QCM : Les pouvoirs de la parole (16 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Un philosophe distingue les cris d’un animal, qui indiquent plaisir ou peine, des paroles humaines qui permettent de discuter de ce qui est juste. Quelle distinction aristotélicienne illustre-t-il ?

La voix exprime l’utile et le nuisible ; le logos indique plaisir et peine
La voix indique plaisir et peine ; le logos exprime l’utile, le nuisible, le juste et l’injuste
La voix indique le juste et l’injuste ; le logos exprime le bien et le mal
La voix indique plaisir et peine ; le logos exprime le bien et le mal seulement

La voix indique plaisir et peine ; le logos exprime l’utile, le nuisible, le juste et l’injuste

Explication

Pour Aristote, la voix signale le plaisir et la peine, alors que le logos exprime l’utile et le nuisible, ainsi que le juste et l’injuste. Attribuer le juste à la voix inverse la distinction ; réduire le logos au plaisir et à la peine le confond avec la fonction de la voix ; limiter le logos au bien et au mal omet les notions précisées par Aristote.

2. Dans une communauté, les humains partagent leurs jugements sur le bien, le mal, le juste et l’injuste. Quelle conséquence Aristote associe-t-il à cette communauté ?

Elle fonde les lois et les arts
Elle fonde les échanges et les magistratures
Elle fonde la famille et la cité
Elle fonde la cité sans concerner la famille

Elle fonde la famille et la cité

Explication

Chez Aristote, la communauté des êtres humains partageant les sensations du bien, du mal, du juste et de l’injuste fonde la famille et la cité. Les lois et les arts relèvent de la synthèse de Cicéron sur les effets de la parole ; la seule sensation de plaisir ne correspond pas à la communauté morale décrite ; la cité n’est pas dissociée de la famille dans cette affirmation.

3. Quelle thèse Cicéron défend-il dans Sur l’orateur au sujet de la parole humaine ?

Elle distingue l’utile du nuisible et le juste de l’injuste
Elle marque la supériorité humaine sur les animaux et la perfection de l’homme
Elle permet aux citoyens de voter les lois et d’élire les magistrats
Elle indique le plaisir et la peine chez les humains comme chez les animaux

Elle marque la supériorité humaine sur les animaux et la perfection de l’homme

Explication

Cicéron présente la parole comme la marque de la supériorité de l’homme sur les animaux et de sa perfection. La distinction entre utile et nuisible relève d’Aristote ; le vote et l’élection décrivent les fonctions des Comices ; l’indication du plaisir et de la peine correspond à la voix chez Aristote.

4. Une étudiante s’exerce à préparer des interventions pour des publics différents. Quelle compétence cette pratique peut-elle lui permettre d’acquérir selon Isocrate ?

Développer un don naturel qui dispense de préparer ses discours
Déclamer avec aisance sans adapter son discours aux auditeurs
Convaincre chaque auditoire grâce à une méthode infaillible
Concevoir des discours et préparer une prise de parole attentive à l’auditoire

Concevoir des discours et préparer une prise de parole attentive à l’auditoire

Explication

Pour Isocrate, l’apprentissage et l’exercice donnent des compétences pour concevoir des discours et préparer une prise de parole attentive à l’auditoire. Le don inné ne remplace pas l’exercice, la déclamation ne résume pas la préparation, et celle-ci ne garantit pas une conviction infaillible.

5. Deux aspirants orateurs sont comparés : le premier possède des dispositions naturelles, mais ne s’entraîne pas ; le second a peu de dispositions, mais travaille sa technique. Quelle évolution Isocrate juge-t-il possible ?

Les deux restent au même niveau, car l’exercice ne développe pas l’éloquence
Le premier conserve l’avantage grâce à son don, même sans entraînement
Le second peut dépasser le premier grâce à la technique acquise par l’exercice
Le second ne peut progresser que s’il acquiert d’abord un don naturel

Le second peut dépasser le premier grâce à la technique acquise par l’exercice

Explication

Pour Isocrate, les dispositions naturelles favorisent l’éloquence, mais un don non cultivé peut être dépassé par la technique acquise grâce à l’exercice. L’idée que le don suffirait néglige le rôle de l’entraînement, tandis que l’exercice permet précisément de développer des compétences.

