QCM : Histoire et formes du conte (21 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle évolution sémantique caractérise le verbe « conter » ?

Il désigne d’abord le fait de rapporter des faits, puis s’étend aux récits inventés.
Il désigne d’abord le fait de compter, puis devient un terme réservé aux récits oraux.
Il désigne d’abord les récits inventés, puis se limite aux faits vérifiables.
Il désigne d’abord des mensonges destinés à tromper, puis des récits historiques.

Il désigne d’abord le fait de rapporter des faits, puis s’étend aux récits inventés.

Explication

Le verbe « conter » a d’abord signifié rapporter des faits avant que son sens ne s’étende à la narration de faits inventés. Il ne se limitait donc pas initialement à la fiction, contrairement à ce que suggère une autre interprétation possible.

2. Quelle caractéristique définit le conte comme genre narratif ?

C’est un récit généralement imaginaire, transmis au fil des siècles, qui divertit ou instruit.
C’est une chronique récente, fondée sur des témoignages, qui vise à informer sur l’actualité.
C’est un récit historique transmis par écrit, destiné à établir la véracité d’événements passés.
C’est un discours rituel transmis oralement, consacré à la célébration de divinités.

C’est un récit généralement imaginaire, transmis au fil des siècles, qui divertit ou instruit.

Explication

Le conte appartient au folklore et se transmet au fil des siècles; il raconte généralement des faits imaginaires pour divertir ou instruire. Une chronique fondée sur des témoignages vise plutôt à rapporter des événements comme véridiques.

3. Quelle différence essentielle distingue le mythe du conte ?

Le mythe décrit des faits vérifiables sans fonction rituelle, tandis que le conte fonde les cultures par le rite.
Le mythe présente des faits tenus pour vrais et sacrés, tandis que le conte relève d’une fiction acceptée.
Le mythe raconte des événements locaux possibles, tandis que le conte rapporte des exploits historiques en vers.
Le mythe présente des faits fictifs acceptés, tandis que le conte expose des faits sacrés tenus pour vrais.

Le mythe présente des faits tenus pour vrais et sacrés, tandis que le conte relève d’une fiction acceptée.

Explication

Le mythe met en scène des faits tenus pour véridiques et sacrés, souvent portés par des divinités ou des héros mythiques; le conte relève de la fiction. L’idée que le mythe serait fictif et le conte sacré inverse cette distinction.

4. Quels critères Dan Ben-Amos utilise-t-il pour distinguer les genres narratifs ?

L’ancienneté, le lieu de diffusion, le nombre de versions et le mode de publication.
Le rapport à la vérité, la forme, les protagonistes et la fonction sociale.
Le rythme, le vocabulaire, le support matériel et la présence d’un narrateur.
La longueur du récit, le statut de l’auteur, le public visé et le degré de réalisme.

Le rapport à la vérité, la forme, les protagonistes et la fonction sociale.

Explication

Le tableau de Dan Ben-Amos distingue les genres narratifs selon leur rapport à la vérité, leur forme, leurs protagonistes et leur fonction sociale. Des critères comme le support matériel ou le statut de l’auteur ne constituent pas les dimensions indiquées.

5. Quelles caractéristiques définissent le conte oral ?

C’est un récit factuel composé par un auteur identifié et diffusé d’abord sous forme imprimée.
C’est un récit historique transmis par une institution, dont l’origine est documentée et récente.
C’est un récit fictif transmis de vive voix, d’origine anonyme, collective et ancienne.
C’est un récit fictif écrit par un auteur unique, puis adapté à différentes traditions orales.

C’est un récit fictif transmis de vive voix, d’origine anonyme, collective et ancienne.

Explication

Le conte oral est fictif, transmis de vive voix et issu d’une origine anonyme, collective et ancienne. Sa transcription écrite peut fixer une version particulière, mais elle ne fait pas de cette version l’origine du conte oral.

