QCM : Épistémologie et unité des sciences — 62 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle caractéristique distingue principalement un savoir scientifique d’une simple opinion ?

Il repose sur une intuition immédiate qui dispense d’examiner ses raisons.
Il exprime une conviction personnelle fondée sur une adhésion collective.
Il prétend dire le vrai, justifie ses énoncés et peut être vérifié.
Il décrit des croyances partagées dont la validité dépend du consensus.

Il prétend dire le vrai, justifie ses énoncés et peut être vérifié.

Explication

Un savoir scientifique vise le vrai, expose les raisons qui fondent ses énoncés et se prête à la vérification. Une opinion peut être largement partagée sans être suffisamment justifiée ni vérifiable.

2. Quelle distinction caractérise le mieux les usages français et anglophone du terme « épistémologie » ?

L’usage français vise davantage les théories scientifiques, tandis que l’usage anglophone renvoie d’abord à la théorie de la connaissance.
L’usage français porte sur la connaissance sensible, tandis que l’usage anglophone étudie les lois scientifiques.
L’usage français désigne surtout l’étude des opinions, tandis que l’usage anglophone concerne les méthodes expérimentales.
L’usage français s’intéresse aux découvertes historiques, tandis que l’usage anglophone analyse les raisonnements mathématiques.

L’usage français vise davantage les théories scientifiques, tandis que l’usage anglophone renvoie d’abord à la théorie de la connaissance.

Explication

Dans l’usage français, l’épistémologie étudie plus spécifiquement les théories scientifiques, alors que l’epistemology anglophone désigne d’abord la théorie de la connaissance. Les autres distinctions ne correspondent pas à cette différence terminologique.

3. Que sont les Idées platoniciennes dans la théorie de Platon ?

Des hypothèses provisoires que l’esprit construit pour organiser des perceptions particulières.
Des essences universelles, éternelles et intelligibles qui donnent aux choses leur être et leur détermination.
Des représentations sensibles et changeantes produites par l’observation du monde matériel.
Des objets physiques permanents dont les propriétés peuvent être mesurées par l’expérience.

Des essences universelles, éternelles et intelligibles qui donnent aux choses leur être et leur détermination.

Explication

Les Idées platoniciennes sont des essences universelles, éternelles et intelligibles qui confèrent aux choses du monde leur être et leur détermination. Elles ne se confondent donc pas avec les objets sensibles, contingents et changeants.

4. Quelle démarche correspond au rationalisme cartésien dans l’élaboration de la connaissance ?

Accorder la primauté à la raison et au sujet grâce à une méthode démonstrative indépendante de l’expérience.
Examiner les limites de la connaissance sans chercher à établir une méthode rationnelle de démonstration.
Déduire les lois de la nature à partir des habitudes formées par la succession des perceptions.
Faire de l’observation répétée des phénomènes le fondement principal de toutes les idées générales.

Accorder la primauté à la raison et au sujet grâce à une méthode démonstrative indépendante de l’expérience.

Explication

Le rationalisme cartésien privilégie la raison et le sujet au moyen d’une méthode démonstrative et a priori, indépendante de l’expérience. L’observation comme source première relève plutôt de l’empirisme.

5. Quelle proposition le cogito cartésien établit-elle ?

La vérité d’une proposition repose sur l’accord durable entre plusieurs individus qui la jugent plausible.
L’existence du monde matériel est immédiatement garantie par la perception consciente des phénomènes.
« Je suis, j’existe » est nécessairement vraie lorsque celui qui pense la prononce ou la conçoit.
Toute connaissance certaine dépend d’une observation répétée des objets extérieurs par les sens.

« Je suis, j’existe » est nécessairement vraie lorsque celui qui pense la prononce ou la conçoit.

Explication

Le cogito établit la certitude de l’existence du sujet au moment même où celui-ci pense : « Je suis, j’existe » est alors nécessairement vraie. La perception extérieure et l’accord collectif ne fournissent pas cette certitude première.

6. Quelle thèse caractérise l’empirisme concernant la formation des connaissances ?

L’expérience fournit la source de la connaissance, dont les idées se forment à partir des données sensibles et de l’activité de l’esprit.
La connaissance consiste à analyser ses limites sans tirer de contenu cognitif des perceptions ou de la réflexion.
Les essences universelles existent séparément des choses et déterminent directement le contenu des pensées humaines.
La raison produit des connaissances certaines au moyen de principes innés indépendants de toute expérience sensible.

L’expérience fournit la source de la connaissance, dont les idées se forment à partir des données sensibles et de l’activité de l’esprit.

Explication

L’empirisme affirme que l’expérience est la source de la connaissance et que les idées se forment à partir des données sensibles ainsi que de l’activité de l’esprit. La primauté de principes rationnels indépendants de l’expérience correspond plutôt au rationalisme.

7. Comment l’induction se distingue-t-elle de la déduction ?

Elle remplace l’observation des faits par une analyse des concepts déjà disponibles.
Elle transforme une prédiction particulière en hypothèse sans formuler de règle générale.
Elle passe d’énoncés singuliers observés à l’énoncé universel d’une loi générale.
Elle part d’une loi générale pour établir une conséquence concernant un cas particulier.

Elle passe d’énoncés singuliers observés à l’énoncé universel d’une loi générale.

Explication

L’induction généralise à partir d’une série finie d’observations particulières pour formuler une loi universelle. La déduction suit le mouvement inverse en appliquant une loi générale à des cas particuliers.

