QCM : Photo de presse et mythes médiatiques (17 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quel auteur distingue quatre niveaux de lecture d’une photographie de presse ?

F. Lambert
Roland Barthes
Hocine Zaourar
Konstantinos Tsakalidis

F. Lambert

Explication

F. Lambert distingue les niveaux de l’effet de réel, du symbolique, du rhétorique et des reconnaissances culturelles. Roland Barthes est associé au « vol de langage », tandis que Tsakalidis et Zaourar sont des photographes.

2. Dans une photographie de presse, un cadrage rapproché et une prise de vue qui donnent au spectateur l’impression d’assister à une évacuation produisent quel effet ?

Un effet de réel
Un niveau symbolique
Un niveau rhétorique
Une reconnaissance culturelle

Un effet de réel

Explication

Le cadrage et la technique photographique peuvent donner l’impression que l’événement se déroule sous les yeux du spectateur : c’est l’effet de réel. Le niveau symbolique généralise l’événement, le niveau rhétorique construit un discours par des figures et les reconnaissances culturelles mobilisent un répertoire partagé.

3. Une photographie d’évacuation est diffusée comme représentation exemplaire des conséquences des incendies, au-delà de la situation particulière qu’elle montre. Quel niveau de lecture illustre cette circulation ?

L’effet de réel
Les reconnaissances culturelles
Le niveau symbolique
Le niveau rhétorique

Le niveau symbolique

Explication

Le niveau symbolique apparaît lorsque la photographie quitte l’actualité immédiate et devient exemplaire, représentant davantage que l’événement particulier. L’effet de réel renvoie à l’impression de présence, tandis que rhétorique et reconnaissances culturelles désignent d’autres mécanismes de lecture.

4. Une photographie met en opposition une femme isolée et une nature qui la dépasse afin de construire un discours sur l’événement. Quel niveau de lecture cette opposition met-elle en jeu ?

Les reconnaissances culturelles
Le niveau rhétorique
Le niveau symbolique
L’effet de réel

Le niveau rhétorique

Explication

Le niveau rhétorique correspond au discours construit par l’image au moyen de figures, notamment l’antithèse et la métaphore. L’effet de réel concerne l’impression que l’événement est sous les yeux du spectateur, et le niveau symbolique sa portée exemplaire.

5. Au fil de sa circulation, une photographie est d’abord interprétée comme montrant l’émotion d’une femme, puis comme symbole des feux de forêt, avant d’être associée au réchauffement climatique. Quelle évolution décrit cette succession ?

Des feux de forêt à l’émotion d’une femme, puis au réchauffement climatique
Du cadrage de la scène à sa technique, puis à son contexte de publication
De l’émotion d’une femme au réchauffement climatique, puis aux feux de forêt
De l’émotion d’une femme aux feux de forêt, puis au réchauffement climatique

De l’émotion d’une femme aux feux de forêt, puis au réchauffement climatique

Explication

La circulation fait passer l’interprétation de l’émotion individuelle au symbole des feux de forêt, puis à la question plus large du réchauffement climatique. Inverser ces étapes ou remplacer cette évolution par les conditions de prise de vue ne correspond pas à ce parcours interprétatif.

6. Lorsqu’une image passe de la charge indicielle d’une expérience vécue à une valeur symbolique qui lui fait dire autre chose, quel risque cette transformation comporte-t-elle ?

Le renforcement de sa dimension vécue par la généralisation symbolique
La création d’un système de références par des images culturelles
La réduction de son sens à l’effet produit par le cadrage photographique
La perte de sa dimension vécue au profit d’un « vol de langage »

La perte de sa dimension vécue au profit d’un « vol de langage »

Explication

Le passage de la charge indicielle à la valeur symbolique risque de priver l’image de sa dimension vécue et de la faire servir à dire autre chose, ce qui amorce un « vol de langage » au sens de Barthes. Le cadrage relève de l’effet de réel, et les références à un imaginaire collectif relèvent des reconnaissances culturelles.

7. Dans une affiche, une poignée de main entre deux personnes devient le support d’une idée de réconciliation nationale. Quel mécanisme sémiologique est à l’œuvre ?

