QCM : Histoire du sport et des pratiques corporelles (23 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une équipe étudie l’évolution des violences et du sexisme dans le sport afin de mieux interpréter les débats actuels. Quel apport de l’histoire du sport cette démarche mobilise-t-elle ?

Prescrire des traitements médicaux aux sportifs
Analyser de façon critique des phénomènes actuels
Prédire avec certitude l’évolution des pratiques sportives
Mémoriser les résultats des compétitions passées

Analyser de façon critique des phénomènes actuels

Explication

L’étude historique du sport aide à porter un regard critique sur des phénomènes actuels comme les violences et le sexisme. Prédire l’avenir confond analyse et certitude, mémoriser des résultats réduit l’histoire à un relevé, et prescrire des traitements relève du domaine médical.

2. En étudiant une pratique sportive sur plusieurs décennies, une chercheuse observe des éléments persistants ainsi que des transformations importantes. Quelle démarche d’analyse convient-elle d’adopter ?

Considérer que la pratique reste identique au fil du temps
Traiter chaque transformation comme une rupture totale
Prendre en compte à la fois continuités et ruptures
Écarter les éléments persistants au profit des nouveautés

Prendre en compte à la fois continuités et ruptures

Explication

L’analyse historique doit considérer conjointement les continuités et les ruptures, sans supposer qu’un phénomène perdure à l’identique. L’identité permanente nie le changement, la rupture totale exagère les transformations, et l’exclusion des continuités néglige une partie de l’analyse.

3. Pour étudier un événement sportif controversé, un historien dispose de témoignages contradictoires et de discours produits dans des circonstances particulières. Quelle démarche répond aux exigences de l’analyse historique ?

Isoler les faits de leur contexte afin de rester neutre
Retenir le discours officiel comme preuve suffisante
Privilégier le témoignage le plus convaincant sans vérification
Vérifier les preuves, confronter les témoignages et contextualiser les faits

Vérifier les preuves, confronter les témoignages et contextualiser les faits

Explication

L’analyse historique exige de vérifier les sources et les preuves, de confronter les témoignages et les discours, puis de replacer les faits dans leur contexte. Le témoignage convaincant n’est pas une preuve vérifiée, l’absence de contexte appauvrit l’analyse, et le discours officiel ne suffit pas à établir les faits.

4. Un ouvrage raconte la carrière de quelques champions célèbres et les grands événements sportifs, tandis qu’un autre formule des hypothèses en croisant plusieurs dimensions de la société. Quelle caractérisation distingue correctement les deux approches ?

L’histoire traditionnelle privilégie les grands hommes et événements, l’histoire nouvelle construit des questions en croisant les aspects sociaux
L’histoire nouvelle privilégie les grands hommes et événements, l’histoire traditionnelle construit des questions en croisant les aspects sociaux
L’histoire traditionnelle privilégie les hypothèses sociales, l’histoire nouvelle raconte les carrières des champions
Les deux approches privilégient les grands hommes et se distinguent par la période étudiée

L’histoire traditionnelle privilégie les grands hommes et événements, l’histoire nouvelle construit des questions en croisant les aspects sociaux

Explication

L’histoire traditionnelle met l’accent sur les grands hommes et les événements marquants, alors que l’histoire nouvelle construit des questions et des hypothèses en croisant plusieurs aspects de la société. La deuxième réponse inverse ces priorités, la troisième les attribue à l’envers, et la quatrième efface leur différence de démarche.

5. Une historienne examine un changement sportif en étudiant les groupes concernés, les décisions politiques, le contexte, les connaissances scientifiques et les technologies disponibles. Quelle approche met-elle en œuvre ?

Une analyse limitée aux dimensions sociale et politique
Une analyse mobilisant les dimensions sociale, politique, contextuelle, scientifique et technologique
Une analyse organisée autour d’une chronologie des seuls événements marquants
Une analyse consacrée aux règlements sportifs sans autres dimensions

Une analyse mobilisant les dimensions sociale, politique, contextuelle, scientifique et technologique

Explication

L’histoire nouvelle étudie les faits à travers leurs dimensions sociale, politique, contextuelle, scientifique et technologique. Se limiter au social et au politique omet d’autres dimensions, une chronologie événementielle relève d’une approche descriptive, et l’étude isolée des règlements ne croise pas les analyseurs.

6. Deux études portent sur une transformation sportive : la première déroule les événements dans l’ordre chronologique; la seconde segmente le temps et recherche les causes en mobilisant plusieurs analyseurs. Comment caractériser la seconde étude ?

