Fiche de révision : L'art de l'ordinaire en travail social

📋 Plan du Cours

  1. Art de l’ordinaire
  2. Albert Piette et le mode mineur
  3. Phénoménologie de l’ordinaire
  4. Quotidianisation du monde
  5. Habitus et champs sociaux
  6. Hospitalité et droit cosmopolitique
  7. Développement moral et care
  8. Éthique du care de Tronto

📖 1. Art de l’ordinaire

🔑 Notions clés & Définitions

  • Art de l’ordinaire : L’art de l’ordinaire désigne les micro-gestes du quotidien (présence, regard, poignée de main) qui font le cœur du travail social sans être faciles à formaliser.
  • Invisibilité du banal : L’invisibilité du banal correspond au fait que des dispositions très simples deviennent « évidentes », donc peu décrites, peu mesurées et difficilement comptabilisables.
  • Partage du sensible : Le partage du sensible est la manière dont une société distribue ce qui se voit et ce qui reste invisible, en influençant qui compte davantage et comment chacun est perçu.
  • Temporalité longue : La temporalité longue est le mode d’action durable de l’accompagnement, dont les effets peuvent apparaître après coup, parfois des années plus tard.
  • Évaluation en rapports d’activité : L’évaluation en rapports d’activité est une logique de suivi centrée sur ce qui est chiffrable, pouvant réduire la valeur de ce qui se vit dans l’ordinaire.

📝 Points essentiels

  • L’ordinaire renvoie à de petits riens partagés avec les bénéficiaires, comme une tasse de café, un regard, une poignée de main ou une présence silencieuse.
  • Cet art est difficile à faire reconnaître car il est banal, peu formalisé, non mesurable et non directement reprenable dans les rapports d’activité.
  • L’art de l’ordinaire agit sur le long terme en laissant une trace ou un souvenir chez l’autre, dont les effets peuvent être différés de fin d’accompagnement.
  • Les politiques publiques valorisent souvent la nouveauté et des actions évaluables, ce qui rend la temporalité longue moins compatible avec l’institution.
  • Quand l’évaluation privilégie ce qui s’inscrit en chiffres, les travailleurs sociaux peuvent avoir l’impression que l’employeur attend des données plutôt qu’un temps réellement passé avec les bénéficiaires.

💡 Astuce mémo

Ordinaire = trace invisible : ça ne « se voit » pas tout de suite, mais ça travaille après, comme un souvenir qui revient.

📖 2. Albert Piette et le mode mineur

🔑 Notions clés & Définitions

  • Phénoménographie : Champ anthropologique visant à décrire la présence et le mode d’exister des humains en situation, en notant finement ce qui apparaît dans l’expérience.
  • Effet d’ordinaire : Idée selon laquelle l’ordinaire déborde le banal et s’étend à l’ensemble des actions humaines, y compris ce qu’on croit exceptionnel.
  • Distraction : Notion selon laquelle l’être humain n’est jamais pleinement collé à son action, car il est en décalage et détourne son attention.
  • Mode mineur de la réalité : Démarche où l’on reconsidère un objet surtout étudié via un sens codifié en réintroduisant les “restes” observés, souvent hors champ.

📝 Points essentiels

  • Piette soutient que ce qui compte le plus pour les humains, c’est ce qui leur arrive, alors que la science privilégie surtout les dimensions subjectives comme secondaires.
  • La phénoménographie enregistre les phénomènes tels qu’ils apparaissent, en évitant de rejeter les “restes” (pauses, détails périphériques, actions anodines) en dehors de l’observation.
  • Piette privilégie la durée en suivant une personne du matin au soir, et évite l’interview quand l’acteur ne sélectionne que ce qu’il juge important.
  • En suivant les individus, Piette observe que l’ordinaire sert de fond à des progrès plus visibles, car les grandes avancées émergent de gestes répétés et de longues périodes sans événement spectaculaire.
  • Piette affirme que la distraction est un mode existentiel propre à l’humain, visible quand des gestes “pleins d’engagement” cachent en réalité un faire autre en même temps.
  • Dans ses recherches sur les Gilles de Binche, Piette revient sur son matériau en réintroduisant progressivement des “restes” via des photos, pour faire apparaître l’imprévu et le hors-codage.