La signification secondaire remplace le signe sans s’appuyer sur lui
Le signe initial conserve uniquement son sens littéral
Le support matériel constitue à lui seul la signification
Le signe initial sert de support à une signification secondaire

Le signe initial sert de support à une signification secondaire

Explication

Dans le système sémiologique mythique, un signe produit un nouveau sens en devenant le support d’une signification secondaire. Le « sens littéral seul » ignore ce second niveau, le « remplacement du signe » nie son rôle de support, et le « support matériel à lui seul » confond le signe avec la signification.

8. Une campagne publicitaire associe une voiture à une vie libre et réussie en quelques images, tandis qu’un reportage politique mobilise aussi des symboles pour orienter l’interprétation. Quelle conclusion convient au mythe comme processus interprétatif ?

Il simplifie les messages médiatiques en supprimant leur portée politique et idéologique
Il sert à condenser les messages publicitaires, tandis que les autres médias échappent à ses effets idéologiques
Il décrit les produits et les événements sans orienter leur interprétation
Il condense souvent le discours publicitaire et peut aussi agir dans d’autres médias avec des effets politiques et idéologiques

Il condense souvent le discours publicitaire et peut aussi agir dans d’autres médias avec des effets politiques et idéologiques

Explication

Le mythe est particulièrement utilisé par la publicité pour condenser le discours et simplifier le message, mais il apparaît aussi dans d’autres productions médiatiques aux effets politiques et idéologiques puissants. « Les autres médias échappent » limite à tort le phénomène, « supprime leur portée » inverse ses effets possibles, et « sans orienter » le réduit à une description neutre.

9. Quelles étapes composent le processus mythique décrit par Barthes ?

Connotation, vol de langage et naturalisation
Vol de langage, dénotation et interprétation
Connotation, symbolisation et dénotation
Dénotation, naturalisation et interprétation

Connotation, vol de langage et naturalisation

Explication

Le processus mythique suit trois étapes : connotation, vol de langage et naturalisation. « Dénotation » substitue une notion voisine, « symbolisation » remplace une étape du processus, et les séquences qui commencent par le vol ou la dénotation omettent ou déplacent la connotation.

10. Dans une photographie, un uniforme devient le support d’une signification mythique liée à l’autorité. Quel rôle joue alors le signe du premier système ?

Il devient le signifiant du système sémiologique secondaire
Il devient le signifié du système sémiologique secondaire
Il devient le signifié du premier système sans fonction secondaire
Il reste un signifiant isolé du premier système

Il devient le signifiant du système sémiologique secondaire

Explication

Dans la connotation mythique, le signe du premier système devient le signifiant d’un système sémiologique secondaire. Le « signifié secondaire » inverse le rôle sémiologique, tandis que le « signifiant isolé » et le « signifié du premier système » ignorent sa nouvelle fonction.

11. Une photographie conserve la présence reconnaissable d’une personne, mais sa biographie s’efface au profit d’un message collectif. Que devient le sens initial dans cette transformation mythique ?

Il est remplacé par la nouvelle signification et devient indisponible
Il est appauvri et éloigné, tout en restant disponible pour une nouvelle signification
Il est supprimé, de sorte que seule subsiste la nouvelle signification
Il conserve toute sa richesse et reste au premier plan du message

Il est appauvri et éloigné, tout en restant disponible pour une nouvelle signification

Explication

Le mythe n’efface pas le sens initial : il l’appauvrit et l’éloigne tout en le maintenant disponible pour une nouvelle signification. « Supprimé » et « indisponible » nient cette persistance, tandis que « conserve toute sa richesse » contredit son appauvrissement.

12. Dans une affiche, une organisation présente une coutume créée par des choix sociaux comme si elle avait toujours existé et allait de soi. Quelle opération mythique est à l’œuvre ?

La naturalisation d’un réel historique
L’explication historique d’une pratique sociale
La négation d’une réalité collective
La mise en évidence de choix humains

La naturalisation d’un réel historique

Explication

La naturalisation transforme un réel produit par l’histoire en une image qui paraît naturelle, éternelle et évidente. L’explication historique rappelle la production humaine, la négation du réel suppose que le mythe l’efface, et la mise en évidence de choix humains va à l’inverse de son effet.

13. Lorsqu’un mythe reprend une pratique façonnée par les usages humains et la présente comme une image allant de soi, quel rapport entre le réel et sa représentation décrit ce processus ?

