QCM : Crise de l’Ancien Régime et Révolution (68 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans la société française du XVIIIe siècle, comment les trois ordres sont-ils organisés ?

En groupes hiérarchisés et inégaux, associés à prier, combattre et travailler
En groupes hiérarchisés, distingués par leur accès à la vie politique
En groupes de richesse croissante, associés à produire, commercer et gouverner
En groupes égaux, distingués par leur lieu de résidence et leur fortune

En groupes hiérarchisés et inégaux, associés à prier, combattre et travailler

Explication

Les trois ordres sont hiérarchisés et inégaux, et correspondent aux fonctions de prier, combattre et travailler. La fortune, le lieu de résidence ou l’accès politique ne définissent pas cette organisation tripartite.

2. Qu’est-ce qui définit un ordre social sous l’Ancien Régime ?

Un groupe défini par la naissance de ses membres et leur fonction religieuse
Un groupe défini par le métier de ses membres et leur accès aux charges royales
Un groupe défini par la fortune de ses membres et leur lieu de résidence
Un groupe défini par la fonction de ses membres et le droit qui leur est applicable

Un groupe défini par la fonction de ses membres et le droit qui leur est applicable

Explication

Un ordre social se caractérise à la fois par la fonction de ses membres et par le droit qui leur est applicable. La fortune, la résidence ou la naissance, prises seules, ne suffisent pas à le définir.

3. Quels sont les trois ordres de l’Ancien Régime, dans leur ordre hiérarchique ?

La monarchie, le clergé et la noblesse composée des roturiers
Le clergé, la noblesse et le Tiers-État composé des roturiers
Le clergé, le Tiers-État composé des roturiers et la noblesse
Ceux qui prient, ceux qui travaillent et ceux qui combattent

Le clergé, la noblesse et le Tiers-État composé des roturiers

Explication

Les trois ordres sont le clergé, la noblesse puis le Tiers-État, qui regroupe les roturiers. Placer le Tiers-État avant la noblesse inverse leur hiérarchie, tandis que la monarchie n’est pas un ordre.

4. Un artisan urbain et un paysan sont tous deux roturiers, mais l’un possède une fortune importante. Quelle conclusion correspond à la place du Tiers-État ?

Ils relèvent du Tiers-État, qui représente environ 98 % de la population et rassemble des situations diverses
L’artisan quitte le Tiers-État en raison de sa fortune, tandis que le paysan y demeure
Ils relèvent tous deux du Tiers-État, qui représente environ 2 % de la population et rassemble des situations diverses
Ils appartiennent à des ordres différents, car leurs professions et leurs fortunes diffèrent

Ils relèvent du Tiers-État, qui représente environ 98 % de la population et rassemble des situations diverses

Explication

Le Tiers-État représente environ 98 % de la population et rassemble des personnes très diverses par leur profession et leur fortune. Être roturier ne signifie pas être pauvre; des différences de profession ou de richesse ne changent pas l’ordre d’appartenance.

5. Dans une société où chaque ordre relève de lois particulières, que désignent les privilèges ?

Des lois communes à tous les groupes sociaux, qui garantissent l’égalité civile
Des lois particulières à un groupe social, qui expriment l’inégalité civile
Des différences de fortune entre les groupes, indépendantes du droit applicable
Des exemptions fiscales accordées aux groupes, sans différence de statut juridique

Des lois particulières à un groupe social, qui expriment l’inégalité civile

Explication

Les privilèges sont des lois particulières à un groupe social et manifestent l’inégalité civile de l’Ancien Régime. Ils ne se limitent pas aux exemptions fiscales et ne signifient pas que la loi est identique pour tous.

6. Un historien distingue une famille associée au métier des armes d’une famille issue d’une charge administrative anoblissante. Comment classe-t-il ces deux familles ?

La première relève de la noblesse d’épée et la seconde de la noblesse de robe
La première relève du clergé et la seconde de la noblesse de robe
La première relève de la noblesse d’épée et la seconde du Tiers-État
La première relève de la noblesse de robe et la seconde de la noblesse d’épée

La première relève de la noblesse d’épée et la seconde de la noblesse de robe

Explication

La noblesse d’épée est associée aux armes, tandis que la noblesse de robe est notamment issue de charges administratives anoblissantes. Inverser ces catégories est l’erreur centrale; une charge administrative n’est pas une fonction ecclésiastique.

7. Un noble dispose de faibles revenus, tandis qu’un roturier a fait fortune. Quelle conclusion respecte la distinction entre statut et richesse ?

Le noble devient roturier s’il est pauvre et le roturier devient noble s’il est riche
Le noble et le roturier relèvent du même statut dès que leurs fortunes se rapprochent
Le noble peut être pauvre et le roturier riche, car statut et fortune ne se confondent pas
Le noble doit être riche et le roturier pauvre, car le statut détermine la fortune

Le noble peut être pauvre et le roturier riche, car statut et fortune ne se confondent pas

Explication

La noblesse ne signifie pas nécessairement richesse, et le statut de roturier ne signifie pas nécessairement pauvreté. Confondre noblesse et richesse ou roture et pauvreté transforme à tort le statut juridique en niveau de fortune.

8. Le roi cesse de créer des offices, et les charges existantes deviennent patrimoniales. Quel effet cela a-t-il sur l’accès à la noblesse par l’achat d’une charge anoblissante ?

L’accès à la noblesse par l’achat d’une charge devient indépendant du marché des offices
Les possibilités d’accéder à la noblesse par l’achat d’une charge augmentent
Les possibilités d’accéder à la noblesse par l’achat d’une charge diminuent
La transmission de la noblesse par naissance est remplacée par l’achat d’une charge

Les possibilités d’accéder à la noblesse par l’achat d’une charge diminuent

Explication

La fermeture du marché des offices et la patrimonialisation des charges réduisent les possibilités d’acheter une charge anoblissante. La création accrue d’offices ou un accès élargi aurait l’effet inverse; l’achat d’une charge ne remplace pas la transmission par naissance.

9. Un conseiller affirme que, dans une monarchie absolue, le roi gouverne avec une autorité qui ne partage pas la souveraineté et ne dépend d’aucune autorité supérieure. Quelle conception du pouvoir décrit-il ?