Une histoire nouvelle, au déroulement linéaire et orientée vers la description des faits
Une histoire nouvelle, au rythme discontinu et orientée vers l’explication des causes
Une histoire traditionnelle, au rythme discontinu et orientée vers l’explication des causes
Une histoire traditionnelle, au déroulement linéaire et orientée vers la description des faits

Une histoire nouvelle, au rythme discontinu et orientée vers l’explication des causes

Explication

L’histoire nouvelle adopte un rythme discontinu et cherche à comprendre les causes à l’aide de différents analyseurs, contrairement à l’histoire traditionnelle, linéaire et descriptive. La linéarité et la description correspondent à l’approche traditionnelle; les deux autres réponses attribuent à celle-ci des caractéristiques de l’histoire nouvelle.

7. Quelle transformation K. Marx apporte-t-il à l’objet de l’analyse historique ?

Il privilégie les événements politiques et les rivalités entre dirigeants.
Il explique l’histoire par les décisions individuelles et les intérêts personnels.
Il maintient l’attention sur les élites et les conflits entre institutions politiques.
Il déplace l’attention des élites vers le peuple et les luttes entre classes dominantes et dominées.

Il déplace l’attention des élites vers le peuple et les luttes entre classes dominantes et dominées.

Explication

Marx déplace l’intérêt historique de l’élite vers le peuple et analyse l’histoire par les luttes de classes entre dominants et dominés. L’attention aux élites inverse ce déplacement, les seuls événements politiques réduisent son analyse, et les décisions individuelles isolées écartent les rapports de classe.

8. Une historienne étudie un bouleversement social en examinant successivement les modes de production, les classes qui en découlent et les idées dominantes. Quels niveaux d’analyse mobilise-t-elle ?

Les formes de production, les organisations sociales et les formes idéologiques.
Les formes de production, les innovations scientifiques et les conflits politiques.
Les événements politiques, les institutions étatiques et les évolutions scientifiques.
Les techniques de production, les institutions étatiques et les mouvements populaires.

Les formes de production, les organisations sociales et les formes idéologiques.

Explication

Les trois niveaux distingués par Marx sont les formes et niveaux de production, les organisations sociales qui en découlent et les formes idéologiques. La chronologie, l’État ou les innovations scientifiques ne remplacent pas ces trois catégories.

9. Dans une société, le mode de production façonne l’État et favorise une idéologie qui contribue à le consolider. Comment interpréter ce lien dans l’analyse marxiste ?

L’organisation de l’État se développe indépendamment du mode de production et des idées dominantes.
Le mode de production contribue à organiser l’État et à faire émerger une idéologie dominante qui le renforce.
L’idéologie dominante organise le mode de production et détermine ensuite la structure de l’État.
L’idéologie dominante reflète le mode de production sans contribuer à son renforcement.

Le mode de production contribue à organiser l’État et à faire émerger une idéologie dominante qui le renforce.

Explication

Dans cette analyse, le mode de production détermine l’organisation de l’État et contribue à faire émerger une idéologie dominante qui le renforce. Faire de l’idéologie la cause première inverse le lien, tandis que séparer l’État ou nier l’effet de renforcement contredit ce mécanisme.

10. Une réforme de l’éducation physique s’appuie sur de nouvelles idées liées aux progrès scientifiques, puis transforme les pratiques et les techniques corporelles. Quelle lecture correspond à celle de J. Ulmann ?

Les règles sportives évoluent sans lien avec les idées ni les connaissances scientifiques.
Les idées nourries par les évolutions scientifiques font évoluer les pratiques et les techniques corporelles.
Les pratiques changent sous l’effet des institutions, indépendamment des idées scientifiques.
Les gestes corporels produisent les idées scientifiques qui transforment ensuite l’éducation physique.

Les idées nourries par les évolutions scientifiques font évoluer les pratiques et les techniques corporelles.

Explication

Pour Ulmann, les idées, en lien avec les évolutions scientifiques, font évoluer l’éducation physique, les pratiques et les techniques corporelles. Faire des gestes la cause des idées inverse ce rapport, tandis que l’absence de lien scientifique ou idéel écarte le mécanisme proposé.

11. Un chercheur décrit une pratique d’éducation physique en détaillant ses mouvements biomécaniques, mais sans étudier les idées qui l’ont inspirée ni leur évolution. Quelle limite J. Ulmann associerait-il à cette démarche ?

La pratique est privée de science, car les gestes ne peuvent être étudiés biomécaniquement.
La pratique est pleinement historique, car l’étude biomécanique retrace le renouvellement des idées.
La pratique est pleinement historique, car les mouvements évoluent plus que les idées.
La pratique est privée d’histoire, car l’analyse se limite aux mouvements relativement stables.

