Fiche de révision : Réalisme et naturalisme au XIXe siècle

Plan du Cours

  1. Société bourgeoise et transformations urbaines
  2. Littérature et institutions au XIXe siècle
  3. Romantisme et formes du roman
  4. Presse et roman moderne
  5. Champfleury et Duranty
  6. Formation et déclin du naturalisme
  7. Principes du naturalisme zolien
  8. Biographie d’Émile Zola
  9. Projet des Rougon-Macquart
  10. Pot-Bouille et sa composition
  11. Répétitions et personnages naturalistes
  12. L’immeuble réaliste et ses apparences
  13. Espaces extérieurs et lieux sociaux
  14. Octave conquiert Paris
  15. Lire la comédie sociale

Repères chronologiques

  1. 1804-1814Napoléon Ier instaure un régime autoritaire en France.
  2. 1814-1830La Restauration monarchique est menée par Louis XVIII puis Charles X.
  3. 1830La Révolution de Juillet ouvre une période d’espoir et la monarchie de Juillet libérale et bourgeoise affirme la bourgeoisie au détriment de la noblesse.
  4. 1836La presse intègre la fiction narrative sous la forme du roman-feuilleton, découpé en épisodes avec davantage de dialogues, de clichés et de rebondissements.
  5. 1840Émile Zola naît d’une mère française et d’un père italien, qui meurt alors qu’il est jeune.
  6. juillet 1866Zola présente le naturalisme comme l’explication des phénomènes par les lois du mécanisme et comme le drapeau d’une nouvelle littérature.
  7. 1870-1871La défaite contre la Prusse entraîne la chute du Second Empire et la Commune de Paris, durant laquelle les ouvriers s’administrent eux-mêmes avant sa répression.
  8. 1874Zola organise des dîners réunissant des auteurs, dont Daudet et Céard.
  9. 1875-1876Le mouvement naturaliste se forme autour de cette période.
  10. 1876-1884La période du naturalisme est donnée comme allant jusqu’en 1884.

1. Société bourgeoise et transformations urbaines

Notions clés & Définitions

  • Bourgeoisie : Catégorie sociale large liée au pouvoir par la fortune plutôt que par un titre de noblesse, allant de la petite à la grande bourgeoisie.

★ À maîtriser

  • De 1852 à 1870, le Second Empire est dirigé par Napoléon III, dont le régime autoritaire devient plus libéral autour de 1860.

  • Les Rougon-Macquart de Zola se déroulent sous le Second Empire, période présentée comme un terrain d’observation du réalisme et de la modernité.

  • La classe ouvrière se développe avec la construction des usines, demeure pauvre et est méprisée par une bourgeoisie qui s’en méfie.

  • La modernisation de Paris sous le baron Haussmann élargit les voies pour faciliter la circulation et ajoute des égouts, des voiries et de grands boulevards.

  • La hiérarchie verticale de l’immeuble haussmannien associe : le rez-de-chaussée haut de plafond aux commerces, le deuxième étage aux riches, les troisième et quatrième étages à des couches moins aisées, les combles aux chambres des domestiques

Compléments

  • Au XIXe siècle, la bourgeoisie privilégie la sphère privée, adopte certains usages aristocratiques comme le piano et développe la fréquentation des cafés et restaurants ainsi qu’une dimension théâtrale de la vie sociale.

📌 Les deux grandes figures bourgeoises mises en avant sont l’entrepreneur et le spéculateur.

  • Balzac place la bourgeoisie au centre de son réalisme, tandis que Zola représente à la fois la bourgeoisie et la classe ouvrière.

2. Littérature et institutions au XIXe siècle

★ À maîtriser

  • Sous Napoléon, l’État contrôle la vie littéraire et artistique, privilégie le classicisme de Louis XIV, commande des œuvres, verse des pensions et centralise les institutions scolaires.

  • L’essor du capitalisme favorise les grands magasins, transforme les maisons d’édition en entreprises modernes et multiplie les journaux et les théâtres.

  • Auguste Comte associe le positivisme à l’observation des faits, Hippolyte Taine explique les œuvres par la race et le déterminisme, et Claude Bernard est associé à l’expérimentation.

Compléments

  • Sous Napoléon, la presse périodique et le théâtre font l’objet de répression, et un écart se creuse entre les artistes et le discours académique.

  • Pendant la Restauration, la production de livres augmente avec l’essor de l’alphabétisation, des pratiques de lecture et d’une culture bourgeoise.

