QCM : Critique du paradigme naturaliste (40 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans l’approche de Philippe Descola, que désigne la « mondiation » ?

La manière dont chaque individu imagine librement un monde déjà constitué
La démarche qui vise à dresser l’inventaire complet de tous les êtres existants
La perception d’un monde identique, malgré des points de vue culturels différents
La manière dont un milieu social conduit à objectiver certains éléments et certaines continuités

La manière dont un milieu social conduit à objectiver certains éléments et certaines continuités

Explication

La mondiation désigne la sélection et l’objectivation de certains éléments du monde et de certaines continuités en fonction du milieu social. La représentation individuelle suppose à tort un monde déjà constitué, l’inventaire complet est inaccessible, et la perception d’un monde identique ne rend pas compte des mondes distincts.

2. Un chercheur compare les mondes d’un physicien nucléaire et d’un chasseur achuar. Quelle raison justifie le mieux de parler de mondes différents plutôt que de représentations différentes d’un même monde ?

Ils observent le même ensemble d’êtres, mais lui donnent des interprétations différentes
L’un possède une représentation exacte, tandis que l’autre en a une approximation culturelle
Ils détectent des êtres et des relations différents grâce à des outils différents
Leurs mondes diffèrent parce que leurs croyances personnelles remplacent l’observation

Ils détectent des êtres et des relations différents grâce à des outils différents

Explication

Pour Descola, les mondes diffèrent par les êtres et les relations détectés, notamment grâce à des outils de détection distincts. L’idée d’un même ensemble observé avec des interprétations différentes réintroduit précisément le monde déjà constitué que critique cette distinction.

3. Une exposition retrace la genèse du naturalisme occidental. Quelle succession d’étapes respecte l’ordre historique présenté ?

Christianisme, Aristote, analogisme de la Renaissance, nature mécanique au XVIIe siècle
Aristote, analogisme du christianisme, Renaissance mécanique, lois naturelles au XVIIe siècle
Aristote, christianisme, nature mécanique de la Renaissance, analogisme au XVIIe siècle
Aristote, christianisme, analogisme de la Renaissance, nature mécanique au XVIIe siècle

Aristote, christianisme, analogisme de la Renaissance, nature mécanique au XVIIe siècle

Explication

La succession présentée va des bases posées par Aristote au détachement de l’homme par le christianisme, puis à l’analogisme de la Renaissance et à la nature mécanique régie par des lois au XVIIe siècle. Les autres parcours déplacent ou attribuent incorrectement l’une de ces étapes.

4. Dans une classification inspirée du naturalisme, comment caractériserait-on un animal et un humain par rapport à leur physicalité et à leur intériorité ?

Des physicalités et des intériorités similaires chez humains et animaux
Une physicalité commune, mais une intériorité propre à l’humain-sujet
Des physicalités et des intériorités différentes entre humains et animaux
Une intériorité commune, mais des physicalités différentes entre espèces

Une physicalité commune, mais une intériorité propre à l’humain-sujet

Explication

Le naturalisme associe une physicalité commune aux êtres, fondée sur la biologie, à une intériorité propre à l’humain-sujet. Les autres caractérisations inversent cette relation ou attribuent aux animaux la même intériorité.

5. Dans la typologie de Descola, quel rôle jouent les quatre combinaisons de l’intériorité et de la physicalité ?

Elles classent les êtres selon leurs espèces biologiques et leurs capacités physiques
Elles décrivent des styles culturels de représentation d’un monde déjà constitué
Elles définissent des systèmes de propriétés qui ancrent cosmologies, liens sociaux et conceptions de l’identité et de l’altérité
Elles établissent des règles de parenté qui organisent les liens sociaux entre humains

Elles définissent des systèmes de propriétés qui ancrent cosmologies, liens sociaux et conceptions de l’identité et de l’altérité

Explication

Les quatre ontologies sont des systèmes de propriétés des existants qui servent de points d’ancrage aux cosmologies, aux modèles du lien social et aux théories de l’identité et de l’altérité. Les réduire à la biologie, à la représentation ou à la parenté en restreint incorrectement la portée.