8. Dans une démarche inductive, quelle séquence relie correctement observation, loi et prédiction ?

Une loi générale est posée d’abord, puis des observations particulières la transforment en généralisation inductive.
Des faits particuliers conduisent à une généralisation, puis la loi obtenue sert à déduire des prédictions.
Une prédiction est formulée avant toute observation, puis elle devient une loi par accumulation de cas confirmateurs.
Des observations particulières sont conservées comme faits isolés, sans être intégrées à une règle générale.

Des faits particuliers conduisent à une généralisation, puis la loi obtenue sert à déduire des prédictions.

Explication

La démarche inductive commence par l’observation de faits particuliers, conduit à une loi générale, puis utilise cette loi pour formuler des prédictions par déduction. La prédiction n’est donc pas l’étape qui produit la généralisation inductive.

9. Quel type de raisonnement permet de passer d’une série finie d’énoncés singuliers à un énoncé universel ?

Le raisonnement déductif
Le raisonnement hypothétique
Le raisonnement inductif
Le raisonnement analogique

Le raisonnement inductif

Explication

L’induction généralise à partir de cas particuliers pour formuler un énoncé universel. La déduction suit le chemin inverse, en allant du général vers le particulier.

10. Dans le modèle inductiviste, quelle séquence décrit correctement la construction des connaissances scientifiques ?

Formuler une loi, observer des faits, puis induire des prédictions
Observer des faits, induire une loi, puis déduire des prédictions
Choisir une prédiction, généraliser un cas, puis vérifier une observation
Déduire des faits, formuler une hypothèse, puis observer une loi

Observer des faits, induire une loi, puis déduire des prédictions

Explication

Le modèle inductiviste part d’observations particulières pour établir une loi générale, dont sont ensuite déduites des prédictions particulières. La loi n’est donc pas obtenue après les prédictions.

11. Quelle condition correspond à l’inductivisme naïf lorsqu’il veut établir une loi universelle ?

Observer un seul cas exemplaire et généraliser immédiatement son résultat
Sélectionner quelques observations semblables et retenir une loi adaptée à ces cas
Partir d’une théorie abstraite et déduire les faits qui doivent lui correspondre
Réunir de nombreuses observations variées et rechercher une loi valable pour tous les cas

Réunir de nombreuses observations variées et rechercher une loi valable pour tous les cas

Explication

L’inductivisme naïf exige un grand nombre d’observations réalisées dans des conditions variées, ainsi qu’une loi universelle. Quelques cas semblables ne suffisent pas à satisfaire cette exigence.

12. Que signifie la validité logique d’un raisonnement ?

La vérité des prémisses entraîne nécessairement celle de la conclusion
La conclusion générale dépasse raisonnablement les cas examinés
Le grand nombre de prémisses rend la conclusion probablement vraie
L’accord entre la conclusion et les observations disponibles suffit

La vérité des prémisses entraîne nécessairement celle de la conclusion

Explication

Un raisonnement est logiquement valide lorsque des prémisses vraies imposent nécessairement une conclusion vraie. La probabilité ou le nombre d’observations caractérisent plutôt la portée inductive.

13. Pourquoi l’observation de nombreux cygnes blancs ne permet-elle pas d’établir que tous les cygnes sont blancs ?

Parce qu’une conclusion universelle doit être formulée avant toute observation particulière
Parce que la couleur des cygnes ne peut pas faire l’objet d’un énoncé général
Parce que les observations particulières sont nécessairement dépourvues de valeur scientifique
Parce que des prémisses vraies peuvent conduire inductivement à une conclusion fausse

Parce que des prémisses vraies peuvent conduire inductivement à une conclusion fausse

Explication

L’induction généralise au-delà des cas observés sans garantir logiquement la conclusion universelle. Un cygne non observé peut donc contredire cette généralisation, même si toutes les observations précédentes sont vraies.

14. Quelle observation suffit à réfuter l’énoncé universel « tous les cygnes sont blancs » ?

La répétition d’une observation d’un cygne blanc
L’observation de nombreux cygnes blancs
L’absence d’observation de cygnes pendant une longue période
L’observation d’un seul cygne noir

L’observation d’un seul cygne noir

Explication

Un seul contre-exemple, tel qu’un cygne noir, suffit à rendre faux l’énoncé universel. Des observations supplémentaires de cygnes blancs renforcent l’induction sans la rendre logiquement certaine.

15. Comment Duhem définit-il une théorie scientifique ?

Comme un système de propositions mathématiques représentant un ensemble de lois expérimentales
Comme une copie parfaitement fidèle de la réalité indépendante de toute formulation
Comme une collection de faits observés avant toute construction conceptuelle
Comme une prédiction isolée permettant de remplacer plusieurs lois expérimentales

Comme un système de propositions mathématiques représentant un ensemble de lois expérimentales

Explication

Pour Duhem, une théorie est un système mathématique qui représente aussi simplement, complètement et exactement que possible des lois expérimentales. Elle n’est pas un reflet parfaitement adéquat de la réalité elle-même.

16. Quelle thèse caractérise la conception de Duhem et Quine concernant les faits expérimentaux ?

Les faits expérimentaux sont indépendants des instruments et des attentes du chercheur
Les faits expérimentaux sont recueillis sans concepts avant toute interprétation théorique
Les faits expérimentaux résultent directement d’une loi particulière déjà confirmée
Les faits expérimentaux sont interprétés à la lumière d’hypothèses théoriques préalables

Les faits expérimentaux sont interprétés à la lumière d’hypothèses théoriques préalables

Explication

Duhem et Quine soutiennent que l’observation et l’expérience sont informées par une théorie préalable, si bien que les faits ne sont pas totalement bruts. Cela s’oppose à l’idée d’une collecte neutre de données antérieure à toute hypothèse.