La délégation de la souveraineté à une assemblée représentative
La concentration de la souveraineté entre les mains du roi
La soumission de la souveraineté royale à une autorité supérieure
Le partage de la souveraineté entre le roi et les parlements

La concentration de la souveraineté entre les mains du roi

Explication

La monarchie absolue concentre entre les mains du roi l’ensemble des pouvoirs de gouvernement, sans partage ni autorité supérieure. Le partage avec les parlements confond les pouvoirs, la soumission à une autorité supérieure inverse le principe, et la délégation à une assemblée relève d’un autre régime.

10. À la mort d’un roi, son fils aîné et une fille du roi sont les seuls héritiers directs; quel principe des Lois fondamentales détermine la succession ?

La Couronne revient au candidat désigné par le roi régnant
La Couronne revient au fils aîné selon l’aînesse masculine
La Couronne revient au parent collatéral le plus proche
La Couronne revient à la fille aînée selon l’aînesse de naissance

La Couronne revient au fils aîné selon l’aînesse masculine

Explication

Les Lois fondamentales imposent l’aînesse masculine et excluent les femmes de la succession. La priorité à une fille méconnaît cette exclusion, le choix personnel du roi ignore les règles successorales et la succession collatérale ne s’applique pas lorsqu’un héritier direct admissible existe.

11. Quelle était la fonction institutionnelle des parlements sous la monarchie française ?

Des juridictions locales chargées principalement de juger les affaires de première instance
Des conseils royaux chargés de conseiller le roi et de rédiger ses ordonnances
Des cours de justice chargées de la justice supérieure et de l’enregistrement des ordonnances
Des assemblées élues chargées de voter les lois et de contrôler le gouvernement

Des cours de justice chargées de la justice supérieure et de l’enregistrement des ordonnances

Explication

Les parlements étaient des cours de justice qui rendaient la justice supérieure et enregistraient les ordonnances royales. Les assemblées législatives élues les confondent avec des organes représentatifs, les conseils royaux avec des organes consultatifs, et les juridictions locales avec des tribunaux de niveau inférieur.

12. Un parlement refuse d’enregistrer une ordonnance et présente des remontrances; le roi veut malgré tout imposer son enregistrement. Quel moyen peut-il employer ?

Laisser le refus d’enregistrement annuler définitivement l’ordonnance
Tenir un lit de justice pour imposer l’enregistrement
Présenter de nouvelles remontrances pour imposer l’enregistrement
Demander au parlement d’imposer lui-même l’enregistrement royal

Tenir un lit de justice pour imposer l’enregistrement

Explication

Après un refus d’enregistrement et des remontrances, le roi peut tenir un lit de justice afin d’imposer l’enregistrement de l’ordonnance. Les remontrances sont l’expression de l’opposition parlementaire, le refus retarde l’application sans annuler définitivement le texte, et le parlement ne dispose pas du pouvoir royal d’imposer l’enregistrement.

13. Sous Louis XV, le chancelier René-Nicolas de Maupeou conduit une réforme entre 1770 et 1774; quel objectif politique poursuit-elle ?

Briser le pouvoir des parlements
Résorber le déficit par une réforme fiscale
Rétablir le Parlement de Paris
Convoquer les États généraux

Briser le pouvoir des parlements

Explication

La réforme Maupeou, conduite sous Louis XV, vise à briser le pouvoir des parlements. Le rétablissement du Parlement de Paris est la décision ultérieure de Louis XVI, tandis que la résorption du déficit et la convocation des États généraux ne sont pas l’objectif de cette réforme judiciaire.

14. En 1774, Louis XVI annule la réforme Maupeou et rétablit le Parlement de Paris; quelle conséquence politique en découle ?

L’opposition parlementaire reprend et la défense des privilèges se renforce
L’opposition parlementaire disparaît et les privilèges sont abandonnés
La crise fiscale se résout et les conflits politiques s’apaisent
Les réformes royales se renforcent et le Parlement soutient leur application

L’opposition parlementaire reprend et la défense des privilèges se renforce

Explication

Le rétablissement du Parlement de Paris entraîne la reprise de l’opposition parlementaire et de la défense des privilèges. La disparition de l’opposition inverse cette conséquence, le soutien aux réformes ne correspond pas au retour des résistances, et la décision ne règle pas la crise fiscale.

15. Entre 1774 et 1788, cinq ministres des finances se succèdent, mais aucune réforme décisive n’est adoptée; quel diagnostic décrit le mieux la situation ?

Le déficit persiste et le système fiscal reste inefficace
Le déficit disparaît malgré un système fiscal resté inefficace
Le déficit persiste malgré un système fiscal devenu efficace
Le déficit disparaît et le système fiscal devient efficace

Le déficit persiste et le système fiscal reste inefficace

Explication

Malgré le remplacement de cinq ministres des finances, aucune réforme décisive n’intervient et le déficit comme l’inefficacité fiscale persistent. La succession des ministres ne prouve pas une réforme efficace; la disparition du déficit et l’amélioration du système contredisent le constat établi.

16. Lorsqu’ils sont convoqués en période de crise, quels représentants composent les États généraux et quelles sont deux de leurs fonctions ?

Des députés du clergé, des ministres et de la noblesse, pour nommer le roi et fixer les privilèges
Des députés du clergé, de la noblesse et du Tiers-État, pour consentir à de nouveaux impôts et présenter des doléances
Des députés du clergé, des parlements et du Tiers-État, pour voter les lois et juger les litiges
Des députés des provinces, de la noblesse et du Tiers-État, pour lever les armées et choisir les ministres

Des députés du clergé, de la noblesse et du Tiers-État, pour consentir à de nouveaux impôts et présenter des doléances

Explication

Les États généraux réunissent les représentants des trois ordres — clergé, noblesse et Tiers-État — notamment pour consentir à de nouveaux impôts et présenter des doléances. Les parlements ne remplacent pas un ordre, les ministres ne représentent pas le clergé, et les fonctions de nomination du roi ou de commandement militaire ne sont pas celles décrites.

17. Le 17 juin 1789, les députés du Tiers-État veulent affirmer que la représentation politique de la Nation ne dépend plus de l’organisation en ordres. Quelle décision prennent-ils ?

Ils se proclament Assemblée nationale constituante.
Ils ordonnent la réunion des trois ordres.
Ils se proclament Assemblée nationale.
Ils jurent de ne pas se séparer avant d’avoir rédigé une constitution.

