QCM : Notion et propriétés du discours (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans l’approche de L. Guespin, deux personnes s’accordent sur la suite de phrases prononcées et ses limites sémantiques, mais l’une étudie les mécanismes discursifs qui la conditionnent. Que désigne cette seconde approche ?

Un ensemble d’énoncés issu d’une position idéologique
La suite de phrases comprise entre deux blancs sémantiques
L’énoncé considéré sous l’angle de son mécanisme discursif
L’ensemble fini des éléments potentiels relativement stables

L’énoncé considéré sous l’angle de son mécanisme discursif

Explication

Pour Guespin, l’énoncé est la suite de phrases délimitée, tandis que le discours est cet énoncé envisagé selon le mécanisme discursif qui le conditionne. La suite délimitée confond discours et énoncé, les éléments stables renvoient à la langue, et la position idéologique correspond à une autre acception du discours.

2. Quelle opposition Benveniste établit-il entre le discours et la langue ?

Le discours est une suite de phrases entre deux blancs sémantiques, tandis que la langue désigne son mécanisme conditionnant
Le discours est un ensemble d’énoncés lié à une position idéologique, tandis que la langue désigne une conversation particulière
Le discours est le lieu de la créativité et de la contextualisation, tandis que la langue est un ensemble relativement stable d’éléments potentiels
Le discours est un ensemble stable d’éléments potentiels, tandis que la langue est le lieu de la créativité et de la contextualisation

Le discours est le lieu de la créativité et de la contextualisation, tandis que la langue est un ensemble relativement stable d’éléments potentiels

Explication

Benveniste oppose le discours, où la créativité et la contextualisation confèrent de nouvelles valeurs aux unités, à la langue, système fini et relativement stable d’éléments potentiels. L’inversion attribue à chaque notion les propriétés de l’autre; la suite entre deux blancs relève de la distinction de Guespin, et les deux autres réponses confondent des acceptions distinctes du discours.

3. Une affiche porte seulement la phrase « Ne pas fumer », mais elle forme un message complet dans son contexte. Quelle caractéristique du discours cela illustre-t-il ?

Le discours doit prendre la forme d’un récit ou d’un dialogue pour être une unité complète
Le discours peut mobiliser des structures différentes de celles de la phrase sans dépasser sa longueur
Le discours doit compter plusieurs phrases pour mobiliser des structures qui lui sont propres
Le discours dépend des règles d’un genre social pour constituer un message complet

Le discours peut mobiliser des structures différentes de celles de la phrase sans dépasser sa longueur

Explication

L’organisation discursive repose sur des structures d’un autre ordre que celles de la phrase, pas nécessairement sur une longueur supérieure; une interdiction d’une seule phrase peut donc former un discours complet. Exiger plusieurs phrases confond longueur et organisation, tandis que les règles de genre et les formes comme le récit concernent d’autres niveaux d’organisation.

4. Dans un groupe social, une consultation médicale suit des conventions propres à ce genre, tandis qu’un récit peut apparaître dans plusieurs genres. À quel niveau s’appliquent les conventions de la consultation ?

Aux règles grammaticales qui organisent chaque phrase
Aux règles d’organisation propres au genre de discours
Aux règles transversales qui gouvernent le récit
Aux éléments potentiels relativement stables de la langue

Aux règles d’organisation propres au genre de discours

Explication

Les genres en vigueur dans un groupe social, comme la consultation médicale, sont régis par des règles d’organisation propres au genre. Les règles du récit traversent plusieurs genres, les règles grammaticales concernent la phrase, et les éléments stables relèvent de la langue.

5. Que désigne un acte de langage dans l’étude du discours ?

Une règle de grammaire qui organise les mots au sein d’une phrase
Une activité non verbale à laquelle la parole peut parfois faire référence
Une action accomplie par la parole, comme promettre ou interroger, qui vise à modifier une situation
Une représentation verbale du monde qui ne produit aucun effet sur autrui

Une action accomplie par la parole, comme promettre ou interroger, qui vise à modifier une situation

Explication

Un acte de langage est une action réalisée par l’énonciation, par exemple promettre ou interroger, et peut modifier une situation. La parole ne se limite donc pas à représenter le monde sans agir sur autrui.

6. Quelle distinction caractérise l’interactivité constitutive par rapport à la conversation ?

Elle suppose une autre instance d’énonciation, même en l’absence d’un destinataire actif.
Elle concerne les conversations où plusieurs personnes prennent successivement la parole.
Elle désigne la coordination des paroles selon les réactions immédiates de l’autre.
Elle exige que les interlocuteurs se répondent oralement au cours d’un échange.

Elle suppose une autre instance d’énonciation, même en l’absence d’un destinataire actif.