17. Dans l’exemple de Semmelweis, quelle conséquence pratique découle de l’hypothèse d’une contamination par la matière cadavérique ?

Recommander le lavage des mains dans une solution de chlorure de chaux
Remplacer les examens médicaux par une comparaison statistique des symptômes
Augmenter le nombre d’observations sans modifier les pratiques médicales
Tester la théorie en supprimant toute intervention avant l’examen des patientes

Recommander le lavage des mains dans une solution de chlorure de chaux

Explication

L’hypothèse de Semmelweis conduit à proposer le lavage des mains dans une solution de chlorure de chaux avant l’examen des patientes. Cet exemple montre qu’une hypothèse guide directement la conception et les pratiques expérimentales.

18. Quelle distinction entre les expériences d’application, d’épreuve et cruciales est correcte ?

L’application recueille des faits neutres, l’épreuve formule une hypothèse et la cruciale confirme une observation
L’application conteste une loi, l’épreuve réalise un effet prévu et la cruciale décrit un fait isolé
L’application réalise un effet prévu, l’épreuve conteste une loi et la cruciale départage deux théories
L’application départage deux théories, l’épreuve décrit un effet prévu et la cruciale conteste une loi

L’application réalise un effet prévu, l’épreuve conteste une loi et la cruciale départage deux théories

Explication

Une expérience d’application met en œuvre un effet prévu par une loi, tandis qu’une expérience d’épreuve cherche à la contester. L’expérience cruciale prétend résoudre un choix entre deux théories concurrentes.

19. Que cherche principalement le positivisme de Comte dans l’étude des phénomènes observés ?

Les lois et les relations constantes entre les phénomènes
Les causes absolues cachées derrière les phénomènes
Les principes métaphysiques expliquant l’origine des phénomènes
Les intentions subjectives des chercheurs qui observent

Les lois et les relations constantes entre les phénomènes

Explication

Le positivisme de Comte cherche à établir des lois et des relations constantes à partir des phénomènes observés. La recherche de causes absolues relève plutôt d’une démarche métaphysique que Comte écarte.

20. Quel enchaînement correspond à la loi des trois états formulée par Comte ?

Théologique, métaphysique, positif
Mythique, rationnel, expérimental
Positif, théologique, métaphysique
Métaphysique, théologique, positif

Théologique, métaphysique, positif

Explication

Comte décrit une progression de l’esprit humain allant de l’âge théologique à l’âge métaphysique, puis à l’âge positif. Les autres enchaînements modifient l’ordre ou les catégories de cette succession.

21. Comment Comte articule-t-il l’observation et les vues spéculatives dans la construction des théories ?

Les observations suffisent à construire les théories sans orientation préalable
Les théories précèdent les observations et rendent leur contrôle empirique inutile
Les vues spéculatives remplacent l’expérience dans la justification des théories
Les observations justifient les théories, mais des vues préalables orientent leur collecte

Les observations justifient les théories, mais des vues préalables orientent leur collecte

Explication

Comte reconnaît que l’observation et l’expérience justifient les théories, tout en admettant que des vues spéculatives orientent la collecte et la combinaison des observations. Cela exclut l’idée d’une observation entièrement dépourvue d’orientation.

22. Quelle distinction le positivisme logique établit-il entre vérités analytiques et vérités synthétiques ?

Les analytiques décrivent le monde, tandis que les synthétiques suivent les règles logiques
Les analytiques sont confirmées par l’expérience, tandis que les synthétiques sont purement formelles
Les analytiques expriment des hypothèses, tandis que les synthétiques définissent les règles de logique
Les analytiques relèvent de la logique, tandis que les synthétiques renseignent sur le monde

Les analytiques relèvent de la logique, tandis que les synthétiques renseignent sur le monde

Explication

Les vérités analytiques sont soumises aux règles de la logique sans informer directement sur le réel, tandis que les vérités synthétiques apportent une information sur l’état du monde. La confusion consiste à attribuer aux vérités analytiques un contenu empirique.

23. Quel projet caractérise le positivisme logique du Cercle de Vienne ?

Déduire les énoncés scientifiques de principes métaphysiques indépendants de l’expérience
Réduire l’observation scientifique à une cohérence interne entre propositions
Analyser logiquement le langage et distinguer les énoncés contrôlables par l’expérience
Remplacer l’analyse du langage par l’étude historique des croyances scientifiques

Analyser logiquement le langage et distinguer les énoncés contrôlables par l’expérience

Explication

Le Cercle de Vienne veut dépasser la métaphysique grâce à l’analyse logique du langage et séparer les énoncés scientifiques contrôlables par l’expérience des autres énoncés. La cohérence interne peut jouer un rôle épistémologique, mais elle ne remplace pas ce projet de démarcation empirique.

24. Que signifie la théorie vérificationniste de la signification ?

La signification d’un énoncé dépend de sa cohérence avec toutes les théories scientifiques
La signification d’un énoncé correspond à la méthode de sa confirmation ou infirmation empirique
La signification d’un énoncé réside dans son absence de contradiction logique
La signification d’un énoncé vient de ses conséquences morales ou politiques

La signification d’un énoncé correspond à la méthode de sa confirmation ou infirmation empirique

Explication

Selon la théorie vérificationniste, comprendre la signification d’un énoncé revient à déterminer comment il peut être confirmé ou infirmé empiriquement. La cohérence logique seule ne fournit pas, dans cette conception, la méthode empirique de signification.

