QCM : Fondations du droit romain (47 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle différence caractérise l’apport grec par rapport au développement romain du droit ?

Les Grecs transmettent une conception politique de la loi, tandis que les Romains développent l’interprétation et la jurisprudence.
Les Grecs développent la jurisprudence, tandis que les Romains transmettent une conception politique de la loi.
Les Grecs fondent le droit sur les rituels, tandis que les Romains le fondent sur les précédents royaux.
Les Grecs établissent un droit réservé aux citoyens, tandis que les Romains adoptent une loi commune à toutes les cités.

Les Grecs transmettent une conception politique de la loi, tandis que les Romains développent l’interprétation et la jurisprudence.

Explication

L’héritage grec est surtout celui d’une conception politique de la loi, alors que le droit romain se développe par l’interprétation et la jurisprudence. La deuxième réponse inverse précisément ces deux contributions.

2. Dans le droit romain archaïque, que désigne le fas ?

Ce qui est dit par les dieux et exprime la dimension divine du droit.
Ce qui est produit par un rituel judiciaire où les dieux sont pris à témoin.
La règle commune adoptée par les citoyens et rendue publique.
La décision du roi issue de précédents judiciaires et bénie par les dieux.

Ce qui est dit par les dieux et exprime la dimension divine du droit.

Explication

Le fas désigne ce qui est dit par les dieux et constitue une expression divine du droit romain archaïque. Le droit produit par un rituel judiciaire correspond au jus archaïque, et non au fas.

3. Que désigne la thémis dans la Grèce archaïque ?

La justice rendue à chacun en lui accordant ce qui lui revient.
Une norme générale issue des précédents judiciaires du roi, humaine et bénie par les dieux.
Une loi stable que les citoyens se donnent eux-mêmes à partir du VIe siècle av. J.-C.
L’absence de loi et d’ordre dans la cité, avant le rétablissement d’une règle écrite.

Une norme générale issue des précédents judiciaires du roi, humaine et bénie par les dieux.

Explication

La thémis est une norme générale issue des précédents judiciaires du roi, conçue comme une œuvre humaine bénie par les dieux et reflétant un ordre immuable. La justice rendue à chacun relève de la dikè.

4. Quelle idée exprime la dikè dans la pensée grecque ?

Établir une norme générale qui ordonne la cité selon les précédents royaux.
Rendre à chacun ce qui lui revient, en incarnant la justice.
Permettre aux citoyens de se donner une loi stable à partir du VIe siècle av. J.-C.
Rétablir l’ordre de la cité par une loi écrite et rendue publique.

Rendre à chacun ce qui lui revient, en incarnant la justice.

Explication

La dikè incarne la justice et consiste à rendre à chacun ce qui lui revient. La norme générale issue des précédents royaux correspond à la thémis, et non à la dikè.

5. Une cité sort d’une période sans loi ni ordre en rétablissant un ordre juste grâce à une loi écrite et publique. Quel couple de notions décrit cette évolution ?

De la thémis au nomos.
De l’anomie à l’eunomie.
De la dikè à la thémis.
Du nomos à l’anomie.

De l’anomie à l’eunomie.

Explication

L’anomie correspond à l’absence de loi et d’ordre, tandis que l’eunomie désigne le rétablissement d’un ordre juste par une loi écrite et publique. La dikè et la thémis renvoient respectivement à la justice rendue à chacun et à une norme générale.

6. Selon Platon, à quelle condition une loi mérite-t-elle véritablement ce nom ?

Lorsqu’elle contribue à la justice et au bien commun de la cité.
Lorsqu’elle est adoptée par les citoyens et demeure stable au fil du temps.
Lorsqu’elle rend à chaque personne ce qui lui revient dans les litiges.
Lorsqu’elle reprend les précédents judiciaires du roi et reflète un ordre immuable.

Lorsqu’elle contribue à la justice et au bien commun de la cité.

Explication

Pour Platon, une loi est véritablement une loi dans la mesure où elle contribue à la justice et au bien commun de la cité. La stabilité d’une loi donnée par les citoyens caractérise le nomos, mais ne constitue pas ici le critère platonicien énoncé.

7. Quelle chronologie correspond à la gravure des Douze Tables ?

Les premières tables sont gravées vers 450 av. J.-C., puis deux tables sont ajoutées en 449 av. J.-C.
Les premières tables sont gravées en 449 av. J.-C., puis deux tables sont ajoutées vers 450 av. J.-C.
Les douze tables sont gravées ensemble vers 450 av. J.-C., sans ajout ultérieur.
Les premières tables sont gravées vers 450 av. J.-C., puis deux tables sont ajoutées en 439 av. J.-C.

