QCM : Énonciation et modalisation (16 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans la distinction proposée par Benveniste, que désigne l’énonciation ?

La situation composée d’un locuteur, d’un destinataire, d’un temps et d’un lieu
La suite de signes qui constitue un discours sans acte de production
L’acte individuel qui met la langue en fonctionnement et produit un énoncé
La forme linguistique résultant d’un acte individuel de production

L’acte individuel qui met la langue en fonctionnement et produit un énoncé

Explication

L’énonciation est l’acte individuel d’utilisation de la langue qui produit un énoncé. La « forme résultante » désigne l’énoncé, la « situation » correspond aux paramètres de l’échange et la « suite de signes sans acte » efface le rôle de la production.

2. Une personne répète mot pour mot le même énoncé qu’un autre locuteur, mais à un autre moment et dans un autre lieu. Comment faut-il caractériser cette répétition ?

La répétition d’un énoncé dont la forme a nécessairement changé
La reprise d’un énoncé qui ne dépend plus d’une situation
La reproduction à l’identique du même acte d’énonciation
Un nouvel acte d’énonciation, car ses conditions ont changé

Un nouvel acte d’énonciation, car ses conditions ont changé

Explication

L’énonciation est un processus unique : même si les mots reproduisent la forme d’un énoncé, un changement de moment ou de lieu crée de nouvelles conditions d’énonciation. L’« acte reproduit à l’identique » confond forme et processus, tandis que la « forme nécessairement changée » et l’absence de situation ne découlent pas de ce principe.

3. Dans une phrase, un mot comme « ici » prend son sens en fonction de la situation où le locuteur parle. Quelle fonction caractérise cet élément ?

Nommer le destinataire sans contribuer à l’ancrage du discours
Constituer la forme résultant de l’acte individuel de production
Désigner un référent stable sans dépendre de la situation d’énonciation
Marquer l’acte individuel d’énonciation et convertir la langue en discours

Marquer l’acte individuel d’énonciation et convertir la langue en discours

Explication

Un embrayeur marque l’acte individuel d’énonciation et participe à la conversion de la langue en discours. Un « référent stable » ne rend pas compte de son ancrage situationnel, la « forme résultante » correspond à l’énoncé, et la désignation du destinataire ne définit pas à elle seule cette fonction.

4. Deux personnes différentes prononcent « je » dans des conversations distinctes. À qui le pronom renvoie-t-il dans chaque conversation ?

À la personne dont on parle en dehors de l’échange
Au locuteur qui l’emploie dans chaque conversation
Au destinataire auquel le locuteur s’adresse
À la même personne, quel que soit le locuteur

Au locuteur qui l’emploie dans chaque conversation

Explication

« Je » renvoie au locuteur qui l’emploie, et son référent varie donc avec chaque nouvel emploi par un locuteur différent. Le destinataire est désigné par « tu », la tierce personne se situe hors de l’interlocution, et un référent fixe méconnaît cette variation.

5. Dans un échange, une locutrice s’adresse à son interlocuteur et mentionne ensuite une collègue absente. Selon la distinction de Benveniste, quelles personnes grammaticales représentent ces rôles ?

Elle est une personne de l’interlocution et tu une non-personne
Tu et elle sont toutes deux des non-personnes
Tu est une personne de l’interlocution et elle une non-personne
Tu et elle sont toutes deux des personnes de l’interlocution

Tu est une personne de l’interlocution et elle une non-personne

Explication

Pour Benveniste, « je » et « tu » appartiennent à l’interlocution, tandis que « il » et « elle » désignent la non-personne, extérieure à ce champ. Classer « elle » dans l’interlocution confond personne évoquée et interlocuteur, et les deux autres combinaisons méclassent l’un ou les deux pronoms.

6. En parlant, Lina pointe vers un banc situé près d’elle et dit : « Le sac est là. » Comment « là » repère-t-il le lieu ?

Depuis la position de son destinataire, indépendamment de Lina
Depuis la position de Lina au moment où elle parle
Depuis un lieu mentionné auparavant dans le discours
Depuis un lieu défini par le temps de l’événement

Depuis la position de Lina au moment où elle parle

Explication

Un déictique spatial situe un lieu ou un élément à partir de la position du locuteur au moment de l’énonciation, parfois précisée par un geste ou un regard. Le repère textuel relève du cotexte, et la position du destinataire ne remplace pas celle de Lina comme origine du repérage.

7. Dans « J’ai choisi la robe rouge plutôt que celle que tu avais proposée », le démonstratif « celle » reprend un élément déjà évoqué dans les mots de l’échange. Quel type de renvoi effectue-t-il ?

Une désignation spatiale nécessairement accompagnée d’un geste
Un repérage depuis la position du locuteur dans l’espace
Un renvoi à un objet perceptible dans la situation
Un renvoi au cotexte, et non un déictique spatial

Un renvoi au cotexte, et non un déictique spatial

Explication

Un démonstratif qui reprend des unités linguistiques environnantes renvoie au cotexte et n’est pas un déictique spatial. Un objet perceptible désigné dans la situation relèverait du repérage spatial; un démonstratif ne signale pas à lui seul un geste.

8. Une journaliste dit « Le train arrivera demain » le 6 juin, puis répète la même phrase le 9 juin. Pourquoi « demain » ne désigne-t-il pas la même date dans les deux cas ?

Sa référence est calculée à partir d’une date mentionnée dans le texte
Sa référence désigne le jour précédant chaque prise de parole
Sa référence est calculée à partir du moment où la journaliste parle
Sa référence reste attachée à une date fixe, quel que soit le jour où elle parle

Sa référence est calculée à partir du moment où la journaliste parle

Explication

Un déictique temporel situe l’événement par rapport au moment d’énonciation; « demain » change donc de référence avec la date à laquelle la journaliste parle. Un repère textuel mentionné auparavant produirait un repérage anaphorique, et « demain » marque la postériorité, non l’antériorité.