25. Quelle opposition distingue le fondationnalisme de Carnap du cohérentisme de Neurath ?

Carnap fonde la connaissance sur la cohérence, tandis que Neurath privilégie les données d’observation
Carnap privilégie les énoncés métaphysiques, tandis que Neurath privilégie les énoncés moraux
Carnap fonde la connaissance sur l’observation, tandis que Neurath privilégie la cohérence du système
Carnap juge les théories par leur réfutabilité, tandis que Neurath les juge par leur simplicité

Carnap fonde la connaissance sur l’observation, tandis que Neurath privilégie la cohérence du système

Explication

Le fondationnalisme de Carnap fait reposer la connaissance scientifique sur des données observationnelles et expérimentales. Neurath adopte une perspective cohérentiste dans laquelle la validité dépend de la cohérence du système d’énoncés scientifiques.

26. Qu’est-ce que la falsifiabilité chez Popper ?

La possibilité qu’une théorie soit réfutée par des conséquences expérimentales
La capacité d’une théorie à rester compatible avec toute observation possible
La démonstration logique qu’une théorie universelle est définitivement vraie
La possibilité qu’une théorie soit confirmée par un grand nombre d’observations

La possibilité qu’une théorie soit réfutée par des conséquences expérimentales

Explication

La falsifiabilité désigne la possibilité qu’un énoncé ou un système théorique soit réfuté par des conséquences singulières soumises à un contrôle expérimental. La confirmation répétée ne constitue pas une réfutation et ne garantit pas définitivement une loi universelle.

27. Que doit faire une théorie scientifique lorsqu’une prédiction singulière déduite d’elle est falsifiée ?

Elle est conservée sans modification si elle possède une grande portée explicative
Elle devient métaphysique et échappe alors au contrôle expérimental
Elle doit être remise en cause à la lumière du résultat expérimental
Elle est confirmée parce que toute théorie comporte des exceptions

Elle doit être remise en cause à la lumière du résultat expérimental

Explication

Pour Popper, une prédiction falsifiée met en cause la théorie dont elle est déduite. Une théorie n’est donc pas protégée par sa portée explicative lorsque ses conséquences testables sont contredites.

28. Pourquoi Popper parle-t-il d’une asymétrie entre vérifiabilité et falsifiabilité ?

La vérification et la falsification produisent le même type de certitude avec des méthodes différentes
Une loi universelle est prouvée par quelques observations, mais résiste à toute expérience contraire
Un cas contraire peut réfuter une loi universelle, alors que des cas favorables ne la prouvent pas définitivement
Des cas favorables réfutent une loi universelle, alors qu’un cas contraire la confirme provisoirement

Un cas contraire peut réfuter une loi universelle, alors que des cas favorables ne la prouvent pas définitivement

Explication

Un seul cas particulier contraire peut falsifier une loi universelle, tandis qu’une accumulation de cas favorables ne suffit pas à la vérifier définitivement. Cette dissymétrie fonde la distinction poppérienne entre vérifiabilité et falsifiabilité.

29. Quel statut Popper attribue-t-il à une proposition non falsifiable mais porteuse d’un sens moral ou politique ?

Elle devient scientifique lorsqu’elle reçoit une confirmation empirique indirecte
Elle est scientifique dès qu’elle possède une utilité politique importante
Elle peut avoir un sens, mais elle n’est pas scientifique
Elle est dépourvue de sens parce qu’elle ne peut pas être soumise à un test

Elle peut avoir un sens, mais elle n’est pas scientifique

Explication

Pour Popper, la falsifiabilité est un critère de démarcation entre science et non-science, non un critère général de sens. Une proposition non falsifiable peut donc conserver une portée morale, politique ou esthétique sans être scientifique.

30. Quelle description correspond le mieux à un paradigme scientifique chez Kuhn ?

Un ensemble d’observations indépendantes servant à comparer toutes les théories
Une méthode logique destinée à réfuter chaque hypothèse dès sa première anomalie
Une collection d’instruments expérimentaux dépourvue de présupposés théoriques
Une matrice disciplinaire réunissant théories, applications, instruments et principes généraux

Une matrice disciplinaire réunissant théories, applications, instruments et principes généraux

Explication

Chez Kuhn, le paradigme structure une discipline en associant lois, hypothèses, moyens d’application, instruments de vérification et conceptions générales de la réalité. L’idée d’observations indépendantes néglige le rôle des cadres théoriques dans la recherche scientifique.

31. Quel enchaînement décrit le développement scientifique proposé par Kuhn ?

Pré-science, crise, science normale, puis abandon de toute théorie
Crise, pré-science, science normale, puis accumulation des anomalies
Science normale, pré-science, nouvelle science normale, puis crise
Pré-science, science normale, crise, puis nouvelle science normale

Pré-science, science normale, crise, puis nouvelle science normale

Explication

Kuhn décrit un passage de la pré-science à la science normale, puis à la crise provoquée par les anomalies, avant l’établissement d’une nouvelle science normale. La crise n’intervient donc pas avant la phase de science normale.

