Épistémè : savoir vrai et justifié, doxa : opinion non assurée
★ À maîtriser
Selon Hume, l’expérience montre seulement la succession et la conjonction répétée de phénomènes, mais elle ne donne jamais accès à une connexion causale nécessaire. — David Hume
Pour Kant, la sensibilité reçoit les représentations dans les formes a priori de l’espace et du temps, tandis que l’entendement unifie le divers sensible au moyen de concepts et de catégories. — Emmanuel Kant, Critique de la Raison pure
Chez Kant, le phénomène est la réalité telle qu’elle apparaît dans les formes de l’espace et du temps et selon les catégories de l’entendement, tandis que le noumène est la chose en soi inaccessible à l’expérience.
Compléments
📌 Chez Locke, les idées simples sont reçues passivement par l’esprit à partir des sensations, tandis que les idées complexes résultent de l’activité de l’esprit qui combine ces idées simples. — John Locke, Essai sur l’entendement humain, 1690
📌 Selon Hume, toute idée qui ne dérive pas d’une impression sensible est dépourvue de signification et doit être abandonnée. — David Hume, Traité de la nature humaine, 1739
Platon privilégie les Idées, Locke et Hume l’expérience, Kant leur articulation
★ À maîtriser
Compléments
Observer des cas particuliers → induire une loi générale → prédire
★ À maîtriser
L’inductivisme naïf impose trois conditions:
Dans le modèle inductiviste, l’observation d’un grand nombre de faits particuliers permet d’induire une loi générale, dont on déduit ensuite des prédictions particulières.
Compléments
📌 L’empirisme inductif considère que la connaissance vient des sens et que l’observation fournit la base objective de la science.
Observations particulières → loi universelle → prédictions particulières
★ À maîtriser
📌 Un raisonnement inductif peut partir de prémisses vraies et aboutir à une conclusion fausse, comme lorsque l’observation de nombreux cygnes blancs ne permet pas d’établir que tous les cygnes sont blancs.
📌 La rencontre d’un seul cygne noir suffit à réfuter l’énoncé universel selon lequel tous les cygnes sont blancs.
Compléments
Prémisses vraies ≠ conclusion universelle garantie
📌 Selon Duhem et Quine, les faits expérimentaux ne sont pas bruts ou purs, car l’observation et l’expérience sont toujours informées par une théorie préalable.
📌 Une expérience d’application produit un effet prévu par une loi, une expérience d’épreuve tente de contester une loi, et une expérience cruciale prétend choisir entre deux théories concurrentes.
Théorie préalable → sélection des faits → interprétation de l’expérience
★ À maîtriser
📌 Comte affirme que l’observation et l’expérience justifient les théories, tout en reconnaissant que des vues spéculatives préalables orientent la collecte et la combinaison des observations. — Auguste Comte, Discours sur l’esprit positif, 1842
Compléments
Recherche des causes absolues contre recherche des lois observables
★ À maîtriser
📌 Le positivisme logique distingue les vérités analytiques, soumises aux règles de la logique mais n’informant pas sur le réel, et les vérités synthétiques, informant sur l’état du monde mais posant un problème de validité formelle inductive.
📌 Le fondationnalisme de Carnap affirme que toute connaissance scientifique repose sur des données observationnelles et expérimentales, tandis que le cohérentisme de Neurath fait de la cohérence du système d’énoncés scientifiques le critère de validité.
Compléments
Logique pour les vérités analytiques, expérience pour les vérités synthétiques
📌 La vérification ne peut pas établir une loi universelle à partir de cas particuliers, tandis qu’un seul cas particulier contraire peut falsifier une loi universelle, ce que Popper appelle l’asymétrie entre vérifiabilité et falsifiabilité. — Karl Popper
📌 Pour Popper, tout ce qui n’est pas falsifiable n’est pas scientifique, même si cela possède un sens politique, moral ou esthétique, car la falsifiabilité est un critère de démarcation et non un critère de sens.
