Fiche de révision : Diffusion et transition de puissance

Plan du Cours

  1. Mondialisation et politique mondiale
  2. Étude et concepts des relations internationales
  3. Paradigme réaliste des relations internationales
  4. Internationalisme libéral
  5. Théories marxistes des relations internationales
  6. Approches critiques et déglobalisation
  7. Anarchie et quête de puissance
  8. Équilibre des puissances et alliances
  9. Nye et le décentrement des relations internationales
  10. Interdépendance complexe
  11. Les formes complémentaires de la puissance
  12. Sharp power et influence autoritaire
  13. Smart power et stratégie américaine
  14. L’État et les formes de puissance
  15. Organisations internationales et ONG
  16. Les BRICS et leur cohérence
  17. Les puissances moyennes
  18. Transition et rivalité de puissance

Repères chronologiques

  1. 1949L’intégration des pays européens à l’OTAN aux côtés des États-Unis marque l’acceptation de leur moindre puissance et de la fin de leur domination mondiale antérieure.
  2. 1972Paraît Transnational Relations and World Politics, ouvrage de Joseph Nye et Robert Keohane qui critique le stato-centrisme et met l’accent sur les relations transnationales.
  3. 1977Paraît Power and Interdependence: World Politics in Transition, ouvrage de Joseph Nye et Robert Keohane consacré à l’interdépendance et à la politique internationale.
  4. 2009Le premier sommet des BRIC a lieu.
  5. 2010L’Afrique du Sud rejoint le groupe, qui devient les BRICS.
  6. 2021L’Australie se lie aux États-Unis et au Royaume-Uni par l’alliance AUKUS.
  7. août 2023Les droits chinois sur l’orge australienne sont rétablis.
  8. 2024L’Égypte, l’Éthiopie, l’Iran et les Émirats rejoignent les BRICS.
  9. 2025L’Indonésie rejoint les BRICS.

1. Mondialisation et politique mondiale

Notions clés & Définitions

  • Mondialisation : Processus d’interconnexion croissante entre les sociétés, par lequel les événements d’une région influencent de plus en plus les populations et sociétés éloignées.
  • Mondialisation néolibérale : Idéologie associée à la phase actuelle de l’économie mondiale, fondée sur le capitalisme néolibéral et ayant façonné la politique mondiale depuis la fin des années 1970.

★ À maîtriser

  • Il n’existe pas de conception unique et consensuelle de la mondialisation ni de la politique mondiale contemporaine.

Compléments

  • Les débats sur la mondialisation portent notamment sur la question de savoir si les caractéristiques de la politique mondiale contemporaine diffèrent de celles du passé et si une partie du monde rejette actuellement la mondialisation néolibérale.

  • Les interprétations divergent notamment sur : le changement climatique, les stocks de vaccins constitués par les États riches pendant la pandémie de Covid-19, le vote britannique en faveur de la sortie de l’Union européenne, la crise financière mondiale de 2007-2008, le déclin éventuel de l’ordre mondial dirigé par les puissances occidentales, l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022

Astuce mémo

Interconnexion des sociétés ≠ idéologie du capitalisme néolibéral

2. Étude et concepts des relations internationales

Notions clés & Définitions

  • Puissance : Capacité d’obtenir d’autrui qu’il fasse ce que l’on veut ; le soft power peut conduire quelqu’un à agir sans s’en rendre compte ou sans être d’accord, comme dans l’exemple du cinéma américain.
  • Souveraineté : Autorité exclusive d’un État sur son territoire, associée à la reconnaissance des frontières et à la non-ingérence dans les affaires des autres États.
  • Global IR : Projet intellectuel de transformation des relations internationales visant à intégrer davantage les traditions intellectuelles, les expériences historiques et les perspectives non occidentales dans la production des connaissances de la discipline.

★ À maîtriser

📌 Les relations internationales désignent une discipline universitaire, tandis que la politique mondiale désigne l’objet plus large que cette discipline analyse.

  • Les relations internationales étudient notamment : l’environnement mondial, les pandémies, la guerre et la paix, l’organisation de l’économie mondiale, les causes et conséquences des inégalités mondiales

Compléments

📌 En relations internationales anglo-saxonnes, « state » désigne l’État comme sujet du droit international, et non le gouvernement ou le pays au sens culturel ; il se distingue de la nation, liée au peuple ou au sentiment national.