Les premières tables sont gravées vers 450 av. J.-C., puis deux tables sont ajoutées en 449 av. J.-C.

Explication

Les décemvirs font graver les premières tables vers 450 av. J.-C., et deux tables supplémentaires sont ajoutées en 449 av. J.-C. La troisième réponse omet cet ajout ultérieur.

8. Quel rôle les décemvirs exercent-ils dans l’établissement des Douze Tables ?

Dix prêtres conservent les formules judiciaires et rédigent les lois de la cité.
Des magistrats étrangers rédigent des règles applicables aux non-citoyens romains.
Dix magistrats rédigent et publient les lois de la cité romaine.
Des citoyens élus interprètent les lois et rendent la justice au nom du roi.

Dix magistrats rédigent et publient les lois de la cité romaine.

Explication

Les décemvirs sont dix magistrats chargés de rédiger et de publier les lois de la cité romaine sur les Douze Tables. La conservation des formules procédurales est d’abord associée aux pontifes, et non aux décemvirs.

9. Quel changement majeur la publication des Douze Tables apporte-t-elle au droit romain ?

Elle réserve la connaissance du droit aux citoyens et transforme le jus en décisions interprétées par les magistrats.
Elle rend le droit connaissable publiquement et transforme le jus civile en droit accessible aux non-citoyens.
Elle rend les formules procédurales publiques et maintient le jus comme droit religieux réservé aux pontifes.
Elle rend le droit connaissable publiquement et transforme le jus en droit profane issu de la loi commune des citoyens.

Elle rend le droit connaissable publiquement et transforme le jus en droit profane issu de la loi commune des citoyens.

Explication

Les Douze Tables rendent le droit romain publiquement connaissable et transforment le jus en droit profane produit par la loi commune des citoyens. Elles ne rendent pas pour autant publiques les formules procédurales, qui restent d’abord connues des pontifes.

10. Un non-citoyen romain cherche à invoquer le jus civile. Quelle caractéristique de ce droit s’applique à sa situation ?

Ce droit s’applique aux habitants des cités alliées, mais exclut les citoyens romains dans les litiges privés.
Ce droit est légiféré par les citoyens romains, mais les non-citoyens peuvent l’invoquer devant les magistrats.
Ce droit est légiféré par et pour les citoyens romains, et les non-citoyens ne peuvent pas l’invoquer.
Ce droit est produit par les pontifes et s’applique aux personnes soumises à leurs formules procédurales.

Ce droit est légiféré par et pour les citoyens romains, et les non-citoyens ne peuvent pas l’invoquer.

Explication

Le jus civile est le droit légiféré par et pour les citoyens romains et ne peut pas être invoqué par les non-citoyens. La possibilité pour un non-citoyen de l’invoquer contredit directement cette distinction.

11. Dans le droit romain, que désigne l’imperium détenu par un magistrat ?

Une loi écrite qui limite l’exercice arbitraire du pouvoir magistral
Une compétence commerciale limitée aux litiges entre propriétaires ruraux
Un pouvoir réservé aux citoyens de voter les règles de la cité
Un pouvoir souverain de commander, d’administrer la cité et de rendre la justice

Un pouvoir souverain de commander, d’administrer la cité et de rendre la justice

Explication

L’imperium désigne un pouvoir de commandement et de justice, associé à l’administration de la cité. La loi écrite constitue plutôt une borne opposée à l’exercice arbitraire de ce pouvoir.

12. Pourquoi le droit rural des Douze Tables devient-il insuffisant à partir des IVe-IIIe siècles av. J.-C. ?

La disparition des échanges commerciaux ramène les litiges à la seule propriété familiale
L’expansion romaine et le développement du commerce font naître de nouveaux besoins économiques
La concentration des terres rend les règles rurales trop favorables aux commerçants
La réduction du territoire romain supprime le besoin de règles communes entre citoyens

L’expansion romaine et le développement du commerce font naître de nouveaux besoins économiques

Explication

L’expansion de Rome et le développement d’une économie commerciale font apparaître des besoins que le droit rural des Douze Tables ne satisfait plus. La diminution des échanges ne correspond pas à cette évolution, puisque le commerce se développe.

13. Quelle répartition des rôles caractérise les phases in jure et in judicio d’un procès romain ?

Le judex rédige la loi in jure, puis l’assemblée des citoyens rend la sentence in judicio
Le magistrat examine le fond in jure, puis le judex désigne un autre magistrat in judicio
Le magistrat organise l’instance in jure, puis le judex examine le fond in judicio
Le judex organise l’instance in jure, puis le magistrat examine le fond in judicio

Le magistrat organise l’instance in jure, puis le judex examine le fond in judicio

Explication

La phase in jure se déroule devant le magistrat, qui organise l’instance, tandis que le judex examine l’affaire au fond lors de la phase in judicio. Inverser ces rôles confond les fonctions respectives des deux phases.

