QCM : L'art de l'ordinaire en travail social — 16 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quel ensemble d’éléments caractérise le mieux l’art de l’ordinaire ?

Des micro-gestes du quotidien comme la présence, le regard ou la poignée de main
Des actes exceptionnels valorisés pour leur visibilité publique
Des procédures techniques strictement mesurables et standardisées
Des décisions stratégiques prises lors de grandes réformes institutionnelles

Des micro-gestes du quotidien comme la présence, le regard ou la poignée de main

Explication

L’art de l’ordinaire renvoie aux micro-gestes banals qui constituent le cœur du travail social. Ce n’est pas d’abord une action spectaculaire ou strictement procédurale.

2. Pourquoi l’évaluation en rapports d’activité peut-elle dévaloriser l’art de l’ordinaire ?

Parce qu’elle mesure surtout les émotions privées des professionnels
Parce qu’elle privilégie ce qui est chiffrable et rend moins visibles les effets vécus du quotidien
Parce qu’elle refuse toute forme de suivi des actions réalisées
Parce qu’elle ne s’intéresse qu’aux relations entre institutions

Parce qu’elle privilégie ce qui est chiffrable et rend moins visibles les effets vécus du quotidien

Explication

Le texte souligne que les rapports d’activité valorisent le mesurable et le chiffré, ce qui peut invisibiliser ce qui se joue dans l’ordinaire. Les effets relationnels et durables deviennent alors difficiles à reconnaître.

3. Que désigne la notion de phénoménographie chez Albert Piette ?

Une description fine de la présence et du mode d’exister des humains en situation
Une méthode d’entretien centrée sur les opinions déclarées des acteurs
Une analyse statistique des comportements collectifs les plus fréquents
Une théorie des grandes structures économiques qui organisent la société

Une description fine de la présence et du mode d’exister des humains en situation

Explication

La phénoménographie vise à décrire ce qui apparaît dans l’expérience, avec une attention minutieuse à la présence en situation. Elle ne se réduit ni à l’entretien d’opinion ni à l’analyse statistique.

4. Pourquoi Piette accorde-t-il de l’importance aux « restes » comme les pauses ou les détails périphériques ?

Parce qu’ils prouvent que l’action humaine est entièrement automatique
Parce qu’ils remplacent toute observation directe par des interprétations générales
Parce qu’ils servent uniquement à confirmer les normes d’un groupe social
Parce qu’ils permettent de saisir ce qui échappe aux cadres codés et à la mise en scène du rôle

Parce qu’ils permettent de saisir ce qui échappe aux cadres codés et à la mise en scène du rôle

Explication

Les restes permettent de faire apparaître l’imprévu, le hors-codage et ce qui n’entre pas dans les catégories habituelles. Piette refuse de les écarter, car ils éclairent l’ordinaire réel.

5. Que signifie la réduction phénoménologique chez Husserl ?

Suspendre l’adhésion spontanée et mettre entre parenthèses le jugement sur l’existence du monde
Remplacer la perception par une explication strictement scientifique du réel
Adhérer pleinement au monde tel qu’il est donné sans aucune distance
Réduire les phénomènes à des données uniquement mesurables

Suspendre l’adhésion spontanée et mettre entre parenthèses le jugement sur l’existence du monde

Explication

La réduction phénoménologique consiste à suspendre le jugement existentiel pour accéder à la conscience pure. Elle ne consiste pas à nier le monde, mais à mettre son existence entre parenthèses.

6. Quelle différence caractérise la perception immanente par rapport à la perception transcendente ?

Elle porte sur les vécus venant de soi et se donne comme flux, alors que la transcendente vise des objets extérieurs par esquisses
Elle se fonde sur une observation indirecte, alors que la transcendente est immédiate
Elle fournit une totalité complète et stable, contrairement à la transcendente
Elle concerne uniquement les objets matériels visibles, alors que la transcendente concerne les souvenirs

Elle porte sur les vécus venant de soi et se donne comme flux, alors que la transcendente vise des objets extérieurs par esquisses

Explication

La perception immanente concerne les vécus internes et se présente comme un flux, tandis que la perception transcendente vise des objets extérieurs donnés par esquisses successives. La saisie complète n’appartient donc pas à la transcendente.

7. Quel est le principe central de la quotidianisation du monde ?

Transformer l’incertain en certitudes vécues par répétition et familiarisation
Remplacer les habitudes par une surprise permanente
Réduire le monde à des règles strictement théoriques
Faire disparaître toute perception partielle du réel

Transformer l’incertain en certitudes vécues par répétition et familiarisation

Explication

La quotidianisation consiste à rendre le monde familier et rassurant en convertissant l’incertitude en certitude vécue. Elle passe par l’habituation, les routines et la répétition.

8. Pourquoi la construction du monde de la vie n’est-elle pas seulement subjective ?

Parce qu’elle repose uniquement sur des perceptions isolées
Parce qu’elle résulte aussi d’une formation collective et anonyme du sens
Parce qu’elle élimine toute dimension sociale au profit de l’intime
Parce qu’elle dépend uniquement d’une décision individuelle consciente

Parce qu’elle résulte aussi d’une formation collective et anonyme du sens

Explication

Le texte insiste sur une socio-genèse passive et une formation socio-transcendantale du sens, qui dépassent la seule subjectivité. Le monde de la vie est donc aussi produit collectivement.