6. Une société considère que les humains et les autres êtres ont des intériorités différentes, mais des physicalités similaires. Quelle ontologie cette combinaison caractérise-t-elle ?

Le totémisme
L’animisme
L’analogisme
Le naturalisme

Le naturalisme

Explication

Le naturalisme associe des intériorités différentes à des physicalités similaires. L’analogisme distingue les deux dimensions, l’animisme combine des intériorités similaires avec des physicalités différentes, et le totémisme leur attribue une similarité commune.

7. Dans un récit perspectiviste, des esprits se trouvent dans leurs villages et observent des humains. Comment se représentent-ils eux-mêmes et ces humains ?

Comme animaux eux-mêmes et comme esprits les humains
Comme humains eux-mêmes et comme esprits les humains
Comme esprits eux-mêmes et comme humains les humains
Comme humains eux-mêmes et comme animaux les humains

Comme humains eux-mêmes et comme animaux les humains

Explication

Dans le perspectivisme de Viveiros de Castro, animaux et esprits se voient comme humains dans leurs maisons ou villages, tandis qu’ils voient les humains comme des animaux. Dire qu’ils se voient comme esprits ou animaux leur attribue à tort leur apparence extérieure ; présenter les humains comme humains ou comme esprits inverse leur regard sur les humains.

8. Dans la conception naturaliste, quel ensemble de facultés est regroupé sous la notion de culture pour distinguer les humains des non-humains ?

Conscience réflexive, subjectivité, symboles et langage
Vie collective, transmission des habitudes et organisation sociale
Instinct, sensibilité, mémoire et réaction à l’environnement
Perception sensorielle, mobilité, adaptation et reproduction

Conscience réflexive, subjectivité, symboles et langage

Explication

Le naturalisme regroupe sous la notion de culture la conscience réflexive, la subjectivité, le pouvoir de signifier, la maîtrise des symboles et le langage. Les capacités physiques, la seule organisation sociale ou des facultés comme l’instinct ne constituent pas l’ensemble distinctif décrit ici.

9. Une théorie politique soutient qu’un être capable de conscience de soi peut devenir sujet moral et porter des droits et des devoirs. Quel enchaînement correspond à la logique moderne de cette théorie ?

Subjectivité, conscience de soi, responsabilité, autonomie morale et liberté
Conscience de soi, responsabilité, subjectivité, liberté et autonomie morale
Conscience de soi, subjectivité, autonomie morale, responsabilité et liberté
Liberté, conscience de soi, autonomie morale, subjectivité et responsabilité

Conscience de soi, subjectivité, autonomie morale, responsabilité et liberté

Explication

Dans l’idéologie moderne, la conscience de soi fonde la subjectivité, qui rend possible l’autonomie morale ; celle-ci fonde la responsabilité et la liberté associées au statut de sujet porteur de droits et de devoirs. Commencer par la responsabilité ou la liberté inverse les liens de fondation, tandis que placer la responsabilité avant l’autonomie morale en renverse l’enchaînement.

10. Une commission distingue deux approches extensionnistes : l’une défend un utilitarisme antispéciste et pathocentriste, l’autre s’appuie sur la notion de « sujets-de-vie ». Quelle attribution convient ?

Singer pour l’utilitarisme ; Regan pour les sujets-de-vie
Regan pour l’utilitarisme ; Singer pour les sujets-de-vie
Gibson pour l’utilitarisme ; Regan pour les sujets-de-vie
Singer pour les sujets-de-vie ; Gibson pour l’utilitarisme

Singer pour l’utilitarisme ; Regan pour les sujets-de-vie

Explication

Peter Singer est associé à l’utilitarisme antispéciste et pathocentriste, tandis que Tom Regan fonde son éthique de la condition animale sur les « sujets-de-vie ». Attribuer les sujets-de-vie à Singer ou l’utilitarisme à Regan inverse leurs approches ; Gibson relève de la théorie écologique de la perception.