14. Dans la procédure formulaire, que se passe-t-il après que le préteur a rédigé la formula et désigné le judex ?

Le judex examine l’affaire au fond et rend une sentence sans recours
Le judex modifie l’édit et renvoie l’affaire devant un second magistrat
Le magistrat reprend les anciennes formules orales et laisse les parties trancher
Le préteur réexamine le fond et soumet sa décision à l’assemblée des citoyens

Le judex examine l’affaire au fond et rend une sentence sans recours

Explication

Après l’organisation de l’instance par le préteur, le judex examine le fond de l’affaire et rend une sentence sans recours. Le préteur ne reprend pas alors l’examen du fond pour soumettre sa décision à l’assemblée.

15. À quoi sert l’édit du préteur ?

À consigner les sentences rendues par les juges et les voies de recours disponibles
À exposer la formula d’une action particulière et les instructions données au judex
À rassembler les actions en justice proposées par le magistrat et susceptibles d’être enrichies
À fixer les règles civiles écrites applicables aux échanges commerciaux entre citoyens

À rassembler les actions en justice proposées par le magistrat et susceptibles d’être enrichies

Explication

L’édit rassemble les actions en justice que le préteur propose et peut être enrichi de nouvelles actions prétoriennes. La formula, par contraste, organise une action particulière et précise la mission du judex.

16. Comment Papinien définit-il le droit prétorien ?

Comme les règles anciennes du droit civil préservées de toute intervention magistrale
Comme l’ensemble des sentences rendues par les judices dans les procès privés
Comme le droit introduit par les préteurs pour aider, suppléer ou corriger le droit civil
Comme le droit voté par les citoyens pour remplacer les décisions des préteurs

Comme le droit introduit par les préteurs pour aider, suppléer ou corriger le droit civil

Explication

Papinien caractérise le droit prétorien comme un droit introduit par les préteurs pour aider, suppléer ou corriger le droit civil. Il ne le définit pas comme l’ensemble des sentences rendues par les judices.

17. Quel moyen le préteur Octavius introduit-il au Ier siècle av. J.-C. pour protéger un débiteur victime d’une manœuvre dolosive ?

Une fiction réputant le débiteur citoyen romain afin d’écarter la dette
Une action in factum condamnant le débiteur dès que le contrat est contesté
Une action utile permettant au créancier de réclamer une indemnisation supplémentaire
Une exception permettant au défendeur de se défendre contre la créance issue du dol

Une exception permettant au défendeur de se défendre contre la créance issue du dol

Explication

Octavius introduit une exception qui permet au défendeur de se défendre contre une créance issue d’une manœuvre dolosive. Une action utile sert plutôt à adapter une action civile existante, et non à fournir cette défense contre le dol.

18. Quel est le principe d’une fiction juridique en droit prétorien ?

Tenir pour vrai un fait connu comme faux afin de produire un effet juridique
Présumer qu’un fait incertain est vrai jusqu’à ce qu’un témoin le réfute
Écarter un fait réel afin d’empêcher toute conséquence juridique
Remplacer une règle civile par une règle commerciale sans examiner les faits

Tenir pour vrai un fait connu comme faux afin de produire un effet juridique

Explication

La fiction juridique consiste à traiter comme vrai un fait que l’on sait faux afin d’en tirer un effet juridique. Une présomption porte plutôt sur un fait incertain, et non sur un fait dont la fausseté est connue.

19. Comment le préteur permet-il à des non-Romains d’obtenir une indemnisation civile au moyen de l’actio furti ?

Il considère leur statut comme indifférent et applique l’action civile sans modifier la formula
Il ordonne au judex de les réputer Romains dans la formula afin de leur ouvrir l’action
Il transforme l’actio furti en action in factum fondée sur des faits commerciaux inconnus
Il demande au judex de leur accorder directement une exception contre le propriétaire romain

Il ordonne au judex de les réputer Romains dans la formula afin de leur ouvrir l’action

Explication

Le préteur utilise une fiction dans la formula : le judex doit réputer les non-Romains citoyens romains, ce qui leur ouvre l’actio furti. L’action civile n’est pas étendue en faisant abstraction de leur statut, mais grâce à cette fiction.

