QCM : Histoire du cinéma et théories (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Un patient peine à accéder à des souvenirs et à des mouvements pulsionnels refoulés de son enfance. Dans la première période de Freud, quel rôle joue l’hypnose dans cette démarche ?

Renforcer les résistances afin d’éviter les souvenirs de l’enfance
Remplacer la parole par une interprétation directe des rêves
Court-circuiter les résistances pour renouer avec les mouvements refoulés
Écarter les mouvements refoulés au profit de symptômes présents

Court-circuiter les résistances pour renouer avec les mouvements refoulés

Explication

Dans sa première période, Freud utilise l’hypnose pour court-circuiter les résistances et renouer avec les mouvements pulsionnels refoulés de l’enfance. Renforcer les résistances inverse ce rôle, tandis que la parole intervient ensuite pour court-circuiter le circuit direct de l’hypnose.

2. Une personne ressent de la peur devant une scène de film tout en sachant qu’elle est fictive. Quelle notion décrit cette coexistence ?

Une amnésie hypnotique
Une hallucination paradoxale
Une confusion entre fiction et réalité
Un état de sommeil profond

Une hallucination paradoxale

Explication

L’hallucination paradoxale désigne le fait d’éprouver des émotions réelles tout en conservant pleinement conscience du caractère fictionnel du film. La perte de conscience et la croyance en la réalité de la scène ne correspondent pas à cette coexistence.

3. Dans une scène de duel hypnotique, un cinéaste veut montrer l’emprise de Mabuse sur Van Wenk, puis la rupture de cette emprise. Quelle mise en scène correspond à cette progression ?

Plans subjectifs au champ visuel réduit, puis gros plan sur les lunettes et regard baissé de Van Wenk
Plans d’ensemble sans lunettes, torpeur de Mabuse, puis Van Wenk ferme les yeux
Gros plan lumineux sur les lunettes, champ visuel élargi, puis Van Wenk détourne le regard
Gros plan sombre sur les lunettes, plans subjectifs au champ visuel réduit, puis Van Wenk redresse le regard

Gros plan sombre sur les lunettes, plans subjectifs au champ visuel réduit, puis Van Wenk redresse le regard

Explication

Mabuse capte d’abord l’attention par un gros plan sombre et des inserts sur ses verres fumés; les plans subjectifs montrent ensuite la torpeur et la réduction du champ visuel, avant que Van Wenk ne rompe l’emprise en redressant le regard et en s’affirmant. Commencer par les plans subjectifs inverse la progression, tandis qu’un champ visuel élargi ne traduit pas l’emprise décrite.

4. Dans l’analyse du duel hypnotique, que métaphorise le regard de Van Wenk lorsqu’il est sous l’emprise de Mabuse ?

La position du hypnotiseur dirigeant la projection
La position du réalisateur contrôlant le récit
La position du spectateur fasciné par l’écran
La position d’un témoin extérieur au dispositif

La position du spectateur fasciné par l’écran

Explication

Le regard de Van Wenk sous emprise métaphorise la position du spectateur fasciné par l’écran. L’assimiler au hypnotiseur ou au réalisateur confond le spectateur captivé avec ceux qui exercent ou organisent l’influence.

5. Dans la lecture de Kracauer, que symbolise la fête foraine au début du Cabinet du docteur Caligari ?

La révolte organisée contre le pouvoir tyrannique
La stabilité sociale retrouvée après une crise politique
L’anarchie et le chaos qui menacent la société
L’ordre rationnel que l’autorité impose à la population

L’anarchie et le chaos qui menacent la société

Explication

La fête foraine représente, dans l’interprétation de Kracauer, le désordre et l’anarchie redoutés par la société. Elle ne symbolise pas une révolte organisée, mais une menace de chaos.

6. Quelle réaction artistique l’expressionnisme cinématographique cherche-t-il à inscrire dans l’espace plastique ?

Les souvenirs personnels et les rêves, en réaction au symbolisme allemand
Les gestes quotidiens et les paysages urbains, en réaction au naturalisme français
Les émotions et les angoisses intérieures, en réaction à l’impressionnisme français
Les mouvements sociaux et les conflits de classe, en réaction au réalisme français

Les émotions et les angoisses intérieures, en réaction à l’impressionnisme français

Explication

L’expressionnisme naît en réaction directe à l’impressionnisme français et donne une forme plastique aux émotions et aux angoisses intérieures. Le réalisme social, contrairement à cette esthétique, ne constitue pas la réaction artistique mentionnée ici.

