté royale.

36. Dans le vocabulaire politique du XIIIe siècle, que signifie l’emploi du terme « Supremus » pour qualifier le roi ?

Il est supérieur aux seuls grands du royaume.
Il est supérieur aux autorités spirituelles du royaume.
Il est supérieur à l’ensemble de ses sujets.
Il exerce principalement la fonction de juge du royaume.

Il est supérieur à l’ensemble de ses sujets.

Explication

Au XIIIe siècle, « Supremus » présente le roi comme supérieur à tous ses sujets, et non plus seulement aux grands. Limiter cette supériorité aux grands réduit la portée du terme ; la primauté sur le pape et la fonction judiciaire renvoient à d’autres questions.

37. Dans la théorie des deux corps, à quoi correspond le corps mystique du roi ?

À un corps temporaire qui disparaît à la fin du règne.
À un corps personnel transmis avec la succession familiale.
À un corps immuable transmis d’un roi à l’autre.
À un corps physique qui vieillit et meurt avec le roi.

À un corps immuable transmis d’un roi à l’autre.

Explication

Le corps mystique est immuable et se transmet d’un roi à l’autre, tandis que le corps physique est mortel. Le corps vieillissant relève donc du corps physique ; limiter le corps mystique à un règne nie sa continuité, et le réduire à une succession familiale confond cette continuité avec la transmission biologique.

38. Un conseiller explique que l’obéissance au roi repose à la fois sur la force de son autorité morale et spirituelle et sur les pouvoirs légaux liés à sa charge. Quelles notions associe-t-il ?

La potestas et la juridictio.
L’auctoritas et la potestas.
La juridictio et la majestas.
La majestas et l’auctoritas.

L’auctoritas et la potestas.

Explication

L’auctoritas désigne la force morale et spirituelle qui suscite l’obéissance, tandis que la potestas correspond au pouvoir légal attaché à une fonction. La juridictio est une spécialisation judiciaire de la potestas, et la majestas désigne la dignité de la fonction.

39. Quelle thèse Jean de Blanot formule-t-il en 1256 au sujet du roi de France ?

Le roi est empereur dans son royaume, sans supérieur au temporel.
Le roi est supérieur au pape dans les affaires spirituelles.
Le roi échappe à toute loi en raison de sa souveraineté.
Le roi est subordonné à l’empereur dans son royaume.

Le roi est empereur dans son royaume, sans supérieur au temporel.

Explication

Jean de Blanot affirme en 1256 que le roi de France est empereur en son royaume parce qu’il ne reconnaît aucun supérieur au temporel. La subordination à l’empereur contredit cette thèse ; la supériorité spirituelle sur le pape et l’affranchissement de toute loi ne sont pas ce qu’elle affirme.

40. En 1312, un projet impérial réserve à l’empereur l’auctoritas et attribue aux rois la potestas. Quelle conséquence cette répartition implique-t-elle pour les rois ?

Ils obtiennent une autorité judiciaire indépendante de l’empereur.
Ils sont placés dans une position subordonnée à l’empereur.
Ils deviennent supérieurs à l’empereur dans les affaires temporelles.
Ils reçoivent l’auctoritas et l’empereur conserve la potestas.

Ils sont placés dans une position subordonnée à l’empereur.

Explication

Dans le projet de Dominium Mundi réactivé par Henri VII, l’empereur détient l’auctoritas tandis que les rois reçoivent la potestas, ce qui les subordonne à l’empereur. Inverser les pouvoirs renverse le projet ; assimiler la potestas à l’indépendance ou à un pouvoir judiciaire confond des notions distinctes.

41. Selon la théocratie pontificale, que peut faire le pape lorsqu’un roi chrétien agit contre l’Église ?

Le conseiller sur la foi, sans revendiquer d’autorité sur son gouvernement.
Le remplacer dans les décisions temporelles sans pouvoir le juger.
Le guider et le juger, en revendiquant une autorité supérieure au pouvoir temporel.
Le laisser être jugé par les rois, qui dominent le pouvoir spirituel.

