Françoise de Graffigny (1695-1758) est l’autrice des Lettres d’une Péruvienne, roman épistolaire associé aux Lumières.
En 1747, Françoise de Graffigny publie les Lettres d’une Péruvienne, puis une version remaniée paraît en 1752.
Zilia, jeune Péruvienne arrachée à son pays et emmenée en Europe, découvre progressivement la société française.
📌 Le regard extérieur de Zilia permet à Graffigny de critiquer la société française sans présenter directement ses propres opinions.
Zilia regarde l’Europe comme à travers un miroir déformant qui révèle ses injustices.
★ À maîtriser
📌 Zilia oppose le gouvernement péruvien, où le Capo Inca doit pourvoir à la subsistance du peuple, aux souverains européens qui tirent la leur du travail de leurs sujets.
📌 Dans le modèle péruvien décrit par Zilia, le Capo Inca a l’obligation d’assurer la subsistance de ses peuples.
Compléments
Zilia relie les besoins mal satisfaits aux malheurs et aux crimes, suggérant que la criminalité dépend aussi de l’organisation sociale.
La lettre XX présente le Pérou comme plus attentif aux besoins du peuple que l’Europe.
Au Pérou, le souverain pourvoit au peuple ; en Europe, les sujets travaillent pour les souverains.
★ À maîtriser
📌 Selon Zilia, il est impossible d’acquérir une portion de terre sans or et impossible d’avoir de l’or sans posséder ce que les Européens appellent un bien.
Compléments
Dans la société française observée par Zilia, les nobles peuvent avoir une apparence magnifique tout en étant réellement misérables.
Zilia qualifie la société européenne d’« insensée » parce que son système social lui paraît contraire à la raison.
Les libéralités du souverain profitent à un petit nombre de sujets, ce qui dénonce des privilèges au milieu de la souffrance générale.
L’accès aux biens exige de l’argent, tandis que l’argent exige déjà des biens : les pauvres restent exclus.
★ À maîtriser
Zilia éprouve d’abord de la pitié pour les pauvres, puis de l’indignation contre les lois qui produisent ou entretiennent les injustices.
Zilia comprend qu’elle est elle-même concernée par l’exclusion sociale après avoir entendu parler avec mépris des personnes qui ne sont pas riches.
Zilia affirme ne posséder ni or, ni terres, ni adresse, et cette accumulation souligne sa pauvreté et son exclusion.
La question finale « Ô ciel ! dans quelle classe dois-je me ranger ? » exprime l’incompréhension de Zilia et remet en cause une hiérarchie sociale fondée sur la richesse.
Compléments
Pitié pour les pauvres, indignation contre les lois, puis inquiétude pour elle-même.
★ À maîtriser
Compléments
Le champ lexical de la pauvreté comprend notamment :
Le champ lexical du jugement comprend :
L’accumulation « ni or, ni terres, ni adresse » insiste sur la pauvreté de Zilia.
La première personne, visible dans « mon cœur », « moi-même » et « je n’ai », rend la critique sociale personnelle et subjective.
L’opposition Pérou-Europe compare les sociétés ; la question finale met en cause leur hiérarchie.
📌 La critique de Zilia porte à la fois sur les inégalités entre riches et pauvres et sur une société où l’argent et la propriété déterminent la place des individus.
Les besoins mal satisfaits entraînent souffrance et crimes : la critique remonte aux causes sociales.
Pérou et Europe selon Zilia
| Dimension | Pérou | Europe |
|---|---|---|
| Rôle du souverain | Le Capo Inca pourvoit à la subsistance du peuple | Les souverains tirent leur subsistance du travail des sujets |
| Rapport aux besoins | Le gouvernement veille aux besoins du peuple | Les besoins mal satisfaits entraînent malheurs et crimes |
| Place sociale | Le modèle est présenté comme attentif au peuple | L’argent et les biens conditionnent la place sociale |
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En quelle année Graffigny publie-t-elle les *Lettres d’une Péruvienne* ?
En 1747.
En quelle année paraît la version remaniée des *Lettres d’une Péruvienne* ?
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