Ils se proclament Assemblée nationale.

Explication

En se proclamant Assemblée nationale le 17 juin, le Tiers-État affirme que la représentation de la Nation ne dépend plus des ordres. Le serment constitutionnel relève du 20 juin, la proclamation constituante du 9 juillet et la réunion des ordres d’un ordre royal du 27 juin.

18. Le 20 juin 1789, des députés veulent maintenir leur assemblée jusqu’à ce qu’une constitution soit donnée à la France. Quel engagement prennent-ils ?

Ils se déclarent chargés d’élaborer une nouvelle organisation des pouvoirs.
Ils acceptent la réunion des trois ordres décidée par le roi.
Ils jurent de ne pas se séparer avant d’avoir donné une constitution à la France.
Ils proclament que la représentation nationale ne dépend plus des ordres.

Ils jurent de ne pas se séparer avant d’avoir donné une constitution à la France.

Explication

Le serment du Jeu de Paume engage les députés à ne pas se séparer avant d’avoir donné une constitution à la France. La représentation indépendante des ordres est affirmée le 17 juin, la réunion des ordres est ordonnée par le roi et la proclamation constituante intervient le 9 juillet.

19. Le 9 juillet 1789, une assemblée veut se donner explicitement pour mission d’élaborer une nouvelle organisation des pouvoirs. Quel titre adopte-t-elle ?

Assemblée des trois ordres.
Assemblée nationale.
Assemblée nationale constituante.
États généraux réunis.

Assemblée nationale constituante.

Explication

Le 9 juillet, l’Assemblée nationale se proclame Assemblée nationale constituante afin d’élaborer une nouvelle organisation des pouvoirs. « Assemblée nationale » correspond à la proclamation du 17 juin, tandis que les États généraux et la réunion des trois ordres ne désignent pas cette nouvelle étape constituante.

20. Le 14 juillet 1789, une foule s’empare d’un lieu qui est à la fois un dépôt de munitions et une prison royale, devenu symbole de l’absolutisme et des arrestations arbitraires. Quel lieu prend-elle ?

La Bastille.
L’Assemblée nationale constituante.
Les États généraux.
La salle du Jeu de Paume.

La Bastille.

Explication

La Bastille est prise le 14 juillet ; elle est à la fois une prison royale, un dépôt de munitions et un symbole de l’absolutisme et des arrestations arbitraires. Le Jeu de Paume est associé au serment des députés, tandis que les États généraux et l’Assemblée constituante sont des institutions politiques.

21. Une assemblée révolutionnaire adopte, le 26 août 1789, un texte destiné à introduire la future Constitution. De quel texte s’agit-il ?

Du serment du Jeu de Paume.
De la proclamation de l’Assemblée nationale.
De la Constitution française définitive.
De la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

De la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

Explication

Adoptée le 26 août 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen est conçue comme le préambule de la future Constitution, et non comme la Constitution elle-même. Le serment du Jeu de Paume et la proclamation de l’Assemblée nationale sont des événements distincts, tandis que la prise de la Bastille a lieu le 14 juillet.

22. Quelle structure décrit correctement la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ?

Un texte de 17 articles sans préambule.
Trois préambules suivis de 17 articles.
Un préambule suivi de 16 articles.
Un préambule suivi de 17 articles.

Un préambule suivi de 17 articles.

Explication

La Déclaration comprend un préambule et 17 articles, consacrés notamment aux principes politiques et aux droits naturels. Le nombre trois renvoie aux ordres de la société, et non aux préambules ; les autres descriptions modifient le nombre d’articles ou omettent le préambule.

23. Une institution affirme que les droits humains découlent de la nature humaine, ne peuvent être retirés et possèdent une valeur sacrée, valable au-delà d’une société particulière. Quelle conception de ces droits correspond à la Déclaration ?

Des droits nationaux, temporaires et définis selon chaque société.
Des privilèges héréditaires, protégés par le rang social.
Des droits naturels, inaliénables, sacrés et de portée universelle.
Des droits accordés par l’État, révocables et propres à chaque régime.

Des droits naturels, inaliénables, sacrés et de portée universelle.

Explication

La Déclaration présente les droits de l’homme comme naturels, inaliénables et sacrés, avec une portée universelle et durable. Les droits révocables par l’État, limités à une nation ou attachés à un rang social contredisent cette conception.

24. Dans un débat politique, une personne demande où l’article 3 situe le principe de toute souveraineté. Quelle réponse reprend cet article ?

Essentiellement dans le roi.
Essentiellement dans la Nation.
Essentiellement dans les ordres privilégiés.
Essentiellement dans l’Assemblée constituante.

Essentiellement dans la Nation.

Explication

L’article 3 affirme que le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. L’attribuer au roi, aux ordres privilégiés ou à l’Assemblée constituante confond la source de la souveraineté avec des autorités ou des groupes politiques.

25. Une personne envisage une action qui limite sa propre liberté, mais ne porte atteinte aux droits de personne d’autre. Quel principe de l’article 4 s’applique ?

Elle ne peut agir que si son action profite à la collectivité.
Elle peut agir seulement si personne ne désapprouve son choix.
Elle ne peut agir que si l’État l’y autorise.
Elle peut agir, car l’action ne nuit pas à autrui.

Elle peut agir, car l’action ne nuit pas à autrui.

Explication

L’article 4 définit la liberté comme la possibilité de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. L’autorisation de l’État ajoute une condition absente de ce principe, le désaccord ne constitue pas en soi une nuisance, et l’utilité collective n’est pas le critère énoncé.

26. Une association revendique une liberté de regroupement au nom de la conception de la liberté retenue dans la Déclaration. Quelle difficulté rencontre-t-elle ?

Cette conception réserve la liberté individuelle aux seuls citoyens actifs.
Cette conception reconnaît les libertés individuelles, mais pas les libertés collectives.
Cette conception reconnaît les associations dès lors qu’elles participent à la loi.
Cette conception reconnaît le regroupement à condition qu’il garantisse l’égalité sociale.

Cette conception reconnaît les libertés individuelles, mais pas les libertés collectives.