Le guider et le juger, en revendiquant une autorité supérieure au pouvoir temporel.

Explication

La théocratie pontificale soutient que le pape peut guider les rois chrétiens et les juger lorsqu’ils agissent contre l’Église, revendiquant ainsi une autorité supérieure au pouvoir temporel. Réduire son rôle au conseil religieux écarte le pouvoir de jugement ; les deux autres réponses inversent ou restreignent la relation de pouvoirs décrite.

42. En 1303, une expédition royale française se rend à Anagni dans le contexte du conflit avec Boniface VIII. Quel est son objectif et quelle est l’issue immédiate du conflit ?

Défendre le pape contre l’empereur ; sa mort rétablit l’autorité pontificale.
Convaincre le pape de juger le roi ; sa mort confirme la victoire pontificale.
Enlever et juger le pape ; sa mort peu après marque la victoire française.
Subordonner les rois à l’empereur ; sa mort met fin au projet impérial.

Enlever et juger le pape ; sa mort peu après marque la victoire française.

Explication

L’expédition d’Anagni vise à enlever le pape et à le juger ; la mort de Boniface VIII peu après met fin au conflit et marque la victoire française. La convocation du roi à Rome appartient à l’épisode de 1302, tandis que le Dominium Mundi concerne le conflit avec l’empereur ; attribuer la victoire au pape inverse l’issue.

43. Quelle revendication caractérise le gallicanisme ?

L’indépendance religieuse de l’Église de France, sans indépendance politique du royaume.
L’indépendance politique du royaume, sans indépendance religieuse de l’Église de France.
L’autorité politique de la papauté sur le royaume et l’Église de France.
L’indépendance politique du royaume et religieuse de l’Église de France face à la papauté.

L’indépendance politique du royaume et religieuse de l’Église de France face à la papauté.

Explication

Le gallicanisme défend à la fois l’indépendance politique du royaume et l’indépendance religieuse de l’Église de France face à la papauté. Les deux réponses qui ne conservent qu’une seule de ces indépendances donnent une définition incomplète ; l’autorité politique pontificale est l’inverse de cette revendication.

44. Quelle évolution caractérise l’administration royale entre Philippe Auguste et Saint Louis ?

L’administration apparaît sous Philippe Auguste pour accroître l’autonomie des grands, puis Saint Louis réduit son rôle dans l’action royale.
Des traces apparaissent sous Philippe Auguste, puis les institutions se complexifient sous Saint Louis pour prolonger l’action royale et dépersonnaliser le pouvoir.
Les institutions se complexifient sous Philippe Auguste, puis Saint Louis crée les premières traces d’administration royale pour renforcer son entourage personnel.
Les institutions apparaissent sous Saint Louis et restent liées à la personne du roi, sans prolonger durablement son action.

Des traces apparaissent sous Philippe Auguste, puis les institutions se complexifient sous Saint Louis pour prolonger l’action royale et dépersonnaliser le pouvoir.

Explication

Les premières traces d’administration royale remontent à Philippe Auguste et la complexification sous Saint Louis permet à la fois de prolonger l’action du roi et de dépersonnaliser le pouvoir. Attribuer cette complexification à Philippe Auguste inverse les étapes, tandis que l’autonomie des grands et un pouvoir attaché à la seule personne du roi contredisent ces fonctions.

45. Au XIIe siècle, le roi doit trancher une question technique de droit et consulte des maîtres formés à l’université. Quelle évolution politique leur présence illustre-t-elle ?

Les experts prennent progressivement en charge les jugements à la place de la cour royale.
Les grands vassaux prennent progressivement une place supérieure à celle des experts dans la direction politique.
Les experts prennent progressivement une place supérieure à celle des grands vassaux dans la direction politique.
Les experts remplacent progressivement le roi dans la direction politique du royaume.

Les experts prennent progressivement une place supérieure à celle des grands vassaux dans la direction politique.