7. Dans la séquence du cercle de jeu clandestin, quelle fonction remplit le regard caméra de Mabuse ?

Il signale au spectateur que von Wenk a déjà découvert l’identité de Mabuse.
Il exerce une emprise hypnotique dans le récit et implique le spectateur dans la manipulation du film.
Il distingue les joueurs ordinaires des complices chargés de surveiller la salle.
Il marque une rupture dans le récit et annonce le passage à une autre époque.

Il exerce une emprise hypnotique dans le récit et implique le spectateur dans la manipulation du film.

Explication

Le regard directement adressé à la caméra associe la manipulation de von Wenk au pouvoir hypnotique du film sur le spectateur. Les plans de von Wenk montrent qu’il perd pied sous cette emprise, et non qu’il a percé le déguisement de Mabuse.

8. Dans quel ordre se déroule la séquence du cercle de jeu clandestin où von Wenk affronte l’hypnose de Mabuse ?

Les joueurs découvrent von Wenk, Mabuse quitte la salle, puis l’inspecteur reprend le contrôle de la partie.
Von Wenk s’introduit déguisé, les joueurs l’arrêtent, puis Mabuse révèle son identité par un gros plan.
Von Wenk s’introduit déguisé, le montage alterne les regards de Mabuse et les plans de l’inspecteur, puis celui-ci perd pied.
Mabuse s’introduit déguisé, von Wenk fixe la caméra, puis les joueurs interrompent la partie.

Von Wenk s’introduit déguisé, le montage alterne les regards de Mabuse et les plans de l’inspecteur, puis celui-ci perd pied.

Explication

La séquence commence par l’infiltration de von Wenk sous un déguisement de vieillard, puis le montage alterne les plans du regard de Mabuse et ceux de l’inspecteur jusqu’à ce que ce dernier perde pied sous l’emprise hypnotique. L’arrestation de l’inspecteur ne fait pas partie de cette progression décrite.

9. Quelle différence Kracauer établit-il entre les perspectives déformées du décor et la lecture politique du récit dans Le Cabinet du docteur Caligari ?

Les perspectives déformées figurent l’instabilité mentale, tandis que le récit oppose la crainte du chaos à l’appel à l’ordre tyrannique.
Les perspectives déformées célèbrent l’ordre collectif, tandis que le récit dénonce principalement les conflits entre classes sociales.
Les perspectives déformées expriment une critique du cinéma commercial, tandis que le récit met en scène l’émancipation révolutionnaire des masses.
Les perspectives déformées traduisent la nostalgie du passé, tandis que le récit oppose la vie urbaine à la marginalité coloniale.

Les perspectives déformées figurent l’instabilité mentale, tandis que le récit oppose la crainte du chaos à l’appel à l’ordre tyrannique.

Explication

Les formes brisées et les angles géométriques matérialisent l’instabilité mentale, alors que Kracauer interprète le récit comme une tension politique entre peur de l’anarchie et désir d’un pouvoir tyrannique. La lecture des décors comme célébration de l’ordre collectif inverse leur fonction anxiogène.

10. Qui a défini l’« attraction » comme un choc sensori-émotionnel destiné à faire émerger chez le spectateur un concept politique abstrait ?

Lev Koulechov
D. W. Griffith
Dziga Vertov
Sergueï Eisenstein

Sergueï Eisenstein

Explication

Sergueï Eisenstein associe l’attraction à un choc calculé qui mobilise le spectateur et lui fait intégrer une idée politique. Lev Koulechov est plutôt associé à l’expérience montrant que le sens naît de la relation entre les plans au montage.

11. Dans Le Cuirassé Potemkine, quel effet produit le gros plan du lorgnon brisé ou oscillant du médecin major Smirnov ?

Il révèle la compassion du médecin et annonce sa fuite du navire.
Il signale la réconciliation des marins et l’abandon de la mutinerie.
Il exprime son mépris pour les plaintes et suggère son exécution par ellipse.
Il montre le ralliement des soldats et déclenche leur tir sur la foule.

Il exprime son mépris pour les plaintes et suggère son exécution par ellipse.

Explication

Le lorgnon traduit le mépris de Smirnov envers les plaintes sur la viande avariée, tandis que l’ellipse au montage fait comprendre qu’il est jeté par-dessus bord. Ce détail n’annonce pas une fuite : il condense visuellement la conséquence de la révolte des marins.

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En quelle année Freud et Breuer publient-ils *Études sur l’hystérie* ?

En 1895.

Quel lien théorique Christian Metz établit-il dans *Le film de fiction et son spectateur* (1975) ?

Un lien entre l’état hypnotique et la réception filmique.

Quelles avancées le génie du mal moderne exploite-t-il pour commettre des crimes ?

Les avancées de la médecine et de la psychologie, notamment l’hypnose.

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