QCM : Géographie de l’alimentation et des sociétés — 24 questions

Questions et réponses du QCM

1. Pourquoi le bassin versant de la Seine peut-il être considéré comme un géosystème ?

Parce qu’il associe un milieu naturel aux sociétés qui l’occupent et le transforment
Parce qu’il regroupe des cours d’eau reliés par des échanges commerciaux
Parce qu’il désigne une région définie par ses seules formes de relief
Parce qu’il correspond à un espace naturel observé sans intervention humaine

Parce qu’il associe un milieu naturel aux sociétés qui l’occupent et le transforment

Explication

Un géosystème comprend à la fois un milieu naturel et les sociétés qui l’occupent et le transforment. Le réduire à un espace purement naturel confond le géosystème avec une conception limitée du milieu.

2. Comment définir un paysage en géographie ?

Un réseau de lieux reliés par des voies de communication
Une portion d’espace perçue et chargée de valeurs
Un territoire organisé par des frontières politiques reconnues
Un tableau objectif décrivant un espace sans interprétation

Une portion d’espace perçue et chargée de valeurs

Explication

Un paysage est une portion d’espace perçue et investie de valeurs par ceux qui l’observent. Il ne constitue donc pas un tableau purement objectif, car la perception et la valorisation y participent.

3. Quelle distinction décrit correctement le rapport entre le besoin de se nourrir et ses formes de satisfaction ?

Le besoin de se nourrir est biologique, tandis que les produits consommés et les façons de manger sont socialement construits.
Le besoin de se nourrir dépend des traditions, tandis que les façons de manger sont fixées par les techniques agricoles.
Le besoin de se nourrir est social, tandis que les produits consommés relèvent principalement de contraintes biologiques universelles.
Le besoin de se nourrir et les façons de manger sont biologiques, mais les revenus déterminent la quantité consommée.

Le besoin de se nourrir est biologique, tandis que les produits consommés et les façons de manger sont socialement construits.

Explication

La faim correspond à un besoin biologique, mais sa satisfaction varie selon l’éducation, les traditions, les religions, les revenus et les techniques. La réponse qui attribue aussi les formes alimentaires à la biologie confond le besoin général et ses expressions sociales.

4. Que désigne la commensalité dans l’étude des pratiques alimentaires ?

La circulation internationale des recettes et des produits alimentaires
L’analyse des aliments comme apport énergétique pour l’organisme
La préparation des plats selon une tradition culinaire familiale
Le fait de manger ensemble et d’observer les relations sociales du repas

Le fait de manger ensemble et d’observer les relations sociales du repas

Explication

La commensalité désigne le partage social du repas et permet d’étudier les relations nouées autour de cette pratique. La réduire à l’apport nutritif revient à confondre commensalité et alimentation envisagée sous un angle biologique.

5. Pourquoi l’explication de la Grande Famine irlandaise par le seul mildiou de la pomme de terre est-elle insuffisante ?

Parce que la pomme de terre reste abondante, tandis que la crise provient surtout d’une baisse des exportations agricoles.
Parce que la catastrophe résulte aussi de la pauvreté, des structures foncières et des politiques britanniques.
Parce que la maladie touche principalement les céréales, dans un contexte de prospérité rurale et de réformes foncières.
Parce que les politiques britanniques améliorent l’accès aux terres, mais ne parviennent pas à empêcher la diffusion du mildiou.

Parce que la catastrophe résulte aussi de la pauvreté, des structures foncières et des politiques britanniques.

Explication

À partir de 1845, le mildiou détruit les récoltes de pommes de terre, mais la gravité de la famine tient aussi aux conditions sociales, foncières et politiques. Réduire la crise à la maladie ignore donc les mécanismes qui ont aggravé ses effets.

6. Quelle évolution Max Sorre met-il en relation entre 1943 et 1952 ?

Les représentations culturelles, les identités et les hiérarchies urbaines
Les besoins alimentaires, les milieux et les façons de se nourrir
Les inégalités sociales, les conflits et les stratégies géopolitiques
Les techniques agricoles, les marchés et les réseaux de transport

Les besoins alimentaires, les milieux et les façons de se nourrir

Explication

Entre 1943 et 1952, Max Sorre rapproche les besoins alimentaires, les milieux et les manières de se nourrir. Les autres associations renvoient à d’autres problématiques géographiques et ne caractérisent pas cette étape.