Explication

Les maîtres et jurisperiti sont consultés comme experts sur les questions techniques et prennent progressivement une place supérieure à celle des grands vassaux dans la direction politique. La prééminence maintenue des vassaux inverse l’évolution, le remplacement du roi lui attribue un rôle absent, et juger confond leur conseil avec une fonction judiciaire.

46. Quelle institution désigne la cour du roi et des grands chargée de conseiller, de juger et de gérer les affaires du royaume ?

La curia in consilio
La curia in compotis
La curia in parlamento
La Curia Regis

La Curia Regis

Explication

La Curia Regis est la cour du roi et des grands, dont les missions comprennent le conseil, la justice et la gestion des affaires du royaume. La curia in parlamento désigne la formation judiciaire, la curia in consilio celle du conseil, et la curia in compotis la formation financière.

47. Dans une cour royale divisée selon ses fonctions, une formation doit gérer les finances du royaume. Quel nom lui correspond ?

La Curia Regis
La curia in compotis
La curia in consilio
La curia in parlamento

La curia in compotis

Explication

La curia in compotis est la formation chargée de gérer les finances, tandis que la curia in parlamento juge et que la curia in consilio conseille le roi. La Curia Regis désigne l’ensemble de la cour et non l’une de ses sections fonctionnelles.

48. Comment se caractérise la succession royale de 987 à 1316, période appelée « miracle capétien » ?

L’absence de crise liée au manque de fils accompagne la primogéniture en faveur du dernier-né.
L’absence de crise liée au manque de fils accompagne l’exclusion immédiate des filles par une règle écrite.
L’absence de crise liée au manque de fils accompagne le choix régulier du frère du roi comme successeur.
L’absence de crise liée au manque de fils accompagne l’établissement de la primogéniture en faveur de l’aîné.

L’absence de crise liée au manque de fils accompagne l’établissement de la primogéniture en faveur de l’aîné.

Explication

De 987 à 1316, les rois ont des fils, ce qui évite une crise de succession et favorise la pratique de la primogéniture en faveur de l’enfant aîné. Le choix du frère, l’exclusion immédiate des filles par une règle écrite et la préférence au dernier-né ne décrivent pas cette période.

49. En 1316, après la mort de Louis X, sa fille Jeanne est écartée et son fils posthume Jean meurt au bout de dix jours. Qui est alors sacré roi ?

Son frère Philippe
Édouard III
Sa fille Jeanne
Son fils posthume Jean

Son frère Philippe

Explication

Après la mort de Jean, qui ne vit que dix jours, Philippe, frère de Louis X, est sacré roi, tandis que Jeanne est écartée. Retenir Jeanne ignore cette exclusion, Jean ne survit pas pour régner, et Édouard III intervient dans la succession de 1328, non celle de 1316.

50. Quelle règle l’assemblée réunie par Philippe V affirme-t-elle pour justifier le passage de la couronne au frère du roi défunt ?

« Femme ne succède point à la couronne de France. »
« L’enfant aîné succède à la couronne de France. »
« Femme transmet ses droits à son fils pour la couronne de France. »
« Le fils posthume succède à la couronne de France. »

« Femme ne succède point à la couronne de France. »

Explication

L’assemblée affirme que les femmes ne succèdent pas à la couronne, ce qui permet de transmettre celle-ci au frère du roi défunt. La primogéniture ne formule pas cette exclusion, la transmission par une femme est écartée et le fils posthume Jean est mort avant le sacre de Philippe.

51. En 1328, après la mort de Charles IV, une assemblée doit départager Philippe de Valois et Édouard III, fils d’Isabelle de France. Quel principe justifie le choix de Philippe ?

Une femme ne peut ni succéder à la couronne ni transmettre ses droits à son fils.
Une femme ne peut pas succéder à la couronne, mais peut transmettre ses droits à son fils.
Une femme peut transmettre ses droits à son fils, mais ne peut pas régner elle-même.
Le fils d’une femme succède à la couronne s’il est plus proche parent que son rival.