6. Comment Marc Soriano caractérise-t-il la présence du conte dans la littérature écrite ?

Le conte est d’abord une composition écrite anonyme, ensuite transmise de génération en génération par la parole.
Le conte naît dans les civilisations historiques comme œuvre écrite, puis est adapté pour la transmission orale.
Le conte oral apparaît après les civilisations historiques et ses versions écrites en conservent la forme originelle.
Le conte oral, vraisemblablement antérieur aux civilisations historiques, apparaît parfois sous forme d’adaptations écrites.

Le conte oral, vraisemblablement antérieur aux civilisations historiques, apparaît parfois sous forme d’adaptations écrites.

Explication

Marc Soriano décrit le conte comme un récit oral vraisemblablement antérieur aux civilisations historiques, qui peut apparaître dans la littérature sous forme d’adaptations. L’idée que l’écriture constitue sa forme originelle inverse le rapport entre le récit oral et ses reprises écrites.

7. À quelle période le conte de fées littéraire apparaît-il, et de quelle transformation découle-t-il ?

À la fin du XVIIe siècle, après la réélaboration écrite d’éléments merveilleux du folklore
Au XVIIIe siècle, après la création de récits entièrement détachés de la tradition orale
Au début du XVIIe siècle, après la traduction de récits chevaleresques étrangers
Au Moyen Âge, après la mise par écrit de légendes chrétiennes populaires

À la fin du XVIIe siècle, après la réélaboration écrite d’éléments merveilleux du folklore

Explication

Le conte de fées littéraire apparaît à la fin du XVIIe siècle lorsque des éléments merveilleux issus du folklore sont retravaillés par écrit. L’idée d’une création entièrement détachée de la tradition orale ne rend pas compte de cette origine folklorique.

8. Quelle étape marque la publication des contes les plus connus de Charles Perrault en 1697 ?

Leur publication dans Le Magasin des enfants, après une série de récits à visée pédagogique
Leur traduction depuis des versions allemandes, après une collecte de récits racontés à la cour
Leur adaptation en pièces de théâtre, après une première publication dans un recueil de fables
Leur réunion dans Les contes de ma mère l’Oye, après des contes en vers puis huit contes en prose

Leur réunion dans Les contes de ma mère l’Oye, après des contes en vers puis huit contes en prose

Explication

Après avoir publié des contes en vers à partir de 1691, Perrault publie huit contes en prose, puis réunit les plus connus dans Les contes de ma mère l’Oye en 1697. Le Magasin des enfants est associé à Madame Leprince de Beaumont, et non à cette étape de l’œuvre de Perrault.

9. Quel rôle Madame Leprince de Beaumont donne-t-elle à La Belle et la Bête, publiée en 1757 dans Le Magasin des enfants ?

Un récit réaliste sans merveilleux, conçu pour instruire les lecteurs sur la vie quotidienne
Un récit destiné aux enfants, qui contribue à leur éducation par une visée morale
Une collecte de versions orales, destinée à préserver des traditions menacées
Un divertissement mondain destiné aux adultes, conçu pour être raconté à la cour

Un récit destiné aux enfants, qui contribue à leur éducation par une visée morale

Explication

Beaumont destine ce conte aux enfants et lui donne une visée pédagogique et morale. Le divertissement mondain pour adultes correspond plutôt aux premiers contes de Perrault, et non à l’objectif de Beaumont.

10. Quel objectif accompagne la publication par les frères Grimm du premier volume de leur collecte de contes populaires en 1812 ?

Diffuser des contes écrits pour l’éducation morale des jeunes enfants
Préserver la tradition orale en recueillant des contes populaires
Remplacer les versions entendues par des récits entièrement inventés
Classer les récits selon un catalogue international de types narratifs

Préserver la tradition orale en recueillant des contes populaires

Explication

La publication de 1812 s’inscrit dans une démarche de préservation de la tradition orale. La classification internationale des types de contes relève d’un autre travail, associé à Aarne et Thompson.