  • Le développement des routes et des voies ferrées accompagne un processus de démocratisation, tandis que les échecs des espoirs républicains de 1830 et 1848 creusent le divorce entre politique et littérature.

Astuce mémo

Essor des sciences → désir d’objectivité littéraire

3. Romantisme et formes du roman

★ À maîtriser

📌 Le romantisme associe lyrisme, sensibilité intime et esprit révolutionnaire, et se rapproche des libéraux sous la Restauration.

  • Le roman noir, illustré par Le Moine de Lewis en 1796, met en scène notamment le poison, le satanisme et le viol, et son succès est relié au traumatisme de la Terreur et à la violence du monde.

  • Le roman d’intrigue sentimentale privilégie l’amour, l’individualisme et l’intensité des sentiments, souvent dans une intrigue épistolaire à peu de péripéties et à visée morale.

  • Le roman historique connaît un essor avec Walter Scott dans les années 1820-1830, où le passé devient le sujet du livre et non un simple décor.

Compléments

  • Au début du XIXe siècle, le roman se situe au bas de la hiérarchie des genres, mais le public en prend progressivement goût.

  • Victor Hugo est présenté comme le chef de file du romantisme.

  • La production éditoriale passe de 20 nouveaux titres en 1793 à 155 nouveautés en 1800, notamment des livres d’histoire et des recueils poétiques.

  • Le roman populaire diffusé par colportage touche le peuple et la bourgeoisie, mais Sainte-Beuve lui reproche de solliciter l’imagination sans instruire le lecteur.

  • Balzac reprend le roman historique avec Les Chouans, tandis que Victor Hugo le fait avec Notre-Dame de Paris, où le lieu et la représentation des personnages sont importants.

4. Presse et roman moderne

★ À maîtriser

  • Stendhal cherche à connaître l’être humain en suivant le point de vue de son personnage et en donnant accès à ses pensées par le monologue intérieur.

  • La Comédie humaine de Balzac comprend 90 titres publiés de 1829 à 1850 et utilise la description pour éclairer les milieux, notamment par le retour des personnages et les interactions entre milieux et personnages.

📌 Le réalisme vise à produire une illusion du réel vraisemblable, car une reproduction objective et totale de la réalité est impossible et le romancier doit imaginer.

  • Le réalisme conteste la tradition, privilégie le présent et les faits sociaux, cherche à intégrer toutes les classes sociales et repose sur l’enquête et la documentation de l’auteur.

Compléments

  • Le roman social traite du temps présent, peut employer une langue familière et mettre en scène des criminels, tandis que le roman historique ne disparaît pas.

  • Le Rouge et le Noir de Stendhal s’inspire librement d’une histoire vraie, mêle romantisme et réalisme, et articule le héros au contexte politique et social sans grandes descriptions.

  • Le réalisme est associé à la mimèsis, c’est-à-dire à l’idée de faire croire à ce qui est écrit, et sa définition demeure difficile à fixer.

  • Balzac formule l’ambition de représenter la société en écrivant : « la société française allait être l’historien, je ne devais être que le secrétaire ».

📌 Le réalisme recherche l’objectivité, mais celle-ci passe nécessairement par la subjectivité de l’auteur et s’accompagne d’une attitude quasi morale.

5. Champfleury et Duranty

★ À maîtriser

  • Gustave Courbet transgresse la hiérarchie des genres en donnant de grandes dimensions à des sujets banals et en s’écartant des standards techniques.

  • En 1850, Champfleury emploie le terme « réalisme » à propos de Courbet.

📌 Les Misérables de Victor Hugo (1862) relève davantage du roman social et populaire que du roman réaliste.

Compléments

  • Les recherches picturales de Gustave Courbet inspirent la littérature réaliste.

📌 Champfleury et Duranty affirment tous deux que le réalisme existait déjà avant leur époque.

📌 Pour Duranty, l’artiste doit poursuivre un but pratique et utile plutôt que divertissant.

  • Dans Les Misérables, Hugo accorde une place aux événements historiques et met en scène un personnage de forçat.

  • Les Misérables manifeste un souci de documentation que Zola reprendra.

📌 Les Misérables oscille entre la scène historique et la scène réaliste.

6. Formation et déclin du naturalisme

★ À maîtriser

📌 Flaubert refuse le romanesque fondé sur l’action et les héros au profit d’une vie banale, notamment marquée par l’adultère.