Une femme ne peut ni succéder à la couronne ni transmettre ses droits à son fils.

Explication

En 1328, les filles de Charles IV sont écartées et Édouard III ne peut tenir ses droits de sa mère Isabelle : une femme ne succède pas et ne transmet pas ses droits à son fils. Les réponses qui autorisent une transmission par la lignée maternelle contredisent ce principe, et la proximité de parenté ne suffit pas à l’établir.

52. Que signifie l’adage « le roi est mort, vive le Roi » dans la monarchie française ?

La couronne est transmise comme un bien privé du roi.
La mort du roi ouvre une période sans autorité souveraine.
Le sacre crée à lui seul la continuité de l’État.
La fonction royale et l’État se poursuivent sans interruption.

La fonction royale et l’État se poursuivent sans interruption.

Explication

L’adage exprime la continuité immédiate de la fonction royale et de l’État. La vacance du pouvoir nie cette continuité, le sacre n’en est pas le fondement et la couronne n’est pas un bien privé transmissible à volonté.

53. En 1403, un roi meurt alors que son fils aîné est mineur. Selon l’ordonnance adoptée cette année-là, quel statut le fils reçoit-il immédiatement ?

Il devient immédiatement roi et est juridiquement réputé majeur.
Il cède provisoirement la couronne au frère du roi défunt.
Il devient roi seulement après avoir reçu le sacre.
Il devient roi après une régence exercée au nom des régents.

Il devient immédiatement roi et est juridiquement réputé majeur.

Explication

L’ordonnance de 1403 prévoit l’accession immédiate du fils aîné et écarte la minorité juridique du roi. Une régence au nom des régents rétablit cette minorité, le sacre ne conditionne pas l’accession prévue, et le frère n’est pas appelé à régner à sa place.

54. Un roi mineur prend formellement les décisions souveraines tandis que des régents administrent le royaume. Comment caractériser juridiquement le rôle de ces régents après les ordonnances ?

Ils exercent la souveraineté en leur nom propre jusqu’à la majorité du roi.
Ils gouvernent au nom du roi, considéré comme dépositaire de la souveraineté.
Ils cessent d’assurer la régence puisque celle-ci disparaît dans les faits.
Ils gouvernent au nom de la communauté politique plutôt qu’au nom du roi.

Ils gouvernent au nom du roi, considéré comme dépositaire de la souveraineté.

Explication

Le roi mineur est réputé dépositaire de la souveraineté et les régents agissent comme ses tuteurs, en son nom, même si la régence continue dans les faits. Leur souveraineté personnelle reprend la conception antérieure, et la fiction ne met pas fin à l’exercice concret de la régence.

55. Un roi conclut un traité qui écarte son fils de la succession et attribue la couronne à un souverain étranger puis à son fils. Quel principe permet de contester la validité d’un tel traité ?

Le roi ne peut pas disposer de la couronne, ce qui rend le traité nul.
Le roi peut choisir un héritier si celui-ci est accepté par les régents.
Le roi peut transmettre la couronne à un souverain étranger par accord.
Le roi peut déroger aux règles de succession par un traité valide.

Le roi ne peut pas disposer de la couronne, ce qui rend le traité nul.

Explication

Le traité de Troyes de 1420 est nul parce que le roi ne peut disposer de la couronne. La possibilité de déroger par traité, de choisir un héritier ou de transférer la couronne à un souverain étranger attribue au roi un pouvoir dont il ne dispose pas.

56. En 1588, au cœur des guerres de Religion, quelle condition l’édit d’Union affirme-t-il pour l’accession au trône de France ?

La confession du roi ne concerne pas sa succession.
Le roi de France doit être catholique.
Le roi de France doit appartenir à la famille royale.
Le roi de France doit satisfaire à la loi de masculinité.

Le roi de France doit être catholique.