La pratique est privée d’histoire, car l’analyse se limite aux mouvements relativement stables.

Explication

Ulmann considère que les idées se renouvellent tandis que les mouvements biomécaniques sont relativement stables ; réduire l’éducation physique au mouvement la prive donc d’histoire. Dire que la biomécanique retrace les idées, qu’elle exclut l’étude scientifique ou que les mouvements changent davantage traduit une confusion sur cette distinction.

12. Pour étudier les représentations des sportifs d’une époque, un historien les relie aux conditions politiques et sociales de cette période. Quelle démarche adopte-t-il ?

L’histoire sociale
L’histoire des techniques corporelles
L’histoire des mentalités
L’histoire événementielle

L’histoire des mentalités

Explication

L’histoire des mentalités étudie les représentations des acteurs en les rapportant au contexte de leur époque. L’histoire sociale privilégie les groupes et leurs oppositions, l’histoire événementielle se centre sur les événements et l’analyse technique isolée omet le contexte des représentations.

13. Un chercheur compare les pratiques corporelles de plusieurs groupes et étudie les oppositions ainsi que les ruptures qui les traversent. Quel champ historique correspond à son approche ?

L’histoire des techniques corporelles
L’histoire sociale
L’histoire des mentalités
L’histoire des représentations communes

L’histoire sociale

Explication

L’histoire sociale examine les groupes sociaux, leurs oppositions et les ruptures qui les traversent. L’histoire des mentalités porte sur les représentations, tandis que l’analyse technique ou celle des représentations communes ne cible pas ces rapports entre groupes.

14. Une enquête montre que les habitudes corporelles et le rapport à l’effort varient selon la classe sociale et la culture familiale. Quel chercheur et quel travail éclairent directement cette relation ?

G. Vigarello, « Le corps redressé »
Théodore Zeldin, ses travaux sur le bonheur
Marcel Mauss, « Les Techniques du corps »
L. Boltanski, « Les usages sociaux du corps »

L. Boltanski, « Les usages sociaux du corps »

Explication

Dans « Les usages sociaux du corps » (1971), L. Boltanski reprend Marcel Mauss pour relier habitudes corporelles, comportements et rapport à l’effort à la classe sociale et à la culture familiale et sociale. Mauss est l’auteur des « Techniques du corps » (1934), Vigarello étudie le redressement du corps et Zeldin relie l’apparition du sport à un changement de mentalité.

15. Dans son usage attesté à partir du XIIIe siècle, que désigne le terme « desport » ?

Un ensemble limité aux jeux de paume et à l’escrime
Une activité de délassement, d’amusement ou de distraction
Un exercice physique intensif orienté vers le progrès
Une pratique de loisir de l’aristocratie anglaise

Une activité de délassement, d’amusement ou de distraction

Explication

Le terme « desport », attesté à partir du XIIIe siècle, désigne une activité de délassement, d’amusement ou de distraction. Le loisir de l’aristocratie anglaise correspond à l’acception associée au mot « sport », tandis que la définition intensive est celle de Coubertin.

16. Une personne choisit régulièrement un entraînement musculaire intense et cherche à progresser, en acceptant qu’il comporte un risque. Quelle définition du sport correspond à cette pratique ?

Une activité de délassement, d’amusement ou de distraction sans autre critère
Le culte volontaire et habituel d’un exercice musculaire intensif orienté vers le progrès et pouvant comporter un risque
Un exercice physique occasionnel visant principalement la détente
Une pratique de loisir aristocratique issue de l’anglicisation de desport

Le culte volontaire et habituel d’un exercice musculaire intensif orienté vers le progrès et pouvant comporter un risque

Explication

Pour Coubertin, le sport suppose un exercice musculaire intensif, volontaire et habituel, soutenu par le désir de progrès et pouvant aller jusqu’au risque. Le délassement renvoie au sens ancien de « desport », tandis que l’exercice occasionnel ou l’absence de progression ne reprend pas les critères de cette définition.

17. Quelle définition du sport met l’accent sur des pratiques compétitives institutionnalisées, à dominante physique, codifiées et réglées, visant à désigner le meilleur concurrent ou à établir une performance record ?

Celle de P. Parlebas
Celle d’Allen Guttmann
Celle de J. M. Brohm
Celle de l’enquête INSEP

Celle de J. M. Brohm

Explication

J. M. Brohm définit le sport par un système institutionnalisé de pratiques compétitives à dominante physique, codifiées et réglées, orientées vers la comparaison des performances. Parlebas met l’accent sur les situations motrices codifiées en compétition, l’INSEP sur la perception des pratiquants, et Guttmann sur les critères du sport moderne.