📌 Madame Bovary est le roman d’une vie plutôt que le roman d’une crise.

  • Le naturalisme ne possède pas de manifeste fondateur et constitue un mouvement plutôt qu’une école.

Compléments

  • Madame Bovary de Gustave Flaubert est un roman critiqué à sa publication.

  • Flaubert privilégie les personnages comme Stendhal et raconte les événements à travers leur perception, sans analyse psychologique.

  • Flaubert refuse de trancher simplement et dévoile ce qui est caché derrière les apparences.

  • Les Soirées de Médan, série de nouvelles réunissant des auteurs chez Zola, apparaissent comme un manifeste du naturalisme.

  • La mort de Flaubert contribue à mettre un coup d’arrêt au naturalisme, tandis que les critiques lui reprochent ses prétentions scientifiques, sa vulgarité complaisante et son absence de style.

Astuce mémo

Dîners de Zola dès 1874 → mouvement vers 1875-1876 → Soirées de Médan en 1880.

7. Principes du naturalisme zolien

★ À maîtriser

📌 Le naturalisme zolien substitue l’homme physiologique à l’homme métaphysique.

📌 Pour Zola, l’imitation est secondaire et le terme « invention » est préférable à « imagination ».

  • Selon la méthode expérimentale de Zola, le romancier part de faits vrais et étudie l’action de l’hérédité et du milieu. - Claude Bernard

  • Les frères Goncourt écrivent Germinie Lacerteux, roman qui raconte la double vie de leur servante et étudie un cas d’hystérie.

Compléments

  • Le naturalisme explore notamment :

    • la nudité
    • les pulsions
    • le désir
    • la folie
    • l’hystérie
    • la névrose
  • Formé par Flaubert, Guy de Maupassant participe aux Soirées de Médan et publie Une vie en 1883 puis Bel-Ami en 1885.

  • Alphonse Daudet travaille avec des carnets et filtre ses notes à travers ses sensations.

📌 Jules Vallès refuse la tradition naturaliste, combat politiquement dans son œuvre et juge les naturalistes bourgeois et trop distants.

Astuce mémo

L’homme physiologique remplace l’homme métaphysique.

8. Biographie d’Émile Zola

★ À maîtriser

  • En 1898, Zola publie dans L’Aurore la lettre ouverte « J’accuse », qui dénonce le scandale de l’affaire Dreyfus, puis il est condamné pour diffamation et se réfugie à Londres.

Compléments

  • Après la mort de son père, la famille de Zola croule sous les dettes et il grandit à Aix-en-Provence.

  • En 1852, Zola entre au collège à Aix-en-Provence, où il rencontre Paul Cézanne.

  • En 1862, Zola entre au service de publicité de l’éditeur Hachette, où il noue des relations et découvre les pratiques de son futur métier.

  • En 1865, Zola découvre la Comédie humaine de Balzac et s’en inspire pour son cycle romanesque.

  • En 1867, Zola publie Thérèse Raquin, roman qui choque ses lecteurs.

  • En 1868, Zola présente aux frères Goncourt un premier projet des Rougon-Macquart, prévu pour dix romans mais finalement composé de vingt.

  • Émile Zola meurt en 1902 par asphyxie.

9. Projet des Rougon-Macquart

★ À maîtriser

  • En 1870, Zola remet à l’éditeur Lacroix un projet visant à étudier dans une même famille les effets du sang et du milieu sous le Second Empire.

  • Les Rougon-Macquart forment un ensemble de vingt romans publié de 1871 à 1893.

Compléments

  • Zola veut être romancier plutôt que philosophe et reprendre le projet de Balzac en l’organisant de manière plus méthodique.

  • Le cycle parcourt les couches sociales et les milieux de l’époque, alterne les tonalités du roman sombre au roman gai et place l’histoire privée au cœur de la grande histoire sur plusieurs générations.

  • Zola répartit la société en mondes : le peuple, les commerçants, la bourgeoisie, le grand monde, un monde à part comprenant notamment meurtriers, prostitués et artistes

  • Pot-Bouille est le douzième roman du cycle des Rougon-Macquart.

  • La généalogie des Rougon-Macquart associe une branche légitime issue d’une femme mariée à un Rougon et une branche illégitime issue de sa relation avec Macquart, les deux branches se croisant au troisième tome.

