QCM : Raison, liberté et science (20 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans « Qu’est-ce que les Lumières ? », publié en 1784, comment Kant définit-il les Lumières ?

La sortie de l’homme de la minorité où il se maintient par sa propre faute
L’acquisition de la faculté de raisonner et de choisir
Le progrès culturel qui rend les compétences accessibles à tous
La sortie de l’enfance, forme nécessaire de toute minorité

La sortie de l’homme de la minorité où il se maintient par sa propre faute

Explication

Kant définit les Lumières comme la sortie d’un état de minorité dans lequel l’individu se maintient par sa propre faute. Le « progrès culturel » confond cette définition avec l’Aufklärung, la « sortie de l’enfance » avec la minorité nécessaire, et l’« acquisition de la faculté » avec l’acquisition d’une compétence.

2. Une personne adulte dépend volontairement d’autrui pour décider, tandis qu’un enfant ne peut pas encore faire ses propres choix : comment classer ces deux situations ?

Les deux relèvent de la minorité nécessaire, car leurs choix sont limités
Les deux relèvent de la minorité volontaire, car une autre personne décide
L’adulte relève de la minorité nécessaire et l’enfant de la minorité volontaire
L’adulte relève de la minorité volontaire et l’enfant de la minorité nécessaire

L’adulte relève de la minorité volontaire et l’enfant de la minorité nécessaire

Explication

La minorité volontaire relève de la propre faute de l’individu, tandis que la minorité nécessaire, comme celle de l’enfance, ne peut être autre qu’elle n’est. Inverser les catégories confond leurs causes, et appliquer une seule catégorie aux deux situations ignore cette distinction.

3. Une personne possède dès la naissance la capacité universelle de raisonner, puis apprend une technique particulière : laquelle est une compétence ?

La disposition naturelle à comprendre
La technique apprise
La capacité innée de raisonner
La faculté universelle de choisir

La technique apprise

Explication

Une compétence s’acquiert, alors qu’une faculté est une capacité innée et universelle. La « capacité innée » et la « faculté universelle » désignent donc des facultés, tandis qu’une disposition naturelle n’est pas l’apprentissage décrit dans la situation.

4. Une personne est capable de décider par elle-même, mais, dans une situation donnée, elle ne mobilise pas ses facultés pour prendre sa décision : quelle majorité possède-t-elle et laquelle n’exerce-t-elle pas ?

Elle ne possède ni la majorité naturelle ni la majorité effective
Elle ne possède pas la majorité naturelle, mais exerce la majorité effective
Elle possède la majorité naturelle, mais n’exerce pas la majorité effective
Elle possède la majorité effective, mais n’exerce pas la majorité naturelle

Elle possède la majorité naturelle, mais n’exerce pas la majorité effective

Explication

La majorité naturelle est la capacité de faire ses choix; la majorité effective consiste à se servir de ses facultés pour prendre une décision. Confondre capacité et exercice, ou inverser les deux majorités, brouille cette distinction; l’absence de décision dans cette situation ne prouve pas une incapacité naturelle.

5. Un adulte pourrait décider et agir lui-même, mais, par paresse et par crainte d’assumer ses choix, il laisse son entourage agir à sa place : qu’est-ce qui explique cette conduite ?

La minorité nécessaire qui rend sa dépendance inévitable
L’exercice de la majorité effective qui confie sa décision à autrui
L’absence de majorité naturelle qui l’empêche de former un choix
La paresse et la lâcheté qui le conduisent à ne pas exercer sa majorité naturelle

La paresse et la lâcheté qui le conduisent à ne pas exercer sa majorité naturelle

Explication

La paresse et la lâcheté peuvent conduire une personne à ne pas exercer sa majorité naturelle et à laisser les autres décider ou agir à sa place. L’« absence de majorité naturelle » confond retrait volontaire et incapacité, la « minorité nécessaire » renvoie à une situation qu’on ne peut modifier, et la majorité effective implique de se servir de ses facultés.

