Fiche de révision : Lettre XX des Lettres d’une Péruvienne

Plan du Cours

  1. L’œuvre et le regard étranger
  2. Deux modèles de gouvernement
  3. Argent, propriété et inégalités
  4. La prise de conscience de Zilia
  5. Procédés de la critique sociale
  6. Une critique au nom des Lumières

1. L’œuvre et le regard étranger

Points essentiels

  • Françoise de Graffigny (1695-1758) est l’autrice des Lettres d’une Péruvienne, roman épistolaire associé aux Lumières.

  • En 1747, Françoise de Graffigny publie les Lettres d’une Péruvienne, puis une version remaniée paraît en 1752.

  • Zilia, jeune Péruvienne arrachée à son pays et emmenée en Europe, découvre progressivement la société française.

📌 Le regard extérieur de Zilia permet à Graffigny de critiquer la société française sans présenter directement ses propres opinions.

Astuce mémo

Zilia regarde l’Europe comme à travers un miroir déformant qui révèle ses injustices.

2. Deux modèles de gouvernement

★ À maîtriser

📌 Zilia oppose le gouvernement péruvien, où le Capo Inca doit pourvoir à la subsistance du peuple, aux souverains européens qui tirent la leur du travail de leurs sujets.

📌 Dans le modèle péruvien décrit par Zilia, le Capo Inca a l’obligation d’assurer la subsistance de ses peuples.

Compléments

  • Zilia relie les besoins mal satisfaits aux malheurs et aux crimes, suggérant que la criminalité dépend aussi de l’organisation sociale.

  • La lettre XX présente le Pérou comme plus attentif aux besoins du peuple que l’Europe.

Astuce mémo

Au Pérou, le souverain pourvoit au peuple ; en Europe, les sujets travaillent pour les souverains.

3. Argent, propriété et inégalités

★ À maîtriser

  • Le peuple doit travailler ou dépendre de la générosité d’autrui pour survivre.

📌 Selon Zilia, il est impossible d’acquérir une portion de terre sans or et impossible d’avoir de l’or sans posséder ce que les Européens appellent un bien.

Compléments

  • Dans la société française observée par Zilia, les nobles peuvent avoir une apparence magnifique tout en étant réellement misérables.

  • Zilia qualifie la société européenne d’« insensée » parce que son système social lui paraît contraire à la raison.

  • Les libéralités du souverain profitent à un petit nombre de sujets, ce qui dénonce des privilèges au milieu de la souffrance générale.

Astuce mémo

L’accès aux biens exige de l’argent, tandis que l’argent exige déjà des biens : les pauvres restent exclus.

4. La prise de conscience de Zilia

★ À maîtriser

  • Zilia éprouve d’abord de la pitié pour les pauvres, puis de l’indignation contre les lois qui produisent ou entretiennent les injustices.

  • Zilia comprend qu’elle est elle-même concernée par l’exclusion sociale après avoir entendu parler avec mépris des personnes qui ne sont pas riches.

  • Zilia affirme ne posséder ni or, ni terres, ni adresse, et cette accumulation souligne sa pauvreté et son exclusion.

  • La question finale « Ô ciel ! dans quelle classe dois-je me ranger ? » exprime l’incompréhension de Zilia et remet en cause une hiérarchie sociale fondée sur la richesse.

Compléments

  • Zilia se reconnaît comme citoyenne de la ville, mais ne possède pas les richesses qui lui permettraient d’y avoir une place reconnue.

Astuce mémo

Pitié pour les pauvres, indignation contre les lois, puis inquiétude pour elle-même.

5. Procédés de la critique sociale

★ À maîtriser

  • L’opposition entre le Pérou et l’Europe permet à Zilia de comparer deux modèles de société.

Compléments

  • Le champ lexical de la pauvreté comprend notamment :

    • « malheurs »
    • « misérables »
    • « malheureux »
  • Le champ lexical du jugement comprend :

    • « insensée »
    • « folie »
    • « ignominie »
  • L’accumulation « ni or, ni terres, ni adresse » insiste sur la pauvreté de Zilia.

  • La première personne, visible dans « mon cœur », « moi-même » et « je n’ai », rend la critique sociale personnelle et subjective.

Astuce mémo

L’opposition Pérou-Europe compare les sociétés ; la question finale met en cause leur hiérarchie.

6. Une critique au nom des Lumières

Notions clés & Définitions

  • Lumières naturelles : Capacité naturelle de l’être humain à utiliser sa raison.

Points essentiels

  • La lettre relève de la pensée des Lumières en mobilisant la raison pour dénoncer les injustices, les inégalités, les privilèges et les institutions sociales.

📌 La critique de Zilia porte à la fois sur les inégalités entre riches et pauvres et sur une société où l’argent et la propriété déterminent la place des individus.

Astuce mémo

Les besoins mal satisfaits entraînent souffrance et crimes : la critique remonte aux causes sociales.

Tableaux de synthèse

Pérou et Europe selon Zilia

DimensionPérouEurope
Rôle du souverainLe Capo Inca pourvoit à la subsistance du peupleLes souverains tirent leur subsistance du travail des sujets
Rapport aux besoinsLe gouvernement veille aux besoins du peupleLes besoins mal satisfaits entraînent malheurs et crimes
Place socialeLe modèle est présenté comme attentif au peupleL’argent et les biens conditionnent la place sociale

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Teste tes connaissances sur Lettre XX des Lettres d’une Péruvienne avec 16 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Qui a écrit les *Lettres d’une Péruvienne*, roman épistolaire associé aux Lumières ?

2. Quelle chronologie correspond à la publication des *Lettres d’une Péruvienne* et à sa version remaniée ?

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Qui est l’autrice des *Lettres d’une Péruvienne* ?

Françoise de Graffigny.

En quelle année Graffigny publie-t-elle les *Lettres d’une Péruvienne* ?

En 1747.

En quelle année paraît la version remaniée des *Lettres d’une Péruvienne* ?

En 1752.

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