32. Que font principalement les chercheurs pendant une période de science normale ?

Ils perfectionnent le paradigme dominant et résolvent les énigmes qu’il pose
Ils comparent plusieurs paradigmes sans accepter de cadre théorique directeur
Ils cherchent des observations entièrement séparées des instruments et des concepts
Ils abandonnent le paradigme dominant dès qu’une difficulté expérimentale apparaît

Ils perfectionnent le paradigme dominant et résolvent les énigmes qu’il pose

Explication

La science normale vise à développer théoriquement et instrumentalement le paradigme accepté en traitant les énigmes rencontrées. Une difficulté isolée ne provoque pas, à elle seule, l’abandon immédiat de ce paradigme.

33. Pourquoi Kuhn qualifie-t-il deux paradigmes successifs d’incommensurables ?

Ils proposent les mêmes concepts avec des résultats expérimentaux obtenus à des périodes distinctes
Ils reposent sur des visions du monde et des cadres conceptuels sans mesure neutre commune
Ils utilisent des instruments différents mais partagent une même conception fondamentale de la réalité
Ils décrivent une réalité identique au moyen de vocabulaires dont la traduction est immédiate

Ils reposent sur des visions du monde et des cadres conceptuels sans mesure neutre commune

Explication

L’incommensurabilité vient du fait que deux paradigmes organisent différemment la vision du monde et les catégories conceptuelles de la recherche. La diversité des instruments, à elle seule, ne suffit pas à établir cette thèse.

34. Quelle séquence caractérise une révolution scientifique selon Kuhn ?

Science normale, nouvelle science normale, crise, puis sélection d’un paradigme concurrent
Pré-science, crise, accumulation d’anomalies, puis retour au paradigme initial
Science normale, accumulation d’anomalies, crise, puis nouvelle science normale
Accumulation d’anomalies, science normale, crise, puis suspension de toute recherche

Science normale, accumulation d’anomalies, crise, puis nouvelle science normale

Explication

Une révolution kuhnienne se produit lorsque les anomalies accumulées déstabilisent la science normale et conduisent à une nouvelle science normale fondée sur un paradigme concurrent. La nouvelle science normale vient donc après la crise.

35. Quels éléments composent un paradigme selon Kuhn ?

Des résultats expérimentaux, des statistiques, des controverses et des règles administratives
Des concepts philosophiques, des biographies de chercheurs, des données et des normes institutionnelles
Des lois, des hypothèses, des moyens d’application, des instruments et des principes généraux
Des instruments, des mesures, des observations et des conclusions dépourvues d’hypothèses

Des lois, des hypothèses, des moyens d’application, des instruments et des principes généraux

Explication

Le paradigme comprend des contenus théoriques, les moyens de les appliquer, les instruments de vérification et des principes métaphysiques généraux. Le réduire à des données ou à des instruments exclut sa fonction de cadre disciplinaire.

36. Quelle différence fondamentale rend deux paradigmes incommensurables chez Kuhn ?

Ils diffèrent par leurs résultats, tandis que leurs hypothèses et leurs principes restent communs
Ils diffèrent aussi par leurs options conceptuelles fondamentales, et pas seulement par leurs lois
Ils diffèrent par leur ancienneté, alors que leurs conceptions de la réalité demeurent comparables
Ils diffèrent par leurs instruments, tout en conservant des catégories conceptuelles identiques

Ils diffèrent aussi par leurs options conceptuelles fondamentales, et pas seulement par leurs lois

Explication

Pour Kuhn, l’incommensurabilité concerne les choix conceptuels fondamentaux qui organisent chaque paradigme, en plus des lois et hypothèses. Une simple différence d’instruments ne suffit donc pas à expliquer cette relation.

37. Comment les scientifiques kuhniennement traitent-ils généralement une anomalie qui apparaît dans un paradigme ?

Ils cherchent à modifier des éléments périphériques avant d’envisager l’abandon du paradigme
Ils retirent l’anomalie des résultats expérimentaux afin d’éviter toute contradiction théorique
Ils considèrent immédiatement l’anomalie comme une réfutation définitive du paradigme
Ils remplacent le paradigme dès qu’une observation ne correspond pas à ses prédictions

Ils cherchent à modifier des éléments périphériques avant d’envisager l’abandon du paradigme

Explication

Chez Kuhn, une anomalie ne falsifie pas immédiatement le paradigme : les chercheurs peuvent ajuster lois, définitions, concepts ou instruments. Cette conception s’oppose à l’idée poppérienne d’un abandon immédiat après une réfutation.

38. Comment Lakatos définit-il un programme de recherche ?

Un ensemble de données expérimentales destiné à remplacer les lois générales
Une théorie isolée dont chaque proposition doit être réfutée séparément
Une structure théorique organisée autour d’un noyau dur et d’une ceinture protectrice
Une méthode de recherche fondée sur des observations sans engagement théorique

Une structure théorique organisée autour d’un noyau dur et d’une ceinture protectrice

Explication

Lakatos décrit le programme de recherche comme une organisation théorique comprenant un noyau dur et une ceinture protectrice. Il ne s’agit donc ni d’une théorie isolée ni d’un simple ensemble de données.

39. Quelle fonction le noyau dur remplit-il dans un programme de recherche lakatosien ?

Il réunit les hypothèses auxiliaires que les chercheurs remplacent après chaque désaccord expérimental
Il rassemble les principes généraux que les chercheurs maintiennent pour préserver le programme
Il regroupe les anomalies qui signalent qu’un programme concurrent est devenu préférable
Il contient les instruments employés pour vérifier les conséquences observables de la théorie

Il rassemble les principes généraux que les chercheurs maintiennent pour préserver le programme

Explication

Le noyau dur contient les lois et hypothèses générales que les chercheurs refusent de remettre en cause afin de conserver le programme. Les hypothèses modifiables appartiennent plutôt à la ceinture protectrice.

