Fiche de révision : Naissance et enracinement de la République

Plan du Cours

  1. La République proclamée en temps de guerre
  2. Gouverner et négocier sous la guerre
  3. La Commune et la guerre civile
  4. Les droites conservatrices divisées
  5. L’Ordre moral et l’échec monarchiste
  6. Le compromis constitutionnel de 1875
  7. La crise institutionnelle de 1877
  8. La conquête républicaine des institutions
  9. Les lois républicaines et les libertés
  10. La sécularisation de la société
  11. Fêtes et mémoire républicaines
  12. Statues et symboles de la République
  13. La crise boulangiste et ses soutiens

Repères chronologiques

  1. 19 juillet 1870La France déclare la guerre à la Prusse avec une armée de 250 000 hommes, un équipement faible et un commandement défaillant.
  2. 2 septembre 1870Napoléon III est battu à Sedan et fait prisonnier.
  3. 4 septembre 1870Les républicains proclament la République à l’hôtel de ville de Paris après la défaite de Napoléon III à Sedan.
  4. 19 septembre 1870Les Prussiens assiègent Paris, où vivent alors 2 millions de personnes.
  5. 7 octobre 1870Gambetta et Spuller quittent Paris en ballon pour rejoindre la délégation gouvernementale à Tours, les communications étant coupées par les Allemands.
  6. 26 janvier 1871Après la défaite de l’armée de Chanzy en janvier, l’armistice conduit à la fin du Gouvernement de Défense Nationale, Bismarck exigeant un pouvoir légitime élu pour négocier.
  7. 8 février 1871Les élections législatives donnent aux monarchistes environ deux tiers des députés et aux républicains 200 sièges, dans un scrutin favorisant les campagnes où les hommes ne sont pas encore revenus de la guerre.
  8. 10 mars 1871Le Pacte de Bordeaux proclame la République sans préciser la nature du régime et confie le pouvoir constituant aux députés.
  9. 18 mars 1871Les habitants de Paris s’opposent au désarmement ordonné par Thiers et certains soldats rejoignent les insurgés, provoquant la rupture entre Paris et Versailles.
  10. 11 avril 1871La reprise militaire de Paris entraîne environ 10 000 morts communards contre 900 versaillais, puis 35 000 arrestations et la déportation de 4 500 personnes en Nouvelle-Calédonie.

1. La République proclamée en temps de guerre

Notions clés & Définitions

  • République : Régime où le pouvoir n’est pas transmis héréditairement, mais exercé par des mandataires représentant les citoyens.

Points essentiels

📌 La monarchie ou l’empire confie le pouvoir à une personne, tandis que l’anarchie correspond à l’absence d’exercice du pouvoir et que la démocratie fait émaner le pouvoir du peuple.

  • Bismarck, chancelier allemand, cherche à réaliser l’unité allemande par et grâce à la guerre, tandis que Napoléon III est favorable à la guerre.

Astuce mémo

Le pouvoir républicain tombe aux mains des représentants tandis que l’Empire s’effondre

2. Gouverner et négocier sous la guerre

Points essentiels

  • Le Gouvernement de Défense Nationale, présidé par le général Trochu, poursuit la guerre et comprend notamment Gambetta à l’Intérieur, Jules Favre aux Affaires étrangères et Henri Rochefort comme représentant de la gauche révolutionnaire.

📌 Pour reconstituer une armée après les défaites, le gouvernement envisage la levée en masse ou la conscription et achète des armes aux États-Unis après la guerre de Sécession.

Astuce mémo

Siège de Paris, gouvernement à Tours, armistice puis élections

3. La Commune et la guerre civile

Notions clés & Définitions

  • Commune de Paris : Pouvoir municipal issu d’élections, où l’ensemble du peuple parisien participe directement à la démocratie.

★ À maîtriser

  • La Commune adopte des mesures sociales de protection des pauvres et des endettés, une éducation obligatoire, gratuite et laïque pour les filles et les garçons, ainsi que la mise de l’art au service de tous.

Compléments

📌 L’anticléricalisme de la Commune vise à séparer l’Église de la sphère publique et à renvoyer la religion à la sphère privée, sans impliquer l’opposition à la croyance.

  • La répression judiciaire de la Commune comprend 35 000 arrestations, dont 5 000 enfants, et environ une centaine de condamnations.

Astuce mémo

Paris défend une République sociale et directe, Versailles une République conservatrice

4. Les droites conservatrices divisées

★ À maîtriser

📌 Les légitimistes sont conservateurs et réactionnaires, opposés aux acquis révolutionnaires et au suffrage universel, tandis que les orléanistes sont libéraux et favorables au régime parlementaire mais préfèrent le suffrage censitaire.