Explication

La conception individualiste reconnaît les libertés individuelles, mais ne reconnaît pas les libertés collectives, comme la liberté d’association. La formation de la loi relève d’un autre principe, l’égalité sociale n’est pas la condition du regroupement, et la distinction entre citoyens actifs et passifs concerne les droits politiques.

27. Un citoyen est arrêté sans que la loi ait déterminé le cas ni les formes de cette arrestation. Quelle protection de l’article 7 est mise en jeu ?

L’obligation d’obéir à tout ordre d’arrestation reçu par un citoyen.
La règle exigeant une peine nécessaire et une loi antérieure au délit.
La protection contre les accusations, arrestations et détentions arbitraires.
La présomption d’innocence jusqu’à la déclaration de culpabilité.

La protection contre les accusations, arrestations et détentions arbitraires.

Explication

L’article 7 protège contre les accusations, arrestations et détentions arbitraires en exigeant que les cas et les formes soient déterminés par la loi. La peine nécessaire et la loi antérieure relèvent de l’article 8, tandis que la présomption d’innocence relève de l’article 9; l’obéissance ne rend pas légal un ordre arbitraire.

28. Un tribunal envisage une peine que la loi a créée après la commission du délit. Quelle règle de l’article 8 doit-il appliquer ?

La peine est valable si les formes d’arrestation étaient déterminées par la loi.
La peine est valable dès que la culpabilité a été déclarée par le tribunal.
La peine doit être prévue par une loi promulguée après le délit.
La peine doit être nécessaire et prévue par une loi antérieure au délit.

La peine doit être nécessaire et prévue par une loi antérieure au délit.

Explication

L’article 8 exige des peines nécessaires et interdit de punir en vertu d’une loi qui n’était pas établie et promulguée avant le délit. Les formes d’arrestation relèvent de l’article 7, la déclaration de culpabilité ne remplace pas la légalité préalable, et une loi postérieure ne satisfait pas à l’exigence d’antériorité.

29. Quel principe l’article premier affirme-t-il à propos des hommes ?

Ils disposent tous du droit de participer personnellement à chaque loi.
Ils naissent avec des conditions sociales et économiques égales.
Ils naissent et demeurent libres et égaux en droits.
Ils accèdent aux emplois publics sans distinction de fonction.

Ils naissent et demeurent libres et égaux en droits.

Explication

L’article premier affirme que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. L’égalité en droits ne garantit pas l’égalité matérielle; le concours à la formation de la loi est énoncé à l’article 6, et l’accès aux emplois publics constitue un aspect de l’égalité civile.

30. Une administration applique la même loi aux citoyens, mais leurs revenus et leurs conditions de vie restent différents. Quelle conclusion correspond à l’égalité civile ?

L’égalité civile concerne l’accès aux emplois publics, mais pas l’application de la loi.
L’égalité civile signifie que tous les citoyens participent directement à chaque loi.
L’égalité civile peut être respectée sans égalité sociale et économique.
L’égalité civile exige que les conditions sociales et économiques soient identiques.

L’égalité civile peut être respectée sans égalité sociale et économique.

Explication

L’égalité civile signifie l’égalité devant la loi et comprend notamment l’égalité devant l’impôt et l’accès aux emplois publics; elle n’implique pas l’égalité sociale et économique. La participation à la formation de la loi relève de l’égalité politique, et l’égalité civile ne se limite pas à l’impôt.

31. Lors d’un débat sur une nouvelle loi, une citoyenne souhaite contribuer à sa formation sans la rédiger elle-même. Quel droit l’article 6 lui reconnaît-il ?

Concourir à la formation de la loi uniquement en personne.
Obtenir une égalité des conditions sociales grâce à la loi.
Accéder à un emploi public chargé de rédiger la loi.
Concourir à la formation de la loi par ses représentants.

Concourir à la formation de la loi par ses représentants.

Explication

L’article 6 reconnaît aux citoyens le droit de concourir à la formation de la loi personnellement ou par leurs représentants. L’accès aux emplois publics est un aspect de l’égalité civile, l’égalité matérielle n’est pas affirmée, et la participation peut aussi s’exercer par représentation.

32. Dans une constitution qui distingue deux catégories de citoyens, une personne possède des droits civils, mais ne participe pas à la vie politique. À quelle catégorie appartient-elle ?

Aux citoyens passifs.
Aux représentants élus.
Aux citoyens actifs.
Aux titulaires d’emplois publics.

Aux citoyens passifs.

Explication

Les citoyens passifs disposent de droits civils, mais pas de droits politiques; les citoyens actifs participent à la vie politique. Les représentants élus et les titulaires d’emplois publics ne constituent pas les deux catégories de cette distinction.

33. Quel texte, voté le 12 juillet 1790 dans un contexte de crise financière, réorganise l’Église de France ?

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen
La Constitution de 1791
La vente des biens nationaux
La Constitution civile du clergé

La Constitution civile du clergé

Explication

La Constitution civile du clergé, votée le 12 juillet 1790, réorganise l’Église de France dans un contexte de difficultés financières. La Déclaration des droits concerne les droits et principes politiques, la Constitution de 1791 organise le nouveau régime et la vente des biens est une mesure financière distincte.

34. Pour réduire son déficit tout en facilitant l’accès à la propriété, l’État met en vente des biens du clergé divisés en petits lots. Quel est le double objectif de cette mesure ?

Réserver les biens aux propriétaires et renforcer les privilèges
Rémunérer le clergé et maintenir ses privilèges fiscaux
Procurer des recettes à l’État et élargir l’accès à la propriété
Financer les élections et accroître le pouvoir des évêques

Procurer des recettes à l’État et élargir l’accès à la propriété

Explication

La nationalisation puis la vente des biens du clergé apportent des recettes à l’État et favorisent l’accès à la propriété grâce au morcellement en petits lots. La rémunération du clergé relève du financement public du culte, tandis que le maintien des privilèges et le financement des élections ne sont pas les objectifs de ces ventes.

35. Dans une paroisse réorganisée par la Constitution civile du clergé, comment le curé est-il choisi et pris en charge ?

Nommé par le pape, rémunéré par les fidèles et logé par la paroisse
Nommé par le roi, rémunéré par l’État et logé par les fidèles
Élu par les citoyens, rémunéré par l’État et logé par celui-ci
Élu par les citoyens, rémunéré par la paroisse et propriétaire de son logement

Élu par les citoyens, rémunéré par l’État et logé par celui-ci

Explication

La Constitution civile du clergé prévoit que les curés sont élus par les citoyens, rémunérés par l’État et logés par celui-ci. La nomination papale ou royale et la prise en charge par les fidèles ne correspondent pas à ce statut.

