★ À maîtriser
📌 La crise du médium remet en question les frontières entre peinture, sculpture, photographie, musique, danse, cinéma, écriture et performance, tandis que le modernisme défend la spécificité de chaque art.
Compléments
Le dripping de Jackson Pollock explore les possibilités gestuelles et matérielles de la peinture tout en restant dans le champ pictural.
Selon Walter Benjamin, la reproduction technique par la photographie et le cinéma permet à l’image de circuler sans que le spectateur soit devant l’œuvre originale. - L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique
Greenberg défend l’autonomie du médium ; la crise du médium en décloisonne les frontières.
★ À maîtriser
📌 Le happening est généralement spontané, tandis que la performance est davantage préparée ou programmée, même si elle peut intégrer de l’imprévu.
Compléments
George Maciunas utilise le terme Fluxus en 1961.
Parmi les artistes associés à Fluxus figurent :
Le développement du happening, de la performance, du Land Art et de l’art conceptuel pose la question de la conservation des œuvres éphémères.
★ À maîtriser
La télévision devient progressivement un objet central du foyer à partir des années 1950 et diffuse simultanément un même flux d’images et d’informations dans des millions de maisons.
Dans Pour comprendre les médias (1964), Marshall McLuhan formule « The medium is the message » et invite à étudier le système qui transmet le contenu, et pas seulement le contenu lui-même.
Jussi Parikka décrit les médias comme une action de plier le temps, l’espace et les agentivités.
Compléments
Le Portapak favorise la mobilité, l’enregistrement rapide d’actions, l’expérimentation et la production d’images hors des grandes structures du cinéma et de la télévision.
La télévision transforme :
Pour Marshall McLuhan, les médias sont des extensions de l’être humain qui prolongent ses capacités de perception, de communication et d’action et transforment ses comportements et son rapport au monde.
Dans Médiarchie (2017), Yves Citton illustre le pliage médiatique du temps par une vidéo permettant de regarder aujourd’hui un ancien concert de Frank Zappa.
Dans Médiarchie (2017), Yves Citton illustre le pliage médiatique de l’espace par un appel téléphonique qui rend immédiatement présente la voix d’une personne située à l’autre bout du monde.
Dans Médiarchie (2017), Yves Citton illustre le pliage des agentivités par une vidéo diffusée sur Internet qui peut provoquer une mobilisation collective.
Le média transforme la réception et peut plier temps, espace et agentivités.
★ À maîtriser
📌 La vidéo entretient un rapport matériel avec ce qui est filmé en enregistrant un événement, tandis que le numérique et l’intelligence artificielle permettent de produire ou transformer des images par des algorithmes.
Compléments
Image enregistrée : trace d’un événement ; image calculée : génération ou transformation algorithmique.
★ À maîtriser
L’art vidéo apparaît dans les années 1960, dans un contexte de crise du médium, de développement de la télévision, de l’électronique et des télécommunications, et de société de consommation.
Les premières pratiques vidéo se répartissent en quatre orientations :
Nam June Paik (1932-2006), né à Séoul et formé à la musique et à la musique électronique, est une figure majeure des débuts de l’art vidéo.
📌 Dans TV Buddha, la caméra filme une statue de Bouddha et retransmet immédiatement son image sur un téléviseur, formant un circuit fermé qui confronte méditation et immobilité à technologie, flux et mouvement.
Compléments
Nam June Paik modifie notamment les tubes cathodiques, les signaux électroniques et les aimants pour déformer les images télévisuelles.
Dans TV Buddha, le Bouddha semble regarder sa propre image, ce qui fait de l’œuvre une réflexion sur le regard, l’image de soi et le narcissisme.
Dans Zen for TV, Nam June Paik réduit l’image télévisuelle à une ligne lumineuse et transforme le téléviseur en objet de contemplation.
Dans TV Garden, Nam June Paik installe des téléviseurs parmi des plantes vivantes, faisant questionner la séparation entre nature et technique.
Dans Moon Is the Oldest TV, Nam June Paik utilise des téléviseurs et des aimants pour intervenir sur le signal électronique et produire des formes évoquant les phases de la Lune.
L’art vidéo mêle notamment :
★ À maîtriser
Compléments
La date d’une œuvre permet de la situer : les années 1950-1960 correspondent à la naissance et aux premières expérimentations, les années 1960 aux débuts et recherches sur le médium, et les années 1970 à la diversification des pratiques d’art vidéo.
La démarche d’analyse va de ce que l’étudiant voit à ce qu’il observe, puis à ce qu’il en déduit et à ce que ses connaissances permettent d’expliquer.