Prédiction déduite → test expérimental → théorie maintenue provisoirement ou réfutée
📌 Pour Kuhn, deux paradigmes successifs sont incommensurables, car ils correspondent à deux visions du monde et à deux cadres conceptuels qui ne se mesurent pas selon une même référence neutre. — T. S. Kuhn, La structure des révolutions scientifiques, 1962
📌 Kuhn affirme que toute observation dépend d’une théorie sous-jacente, ce qui rend les énoncés d’observation faillibles et provisoires plutôt que purs et définitivement décisifs contre une théorie. — T. S. Kuhn, La structure des révolutions scientifiques, 1962
Pendant la science normale, les chercheurs améliorent théoriquement et instrumentalement le paradigme dominant et cherchent à résoudre les énigmes que lui oppose la nature. — T. S. Kuhn, La structure des révolutions scientifiques, 1962
🔄 Le progrès scientifique kuhnien comporte quatre étapes : (T. S. Kuhn, 1962):
Pré-science → science normale → crise → nouvelle science normale
★ À maîtriser
📌 Pour Kuhn, les paradigmes sont incommensurables parce qu’ils diffèrent non seulement par leurs lois et hypothèses, mais aussi par leurs options conceptuelles fondamentales.
Kuhn soutient que les anomalies ne falsifient pas immédiatement un paradigme, car les scientifiques modifient les lois, les définitions, les concepts ou les instruments afin de le protéger.
La conception kuhnienne est accusée de relativisme parce qu’une théorie n’y est pas absolument plus vraie qu’une autre, mais jugée meilleure selon les normes historiques de la communauté scientifique. — Kuhn
🔄 Le développement scientifique suit plusieurs étapes (Kuhn):
Compléments
Science normale → anomalies → crise → nouveau paradigme
★ À maîtriser
📌 Lakatos rejette à la fois la falsification de toute la théorie et l’impossibilité de toute falsification : seules les hypothèses de la ceinture protectrice sont directement exposées à la remise en cause.
Compléments
Noyau dur protégé, ceinture protectrice falsifiable
📌 Pour Feyerabend, un penseur respectable développe un programme de recherche, obtient des résultats et les communique avec publicité et transparence, contrairement au penseur extravagant qui se contente d’une affirmation. — Paul Feyerabend
Paul Feyerabend soutient dans Contre la méthode qu’il n’existe pas de procédure scientifique unique, objective et rationnelle permettant de choisir entre toutes les théories, d’où sa formule « tout est bon ». — Contre la méthode. Esquisse d’une théorie anarchiste de la connaissance, 1979
Feyerabend défend une attitude humaniste centrée sur la liberté de pensée et refuse l’hégémonie de la physique comme modèle obligatoire pour toutes les disciplines. — Paul Feyerabend
Absence de règle unique → liberté méthodologique chez Feyerabend
★ À maîtriser
📌 L’internalisme fait dépendre la justification d’un état mental accessible au sujet, tandis que l’externalisme privilégie des données objectives ou des processus cognitifs indépendants de la conscience du sujet.
Gettier montre que la croyance vraie et justifiée ne suffit pas à constituer une connaissance, car une croyance peut être vraie par accident ou dépendre indirectement d’une proposition fausse. — Edmund L. Gettier, Is Justified True Belief knowledge?, 1963
Selon Alvin I. Goldman, le statut justificatif d’une croyance dépend de la fiabilité du processus qui la produit, c’est-à-dire de sa tendance à produire des croyances vraies plutôt que fausses. — Qu’est-ce qu’une croyance justifiée
Compléments
Croyance vraie justifiée ≠ connaissance certaine
📌 L’externalisme affirme qu’une personne peut savoir quelque chose sans savoir qu’elle le sait, car seules comptent les conditions objectives du savoir : la vérité de la proposition et la fiabilité du processus qui y conduit.
📌 Le faillibilisme admet qu’une croyance puisse être vraie et justifiée malgré une possibilité résiduelle d’erreur, tandis que l’infaillibilisme exige une connaissance exempte de tout doute ou erreur.