6. Une personne sait qu’elle peut soulever une charge, mais ne le fait pas; lorsqu’elle la soulève, comment distinguer sa capacité de son geste ?

La capacité et le geste relèvent tous deux de la puissance
La capacité relève de l’acte et le geste réalisé relève de la puissance
La capacité et le geste relèvent tous deux de l’acte
La capacité relève de la puissance et le geste réalisé relève de l’acte

La capacité relève de la puissance et le geste réalisé relève de l’acte

Explication

La puissance désigne la capacité de faire quelque chose sans nécessairement l’exercer; l’acte consiste à mettre cette capacité en œuvre. Inverser les termes attribue l’exercice à la puissance, tandis que classer les deux situations sous un même terme efface la différence entre capacité et mise en œuvre.

7. Une personne prend une décision en s’appuyant sur sa raison, tandis qu’une autre suit la décision imposée par son entourage. Laquelle agit de manière autonome ?

Celle qui écarte toute influence de son entourage
Celle qui choisit selon son inclination immédiate
Celle qui se détermine par sa raison
Celle qui suit la décision de son entourage

Celle qui se détermine par sa raison

Explication

L’autonomie repose sur l’autodétermination par la raison, alors que l’hétéronomie correspond à une détermination extérieure. Suivre l’entourage confond autonomie et hétéronomie, choisir selon l’inclination confond raison et penchant, et écarter toute influence sociale réduit à tort l’autonomie à l’isolement.

8. Une personne dispose de plusieurs possibilités, mais laisse quelqu’un d’autre décider à sa place et n’assume pas la décision. Que lui manque-t-il pour exercer pleinement sa liberté ?

Faire valider sa décision par son entourage
Écarter toute contrainte venant de l’extérieur
Avoir davantage d’options à sa disposition
Faire un choix et en assumer la décision

Faire un choix et en assumer la décision

Explication

La liberté ne consiste pas seulement à disposer d’un choix : elle implique aussi de choisir et d’assumer sa décision. Multiplier les options réduit la liberté à la possibilité de choisir, tandis que l’absence de contraintes ou l’approbation d’autrui ne remplacent pas l’engagement personnel.

9. Une théorie affirme que chaque décision humaine est déterminée par des causes antérieures, et non par la capacité de l’individu à se déterminer lui-même. À quelle notion cette théorie s’oppose-t-elle ?

À la liberté conçue comme autodétermination
À l’influence extérieure conçue comme hétéronomie
À la raison conçue comme faculté de délibérer
À la liberté conçue comme absence d’options

À la liberté conçue comme autodétermination

Explication

Le déterminisme s’oppose à la liberté comprise comme autodétermination, car il fait dépendre les décisions de causes antérieures. L’autodétermination n’est donc pas le déterminisme, et l’absence d’options ou la délibération ne définissent pas la notion visée.

10. Une chercheuse observe plusieurs échantillons particuliers, puis formule une règle générale à partir de ces observations. Quel type de raisonnement emploie-t-elle ?

Un raisonnement déductif, du général au particulier
Un raisonnement inductif, du particulier au général
Un raisonnement inductif, du général au particulier
Un raisonnement déductif, du particulier au général

Un raisonnement inductif, du particulier au général

Explication

L’induction remonte des cas particuliers vers une conclusion générale, tandis que la déduction part d’une règle générale pour traiter un cas particulier. Inverser ces directions confond induction et déduction; accumuler des observations ne rend pas pour autant la conclusion nécessaire.

11. Après avoir observé vingt corbeaux noirs, un ornithologue conclut que tous les corbeaux sont noirs. Quelle limite des observations justifie de rester prudent ?