Explication

L’édit d’Union de 1588 affirme la catholicité du roi dans un contexte où la confession devient un enjeu de succession. L’appartenance à la famille royale et la loi de masculinité relèvent d’autres exigences, tandis que l’édit rend précisément la religion pertinente.

57. En 1593, trois prétendants sont examinés : Charles de Lorraine est écarté pour son absence d’appartenance à la famille royale, Isabelle Claire en raison de la loi de masculinité, et Henri de Navarre peut satisfaire à l’exigence religieuse en se convertissant. Quelle analyse rend compte de ces issues ?

Charles est écarté par la masculinité, Isabelle par son origine étrangère à la famille royale.
Henri acquiert par conversion son appartenance à la famille royale.
Les obstacles sont distincts : famille royale pour Charles, masculinité pour Isabelle, conversion pour Henri.
Les trois prétendants sont écartés parce qu’ils ne sont pas catholiques.

Les obstacles sont distincts : famille royale pour Charles, masculinité pour Isabelle, conversion pour Henri.

Explication

Les motifs sont distincts : Charles de Lorraine n’appartient pas à la famille royale, Isabelle Claire est exclue par la loi de masculinité, et Henri de Navarre peut satisfaire à la catholicité en se convertissant. La confession n’explique pas l’exclusion de Charles, les motifs de Charles et d’Isabelle sont ici inversés, et la conversion ne crée pas une appartenance familiale.

58. Un roi administre les terres et les revenus nécessaires au gouvernement, mais ces biens appartiennent à l’État. Comment caractériser le domaine royal ?

L’ensemble des seuls immeubles administrés par le roi
L’ensemble des biens dont le roi est le propriétaire personnel
L’ensemble du territoire sur lequel s’exerce le pouvoir royal
L’ensemble des moyens corporels et incorporels mis à la disposition du roi pour gouverner

L’ensemble des moyens corporels et incorporels mis à la disposition du roi pour gouverner

Explication

Le domaine royal regroupe les moyens corporels et incorporels affectés au gouvernement, sans faire du roi le propriétaire du royaume. La propriété personnelle du roi confond domaine et patrimoine privé, les seuls immeubles omettent les éléments incorporels, et le territoire désigne une réalité différente.

59. Pour classer les biens du domaine royal, un intendant examine une forêt, des bijoux, une route ouverte à l’usage public et un impôt. Quel élément est corporel en raison de son utilité publique ?

L’impôt perçu par le pouvoir royal
Le droit de justice exercé par le roi
Le revenu tiré d’un droit seigneurial
La route ouverte à l’usage public

La route ouverte à l’usage public

Explication

Les routes, rivages et cours d’eau liés à l’utilité publique comptent parmi les éléments corporels du domaine. L’impôt, le droit de justice et les revenus seigneuriaux sont des éléments incorporels.

60. Pourquoi les protections du domaine royal sont-elles conçues à la fois contre les particuliers et contre le roi ?

Pour empêcher les appropriations privées et les libéralités royales excessives
Pour garantir les revenus du roi et accroître sa propriété personnelle
Pour réserver les biens du domaine aux seuls agents de la couronne
Pour empêcher les ventes privées et augmenter les libéralités royales

Pour empêcher les appropriations privées et les libéralités royales excessives

Explication

La protection vise deux risques distincts : l’appropriation des biens par des individus et leur dilapidation par le roi au moyen de libéralités excessives. La défense contre les seuls particuliers néglige le second risque, tandis que les revenus et la propriété personnelle ne définissent pas cet objectif.

61. Un particulier occupe une terre du domaine royal depuis plusieurs générations et prétend en être devenu propriétaire par le temps écoulé. Quel principe s’oppose à cette prétention ?

La distinction entre les éléments corporels et incorporels du domaine
L’imprescriptibilité proclamée par l’ordonnance de Villers-Cotterêts
L’incorporation du domaine casuel prévue par l’édit du Moulin
L’inaliénabilité qui empêche le roi de céder le domaine

L’imprescriptibilité proclamée par l’ordonnance de Villers-Cotterêts

Explication

L’ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 proclame l’imprescriptibilité : la durée de l’occupation ne donne pas la propriété au tiers. L’édit du Moulin organise les catégories du domaine, tandis que l’inaliénabilité porte sur la cession des biens par le roi.