  • En anglais académique des relations internationales, « empire » peut désigner analytiquement et de façon critique des structures impériales passées ou présentes, y compris informelles ou économiques, et pas seulement un empire historique classique.

  • Le cours associe le courant Global IR à Amitav Acharya et le présente comme favorable à une discipline pluraliste intégrant les expériences non occidentales.

3. Paradigme réaliste des relations internationales

★ À maîtriser

  • Les principaux théoriciens réalistes cités sont Hans Morgenthau, auteur de Politics Among Nations (1948), et Kenneth Waltz, théoricien du néoréalisme et auteur de Theory of International Politics (1979).

  • Pour le réalisme, les États sont les acteurs centraux, égoïstes et en quête de puissance dans un système international anarchique dépourvu d’autorité supérieure, où ils agissent selon la logique du « self-help ».

  • Dans la perspective réaliste, l’ordre international naît de l’équilibre des puissances.

Compléments

  • E. H. Carr est présenté comme un précurseur du réalisme avec The Twenty Years' Crisis (1939). - E.H. Carr

  • John Mearsheimer est cité pour The Great Delusion: Liberal Dreams and International Realities (2018). - John MERSHEIMER

  • Le système international peut être :

    • bipolaire
    • multipolaire
    • unipolaire

📌 La politique étrangère n’est pas nécessairement le reflet de la politique intérieure : un État peut promouvoir l’égalité et les droits humains sur son territoire tout en menant une guerre à l’étranger.

4. Internationalisme libéral

Notions clés & Définitions

  • Constructivisme social : Considère que les structures et les intérêts des États sont construits socialement plutôt que donnés naturellement.

★ À maîtriser

📌 L’internationalisme libéral conteste que l’anarchie conduise nécessairement au conflit et met l’accent sur la coopération et les institutions internationales plutôt que sur la seule puissance militaire.

  • Alexander Wendt affirme que « l’anarchie est ce que les États en font » dans l’article « Anarchy is What States Make of It » (1992).

Compléments

  • L’internationalisme libéral considère les individus et les sociétés comme capables de progresser, et le capitalisme ainsi que la démocratie représentative comme bénéfiques.

  • Pour l’internationalisme libéral, l’État est un acteur parmi d’autres, aux côtés des entreprises transnationales et des organisations internationales.

  • Nye souligne que les relations internationales ne se réduisent pas à une opposition entre gagnant et perdant et que la coopération peut aussi accroître la puissance.

  • Alexander Wendt publie Social Theory of International Politics en 1999.

  • Nicholas Onuf a inventé le terme « constructivisme » en relations internationales dans World of Our Making (1989).

Astuce mémo

La coopération complète la puissance militaire

5. Théories marxistes des relations internationales

Notions clés & Définitions

  • Théories marxistes : Les théories marxistes des relations internationales analysent le monde comme une économie capitaliste mondiale inégale, structurée par les classes plutôt que par les États.
  • Systèmes-monde : La théorie des systèmes-monde décrit une hiérarchie économique mondiale composée d’un centre, d’une semi-périphérie et d’une périphérie exploitée.

Points essentiels

  • Dans L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme (1917), Vladimir Lénine interprète la rivalité entre États comme une expression de la concurrence capitaliste plutôt que de la nature humaine égoïste.

  • Immanuel Wallerstein développe la théorie des systèmes-monde dans The Modern World-System (1974), qui distingue le centre, la semi-périphérie et la périphérie.

  • Dans l’article « Social Forces, States and World Orders » (1981), Robert Cox soutient que toute théorie sert quelqu’un et poursuit un objectif, et que le réalisme n’est donc pas neutre mais contribue au maintien de l’ordre existant.

6. Approches critiques et déglobalisation

Notions clés & Définitions

  • Théories féministes : Les théories féministes étudient comment le genre structure la politique mondiale, au-delà de la seule place des femmes.

★ À maîtriser

  • Les approches postcoloniales et décoloniales considèrent les grandes théories des relations internationales comme eurocentriques, car elles sont nées en Europe en réponse à des problèmes européens.

Compléments

  • Les approches postcoloniales et décoloniales interrogent la manière dont les théories dominantes ont justifié la domination du Sud global et négligé la question raciale jusqu’à récemment.

📌 Le féminisme du standpoint prend l’expérience vécue des femmes comme point de départ théorique, plutôt que les prétendues règles objectives du réalisme.