10. Pot-Bouille et sa composition

Notions clés & Définitions

  • Pot-Bouille : Pot-Bouille désigne un mélange grossier comparable à un pot-au-feu et renvoie à la simplicité du quotidien ainsi qu’aux secrets et intrigues entremêlés du roman.

★ À maîtriser

  • 🔄 Zola construit un roman selon les étapes suivantes :
    1. Il choisit le milieu du récit et son objectif.
    2. Il élabore la structure, les personnages et les chapitres.
    3. Il mène des recherches par lectures ou déplacements.
    4. Il sollicite ses amis.
    5. Il établit un plan détaillé comparable à un scénario.

📌 L’Assommoir privilégie le registre pathétique et la fatalité, tandis que Pot-Bouille relève de la satire et de la caricature.

📌 Pot-Bouille alterne les scènes de représentation sociale où les bourgeois soignent leur image et les coulisses des bonnes, des secrets domestiques et des adultères.

Compléments

  • Dans Pot-Bouille, Zola répond aux critiques de la bourgeoisie et aux accusations visant l’écrivain du Second Empire, que le personnage du Second peut représenter comme un double de l’auteur.

  • Pot-Bouille et L’Assommoir opposent deux quartiers : le faubourg populaire absorbé par Paris, devenu le XVIIIe arrondissement, et la rue de Choiseul, située dans un centre transformé par la modernisation haussmannienne.

  • Le quotidien représenté comprend :

    • des repas dominicaux
    • des secrets
    • des mariages
    • des deuils
    • des naissances
    • des réceptions
    • des rendez-vous adultères
  • Dans Pot-Bouille, chaque chapitre forme un tableau clos qui met en œuvre une unité de lieu, de temps et d’action, avec l’immeuble et son escalier comme espace central et une impression d’enfermement.

Astuce mémo

Les scènes de représentation sociale alternent avec les coulisses des secrets et des adultères.

11. Répétitions et personnages naturalistes

★ À maîtriser

  • L’intrigue entrelace l’éducation sentimentale d’Octave avec les femmes de l’immeuble, la comédie des Josserand autour de la dot de Berthe et la tragédie de Duveyrier, qui tente de se suicider après avoir emménagé avec sa maîtresse.

  • Le récit suit les problèmes des différentes familles et place l’ennui au cœur du roman.

📌 Les crises violentes finissent par se résoudre, les éléments susceptibles de lancer l’intrigue tombent à plat et le quotidien l’emporte sur le romanesque.

  • Les conduites répétitives comprennent :

    • le concierge qui chasse les inconnus
    • les disputes de Berthe avec son mari
    • les critiques des domestiques
  • La répétition des comportements suggère une société bloquée qui court à sa perte et permet une étude naturaliste des conduites d’une génération à l’autre.

  • Le dernier dîner efface les conflits sans les dénouer, ce qui affirme une composition volontairement anti-romanesque où la vie continue.

Compléments

  • Le titre Pot-Bouille évoque aussi les personnages comme des ingrédients mélangés dans une marmite, tandis que le romancier soulève le couvercle de l’immeuble bourgeois.

  • Les fils narratifs relient les familles bourgeoises aux domestiques et mettent en scène un spectacle mensonger.

  • Le roman ne punit pas les personnages mauvais et ne propose pas de dénouement moral.

  • La succession de scènes, de dîners et de rendez-vous galants fait apparaître la dégradation de l’immeuble au regard d’Octave.

  • Le passage des repas et du mariage à l’immoralité affichée à l’extérieur fonde une composition répétitive.

  • Certaines scènes se répètent ou s’opposent, comme Saturnin qui protège sa sœur du mariage puis la menace avec un couteau, ou le bonheur affiché avec Clarisse opposé à la souffrance de son abandon.

  • Le contraste entre côté rue et côté cour dévoile les réalités que les bourgeois cherchent à cacher derrière leurs portes.

Astuce mémo

La répétition des conduites révèle une société bloquée.

12. L’immeuble réaliste et ses apparences

Notions clés & Définitions

  • Onomastique : L’étude des noms, qui peuvent révéler un ancrage réaliste et des traits de personnalité, comme le nom Pichon, associé à un pichet et aux problèmes de gestion domestique.

★ À maîtriser

  • Zola décrit davantage le corps que la psychologie isolée et met en relation le psychisme, le corps, le tempérament et le milieu social.

  • Les personnages sont définis par leur fonction démonstrative et par le territoire qu’ils occupent, plutôt que par leur individualité.