11. Que recense le catalogue international élaboré par Antti Aarne et Stith Thompson ?

Plus de 200 contes transcrits par les frères Grimm pour préserver la culture populaire
Huit contes en prose réunis dans un recueil français publié à la fin du XVIIe siècle
Les versions successives des contes des Grimm, classées selon leur degré de réécriture
2 500 types de contes issus de collections scandinaves, germaniques puis indo-européennes

2 500 types de contes issus de collections scandinaves, germaniques puis indo-européennes

Explication

Le catalogue d’Aarne et Thompson recense 2 500 types de contes à partir de collections scandinaves, germaniques puis indo-européennes. Les plus de 200 contes transcrits sont associés au travail de collecte des frères Grimm, et non à ce catalogue.

12. Quel ensemble de caractéristiques correspond aux contes merveilleux dans la classification des contes populaires ?

Un contenu chrétien présenté comme une fiction, mais perçu comme véridique par les fidèles
Un héros faible qui déjoue par sa ruse un adversaire méchant ou stupide
Une structure complexe et des éléments surnaturels non chrétiens, comme des métamorphoses ou des objets magiques
Une absence de surnaturel accompagnée de déguisements, de coups de théâtre ou d’une fin improbable

Une structure complexe et des éléments surnaturels non chrétiens, comme des métamorphoses ou des objets magiques

Explication

Les contes merveilleux associent une structure complexe à des éléments surnaturels non chrétiens, tels que des métamorphoses ou des objets magiques. L’absence de surnaturel caractérise plutôt les contes réalistes, même s’ils peuvent comporter des coups de théâtre.

13. Dans un conte d’ogres stupides, comment le héros présenté comme faible vient-il à bout de son adversaire ?

En profitant d’un déguisement qui transforme le récit en conte réaliste
En appliquant une règle de classement qui identifie le type du récit
En employant sa ruse ou sa persévérance contre un adversaire méchant ou stupide
En invoquant une puissance surnaturelle chrétienne pour convertir son adversaire

En employant sa ruse ou sa persévérance contre un adversaire méchant ou stupide

Explication

Dans ce type de conte, le héros présenté comme faible déjoue l’adversaire par la ruse ou la persévérance. La conversion par une puissance chrétienne relève d’une caractérisation religieuse, et non du mécanisme distinctif de ces récits.

14. Que symbolisent les auditeurs et les lecteurs dans les premières mises en scène éditoriales de Perrault et dans ses éditions ultérieures ?

Les auditeurs incarnent le conte littéraire, tandis que les lecteurs maintiennent la situation orale du racontage.
Les auditeurs évoquent la tradition orale du racontage, tandis que les lecteurs incarnent le conte devenu littéraire.
Les auditeurs et les lecteurs représentent deux publics de la tradition orale, sans changement de forme du conte.
Les auditeurs et les lecteurs désignent deux étapes de la transmission manuscrite du conte.

Les auditeurs évoquent la tradition orale du racontage, tandis que les lecteurs incarnent le conte devenu littéraire.

Explication

Les auditeurs renvoient à une situation de racontage oral, alors que les lecteurs rencontrent le conte sous forme littéraire écrite. Confondre ces publics reviendrait à inverser le passage de l’oralité à l’écrit.

15. Quel changement de détails illustre l’adaptation du Petit Chaperon rouge de Perrault aux mœurs de son public de cour ?

Il remplace la galette par un gâteau et le beurre par de la crème.
Il remplace le pain par du fromage et le lait par du vin.
Il remplace le pain par une galette et le lait par du beurre.
Il remplace la galette par du pain et le beurre par du lait.

Il remplace le pain par une galette et le lait par du beurre.

Explication

Perrault adapte ces éléments en substituant une galette au pain et du beurre au lait. L’inversion des substitutions ne correspond pas aux détails indiqués pour cette adaptation.

16. Comment George Jean caractérise-t-il la voix narrative des contes ?

Elle expose les émotions personnelles du locuteur et privilégie une expression lyrique.
Elle adopte le point de vue intérieur d’un personnage pour exprimer son évolution psychologique.
Elle efface la subjectivité du locuteur et sert de porte-parole à une collectivité.
Elle décrit les événements comme des témoignages historiques rapportés par un individu.