20. Quelle distinction sépare les actions utiles des actions in factum ?

Les actions utiles adaptent une action civile existante par fiction, tandis que les actions in factum créent une action nouvelle fondée sur des faits non qualifiés
Les actions utiles suspendent une créance contestée, tandis que les actions in factum accordent une indemnisation sans examen des faits
Les actions utiles réservent les recours aux citoyens romains, tandis que les actions in factum les étendent par fiction aux étrangers
Les actions utiles créent une action nouvelle fondée sur des faits non qualifiés, tandis que les actions in factum adaptent une action civile par fiction

Les actions utiles adaptent une action civile existante par fiction, tandis que les actions in factum créent une action nouvelle fondée sur des faits non qualifiés

Explication

Une action utile adapte une action civile existante grâce à une fiction, alors qu’une action in factum crée une action nouvelle à partir de faits non qualifiés par le droit civil. L’inversion de ces deux procédés est une confusion fréquente.

21. Dans le droit romain, que désigne la *jurisprudentia* ?

La procédure suivie pour faire appliquer les lois
Le pouvoir des magistrats de créer des règles
Le savoir et la prudence des experts en droit
L’ensemble des décisions rendues par les tribunaux

Le savoir et la prudence des experts en droit

Explication

La *jurisprudentia* romaine désigne la connaissance prudente du droit détenue par les juristes. La réponse qui la réduit aux décisions des tribunaux confond cette notion ancienne avec la jurisprudence au sens moderne.

22. Comment Tiberius Coruncanius contribue-t-il à faire du droit une science démonstrative ?

Il rassemble les décisions judiciaires dans un recueil officiel
Il compare les coutumes romaines à celles des peuples voisins
Il explique aux auditeurs les raisons juridiques de ses consultations
Il enseigne aux magistrats à rédiger des lois générales

Il explique aux auditeurs les raisons juridiques de ses consultations

Explication

Coruncanius commente les consultations qu’il a délivrées afin d’exposer le raisonnement juridique qui soutient ses solutions. La compilation de décisions judiciaires ne correspond pas à cette démarche explicative.

23. Quelle distinction caractérise les Sabiniens et les Proculiens ?

Les Sabiniens défendent les anciens, tandis que les Proculiens privilégient les besoins pratiques
Les Sabiniens privilégient la pratique, tandis que les Proculiens accordent davantage d’autorité aux anciens
Les deux écoles suivent la pratique, mais divergent sur le rôle des magistrats
Les deux écoles défendent l’autorité des anciens, mais divergent sur les consultations

Les Sabiniens privilégient la pratique, tandis que les Proculiens accordent davantage d’autorité aux anciens

Explication

Les Sabiniens sont davantage orientés vers l’empirisme et les besoins pratiques, alors que les Proculiens respectent plus l’autorité des anciens et l’évolution organique de la doctrine. L’attribution de ces orientations à l’école opposée inverse la distinction.

24. Quelle différence distingue les *responsa* des *quaestiones* ?

Les *responsa* résument des lois, tandis que les *quaestiones* consignent des décisions judiciaires
Les *responsa* exposent des règles abstraites, tandis que les *quaestiones* rapportent des coutumes
Les *responsa* traitent de cas construits, tandis que les *quaestiones* répondent à des questions réelles
Les *responsa* répondent à des questions réelles, tandis que les *quaestiones* traitent de cas pratiques construits

Les *responsa* répondent à des questions réelles, tandis que les *quaestiones* traitent de cas pratiques construits

Explication

Les *responsa* présentent les réponses données par les juristes à des questions effectivement posées, tandis que les *quaestiones* développent leur doctrine à partir de cas construits. Inverser la nature réelle et construite des questions attribue à chaque genre le rôle de l’autre.

25. Pour les juristes romains, qu’est-ce qui constitue le droit dans un litige concret ?

La règle générale formulée avant le litige
La décision prise par le magistrat sur la procédure
La coutume qui s’applique à une catégorie de litiges
La solution apportée au cas particulier

La solution apportée au cas particulier

Explication

Dans cette conception, le droit réside dans la solution apportée au cas concret plutôt que dans une règle générale et abstraite. La règle générale peut résumer le droit, mais elle n’est pas considérée comme son expression première dans cette approche.

26. Lorsqu’un juriste romain doit déterminer le droit applicable à un litige, quelle conception met-il en avant ?

Le droit est la règle abstraite applicable à une catégorie de cas
Le droit est la solution donnée à un cas concret
Le droit est l’opinion personnelle du magistrat chargé du litige
Le droit est la procédure que le juge suit pendant le procès

Le droit est la solution donnée à un cas concret

Explication

Pour les juristes romains, le droit est la solution donnée au cas concret plutôt qu’une règle générale et abstraite. Une règle abstraite peut guider le raisonnement, mais elle n’est pas identifiée à la solution du litige elle-même.

