QCM : Identité narrative et mémoire (14 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle conception de la mémoire permet, selon Locke et Ricoeur, de se reconnaître comme la même personne malgré les changements liés aux âges de la vie ?

Elle repose sur la permanence du corps à travers les âges de la vie.
Elle suppose que les traits de caractère restent stables au fil des âges.
Elle dépend des projets futurs, indépendamment des expériences passées.
Elle fonde la reconnaissance de soi à travers les âges de la vie.

Elle fonde la reconnaissance de soi à travers les âges de la vie.

Explication

Pour Locke et Ricoeur, la mémoire fonde la reconnaissance de soi malgré la diversité des âges traversés. La permanence corporelle, les projets futurs seuls et la stabilité des traits de caractère ne sont pas le fondement indiqué.

2. Comment appelle-t-on l’aptitude réfléchie à se reconnaître comme identique dans le temps ?

La continuité mnésique
L’identité-ipséité
L’identité corporelle
L’identité narrative

L’identité-ipséité

Explication

L’identité-ipséité désigne l’aptitude réfléchie à se reconnaître comme identique dans le temps. L’identité corporelle privilégie le corps, la continuité mnésique désigne la persistance des souvenirs et l’identité narrative renvoie au récit de soi.

3. Un nourrisson éprouve un plaisir oral pendant la tétée, au-delà de l’apaisement de sa faim. Comment Freud interprète-t-il ce plaisir ?

Comme une sexualité qui commence avec les activités génitales.
Comme une manifestation de la sexualité, présente dès les premiers jours de la vie.
Comme une réaction affective qui exclut toute forme de plaisir sexuel.
Comme la satisfaction d’un besoin physiologique, sans dimension sexuelle.

Comme une manifestation de la sexualité, présente dès les premiers jours de la vie.

Explication

Pour Freud, la sexualité commence dès les premiers jours et comprend les plaisirs qui ne se réduisent pas à la satisfaction d’un besoin physiologique. La faim seule, le début à la période génitale et l’exclusion de toute dimension sexuelle ne rendent pas compte du plaisir oral décrit.

4. Dans le développement normal d’un enfant, à quel moment le complexe d’Œdipe atteint-il son point culminant avant de décliner après une crise décisive ?

Au début de la petite enfance.
Vers deux ou trois ans.
Vers quatre ou cinq ans.
Vers douze ou treize ans.

Vers quatre ou cinq ans.

Explication

Le complexe d’Œdipe culmine vers quatre ou cinq ans, puis décline dans un développement normal après une crise décisive. Les âges plus précoces ou adolescents déplacent le moment du point culminant, tandis que le début de la petite enfance confond apparition et déclin.

5. Une personne ne peut se rappeler ses premières années et constate que certains souvenirs sont déformés. Comment sa mémoire contribue-t-elle à son identité ?

Elle reconstitue son identité à partir de lacunes, d’oublis et de déformations.
Elle conserve les souvenirs sans reconstruire le fil de l’identité.
Elle rend toute reconstitution impossible dès qu’un souvenir est déformé.
Elle restitue intactes les expériences de l’enfance malgré les lacunes.

Elle reconstitue son identité à partir de lacunes, d’oublis et de déformations.

Explication

La mémoire reconstitue l’identité à partir de lacunes irréversibles, notamment l’amnésie infantile, ainsi que d’oublis et de déformations. La récupération intacte et la simple conservation des souvenirs ignorent cette reconstruction; une déformation ne la rend pas pour autant impossible.

6. Comment l’identité narrative reconstitue-t-elle l’histoire individuelle malgré les lacunes de la mémoire personnelle ?

En retrouvant une chronologie complète conservée sans lacunes
En assemblant les témoignages familiaux sans tenir compte des souvenirs personnels
En reliant des fragments de mémoire personnelle, des traces matérielles et la mémoire familiale
En restituant les souvenirs personnels sans recourir à d’autres indices

En reliant des fragments de mémoire personnelle, des traces matérielles et la mémoire familiale

Explication

L’identité narrative retrace le fil de l’histoire individuelle en reliant des fragments provenant de la mémoire personnelle, de traces matérielles et de la mémoire familiale. La mémoire personnelle seule néglige les autres sources, les témoignages familiaux seuls écartent les autres fragments, et une chronologie intacte ne tient pas compte des lacunes.

7. Une personne retrouve une lettre ancienne et un souvenir associé, mais aucun des deux ne lui paraît clair isolément. Quelle démarche l’aiderait à reconstituer leur sens ?

Établir une chronologie exhaustive avant de relier les indices entre eux
Écarter les indices dont la signification n’apparaît pas immédiatement
Attribuer à chaque indice un sens autonome sans le comparer aux autres
Mettre les indices en relation avec d’autres traces et les interpréter ensemble

Mettre les indices en relation avec d’autres traces et les interpréter ensemble

Explication

Reconstituer son histoire exige d’interpréter les indices épars, de les mettre en relation et de leur donner sens à partir de leurs liens avec d’autres traces. Considérer chaque indice isolément lui prête un sens autonome, l’écarter empêche de l’interpréter, et exiger d’abord une chronologie exhaustive substitue une autre démarche au travail de mise en relation.

8. Après une réorientation réussie, une étudiante comprend son ancien échec scolaire comme le signe d’un mauvais choix de filière. Quel sens d’interprétation du passé applique-t-elle ?