Elle efface la subjectivité du locuteur et sert de porte-parole à une collectivité.

Explication

George Jean décrit le conte comme un récit objectif ou non lyrique, où le locuteur s’efface au profit d’une parole collective. Une expression lyrique personnelle mettrait au contraire l’accent sur la subjectivité du locuteur.

17. Quel rôle les épreuves et les évolutions des personnages peuvent-elles jouer dans un conte destiné à l’enfance ?

Elles détournent le récit de toute fonction éducative ou sociale.
Elles visent principalement à approfondir la psychologie complexe des personnages.
Elles contribuent à l’apprentissage et à la socialisation de l’enfant.
Elles servent à établir une chronologie historique précise pour l’enfant.

Elles contribuent à l’apprentissage et à la socialisation de l’enfant.

Explication

Les épreuves et les évolutions mises en scène participent à l’apprentissage et à la socialisation de l’enfant. Elles n’ont pas pour fonction principale de construire une psychologie complexe des personnages.

18. Quel cadre temporel caractérise généralement les contes selon George Jean ?

Un temps cyclique, lié à des dates récurrentes du calendrier.
Un temps d’autrefois, extra-historique, souvent annoncé par « Il était une fois ».
Un temps quotidien daté, ancré dans une période historique identifiable.
Un temps futuriste, défini par des innovations techniques et sociales.

Un temps d’autrefois, extra-historique, souvent annoncé par « Il était une fois ».

Explication

Le conte se déroule dans un temps d’autrefois qui échappe à la chronologie historique, souvent signalé par la formule « Il était une fois ». Un cadre quotidien daté correspondrait plutôt à un temps historique situé.

19. Quel modèle Vladimir Propp propose-t-il pour décrire la construction du conte dans Morphologie du conte ?

Une intrigue libre dont les personnages et les étapes changent sans régularité.
Une combinaison d’éléments constants qui s’enchaînent selon un schéma.
Une collection de motifs indépendants réunis sans ordre narratif.
Une succession d’impressions personnelles organisée selon la mémoire du narrateur.

Une combinaison d’éléments constants qui s’enchaînent selon un schéma.

Explication

Propp décrit le conte comme une combinaison d’éléments constants agencés selon un schéma. Une collection de motifs sans ordre ne rendrait pas compte de cet enchaînement structuré.

20. Dans un récit oral, que peut apporter la parole conteuse à l’expérience du public ?

Elle transforme le récit en description neutre sans présence perceptible du narrateur.
Elle remplace les personnages par des explications destinées à résumer l’intrigue.
Elle donne vie aux personnages et peut créer une complicité avec le public.
Elle fixe une interprétation unique en supprimant les échanges avec le public.

Elle donne vie aux personnages et peut créer une complicité avec le public.

Explication

La parole conteuse anime les personnages et peut établir une complicité avec ceux qui écoutent. Un récit sans interaction perceptible ne rendrait pas compte de cette présence conteuse.

21. Quelle combinaison de caractéristiques correspond généralement à la forme du conte ?

Une forme longue, une structure répétitive et simple, et un nombre réduit de personnages.
Une forme brève, une structure simple et répétitive, et peu de personnages.
Une forme brève, une structure sans répétition, et une distribution très étendue.
Une forme longue, une structure complexe et changeante, et de nombreux personnages.

Une forme brève, une structure simple et répétitive, et peu de personnages.

Explication

Le conte est généralement bref, organisé selon une structure simple et répétitive, et met en scène un nombre limité de personnages. Une structure longue et complexe s’écarte de ces caractéristiques générales.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 68 flashcards sur Histoire et formes du conte.

Qu’est-ce qu’un conte ?

Un genre narratif folklorique transmis au fil des siècles, racontant généralement des faits imaginaires pour divertir ou instruire.

Quel sens « conter » a-t-il d’abord eu ?

Rapporter des faits.

À quoi le sens de « conter » s’est-il progressivement étendu ?

À la narration de faits inventés.

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