27. À la fin de la République, comment les préteurs sérieux et les juges traitent-ils l’opinion majoritaire de la doctrine ?

Ils la suivent seulement lorsqu’une loi la reprend
Ils la considèrent comme un avis sans influence sur leur décision
Ils la remplacent par leur interprétation personnelle
Ils évitent de s’en écarter

Ils évitent de s’en écarter

Explication

À la fin de la République, les préteurs sérieux et les juges évitent de s’écarter de l’opinion majoritaire des juristes. La considérer comme un avis sans influence ne rend pas compte du poids pratique de cette doctrine.

28. À l’époque classique, que convient-il de faire si le sens du droit est incertain et qu’il n’existe ni loi ni droit prétorien applicable ?

Consulter les juristes et suivre l’opinion majoritaire
Appliquer une coutume choisie par les parties au procès
Demander au magistrat d’édicter une règle générale nouvelle
Laisser chaque juge retenir l’interprétation qui lui paraît préférable

Consulter les juristes et suivre l’opinion majoritaire

Explication

Dans cette situation, la démarche préconisée est de consulter les juristes et de suivre l’opinion majoritaire. Laisser le juge choisir librement son interprétation ne correspond pas à cette règle de recours à la doctrine.

29. Quelle mesure l’édit de Caracalla prend-il en 212 ap. J.-C. ?

Il confie aux gouverneurs provinciaux un imperium étendu à l’ensemble du territoire impérial.
Il accorde la citoyenneté romaine aux peuples de l’Empire qui ne l’avaient pas encore obtenue.
Il étend le droit prétorien aux provinces et autorise les préteurs à renouveler leurs édits.
Il accorde des pouvoirs extraordinaires à Octave pour préserver les institutions républicaines.

Il accorde la citoyenneté romaine aux peuples de l’Empire qui ne l’avaient pas encore obtenue.

Explication

L’édit de Caracalla accorde en 212 la citoyenneté romaine aux habitants de l’Empire qui ne l’avaient pas encore reçue. La mesure concernant Octave relève d’une étape antérieure de la transformation du pouvoir, et non de cet édit.

30. Comment les pouvoirs extraordinaires confiés à Octave après l’assassinat de César ont-ils contribué à l’avènement de l’Empire ?

Leur limitation à une seule province a empêché Octave de s’imposer aux institutions républicaines.
Leur transfert aux gouverneurs provinciaux a permis de préserver les comices et de rétablir le pouvoir républicain.
Leur abolition immédiate a conduit le Sénat à confier la codification du droit prétorien à Octave.
Leur maintien durable, malgré leur justification par le salut de la République, a contribué à faire naître l’Empire.

Leur maintien durable, malgré leur justification par le salut de la République, a contribué à faire naître l’Empire.

Explication

Le Sénat confie durablement à Octave des pouvoirs extraordinaires pour sauver la République, mais leur maintien contribue à la naissance de l’Empire. Leur abolition immédiate serait l’inverse de cette continuité du pouvoir.

31. Quelle conséquence juridique découle de l’extension de la citoyenneté romaine en 212 ap. J.-C. ?

Le droit civil romain devient le droit des citoyens dans l’ensemble de l’Empire.
Les sénatus-consultes deviennent le droit civil applicable aux seuls habitants de Rome.
Le droit prétorien remplace le droit civil romain dans les provinces de l’Empire.
Les gouverneurs provinciaux adoptent un droit civil distinct pour chaque province.

Le droit civil romain devient le droit des citoyens dans l’ensemble de l’Empire.

Explication

En étendant la citoyenneté, la mesure de 212 fait du droit civil romain le droit des citoyens de l’ensemble de l’Empire. Le remplacement du droit civil par le droit prétorien n’est pas la conséquence indiquée.

32. Quel effet l’auctoritas reconnue à l’empereur par le Sénat produit-elle sur les institutions républicaines ?

Elle supprime les institutions républicaines et transfère leurs fonctions aux gouverneurs provinciaux.
Elle réserve au Sénat le pouvoir de s’imposer à l’empereur dans l’exercice de ses fonctions.
Elle limite l’autorité impériale aux décisions prises par les comices réunis pour voter les lois.
Elle permet à l’empereur de s’imposer aux institutions républicaines qui restent en place.

Elle permet à l’empereur de s’imposer aux institutions républicaines qui restent en place.

Explication

L’auctoritas sénatoriale permet à l’empereur de s’imposer aux institutions républicaines maintenues en place. Elle ne signifie pas que ces institutions disparaissent, comme le suggère la suppression de celles-ci.