40. Quel rôle joue la ceinture protectrice dans un programme de recherche ?

Elle rassemble les principes centraux que les chercheurs déclarent indépendants de toute mise à l’épreuve
Elle contient des hypothèses auxiliaires falsifiables qui peuvent être ajustées face à l’expérience
Elle fixe les règles institutionnelles qui déterminent l’acceptation sociale d’une théorie
Elle remplace le noyau dur lorsqu’une observation contredit une conséquence du programme

Elle contient des hypothèses auxiliaires falsifiables qui peuvent être ajustées face à l’expérience

Explication

La ceinture protectrice est constituée d’hypothèses auxiliaires falsifiables, que les chercheurs peuvent modifier en cas de désaccord expérimental. Le noyau dur, en revanche, est conservé pour maintenir l’identité du programme.

41. Quelle position Lakatos adopte-t-il concernant la falsification des théories scientifiques ?

Chaque anomalie réfute immédiatement l’ensemble des lois et hypothèses d’une théorie
Une théorie entière échappe à toute critique dès qu’elle possède un noyau dur cohérent
La remise en cause directe concerne les hypothèses de la ceinture protectrice plutôt que le programme entier
Les principes centraux et les hypothèses auxiliaires sont exposés de la même manière à la falsification

La remise en cause directe concerne les hypothèses de la ceinture protectrice plutôt que le programme entier

Explication

Lakatos refuse à la fois la falsification instantanée de toute une théorie et l’impossibilité de toute critique : les hypothèses auxiliaires sont directement exposées à la remise en cause. Le noyau dur est protégé afin d’assurer la continuité du programme.

42. Quelle thèse Paul Feyerabend défend-il dans Contre la méthode au sujet des procédures scientifiques ?

Une procédure expérimentale unique permet de classer rationnellement toutes les théories
Une théorie devient scientifique dès qu’elle est confirmée par une majorité de chercheurs
Il n’existe pas de procédure scientifique unique permettant de départager toutes les théories
La physique fournit une méthode objective applicable à toutes les disciplines

Il n’existe pas de procédure scientifique unique permettant de départager toutes les théories

Explication

Feyerabend conteste l’existence d’une méthode scientifique unique, objective et rationnelle qui permettrait de choisir entre toutes les théories. La physique ne constitue donc pas, pour lui, une méthode obligatoire applicable à chaque domaine.

43. Quelle différence Feyerabend établit-il entre un penseur respectable et un penseur extravagant ?

Le premier défend une théorie ancienne, tandis que le second adopte une théorie expérimentale
Le premier évite toute hypothèse, tandis que le second publie des résultats vérifiables
Le premier travaille en physique, tandis que le second appartient nécessairement aux sciences humaines
Le premier développe un programme de recherche transparent, tandis que le second se contente d’une affirmation

Le premier développe un programme de recherche transparent, tandis que le second se contente d’une affirmation

Explication

Un penseur respectable construit un programme de recherche, produit des résultats et les communique publiquement avec transparence. Le penseur extravagant se limite à formuler une affirmation sans mener un tel travail.

44. Quelle attitude générale Feyerabend associe-t-il à sa conception humaniste des sciences ?

Subordonner la liberté de pensée à l’application d’une méthode scientifique commune
Défendre la liberté de pensée et contester l’hégémonie de la physique comme modèle général
Réserver la recherche légitime aux disciplines capables de produire des mesures quantitatives
Accorder à la physique une autorité méthodologique supérieure dans chaque discipline

Défendre la liberté de pensée et contester l’hégémonie de la physique comme modèle général

Explication

Feyerabend adopte une attitude humaniste qui met l’accent sur la liberté de pensée et refuse d’imposer la physique comme modèle à tous les domaines. La quantification ne définit donc pas à elle seule la recherche légitime.

45. Quelles conditions composent la définition classique de la connaissance attribuée à Platon ?

La proposition est vraie, le sujet y croit et il est justifié de la croire
La proposition est probable, le sujet en doute et il peut la défendre publiquement
La proposition est utile, le sujet l’accepte et elle résiste à toute objection
La proposition est cohérente, le sujet l’imagine et elle correspond à ses intérêts

La proposition est vraie, le sujet y croit et il est justifié de la croire

Explication

La définition classique associe vérité, croyance et justification. Une croyance vraie obtenue par hasard ne suffit toutefois pas à établir une connaissance, ce qui motive le problème de Gettier.

46. Quel résultat central Gettier établit-il concernant la définition classique de la connaissance ?

Une croyance vraie devient une connaissance dès qu’elle repose sur une proposition indirectement fausse
Une croyance justifiée suffit à produire une connaissance lorsque le sujet ignore la source de sa justification
Une croyance fausse et justifiée constitue une connaissance lorsque le raisonnement est cohérent
Une croyance vraie et justifiée peut encore manquer de connaissance lorsqu’elle est vraie par accident

Une croyance vraie et justifiée peut encore manquer de connaissance lorsqu’elle est vraie par accident

Explication

Gettier montre que la vérité et la justification ne suffisent pas lorsque la vérité de la croyance résulte d’un accident ou dépend indirectement d’une proposition fausse. La connaissance exige donc davantage que les trois conditions classiques prises ensemble.