  • La thèse de la déglobalisation s’appuie notamment sur :

    • la guerre entre la Russie et l’Ukraine
    • les dirigeants Trump, Modi et Johnson
    • les tensions entre la Chine et Taïwan
    • le Brexit
  • Les arguments opposés à la déglobalisation citent : le réchauffement climatique, les vaccins contre la Covid-19, l’immigration, le commerce mondial, qui a augmenté de 9 % par rapport à l’avant-Covid

  • Selon la thèse présentée, il s’agit d’une nouvelle forme de mondialisation plutôt que d’une déglobalisation.

7. Anarchie et quête de puissance

★ À maîtriser

  • Selon J. Mearsheimer, la confiance entre États ne peut jamais être totale, ce qui les pousse à devenir aussi puissants que possible pour éviter attaque, invasion ou soumission aux injonctions d’un autre État. - J. MERSHEIMER

Compléments

  • Au cœur de la géopolitique se trouve le rapport entre puissance et espace.

  • La Corée du Nord, malgré son faible PIB et son isolement, possède l’arme nucléaire et effectue des tirs d’essai vers la Corée du Sud pour afficher sa puissance et dissuader une intervention.

  • Dans une course à la puissance, les États peuvent être qualifiés de grandes puissances tandis que d’autres sont condamnés à subir leur domination.

Astuce mémo

Insécurité → accumulation de puissance

8. Équilibre des puissances et alliances

Notions clés & Définitions

  • Balance of power : Recherche d’alliances avec d’autres petits États ou avec une autre grande puissance lorsqu’un État ne peut rivaliser seul avec son voisin puissant.
  • Puissance : Thucydide - Consiste à faire plier autrui et à imposer sa domination.
  • Puissance internationale : R. ARON - Capacité d’une unité politique à imposer sa volonté aux autres unités politiques.

★ À maîtriser

📌 Pour Raymond Aron, la puissance n’est pas un absolu, mais une relation humaine entre unités politiques. - R. ARON

Compléments

  • La recherche de partenariats et d’alliances peut accompagner la course à la puissance.

  • Après les guerres, les pays européens ont perdu leur puissance, y compris ceux qui en sont sortis vainqueurs.

  • Dans le dialogue rapporté par Thucydide, les Athéniens soutiennent que les forts dominent ceux qui cèdent et respectent ceux qui résistent. - Histoire de la guerre du Péloponnèse

Astuce mémo

Petit isolé face au grand, petit allié face au grand

9. Nye et le décentrement des relations internationales

Notions clés & Définitions

  • Relations transnationales : Joseph Nye et Robert Keohane, Transnational Relations and World Politics, 1972 - Mouvements d’entités tangibles ou intangibles à travers les frontières nationales lorsqu’au moins un acteur n’est ni un agent d’un gouvernement ni un agent d’une organisation intergouvernementale.

★ À maîtriser

  • Joseph Nye critique le stato-centrisme des relations internationales et souligne l’importance des acteurs non étatiques et des interdépendances.

Compléments

  • Dans les années 1970, Joseph Nye et Robert Keohane développent le courant néolibéral en réaction au néoréalisme dominant associé à Kenneth Waltz.

  • Transnational Relations and World Politics étudie notamment les firmes multinationales ainsi que des acteurs non économiques comme l’Église catholique romaine et la Fondation Ford. - Joseph Nye et Robert Keohane, 1972

  • Les relations transnationales posent la difficulté d’analyser les interactions complexes entre acteurs privés et publics.

10. Interdépendance complexe

Notions clés & Définitions

  • Interdépendance complexe : Joseph Nye et Robert Keohane, 1977 - Situation où chaque acteur est sensible et vulnérable aux comportements des autres acteurs du système, et réciproquement.

★ À maîtriser

📌 Joseph Nye et Robert Keohane estiment que l’attractivité du recours à la violence à des buts politiques diminue lorsque l’interdépendance augmente, tout en soulignant que ses coûts peuvent dépasser les bénéfices potentiels de la coopération.

  • Les trois dimensions sont :

    • la place des États comme acteurs dominants agissant en unités cohérentes
    • l’efficacité possible de la force militaire comme instrument étatique
    • la domination de la sécurité militaire nationale dans l’agenda de politique étrangère
  • Dans les interdépendances complexes, les sociétés nationales interagissent par des canaux multiples, sans hiérarchie ordonnée autour d’un agenda politique donné, et la force militaire est peu utile.