33. Quelle distinction caractérise l’imperium de l’empereur par rapport à celui d’un gouverneur provincial ?

Celui de l’empereur concerne les affaires judiciaires, tandis que celui du gouverneur concerne les votes des comices.
Celui de l’empereur est limité à une province et à un an, tandis que celui du gouverneur s’étend à tout l’Empire.
Celui de l’empereur dépend d’un sénatus-consulte annuel, tandis que celui du gouverneur ne comporte aucune limite territoriale.
Celui de l’empereur est illimité dans le temps et l’espace, tandis que celui du gouverneur est en principe limité à un an et à sa province.

Celui de l’empereur est illimité dans le temps et l’espace, tandis que celui du gouverneur est en principe limité à un an et à sa province.

Explication

L’imperium impérial est illimité dans le temps et l’espace, à la différence de celui des gouverneurs provinciaux, limité en principe à un an et à leur province. L’option qui inverse ces limites décrit précisément la confusion à éviter.

34. Comment l’oratio principis permet-elle aux souhaits de l’empereur d’acquérir une portée normative ?

Le gouverneur prononce un discours devant les comices, qui votent une loi reprenant les souhaits de l’empereur.
Le Sénat rédige un discours pour l’empereur, qui le convertit directement en décision rendue en appel.
L’empereur prononce un discours devant le Sénat, qui vote ensuite un sénatus-consulte reprenant ses souhaits.
L’empereur adresse une réponse écrite à un juge, qui la transforme en édit du préteur applicable à une province.

L’empereur prononce un discours devant le Sénat, qui vote ensuite un sénatus-consulte reprenant ses souhaits.

Explication

Dans l’oratio principis, l’empereur s’adresse au Sénat, puis les sénateurs votent un sénatus-consulte reprenant ses souhaits, auquel les autorités obéissent en pratique. Une réponse écrite à un juge correspond plutôt à la définition du rescrit.

35. Quelle conséquence la codification de l’édit du préteur par Julien, à la demande d’Hadrien en 130 ap. J.-C., entraîne-t-elle ?

Elle remplace l’édit du préteur par des décisions impériales rendues en appel.
Elle fige le droit prétorien et limite son renouvellement.
Elle transfère aux gouverneurs le pouvoir de réviser l’édit pour chaque province.
Elle donne aux préteurs la faculté d’ajouter librement de nouvelles formules.

Elle fige le droit prétorien et limite son renouvellement.

Explication

La codification confiée à Julien fixe l’édit du préteur et limite le renouvellement du droit prétorien. Avant cette fixation, les préteurs pouvaient créer de nouvelles formules, contrairement à l’option qui leur attribue cette possibilité après la codification.

36. Quelle idée Ulpien exprime-t-il par la formule « ce qui plaît au prince a force de loi » ?

Les décisions impériales ne valent que comme avis adressés aux gouverneurs provinciaux.
Les souhaits du prince ne prennent force de loi qu’après un vote des comices.
Les manifestations de volonté impériales sont obéies comme une loi au IIe siècle ap. J.-C.
Les décisions du Sénat ont force de loi même lorsqu’elles contredisent la volonté impériale.

Les manifestations de volonté impériales sont obéies comme une loi au IIe siècle ap. J.-C.

Explication

La formule d’Ulpien résume la force normative de la volonté impériale, obéie comme une lex au IIe siècle. L’exigence d’un vote des comices ne correspond pas à cette autorité normative des manifestations impériales.

37. Dans une procédure romaine, quelle distinction permet de différencier un décret impérial d’un rescrit ?

Le décret tranche une affaire portée en appel, tandis que le rescrit répond par écrit à une question de droit sans trancher le fond.
Le décret codifie l’édit du préteur, tandis que le rescrit transforme les souhaits impériaux en sénatus-consulte.
Le décret établit le droit applicable à toutes les provinces, tandis que le rescrit règle les fonctions des gouverneurs.
Le décret répond par écrit à une question de droit sans trancher le fond, tandis que le rescrit tranche une affaire portée en appel.

Le décret tranche une affaire portée en appel, tandis que le rescrit répond par écrit à une question de droit sans trancher le fond.

Explication

Le décret est rendu par l’empereur saisi par voie d’appel, alors que le rescrit répond par écrit à une question de droit soulevée pendant un procès sans décider du fond. L’autre distinction procédurale proposée inverse les caractéristiques de ces deux décisions.

38. Un juge reçoit un rescrit impérial qui précise la règle applicable à l’affaire qu’il examine ; quelle conduite doit-il adopter ?

