Fiche de révision : Révolution culturelle du Front populaire

Plan du Cours

  1. Médiation et démocratisation scolaire
  2. Soutien public à la création
  3. Sports et loisirs populaires
  4. Associations et dynamique culturelle
  5. Engagement des intellectuels et artistes
  6. Associations et démocratisation culturelle
  7. Intellectuels et engagement politique
  8. Cinéma militant et syndical
  9. Presse quotidienne et information
  10. Hebdomadaires politiques et féminins
  11. Hebdomadaires politiques et littéraires
  12. Renouveau de la presse féminine
  13. Radio entre culture et commerce
  14. Cinéma populaire et réalisme

Repères chronologiques

  1. 28 décembre 1926Un décret-loi crée un service de radiodiffusion relevant de l’administration centrale des PTT.
  2. 1932Gallimard lance Marianne, hebdomadaire politique et littéraire dirigé par Emmanuel Berl, en réaction à la domination des hebdomadaires de droite.
  3. 1935 et 1936Sous l’égide de Georges Mandel, ministre des PTT, des accords entre les radios d’État et les grandes salles subventionnées permettent de retransmettre chaque soir des pièces de théâtre ou des œuvres lyriques.
  4. 1936commence le subventionnement public du théâtre privé, notamment pour aider de jeunes compagnies comme Le Grenier des Augustins de Jean-Louis Barrault
  5. 1936André Chamson, Jean Guéhenno et André Viollis fondent Vendredi, dont le ciment idéologique est l’antifascisme et la volonté de créer une société plus humaine.
  6. juillet 1936Léo Lagrange crée le Conseil supérieur des sports, composé de 45 membres et conçu comme un parlement sportif
  7. 26 novembre 1936est créée l’Alliance du cinéma indépendant (ACI), coopérative destinée à promouvoir des films d’esprit nouveau et une nouvelle manière de produire
  8. 1937Jean Prouvost lance Marie-Claire, une presse féminine de qualité qui propose une image différente de l’épouse ménagère du Petit Écho de la mode.
  9. 1937La Grande Illusion connaît un grand succès.
  10. 1938Les femmes lisent aussi Confidences, modèle du « journal du cœur ».

1. Médiation et démocratisation scolaire

★ À maîtriser

  • Les premiers bibliobus financés par l’État sillonnent les routes de France et constituent le premier investissement public dans la lecture publique.

  • Dès le 11 août, Jean Zay prolonge d’un an l’obligation scolaire.

📌 Jean Zay propose d’unifier les classes primaires des lycées et des écoles afin d’établir un parallélisme entre le premier cycle des lycées et les écoles primaires supérieures.

📌 Le projet de Jean Zay avance le certificat d’études à 11 ans pour faciliter le passage entre les filières et fait de la classe de sixième un palier d’orientation vers les sections classique, moderne ou technique.

Compléments

  • La politique de lecture publique est encouragée par Léon Blum, Julien Cain, administrateur général de la Bibliothèque nationale, et l’Association pour le développement de la lecture publique, créée en juillet 1936.

  • L’Association pour le développement de la lecture publique vise à promouvoir les livres et la lecture.

  • Jean Zay, ministre de l’Éducation nationale à 32 ans, est un avocat et un artisan actif du Rassemblement populaire situé à l’aile gauche du parti radical.

  • Le SNI et le syndicat des lycées et collèges s’opposent au projet de Jean Zay, qu’ils considèrent comme une menace pour les « humanités ».

  • Le projet scolaire de Jean Zay est limité à 200 établissements à titre expérimental.

2. Soutien public à la création

★ À maîtriser

  • Le Front populaire démocratise le théâtre par des prix bas et des sujets historiques accessibles à un large public, tout en conservant des formes scéniques traditionnelles.

  • Pour l’exposition universelle de 1937, l’État s’engage dans la construction de :

    • palais de Chaillot
    • palais de la Découverte
    • musée d’art moderne
    • musée des arts et des traditions populaires

📌 L’État favorise l’accès culturel du plus grand nombre en accordant des tarifs préférentiels aux associations et syndicats pour les musées, théâtres et concerts publics.

Compléments

  • Le théâtre populaire s’inscrit dans un mouvement engagé depuis la fin du XIXe siècle, illustré par le Théâtre du peuple de Bussang créé par Maurice Pottecher en 1895, le théâtre national ambulant de Firmin Gémier et les Comédiens routiers de Léon Chancerel.

  • Le mouvement du théâtre populaire réfléchit aux rapports entre l’art et le peuple et cherche à populariser les publics.

  • La Comédie-Française est confiée à des rénovateurs comme Dullin, Jouvet et Copeau, qui veulent la redynamiser avec l’aide financière de l’État.

  • L’État encourage la production de 14 juillet, quatrième pièce du cycle révolutionnaire de Romain Rolland, écrite en 1901.

