Fiche de révision : Notion et propriétés du discours

Plan du Cours

  1. Définitions et acceptions du discours
  2. Organisation au-delà de la phrase
  3. Discours comme forme d’action
  4. Interaction et co-énonciation
  5. Contextualisation et indexicalité
  6. Sujet et prise en charge énonciative
  7. Normes de l’activité verbale
  8. Interdiscours et construction sociale

1. Définitions et acceptions du discours

Notions clés & Définitions

  • Énonciation : BENVENISTE, 1970 : 12-13 - L’acte individuel par lequel un locuteur met en fonctionnement le système de la langue, autrement dit la conversion de la langue en discours.

★ À maîtriser

📌 Pour L. GUESPIN (1971 : 10), l’énoncé est une suite de phrases émises entre deux blancs sémantiques, tandis que le discours est l’énoncé considéré du point de vue du mécanisme discursif qui le conditionne.

📌 Benveniste (1966) oppose le discours, lieu de la créativité et de la contextualisation, à la langue, ensemble fini et relativement stable d’éléments potentiels.

  • Le discours est une unité linguistique de dimension supérieure à la phrase, considérée comme un message pris globalement, mais les chercheurs lui donnent des acceptions variables, parfois restreintes ou proches de « texte » et d’« énoncé ».

Compléments

  • Le terme « discours » désigne aussi un ensemble d’énoncés produits depuis une position sociale ou idéologique, comme une déclaration politique ou syndicale, ainsi qu’un type particulier d’énonciation comme la conversation.

Astuce mémo

L’énoncé est une suite délimitée ; le discours est l’énoncé envisagé selon son mécanisme discursif.

2. Organisation au-delà de la phrase

★ À maîtriser

  • Le discours mobilise des structures d’un ordre différent de celles de la phrase, même s’il ne se manifeste pas toujours par une suite de mots plus longue qu’une phrase.

  • Les règles de genre concernent notamment :

    • la consultation médicale
    • le talk-show
    • le roman
    • la thèse de doctorat

Compléments

  • Les règles transversales gouvernent notamment :

    • le récit
    • le dialogue
    • l’argumentation
    • l’explication
  • Un proverbe ou une interdiction comme « Ne pas fumer » constitue un discours complet, même si chacun ne comporte qu’une phrase unique.

3. Discours comme forme d’action

★ À maîtriser

  • Parler est une forme d’action sur autrui et ne consiste pas seulement à représenter le monde.

  • À partir des années 1960, J. L. Austin (1962), puis J. R. Searle (1969), développent la problématique des actes de langage, aussi appelés actes de parole ou actes de discours.

Compléments

  • La linguistique rejoint sur ce point la tradition rhétorique, qui souligne les pouvoirs de la parole.

  • Toute énonciation constitue un acte, par exemple promettre, suggérer, affirmer ou interroger, qui vise à modifier une situation.

  • Les actes élémentaires s’intègrent dans des genres de discours déterminés, qui correspondent à des activités socialement reconnues et mettent le discours en relation avec les activités non verbales.

4. Interaction et co-énonciation

Notions clés & Définitions

  • Interactivité constitutive : Le fait que toute énonciation suppose une autre instance d’énonciation par rapport à laquelle le locuteur construit son discours, même sans destinataire présent ou actif.

★ À maîtriser

📌 La conversation est un mode de manifestation de l’interactivité discursive, mais elle ne se confond pas avec l’interactivité constitutive, qui concerne toute énonciation.

Compléments

  • Dans l’échange oral, les interlocuteurs coordonnent leurs énonciations en fonction de l’attitude de l’autre et perçoivent immédiatement l’effet de leurs paroles.

  • Les termes « interactants », « co-locuteurs » et « co-énonciateurs » sont préférés à « destinataire » parce qu’ils évitent de présenter le destinataire comme passif.

Astuce mémo

La conversation manifeste l’interactivité ; elle ne l’épuise pas.

5. Contextualisation et indexicalité

Notions clés & Définitions

  • Indexicalité : L’incomplétude sémantique des expressions et des mots, qui doivent être rapportés à une situation d’énonciation particulière pour accéder à un sens complet.

★ À maîtriser

  • Le contexte n’est pas un simple cadre extérieur au discours : hors contexte, il est impossible d’assigner un sens à un énoncé.

Compléments

  • Les expressions « je », « tu », « hier » et « là-bas » n’ont de référent qu’à travers l’énonciation singulière où elles sont employées.

6. Sujet et prise en charge énonciative

★ À maîtriser

  • Le discours est rapporté à un sujet, un « JE », qui constitue la source des repérages personnels, temporels et spatiaux désignés par « JE-ICI-MAINTENANT ».

  • La modalisation indique l’attitude du sujet à l’égard de ce qu’il dit et de son destinataire.

Compléments

  • L’énonciateur est le responsable de l’énoncé « Il pleut » et se présente comme garant de sa vérité.

  • Le locuteur peut notamment : moduler son adhésion avec « Peut-être qu’il pleut », attribuer la responsabilité à autrui avec « Selon Paul il pleut », commenter sa parole avec « Franchement, il pleut »

7. Normes de l’activité verbale

★ À maîtriser

  • L’activité verbale est régie par des normes, comme tout comportement social.

  • Les maximes conversationnelles, lois du discours ou postulats de conversation incluent l’intelligibilité, l’absence de répétition et l’adaptation des informations à la situation.

Compléments

  • Une question suppose que le locuteur ignore la réponse, que celle-ci présente un intérêt pour lui et qu’il croit l’interlocuteur capable de la donner.

  • Les genres de discours constituent des ensembles de normes qui suscitent des attentes chez les participants à l’activité verbale.

8. Interdiscours et construction sociale

★ À maîtriser

  • Le discours ne prend sens qu’à l’intérieur d’un interdiscours, c’est-à-dire en relation avec d’autres discours sur lesquels il s’appuie de multiples manières.

  • Le sens n’est pas stable ni directement immanent à un énoncé : il se construit et se reconstruit dans des pratiques sociales déterminées.

Compléments

  • Comprendre un texte suppose de le mettre en relation avec d’autres textes du même genre, tandis qu’interpréter une intervention politique exige de considérer les discours concurrents, antérieurs et ceux qui circulent dans les médias.

  • La construction sociale du sens est accomplie par des individus inscrits dans des configurations sociales à divers niveaux.

Astuce mémo

Les pratiques sociales font et refont le sens.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Notion et propriétés du discours avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Dans l’approche de L. Guespin, deux personnes s’accordent sur la suite de phrases prononcées et ses limites sémantiques, mais l’une étudie les mécanismes discursifs qui la conditionnent. Que désigne cette seconde approche ?

2. Quelle opposition Benveniste établit-il entre le discours et la langue ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Notion et propriétés du discours avec 10 flashcards interactives.

Selon L. GUESPIN (1971), comment le discours se distingue-t-il de l’énoncé ?

Il considère l’énoncé du point de vue du mécanisme discursif qui le conditionne.

Quelles structures le discours mobilise-t-il au-delà de la phrase ?

Des structures d’un ordre différent de celles de la phrase.

Selon BENVENISTE, 1970 : 12-13, qu’est-ce que l’énonciation ?

L’acte individuel par lequel un locuteur met en fonctionnement le système de la langue.

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