Les artistes utilisent la vidéo pour critiquer les médias de masse, documenter et archiver des transformations, expérimenter leur processus artistique ou expérimenter le cinéma.
Ce que je vois → ce que j’observe → ce que j’en déduis → ce que mes connaissances expliquent.
★ À maîtriser
Wolf Vostell et Nam June Paik ouvrent, modifient, détériorent ou dérèglent des téléviseurs afin d’en étudier le fonctionnement et de produire des effets esthétiques et plastiques sur l’image.
Wolf Vostell et Nam June Paik interrogent la télévision comme média de masse, sa présence croissante dans les foyers, son influence sociale et le formatage produit par la diffusion des mêmes images et informations.
Dans TV Décollage (1958), Wolf Vostell introduit un téléviseur dans un assemblage et travaille l’image télévisuelle en utilisant ses défauts.
Compléments
Le terme décollage renvoie aux affichistes Raymond Hains et Jacques Villeglé, qui arrachaient des fragments d’affiches publicitaires dans l’espace urbain.
François Parfait rapproche le téléviseur de Vostell du ready-made de Marcel Duchamp, car l’objet quotidien déplacé dans le champ artistique acquiert une nouvelle fonction et une nouvelle signification.
Le dérèglement télévisuel chez Vostell peut être considéré comme une préfiguration de l’esthétique du bug.
Dans Selling Your Head (1963), les images télévisuelles instables et déformées font apparaître notamment des personnalités politiques, des bombardiers, du cinéma et des génériques.
Françoise Parfait rapproche la circulation chaotique des images dans Selling Your Head d’une préfiguration du zapping, où les images s’enchaînent sans commentaire et deviennent difficiles à interpréter.
Dans Endogenous Depression, Wolf Vostell associe téléviseurs anciens, béton, mobilier domestique et dindes, confrontant univers domestique, technologie, médias et vivant.
★ À maîtriser
Compléments
Selon François Marquet, les interventions qui perturbent le flux télévisuel produisent une « désincrustation » de l’attention et de la perception.
Des artistes, notamment Richard Serra et Carlota Fay Schoolman, achètent des espaces publicitaires télévisés pour y diffuser des messages critiques comme « You are the product of TV ».
L’anti-publicité reprend les codes et l’espace de diffusion publicitaires, mais détourne leur message afin de transformer temporairement le spectateur en observateur critique.
L’entrée de l’art dans le flux médiatique remet en question :
Le flux continu capte l’attention ; le blanc de Forest l’interrompt et rend du temps au spectateur.
★ À maîtriser
Dans Media Burn (1975), Ant Farm imite les codes du reportage télévisé, notamment par une mise en scène spectaculaire, un ton sérieux, un discours d’autorité et une apparence documentaire.
Dans Media Burn, le contraste entre le sérieux de la présentation et l’absurdité de la situation produit un effet satirique et questionne la confiance spontanément accordée aux images ressemblant à des reportages.
La télévision influence la perception des événements en sélectionnant les informations, en organisant les images par le montage, en simplifiant les événements complexes et en leur donnant une apparence de sérieux par la mise en scène.
Compléments
Ant Farm est un collectif américain qui interroge la télévision, la société de consommation et le pouvoir des images médiatiques.
Media Burn comprend un faux président qui imite les cérémonies officielles et les mises en scène politiques diffusées à la télévision.
Media Burn est associée à une performance spectaculaire dans laquelle une voiture traverse un mur de téléviseurs.
Présentation télévisuelle sérieuse, situation absurde
★ À maîtriser
Une vidéo peut sembler objective sans restituer de manière neutre ce qui s’est réellement passé.
L’impression d’authenticité d’une image peut être renforcée par le cadrage, le montage, l’interview, le ton ou le commentaire, ainsi que par le contexte de diffusion.
📌 Le vrai correspond effectivement aux faits, tandis que le vraisemblable paraît vrai, crédible ou conforme aux attentes sans être nécessairement vrai.
Compléments
★ À maîtriser
La vidéo peut : documenter des pratiques sociales, enregistrer des témoignages, rendre visibles des expériences ordinaires, conserver la mémoire de situations éphémères, montrer des réalités peu représentées à la télévision
Filmer une situation quotidienne implique des choix de cadrage, de personnes filmées, de durée d’enregistrement, de séquences conservées et de présentation.
Compléments
📌 La télévision traditionnelle et la vidéo domestique se distinguent notamment par leurs conditions de production, leurs intentions et leurs possibilités de diffusion.