18. Quelle définition décrit le sport comme un ensemble de situations motrices codifiées sous forme de compétition et institutionnalisées ?

La définition de l’enquête INSEP
La caractérisation d’Allen Guttmann
La définition de J. M. Brohm
La définition de P. Parlebas

La définition de P. Parlebas

Explication

P. Parlebas définit le sport par des situations motrices codifiées sous forme de compétition et institutionnalisées. La dominante physique et la visée de performance renvoient à Brohm, la perception des pratiquants à l’INSEP, et les sept critères à Guttmann.

19. Une discipline sportive se dote de fédérations, mesure les performances, spécialise les fonctions d’arbitre et de juge, et valorise les records. Quel cadre permet d’interpréter ces caractéristiques comme des critères du sport moderne ?

La définition compétitive de J. M. Brohm
La définition motrice de P. Parlebas
La formule de l’enquête INSEP
Les sept critères d’Allen Guttmann

Les sept critères d’Allen Guttmann

Explication

Guttmann caractérise le sport moderne par sept critères, dont la bureaucratisation, la quantification, la spécialisation des rôles et le record. Brohm et Parlebas proposent des définitions du sport, tandis que l’INSEP souligne ce que les gens pensent pratiquer.

20. Dans un projet éducatif, un enseignant cherche à aider les élèves à acquérir des connaissances, à penser par eux-mêmes et à devenir autonomes et capables d’esprit critique. Quel objectif éducatif cela illustre-t-il ?

Permettre l’accès progressif à la culture
Favoriser le développement physique, intellectuel et moral
Exercer une action normative sur le corps
Développer l’autonomie et la pensée critique

Développer l’autonomie et la pensée critique

Explication

L’éducation vise notamment à donner les moyens de penser par soi-même, d’accéder aux connaissances, de devenir autonome et de développer une pensée critique. Le développement global et l’intégration relèvent de la définition de Lafon, l’accès à la culture de celle de Reboul, et l’action normative sur le corps de Le Pogam.

21. Dans un contexte où les normes corporelles sont influencées par des valeurs culturelles, idéologiques et politiques, comment Y. Le Pogam caractériserait-il l’éducation physique ?

Un processus qui conduit progressivement les enfants vers la culture
Une action visant le développement physique, intellectuel et moral du jeune
Un ensemble de moyens pour développer l’autonomie et l’esprit critique
Une discipline qui exerce une action normative sur le corps

Une discipline qui exerce une action normative sur le corps

Explication

Pour Y. Le Pogam, l’éducation physique est une discipline qui exerce une action normative sur le corps, et les valeurs de cette action dépendent du contexte culturel, idéologique et politique. Le développement global correspond à Lafon, l’accès à la culture à Reboul, et l’autonomie critique à l’objectif général de l’éducation.

22. Une collectivité analyse le sport à la fois comme un moyen d’intégrer les participants dans un cadre de règles, de les éduquer, de leur offrir du jeu et de mettre en scène une communication spectaculaire. Quelle grille d’analyse correspond à cette approche ?

Les fonctions éducative, intégrative, thérapeutique et compétitive
Les quatre fonctions principales décrites par Pociello
Les fonctions ludique, réglementaire, économique et métaphysique
Les fonctions normative, philosophique, politique et motrice

Les quatre fonctions principales décrites par Pociello

Explication

Pour Pociello, le sport remplit quatre fonctions : intégrative et réglementaire, éducative, ludique et spectaculaire communicationnelle. La fonction normative du corps relève d’une autre caractérisation, tandis que les fonctions thérapeutique, économique et métaphysique ne composent pas cette grille.

23. Un historien constate que le mot « sport » est resté en usage alors que les pratiques et les idées qui lui sont associées ont évolué. Quelle conclusion correspond à l’observation d’A. Prost ?

La continuité du mot n’assure pas celle de ses significations
L’évolution des significations exige que le mot disparaisse
Le sens d’un mot dépend uniquement de son origine historique
La continuité du mot garantit la stabilité de ses pratiques

La continuité du mot n’assure pas celle de ses significations

Explication

A. Prost souligne qu’un mot peut rester le même tandis que ses significations changent. La permanence des pratiques ne découle donc pas de celle du mot, et l’évolution du sens n’exige pas sa disparition.

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Quels phénomènes actuels l’histoire du sport aide-t-elle à analyser de façon critique ?

Le dopage, les violences et le sexisme.

De quoi l’analyse historique doit-elle tenir compte pour étudier les phénomènes ?

Des continuités et des ruptures.

Que faut-il faire des sources et des preuves lors d’une analyse historique ?

Il faut les vérifier.

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