36. Deux prêtres réagissent différemment au serment civique : l’un le prête et l’autre le refuse. Quelle situation distingue correctement les prêtres jureurs des prêtres réfractaires ?

Les réfractaires célèbrent officiellement et sont rémunérés ; les jureurs célèbrent clandestinement sans revenus
Les jureurs célèbrent officiellement et sont rémunérés ; les réfractaires célèbrent clandestinement sans revenus
Les réfractaires célèbrent clandestinement avec une rémunération ; les jureurs célèbrent officiellement sans revenus
Les jureurs célèbrent officiellement sans revenus ; les réfractaires célèbrent clandestinement avec une rémunération

Les jureurs célèbrent officiellement et sont rémunérés ; les réfractaires célèbrent clandestinement sans revenus

Explication

Les prêtres jureurs acceptent le serment, célèbrent officiellement et reçoivent une rémunération de l’État ; les réfractaires refusent le serment et exercent clandestinement sans revenus. L’inversion des statuts, l’absence de rémunération des jureurs ou le paiement des réfractaires contredisent cette distinction.

37. Quelle forme de régime la Constitution du 3 septembre 1791 établit-elle en France ?

La première monarchie constitutionnelle française
La monarchie absolue française
La première République française
La monarchie constitutionnelle instaurée en 1790

La première monarchie constitutionnelle française

Explication

La Constitution du 3 septembre 1791 établit la première monarchie constitutionnelle française. Elle ne rétablit pas la monarchie absolue et ne fonde pas une république ; l’année 1790 correspond à la Constitution civile du clergé.

38. Dans le principe de souveraineté nationale de 1791, quelle entité est le siège de la souveraineté ?

Le peuple, entité abstraite, supérieure, indivisible et perpétuelle
L’assemblée législative, entité abstraite, supérieure, indivisible et perpétuelle
La Nation, entité abstraite, supérieure, indivisible et perpétuelle
Le roi, entité abstraite, supérieure, indivisible et perpétuelle

La Nation, entité abstraite, supérieure, indivisible et perpétuelle

Explication

La souveraineté nationale fait de la Nation, entité abstraite, supérieure, indivisible et perpétuelle, le siège de la souveraineté. Le peuple est une notion distincte, tandis que l’assemblée et le roi exercent des pouvoirs délégués.

39. Une institution prétend exercer un pouvoir politique sans le tenir d’une délégation de la Nation. Que prévoit la Constitution de 1791 quant à l’exercice des pouvoirs ?

Ils sont exercés directement par la Nation, sans délégation à des organes
Ils sont exercés par délégation à l’assemblée législative, au roi et aux juges
Ils sont exercés par le roi, qui les détient indépendamment de la Nation
Ils sont délégués à l’assemblée législative, qui réunit tous les pouvoirs

Ils sont exercés par délégation à l’assemblée législative, au roi et aux juges

Explication

La Constitution dispose que la Nation ne peut exercer ses pouvoirs que par délégation à une assemblée législative, au roi et aux juges. L’exercice direct sans délégation, la concentration des pouvoirs dans l’assemblée ou un pouvoir royal indépendant contredisent ce principe.

40. Lors d’un scrutin à deux degrés, les citoyens actifs ne choisissent pas directement les représentants. Quelle est l’étape intermédiaire prévue ?

Ils élisent directement les représentants, qui désignent ensuite les électeurs
Ils élisent des électeurs du second degré, qui choisissent ensuite les représentants
Ils élisent des électeurs du second degré, qui choisissent ensuite les citoyens actifs
Ils choisissent des représentants, qui élisent ensuite les citoyens actifs

Ils élisent des électeurs du second degré, qui choisissent ensuite les représentants

Explication

Dans le suffrage à deux degrés, les citoyens actifs élisent d’abord les électeurs du second degré, lesquels choisissent ensuite les représentants. Le choix direct des représentants supprime l’étape intermédiaire ; les deux autres réponses inversent le rôle des groupes concernés.

41. Une assemblée souhaite que les juges rendent une justice impartiale sans dépendre du pouvoir exécutif. Quel mode de désignation répond à cet objectif ?

La révocation des juges par le roi
La nomination des juges par l’assemblée
L’élection des juges
La nomination des juges par le roi

L’élection des juges

Explication

L’élection vise à rendre les juges indépendants et à assurer une justice impartiale. La nomination royale les rattacherait à l’exécutif, la nomination par l’assemblée à l’institution législative, et la révocation royale compromettrait leur indépendance.

42. Dans un procès, une loi paraît injuste au juge, qui envisage de lui donner un sens nouveau. Quelle conduite respecte la conception révolutionnaire de sa fonction ?

Appliquer strictement la loi sans l’interpréter
Modifier la loi afin de corriger le choix législatif
Interpréter la loi selon sa propre conception de la justice
Créer une règle nouvelle pour compléter la loi

Appliquer strictement la loi sans l’interpréter

Explication

Le juge doit appliquer strictement la loi sans l’interpréter, afin de ne pas empiéter sur le pouvoir législatif. Créer ou modifier une règle relève de la fabrication de la loi, et l’interprétation proposée dépasse la fonction judiciaire telle qu’elle est conçue ici.

43. Un régime constitutionnel nouvellement instauré dure moins d’un an et accorde un poids prépondérant aux représentants législatifs. Quel bilan correspond à cette première monarchie constitutionnelle ?

Un régime bref avec des pouvoirs répartis de façon équilibrée
Un régime bref et déséquilibré en faveur du législatif
Un régime bref et déséquilibré en faveur de l’exécutif
Un régime durable et déséquilibré en faveur du législatif

Un régime bref et déséquilibré en faveur du législatif

Explication

La première monarchie constitutionnelle dure moins d’un an et la répartition des pouvoirs favorise le législatif. L’exécutif n’est pas le bénéficiaire du déséquilibre, la durée n’est pas prolongée et les pouvoirs ne sont pas répartis également.