Les vingt observations ne permettent aucune conclusion sur les corbeaux
Un corbeau d’une autre couleur invaliderait seulement la majorité observée
Les observations établissent que la plupart des corbeaux sont noirs
Un corbeau d’une autre couleur pourrait encore être découvert

Un corbeau d’une autre couleur pourrait encore être découvert

Explication

Vingt observations de corbeaux noirs ne prouvent pas que tous les corbeaux le sont, puisqu’un cas contraire reste possible. Tenir l’échantillon pour une preuve universelle dépasse ce qu’il établit, tandis que nier toute information ou conclure sur la majorité ne reprend pas précisément cette limite.

12. Une scientifique évalue une hypothèse en cherchant délibérément un cas qui pourrait la contredire. Quelle démarche adopte-t-elle ?

La démonstration, qui établit définitivement l’hypothèse
La confirmation, qui écarte les observations contraires
La vérification, qui cherche à confirmer l’hypothèse
La falsification, qui tente de réfuter l’hypothèse

La falsification, qui tente de réfuter l’hypothèse

Explication

La falsification cherche à réfuter une hypothèse en tentant de trouver un contre-exemple, alors que la vérification en recherche des confirmations. Chercher des confirmations confond les deux démarches, et une mise à l’épreuve ne constitue pas une preuve définitive.

13. Une hypothèse affirme que tous les spécimens d’une espèce ont une caractéristique donnée. Des observations favorables s’accumulent, puis un spécimen sans cette caractéristique est découvert. Que peut-on conclure ?

L’hypothèse universelle reste à l’abri d’une réfutation par observation
Les observations favorables suffisent à prouver l’hypothèse universelle
Le contre-exemple suffit à montrer l’hypothèse universelle fausse
Le contre-exemple renforce l’hypothèse en élargissant l’échantillon

Le contre-exemple suffit à montrer l’hypothèse universelle fausse

Explication

Une hypothèse universelle ne peut pas être définitivement prouvée par des observations particulières, mais un contre-exemple peut la montrer fausse. Les observations favorables ne prouvent donc pas l’universalité, et le spécimen contraire réfute l’hypothèse plutôt qu’il ne la renforce.

14. Une personne imagine que son voisin est en colère, sans pouvoir vérifier si cette idée correspond à la réalité. Comment caractériser cette représentation ?

Une observation, car elle décrit une situation concrète
Une erreur, car toute idée non vérifiée est fausse
Une croyance, car sa conformité au réel n’est pas certaine
Un savoir, car toute représentation porte sur le réel

Une croyance, car sa conformité au réel n’est pas certaine

Explication

Une croyance est une représentation du réel dont la conformité à celui-ci n’est pas certaine. La confondre avec un savoir efface cette incertitude, avec une observation assimile une idée à un constat direct, et avec une erreur affirme à tort qu’elle est fausse.

15. Deux personnes défendent la même idée : l’une reconnaît qu’elle pourrait se tromper, tandis que l’autre tient sa conviction pour certaine et sans doute. Quelle distinction s’applique à leurs positions ?

Toutes deux savent, car elles défendent la même idée
La première croit, tandis que la seconde prétend savoir
La première sait, tandis que la seconde croit
Toutes deux croient, car leur idée porte sur le réel

La première croit, tandis que la seconde prétend savoir

Explication

Croire laisse persister le doute, alors que savoir correspond ici à une conviction sans doute. Dire que la première sait inverse cette distinction ; invoquer l’absence de preuve confond preuve et doute ; la force d’une conviction ne garantit pas à elle seule sa conformité au réel.

16. Une chercheuse observe qu’une plante près d’une fenêtre pousse davantage, propose que la lumière favorise sa croissance, puis compare des plantes exposées à des intensités lumineuses différentes. Quelle démarche décrit cette séquence ?

Observation, expérience de test, puis formulation d’une hypothèse
Formulation d’une hypothèse, observation, puis expérience de test
Observation, formulation d’une hypothèse, puis expérience de test
Déduction d’une règle, observation, puis confirmation de cette règle

Observation, formulation d’une hypothèse, puis expérience de test

Explication

La méthode expérimentale suit l’ordre observation d’un phénomène, formulation d’une hypothèse, puis expérience destinée à la tester. Commencer par l’hypothèse inverse les étapes ; placer l’hypothèse après l’expérience inverse également leur ordre ; une déduction générale ne décrit pas le protocole présenté.