11. Un discours présente ses catégories du vivant comme des évidences fondées en nature afin d’écarter des conceptions concurrentes du monde. Quel mécanisme du naturalisme illustre-t-il ?

La mise en débat des découpages favorise la coexistence des ontologies
La priorité des relations morales rend les découpages physiques secondaires
La naturalisation des découpages sert à disqualifier d’autres ontologies
La diversité des corps fonde une égalité entre les ontologies

La naturalisation des découpages sert à disqualifier d’autres ontologies

Explication

La ruse du naturalisme consiste à faire apparaître ses découpages comme naturellement évidents, ce qui permet de présenter leur fondement comme incontestable et de disqualifier d’autres ontologies. La mise en débat ou la primauté des relations morales ne décrit pas ce mécanisme naturaliste.

12. Deux conceptions sont comparées : la première privilégie les relations entre humains et non-humains comme sujets moraux ; la seconde subordonne la société humaine aux lois de la nature. Comment les identifier ?

Les deux sont naturalistes, mais diffèrent sur la moralité
La première est animique et la seconde naturaliste
Les deux sont animiques, mais diffèrent sur la physicalité
La première est naturaliste et la seconde animique

La première est animique et la seconde naturaliste

Explication

L’animisme fait prévaloir l’universalité de la condition de sujet moral et les relations entre humains et non-humains sur leurs différences physiques. Le naturalisme, au contraire, subordonne la société humaine aux lois universelles de la nature ; les autres choix inversent ces principes ou effacent leur distinction.

13. Comment définir les modes d’identification dans l’analyse des rapports humains au monde ?

Des modèles culturels locaux qui déterminent les habitudes sans organiser la perception
Des catégories de parenté qui répartissent les humains selon leurs liens familiaux
Des facultés biologiques de perception qui distinguent les objets selon leurs propriétés physiques
Des schèmes qui structurent l’expérience et les rapports à autrui par des ressemblances et des différences fondées sur le corps et l’intentionnalité

Des schèmes qui structurent l’expérience et les rapports à autrui par des ressemblances et des différences fondées sur le corps et l’intentionnalité

Explication

Les modes d’identification sont des schèmes d’intégration de l’expérience qui organisent sélectivement la perception et le rapport à autrui à partir du corps et de l’intentionnalité. Les modèles culturels locaux les confondent avec des habitudes, les catégories de parenté réduisent leur portée et les facultés biologiques omettent leur rôle dans les relations.

14. Une personne mobilise surtout une grille naturaliste dans sa vie quotidienne, mais adopte parfois une attitude animiste envers un animal. Quelle interprétation correspond au principe de coexistence des modes ?

Les principes des différents modes peuvent coexister en puissance, même si un mode domine selon la situation historique
Tous les modes deviennent dominants en même temps dans chaque situation historique
La pratique ponctuelle révèle un changement ontologique durable vers l’animisme
Les modes sont exclusifs selon les sociétés et ne peuvent coexister chez une même personne

Les principes des différents modes peuvent coexister en puissance, même si un mode domine selon la situation historique

Explication

Les principes des modes sont supposés universels et peuvent coexister en puissance, tandis que l’un d’eux peut être dominant dans une situation historique donnée. Le changement durable confond un glissement occasionnel avec une nouvelle grille, l’exclusivité nie la coexistence et la domination simultanée déforme le rôle du mode dominant.

15. Une équipe compare les formes de connaissance privilégiées par les quatre modes d’identification. Quelle association doit-elle retenir pour l’analogisme ?

Une connaissance cosmogonique
Une connaissance taxinomique et phylogénétique
Une connaissance herméneutique
Une connaissance éthologique et relationnelle

Une connaissance herméneutique

Explication

La connaissance associée à l’analogisme est herméneutique, c’est-à-dire interprétative. L’association éthologique et relationnelle relève de l’animisme, l’association taxinomique et phylogénétique du naturalisme, et l’association cosmogonique du totémisme.