9. Un récit indique : « Le 12 mai, Nora a passé un entretien. Le lendemain, elle a reçu une réponse. » À quel repère se rattache « le lendemain » ?

Au 12 mai mentionné dans le récit
Au jour où le narrateur prononce ou écrit la phrase
À un moment simultané à l’entretien
À la date actuelle du lecteur

Au 12 mai mentionné dans le récit

Explication

« Le lendemain » exprime une postériorité par rapport au repère textuel fourni ici par le 12 mai, et non par rapport au moment où le récit est produit. La simultanéité correspondrait à une expression comme « ce jour-là »; le présent du narrateur ou du lecteur n’est pas le repère de cette expression anaphorique.

10. Dans « Je le verrai tout à l’heure », quel rapport temporel « tout à l’heure » exprime-t-il ?

Un moment futur par rapport à celui où l’on parle
Un moment passé par rapport à celui où l’on parle
Un moment antérieur à un repère mentionné dans le récit
Un moment qui coïncide avec celui où l’on parle

Un moment futur par rapport à celui où l’on parle

Explication

« Tout à l’heure » peut renvoyer au futur ou au passé selon le temps du verbe; avec « je le verrai », il indique un moment futur. Le passé conviendrait à « je l’ai vu tout à l’heure », tandis que « maintenant » marque la simultanéité.

11. Dans l’analyse d’une phrase, un étudiant distingue le fait évoqué de la position du locuteur envers ce fait. Selon la distinction de C. Bally, à quoi correspond le modus ?

À la relation entre le locuteur et son destinataire
À la forme interrogative ou assertive de l’énoncé
À la position du locuteur par rapport à la réalité du contenu
Au contenu représenté par l’énoncé

À la position du locuteur par rapport à la réalité du contenu

Explication

Chez C. Bally, le dictum est ce qui est dit, tandis que le modus exprime la position du locuteur envers la réalité de ce contenu. Le « contenu représenté » confond modus et dictum, la « relation au destinataire » relève des modalités d’énonciation, et la « forme interrogative ou assertive » décrit un type de phrase.

12. Une personne dit « Je viendrai demain » sans ajouter d’expression comme « sans doute ». Comment la modalité est-elle exprimée dans cet énoncé ?

Elle est exprimée par une phrase interrogative
Elle est incorporée au dictum par le futur
Elle est explicite grâce à une locution de certitude
Elle est exprimée par un verbe de croyance

Elle est incorporée au dictum par le futur

Explication

Dans « Je viendrai demain », le futur incorpore la modalité au dictum en présentant le procès sous l’angle de la probabilité. Une locution de certitude comme « sans doute » serait un marqueur explicite, une interrogation relève du type de phrase, et aucun verbe de croyance n’apparaît ici.

13. Dans une interaction, quelle relation les modalités d’énonciation permettent-elles de caractériser ?

L’attitude du sujet parlant dans sa relation à l’allocutaire
Le degré de certitude attribué au contenu
La localisation temporelle du procès décrit
La position du locuteur envers la réalité du contenu énoncé

L’attitude du sujet parlant dans sa relation à l’allocutaire

Explication

Les modalités d’énonciation marquent l’attitude du sujet parlant dans sa relation à l’allocutaire. La position envers la réalité du contenu relève du modus, tandis que la temporalité et le degré de certitude concernent l’expression du contenu ou sa modalisation.

14. Un locuteur s’adresse à son interlocuteur pour lui demander de fermer la fenêtre. Quel type de phrase correspond à cette modalité d’énonciation ?

Une phrase interrogative
Une phrase injonctive
Une phrase assertive
Une phrase exclamative

Une phrase injonctive

Explication

Une demande adressée à l’interlocuteur correspond à une phrase injonctive, qui sert à exprimer une consigne ou une demande. La phrase interrogative pose une question, l’assertive présente un contenu, et l’exclamative marque une réaction expressive.

15. Dans « Il est possible que le train soit en retard », que marquent les modalités d’énoncé ?

La localisation du contenu dans le passé ou le futur
L’attitude du locuteur dans sa relation avec l’interlocuteur
La forme de phrase choisie pour s’adresser à l’interlocuteur
L’attitude du locuteur envers le contenu de l’énoncé

L’attitude du locuteur envers le contenu de l’énoncé

Explication

Les modalités d’énoncé indiquent l’attitude du sujet parlant vis-à-vis du contenu et la manière dont il le situe. La relation à l’interlocuteur relève des modalités d’énonciation, tandis que le type de phrase et le repère temporel sont d’autres notions.

16. Quelle série réunit les cinq catégories de modalités logiques ?

Assertives, interrogatives, exclamatives, injonctives et épistémiques
Aléthiques, temporelles, déontiques, appréciatives et objectives
Aléthiques, temporelles, déontiques, bouliques et épistémiques
Aléthiques, déictiques, déontiques, bouliques et appréciatives

Aléthiques, temporelles, déontiques, bouliques et épistémiques

Explication

Les cinq catégories logiques sont les modalités aléthiques, temporelles, déontiques, bouliques et épistémiques. Les catégories assertive, interrogative, exclamative et injonctive désignent des types de phrases, et les appréciatives ne font pas partie de cette série.

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Qui définit l’énonciation comme la mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel ?

Émile BENVENISTE.

Qu’est-ce que l’énonciation ?

La mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d’utilisation, qui produit un énoncé.

Qu’est-ce qu’un énoncé ?

La forme qui résulte d’un acte d’énonciation.

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