💡 Astuce mémo

Ordinaire = partout ; Distraction = en arrière-plan ; Mode mineur = regarder les restes plutôt que le rôle codé.

📖 3. Phénoménologie de l’ordinaire

🔑 Notions clés & Définitions

  • Attitude naturelle : L’attitude naturelle est l’attitude spontanée par laquelle on fait confiance au monde tel qu’il se donne avant toute réflexion.
  • Réduction phénoménologique : La réduction phénoménologique est une mise entre parenthèses de l’adhésion spontanée qui suspend tout jugement sur l’existence du monde.
  • Intentionnalité : L’intentionnalité désigne le fait que la conscience est toujours conscience de quelque chose et se dirige vers un objet ou un vécu.
  • Perception transcendente : La perception transcendente est une perception d’objets extérieurs à moi qui ne se donne jamais en totalité, seulement par esquisses changeantes.
  • Perception immanente : La perception immanente est la perception des vécus venant de moi, donnant une certitude de ce qui est vécu mais toujours sous forme de flux.

📝 Points essentiels

  • Husserl diagnostique une crise des sciences européennes car elles mathématisent le monde et traitent le savoir sans relier le sujet à la sensibilité et à la conscience.
  • Dans l’attitude naturelle, le monde naturel apparaît comme un arrière-plan toujours déjà là, familier et évident, sur lequel s’appuient toutes les expériences.
  • La réduction phénoménologique vise la conscience pure en s’abstenant de juger l’existence ou l’inexistence des données du monde observé.
  • La conscience est dite constituante : elle n’accueille pas passivement le monde, elle est dirigée vers lui dans chaque acte de conscience.
  • La perception transcendente construit l’identité d’un objet à partir d’esquisses successives rattachées à la mémoire, sans garantir une saisie complète et absolue.
  • La perception immanente concerne un vécu par essence en flux, dont on n’a que des formes comme rétention ou ressouvenir, jamais la pleine unité saisissable d’un coup.

💡 Astuce mémo

Attitude naturelle = confiance ; Réduction = parenthèses ; Intentionnalité = vise ; Transcendante = esquisses ; Immanente = flux.

📖 4. Quotidianisation du monde

🔑 Notions clés & Définitions

  • Quotidianisation du monde : La quotidianisation du monde est un travail de transformation de l’incertain en certitudes vécues, par répétition et familiarisation.
  • Familiarisation continue : La familiarisation continue est la construction progressive d’un monde rassurant grâce à des techniques qui réduisent la détresse d’être-au-monde.
  • Bulle de confiance : La bulle de confiance est l’atmosphère protectrice fabriquée par la culture humaine qui rend la familiarité plus facile à vivre.
  • Socio-genèse passive : La socio-genèse passive est la formation collective du sens du monde de la vie, qui dépasse la simple constitution subjective du sens.

📝 Points essentiels

  • Pour l’homme ordinaire, la croyance devient plus forte que la perception, ce qui maintient l’impression de certitude malgré l’instabilité des données perçues.
  • Dans le quotidien, le monde est traité comme « certain » alors qu’il apparaît contingent, car il dépend de perceptions partielles et changeantes.
  • La quotidienisation sert à soulager l’incertitude fondamentale en rendant le monde familier via des techniques comme la domesticité, l’habituation et l’insularité grégaire.
  • Les pesanteurs quotidiennes sont aussi des supports créés par des coutumes, mœurs et gestes habituels, ce qui rend l’existence supportable à l’échelle humaine.
  • La construction du monde de la vie n’est pas seulement subjective : elle résulte d’une formation de sens socio-transcendantale issue d’une construction anonyme et collective.

💡 Astuce mémo

Incertitude insupportable → routines/techniques → familiarité rassurante (bulle de confiance).

📖 5. Habitus et champs sociaux

🔑 Notions clés & Définitions

  • Champ social : Le champ social est un espace de relations où se distribuent des forces et où des règles et normes orientent les pratiques.
  • Habitus : L’habitus est un ensemble de dispositions incorporées qui orientent durablement la manière de percevoir le monde et d’agir dans un champ.
  • Schèmes de jugement : Les schèmes de jugement sont des manières incorporées d’évaluer et de sélectionner ce qui compte, propres à un champ.
  • Schèmes d’action : Les schèmes d’action sont des façons incorporées de faire (parler, marcher, agir) qui se stabilisent au contact des exigences d’un champ.