7. Comment Louis Malassis définit-il le système alimentaire en 1994 ?

Comme la manière dont les hommes s’organisent dans l’espace et le temps pour obtenir et consommer leur nourriture.
Comme la répartition mondiale des aliments selon les ressources naturelles disponibles dans chaque région.
Comme l’étude des comportements individuels liés aux préférences alimentaires et aux besoins nutritionnels.
Comme l’ensemble des techniques permettant d’augmenter les rendements agricoles dans un territoire donné.

Comme la manière dont les hommes s’organisent dans l’espace et le temps pour obtenir et consommer leur nourriture.

Explication

Pour Louis Malassis, le système alimentaire concerne l’organisation spatiale et temporelle qui permet d’obtenir puis de consommer la nourriture. Cette définition dépasse la seule production agricole ou les préférences individuelles.

8. Quel changement est associé au tournant culturel ouvert par Paul Claval entre 1992 et 1995 ?

Les pratiques et les représentations alimentaires deviennent des objets géographiques légitimes
Les enquêtes alimentaires mondiales remplacent l’étude des cultures et des représentations
Les productions agricoles et les milieux naturels deviennent les seuls objets géographiques légitimes
Les modèles quantitatifs expliquent les comportements alimentaires à partir de lois générales

Les pratiques et les représentations alimentaires deviennent des objets géographiques légitimes

Explication

Le tournant culturel de Paul Claval légitime l’étude des pratiques et des représentations, notamment alimentaires. Il ne se limite donc pas aux productions et aux milieux, contrairement à une conception plus traditionnelle de la géographie.

9. Quelle distinction décrit correctement le lieu, le territoire et le réseau ?

Le lieu privilégie le voisinage, le territoire écarte la distance et le réseau privilégie la connexité
Le lieu écarte la distance, le territoire privilégie le voisinage et le réseau privilégie la connexité
Le lieu privilégie la connexité, le territoire écarte la distance et le réseau privilégie le voisinage
Le lieu privilégie le voisinage, le territoire privilégie la connexité et le réseau écarte la distance

Le lieu écarte la distance, le territoire privilégie le voisinage et le réseau privilégie la connexité

Explication

Le lieu est un espace où la distance n’est plus pertinente, le territoire s’organise selon le voisinage et le réseau selon la connexité. Les autres propositions attribuent à ces notions des relations spatiales qui ne leur correspondent pas.

10. Dans quel cas un élément du milieu devient-il une ressource pour une société ?

Lorsqu’il est transformé par une entreprise, sans que les usages collectifs ou les techniques interviennent.
Lorsqu’une société lui reconnaît une utilité, sait l’exploiter et organise son usage.
Lorsqu’il possède naturellement une valeur économique indépendante des pratiques sociales.
Lorsqu’il est présent en grande quantité, même si aucune société ne sait l’utiliser.

Lorsqu’une société lui reconnaît une utilité, sait l’exploiter et organise son usage.

Explication

Une ressource n’est pas définie par sa seule présence naturelle : elle résulte d’une utilité reconnue, de capacités d’exploitation et d’une organisation de son usage. Un élément abondant peut donc ne pas être une ressource pour une société donnée.

11. Quelle association entre une branche de la géographie et son objet d’étude est correcte ?

La climatologie étudie les reliefs et la biogéographie étudie les températures
La climatologie étudie les sols et la biogéographie étudie les précipitations
La géomorphologie étudie les eaux et l’hydrologie étudie les reliefs
La géomorphologie étudie les reliefs et l’hydrologie étudie les eaux

La géomorphologie étudie les reliefs et l’hydrologie étudie les eaux

Explication

La géomorphologie porte sur les formes du relief, alors que l’hydrologie étudie les eaux. Les températures et les précipitations relèvent de la climatologie, tandis que le vivant et les sols relèvent de la biogéographie.

12. Comment s’articulent les contraintes du milieu et les choix des sociétés dans la création d’une ressource ?

Le milieu définit un champ de possibilités, tandis que les sociétés choisissent ce qu’elles transforment en ressource.
Le milieu intervient après les choix sociaux, car une ressource est créée indépendamment des conditions naturelles.
Le milieu impose les ressources disponibles, tandis que les sociétés adaptent leurs usages sans pouvoir les modifier.
Le milieu offre des possibilités sans contraintes, tandis que les sociétés transforment chaque élément utile en ressource.

Le milieu définit un champ de possibilités, tandis que les sociétés choisissent ce qu’elles transforment en ressource.

Explication

Le milieu offre certaines possibilités tout en imposant des contraintes, mais une société sélectionne les éléments qu’elle valorise et transforme en ressources. Dire que le milieu impose directement toutes les ressources néglige le rôle des choix sociaux.