★ À maîtriser
Au milieu des années 1960, les appareils vidéo portables, notamment le Portapak de Sony, contribuent à rendre la production d’images moins dépendante des chaînes de télévision et des studios professionnels.
La vidéo indépendante peut créer des espaces de parole alternatifs pour les groupes qui disposent de peu de place dans la télévision dominante pour parler de leurs conditions de vie ou défendre leurs revendications.
📌 Être représenté par les médias signifie que d’autres choisissent comment montrer un groupe, tandis que produire sa propre représentation permet à ce groupe de participer à la fabrication des images et de mieux maîtriser le discours diffusé.
Compléments
La vidéo portable permet aux artistes et aux collectifs de : filmer eux-mêmes des événements, enregistrer des témoignages, produire des documents indépendants, expérimenter sans les moyens d’une chaîne de télévision, développer leurs propres modes de diffusion
Dans les années 1960 et 1970, la vidéo militante sert à documenter les luttes, dénoncer les rapports de domination et rendre visibles des personnes insuffisamment représentées dans les médias traditionnels.
La vidéo militante peut : documenter des mobilisations, enregistrer des témoignages, dénoncer des discriminations, transmettre des revendications, conserver la mémoire des luttes sociales et politiques
Carole Roussopoulos et Delphine Seyrig sont des figures importantes de l’histoire de la vidéo militante, notamment dans les luttes féministes.
Caméras accessibles → production d’images et de discours autonomes
📌 L’analyse d’une œuvre vidéo critique distingue le contenu montré, la forme de construction des images et le dispositif médiatique de production, de diffusion et de réception.
📌 Ant Farm détourne les conventions médiatiques pour révéler leurs contradictions, tandis que la vidéo militante s’approprie les moyens de production d’images pour diffuser d’autres discours et donner la parole aux personnes concernées.
★ À maîtriser
L’analyse d’une œuvre vidéo est un commentaire structuré et problématisé qui s’appuie sur l’observation de sa réalisation, de ses choix plastiques, techniques, rythmiques et sonores, de sa présentation et de l’expérience proposée au public.
La notice d’une œuvre vidéo peut préciser :
📌 La description établit les éléments visibles ou audibles, tandis que l’interprétation leur attribue une signification qui doit être justifiée par des éléments de l’œuvre.
Compléments
L’analyse d’une vidéo prend en compte les images, leur déroulement dans le temps, le son et les conditions de visionnage, car une vidéo comporte une durée et des mouvements.
Une œuvre vidéo peut être :
Les catégories de dispositifs vidéo ne s’excluent pas nécessairement, puisqu’une performance filmée peut ensuite être présentée sous la forme d’une installation vidéo.
La contextualisation d’une œuvre vidéo examine son contexte artistique, culturel, historique, politique et technologique, notamment les préoccupations de l’époque, les événements pertinents, les technologies disponibles et les réactions éventuelles de l’artiste.
La description observe : les personnes, les objets et les lieux, les actions et les événements, les formes, les couleurs et les lumières, les déplacements de la caméra ou des éléments filmés, les changements qui se produisent au fil de la vidéo
La description du déroulement observe les événements au début, au milieu et à la fin, les actions, les scènes, les répétitions d’images et l’organisation éventuelle d’un récit.
Toutes les œuvres vidéo ne racontent pas une histoire linéaire : certaines reposent sur une action répétée, une observation, une expérience visuelle ou une succession d’images sans récit.
La description sonore identifie :
Identifier, contextualiser, décrire avant d’interpréter
★ À maîtriser
Compléments
📌 Un plan rapproché fait occuper une grande partie de l’image au sujet, tandis qu’un plan éloigné montre un espace plus large autour de lui.
📌 La plongée filme le sujet depuis une position plus élevée, tandis que la contre-plongée le filme depuis une position plus basse.
L’analyse des couleurs et de la lumière observe le noir et blanc ou la couleur, la saturation, les teintes chaudes ou froides, les contrastes et la qualité de la lumière.
La signification des couleurs dépend du contexte et ne doit pas être attribuée automatiquement à une symbolique universelle.
L’analyse peut porter sur :
Une image floue, granuleuse ou déformée n’est pas nécessairement ratée, car ces caractéristiques peuvent être des choix plastiques qui attirent l’attention sur le support, la technologie ou la fragilité de l’image enregistrée.
Un plan long laisse observer une situation sans interruption, tandis qu’une succession de plans courts peut accélérer la perception et fragmenter les informations.
📌 La continuité donne l’impression d’un déroulement relativement fluide, tandis que la discontinuité rend les ruptures entre les images plus visibles.
