★ À maîtriser
📌 Pour Philippe Descola, parler de « représentation du monde » suppose à tort un monde déjà constitué que chacun verrait différemment, alors que les mondes diffèrent par les êtres et les relations détectés. - Revue Mouvement, 15/02/2022
Le naturalisme occidental oppose le sujet connaissant à une nature objectivée et constitue, une exception culturelle dans le monde.
🔄 La genèse du naturalisme occidental suit ces étapes :
📌 Le naturalisme associe une physicalité commune à tous les êtres, fondée sur la biologie, à une intériorité propre à l’humain-sujet.
Compléments
L’inventaire des êtres et des relations du monde ne pourra jamais être achevé par l’espèce humaine, qui aura disparu avant de l’avoir complété. - Philippe Descola, Revue Mouvement, 15/02/2022
Le grand partage entre nature et culture conduit à un partage disciplinaire entre sciences de la nature et sciences de la culture, tandis que le monisme naturaliste s’oppose au pluralisme culturaliste.
Descola soutient que le dualisme a stimulé le développement des sciences et que la croyance au progrès par le contrôle de la nature a produit certains avantages, notamment politiques. - Par-delà nature et culture
Aristote pose les bases, le christianisme sépare, la Renaissance analogise, le XVIIe siècle mécanise.
★ À maîtriser
Les quatre combinaisons de l’intériorité et de la physicalité définissent quatre ontologies, c’est-à-dire des systèmes de propriétés des existants qui ancrent des cosmologies, des modèles du lien social et des théories de l’identité et de l’altérité. - Philippe Descola, Par-delà nature et culture
Les quatre ontologies associent intériorité et physicalité comme suit (Philippe Descola) :
Compléments
TANA : Totémisme, Analogisme, Naturalisme, Animisme, selon les combinaisons d’intériorité et de physicalité.
★ À maîtriser
Dans le perspectivisme de Viveiros de Castro, les animaux et les esprits voient les humains comme des animaux, tandis qu’ils se voient eux-mêmes comme humains dans leurs maisons ou villages.
La culture humaine se caractérise par (Philippe Descola) :
🔄 Le statut de sujet découle de cette chaîne (Philippe Descola) :
📌 Les éthiques extensionnistes comprennent l’utilitarisme antispéciste et pathocentriste de Peter Singer ainsi que l’éthique de la condition animale de Tom Regan, fondée sur les « sujets-de-vie » (subjects-of-a-life).
Compléments
Montaigne, dans « L’apologie de Raymond Sebond », Essais, II, 12, est mobilisé pour confirmer des intuitions mettant en cause le naturalisme.
La théorie écologique de la perception de James Gibson met l’accent sur les affordances et s’oppose au mentalisme en concevant la connaissance comme une éducation de l’attention ajustée à l’environnement.
Les antimentalistes situent la subjectivité dans le corps et la mémoire de l’expérience plutôt que dans un processeur neuronal ou électronique, ce qui dénie aux ordinateurs une affinité ontologique avec les humains et les animaux.
Jean-Pierre Changeux défend un monisme neuroscientifique qui dissout l’intériorité humaine dans les propriétés internes de la physicalité.
Traditionnellement considérés comme dépourvus de subjectivité et d’autonomie morale, les plantes et les animaux sont exclus de la vie civique et du statut de sujet politique ou économique. - Philippe Descola, Par-delà nature et culture
Des théoriciens de la morale et du droit contestent la subordination des non-humains et promeuvent une éthique de l’environnement débarrassée des préjugés de l’humanisme kantien. - Philippe Descola, Par-delà nature et culture
Les éthiques holistes sont notamment représentées par Aldo Léopold et John Baird Callicott, qui mettent en avant la solidarité biotique.
L’évolution des réflexions sur les droits de la nature se traduit dans le droit par une catégorie d’infractions contre les animaux domestiques.
La subjectivité fonde l’autonomie morale, qui fonde responsabilité et liberté, réservant les droits aux humains.
📌 L’animisme fait prévaloir l’universalité de la condition de sujet moral et les relations entre humains et non-humains sur leur hétérogénéité physique, tandis que le naturalisme subordonne la société humaine aux lois universelles de la nature.
L’animisme privilégie la condition de sujet ; le naturalisme privilégie les lois de la nature.
★ À maîtriser
Les principes des modes d’identification sont supposés universels et peuvent donc coexister en puissance chez tous les humains, même si un mode devient dominant selon les situations historiques.