Le sens rétroactif, où la situation présente donne un sens nouveau à un événement passé
Le sens mémoriel, où un souvenir oublié remplace l’interprétation de l’événement
Le sens génétique, où un événement passé explique un trait actuel de la personne
Le sens immédiat, où l’échec reçoit son sens définitif au moment où il survient

Le sens rétroactif, où la situation présente donne un sens nouveau à un événement passé

Explication

L’interprétation rétroactive part de la situation présente pour attribuer un sens nouveau à un événement antérieur. Le sens génétique va du passé vers le présent, le jugement initial ne tient pas compte de la réinterprétation ultérieure, et retrouver un souvenir oublié ne décrit pas le mécanisme en jeu.

9. Pourquoi le sens du passé peut-il changer lorsqu’une personne relit son histoire à partir de sa situation présente ?

Parce que l’interprétation présente peut faire apparaître de nouvelles significations
Parce que les événements passés changent matériellement avec le temps
Parce que les souvenirs deviennent nécessairement plus exacts en vieillissant
Parce que le sens initial des événements s’impose sans réinterprétation

Parce que l’interprétation présente peut faire apparaître de nouvelles significations

Explication

Le sens du passé n’est pas intégralement donné ni fixe : l’effort d’interprétation mené dans le présent peut y déceler des significations nouvelles. Les événements eux-mêmes ne changent pas, l’exactitude croissante des souvenirs n’explique pas cette dynamique, et l’idée d’un sens initial imposé exclut la réinterprétation.

10. Une personne relie une forte indignation actuelle face aux injustices sociales à une scène marquante observée pendant son enfance. Quel type d’interprétation utilise-t-elle ?

L’interprétation rétroactive, qui relit un événement passé à partir du présent
L’interprétation génétique, qui explique un trait actuel par une expérience antérieure
La remémoration, qui associe des souvenirs sans expliquer un trait actuel
La réinterprétation présente, qui donne un sens nouveau à l’expérience d’enfance

L’interprétation génétique, qui explique un trait actuel par une expérience antérieure

Explication

L’interprétation génétique va du passé vers le présent et explique la genèse d’un trait actuel par une expérience antérieure déterminante. L’interprétation rétroactive suit le sens inverse, une association de souvenirs ne suffit pas à expliquer un trait, et la réinterprétation présente désigne plutôt un sens nouveau attribué au passé.

11. Une personne relie plusieurs expériences passées dans un récit cohérent et s’en sert pour mieux comprendre ses traits de personnalité. Quel pôle de l’identité narrative cette démarche illustre-t-elle ?

Le pôle d’instabilité
La reconsidération identitaire
Le pôle de stabilité
La résurgence traumatique

Le pôle de stabilité

Explication

La mise en récit ordonnée et cohérente du passé apporte une certaine consistance à l’identité et aide à mieux se comprendre. La réinterprétation depuis le présent relève de l’instabilité, tandis que la résurgence traumatique est un exemple particulier de ce pôle.

12. Quelle formule Paul Ricœur emploie-t-il dans *Temps et récit I* pour exprimer l’ambivalence de l’identité narrative ?

« L’identité demeure identique au fil du temps »
« L’identité ne cesse de se faire et de se défaire »
« La société ne cesse de se faire et de se défaire »
« L’identité se construit dans un récit cohérent »

« L’identité ne cesse de se faire et de se défaire »

Explication

Dans *Temps et récit I* (1983), Ricœur écrit que « L’identité ne cesse de se faire et de se défaire », soulignant sa dimension à la fois stable et changeante. La cohérence narrative désigne un aspect de cette identité, tandis que la domination sociale est associée à l’approche de Bourdieu.

13. Quel penseur formule une objection à l’identité narrative dans « L’illusion biographique », publié en 1986 ?

Émile Durkheim
Paul Ricœur
Pierre Bourdieu
Jean-Paul Sartre

Pierre Bourdieu

Explication

Pierre Bourdieu formule une objection à l’identité narrative dans « L’illusion biographique » (1986). Ricœur est associé à la réflexion sur l’identité narrative, tandis que les deux autres noms ne sont pas les auteurs de ce texte.

14. Une équipe de sciences sociales étudie comment des pratiques ordinaires reproduisent des rapports de domination et cherche à aider les personnes à en prendre conscience. Quelle conception du rôle des sciences sociales met-elle en œuvre ?

Justifier les pratiques de domination en les présentant comme naturelles
Décrire les comportements sociaux sans examiner les mécanismes de domination
Remplacer l’analyse des pratiques par une critique abstraite des individus
Dévoiler les mécanismes de domination et en favoriser la conscientisation

Dévoiler les mécanismes de domination et en favoriser la conscientisation

Explication

Pour Bourdieu, les sciences sociales doivent dévoiler les mécanismes de domination et permettre aux individus de prendre conscience des pratiques qu’ils subissent ou contribuent à perpétuer. Une description sans analyse manque ce rôle critique, et justifier la domination inverse cette visée.

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Selon Locke et Ricoeur, quel rôle la mémoire joue-t-elle dans la reconnaissance de soi à travers les âges ?

Elle en est le fondement.

Qu’est-ce que l’identité-ipséité ?

L’aptitude réfléchie à se reconnaître comme identique dans le temps.

Selon Freud, à quel moment la sexualité commence-t-elle ?

Dès les premiers jours de la vie.

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