  • Les quatre modèles explicatifs reposent sur :

    • les processus économiques
    • la structure globale du pouvoir
    • la structure du pouvoir au sein des domaines sectoriels
    • les capacités de puissance telles qu’affectées par l’organisation internationale

Compléments

  • Power and Interdependence examine le rôle des acteurs non étatiques, des techniques étatiques non militaires et des variables économiques dans la politique internationale. - Joseph Nye et Robert Keohane, 1977

  • Joseph Nye et Robert Keohane organisent Power and Interdependence autour de deux questions : les caractéristiques de la politique internationale lorsque l’interdépendance économique est importante, et les causes et modalités du changement des régimes internationaux.

  • Joseph Nye et Robert Keohane distinguent deux catégories d’analyse du système international : le réalisme et les interdépendances complexes.

  • Les études de cas portent sur :

    • les relations monétaires internationales
    • la politique de la mer
    • les relations américano-canadiennes
    • les relations américano-australiennes

11. Les formes complémentaires de la puissance

Notions clés & Définitions

  • Puissance : Nye, Future of power, 2011 - Capacité d’agir et, en situation sociale, d’influencer autrui afin d’obtenir les résultats souhaités.

★ À maîtriser

📌 La puissance ne se réduit pas à la coercition ou à la puissance « sur » autrui : elle peut aussi reposer sur la coopération, ou puissance « avec ».

📌 Le hard power et le soft power sont deux faces complémentaires de la puissance et ne se remplacent pas.

  • Le spectre des comportements de puissance va de « command », qui domine, à « co-opt », qui consiste à influencer ou à faire converger les partenaires vers ses positions.

  • Le hard power comprend la coercition, qui mobilise notamment menaces, pressions, force militaire ou sanctions, et l’incitation, qui peut recourir à des moyens économiques tels que paiements et pots-de-vin.

  • Le soft power comprend la fixation des priorités de l’agenda politique et l’attractivité, qui peut amener autrui à partager une position sans percevoir l’influence comme une contrainte.

Compléments

  • Selon Joseph Nye et Robert Keohane, la coopération peut permettre d’obtenir des résultats que les acteurs ne pourraient atteindre seuls par leur puissance individuelle.

  • Les institutions internationales et les réunions comme l’ONU, l’OMC, les sommets de l’Union européenne ou le G7 peuvent servir à fixer les priorités de l’agenda politique.

Astuce mémo

De « command » à « co-opt », la puissance passe de la domination à l’influence.

12. Sharp power et influence autoritaire

Notions clés & Définitions

  • Guerre informationnelle : David COLON, Comment les États mettent-ils en œuvre la guerre de l’information ?, 28 novembre 2023 - Conflit visant à conquérir les esprits en mobilisant notamment le sharp power et en militarisant l’information.

★ À maîtriser

📌 Le soft power ne se confond pas avec la simple diffusion de produits culturels ou la propagande : il repose sur l’attractivité, et un régime autoritaire ne produit pas nécessairement de l’attraction hors de régimes comparables.

📌 Le sharp power est présenté comme une forme de hard power reposant sur la subversion, l’intimidation, les pressions et la désinformation.

  • Pékin poursuit en Europe trois objectifs :
    • construire un réseau de politiciens, entrepreneurs et journalistes favorables à sa politique
    • affaiblir l’unité occidentale
    • faire de son système une alternative crédible

Compléments

  • Joseph Nye a forgé le concept de soft power en 1990.

  • Le soft power est souvent réduit à la puissance par la culture, l’image et le rayonnement, mais cette acception ne rend pas compte à elle seule du concept de Nye.

  • Christopher Walker et Jessica Ludwig opposent, dans « From ‘Soft Power’ to ‘Sharp Power’: Rising Authoritarian Influence in the Democratic World » (2017), le sharp power des régimes autoritaires au soft power des démocraties. - Christopher Walker and Jessica Ludwig

  • Les pays cités comme recourant le plus au sharp power sont :

    • la Chine
    • la Russie
    • l’Iran
    • l’Arabie saoudite
    • les Émirats arabes unis
  • La propagande russe, notamment celle de Wagner, puis de l’Africa Corps, a mené des campagnes antifrançaises au Burkina Faso et au Mali afin de décrédibiliser la France et de promouvoir la présence russe.

Astuce mémo

L’attraction du soft power s’oppose à la subversion du sharp power

13. Smart power et stratégie américaine

Notions clés & Définitions

  • Smart power : Joseph NYE, Futur of power - Capacité de combiner le hard power et le soft power dans des stratégies effectives.