📝 Points essentiels

  • Dans un champ, l’action devient plus prévisible parce que les règles et normes y contraignent fortement les comportements.
  • L’habitus remplace la logique d’une conscience qui constituerait le monde en structurant perception et actions à partir d’un corps socialisé.
  • L’habitus incorpore des structures immanentes du champ, ce qui fait que les individus adoptent spontanément des critères et des gestes adaptés au milieu.
  • En entrant dans un champ, on intériorise ses schèmes de jugement et ses schèmes d’action, ce qui guide ensuite les choix au quotidien.

💡 Astuce mémo

Champ = règles du jeu ; Habitus = façons automatiques de jouer (juger + agir).

📖 6. Hospitalité et droit cosmopolitique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Hospitalité : L’hospitalité est une manière de faire place à l’autre, souvent liée à une gratuité de gestes et à une rencontre, même quand l’accueilli n’est pas spontanément bienvenu.
  • Hospitalité intellectuelle : L’hospitalité intellectuelle est l’accueil qui oblige à questionner ses propres catégories, pour mieux comprendre l’autre au lieu de le réduire à des stéréotypes.
  • Loi de l’hospitalité : La loi de l’hospitalité désigne un cadre normatif qui régit l’accueil, avec des exigences générales d’accueil sans traiter l’arrivant comme un ennemi.
  • Lois de l’hospitalité : Les lois de l’hospitalité sont des règles concrètes et situées qui organisent l’accueil selon des contextes, et qui peuvent conditionner l’accès à des pratiques d’hospitalité.
  • Chez-soi : Le chez-soi est l’espace propre (physique ou symbolique) depuis lequel l’accueil devient possible, en traçant aussi des limites nécessaires.

📝 Points essentiels

  • Derrida distingue une hospitalité inconditionnelle universelle et des lois concrètes d’accueil, et souligne que l’effectivité de l’inconditionnel dépend de cadres situés, tout en risquant le basculement en hostilité.
  • Chez Kant, le droit cosmopolitique est présenté comme un droit naturel de tous les hommes, impliquant de ne pas traiter l’arrivant en ennemi sur le territoire d’autrui.
  • Puaud relie l’hospitalité à la gratuité de “petits gestes” et à la rencontre, en défendant une juste proximité pour éviter qu’une distance excessive empêche l’accueil.
  • Zelin décrit trois transformations historiques de l’hospitalité, dont la montée d’une hospitalité plus conditionnelle (aumôniers à la place des moines, fin de la gratuité, puis remplacement du réconfort affectif par des indemnités).
  • Derrida met l’hospitalité en tension avec le langage : exiger que l’autre adopte nos codes peut vider l’accueil de son sens, car la proximité dépend du fait d’avoir accès ou non aux normes d’expression du lieu.
  • Selon Derrida, l’hospitalité présuppose un chez-soi, et quand la frontière privé/public devient floue, on peut voir se renforcer des réactions de repli plutôt qu’un accueil effectif.

💡 Astuce mémo

Hospitalité = rencontre + gratuité ; mais chez Derrida : accueil n’existe qu’avec un chez-soi, et les lois concrètes rendent l’universel effectif tout en le risquant.

📖 7. Développement moral et care

🔑 Notions clés & Définitions

  • Dilemme de Heinz : Un problème éthique utilisé pour comparer la façon dont des participants justifient leurs décisions au lieu de chercher une réponse correcte.
  • Développement moral de Kohlberg : Une théorie du développement moral structurée en stades qui expliquent comment les justifications évoluent vers des niveaux plus élevés.
  • Éthique de la justice : Une façon de juger moralement fondée sur des droits et des règles appliquées à des situations concrètes.
  • Éthique du care : Une approche morale centrée sur la relation et la responsabilité née du fait d’être en lien, avec des jugements ancrés dans le contexte.
  • Deux perceptions du soi : Une distinction entre un soi séparé des autres, pensé comme idéal d’autonomie, et un soi relié par l’interdépendance.