17. Un raisonnement valide part de propositions générales sur les mammifères et les baleines, puis conclut qu’une baleine particulière est un mammifère. Quelle caractéristique de la déduction mathématique cette structure illustre-t-elle ?

Elle va du général au particulier et présente la conclusion comme probable
Elle va du particulier au général et présente la conclusion comme probable
Elle va du particulier au général et présente la conclusion comme nécessaire
Elle va du général au particulier et présente la conclusion comme nécessaire

Elle va du général au particulier et présente la conclusion comme nécessaire

Explication

La déduction mathématique part de propositions générales et en tire une conclusion particulière présentée comme nécessaire si le raisonnement est valide. Aller du particulier au général correspond à l’induction ; qualifier la conclusion de probable atténue la nécessité ; une conclusion générale ne correspond pas au mouvement décrit.

18. Dans une discussion sur la justice, deux interlocuteurs confrontent leurs arguments et révisent leurs positions pour chercher ce qui est vrai. Quelle méthode philosophique mettent-ils en œuvre ?

La déduction mathématique, qui cherche la vérité par confrontation des positions
La méthode dialectique, qui cherche la vérité par confrontation des positions
La méthode expérimentale, qui cherche la vérité par confrontation des positions
La réflexion isolée, qui cherche la vérité par confrontation des positions

La méthode dialectique, qui cherche la vérité par confrontation des positions

Explication

La méthode dialectique cherche la vérité en confrontant des positions, dans un dialogue avec autrui ou avec soi-même. La déduction repose sur un enchaînement de propositions ; la réflexion isolée n’implique pas la confrontation décrite ; l’expérimentation teste une hypothèse par une expérience.

19. Dans la distinction exposée par Platon dans la République VI-VII, qu’est-ce qui caractérise le monde sensible par rapport à la connaissance du réel ?

Il relève de l’imagination, tandis que la connaissance vise les croyances.
Il constitue la connaissance du réel, tandis que les perceptions en sont distinctes.
Il est appréhendé par les perceptions, tandis que la connaissance vise le réel.
Il est appréhendé par la raison, tandis que la connaissance vise les perceptions.

Il est appréhendé par les perceptions, tandis que la connaissance vise le réel.

Explication

Platon distingue le monde sensible, saisi par les perceptions, de la connaissance qui vise le réel. Assimiler le monde sensible à la raison ou à la connaissance du réel confond les deux domaines, tandis que réduire le sensible à l’imagination seule ne reprend pas la distinction donnée.

20. Une personne cherche à dépasser ses perceptions, ses imaginations et ses croyances pour progresser vers la connaissance. Quelle faculté doit-elle mobiliser d’après la progression associée à Platon ?

Les croyances, distinctes de la raison, des perceptions et des imaginations.
Les perceptions, distinctes de la raison, des imaginations et des croyances.
La raison, distincte des perceptions, des imaginations et des croyances.
L’imagination, distincte de la raison, des perceptions et des croyances.

La raison, distincte des perceptions, des imaginations et des croyances.

Explication

La progression vers la connaissance est associée à la raison, que le cours distingue des perceptions, des imaginations et des croyances. Choisir les perceptions, l’imagination ou les croyances confond ces formes avec la faculté rationnelle.

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Dans quelle œuvre et en quelle année Kant définit-il les Lumières comme sortie de la minorité ?

Dans « Qu’est-ce que les Lumières ? », en 1784.

Qui définit les Lumières comme la sortie de l’homme de sa minorité dans « Qu’est-ce que les Lumières ? » (1784) ?

Kant.

Quelle distinction Kant établit-il entre minorité nécessaire et minorité volontaire ?

La minorité nécessaire est inévitable, tandis que la minorité volontaire relève de la faute de l’individu.

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