62. Dans une dissertation sur la théorie politique du XVIe siècle, quelle formule résume la définition de la souveraineté donnée par Jean Bodin ?

La puissance temporaire et déléguée d’un titulaire
L’autorité subordonnée exercée par plusieurs institutions
La puissance absolue et perpétuelle de la République
Le gouvernement de plusieurs ménages et de ce qui leur est commun

La puissance absolue et perpétuelle de la République

Explication

Bodin définit la souveraineté comme « la puissance absolue et perpétuelle de la République ». Le gouvernement de plusieurs ménages caractérise sa définition de la République, tandis que la temporalité et la subordination contredisent les traits de la souveraineté.

63. Un État conserve ses collectivités et ses institutions, mais ne possède plus aucune puissance souveraine capable de les unir en communauté politique. Quelle conséquence découle de la conception de Bodin ?

Il conserve son État si ses institutions administratives subsistent
Il devient nécessairement une monarchie privée de son roi
Il demeure un État dès lors que ses collectivités sont conservées
Il ne constitue plus un État, quelle que soit sa forme politique

Il ne constitue plus un État, quelle que soit sa forme politique

Explication

Pour Bodin, la souveraineté relie les composantes de l’État en une communauté politique et est nécessaire à son existence, quelle que soit sa forme. La monarchie n’est pas la condition de l’État, et des collectivités ou institutions conservées ne remplacent pas ce lien souverain.

64. À la mort d’un souverain, une autorité prétend que la souveraineté a disparu avec lui et qu’une institution distincte doit désormais partager le dernier mot. Quelle analyse correspond aux caractéristiques bodiniennes de la souveraineté ?

Elle persiste au-delà du titulaire, mais dépend d’une institution qui tranche en dernier
Elle demeure sans subordination, mais plusieurs instances peuvent détenir le dernier mot
Elle prend fin avec le titulaire, puis se partage entre plusieurs instances souveraines
Elle persiste au-delà du titulaire, n’est pas subordonnée et garde une instance ayant le dernier mot

Elle persiste au-delà du titulaire, n’est pas subordonnée et garde une instance ayant le dernier mot

Explication

La souveraineté est perpétuelle au-delà de la mort de son titulaire, absolue au sens d’absence de subordination et indivisible, puisqu’une instance unique doit avoir le dernier mot. La fin avec le titulaire nie sa perpétuité, le partage nie son indivisibilité, et la dépendance envers une autre institution contredit son caractère absolu.

65. Quel terme désigne le courant qui combat le monarque et peut aller jusqu’à défendre le tyrannicide ?

Les théoriciens du droit divin
Les défenseurs du contrat royal
Les monarchomaques
Les partisans du gouvernement mixte

Les monarchomaques

Explication

Les monarchomaques combattent le monarque et peuvent défendre le tyrannicide. Le droit divin légitime l’autorité royale, le gouvernement mixte encadre son exercice et le contrat royal fonde le pouvoir sur le consentement du peuple.

66. Un projet politique inspiré de François Hotman prévoit que les états généraux participent à l’élaboration des lois et encadrent le roi. Quelle œuvre correspond à cette conception ?

Du droit des magistrats sur leurs sujets de 1574
Un traité de monarchie de droit divin
Un traité de Bodin sur la souveraineté
La Franco Gallia de 1573

La Franco Gallia de 1573

Explication

Dans la Franco Gallia, Hotman défend un gouvernement mixte où les états généraux participent au pouvoir législatif et encadrent le roi. L’ouvrage de Bèze met l’accent sur les conseils des magistrats, tandis que le droit divin et Bodin renvoient à d’autres conceptions du pouvoir.