47. Quelle opposition distingue l’internalisme de l’externalisme concernant la justification ?

L’internalisme exige un état mental accessible au sujet, tandis que l’externalisme privilégie des facteurs objectifs
L’internalisme refuse toute justification mentale, tandis que l’externalisme la fonde sur une introspection détaillée
L’internalisme dépend de la vérité obtenue, tandis que l’externalisme dépend de la cohérence logique des croyances
L’internalisme mesure la réussite du processus, tandis que l’externalisme examine les raisons accessibles au sujet

L’internalisme exige un état mental accessible au sujet, tandis que l’externalisme privilégie des facteurs objectifs

Explication

L’internalisme lie la justification à un état mental auquel le sujet peut accéder. L’externalisme met plutôt l’accent sur des données objectives ou sur des processus dont la fiabilité ne dépend pas de la conscience du sujet.

48. Selon Goldman, quelle propriété d’un processus cognitif contribue à justifier la croyance qu’il produit ?

Sa tendance à produire davantage de croyances vraies que de croyances fausses
Son aptitude à garantir une conclusion exempte de toute possibilité d’erreur
Son ancienneté dans l’histoire des pratiques scientifiques reconnues
Sa capacité à rendre les raisons accessibles à la conscience du sujet

Sa tendance à produire davantage de croyances vraies que de croyances fausses

Explication

Pour Goldman, un processus justifie une croyance lorsqu’il est fiable, c’est-à-dire lorsqu’il tend à produire des croyances vraies plutôt que fausses. Cette approche évalue la performance du processus plutôt que son accessibilité introspective.

49. Dans le paradoxe de la loterie, pourquoi la conjonction de croyances très probables peut-elle être fausse ?

La conjonction devient vraie dès que chaque croyance individuelle atteint le seuil de probabilité de 0,99
La justification d’un ticket dépend d’une raison subjective, ce qui exclut tout résultat objectif
Chaque ticket possède une probabilité de gain élevée, ce qui rend la perte collective nécessaire
Chaque ticket peut avoir une probabilité de perte élevée, alors qu’un ticket doit néanmoins gagner

Chaque ticket peut avoir une probabilité de perte élevée, alors qu’un ticket doit néanmoins gagner

Explication

Dans une loterie, il est raisonnable de croire pour chaque ticket qu’il perdra avec une probabilité de 0,99, mais un ticket gagne nécessairement. La conjonction affirmant que tous les tickets perdent est donc fausse malgré la forte probabilité de chaque croyance individuelle.

50. Que soutient l’externalisme au sujet du savoir d’une personne ?

Une personne peut savoir quelque chose sans savoir qu’elle le sait, si les conditions objectives sont réunies
Une personne transforme une croyance en savoir dès qu’elle peut en fournir une explication logique complète
Une personne sait quelque chose seulement si elle identifie consciemment les raisons qui fondent sa croyance
Une personne ne possède un savoir que si elle élimine toute possibilité résiduelle d’erreur

Une personne peut savoir quelque chose sans savoir qu’elle le sait, si les conditions objectives sont réunies

Explication

L’externalisme considère que la vérité et la fiabilité du processus peuvent suffire au savoir, même si le sujet ignore qu’il sait. L’accès conscient aux raisons relève plutôt de l’exigence internaliste.

51. Quelle différence oppose le faillibilisme à l’infaillibilisme ?

Le faillibilisme accepte une possibilité résiduelle d’erreur, tandis que l’infaillibilisme exige une connaissance sans erreur
Le faillibilisme rejette la vérité des croyances, tandis que l’infaillibilisme identifie la vérité à la justification
Le faillibilisme exige une certitude absolue, tandis que l’infaillibilisme accepte une justification seulement probable
Le faillibilisme évalue la fiabilité des processus, tandis que l’infaillibilisme étudie l’accès conscient aux raisons

Le faillibilisme accepte une possibilité résiduelle d’erreur, tandis que l’infaillibilisme exige une connaissance sans erreur

Explication

Le faillibilisme admet qu’une croyance puisse être vraie et justifiée tout en laissant subsister une possibilité d’erreur. L’infaillibilisme impose au contraire une connaissance exempte de doute ou d’erreur.

52. Que signifie le principe de clôture épistémique lorsqu’un sujet sait que pp et sait que pp implique qq ?

Le sujet croit probablement que qq
Le sujet ignore la relation entre pp et qq
Le sujet sait que pp est une proposition nécessaire
Le sujet sait également que qq

Le sujet sait également que $$q$$

Explication

La clôture épistémique transmet au savoir les conséquences logiques d’un savoir déjà acquis. Une croyance indépendante concernant qq ne suffit pas à appliquer ce principe.

53. Dans quelle condition une proposition est-elle nécessairement vraie selon l’analyse en mondes possibles ?

Lorsqu’elle est admise par la majorité des sujets
Lorsqu’elle décrit le monde actuel avec précision
Lorsqu’elle reste compatible avec plusieurs hypothèses
Lorsqu’elle est vraie dans tous les mondes pertinents

Lorsqu’elle est vraie dans tous les mondes pertinents

Explication

Une proposition est nécessairement vraie si elle demeure vraie dans toutes les alternatives pertinentes au monde où elle est formulée. Sa seule vérité dans le monde actuel ne suffit donc pas.

54. Un sujet voit une façade qui ressemble fortement à une grange, dans une région où les façades factices sont fréquentes. Quelle règle de Lewis rend cette possibilité pertinente ?

La règle de Déduction
La règle de Ressemblance
La règle de Croyance
La règle d’Actualité

La règle de Ressemblance

Explication

La règle de Ressemblance interdit d’ignorer une possibilité qui ressemble de manière saillante à une possibilité non négligeable. La règle d’Actualité viserait plutôt la possibilité qui est effectivement le cas.