Explication

L’interactivité constitutive concerne toute énonciation, car le locuteur construit son discours par rapport à une autre instance, même si aucun destinataire n’est présent ou actif. La coordination des paroles selon les réactions immédiates décrit plutôt l’échange oral, qui est une manifestation de l’interactivité sans la définir entièrement.

7. Quel rôle le contexte joue-t-il dans l’interprétation d’un énoncé indexical ?

Il permet d’attribuer un sens complet aux expressions dont le référent dépend de la situation d’énonciation.
Il relie l’énoncé aux discours antérieurs qui contribuent à sa construction sociale.
Il précise l’attitude du locuteur envers le contenu et son destinataire.
Il détermine le genre de discours en fonction des conventions sociales mobilisées.

Il permet d’attribuer un sens complet aux expressions dont le référent dépend de la situation d’énonciation.

Explication

Le contexte permet de compléter le sens d’expressions comme « je », « hier » ou « là-bas », dont le référent varie selon la situation d’énonciation. Le genre de discours concerne des normes propres à des activités verbales, et non la résolution du référent de ces expressions.

8. À quel repère le sujet énonciateur rattache-t-il les coordonnées personnelles, temporelles et spatiales du discours ?

Au système « IL-AILLEURS-ENSUITE » qui décrit ces repérages
Au système « NOUS-ICI-TOUJOURS » qui généralise ces repérages
Au système « TU-LÀ-BAS-HIER » qui déplace ces repérages
Au système « JE-ICI-MAINTENANT » qui organise ces repérages

Au système « JE-ICI-MAINTENANT » qui organise ces repérages

Explication

Le sujet, représenté par « JE », constitue la source des repérages personnels, temporels et spatiaux associés à « JE-ICI-MAINTENANT ». « TU-LÀ-BAS-HIER » regroupe des formes déictiques possibles, mais ne désigne pas le système de repérage centré sur le sujet.

9. En quoi les normes propres aux genres de discours se distinguent-elles des maximes conversationnelles générales ?

Les normes de genre concernent l’adhésion du locuteur à ses propos, tandis que les maximes fixent les rôles respectifs du locuteur et de son destinataire.
Les normes de genre régissent la relation entre un discours et les discours antérieurs, tandis que les maximes organisent la conversion de la langue en discours.
Les normes de genre déterminent la vérité des énoncés, tandis que les maximes définissent les repères personnels, temporels et spatiaux du locuteur.
Les normes de genre créent des attentes liées à des activités discursives particulières, tandis que les maximes règlent notamment l’intelligibilité et l’adaptation des informations.

Les normes de genre créent des attentes liées à des activités discursives particulières, tandis que les maximes règlent notamment l’intelligibilité et l’adaptation des informations.

Explication

Les genres de discours regroupent des normes qui suscitent des attentes adaptées à des activités particulières, alors que les maximes conversationnelles concernent des principes tels que l’intelligibilité et l’adaptation de l’information. Les maximes ne définissent pas les repères personnels, temporels et spatiaux, qui relèvent de la prise en charge énonciative.

10. Comment le sens d’un discours se construit-il dans une perspective interdiscursive ?

En se reliant à d’autres discours et en se reconstruisant au sein de pratiques sociales déterminées
En résultant des seules intentions individuelles de la personne qui prend la parole
En restant contenu dans les mots, indépendamment des usages et des situations sociales
En découlant des règles grammaticales sans rapport avec les discours environnants

En se reliant à d’autres discours et en se reconstruisant au sein de pratiques sociales déterminées

Explication

Le sens se construit et se reconstruit dans des pratiques sociales, à travers les relations du discours avec d’autres discours. L’intention individuelle contribue à l’interprétation, mais elle ne suffit pas à expliquer cette construction sociale.

11. Pourquoi l’énonciation transforme-t-elle la langue en discours ?

Parce qu’un locuteur met individuellement le système de la langue en fonctionnement.
Parce que les genres sociaux remplacent les éléments du système linguistique.
Parce qu’un auditeur fixe les significations possibles des mots employés.
Parce que les règles grammaticales ajoutent des phrases au système de la langue.

Parce qu’un locuteur met individuellement le système de la langue en fonctionnement.

Explication

L’énonciation est l’acte individuel par lequel un locuteur mobilise la langue et la convertit en discours. L’auditeur peut contribuer à l’interprétation, mais il n’est pas l’agent de cette conversion.

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Selon L. GUESPIN (1971), comment le discours se distingue-t-il de l’énoncé ?

Il considère l’énoncé du point de vue du mécanisme discursif qui le conditionne.

Quelles structures le discours mobilise-t-il au-delà de la phrase ?

Des structures d’un ordre différent de celles de la phrase.

Selon BENVENISTE, 1970 : 12-13, qu’est-ce que l’énonciation ?

L’acte individuel par lequel un locuteur met en fonctionnement le système de la langue.

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