44. Le roi bloque une loi tandis que les députés refusent de céder, et la constitution ne prévoit ni échanges institutionnels ni procédure d’arbitrage. Quel défaut structurel cette crise révèle-t-elle ?

La présence de mécanismes de coopération entre les pouvoirs
L’absence de mécanismes de communication et de résolution des conflits
L’absence de séparation entre les pouvoirs exécutif et législatif
L’existence d’une procédure d’arbitrage entre le roi et les députés

L’absence de mécanismes de communication et de résolution des conflits

Explication

La séparation stricte cloisonne l’exécutif et le législatif sans prévoir de moyens de communication ni de résolution de leurs conflits. Une coopération organisée ou une procédure d’arbitrage remédierait à ce défaut, tandis que la crise ne signifie pas que les pouvoirs ne sont pas séparés.

45. Dans un débat politique, un groupe veut maintenir la monarchie constitutionnelle et mettre fin au processus révolutionnaire, tandis qu’un autre réclame la République et la poursuite de la Révolution. Quelle attribution distingue correctement ces deux positions ?

Feuillants : poursuite de la Révolution ; Jacobins et Cordeliers : monarchie constitutionnelle
Feuillants : monarchie constitutionnelle ; Jacobins et Cordeliers : arrêt de la Révolution
Feuillants : monarchie constitutionnelle ; Jacobins et Cordeliers : République
Feuillants : République ; Jacobins et Cordeliers : monarchie constitutionnelle

Feuillants : monarchie constitutionnelle ; Jacobins et Cordeliers : République

Explication

Les Feuillants défendent la monarchie constitutionnelle et souhaitent arrêter la Révolution, alors que les Jacobins et les Cordeliers défendent la République et veulent la poursuivre. L’inversion des camps ou l’attribution à ces groupes d’un objectif commun contraire méconnaît cette distinction.

46. Que se passe-t-il le 10 août 1792 après l’attaque des Tuileries ?

Le roi est suspendu, la famille royale est remise aux insurgés et une nouvelle constitution est adoptée
Le roi est suspendu, la famille royale est remise aux insurgés et l’élection d’une Convention est annoncée
Le roi est suspendu, la famille royale est remise aux insurgés et la guerre à l’Autriche est déclarée
Le roi est arrêté à Varennes, la famille royale est remise aux insurgés et l’élection d’une Convention est annoncée

Le roi est suspendu, la famille royale est remise aux insurgés et l’élection d’une Convention est annoncée

Explication

L’attaque des Tuileries entraîne la suspension du roi, la remise de la famille royale aux insurgés et l’annonce de l’élection d’une Convention. Varennes désigne la fuite de 1791, la déclaration de guerre intervient en avril 1792, et l’événement ne correspond pas à l’adoption d’une nouvelle constitution.

47. Dans une circonscription élisant des députés à la Convention, quel mode de scrutin et quel taux de participation caractérisent les élections malgré l’élargissement du corps électoral masculin ?

Le suffrage universel masculin à deux degrés, avec 10 % de votants
Le suffrage universel masculin à deux degrés, avec une forte participation
Le suffrage censitaire à deux degrés, avec 10 % de votants
Le suffrage universel masculin direct, avec 10 % de votants

Le suffrage universel masculin à deux degrés, avec 10 % de votants

Explication

Les députés de la Convention sont élus au suffrage universel masculin à deux degrés, mais le climat de peur, de violence et de guerre limite la participation à 10 %. Le scrutin direct confond ce mode avec celui prévu par la Constitution de 1793, la forte participation inverse le taux constaté et le suffrage censitaire réintroduit un critère écarté.

48. Dans un débat sur l’organisation de la République, quelle position distingue les Montagnards des Girondins au sujet du pouvoir des provinces ?

Les Montagnards défendent la centralisation autour de Paris, les Girondins une plus grande autonomie provinciale
Les Montagnards défendent le suffrage censitaire, les Girondins le suffrage universel masculin
Les Montagnards défendent l’autonomie provinciale, les Girondins la centralisation autour de Paris
Les Montagnards défendent une monarchie centralisée, les Girondins une république fédérale

Les Montagnards défendent la centralisation autour de Paris, les Girondins une plus grande autonomie provinciale

Explication

Les Montagnards souhaitent centraliser le pouvoir autour de Paris, tandis que les Girondins défendent une décentralisation accordant davantage d’autonomie aux provinces. L’autonomie attribuée aux Montagnards et la centralisation attribuée aux Girondins inversent leurs positions; le suffrage et la monarchie ne constituent pas la distinction visée.

49. À quelle date la Constitution jacobine de 1793 est-elle adoptée, bien qu’elle ne soit jamais appliquée ?

Le 10 juin 1794
Le 24 juin 1793
Le 17 septembre 1793
Le 10 octobre 1793

Le 24 juin 1793

Explication

La Constitution jacobine est adoptée le 24 juin 1793, mais elle ne sera jamais appliquée. Le 10 octobre marque la suspension de son application, le 17 septembre correspond à la loi des suspects et le 10 juin 1794 à la loi de Prairial.

50. Dans un projet institutionnel conforme à la Constitution de 1793, quelle organisation doit être retenue pour l’exécutif et l’Assemblée ?

Un exécutif collégial de 24 membres subordonné à une assemblée unique élue pour un an
Un exécutif collégial de 24 membres subordonné à une assemblée unique élue à deux degrés
Un exécutif indépendant de 24 membres subordonné à une assemblée unique élue pour un an
Un exécutif collégial de 24 membres subordonné à deux chambres élues pour un an

Un exécutif collégial de 24 membres subordonné à une assemblée unique élue pour un an

Explication

La Constitution prévoit une assemblée législative unique élue pour un an et un exécutif collégial de 24 membres qui lui est subordonné. Un exécutif indépendant méconnaît cette subordination; deux chambres contredisent l’assemblée unique et le scrutin à deux degrés diffère du suffrage universel direct masculin prévu.

51. En pleine guerre, un gouvernement suspend la constitution, invoque le salut de la République et recourt à des mesures d’exception au détriment des droits fondamentaux. De quel type de régime s’agit-il ?