13. Quel objet la géographie étudie-t-elle principalement ?

Les interactions entre les sociétés et leur environnement
La mesure des températures et des précipitations atmosphériques
La classification des espèces selon leurs caractères biologiques
La description des reliefs indépendamment des activités humaines

Les interactions entre les sociétés et leur environnement

Explication

La géographie analyse les interactions entre les sociétés et leur environnement en combinant les dimensions naturelle, anthropique, physique et humaine. L’étude isolée des reliefs relève plutôt de la géomorphologie, tandis que les autres propositions correspondent à des domaines plus spécialisés.

14. Quelle définition rend compte de l’alimentation dans toute sa portée ?

Elle désigne la nourriture et la boisson des humains dans leurs dimensions matérielle et symbolique.
Elle désigne les techniques agricoles utilisées pour produire des aliments destinés aux populations.
Elle désigne les nutriments nécessaires au fonctionnement biologique du corps humain.
Elle désigne les règles économiques qui organisent la circulation des produits alimentaires.

Elle désigne la nourriture et la boisson des humains dans leurs dimensions matérielle et symbolique.

Explication

L’alimentation comprend la nourriture et la boisson, mais aussi leurs dimensions symboliques, comme les pratiques et les significations sociales. La réduire aux nutriments ou à la production agricole néglige cette dimension plus large.

15. Quelle publication Gilles Fumey fait-il paraître en 2007 ?

« La Géographie humaine »
« La Géographie culturelle »
« La géographie, ça sert d’abord à faire la guerre »
« Penser la géographie de l’alimentation »

« Penser la géographie de l’alimentation »

Explication

En 2007, Gilles Fumey publie « Penser la géographie de l’alimentation » et affirme ainsi la légitimité de cet objet géographique. Les autres titres sont associés à Jean Brunhes, Paul Claval ou Yves Lacoste.

16. Quelle entreprise détenait la plus grande part des ventes de semences commerciales en 2023 parmi les quatre principales citées ?

Syngenta, avec 10 % des ventes de semences commerciales.
Bayer, avec 23 % des ventes de semences commerciales.
Corteva, avec 19 % des ventes de semences commerciales.
BASF, avec 4 % des ventes de semences commerciales.

Bayer, avec 23 % des ventes de semences commerciales.

Explication

Bayer arrive en tête avec 23 % des ventes de semences commerciales en 2023, devant Corteva, Syngenta et BASF. Les autres entreprises citées occupent des parts inférieures selon la répartition présentée.

17. Quelle distinction oppose le déterminisme de Ratzel aux genres de vie de Vidal de la Blache ?

Ratzel décrit les lois générales, tandis que Vidal recense les biens rares dans les grandes villes
Ratzel accorde un rôle directeur à la nature, tandis que Vidal reconnaît les choix et les techniques
Ratzel étudie les représentations, tandis que Vidal mesure les inégalités produites par l’économie
Ratzel privilégie les techniques humaines, tandis que Vidal fait dépendre les sociétés des conditions naturelles

Ratzel accorde un rôle directeur à la nature, tandis que Vidal reconnaît les choix et les techniques

Explication

Chez Ratzel, les conditions naturelles expliquent la répartition des hommes, ce qui relève du déterminisme. Vidal de la Blache montre qu’un même milieu peut être mis en valeur de plusieurs façons selon les techniques et les choix humains.

18. Pourquoi le contrôle des semences peut-il procurer un pouvoir sur la production alimentaire ?

Parce que les semences permettent aux entreprises de contrôler les habitudes alimentaires sans agir sur les cultures.
Parce que les semences déterminent directement les prix fixés par les distributeurs et les États.
Parce que les semences remplacent les terres agricoles dans l’organisation de la production alimentaire.
Parce que les semences constituent le point de départ de ce que les autres pourront cultiver et manger.

Parce que les semences constituent le point de départ de ce que les autres pourront cultiver et manger.

Explication

La semence est le point de départ de toute production alimentaire : la contrôler donne donc une prise sur les cultures accessibles et, par conséquent, sur une partie de l’alimentation. Le contrôle des semences ne fixe pas à lui seul les prix ni les habitudes alimentaires.

19. Dans le modèle de Christaller, comment s’organise la desserte des territoires par les villes ?

Les grandes villes dépendent de leurs périphéries pour fournir les services courants et spécialisés
Chaque ville fournit des biens et services à une périphérie, les plus rares étant concentrés dans les grandes villes
Les villes proposent des services identiques à toutes les distances dans un espace différencié
Chaque village produit les biens les plus rares et les exporte vers des villes de taille supérieure

Chaque ville fournit des biens et services à une périphérie, les plus rares étant concentrés dans les grandes villes

Explication

Dans le modèle de Christaller, chaque ville dessert une périphérie et les biens les plus rares sont proposés dans les centres urbains les plus importants. Le modèle suppose également un espace homogène et isotrope, ce qui ne correspond pas aux autres descriptions.