Fiabilité imparfaite → faillibilisme → risque sceptique
★ À maîtriser
📌 Selon Lewis, la règle d’Actualité interdit d’ignorer la possibilité qui est actuellement le cas, la règle de Croyance interdit d’ignorer une possibilité que le sujet croit ou est justifié à croire, et la règle de Ressemblance interdit d’ignorer une possibilité ressemblant de manière saillante à une possibilité non négligeable. — David K. Lewis, Insaisissable connaissance
Compléments
Contexte ordinaire : savoir pratique ; contexte philosophique : doute radical
📌 Meyerson soutient qu’il existe une continuité entre connaissance ordinaire et connaissance scientifique, car toutes deux cherchent naturellement les causes des phénomènes et la science reste adossée à une ontologie issue du sens commun. — Emile Meyerson, Identité et Réalité, 1908
📌 Bachelard soutient que les sciences progressent par ruptures successives et que les connaissances empiriques quotidiennes constituent des obstacles épistémologiques à l’acquisition de connaissances scientifiques abstraites et générales. — Gaston Bachelard, La Formation de l’esprit scientifique, 1938
Meyerson : continuité causale ; Bachelard : ruptures épistémologiques
La notion de précurseur présente l’histoire des sciences comme une progression linéaire et cumulative du faux vers le vrai, mais elle est jugée peu féconde parce qu’elle nivelle les différences historiques, théoriques et pratiques entre les doctrines.
L’approche externaliste étudie les conditions sociales, professionnelles et institutionnelles du travail scientifique, tandis que l’approche internaliste s’attache principalement au contenu des savoirs scientifiques.
Une conception réaliste considère qu’une loi scientifique décrit un fait réel et explique nécessairement le phénomène auquel elle s’applique, tandis qu’une conception antiréaliste la traite comme une représentation utile des régularités observables.
Pour Duhem, les théories scientifiques ne visent pas à expliquer des entités cachées, mais à « sauver les phénomènes » en représentant mathématiquement les régularités observables et en permettant leurs prédictions. — Pierre Duhem, Sauver les apparences : essai sur la notion de théorie physique de Platon à Galilée, 2003
J. A. Fodor distingue le physicalisme des occurrences, selon lequel tous les événements sont physiques, du physicalisme des types, selon lequel toutes les propriétés mentionnées par les sciences sont des propriétés physiques.
Le dualisme cartésien distingue substantiellement le corps étendu et l’esprit immatériel, tandis que le monisme de Spinoza considère le corps et l’esprit comme deux attributs d’une même substance, la nature ou Dieu.
Le fonctionnalisme distingue la fonction psychologique d’un état mental de la structure physique particulière qui la réalise, ce qui permet de maintenir un physicalisme non réducteur et une certaine autonomie de la psychologie.
Selon le modèle de Nagel, une réduction interthéorique exige que les lois de la théorie à réduire soient logiquement déduites des lois de la théorie réductrice et que des principes-ponts traduisent ses prédicats dans le vocabulaire réducteur. — Ernest Nagel
La controverse entre Louis Pasteur et Félix-Archimède Pouchet, menée entre 1859 et 1864, oppose la théorie de la génération spontanée défendue par Pouchet à l’explication microbienne défendue par Pasteur. — Bruno Latour, Pasteur. Bataille contre les microbes, 1985
Dans l’expérience de Pasteur, les microbes apparaissent lorsque le ballon est ouvert, mais ils n’apparaissent pas lorsque le ballon possède un col long et sinueux, ce qui conduit à attribuer leur présence à une contamination par l’air ambiant.
Précurseurs → paradigmes → révolutions → méta-induction pessimiste
| Raisonnement | Point de départ | Point d’arrivée | Statut logique |
|---|---|---|---|
| Induction | Énoncés singuliers | Énoncé universel | Conclusion non nécessaire |
| Déduction | Énoncé général | Énoncé particulier | Conclusion nécessaire si les prémisses sont vraies |
| Critère | Type de raisonnement | Statut de la théorie |
|---|---|---|
| Vérification | Induction | La confirmation ne prouve jamais définitivement la théorie |
| Falsification | Déduction | La théorie est provisoirement retenue si elle n’est pas réfutée |
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Qui a employé pour la première fois le terme « epistemology » et quand ?
James Frederick Ferrier en 1856.
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