16. Sur quoi porte l’universalisme relatif lorsqu’il étudie les relations entre les humains et les existants ?

Les continuités et discontinuités, identités et différences établies à partir de ressources communes comme le corps et l’intentionnalité
Les significations fixées à l’avance, sans référence aux ressources communes des humains
Les relations économiques entre humains, indépendamment des autres existants
Les catégories de nature et de culture considérées comme des substances universelles

Les continuités et discontinuités, identités et différences établies à partir de ressources communes comme le corps et l’intentionnalité

Explication

L’universalisme relatif examine les relations de continuité, de discontinuité, d’identité, de différence et de ressemblance que les humains établissent à partir de ressources communes, notamment le corps et l’intentionnalité. Les catégories de nature et de culture le ramènent aux substances qu’il ne prend pas comme point de départ, les seules relations économiques en restreignent la portée et les significations préétablies contredisent son approche relationnelle.

17. Une chercheuse classe les relations entre existants dans les modes présentés par l’universalisme relatif. Lequel appartient à cet ensemble ?

La connaissance herméneutique
Le naturalisme
La protection
L’intentionnalité

La protection

Explication

La protection figure parmi les modes de relation, aux côtés de l’échange, de la prédation, du don, de la production et de la transmission. L’intentionnalité est une ressource humaine, le naturalisme un mode d’identification et la connaissance herméneutique une forme de connaissance associée à l’analogisme.

18. Une société considère les non-humains comme des personnes avec lesquelles on peut négocier ou combattre. Quel mode de relation est dominant dans cette ontologie ?

La production
La protection et la hiérarchie
La transmission
L’échange et la prédation

L’échange et la prédation

Explication

L’animisme privilégie l’échange et la prédation dans les rapports avec des personnes non humaines. La transmission renvoie au totémisme, la protection et la hiérarchie à l’analogisme, et la production au naturalisme.

19. Dans une relation entre humains et non-humains, les deux parties restent des sujets égaux et leur identité n’est pas modifiée par l’interaction. Quelle caractéristique décrit le mieux cette relation ?

Elle relève d’une relation de transmission
Elle établit une hiérarchie entre les termes
Elle institue un sujet dépendant ou un objet subordonné
Elle est potentiellement réversible entre sujets

Elle est potentiellement réversible entre sujets

Explication

La prédation, l’échange et le don peuvent être des relations réversibles entre sujets dont l’identité reste intacte. L’institution d’un sujet dépendant ou d’un objet subordonné, la hiérarchie et la transmission correspondent à des relations intransitives.

20. Une région connaît la déforestation, la pollution, l’artificialisation des sols et la fragmentation physique et climatique de ses écosystèmes. Comment ces phénomènes s’inscrivent-ils dans la crise environnementale ?

Ils caractérisent principalement l’épuisement des biens communs
Ils relèvent uniquement de la crise de la biodiversité
Ils en constituent plusieurs dimensions
Ils décrivent surtout une évolution des sensibilités envers les animaux

Ils en constituent plusieurs dimensions

Explication

La crise environnementale regroupe plusieurs phénomènes, dont la déforestation, la pollution, l’artificialisation des sols et les fragmentations physique et climatique des écosystèmes. La réduire à la biodiversité, aux sensibilités ou aux biens communs écarte des dimensions explicitement comprises dans cette crise.

21. Les externalités d’activités humaines finissent par entraver le développement d’autres activités humaines. Quelle notion désigne cette situation ?

La sixième extinction de masse
Le dérèglement climatique
L’épuisement inégalitaire des biens communs
L’Anthropocène

L’Anthropocène

Explication

L’Anthropocène désigne la situation dans laquelle les externalités des activités humaines entravent le développement de l’activité humaine. La sixième extinction de masse concerne les conséquences de l’effondrement de la biodiversité, tandis que le dérèglement climatique et l’épuisement des biens communs sont des dimensions distinctes de la crise.

22. Quelle conclusion Dominique Bourg tire-t-il de l’entrée dans l’Anthropocène concernant les rapports entre l’humanité et la nature ?