55. Quelle thèse Meyerson défend-il au sujet des rapports entre connaissance ordinaire et connaissance scientifique ?

Elles progressent par ruptures sans héritage conceptuel
Elles reposent sur des méthodes entièrement incompatibles
Elles séparent radicalement le sens commun et l’ontologie scientifique
Elles manifestent une continuité dans la recherche des causes

Elles manifestent une continuité dans la recherche des causes

Explication

Meyerson souligne que la connaissance ordinaire et la connaissance scientifique recherchent toutes deux les causes des phénomènes, tandis que la science conserve une ontologie issue du sens commun. La rupture radicale entre ces formes de connaissance correspond plutôt à la thèse de Bachelard.

56. Comment Bachelard caractérise-t-il le progrès des sciences ?

Comme une continuité fondée sur les intuitions du sens commun
Comme une succession de ruptures qui surmontent des obstacles
Comme une extension progressive des explications déjà disponibles
Comme une accumulation régulière de croyances quotidiennes

Comme une succession de ruptures qui surmontent des obstacles

Explication

Pour Bachelard, les sciences avancent par ruptures successives et doivent dépasser les connaissances empiriques quotidiennes. L’idée d’une accumulation régulière décrit mal le rôle des obstacles épistémologiques.

57. Pourquoi Bachelard refuse-t-il de décrire le passage de Newton à Einstein comme une transition progressive ?

Parce qu’il conserve exactement les mêmes concepts physiques
Parce qu’il abandonne toute formulation mathématique des phénomènes
Parce qu’il résulte d’une simple amélioration des mesures
Parce qu’il exige un effort de nouveauté radicale

Parce qu’il exige un effort de nouveauté radicale

Explication

Bachelard considère que le passage du système de Newton à celui d’Einstein demande une nouveauté conceptuelle radicale, et non une simple amélioration continue. Cette thèse ne signifie pas que la physique abandonne les mathématiques.

58. Qu’est-ce qu’un obstacle épistémologique dans la conception de Bachelard ?

Une erreur logique produite par une théorie déjà démontrée
Une cause interne de stagnation dans l’acte de connaître
Une opposition sociale dirigée contre les institutions scientifiques
Une difficulté matérielle liée à l’insuffisance des instruments

Une cause interne de stagnation dans l’acte de connaître

Explication

Un obstacle épistémologique est une cause interne qui freine ou fait régresser la construction du savoir dans l’acte même de connaître. Il ne désigne donc pas d’abord une contrainte matérielle extérieure.

59. Pourquoi la notion de précurseur est-elle jugée peu féconde pour écrire l’histoire des sciences ?

Elle analyse les conditions institutionnelles de chaque découverte
Elle transforme l’histoire en progression linéaire vers des théories vraies
Elle met en évidence les ruptures entre des mondes théoriques différents
Elle distingue précisément les pratiques propres à chaque époque

Elle transforme l’histoire en progression linéaire vers des théories vraies

Explication

La notion de précurseur présente les doctrines anciennes comme des étapes menant cumulativement aux théories actuelles et tend ainsi à niveler leurs différences historiques. Elle ne rend pas suffisamment compte de la diversité des cadres théoriques et pratiques.

60. Selon Koyré, que transforme une révolution scientifique ?

Elle conserve la représentation du monde tout en modifiant le vocabulaire
Elle substitue un monde théorique à un autre
Elle remplace une expérience particulière par une mesure plus précise
Elle ajoute des résultats à un cadre théorique inchangé

Elle substitue un monde théorique à un autre

Explication

Pour Koyré, une révolution scientifique modifie la représentation globale du monde théorique, et pas seulement une proposition isolée. Elle dépasse ainsi une simple accumulation de résultats dans un cadre inchangé.

61. Que conclut la méta-induction pessimiste à partir de l’histoire des sciences ?

Les changements théoriques prouvent une convergence vers un cadre définitif
Les théories actuelles pourraient être abandonnées comme les anciennes
Les théories actuelles sont nécessairement proches de la vérité finale
Les théories anciennes sont conservées dès qu’elles ont été confirmées

Les théories actuelles pourraient être abandonnées comme les anciennes

Explication

La méta-induction pessimiste observe que de nombreuses théories autrefois acceptées sont aujourd’hui tenues pour fausses et en déduit que les théories présentes pourraient connaître le même sort. Elle ne conclut donc pas à une convergence garantie vers une théorie finale.

62. Quelle différence distingue principalement les approches externaliste et internaliste de l’histoire des sciences ?

L’externalisme étudie les équations, l’internalisme les carrières scientifiques
L’externalisme rejette les institutions, l’internalisme analyse les politiques publiques
L’externalisme décrit les théories, l’internalisme mesure leur financement
L’externalisme étudie le contexte social, l’internalisme le contenu des savoirs

L’externalisme étudie le contexte social, l’internalisme le contenu des savoirs

Explication

L’approche externaliste examine les conditions sociales, professionnelles et institutionnelles du travail scientifique, alors que l’approche internaliste se concentre sur le contenu des savoirs. Les autres distinctions inversent ou déforment cette répartition.

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Qu'est-ce que l'épistémologie désigne ?

La philosophie de la connaissance et l'étude des théories scientifiques.

Quelle interrogation relie les deux approches de l'épistémologie ?

L'interrogation sur l'origine et la méthode du savoir.

Qui a employé pour la première fois le terme « epistemology » et quand ?

James Frederick Ferrier en 1856.

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