Les formes de connaissance associées aux modes sont : éthologique et relationnelle pour l’animisme, taxinomique et phylogénétique pour le naturalisme, cosmogonique pour le totémisme, herméneutique pour l’analogisme
Compléments
📌 La formule sociologique du naturalisme distribue les humains en cultures différenciées par les langues et les mœurs, tandis qu’elle regroupe dans la nature ce qui existe indépendamment d’eux.
★ À maîtriser
Compléments
Bruno Latour qualifie d’« universalisme particulier » la position ethnocentriste et condescendante des naturalistes.
L’universalisme relatif n’exige pas une matérialité égale pour tous ni des significations contingentes données au préalable ; il reconnaît la saillance du discontinu et suppose un nombre réduit de formules permettant de le ratifier ou de l’invalider dans une continuité.
L’universalisme relatif demande de ne pas présumer le vécu de la conscience d’autrui à partir du sien et de traiter sa propre intentionnalité comme un filtre imparfait, marqué par des déterminations historiques.
La cinquième partie, intitulée « écologie des relations », invite à réorganiser la politique pour inclure les non-humains.
★ À maîtriser
📌 Dans l’animisme, la prédation, l’échange et le don sont des relations potentiellement réversibles entre sujets égaux, tandis que la production, la transmission et la protection instituent une hiérarchie entre leurs termes.
Compléments
Dans le don, l’échange et la prédation, le sujet entérine un autre sujet ; dans la production, la protection et la transmission, il institue un sujet dépendant ou un objet subordonné.
Chez les Achuar, le chasseur qui traite l’animal convoité comme un alter ego actualise l’affinité prédatrice entre humains et gibier sans modifier les propriétés ontologiques de l’animal ni la nature de leur relation.
L’animisme marginalise :
Dans la conception moderne de la production, l’agent est présenté comme imposant une forme et une fonction à une matière supposée dépourvue d’autonomie pour faire advenir une entité nouvelle dont il est tenu pour seul responsable.
L’animisme relie des sujets égaux ; la production institue un sujet dépendant ou un objet subordonné.
★ À maîtriser
La crise environnementale comprend l’effondrement de la biodiversité, l’agriculture intensive, l’urbanisation croissante, la déforestation, l’artificialisation des sols, la fragmentation physique ou structurelle et climatique ou fonctionnelle des écosystèmes, la pollution, la réification des animaux, l’épuisement inégalitaire des biens communs et le dérèglement climatique.
Selon Dominique Bourg, l’Anthropocène rend impossible, en principe et en pratique, la séparation de l’humanité et de la nature, car les humains interagissent avec elle au sein du système-Terre et leurs actions ont des effets massifs dont ils ne connaissent pas toujours les conséquences à long terme. - « À quoi sert le droit de l'environnement ? Plaidoyer pour les droits de la nature », 2019
Compléments
Paul Ehrlich désigne les conséquences de l’effondrement de la biodiversité comme la « sixième extinction de masse ».
Selon Dominique Bourg, de Darwin à l’éthologie de la seconde moitié du XXe siècle et à la révolution de la biologie végétale, des découvertes ont progressivement mis en lumière la continuité et la solidarité entre l’humain et la nature. - « À quoi sert le droit de l'environnement ? Plaidoyer pour les droits de la nature », 2019
Les externalités humaines deviennent massives → elles entravent aussi le développement des activités humaines.
★ À maîtriser
Compléments
L’indisponibilité du monde s’oppose à son contrôle ; la résonance répond à l’aliénation.
★ À maîtriser
Compléments
William Cronon critique l’idée de wilderness comme conception erronée de la nature dans « Le problème de la “wilderness” ou le retour à une idée erronée de la nature » (1995).
Henry David Thoreau associe la nature sauvage à la « préservation du monde ».
Le mouvement de Hetch Hetchy s’est opposé au barrage construit dans le parc de Yosemite pour alimenter San Francisco.
Les conceptions de la nature sauvage mobilisent le sublime associé à John Muir et la frontière associée à Frederick Jackson Turner.
La wilderness peut avoir pour conséquence paradoxale de réserver la nature sauvage aux citoyens riches et de représenter les populations autochtones comme présentes dans une nature prétendument vierge.
Le rapport Meadows, commandé par le Club de Rome en 1972 sous le titre Les Limites à la croissance, et le rapport Mansholt de 1972 correspondent à une conception de durabilité forte.
Le Sommet de Rio de 1992 fait du développement durable une priorité et affirme que les êtres humains sont au centre des préoccupations, avec droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature, tandis que la protection de l’environnement doit être intégrée au développement.