67. Dans la pensée de Hotman et de Théodore de Bèze, sur quoi repose la légitimité du pouvoir royal ?

Sur un contrat ou le consentement du peuple
Sur la seule transmission héréditaire de la couronne
Sur la souveraineté supérieure du roi
Sur une délégation directe de Dieu au roi

Sur un contrat ou le consentement du peuple

Explication

Hotman et Bèze font reposer le pouvoir royal sur un contrat ou le consentement du peuple, dont la souveraineté est supérieure à celle du roi. La délégation divine, la souveraineté supérieure du roi et l’hérédité ne rendent pas compte de ce fondement contractuel.

68. Un roi viole le contrat qui encadre son pouvoir et devient tyrannique. Quelle conduite les thèses protestantes monarchomaques autorisent-elles au peuple ?

Résister tant que le roi respecte le contrat
Continuer à lui obéir malgré la rupture du contrat
Se limiter aux conseils adressés au roi
Résister au roi, jusqu’au tyrannicide

Résister au roi, jusqu’au tyrannicide

Explication

Le peuple doit obéir tant que le roi respecte le contrat, mais peut lui résister s’il devient tyran, jusqu’au tyrannicide. Maintenir l’obéissance malgré la rupture néglige cette règle, les conseils des magistrats relèvent d’un autre mécanisme et la dernière possibilité inverse la condition de résistance.

69. En 1439, pendant la guerre de Cent Ans, la royauté met en place son premier impôt permanent. De quel impôt s’agit-il ?

Le droit de timbre
La taille
Les droits de douane internes
Le dixième

La taille

Explication

La taille est créée en 1439 pendant la guerre de Cent Ans et constitue le premier impôt permanent. Le dixième apparaît plus tard comme impôt direct, tandis que le timbre et les droits de douane internes sont des impôts indirects.

70. Selon Bodin, quelle prérogative constitue la marque souveraine principale du roi et peut être légitime lorsqu’elle sert le bien commun et l’État ?

Exercer directement la justice
Créer les impôts
Faire et casser la loi
Fabriquer la monnaie

Faire et casser la loi

Explication

Pour Bodin, la prérogative souveraine principale est de faire et de casser la loi; son exercice est légitime lorsqu’il sert le bien commun et l’État. La fiscalité, la justice et la fabrication de la monnaie sont aussi des pouvoirs royaux, mais ne constituent pas cette prérogative principale.

71. Un roi prétend que sa volonté suffit à rendre toute décision légitime, même si elle contredit les lois fondamentales et les principes de justice. Quelle analyse correspond aux limites du pouvoir royal ?

Son pouvoir ne connaît de limite que les décisions des états généraux
Son pouvoir n’est limité que par les lois divines et naturelles
Son pouvoir reste limité par plusieurs normes supérieures et principes
Son pouvoir devient légitime dès qu’il exprime sa volonté souveraine

Son pouvoir reste limité par plusieurs normes supérieures et principes

Explication

Le pouvoir royal est limité par le serment du sacre, les lois divines et naturelles, les lois fondamentales ainsi que les principes de justice, d’équité et d’intérêt général. Se limiter aux seules lois divines et naturelles omet d’autres contraintes; l’encadrement par les états généraux appartient à une autre conception, et la souveraineté n’efface pas ces limites.

72. Depuis les Mérovingiens, sur quels critères les rois de France choisissent-ils notamment les personnes qui les conseillent ?

Leur élection par les sujets pour contrôler l’action royale
Leur expertise technique, indépendamment de leur lien avec la monarchie
Leur représentation des communautés au sein des états généraux
Leur naissance, leur fonction ou leur rôle d’agents de la monarchie

Leur naissance, leur fonction ou leur rôle d’agents de la monarchie

Explication

Les conseillers sont choisis notamment pour leur naissance, leur fonction ou leur rôle d’agents de la monarchie. La représentation aux états généraux relève du grand Conseil, l’expertise technique devient plus marquante à partir du XVIe siècle, et le choix ne repose pas sur une élection populaire.