📝 Points essentiels

  • Kohlberg propose 6 stades de développement moral regroupés en 3 catégories, des justifications centrées sur la punition vers des justifications par principes universels.
  • Selon Kohlberg, une faible proportion de participants atteindrait le dernier niveau de moralité, estimée à 5%.
  • Tronto critique Kohlberg en disant que sa hiérarchie dépend de l’accès à des rôles favorisant des décisions abstraites à partir de principes généraux.
  • Gilligan soutient qu’il existe une autre voie morale que la justice et les droits, orientée par la relation et la responsabilité dans des situations concrètes.
  • Lyons relie l’éthique du care à la perception du soi : soi séparé régulé par des règles, versus soi relié où la relation passe par le care.
  • Tronto affirme que l’association du care au genre peut varier selon les contextes sociaux et culturels, et que le care ne doit pas rester cantonné à la sphère privée.

📖 8. Éthique du care de Tronto

🔑 Notions clés & Définitions

  • Activité de care : Le care est une activité générique qui maintient, perpétue et répare le monde pour qu’il soit habitable, en incluant corps, personnes et environnement.
  • Besoin de l’autre : Le point de départ du care est l’identification des besoins d’autrui, qui guide à la fois l’engagement dans l’action et la manière de répondre.
  • 4 phases du care : Les quatre phases du care décrivent un enchaînement de l’identification du besoin à la réception du soin, avec des postures éthiques associées à chaque étape.
  • Conflits du care : Les conflits du care désignent les tensions qui apparaissent quand les phases ne sont pas coordonnées, quand les besoins sont définis par d’autres, ou quand certaines réponses sacrifient d’autres besoins.

📝 Points essentiels

  • Le care n’existe vraiment que s’il réunit l’activité de soin et la disposition, c’est-à-dire l’attention à l’autre, guidée par ses besoins.
  • Les quatre phases sont caring about, taking care of, care giving et care receiving, chacune reliée à une posture éthique (attention, responsabilité, compétence, capacité à répondre).
  • Dans les sociétés occidentales, un conflit fréquent vient du décalage entre ceux qui assurent les deux premières phases et ceux qui réalisent les deux dernières, ce qui peut produire des dispositifs inadaptés.
  • Le paternalisme (décider à la place de l’autre) infantilise et remet en cause l’objectif de répondre au besoin tel qu’il est exprimé par le bénéficiaire.
  • Le care doit aussi s’articuler au droit et à l’éthique de justice pour limiter les dérives comme le localisme et le risque d’un arbitrage trop politique.

💡 Astuce mémo

Besoin → Attention → Responsabilité → Compétence → Capacité à répondre (avec le risque du “mauvais pilote” entre phases).

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
années 50Origine de la réflexion sur le care via Koehlberg (dilemme de Heinz)
16eTransformation de l’hospitalité en Angleterre (aumôniers à la place des moines)
18eTransformation de l’hospitalité en France (fin de la gratuité, accueil contre paiement)

📊 Tableaux de synthèse

Deux régimes de loi pour l’hospitalité

RégimeCaractéristiqueEffet sur l’accueil
Loi de l’hospitalité universelle et inconditionnellePacte/horizon présenté comme inconditionnel, voire anonyme (Kant)Cherche à garantir l’accueil sans traitement en ennemi, mais demeure difficile à rendre effectif sans cadres situés
Lois de l’hospitalitéRègles concrètes et multiples, organisant des pratiques selon contextes géographiques/culturels/juridiques (Derrida)Rendent l’universel praticable tout en exposant au risque de basculement vers l’hostilité

Les 4 phases du care

PhaseActionPosture éthique
Caring aboutIdentifier un besoinAttention
Taking care ofPrendre en charge et commencer à élaborer une réponseResponsabilité
Care givingAction matérielle du soin pour répondre au besoinCompétence
Care receivingRecevoir le soin et capacité à répondreCapacité à répondre