Les limites de la croissance verte incluent le technosolutionnisme associé à Evgeny Morozov et la réflexion d’André Gorz dans Écologie et politique.
★ À maîtriser
📌 Dans La vie des plantes, Emanuele Coccia défend une vision végétale du monde qui refuse la séparation entre humain et non-humain et représente le monde comme un mélange.
Compléments
Lynn Margulis explique que les mitochondries sont des bactéries incorporées symbiotiquement aux cellules.
Dans Penser en oiseau, Vinciane Despret invite à adopter le point de vue de l’autre, à écrire « à la voix moyenne » et à pratiquer une éthique de l’attention.
★ À maîtriser
📌 Dans Attachements. Enquête sur nos liens au-delà de l’humain (2024), Charles Stépanoff soutient que la disposition humaine à créer des liens de parenté et d’attachement polymorphe a rendu possibles les domestications animales et végétales, plutôt que l’inverse.
Compléments
Charles Stépanoff décrit l’humain comme un « prédateur empathique » et mobilise la notion d’« intelligence écologique » pour penser les relations avec les autres vivants. - Attachements. Enquête sur nos liens au-delà de l’humain, 2024
Le façonnement des paysages par les humains et les animaux est illustré par l’exemple du chernozem en Ukraine.
★ À maîtriser
📌 Dans Dog Manifesto (Manifeste des espèces compagnes), Donna Haraway propose de dépasser l’anthropocentrisme et de nouer de nouveaux partenariats avec les animaux en pensant la natureculture.
Compléments
Anna Tsing met en avant l’art d’observer (« art of noticing ») et l’art du récit pour penser la vie dans les ruines du capitalisme. - Le champignon de la fin du monde. Sur les possibilités de vivre dans les ruines du capitalisme
Pour Anna Tsing, les histoires et les contingences sont essentielles pour penser le futur et la viabilité, tandis que la scalarité peut empêcher de faire des histoires dans l’Anthropocène. - Le champignon de la fin du monde. Sur les possibilités de vivre dans les ruines du capitalisme
★ À maîtriser
Dans Vers une Science sociale du vivant (2025), Bernard Lahire propose de mettre en lien les sciences sociales et les sciences de la vie et d’étudier notamment les conséquences de l’altricialité secondaire chez les humains.
Les grands faits anthropologiques universels sont : (Bernard Lahire, 2025) : l’altricialité secondaire, la partition sexuée et la division du travail reproductif, la grande longévité, la socialité, l’historicité de tous les groupes humains, la bipédie, la symétrie bilatérale, la plasticité cérébrale
Les lois présentées par Bernard Lahire sont : la méta-loi de Conway Morris de la convergence, la loi de conservation-reproduction-extension, la loi d’accroissement démographique tendancielle, la loi de succession hiérarchisée ou de prévalence de l’antérieur sur le postérieur, la loi du rapport entre eux et nous
Selon Bernard Lahire, la production cumulée d’artefacts donne au système technique une inertie qui rend difficile sa réorientation vers des modes de vie plus soutenables. - Vers une Science sociale du vivant, 2025
Compléments
Durkheim affirme que « le règne social est un règne naturel » et que la société « fait partie de la nature ».
Dans Contribution à la critique de l’économie politique (1859), Marx écrit que l’existence sociale des hommes détermine leur conscience, et non l’inverse.
Les lignes de force des sociétés humaines comprennent : (Bernard Lahire, 2025) :
Bernard Lahire soutient que la nature reste nature même lorsqu’elle est modifiée par les artefacts humains. - Vers une Science sociale du vivant, 2025
Selon Bernard Lahire, les rapports de domination constituent une ligne de force et un invariant qui structure fondamentalement les rapports humains à la nature. - Vers une Science sociale du vivant, 2025
Teste tes connaissances sur Critique du paradigme naturaliste avec 40 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. Dans l’approche de Philippe Descola, que désigne la « mondiation » ?
2. Un chercheur compare les mondes d’un physicien nucléaire et d’un chasseur achuar. Quelle raison justifie le mieux de parler de mondes différents plutôt que de représentations différentes d’un même monde ?
Mémorisez les concepts clés de Critique du paradigme naturaliste avec 90 flashcards interactives.
Qui a défini la mondiation, et à quelle date ?
Philippe Descola, le 15/02/2022.
Selon Philippe Descola, que suppose à tort l’expression « représentation du monde » ?
Un monde déjà constitué que chacun verrait différemment.
Quelle opposition caractérise le naturalisme occidental ?
L’opposition entre le sujet connaissant et une nature objectivée.
Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.
Générateur de fiches