9. Comment le champ social influence-t-il l’action des individus ?

Par des choix entièrement aléatoires sans régularité
Par des instincts biologiques identiques dans toutes les situations
Par une absence totale de contraintes qui laisse chacun improviser librement
Par des règles et normes qui orientent les pratiques et rendent l’action plus prévisible

Par des règles et normes qui orientent les pratiques et rendent l’action plus prévisible

Explication

Le champ social est un espace de relations structuré par des règles et des normes qui orientent les conduites. Cela rend l’action plus prévisible que si elle dépendait seulement de décisions individuelles isolées.

10. Que désigne l’habitus dans l’analyse des champs sociaux ?

Une liste de lois écrites qui s’imposent de l’extérieur
Un ensemble de dispositions incorporées qui orientent durablement la perception et l’action
Une stratégie consciente adoptée ponctuellement pour un objectif précis
Une simple opinion personnelle sans effet pratique

Un ensemble de dispositions incorporées qui orientent durablement la perception et l’action

Explication

L’habitus correspond à des dispositions incorporées qui guident spontanément la manière de juger et d’agir dans un champ. Il n’est pas une règle écrite, mais une structure intériorisée du comportement.

11. Quel est le rôle central de l’habitus dans un champ social ?

Il transforme immédiatement toute situation en conflit de normes
Il supprime les règles du champ au profit de choix entièrement libres
Il impose des dispositions incorporées qui orientent durablement la perception et l’action
Il décrit seulement des croyances abstraites sans effet pratique

Il impose des dispositions incorporées qui orientent durablement la perception et l’action

Explication

L’habitus est un ensemble de dispositions incorporées qui guident durablement la manière de percevoir et d’agir dans un champ. Il ne supprime pas les règles du champ : il les intériorise et les rend opérantes.

12. Pourquoi l’action devient-elle plus prévisible dans un champ social ?

Parce que les règles et les normes y contraignent fortement les comportements
Parce que les individus y perdent toute capacité d’adaptation
Parce que les normes y sont absentes et laissent place à l’improvisation
Parce que le champ neutralise toute forme de disposition incorporée

Parce que les règles et les normes y contraignent fortement les comportements

Explication

Dans un champ, l’action est plus prévisible car des règles et des normes orientent et contraignent les comportements. L’habitus s’ajuste à ces contraintes plutôt que de les annuler.

13. Qu’est-ce qui caractérise le droit cosmopolitique chez Kant ?

Le droit de refuser tout étranger au nom de l’ordre public
La priorité exclusive de la propriété privée sur toute forme d’accueil
L’obligation d’accorder une hospitalité illimitée sans condition
Le fait de ne pas traiter l’arrivant en ennemi sur le territoire d’autrui

Le fait de ne pas traiter l’arrivant en ennemi sur le territoire d’autrui

Explication

Chez Kant, le droit cosmopolitique implique de ne pas traiter l’arrivant en ennemi sur le territoire d’autrui. Il s’agit d’un droit naturel universel, distinct d’une hospitalité absolument inconditionnelle.

14. Quel est le risque mis en avant lorsque l’hospitalité exige que l’autre adopte nos codes de langage ?

Que l’autre soit automatiquement mieux compris sans difficulté
Que le chez-soi disparaisse au profit d’un espace neutre
Que l’hospitalité devienne entièrement gratuite et sans limite
Que l’accueil perde son sens et bascule vers une forme d’hostilité

Que l’accueil perde son sens et bascule vers une forme d’hostilité

Explication

Lorsque l’hospitalité impose nos codes de langage, elle peut vider l’accueil de son sens et se retourner en hostilité. L’idée est que la proximité dépend aussi de l’accès réel aux normes du lieu.

15. Quel enchaînement correspond aux quatre phases du care chez Tronto ?

Besoin, règle, sanction, autonomie
Justice, responsabilité, réparation, distance
Caring about, taking care of, care giving, care receiving
Attention, punition, compétence, réciprocité

Caring about, taking care of, care giving, care receiving

Explication

Les quatre phases du care sont caring about, taking care of, care giving et care receiving. Chacune correspond à une posture éthique spécifique, de l’attention à la capacité à répondre.

16. Quel conflit du care est lié au fait que certains décident à la place de l’autre ?

La responsabilité, qui clarifie les attentes
Le paternalisme, qui infantilise et méconnaît le besoin exprimé
La compétence, qui augmente la qualité du soin
La réciprocité, qui renforce l’autonomie

Le paternalisme, qui infantilise et méconnaît le besoin exprimé

Explication

Le paternalisme consiste à décider à la place de l’autre et infantilise la personne aidée. Cela contredit l’objectif de répondre au besoin tel qu’il est exprimé par le bénéficiaire.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 16 flashcards sur L'art de l'ordinaire en travail social.

Art de l’ordinaire — définition ?

Micro-gestes du quotidien, invisibles et fondamentaux.

Invisibilité du banal — concept ?

Ce qui est simple devient difficile à voir ou mesurer.

Partage du sensible — rôle ?

Distribue ce qui est visible ou invisible dans une société.

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