73. Un roi réunit ses ministres pour délibérer, puis convoque les états généraux afin d’entendre des assemblées représentant le peuple : comment distinguer ces deux démarches ?

Les deux relèvent du gouvernement par Conseil, car le roi dirige les réunions
La première relève du grand Conseil, la seconde du gouvernement par Conseil
La première relève du gouvernement par Conseil, la seconde du gouvernement par grand Conseil
Les deux relèvent du grand Conseil, car elles servent à recueillir des avis

La première relève du gouvernement par Conseil, la seconde du gouvernement par grand Conseil

Explication

Le gouvernement par Conseil réunit le roi et ses ministres, tandis que le grand Conseil consiste à consulter des assemblées représentant le peuple, comme les états généraux. Confondre ministres et assemblées inverse les deux formes, et le fait que le roi dirige une réunion ne suffit pas à en faire un grand Conseil.

74. En 1438, un roi veut faire examiner une règle ecclésiastique avant qu’elle entre en vigueur en France et organiser l’Église de son royaume. Quel principe la Pragmatique Sanction de Bourges reconnaît-il ?

La compétence royale de trancher les questions spirituelles relevant de l’autorité du pape
La compétence royale d’imposer ses règles à l’ensemble de l’Église catholique
La compétence royale d’organiser et de protéger l’Église de France, avec contrôle préalable de la législation ecclésiastique
La compétence pontificale d’organiser l’Église de France et d’autoriser les règles royales

La compétence royale d’organiser et de protéger l’Église de France, avec contrôle préalable de la législation ecclésiastique

Explication

La Pragmatique Sanction reconnaît au roi le pouvoir d’organiser et de protéger l’Église de France, notamment en contrôlant la législation ecclésiastique avant son application. Attribuer ce contrôle au pape confond les compétences ; confier au roi le jugement spirituel ou l’autorité sur toute l’Église dépasse cette prérogative.

75. En juillet 1593, Henri de Navarre se convertit au catholicisme. Quelle conséquence cette conversion a-t-elle pour sa succession au trône ?

Elle entraîne l’abandon de ses droits au trône au profit d’un autre héritier
Elle lui permet d’être sacré roi sous le nom d’Henri IV
Elle lui permet d’être sacré roi sous le nom d’Henri V
Elle constitue son sacre immédiat sous le nom d’Henri IV

Elle lui permet d’être sacré roi sous le nom d’Henri IV

Explication

La conversion catholique d’Henri de Navarre en juillet 1593 lui permet d’être sacré roi sous le nom d’Henri IV. La conversion rend possible le sacre sans se confondre avec celui-ci ; la date de 1593 et le nom Henri IV sont ceux associés à cet événement, qui n’entraîne pas l’abandon de ses droits.

76. Un justiciable adresse un placet au roi, qui examine lui-même sa demande sans la confier à un magistrat. De quel type de justice s’agit-il ?

De la justice retenue, exercée directement par le roi
De la justice déléguée, exercée par le Conseil du roi en cassation
De la justice ordinaire, rendue par un magistrat au nom du roi
De la justice déléguée, rendue par une juridiction au nom du roi

De la justice retenue, exercée directement par le roi

Explication

La justice retenue est exercée directement par le roi ou son Conseil, notamment lorsqu’il examine une requête par placet. La justice déléguée est rendue par des juridictions au nom du roi, et la cassation relève ici de l’exercice par le Conseil du roi.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 97 flashcards sur Construction de l’État royal.

Avant le XVe siècle, quel rôle le roi exerce-t-il ?

Il est un suzerain dominant des réseaux de fidèles.

À partir du XVe siècle, quelle forme de pouvoir le roi exerce-t-il ?

Une souveraineté territoriale au-dessus des groupes sociaux.

Quel adage résume les caractéristiques de l’Ancien Régime au XVIe siècle ?

« Un roi, une foi, une loi. »

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Consultez la fiche de révision complète sur Construction de l’État royal.

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