Leur séparation devient impossible, car les humains interagissent avec la nature au sein du système-Terre
Leur séparation demeure possible, car les activités humaines restent extérieures au système-Terre
La séparation disparaît parce que les humains connaissent les effets à long terme de leurs actions
Les humains agissent sur la nature depuis l’extérieur sans participer au système-Terre

Leur séparation devient impossible, car les humains interagissent avec la nature au sein du système-Terre

Explication

Pour Dominique Bourg, l’Anthropocène rend impossible en principe et en pratique la séparation de l’humanité et de la nature : les humains interagissent avec elle dans le système-Terre et leurs actions ont des effets massifs dont les conséquences à long terme ne sont pas toujours connues. Une séparation persistante, une connaissance complète des effets ou une action extérieure contredisent cette analyse.

23. Quelle conclusion l’éthologie animale de la seconde moitié du XXe siècle a-t-elle favorisée au sujet des différences entre humains et autres animaux ?

Elles concernent principalement le maniement des outils.
Elles constituent une différence de nature séparant les espèces.
Elles résultent d’un héritage génétique identique entre espèces.
Elles sont surtout des différences de degré sur un fond commun.

Elles sont surtout des différences de degré sur un fond commun.

Explication

Les découvertes éthologiques ont remis en cause l’exclusivité humaine de plusieurs aptitudes et fait apparaître les différences comme des différences de degré sur un fond commun. L’idée d’une différence de nature rétablit une frontière que ces découvertes contestent ; l’héritage génétique identique n’est pas la conclusion avancée ; la réduction aux outils omet les autres aptitudes concernées.

24. Un animal perçoit un obstacle, en comprend la disposition et modifie sa conduite pour atteindre de la nourriture. Quelle capacité illustre cet exemple ?

La culture animale, qui transmet socialement des savoirs et des pratiques.
La sensibilité animale, limitée à la réception de sensations.
L’intelligence animale, qui mobilise une compréhension adaptée de l’environnement.
L’agentivité animale, qui désigne une action consciente sur l’environnement.

L’intelligence animale, qui mobilise une compréhension adaptée de l’environnement.

Explication

L’intelligence animale consiste à transformer des sensations en compréhension de l’environnement et à appliquer ce savoir de façon adaptée, comme dans cette situation. La culture concerne la transmission sociale ; l’agentivité désigne l’action consciente et intentionnelle ; la simple perception ne comprend pas l’application du savoir.

25. Dans un groupe d’animaux, une pratique se diffuse par imitation et se transmet entre générations sans être inscrite dans les gènes. Comment faut-il la caractériser ?

Comme une intelligence individuelle, fondée sur la compréhension de l’environnement.
Comme une agentivité, définie par l’action intentionnelle sur le milieu.
Comme un héritage génétique, transmis biologiquement entre générations.
Comme une culture, constituée de savoirs et de pratiques transmis socialement.

Comme une culture, constituée de savoirs et de pratiques transmis socialement.

Explication

La culture correspond à des savoirs et pratiques partagés et transmis socialement au sein d’un groupe, plutôt que par héritage génétique. L’héritage génétique confond les deux modes de transmission ; la cognition individuelle ne définit pas une pratique collective transmise ; l’agentivité porte sur l’action sur l’environnement.

26. Une personne se laisse toucher par un paysage et lui répond par une attention et une conduite renouvelées. Quelle notion de Hartmut Rosa décrit cette relation au monde ?

L’aliénation, incapacité à établir une relation sensible au monde.
La résonance, capacité à éprouver le monde et à y répondre.
Le désenchantement, décalage entre paradigme naturaliste et sensibilité.
La disponibilité, capacité à rendre le monde entièrement maîtrisable.

La résonance, capacité à éprouver le monde et à y répondre.

Explication

Pour Hartmut Rosa, la résonance est la capacité humaine à éprouver le monde et à y répondre, et elle s’oppose à l’aliénation. La maîtrise du monde ne définit pas cette relation ; l’aliénation en est l’antithèse ; le désenchantement désigne le décalage entre paradigme naturaliste et sensibilité contemporaine à la nature.