D’un tribunal révolutionnaire, institution judiciaire chargée de juger les accusés
D’un gouvernement parlementaire, régime ordinaire fondé sur l’autonomie des provinces
Du gouvernement constitutionnel, régime ordinaire protecteur des droits fondamentaux
Du gouvernement révolutionnaire, régime exceptionnel orienté vers le salut public

Du gouvernement révolutionnaire, régime exceptionnel orienté vers le salut public

Explication

Le gouvernement révolutionnaire est un régime exceptionnel sans constitution, justifié par la crise ou la guerre et orienté vers le salut public, au prix du sacrifice des droits fondamentaux. Le gouvernement constitutionnel vise au contraire à protéger ces droits; la pérennisation ordinaire et le tribunal désignent d’autres notions.

52. Pour répartir les responsabilités dans l’appareil révolutionnaire, quel partage convient entre les deux comités qui assistent la Convention ?

La sûreté générale organise la lutte contre les ennemis de la République; le salut public dirige la justice et la police révolutionnaires
La sûreté générale organise les élections de la Convention; le salut public dirige la justice et la police révolutionnaires
La sûreté générale dirige la justice et la police révolutionnaires; le salut public organise la lutte contre les ennemis de la République
La sûreté générale dirige la justice et la police révolutionnaires; le salut public organise les élections de la Convention

La sûreté générale dirige la justice et la police révolutionnaires; le salut public organise la lutte contre les ennemis de la République

Explication

Le Comité de sûreté générale est chargé de la justice et de la police révolutionnaires, tandis que le Comité de salut public organise la lutte contre les ennemis de la République. Inverser les comités confond leurs missions; les élections ne correspondent à l’attribution d’aucun des deux dans cette répartition.

53. Une personne est arrêtée parce qu’elle est soupçonnée d’avoir des idées hostiles aux révolutionnaires. Quelle mesure rend cette arrestation possible, et à quelle date est-elle adoptée ?

La mise en place du Tribunal révolutionnaire, le 10 mars 1793
La loi de Prairial, le 10 juin 1794
La loi des suspects, le 17 septembre 1793
La suspension de la Constitution, le 10 octobre 1793

La loi des suspects, le 17 septembre 1793

Explication

La loi des suspects du 17 septembre 1793 permet d’arrêter et d’enfermer les personnes soupçonnées d’idées hostiles aux révolutionnaires. Le 10 octobre concerne la suspension de la Constitution, le 10 juin 1794 la loi de Prairial et le 10 mars la mise en place du Tribunal révolutionnaire.

54. En juin 1794, une réforme instaure un tribunal unique, supprime les garanties procédurales, retient des accusations vagues et prévoit une seule peine. Quelle mesure produit ces effets ?

La loi des suspects, le 17 septembre 1793
La création du Tribunal révolutionnaire, le 10 mars 1793
La loi du 22 prairial an II, le 10 juin 1794
La suspension de la Constitution, le 10 octobre 1793

La loi du 22 prairial an II, le 10 juin 1794

Explication

La loi du 22 prairial an II, adoptée le 10 juin 1794, instaure pendant la Grande Terreur un tribunal unique, supprime les garanties procédurales, rend les accusations vagues et impose la peine de mort comme peine unique. La loi des suspects autorise les arrestations, tandis que les deux dates de 1793 renvoient à la création du Tribunal et à la suspension de la Constitution.

55. Quelles sont les dates qui encadrent la Convention thermidorienne ?

Du 9 thermidor an II au 22 août 1795
Du 22 août 1795 au 18 brumaire an VIII
Du 28 juillet 1794 au 26 octobre 1795
Du 26 octobre 1795 au 9 novembre 1799

Du 28 juillet 1794 au 26 octobre 1795

Explication

La Convention thermidorienne commence le 28 juillet 1794 et s’achève le 26 octobre 1795. Le 22 août 1795 correspond à l’adoption de la Constitution de l’an III, tandis que le 9 novembre 1799 marque le coup d’État du 18 brumaire.

56. À quelle date la Constitution de l’an III est-elle adoptée ?

Le 22 août 1795
Le 26 octobre 1795
Le 9 novembre 1799
Le 18 mai 1804

Le 22 août 1795

Explication

La Constitution de l’an III est adoptée le 22 août 1795 pour maintenir la République et les principes de 1789 sans rétablir la Constitution de 1793 ni la monarchie. Le 26 octobre marque la fin de la Convention thermidorienne, et les dates de 1799 et 1804 relèvent de la période napoléonienne.

57. Une constitution prévoit deux chambres législatives et confie l’exécutif à un groupe de cinq personnes afin d’éviter la concentration du pouvoir. De quel dispositif s’agit-il ?

Le dispositif de la Constitution de l’an III
Une assemblée unique assistée de cinq chambres exécutives
Deux chambres dirigées par un exécutif monarchique
Un législatif monocaméral et un exécutif à trois consuls

Le dispositif de la Constitution de l’an III

Explication

La Constitution de l’an III associe un législatif bicaméral à un exécutif collégial composé de cinq directeurs, afin de morceler le pouvoir. Un législatif monocaméral ou un exécutif dirigé par un seul chef ne correspond pas à cette organisation.

58. Un gouvernement du Directoire annule le résultat d’élections et s’appuie sur la force pour se maintenir. Quelle caractéristique de son exercice du pouvoir cette situation illustre-t-elle ?

La stricte séparation des pouvoirs dans le cadre constitutionnel
L’application régulière du suffrage et des résultats électoraux
Le recours à des pratiques qui violent la légalité
Le retour à une monarchie fondée sur la succession héréditaire

Le recours à des pratiques qui violent la légalité

Explication

Le Directoire recourt à la force, aux coups d’État et à l’annulation des élections, ce qui viole la légalité pour gouverner. La collégialité constitutionnelle ne décrit pas ces pratiques, et l’annulation des élections n’est pas un respect des résultats électoraux.

59. Dans un régime où le texte constitutionnel attribue directement à Bonaparte le titre de Premier Consul, sur quoi repose cette désignation ?

Sur une désignation inscrite dans la Constitution
Sur une nomination du Premier Consul par le Tribunat
Sur une transmission héréditaire du pouvoir consulaire
Sur une élection directe du Premier Consul par les citoyens

Sur une désignation inscrite dans la Constitution

Explication

L’article 39, titre IV, de la Constitution nomme Bonaparte Premier Consul, donnant au régime une légitimité fondée sur le chef plutôt que sur une élection. Le suffrage affiché ne constitue pas une élection directe à cette fonction, et la dignité impériale héréditaire appartient à une étape ultérieure.