  • L’espace clos de l’immeuble fonctionne comme un laboratoire d’observation, et le regard d’Octave guide la découverte du lieu par le lecteur.

Compléments

  • Les dégradations corporelles de Duveyrier sont représentées en rapport avec son psychisme.

  • Les vêtements caractérisent les personnages, notamment par l’opposition entre Rose et Gasparine.

  • Mme Josserand est caractérisée comme un général et l’homme de la famille Vabre par un ridicule frappant.

  • L’immeuble se trouve dans un quartier bourgeois moderne, près des grands boulevards, et sa façade luxueuse donne une impression d’ordre et de respectabilité.

  • L’escalier chauffé et son tapis rouge expriment la modernité et le luxe affichés, mais Berthe a froid chez elle et le tapis devient gris à la fin.

  • L’expression « luxe violent » associe l’ostentation à l’hypocrisie et à l’enfermement, tandis que l’architecture du Second Empire et l’imitation soulignent le caractère faux des apparences.

  • La chaleur est personnifiée, ce qui contribue à faire de l’immeuble un être vivant et à produire une impression d’étouffement et de malaise.

  • La cour intérieure accueille les domestiques qui jettent les ordures et discutent, tandis que le couloir des bonnes est associé aux querelles et aux abus.

Astuce mémo

La façade luxueuse masque les réalités sordides de l’immeuble.

13. Espaces extérieurs et lieux sociaux

★ À maîtriser

  • Les étages de l’immeuble reflètent les strates sociales : le premier étage est le plus noble, les appartements moins aisés se trouvent plus haut, puis viennent les espaces des domestiques.

  • L’immeuble reproduit en miniature l’organisation de la société et le milieu contribue à révéler les comportements.

📌 L’escalier principal est une scène soumise aux apparences, tandis que la cour intérieure sert de coulisses où se dévoile ce qui doit rester caché.

  • La rue mêle les classes sociales et constitue pour Octave un espace d’apprentissage, tandis que le roman passe de l’extérieur anonyme à l’intérieur cloisonné.

  • Les portes ont trois régimes :

    • la porte close fait passer du spectacle au réel
    • la porte entrebâillée permet au voyeur d’observer
    • la porte qui claque fissure le silence de l’immeuble

Compléments

  • Les chambres des domestiques sont entassées, sans originalité, liberté ni plaisir, et les notes préparatoires de Zola les situent au-dessus du reste de l’immeuble.

  • Au chapitre 6, la promenade dominicale d’Octave le conduit du grenier, où il découvre Trublot dans la chambre de la cuisinière, au premier étage, où Valérie Vabre arrive pour un rendez-vous galant, puis chez les Pichon avant qu’une ouvrière soit expulsée dans la cour.

  • Les portes entrebâillées, les fenêtres ouvertes et les ouvertures traversées par le regard d’un personnage permettent de découvrir les espaces et dynamisent l’action.

  • L’escalier est aussi un espace de transition, de pause et de réflexion, et les personnages peuvent emprunter les escaliers de service pour fuir.

  • Le magasin Au Bonheur des Dames est un lieu de travail où la respectabilité s’obtient par l’effort ; Octave y applique une logique de voyeurisme et de scènes surprises dans les coulisses, tandis que Madame Hédouin est le seul personnage neutre.

  • Les appartements loués par les hommes pour leurs maîtresses, comme celui de Clarisse, sont des doubles de l’immeuble, mais associés au relâchement des corps et accessibles par un escalier.

  • L’église Saint-Roch, richement décorée comme un salon, associe décor d’opéra et sensualité ; le tapis rouge du mariage de Berthe se prolonge jusqu’au trottoir et se retrouve trempé.

  • L’accusation de Théophile contre Valérie fait de l’église un lieu où se rejoue l’hypocrisie et où le sacré est désacralisé.

  • Les cafés et restaurants mettent en scène :

    • la violence physique
    • les femmes
    • le plaisir des sens
    • les orgies de nourriture
    • l’exigence de dignité
  • Octave et le concierge, mais aussi les domestiques et Saturnin, surveillent ou espionnent les autres personnages, et cette surveillance peut devenir menaçante.

  • Les fenêtres forment une frontière entre privé et public, cadrent les personnages comme au théâtre et constituent le seul espace de lumière naturelle.

14. Octave conquiert Paris

★ À maîtriser

  • Pot-Bouille présente Octave comme un ambitieux qui veut convertir son énergie en position sociale et utilise ses charmes sans scrupule pour réussir.