Il doit se conformer à la solution donnée, qui peut aussi être invoquée dans d’autres procès.
Il peut écarter la solution et attendre qu’un décret impérial tranche le fond de l’affaire.
Il doit soumettre la solution au Sénat afin qu’elle soit transformée en sénatus-consulte.
Il doit appliquer la solution à l’affaire, mais celle-ci ne peut pas être invoquée dans d’autres procès.

Il doit se conformer à la solution donnée, qui peut aussi être invoquée dans d’autres procès.

Explication

Le rescrit précise le droit applicable et le juge doit suivre la solution indiquée, laquelle peut aussi être invoquée dans d’autres procès. Le rescrit n’est donc pas dépourvu d’effet pour d’autres affaires, contrairement à l’option qui lui refuse cette portée.

39. Quelle caractéristique distingue le Code théodosien promulgué en 438 ?

Il compile des citations de juristes antiques, dont une part importante provient des ouvrages d’Ulpien.
Il réunit les constitutions impériales encore en vigueur en les organisant selon les matières juridiques.
Il rassemble les constitutions impériales postérieures à un code afin d’en compléter les règles.
Il rassemble en 16 livres des constitutions classées chronologiquement, avec des interpolations possibles pour refléter le droit de 438.

Il rassemble en 16 livres des constitutions classées chronologiquement, avec des interpolations possibles pour refléter le droit de 438.

Explication

Le Code théodosien comporte 16 livres et classe chronologiquement les constitutions, qui peuvent être adaptées par interpolation à l’état du droit en 438. La réunion des constitutions encore en vigueur caractérise plutôt le Code de Justinien de 529.

40. Quel était l’objectif du Code de Justinien publié en 529 ?

Compiler des constitutions impériales postérieures au Code à la fin du VIe siècle.
Rassembler les constitutions impériales encore en vigueur, en les interpolant au besoin.
Réunir les règles les plus couramment appliquées dans un recueil accessible aux juristes.
Réunir des décisions judiciaires récentes en les classant selon leur ordre chronologique.

Rassembler les constitutions impériales encore en vigueur, en les interpolant au besoin.

Explication

Le Code de Justinien rassemble en 529 les constitutions impériales encore en vigueur, avec des interpolations lorsque cela est nécessaire. Les constitutions postérieures au Code sont compilées dans les Novelles, et non dans le Code lui-même.

41. Quelle place les ouvrages d’Ulpien occupent-ils dans les citations réunies par le Digeste de Justinien ?

Ils fournissent près de la moitié des citations, au sein de plus de 9 000 citations issues d’environ 1 600 traités antiques.
Ils fournissent près d’un tiers des citations, au sein de plus de 1 600 citations issues de plus de 9 000 traités antiques.
Ils fournissent la majorité des citations, au sein de plus de 1 600 citations issues de plus de 9 000 traités antiques.
Ils fournissent près d’un tiers des citations, au sein de plus de 9 000 citations issues de plus de 1 600 traités antiques.

Ils fournissent près d’un tiers des citations, au sein de plus de 9 000 citations issues de plus de 1 600 traités antiques.

Explication

Le Digeste réunit plus de 9 000 citations provenant de plus de 1 600 traités antiques, et près d’un tiers de ces citations proviennent d’ouvrages d’Ulpien. Le chiffre de plus de 1 600 concerne les traités, pas le nombre de citations.

42. Quels textes composent le Corpus Iuris civilis, et quel est le rôle des Novelles ?

Le Code, le Digeste, les Institutes et les Novelles, qui compilent les constitutions postérieures au Code à la fin du VIe siècle.
Le Code, le Digeste, les Institutes et les Novelles, qui rassemblent les constitutions antérieures au Code au début du VIe siècle.
Le Code, le Digeste, les Sentences de Paul et les Novelles, qui compilent les constitutions postérieures au Code à la fin du VIe siècle.
Le Code, les Institutes, les Novelles et l’Ecloga, qui réunissent les constitutions postérieures au Code à la fin du VIe siècle.

Le Code, le Digeste, les Institutes et les Novelles, qui compilent les constitutions postérieures au Code à la fin du VIe siècle.

Explication

Le Corpus Iuris civilis comprend le Code, le Digeste, les Institutes et les Novelles, ces dernières compilant les constitutions postérieures au Code à la fin du VIe siècle. Les Sentences de Paul et l’Ecloga ne font pas partie de ces quatre textes.