20. Quelle situation décrit le mieux la concentration de la production alimentaire mondiale malgré le nombre élevé d’espèces cultivées ?

Moins de 200 espèces sont cultivées, et la production est répartie entre plusieurs centaines d’espèces.
Environ 6 000 espèces sont cultivées, mais neuf fournissent près des deux tiers de la production mondiale.
Environ 6 000 espèces sont cultivées, et neuf d’entre elles fournissent près d’un tiers de la production mondiale.
Moins de 200 espèces sont cultivées, et neuf d’entre elles fournissent près des deux tiers de la production mondiale.

Environ 6 000 espèces sont cultivées, mais neuf fournissent près des deux tiers de la production mondiale.

Explication

La FAO distingue le nombre total d’espèces cultivées de leur contribution réelle à la production mondiale : neuf espèces en représentent environ les deux tiers. L’idée selon laquelle la production repose sur une large diversité d’espèces confond diversité cultivée et concentration productive.

21. Quelle caractéristique définit la Nouvelle Géographie ?

Elle analyse les injustices sociales en contestant la neutralité de la discipline
Elle décrit les particularités locales selon une approche idiographique et principalement qualitative
Elle privilégie les récits culturels pour interpréter les représentations des sociétés
Elle est théorique et quantitative et cherche des lois selon une approche nomothétique

Elle est théorique et quantitative et cherche des lois selon une approche nomothétique

Explication

La Nouvelle Géographie est théorique et quantitative, et son approche nomothétique vise à dégager des lois. L’approche idiographique décrit plutôt le particulier, tandis que les autres réponses renvoient à des courants distincts.

22. Que signifie changer d’échelle dans une étude géographique ?

Changer de phénomène étudié plutôt que zoomer sur une même image
Agrandir une même image afin d’observer davantage de détails
Réduire la superficie étudiée sans modifier le phénomène analysé
Remplacer une représentation cartographique par une photographie aérienne

Changer de phénomène étudié plutôt que zoomer sur une même image

Explication

Changer d’échelle revient à examiner un phénomène différent selon le niveau spatial considéré, et non à agrandir ou réduire mécaniquement la même image. Un simple zoom modifie le niveau de détail sans changer nécessairement l’objet étudié.

23. Quel effet la mondialisation produit-elle sur les pratiques alimentaires ?

Elle favorise à la fois des mélanges et des ressemblances alimentaires
Elle sépare les aliments de toute image liée à leur origine
Elle transforme chaque cuisine locale en pratique alimentaire identique
Elle limite la circulation des recettes aux régions de leur création

Elle favorise à la fois des mélanges et des ressemblances alimentaires

Explication

La mondialisation fait circuler les aliments, les recettes et les images associées à leur origine, ce qui produit simultanément des hybridations et des ressemblances. Elle ne supprime donc pas toute diversité au profit d’une uniformité complète.

24. Quel enchaînement décrit la manière dont une société crée et organise ses ressources ?

Elle découvre des besoins naturels, laisse l’environnement fournir les solutions, puis confie la consommation aux ménages.
Elle construit des besoins, exploite son environnement pour y répondre, puis organise cette exploitation par différents acteurs.
Elle délègue la définition des besoins aux États, tandis que les paysans et les industriels déterminent les usages du milieu.
Elle exploite d’abord l’environnement, puis définit les besoins selon les ressources obtenues et réduit le rôle des acteurs économiques.

Elle construit des besoins, exploite son environnement pour y répondre, puis organise cette exploitation par différents acteurs.

Explication

Le processus commence par la construction sociale de besoins, se poursuit par l’exploitation de l’environnement, puis mobilise des paysans, des industriels, des distributeurs et des États. Les autres propositions inversent cet enchaînement ou attribuent à un seul groupe un rôle trop large.

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Combien d'espèces cultivées contribuent substantiellement à la production mondiale selon la FAO ?

Moins de 200 espèces.

Quelles espèces représentent les deux tiers de la production alimentaire mondiale selon la FAO ?

Neuf espèces principales.

Quelles causes expliquent la Grande Famine en Irlande à partir de 1845 ?

Le mildiou, la pauvreté, les structures foncières et les politiques britanniques.

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