📌 Les bonapartistes défendent la restauration de l’Empire et un suffrage universel biaisé par le plébiscite, où la question oriente la réponse, contrairement au référendum présenté comme une question ouverte.

Compléments

  • Le prétendant légitimiste est Henri V, comte de Chambord, et les légitimistes sont implantés notamment dans le Grand Ouest, le Nord et le Massif central.

  • Les orléanistes, liés à Louis-Philippe, ont pour prétendant le comte de Paris et sont implantés dans les villes commerçantes ainsi que parmi la noblesse.

Astuce mémo

Henri V défend le drapeau blanc, le comte de Paris peut accepter le tricolore

5. L’Ordre moral et l’échec monarchiste

★ À maîtriser

  • Le 10 mai 1871, le traité de Francfort impose à la France la perte de l’Alsace-Moselle et une indemnité de 5 milliards de francs-or.

  • Le 5 juillet 1871, le manifeste du comte de Chambord réclame une monarchie absolue de droit divin et le drapeau blanc.

  • En 1873, le comte de Paris reconnaît Chambord comme roi à condition qu’il renonce au drapeau blanc, mais Chambord refuse, faisant échouer la restauration monarchique.

Compléments

  • Le 31 août 1871, la loi Rivet fait du président de la République le chef du gouvernement.

  • L’Ordre moral cherche à préparer la population à la restauration monarchique et à renforcer l’Église catholique ultramontaine, notamment par la construction du Sacré-Cœur à partir de 1874.

Astuce mémo

L’intransigeance de Chambord bloque la restauration monarchique

6. Le compromis constitutionnel de 1875

★ À maîtriser

  • Les lois constitutionnelles de 1875 résultent d’un compromis entre orléanistes et républicains et organisent les pouvoirs sans préambule constitutionnel.

  • L’amendement Wallon du 30 janvier 1875 prévoit que le président de la République est élu par le Sénat et la Chambre des députés.

  • La Chambre des députés compte 700 membres élus au suffrage universel pour quatre ans, tandis que le Sénat compte 300 membres élus indirectement pour neuf ans, dont 75 membres à vie.

📌 Le gouvernement est responsable devant la Chambre des députés et peut être renversé par elle, tandis que le président doit choisir le chef du gouvernement dans la majorité de la Chambre.

Compléments

  • Le président de la République dispose notamment des pouvoirs suivants :
    • promulguer les lois
    • proposer des lois
    • commander les armées
    • accorder la grâce
    • nommer aux emplois publics
    • dissoudre la Chambre des députés

Astuce mémo

Un président puissant dans les textes, un gouvernement responsable devant la Chambre

7. La crise institutionnelle de 1877

★ À maîtriser

  • En 1876, les élections donnent une majorité républicaine de 360 députés, alors que le président Mac Mahon et le Sénat restent conservateurs.

📌 La crise du 16 mai 1877 oppose une lecture parlementaire des lois constitutionnelles à une lecture présidentielle défendue par Mac Mahon et les conservateurs.

  • En 1877, les élections donnent 313 sièges aux républicains et font triompher la lecture parlementaire des institutions.

Compléments

  • Après la démission de Jules Simon, Mac Mahon nomme un conservateur, puis dissout la Chambre en réponse au manifeste des 363 républicains.

Astuce mémo

Lecture présidentielle de Mac Mahon contre lecture parlementaire des républicains

8. La conquête républicaine des institutions

★ À maîtriser

  • En 1879, les républicains obtiennent une petite majorité au Sénat, avec 159 sièges, et le pouvoir législatif devient républicain.

  • Le 30 janvier 1879, Mac Mahon démissionne après avoir refusé le décret de révocation des généraux monarchistes.

  • Jules Grévy succède à Mac Mahon et s’engage à ne pas s’opposer à la majorité de la Chambre ni à utiliser le droit de dissolution, pratique appelée constitution Grévy.

Compléments

  • Entre 1879 et 1949, aucune dissolution de la Chambre n’a lieu selon le cours.

Astuce mémo

Chambre en 1876, élections en 1877, Sénat en 1879, démission de Mac Mahon

9. Les lois républicaines et les libertés

★ À maîtriser

  • En 1882, les maires deviennent élus par les conseils municipaux, renforçant l’installation de la République à l’échelle locale.

  • Le 29 juillet 1881, la loi sur la liberté de la presse supprime notamment le cautionnement, le droit de timbre et la censure, tout en permettant des poursuites pour outrage aux mœurs, outrage aux représentants de l’État, diffamation ou propagation de fausses nouvelles.