27. Dans le cadre de la réflexion de Hartmut Rosa, que désigne le « désenchantement » lié à la nature ?

Une disparition complète de la sensibilité contemporaine à la nature.
Un décalage entre le paradigme naturaliste et la sensibilité contemporaine à la nature.
Une incapacité individuelle à éprouver le monde et à lui répondre.
Un accord croissant entre le paradigme naturaliste et la sensibilité à la nature.

Un décalage entre le paradigme naturaliste et la sensibilité contemporaine à la nature.

Explication

Le désenchantement renvoie au décalage entre le paradigme naturaliste et la sensibilité contemporaine à la nature. Il ne signifie ni disparition de cette sensibilité ni incapacité individuelle à répondre au monde ; l’idée d’un accord croissant inverse le décalage décrit.

28. Un programme répond aux besoins actuels, mais compromet la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Selon la définition du rapport Brundtland, comment faut-il le qualifier ?

Il répond à la définition dès lors qu’il satisfait les besoins actuels
Il répond à la définition s’il exclut toute croissance économique
Il ne répond pas à la définition du développement soutenable
Il répond à la définition s’il préserve chaque élément naturel

Il ne répond pas à la définition du développement soutenable

Explication

Le rapport Brundtland définit le développement soutenable par la satisfaction des besoins présents sans compromettre ceux des générations futures. Se limiter aux besoins actuels omet cette condition intergénérationnelle, tandis que la préservation intégrale et l’absence de croissance ne font pas partie de cette définition.

29. Quel auteur critique l’idée de wilderness comme une conception erronée de la nature dans un texte publié en 1995 ?

William Cronon
Henry David Thoreau
John Muir
Frederick Jackson Turner

William Cronon

Explication

William Cronon critique l’idée de wilderness dans son texte de 1995. Thoreau est associé à la préservation du monde, Muir au sublime et Turner à la frontière.

30. Une exposition présente humains, plantes et autres êtres comme des composantes mêlées d’un même monde, sans les séparer en deux domaines distincts. Quelle conception d’Emanuele Coccia cette représentation illustre-t-elle ?

Une approche fondée sur le point de vue de l’autre et l’attention
Une explication du vivant par l’incorporation symbiotique des mitochondries
Une vision végétale du monde représenté comme mélange
Une conception du vivant centrée sur les microbes et les symbiotes

Une vision végétale du monde représenté comme mélange

Explication

Coccia défend une vision végétale du monde qui refuse la séparation entre humain et non-humain et représente le monde comme un mélange. Le rôle des microbes renvoie à Selosse, l’attention au point de vue de l’autre à Despret, et les mitochondries à Margulis.

31. Une biologiste montre qu’un organisme ne peut être compris comme un individu isolé, car des microbes et des symbiotes contribuent à sa construction et à son fonctionnement. Quelle thèse de Marc-André Selosse cette analyse rejoint-elle ?

La représentation du monde comme mélange abolissant la séparation humain-non-humain
L’explication des mitochondries comme bactéries incorporées par symbiose
La remise en cause de l’individu vivant isolé par le rôle des microbes et des symbiotes
L’adoption du point de vue de l’autre par une éthique de l’attention

La remise en cause de l’individu vivant isolé par le rôle des microbes et des symbiotes

Explication

Selosse conteste l’idée d’un individu vivant isolé en soulignant le rôle des microbes et des symbiotes. Le monde comme mélange est associé à Coccia, les mitochondries à Margulis, et l’éthique de l’attention à Despret.

32. Quelle relation de causalité Charles Stépanoff établit-il entre les capacités humaines d’attachement et les domestications animales et végétales ?

La maîtrise technique de la nature a produit les dispositions humaines à créer des liens de parenté et d’attachement.
Les domestications ont d’abord fait naître les dispositions humaines à créer des liens de parenté et d’attachement.
Les dispositions humaines à créer des liens de parenté et d’attachement polymorphe ont rendu possibles les domestications.
Les domestications sont apparues indépendamment des dispositions humaines à créer des liens de parenté et d’attachement.