43. Pourquoi la langue du Corpus de Justinien compliquait-elle son application par les juristes orientaux ?

Le Corpus était principalement rédigé en latin juridique, tandis que le grec était la langue courante en Orient.
Le Corpus était principalement rédigé en latin juridique, tandis que le grec était réservé aux actes impériaux en Orient.
Le Corpus était principalement rédigé en grec courant, tandis que le latin était la langue courante en Orient.
Le Corpus était principalement rédigé en grec juridique, tandis que le latin restait la langue des juristes orientaux.

Le Corpus était principalement rédigé en latin juridique, tandis que le grec était la langue courante en Orient.

Explication

Le Corpus était principalement rédigé en latin juridique, alors que le grec était la langue courante en Orient, ce qui compliquait son application. Le grec n’était pas réservé aux actes impériaux : il constituait la langue courante dans la région.

44. À partir de 741, quelle mesure Léon l’Isaurien entreprend-il pour restaurer l’autorité du droit ?

Il rouvre l’école de droit de Beyrouth et charge ses enseignants de classer les constitutions impériales.
Il promulgue un nouveau code rassemblant les constitutions impériales postérieures au Code de Justinien.
Il propose l’Ecloga, un recueil accessible des règles les plus importantes et les plus couramment appliquées.
Il propose une traduction grecque intégrale du Digeste afin de remplacer les textes juridiques latins.

Il propose l’Ecloga, un recueil accessible des règles les plus importantes et les plus couramment appliquées.

Explication

À partir de 741, Léon l’Isaurien entreprend de restaurer l’autorité du droit en proposant l’Ecloga, recueil accessible des règles importantes et couramment appliquées. La traduction du Digeste est associée à Dorothée, et non à cette initiative de Léon.

45. Quel changement politique marque l’année 476 en Occident ?

Romulus Augustule renverse Odoacre et renvoie les insignes impériaux à Constantinople, tandis que les rois barbares gouvernent en leur nom.
Odoacre renverse Romulus Augustule et renvoie les insignes impériaux à Constantinople, tandis que les rois barbares gouvernent en leur nom.
Odoacre renverse Romulus Augustule et conserve les insignes impériaux en Occident, tandis que les rois barbares gouvernent au nom de Constantinople.
Odoacre renverse Romulus Augustule et renvoie les insignes impériaux à Constantinople, tandis que les rois barbares gouvernent au nom de l’empereur.

Odoacre renverse Romulus Augustule et renvoie les insignes impériaux à Constantinople, tandis que les rois barbares gouvernent en leur nom.

Explication

En 476, Odoacre renverse Romulus Augustule et renvoie les insignes impériaux à Constantinople ; les rois barbares gouvernent ensuite l’Occident en leur nom. L’envoi des insignes à Constantinople ne signifie pas que les rois barbares gouvernent au nom de l’empereur.

46. Dans un royaume appliquant le système de personnalité des lois, quelle règle détermine le droit applicable à un sujet romain et à un sujet barbare ?

Le sujet romain relève des lois barbares et le sujet barbare des lois romaines.
Les deux sujets relèvent des lois barbares établies par le roi du territoire.
Le sujet romain relève des lois romaines et le sujet barbare des lois barbares.
Les deux sujets relèvent des lois romaines établies par le pouvoir impérial.

Le sujet romain relève des lois romaines et le sujet barbare des lois barbares.

Explication

Le système de personnalité des lois rattache chaque sujet à sa propre tradition juridique : les Romains relèvent des lois romaines et les Barbares des lois barbares. Ce système ne soumet donc pas les deux groupes à un droit commun déterminé par le territoire.

47. Quel rôle la loi salique de Clovis attribuait-elle aux tarifs des peines pour les infractions et les dommages ?

Rassembler les constitutions impériales afin de clarifier le droit romain pratique.
Fixer des compensations afin de réduire la violence et la vengeance.
Harmoniser les lois romaines et barbares en imposant les mêmes peines à leurs sujets.
Établir des règles de procédure afin de rendre les procès plus accessibles aux sujets romains.

Fixer des compensations afin de réduire la violence et la vengeance.

Explication

La loi salique tarife les peines liées aux infractions et aux dommages afin de mettre fin à la violence et à la vengeance. La clarification du droit romain pratique est plutôt l’objectif du Bréviaire d’Alaric.

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Mémorisez les réponses avec 91 flashcards sur Fondations du droit romain.

Quelle conception de la loi les Grecs transmettent-ils aux Romains ?

Une conception politique de la loi.

Sur quoi repose la conception romaine du droit ?

Sur l’interprétation et la jurisprudence.

Que désigne la thémis dans la Grèce archaïque ?

La norme générale issue des précédents judiciaires du roi, bénie par les dieux et reflétant un ordre immuable.

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