6. Un orateur maîtrise les figures de style et la construction des discours, mais ses paroles ne reflètent pas de qualités morales. Quelle conclusion correspond à la conception de Cicéron ?

La maîtrise rhétorique ne suffit pas à rendre son discours pleinement éloquent
Les qualités morales n’interviennent que dans le choix du sujet
Une diction convaincante compense l’absence de qualités morales
La maîtrise rhétorique suffit dès lors que le discours est bien construit

La maîtrise rhétorique ne suffit pas à rendre son discours pleinement éloquent

Explication

Pour Cicéron, apprendre la rhétorique et maîtriser la technique ne suffisent pas : le discours éloquent reflète aussi les qualités morales de son auteur. Réduire l’éloquence à la construction ou à la déclamation écarte cette dimension morale.

7. Dans une situation inspirée de l’allégorie de la caverne, un prisonnier est détaché et tourné vers des objets éclairés après n’avoir vu que des ombres. Quelle réaction correspond à la scène décrite ?

Il distingue les ombres plus nettement que les objets éclairés
Il détourne les yeux des objets pour retrouver les ombres familières
Il reconnaît immédiatement les objets comme des ombres projetées
Il est ébloui et peine d’abord à distinguer les objets plus réels

Il est ébloui et peine d’abord à distinguer les objets plus réels

Explication

Dans l’allégorie, le prisonnier détourné des ombres est d’abord ébloui par la lumière et peine à distinguer les objets plus réels. Le confondre avec les ombres inverse le contraste, et imaginer une reconnaissance immédiate omet l’éblouissement.

8. Une discussion porte sur le fait qu’un discours rationnel peut manquer d’effet persuasif et sur la capacité des paroles à exercer une autorité. Quelle question centrale cette réflexion examine-t-elle ?

La vérité se transmet-elle mieux par le dialogue que par un monologue ?
La vérité est-elle toujours convaincante, malgré le pouvoir symbolique de la parole ?
Les ombres de la caverne peuvent-elles être mémorisées par les prisonniers ?
La mémorisation d’un discours suffit-elle à établir son autorité rationnelle ?

La vérité est-elle toujours convaincante, malgré le pouvoir symbolique de la parole ?

Explication

La réflexion pose la question de savoir si la vérité est toujours convaincante et examine notamment le pouvoir symbolique de la parole. Le dialogue, les ombres et la mémorisation ne constituent pas le problème central décrit ici.

9. Dans une discussion où l’interlocuteur est amené, par des questions et des réponses, à formuler lui-même une idée, quel modèle est mis en œuvre ?

La dialectique platonicienne fondée sur la controverse
L’exposé magistral fondé sur la transmission
La rhétorique gorgienne fondée sur la persuasion
La maïeutique socratique fondée sur le dialogue

La maïeutique socratique fondée sur le dialogue

Explication

La maïeutique est associée au modèle socratique, qui repose sur le dialogue. La persuasion rhétorique renvoie à une autre approche, l’exposé magistral ne met pas l’accent sur l’échange, et l’attribution à Gorgias confond les figures.

10. Dans le dialogue de Platon intitulé « Gorgias », que met en scène l’échange entre Socrate et Gorgias au sujet de la rhétorique ?

Un accord sur les pouvoirs de persuasion du discours
Deux points de vue radicalement opposés sur la rhétorique
Une opposition entre vérité et mensonge dans chaque discours
Un désaccord politique sur l’organisation de la cité

Deux points de vue radicalement opposés sur la rhétorique

Explication

Dans le dialogue de Platon, Socrate et Gorgias incarnent des points de vue radicalement opposés sur la rhétorique. Réduire leur opposition à vérité et mensonge ou à un désaccord politique déplace le sujet, tandis que l’idée d’un accord inverse le sens de leur confrontation.

11. Dans un débat où des affirmations peu étayées emportent l’adhésion au détriment d’arguments rationnels, quelle question générale le thème de la post-vérité invite-t-il à poser ?