  • Octave s’intègre dans l’immeuble en nouant des relations avec la plupart des bourgeoises, qu’il considère comme des moyens d’obtenir des avantages professionnels.

  • Octave passe de la boutique de la rue de Choiseul au commerce, puis épouse Mme Hédouin, qui reconnaît sa réussite commerciale et l’intègre à la bonne société.

📌 Le roman d’apprentissage suit l’évolution du héros vers l’âge adulte et peut associer émancipation intérieure et évolution sociale, tandis que Pot-Bouille met en scène une réussite sans maturation intérieure d’Octave.

  • Dans le roman d’apprentissage, les échecs amoureux ou sociaux peuvent faire partie du cheminement du héros, alors que les échecs d’Octave ne le font pas grandir ni mûrir.

  • Les dénouements de Pot-Bouille, marqués par « Et ce fut tout » et « aujourd’hui répétait hier », présentent une société dont les mécanismes persistent au-delà des destins individuels.

  • Dans la démonstration naturaliste du roman, la réussite sociale d’Octave dépend moins de ce qu’il ressent ou apprend que de sa place dans le système bourgeois.

Compléments

  • Octave arrive à Paris comme provincial sans fortune, d’abord admiratif, puis confronté à l’hypocrisie bourgeoise.

  • Octave est présenté comme descendant des Macquart et des Mouret : il tient des Mouret un sang calme et le sens des affaires, et des Macquart la sensualité, les excès et un risque de folie.

  • Mme Hédouin demande Octave en mariage pour des raisons de gravité et de réussite commerciale, et non par passion amoureuse.

  • Les modèles de roman d’apprentissage cités sont Le Paysan parvenu de Marivaux, publié de 1734 à 1735, et La Vie de Marianne de Marivaux, publiée de 1731 à 1742.

  • Octave échoue à séduire Valérie mais réussit auprès de femmes qu’il ne désirait pas, ce qui fait de sa réussite une forme d’opportunisme liée aux possibilités offertes par son milieu.

  • L’immeuble constitue un milieu où les personnages peuvent se servir de leur environnement et des autres pour favoriser leur réussite.

Astuce mémo

Boutique, immeuble, mariage : l’ascension d’Octave change d’échelle.

15. Lire la comédie sociale

★ À maîtriser

  • Octave apprend à lire la comédie sociale en comprenant que le réel fonctionne comme une mise en scène et que les personnages jouent des rôles.

  • Dans Pot-Bouille, les personnages défendent souvent un idéal romantique et moral alors que leur conduite révèle leur débauche et leur hypocrisie.

  • L’apprentissage d’Octave est technique et social plutôt que moral : il devient plus habile à appliquer les règles du milieu sans mûrir ni devenir plus lucide sur lui-même.

Compléments

  • Dans la mise en scène sociale, le piano des Josserand signale leur échec d’ascension, tandis que celui des Duveyrier marque leur réussite.

  • Les costumes permettent aux personnages de mettre en scène leur identité, et les salons deviennent des scènes où ils peuvent mentir et dissimuler leur hypocrisie.

  • Duveyrier conserve un vocabulaire idéaliste et envisage le suicide au cimetière, puis se tire dessus dans sa toilette sans réussir, ce qui tourne en dérision l’idéal romantique.

  • Le clair de lune, associé au cliché romantique de la rêverie, devient dans Pot-Bouille le décor d’une beuverie d’ivrognes et révèle la honte et l’hypocrisie.

  • Berthe découvre chez les Campardon le ménage à trois en franchissant la frontière de la porte close, alors que les arrangements sont tolérés tant qu’ils restent cachés.

Astuce mémo

Un salon-scène où les personnages jouent leur rôle derrière une façade.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Réalisme et naturalisme au XIXe siècle avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel changement politique et social caractérise la France après la Révolution de Juillet de 1830 ?

2. Une critique étudie une œuvre en reliant ses caractéristiques à la race et au déterminisme : à quel penseur cette approche correspond-elle ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Réalisme et naturalisme au XIXe siècle avec 10 flashcards interactives.

Sous Napoléon, quel courant artistique l’État privilégie-t-il ?

Le classicisme de Louis XIV.

De quand à quand Napoléon Ier instaure-t-il un régime autoritaire en France ?

De 1804 à 1814.

Qui dirige la Restauration monarchique entre 1814 et 1830 ?

Louis XVIII puis Charles X.

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