★ À maîtriser

  • Dans son audition de confirmation au Sénat en janvier 2009, Hillary Clinton définit le smart power comme le choix du bon outil diplomatique, économique, militaire, politique, légal ou culturel, ou de la combinaison adaptée à chaque situation. - H. CLINTON

  • Pour contenir la Chine, les États-Unis ont combiné le TPP, traité de libre-échange sans la Chine, et la doctrine du pivot, qui prévoit de faire passer la répartition de la flotte de 50/50 à 40/60 en faveur de l’Indo-Pacifique.

Compléments

  • Joseph Nye et Susan Nossel sont associés à la pensée du smart power en 2004.

  • Sous Obama, le soft power est devenu l’objectif numéro un du gouvernement américain.

Astuce mémo

Ulysse choisit le bon outil plutôt que de frapper chaque problème avec le même marteau

14. L’État et les formes de puissance

Notions clés & Définitions

  • Puissance : Aron, Sur, Nye - La puissance est la capacité d’affecter autrui et s’exerce comme une relation plutôt qu’elle ne se possède.
  • Puissance déléguée : La puissance déléguée est illustrée par Wagner, utilisé comme outil avant sa réintégration à l’État russe sous la forme de l’Africa Corps.

★ À maîtriser

  • Selon Joseph Nye et Robert Keohane, l’État ne détient plus aujourd’hui le monopole de l’exercice de la puissance, dans le cadre du libéralisme et de l’interdépendance complexe.

  • Le cas Starlink montre qu’une entreprise peut influencer un pays en fournissant ou en retirant l’accès à une technologie, sans être pour autant présentée comme plus puissante qu’un État.

  • Le 6 juin 2025, Wagner quitte le Mali, tandis que l’Africa Corps, placé sous le commandement direct du ministère russe de la Défense, y reste.

Compléments

  • L’analyse de la puissance pose trois questions :

    • quelle ressource est mobilisée
    • quelle relation est en jeu
    • quelle légitimité la soutient
  • Le Qatar est présenté comme un petit État jouant un rôle de médiateur dans les conflits du Moyen-Orient, notamment avec les États-Unis, la Turquie et l’Égypte dans le cessez-le-feu à Gaza du 10 octobre 2025.

  • En mars 2025, Elon Musk affirme que le front ukrainien s’effondrerait sans Starlink, dont la Pologne paie une partie de l’accès, estimée à environ 50 millions de dollars par an selon son ministre.

15. Organisations internationales et ONG

★ À maîtriser

  • Les organisations internationales demeurent le cadre et l’instrument des États, selon la formule « No nightwatch ».

  • Lors du vote de l’Assemblée générale de l’ONU du 2 mars 2022 condamnant l’invasion russe de l’Ukraine, 141 pays ont voté la condamnation, tandis que 5 pays ont voté contre ; ces cinq pays représentent environ 2,6 % de la population mondiale.

  • La Chine, la Russie et les États-Unis n’ont pas ratifié le Statut de Rome, traité permettant de poursuivre des criminels devant la Cour pénale internationale et prévoyant la coopération des États parties pour les arrêter.

  • Les ONG peuvent exercer un pouvoir de crédibilité et de réputation en dénonçant les États qui ne respectent pas les règles ou agissent de manière jugée immorale.

  • Dans The Future of Power (2011), Nye décrit une puissance qui se transfère entre États, de l’Ouest vers l’Asie, et se diffuse des États vers des acteurs non étatiques.

  • L’échiquier à trois niveaux de Nye distingue :

    • un niveau militaire unipolaire
    • un niveau économique multipolaire
    • un niveau transnational diffus, hors du contrôle des gouvernements
  • Dans The Post-American World (2008), Fareed Zakaria décrit la montée des autres puissances comme « the rise of the rest », et non comme le déclin des États-Unis.

Compléments

  • Les pays qui ont voté contre la condamnation de la Russie refusaient notamment de s’aligner sur l’Occident, comme la Chine.

  • Le Japon est présenté comme un exemple d’État dénoncé par des ONG pour continuer à pêcher des baleines protégées et ne pas suivre les quotas.

  • L’Inde et la Chine sont citées parmi les pays dont la montée illustre la diffusion de la puissance.

Astuce mémo

Les États fixent le cadre ; les ONG pèsent sur l’agenda et la réputation.