  • Le 30 juin 1881, une loi autorise les réunions publiques sous réserve de la désignation d’un bureau, sans instaurer la liberté d’association.

  • En 1884, la loi Waldeck-Rousseau reconnaît à chaque travailleur la capacité de créer une structure syndicale.

Compléments

  • Les lois dites scélérates de 1893-1894 visent à limiter la propagande de presse anarchosyndicaliste et l’incitation à la violence.

10. La sécularisation de la société

Notions clés & Définitions

  • Laïcité : Neutralité religieuse de l’État.
  • Sécularisation : Consiste à rendre l’espace public au siècle en retirant la religion de l’espace public lorsqu’il est communautaire.

★ À maîtriser

  • Le 9 décembre 1905, la loi de séparation des Églises et de l’État garantit la liberté des cultes, interdit à l’État de reconnaître ou de subventionner une religion et ne s’applique pas à l’Alsace-Lorraine.

Compléments

  • La loi Naquet de 1884 autorise le divorce civil et la loi de 1887 reconnaît la liberté funéraire.

  • En 1906, les inventaires des biens mobiliers et immobiliers de l’Église provoquent des troubles, puis Clemenceau les arrête.

Astuce mémo

La laïcité impose la neutralité de l’État, la sécularisation retire le religieux de l’espace public

11. Fêtes et mémoire républicaines

Notions clés & Définitions

  • Panthéonisation : Cérémonie de transfert d’un grand homme au Panthéon, accompagnée de cortèges et de discours publics.

★ À maîtriser

  • En 1880, le 14 Juillet devient la fête nationale républicaine après un débat sur le choix d’une date inclusive, à la fois associée à la prise de la Bastille de 1789 et à la fête de la Fédération de 1790.

  • Le 27 mai 1885, Victor Hugo entre au Panthéon après que sa mort, le 22 mai 1885, a relancé le projet d’en faire un lieu de mémoire des grands hommes.

Compléments

  • La fête de la Fédération du 14 juillet 1790 rassemble 300 000 personnes et symbolise l’égalité des citoyens devant la loi.

Astuce mémo

Le 14 Juillet unit la Bastille combattante et la Fédération rassembleuse

12. Statues et symboles de la République

Notions clés & Définitions

  • Marianne : Allégorie représentant la République et la Liberté, souvent coiffée du bonnet phrygien, symbole de liberté et d’affranchissement.

★ À maîtriser

  • Entre 1880 et 1914, Paris compte 150 statues, phénomène qualifié de statuomanie et lié à l’occupation républicaine de l’espace public.

Compléments

  • La statue de la République des frères Morice, à Paris, date de 1883 et représente un lion protégeant les allégories de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité.

  • La statuaire républicaine valorise notamment Pasteur comme savant associé à l’amélioration de la vie par la microbiologie et la vaccination, ainsi que Jules Verne comme auteur visionnaire.

  • En 1903, l’inauguration à Tréguier d’une statue d’Ernest Renan suscite un conflit avec la communauté catholique, qui fait ériger un contre-monument en 1904.

Astuce mémo

Marianne au bonnet phrygien donne un visage visible à la République

13. La crise boulangiste et ses soutiens

★ À maîtriser

  • Aux élections de 1885, les opportunistes, les républicains pris dans leur ensemble et les conservateurs et monarchistes obtiennent chacun environ 200 élus, empêchant l’émergence d’une majorité stable.

  • L’absence de majorité stable après les élections de 1885 rend difficile la gouvernance parlementaire et nourrit les critiques de l’instabilité du régime.

Compléments

  • Clemenceau propose le général Boulanger, qui rassemble des soutiens de divers courants désireux de renverser la République.

  • Le 1er septembre 1889, alors que la crise boulangiste est terminée, le journal satirique Le Grelot publie encore une caricature de Boulanger.

Astuce mémo

L’instabilité parlementaire nourrit les critiques et rassemble des adversaires de la République

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Naissance et enracinement de la République avec 40 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. À quelle date les républicains proclament-ils la République à l’hôtel de ville de Paris après la défaite de Sedan ?

2. Qu’est-ce qui distingue une République d’un régime où le pouvoir se transmet héréditairement ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Naissance et enracinement de la République avec 92 flashcards interactives.

À quelle date les républicains proclament-ils la République à l’hôtel de ville de Paris ?

Le 4 septembre 1870.

Quelle défaite précède la proclamation de la République le 4 septembre 1870 ?

La défaite de Napoléon III à Sedan.

Qu’est-ce qu’une République selon sa transmission et son exercice du pouvoir ?

Un régime où le pouvoir n’est pas héréditaire et s’exerce par des mandataires représentant les citoyens.

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