Les dispositions humaines à créer des liens de parenté et d’attachement polymorphe ont rendu possibles les domestications.

Explication

Stépanoff inverse le récit classique : les capacités humaines d’attachement polymorphe ont rendu possibles les domestications. Faire des domestications la cause initiale inverse cette causalité ; les deux autres réponses dissocient ou remplacent à tort le rôle de l’attachement.

33. Une communauté accueille des nourrissons dont les façons de communiquer lui sont d’abord opaques, puis développe aussi des liens avec des animaux d’autres espèces. Quelle idée de Stépanoff cette situation illustre-t-elle ?

L’attachement aux nourrissons prépare les humains à nouer des liens avec des animaux par une communication transparente.
L’attachement aux nourrissons concerne les relations humaines, tandis que les liens avec les animaux relèvent d’un autre modèle.
L’attachement aux nourrissons transmet des techniques de gestion nécessaires à la domestication animale.
L’attachement aux nourrissons peut servir de modèle à une socialité étendue au-delà des frontières humaines.

L’attachement aux nourrissons peut servir de modèle à une socialité étendue au-delà des frontières humaines.

Explication

Pour Stépanoff, la disposition à créer des liens avec des nourrissons aux confins de l’humanité peut s’étendre aux animaux et à d’autres êtres. Réduire ce modèle à une transmission de techniques, à une communication transparente ou aux seules relations humaines manque cette extension de la socialité.

34. Dans une relation durable avec une espèce, des humains pratiquent l’apprivoisement et la gestion, tandis que les animaux manifestent de l’anthropophilie et du commensalisme; les deux côtés en tirent profit. Comment Stépanoff qualifierait-il cette relation ?

Une gestion animale, même si les bénéfices reviennent principalement aux humains.
Une domestication, issue de la convergence durable d’initiatives humaines et non humaines à bénéfice réciproque.
Un commensalisme, sans convergence avec des initiatives ou dispositions humaines.
Un apprivoisement, même si les initiatives humaines et animales ne convergent pas durablement.

Une domestication, issue de la convergence durable d’initiatives humaines et non humaines à bénéfice réciproque.

Explication

La domestication désigne une relation durable et réciproquement profitable où convergent les dispositions humaines et non humaines. L’apprivoisement seul ne suffit pas à caractériser cette convergence ; une relation à bénéfice principalement humain ou sans dispositions humaines ne répond pas à la définition.

35. Un projet de partenariat avec des animaux cherche à dépasser le point de vue humain et à penser ensemble nature et culture. Quelle approche correspond à la proposition de Donna Haraway dans Dog Manifesto ?

Nouer des partenariats avec les animaux en dépassant l’anthropocentrisme et en pensant la natureculture.
Étudier les relations contingentes entre espèces à partir du matsutake et de la natureculture.
Nouer des partenariats avec les animaux en séparant les processus naturels des pratiques culturelles.
Nouer des partenariats avec les animaux en maintenant les intérêts humains comme mesure centrale.

Nouer des partenariats avec les animaux en dépassant l’anthropocentrisme et en pensant la natureculture.

Explication

Haraway propose de dépasser l’anthropocentrisme, de nouer de nouveaux partenariats avec les animaux et de penser la natureculture. Séparer nature et culture contredit ce cadre ; l’étude du matsutake et des relations contingentes entre espèces renvoie plutôt à Tsing.

36. Une chercheuse étudie comment des espèces se développent ensemble dans un milieu transformé par les activités capitalistes, en suivant les relations imprévisibles autour d’un champignon. Quelle démarche rejoint celle d’Anna Tsing ?

Examiner la viabilité et l’évolution en dépassant l’anthropocentrisme par des partenariats animaux.
Examiner la viabilité et l’évolution à partir de relations interespèces stables et prévisibles.
Examiner la viabilité et l’évolution à partir de relations interespèces inédites, imprévisibles et contingentes.
Examiner la viabilité et l’évolution à partir du développement isolé d’une espèce dominante.