Un réel créé par le mythe est restitué comme récit historique
Un réel expliqué par ses usages est restitué comme image dialectique
Un réel naturel est restitué comme résultat d’une décision humaine
Un réel historiquement produit est restitué comme image naturelle

Un réel historiquement produit est restitué comme image naturelle

Explication

Le réel fourni au mythe est historique, puisqu’il dépend de la manière dont les hommes l’ont produit ou utilisé, tandis que le mythe le restitue sous une forme naturelle. L’inversion attribue à tort la naturalité au réel initial, la création du réel au mythe, et l’explication des usages à l’image mythique.

14. Une nécrologie sportive décrit un joueur comme « le jeu » et associe son nom à une conception esthétique pratiquée par lui et ses équipes. Que signifie cette formule ?

Elle compare le joueur au jeu sans ériger une conception en référence
Elle désigne le joueur par son poste et son rôle dans l’équipe
Elle réduit le joueur au résultat d’une rencontre particulière
Elle équivaut le joueur au jeu et mythifie le beau jeu qu’il incarne

Elle équivaut le joueur au jeu et mythifie le beau jeu qu’il incarne

Explication

« Il était le jeu » établit une équivalence entre Cruyff et le jeu, et mythifie une conception du beau jeu pratiquée par lui et ses équipes. Le poste, le résultat d’un match et une comparaison sans effet de référence ne rendent pas compte de cette équivalence.

15. Une photographie de Cruyff en plein match est utilisée pour illustrer une certaine manière de jouer au football, élevée au rang de modèle. Quel effet produit cette représentation ?

Elle rétablit les étapes de la carrière de Cruyff et en fait un portrait biographique
Elle détache Cruyff de son histoire particulière et en fait un symbole de référence
Elle conserve l’histoire du match représenté et en fait un témoignage circonstancié
Elle associe Cruyff au résultat de la rencontre et en fait un symbole de victoire

Elle détache Cruyff de son histoire particulière et en fait un symbole de référence

Explication

La mythification aliène Cruyff de son histoire particulière, voire de celle du match, afin d’en faire le symbole d’une manière de jouer élevée au rang de référence. Le portrait biographique et le témoignage circonstancié réintroduisent l’histoire particulière, tandis que le symbole de victoire réduit la représentation au résultat.

16. Dans une image montrant une file de personnes migrantes, que produit la représentation de cette file comme symbole ?

Elle dénombre les personnes présentes sans leur attribuer de sens.
Elle évoque une horde et la figure de l’étranger.
Elle personnifie la communauté rurale française.
Elle raconte les parcours singuliers des personnes photographiées.

Elle évoque une horde et la figure de l’étranger.

Explication

La file fonctionne comme un symbole de la horde et de l’étranger, au lieu de rendre visibles des destins particuliers. L’« évocation des parcours singuliers » confond symbole collectif et biographies individuelles, le « relevé démographique » écarte la fonction symbolique, et la « communauté rurale » attribue à la file le rôle de l’image du village.

17. Une affiche oppose une file de migrants à l’image d’un village présenté comme intemporel. Quel effet produit l’association de ces deux images ?

Elle inscrit la France et les étrangers dans des histoires particulières et changeantes.
Elle présente les étrangers comme une partie intégrée du village représenté.
Elle met en avant la beauté du paysage sans construire d’opposition sociale.
Elle présente la France et les étrangers comme des entités naturelles et éternelles.

Elle présente la France et les étrangers comme des entités naturelles et éternelles.

Explication

Les images figent des lieux, des temps et des destins particuliers en entités présentées comme éternelles, non historiques et naturelles, opposant la France aux étrangers. L’« inscription dans des histoires changeantes » inverse cet effet de naturalisation, l’« intégration au village » efface l’opposition, et la « beauté du paysage » néglige la fonction sociale de l’association.

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Quels niveaux F. Lambert distingue-t-il dans « Quatre niveaux de lecture d’une image photographique de presse » ?

L’effet de réel, le niveau symbolique, le niveau rhétorique et les reconnaissances culturelles.

Quelle référence bibliographique présente les quatre niveaux de lecture d’une photographie de presse ?

F. Lambert, « Quatre niveaux de lecture d’une image photographique de presse », in Le Photojournalisme, 1993.

Qu’est-ce que l’effet de réel dans une photographie de presse ?

L’impression que l’événement est sous les yeux du spectateur, produite par le cadrage et la technique photographique.

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