L’accélération, le ralenti, l’arrêt sur image, la répétition et la boucle modifient la perception du temps et des actions.
Le temps peut paraître :
★ À maîtriser
Le son peut contribuer à la narration, créer une ambiance, modifier la perception d’une scène ou contredire ce que montre l’image.
Le support et l’organisation spatiale influencent la perception des images : une petite image sur un moniteur ne produit pas nécessairement le même effet qu’une projection monumentale sur un mur.
Compléments
L’analyse sonore distingue :
Le son et l’image peuvent être synchronisés, décalés, contradictoires, répétitifs ou associés à une amplification sonore.
Une musique continue peut unifier des images, des bruits brusques créer des ruptures, une voix hors champ orienter l’interprétation et le silence attirer l’attention sur l’image ou tendre une situation.
Une œuvre vidéo peut être présentée sur :
Dans une installation à plusieurs écrans, le regard du spectateur peut devoir passer d’une image à une autre.
★ À maîtriser
📌 L’espace d’exposition fait partie de l’expérience de l’œuvre lorsqu’il influence les conditions de visionnage.
📌 Dans une œuvre interactive, les actions du public peuvent modifier le déroulement ou l’apparence de l’œuvre.
Compléments
L’analyse de l’échelle et de l’espace porte sur la taille et le format de l’image, sa hauteur et sa position, la disposition des écrans, la distance de visionnage et les relations avec l’espace environnant.
Une image de grande taille peut occuper fortement le champ visuel.
Un écran placé au sol ou en hauteur modifie la position du corps et le regard du spectateur.
L’analyse de la place du public examine si le spectateur est : assis·e ou debout, immobile ou en déplacement, libre d’entrer et de sortir, capable de voir l’œuvre du début à la fin, susceptible de modifier l’œuvre par sa présence ou ses actions
📌 Une vidéo en boucle ne se vit pas nécessairement comme un récit commençant au début et se terminant à la fin.
Participation implique le public ; interaction transforme l’œuvre.
★ À maîtriser
L’interprétation constitue la dernière étape de l’analyse et doit s’appuyer sur les observations et les analyses précédentes.
Une interprétation est une compréhension argumentée de l’œuvre, et non une signification inventée ou un simple avis personnel.
Le contexte politique, historique, culturel et technologique doit éclairer les choix observés dans l’œuvre, et non se limiter au rappel d’une période historique.
L’interprétation explique comment les choix formels contribuent au sens de l’œuvre.
Les émotions suscitées par une œuvre ne remplacent pas l’analyse : il faut montrer quels éléments les produisent et comment ils contribuent au sens.
L’interprétation réunit :
Compléments
Une œuvre qui perturbe les images télévisuelles peut être mise en relation avec le développement des médias de masse et les critiques artistiques de la télévision.
Les choix plastiques peuvent produire les effets suivants : un cadrage rapproché peut renforcer la proximité avec un personnage, un montage rapide peut fragmenter les informations, une boucle peut rendre le temps répétitif, un décalage entre le son et l’image peut créer un sentiment d’étrangeté, un dispositif immersif peut placer le spectateur au cœur de l’expérience
Une œuvre peut faire référence à :
📌 Les rapprochements avec d’autres références permettent de mieux comprendre les intentions et les enjeux de l’œuvre s’ils sont pertinents et justifiés.
Choix formels observés → effets sur la réception → contribution au sens.
📌 La méthode fondamentale part de l’observation minutieuse de la forme pour construire progressivement une interprétation argumentée, reliée à des éléments précis de l’œuvre.
Teste tes connaissances sur Histoire et théorie de l’art vidéo avec 57 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. Une œuvre associe peinture, son, danse et vidéo, tandis qu’une autre recherche les propriétés propres à la peinture. Quelle distinction caractérise la crise du médium et le modernisme ?
2. Une peintre étudie les propriétés de ses pigments, les gestes possibles sur la toile et les contraintes de la peinture. Quelle démarche correspond à la conception moderniste de Clement Greenberg ?
Mémorisez les concepts clés de Histoire et théorie de l’art vidéo avec 96 flashcards interactives.
Quelles frontières la crise du médium remet-elle en question ?
Celles entre peinture, sculpture, photographie, musique, danse, cinéma, écriture et performance.
Quelle conception du médium Clement Greenberg défend-il ?
Chaque art doit explorer ses matériaux, techniques, contraintes et possibilités propres.
Dans quelle œuvre Walter Benjamin analyse-t-il l’aura ?
Dans *L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique*.
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