60. Quel concept désigne un gouvernement fondé sur le charisme du chef, l’espoir qu’il suscite et sa maîtrise pragmatique du pouvoir ?

La démocratie représentative
Le parlementarisme
Le césarisme
La monarchie constitutionnelle

Le césarisme

Explication

Le césarisme repose sur la légitimité charismatique du chef, sa capacité à susciter l’espoir du peuple et sa maîtrise pragmatique des mécanismes du pouvoir. La monarchie dynastique fonde plutôt l’autorité sur l’hérédité, tandis que le parlementarisme place les assemblées au cœur du pouvoir.

61. Sous le Consulat, les hommes votent selon le principe du suffrage universel masculin direct, mais les représentants sont ensuite désignés à partir de listes de notabilités. Quelle conclusion distingue le principe affiché de la pratique ?

Le suffrage entraîne l’élection directe des représentants par les citoyens
Les représentants accèdent à leur fonction par succession familiale
Les représentants sont désignés par le gouvernement sans listes de notabilités
Le suffrage est proclamé, mais les représentants sont nommés à partir des listes

Le suffrage est proclamé, mais les représentants sont nommés à partir des listes

Explication

Le suffrage universel masculin direct est affiché comme principe, mais les représentants sont en réalité nommés à partir de listes de notabilités : il ne s’agit donc pas d’une élection directe des représentants. La succession familiale et une désignation sans listes ne décrivent pas ce mécanisme.

62. Dans une procédure législative consulaire, le Tribunat examine un projet, puis le Corps législatif se prononce sans débat. Quel rôle reste au gouvernement ?

L’initiative des lois
La nomination des membres du Tribunat
La discussion des lois
Le vote des lois après débat

L’initiative des lois

Explication

Sous le Consulat, l’initiative des lois appartient au gouvernement ; le Tribunat les discute et le Corps législatif vote sans débat. Attribuer l’initiative au Tribunat ou au Corps législatif confond les fonctions des organes.

63. Quelle mesure la loi du 20 mai 1802 met-elle en place dans les colonies ?

La liberté des cultes dans les colonies
Le rétablissement de l’esclavage
L’abolition de l’esclavage
La censure des journaux coloniaux

Le rétablissement de l’esclavage

Explication

La loi du 20 mai 1802 rétablit l’esclavage dans les colonies. L’abolition de 1794 relève d’une mesure antérieure, tandis que la censure et la liberté des cultes concernent d’autres aspects du régime.

64. En 1810, un observateur examine la presse politique parisienne : quelle situation constate-t-il ?

Quatre journaux politiques, libres de toute censure
Quatre journaux politiques, soumis à un censeur
Un seul journal politique, soumis au pape
Dix journaux politiques, contrôlés par le Premier Consul

Quatre journaux politiques, soumis à un censeur

Explication

En 1810, Paris ne compte plus que quatre journaux politiques, chacun soumis à un censeur. La date de 1800 correspond au décret instaurant la censure, et les spectacles relèvent également du contrôle sans être des journaux.

65. Un chantier lancé le 17 février 1800 vise à réorganiser l’administration française : quelle mesure correspond à cette date ?

La loi de centralisation administrative du 28 pluviôse an VIII
Le décret qui instaure la censure de la presse
La réforme des cultes conclue par un traité avec le pape
Le Concordat signé entre Pie VII et l’État français

La loi de centralisation administrative du 28 pluviôse an VIII

Explication

La loi du 28 pluviôse an VIII, correspondant au 17 février 1800, est une loi de centralisation administrative. Le Concordat est conclu en 1801, tandis que le décret de censure date du 27 janvier 1800.

66. Pour réduire les divisions religieuses et rallier les catholiques au régime, quel objectif guide la réforme des cultes ?

Faire reconnaître la République par les puissances européennes
Remplacer les autorités religieuses par des institutions administratives
Garantir la liberté des cultes en séparant l’Église de l’État
Intégrer l’Église dans l’État afin d’en faire un instrument d’ordre social et politique

Intégrer l’Église dans l’État afin d’en faire un instrument d’ordre social et politique

Explication

La réforme vise à apaiser les divisions, rallier les catholiques et intégrer l’Église dans l’État pour en faire un instrument d’ordre social et politique. La séparation de l’Église et de l’État contredit cet objectif d’intégration.

67. Dans un accord religieux, le catholicisme est reconnu comme religion majoritaire, sans être religion d’État : quelle autre reconnaissance accompagne cette disposition ?

L’État français reconnaît la souveraineté politique du Saint-Siège
Le pape reconnaît la République française
Le pape reconnaît le catholicisme comme religion d’État
Le Premier Consul reconnaît le pape comme chef de la République

Le pape reconnaît la République française

Explication

Le Concordat reconnaît le catholicisme comme religion majoritaire, mais non comme religion d’État, et le pape reconnaît la République française. Faire du catholicisme la religion officielle confond majorité religieuse et statut étatique.

68. Lors de la mise en œuvre du Concordat, quelle procédure s’applique à la nomination et à l’entrée en fonction des évêques ?

Le pape les nomme et les investit, sans serment de fidélité au régime
Le pape les nomme, le Premier Consul les investit canoniquement et ils prêtent serment au régime
Le Premier Consul les nomme et les investit, sans intervention canonique du pape
Le Premier Consul les nomme, le pape les investit canoniquement et ils prêtent serment au régime

Le Premier Consul les nomme, le pape les investit canoniquement et ils prêtent serment au régime

Explication

Le Concordat prévoit le renouvellement de l’épiscopat : le Premier Consul nomme les évêques, le pape leur accorde l’investiture canonique et ils prêtent serment de fidélité au régime. Attribuer la nomination au pape inverse le partage des rôles.

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Mémorisez les réponses avec 92 flashcards sur Crise de l’Ancien Régime et Révolution.

Comment la société française du XVIIIe siècle est-elle organisée ?

En trois ordres hiérarchisés et inégaux.

Qu’est-ce qu’un ordre social ?

Un groupe défini par la fonction de ses membres et le droit qui leur est applicable.

Quels sont les trois ordres de l’Ancien Régime ?

Le clergé, la noblesse et le Tiers-État.

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