Examiner la viabilité et l’évolution à partir de relations interespèces inédites, imprévisibles et contingentes.

Explication

Tsing étudie la viabilité et l’évolution à travers des relations entre espèces inédites, imprévisibles et contingentes, notamment autour du matsutake. L’isolement d’une espèce et la stabilité des relations contredisent cette démarche ; les partenariats animaux associés au dépassement de l’anthropocentrisme caractérisent plutôt Haraway.

37. Quel programme Bernard Lahire défend-il dans *Vers une Science sociale du vivant* ?

Mettre en lien les sciences sociales et les sciences de la vie, notamment pour étudier les conséquences de l’altricialité secondaire humaine
Ramener l’étude des sociétés humaines aux seules sciences de la vie et à leurs mécanismes
Centrer le rapprochement des disciplines sur la sélection de parentèle
Maintenir une séparation entre l’étude des sociétés et celle des phénomènes biologiques

Mettre en lien les sciences sociales et les sciences de la vie, notamment pour étudier les conséquences de l’altricialité secondaire humaine

Explication

Lahire propose de rapprocher les sciences sociales et les sciences de la vie, en étudiant notamment les conséquences de l’altricialité secondaire chez les humains. Réduire l’analyse à la biologie, maintenir une séparation disciplinaire ou se limiter à la sélection de parentèle déforme ce programme.

38. Quelle caractéristique figure parmi les grands faits anthropologiques universels recensés par Bernard Lahire ?

Les rapports de domination
L’accroissement démographique tendanciel
La plasticité cérébrale
La production cumulée d’artefacts

La plasticité cérébrale

Explication

La plasticité cérébrale appartient à la liste des grands faits anthropologiques universels de Lahire. Les rapports de domination et la production d’artefacts sont des lignes de force, tandis que l’accroissement démographique tendanciel est une loi.

39. Laquelle de ces propositions est une loi présentée par Bernard Lahire ?

Le fait universel de la grande longévité humaine
La loi de succession hiérarchisée, ou de prévalence de l’antérieur sur le postérieur
La ligne de force des rapports hommes-femmes
La loi de réduction progressive des rapports de domination

La loi de succession hiérarchisée, ou de prévalence de l’antérieur sur le postérieur

Explication

La loi de succession hiérarchisée désigne la prévalence de l’antérieur sur le postérieur et figure dans la liste des lois de Lahire. Les rapports hommes-femmes sont une ligne de force, la grande longévité est un fait anthropologique, et la réduction des rapports de domination n’est pas une loi recensée ici.

40. Une société cherche à réorienter son système technique vers des modes de vie plus soutenables. Quel obstacle décrit Lahire à propos de cette transformation ?

La réorientation est freinée parce que les artefacts accumulés réduisent l’inertie technique
La grande longévité humaine empêche les sociétés de modifier leurs modes de vie
La production cumulée d’artefacts donne au système technique une inertie qui complique sa réorientation
La plasticité cérébrale rend le système technique incapable d’évoluer

La production cumulée d’artefacts donne au système technique une inertie qui complique sa réorientation

Explication

La production cumulée d’artefacts confère une inertie au système technique, ce qui rend difficile sa réorientation vers des modes de vie plus soutenables. Dire que cette inertie interdit toute transformation en exagère la portée; la plasticité cérébrale et la longévité ne sont pas l’obstacle décrit.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 90 flashcards sur Critique du paradigme naturaliste.

Qui a défini la mondiation, et à quelle date ?

Philippe Descola, le 15/02/2022.

Selon Philippe Descola, que suppose à tort l’expression « représentation du monde » ?

Un monde déjà constitué que chacun verrait différemment.

Quelle opposition caractérise le naturalisme occidental ?

L’opposition entre le sujet connaissant et une nature objectivée.

Voir les flashcards →

Approfondir avec la fiche

Consultez la fiche de révision complète sur Critique du paradigme naturaliste.

Voir la fiche →

Cours similaires

Crée tes propres QCM

Importe ton cours et l'IA génère des QCM avec corrections en 30 secondes.

Générateur de QCM