L’autorité du discours rationnel est-elle menacée ?
Le pouvoir symbolique de la parole remplace-t-il l’autorité rationnelle ?
La vérification technique suffit-elle à établir la vérité ?
La rhétorique est-elle plus persuasive que le discours politique ?

L’autorité du discours rationnel est-elle menacée ?

Explication

Le cours présente la post-vérité comme un thème d’étude et demande si l’autorité du discours rationnel est menacée. L’efficacité rhétorique et le pouvoir symbolique sont des sujets voisins, tandis que la vérification technique n’est pas la question générale visée ici.

12. Une campagne diffusée sur les réseaux sociaux cherche à orienter l’opinion publique par des procédés trompeurs : à quel enjeu cette situation est-elle associée ?

La publicité grand public et l’œuvre de Cicéron
La séduction de la société et l’expérience de Milgram
La rhétorique judiciaire et le dialogue de Gorgias
La démocratie en péril et la réflexion de Machiavel

La démocratie en péril et la réflexion de Machiavel

Explication

La manipulation de l’opinion sur les réseaux sociaux est mise en relation avec une démocratie en péril et avec Machiavel. La publicité, Cicéron, Gorgias et Milgram renvoient à d’autres thèmes ou exemples.

13. En préparant l’introduction d’un commentaire philosophique, Lina présente le texte et sa thèse, puis met au jour le paradoxe de la question : que doit-elle encore inclure ?

Deux ou trois parties développées
Une prise de parti sans plan annoncé
Une conclusion et une solution définitive
Une problématique et l’annonce d’un plan

Une problématique et l’annonce d’un plan

Explication

L’introduction présente le texte et sa thèse, fait apparaître le paradoxe, formule une problématique et annonce un plan. La résolution et la prise de parti relèvent de la conclusion, tandis que les parties constituent le développement.

14. Après avoir formulé la problématique dans son introduction, un élève veut faire progresser son commentaire vers la résolution du paradoxe : quelle démarche convient au développement ?

Reformuler la thèse sans examiner le paradoxe
Présenter le texte et annoncer les étapes de l’analyse
Proposer immédiatement une solution sans argumentation
Explorer progressivement le paradoxe en deux ou trois parties

Explorer progressivement le paradoxe en deux ou trois parties

Explication

Le développement explore progressivement le paradoxe en deux ou trois parties afin de le mettre au jour et de permettre sa résolution. L’annonce des étapes appartient à l’introduction, et la prise de parti à la conclusion.

15. Quel philosophe associe les limites du langage aux limites de son propre monde dans le *Tractatus logico-philosophicus* ?

Aristote
Cicéron
Ludwig Wittgenstein
Corax

Ludwig Wittgenstein

Explication

La formule sur les limites du langage et du monde est attribuée à Ludwig Wittgenstein dans le *Tractatus logico-philosophicus*. Aristote, Cicéron et Corax sont des figures associées à d’autres réflexions sur la parole et la rhétorique.

16. Une campagne publicitaire, un discours politique et une publication destinée à influencer l’opinion sur les réseaux sociaux relèvent-ils des domaines où le cours aborde la séduction de la parole ?

Oui, mais dans la publicité et la politique seulement
Non, ces exemples relèvent de la seule vérité du discours
Non, les réseaux sociaux sont exclus de ces usages
Oui, dans la publicité, la politique et la société

Oui, dans la publicité, la politique et la société

Explication

La séduction de la parole est abordée dans la publicité, en politique et dans la société, notamment à propos de l’influence sur les réseaux sociaux. La réduire à la publicité ou à la politique néglige les autres domaines mentionnés, tandis que l’assimiler à la seule vérité ou écarter les réseaux sociaux ne correspond pas à ces exemples.

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Dans quelle œuvre Aristote distingue-t-il la voix de la parole ?

Dans *Politique*, I, 2.

Selon Aristote, qu’exprime la parole humaine ?

L’utile et le nuisible, ainsi que le juste et l’injuste.

Dans quelle œuvre Aristote relie-t-il les sensations communes à la famille et à la cité ?

Dans *Politique*, I, 2.

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