16. Les BRICS et leur cohérence

★ À maîtriser

  • Le terme « BRIC » a été créé en 2001 par Jim O’Neill de Goldman Sachs. - Jim O'Neill (Goldman Sachs)

📌 Les BRICS sont un groupe de grandes puissances économiques émergentes qui se sont accordées sur le plan économique, mais leur cohérence politique est limitée par des divisions internes.

Compléments

  • En 2026, les BRICS comptent 11 membres et 10 partenaires sous présidence indienne, mais les décomptes varient.

  • La Chine et l’Inde sont en rivalité frontalière, se sont affrontées à Galwan en 2020 et se disputent le leadership du Sud global.

  • La Chine et l’Inde se sont prononcées contre la réforme du Conseil de sécurité, alors que l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud demandent un siège.

  • Les rivalités entre l’Iran et les Émirats, ainsi qu’entre l’Égypte et l’Éthiopie autour du barrage de la Renaissance, traversent les BRICS.

  • Malgré leurs conflits internes, les membres des BRICS s’accordent sur leur opposition à l’Occident.

17. Les puissances moyennes

★ À maîtriser

  • La puissance moyenne peut être définie par la position d’un État dans les classements de PIB, de défense et de population, entre grandes et petites puissances.

  • De 2020 à 2023, la Chine a imposé à l’Australie des droits d’environ 80 % sur l’orge et a frappé son vin après la demande australienne d’une enquête sur l’origine du Covid-19.

Compléments

  • La puissance moyenne peut aussi se définir par le comportement d’un État : multilatéralisme, médiation et rôle de « bon citoyen international », théorisés par Cooper, Higgott et Nossal au début des années 1990.

  • Gareth Evans associe la puissance moyenne à la « diplomatie de niche ».

  • La puissance moyenne peut enfin se définir par l’auto-identification, lorsqu’un État se qualifie ainsi pour se positionner.

Astuce mémo

Entre deux grands : vulnérabilité économique envers l’un, sécurité auprès de l’autre.

18. Transition et rivalité de puissance

★ À maîtriser

  • Selon A. F. K. Organski, dans World Politics (1958), la guerre survient le plus souvent lorsqu’une puissance montante s’approche de la puissance dominante tout en étant insatisfaite de l’ordre existant.
  • Au Sahel, le soft power de la France n’a pas fonctionné tandis que le sharp power de la Russie a augmenté.

📌 L’affaiblissement d’une puissance ne signifie pas nécessairement le transfert de son influence vers une autre : cette puissance peut se disperser.

Compléments

📌 Dans la théorie de la transition de puissance, la guerre est associée à une égalité approchante entre puissance montante et puissance dominante, et non à la faiblesse seule.

  • Thucydide raconte la guerre entre Athènes et Sparte, qui se termine par la défaite d’Athènes.

  • À Busan en octobre 2025, Washington réduit certains droits de douane et suspend des mesures, tandis que Pékin suspend pour un an les contrôles à l’exportation de terres rares introduits en octobre 2025 et augmente ses achats agricoles.

  • La trêve commerciale entre Washington et Pékin est ensuite prolongée jusqu’au 10 janvier 2027, d’après l’Atlantic Council et la presse.

  • L’influence de la France en Afrique est aujourd’hui très réduite, notamment en raison de ses erreurs diplomatiques et pas seulement de l’action de la Russie.

  • La fragmentation sociétale et politique des États-Unis est présentée comme particulièrement importante et dangereuse pour le pays.

Astuce mémo

Une puissance montante approche la dominante et conteste l’ordre → risque de guerre.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Diffusion et transition de puissance avec 55 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Une crise sanitaire survenue dans un pays modifie rapidement les conditions de vie de populations éloignées. Quelle notion décrit ce processus d’influences à distance entre sociétés ?

2. Comment caractériser les conceptions de la mondialisation et de la politique mondiale contemporaines ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Diffusion et transition de puissance avec 95 flashcards interactives.

Que désigne la mondialisation, au sens simple ?

L’interconnexion croissante des sociétés, par laquelle les événements d’une région influencent de plus en plus les populations éloignées.

Existe-t-il une conception consensuelle de la mondialisation et de la politique mondiale contemporaine ?

Non, il n’existe pas de conception unique et consensuelle.

Que désignent les relations internationales, par opposition à la politique mondiale ?

Une discipline universitaire qui étudie la politique mondiale.

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