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre art de l’ordinaire et action « spectaculaire » : l’art de l’ordinaire est fait de micro-gestes banals (regard, présence) dont les effets peuvent être différés.
  2. Croire que l’évaluation en rapports d’activité mesure fidèlement le care/l’ordinaire : elle privilégie ce qui est chiffrable et peut invisibiliser ce qui a été vécu.
  3. Prendre la phénoménographie comme une interview ou comme un recueil d’opinions : Piette évite l’interview pour ne pas perdre les « restes » (pauses, hors-champ).
  4. Opposer perception transcendente et immanente comme deux erreurs : la transcendente construit l’identité d’un objet par esquisses, l’immanente garantit le vécu comme flux sans unité saisissable d’un coup.
  5. Croire que la quotidienisation produit une illusion sans social : Bégout insiste sur une formation socio-transcendantale et une socio-genèse passive, pas seulement subjective.
  6. Réduire l’hospitalité de Derrida à « être gentil » : elle est en tension avec le langage, avec le « chez-soi » et avec le risque de basculement vers l’hostilité.
  7. Penser que le care se limite à la sphère privée ou à la disposition individuelle : Tronto exige l’articulation activité + disposition, et le care doit être articulé au droit/à l’éthique de justice.

✅ Checklist Examen

  1. Définir l’art de l’ordinaire et donner des exemples (tasse de café, regard, poignée de main, présence silencieuse) ainsi que l’idée d’invisibilité du banal et de partage du sensible.
  2. Expliquer pourquoi l’art de l’ordinaire est difficile à reconnaître (flou, incertain, non calculable/non rationnalisable, non reprenable dans les rapports d’activité) et ce que cela implique pour le travail social.
  3. Décrire la temporalité longue de l’ordinaire (effets comme trace/souvenir, pouvant apparaître après la fin, parfois des années plus tard) et la mettre en tension avec la valorisation de la nouveauté et les logiques institutionnelles.
  4. Expliquer comment l’évaluation en rapports d’activité valorise le chiffrable et peut conduire à l’impression que l’employeur attend des chiffres plutôt qu’un temps réellement passé.
  5. Présenter la phénoménographie (décrire présence/mode d’exister, noter ce qui apparaît) et justifier le refus des « poubelles » (restes, pauses, éléments périphériques).
  6. Expliquer l’effet d’ordinaire (les grandes avancées émergent d’un fond routinier) et la distraction comme mode existentiel (gestes « pleinement engagés » mais faire autre en même temps).
  7. Décrire le projet de Husserl : crise des sciences européennes, attitude naturelle, réduction phénoménologique (mise entre parenthèses) et intentionnalité de la conscience (conscience de quelque chose).
  8. Distinguer perception transcendente (esquisses, identité construite sans perception complète) et perception immanente (vécus en flux, certitude de ce qui est vécu, rétention/ressouvenir).
  9. Expliquer la thèse de Bégout sur la croyance au monde naturel : quotidianisation, familiarisation continue, bulle de confiance, et la logique de soulagement de l’incertitude.
  10. Justifier pourquoi la construction du monde de la vie n’est pas seulement subjective : socio-genèse passive / formation socio-transcendantale anonyme et collective (vie opératoire universelle).
  11. Définir champ et habitus (dispositions incorporées), et préciser comment les schèmes de jugement et d’action rendent l’action plus prévisible dans un champ.
  12. Expliquer l’hospitalité (gratuité, rencontre, juste proximité) puis résumer la tension chez Derrida : loi universelle/inconditionnelle vs lois concrètes, rôle du langage, présupposition du « chez-soi » et risque de basculement en hostilité.
  13. Définir l’éthique du care de Tronto : activité générique + disposition, départ des besoins de l’autre, et décrire les 4 phases avec les postures éthiques associées.
  14. Lister les conflits du care (décalage entre phases, besoins définis par d’autres, paternalisme, concurrence entre besoins, localisme) et dire pourquoi le care doit s’articuler au droit et à l’éthique de justice.

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur L'art de l'ordinaire en travail social avec 16 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Quel ensemble d’éléments caractérise le mieux l’art de l’ordinaire ?

2. Pourquoi l’évaluation en rapports d’activité peut-elle dévaloriser l’art de l’ordinaire ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de L'art de l'ordinaire en travail social avec 16 flashcards interactives.

Art de l’ordinaire — définition ?

Micro-gestes du quotidien, invisibles et fondamentaux.

Invisibilité du banal — concept ?

Ce qui est simple devient difficile à voir ou mesurer.

Partage du sensible — rôle ?

Distribue ce qui est visible ou invisible dans une société.

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