  • Les réalisations de l’exposition universelle élargissent la conception de la culture au sport, à la science et à la recherche, en associant défense du patrimoine et développement de l’innovation.

  • Prométhée terrassant le vautour de Lipchitz, installé devant le palais de la Découverte, est une allégorie de la lutte nécessaire contre le fascisme.

3. Sports et loisirs populaires

★ À maîtriser

  • Léo Lagrange dirige le sous-secrétariat d’État aux sports et loisirs du Front populaire.

  • Les subventions publiques pour les équipements sportifs passent de 4 millions de francs à 24 millions en 1936, 39 millions en 1937, puis 24 millions en 1938.

  • Léo Lagrange crée en mars 1937 le Brevet Sportif Populaire pour promouvoir le « sport pour tous » au moyen d’épreuves simples et accessibles, comme la course, le saut et le grimper.

  • Le temps d’éducation physique est porté à 5 heures par semaine, auxquelles s’ajoute une demi-journée de « grand air ».

  • Le nombre d’auberges de jeunesse passe de 250 en 1936 à 800 en 1939.

📌 Les billets de congés payés donnent droit à une réduction de 40 % sur tout le territoire, et 1,2 million de Français en bénéficient sous le Front populaire.

  • Léo Lagrange s’appuie sur :
    • les municipalités
    • l’UFOLEP
    • la FSGT

Compléments

  • Les équipements cités comprennent :

    • 21 parcs de sport
    • 33 piscines couvertes
    • 186 terrains de jeux aménagés
    • 892 terrains de jeux simples
  • 4 000 jeunes obtiennent le Brevet Sportif Populaire en 1937 et le diplôme est intégré à l’école en 1938.

  • Léo Lagrange cherche à démocratiser des sports jusque-là sélectifs, comme le tennis, et soutient l’ouverture de l’école supérieure de ski de Val d’Isère.

  • Institutionnalisées depuis 1930, les auberges de jeunesse sont présentées comme des lieux de pratique sportive et culturelle collective ainsi que de camaraderie, et elles fournissent une partie des militants de la démocratisation culturelle d’après-guerre.

  • Les congés payés permettent à des ouvriers de partir en vacances, souvent à vélo, notamment en 1937, et de profiter de deux semaines de congé.

  • L’UFOLEP, l’Union française des œuvres laïques d’éducation physique créée en 1928, compte 350 000 membres et Léo Lagrange en devient président en 1939.

  • La FSGT passe de 18 000 licenciés en 1934 à environ 100 000 en 1938, répartis dans 1 500 clubs.

  • Le cours relie le développement de la FSGT à la loi des 40 heures, qui favorise la pratique sportive le samedi.

Astuce mémo

Les congés payés et les billets réduits → davantage de départs en vacances populaires.

4. Associations et dynamique culturelle

★ À maîtriser

  • Le Rassemblement populaire regroupe plus d’une centaine d’associations qui choisissent leur camp tout en conservant leur autonomie intellectuelle.

  • Ciné-Liberté se donne pour tâches de : lutter pour la liberté à l’écran, diffuser des films populaires français ou étrangers, édifier une pédagogie cinématographique révolutionnaire, assainir la profession, rendre accessible aux masses une pratique du cinéma si possible militante

  • Louis Aragon dirige la Maison de la culture, qui fédère des associations de professionnels des arts et de la culture au service d’un combat commun et vise à mettre en contact ouvriers, petits bourgeois et intellectuels.

  • Au printemps 1937, la Maison de la culture compte 70 000 intellectuels et rassemble 11 associations spécialisées.

  • Mai 1936 adopte la devise « culture pour tous et non pour quelques-uns » et vise l’union entre intellectuels et masses populaires.

  • Mai 1936 veut diffuser la pensée socialiste par l’art et la culture auprès des travailleurs et favoriser la création ouvrière au service de la classe ouvrière.

Compléments

  • Pour de nombreux sympathisants et militants, le Front populaire se vit dans des comités locaux du Rassemblement populaire, des comités de vigilance ou des associations culturelles.

  • La CGT fonde : le Théâtre du Peuple, Tourisme, Vacances pour tous, l’Union des syndicats de la Seine, une Académie des beaux-arts dirigée par Franz Masereel, la Fédération musicale populaire animée par Georges Auric, Lucien Desormières, Arthur Honegger et Darius Milhaud

  • L’ACI est dirigée par Germaine Dulac et Léon Moussinac, avec la participation de compagnons de route du PCF et du cinéma comme Jean Painlevé et Claude Aveline.

  • L’ACI s’intègre rapidement à la Maison de la culture comme branche cinématographique et développe les premiers ciné-clubs dans les cellules d’action culturelle.

  • L’ACI compte 25 000 membres, spectateurs et premiers cinéastes professionnels militants, dont certains fournissent des opérateurs au Front populaire pendant les grèves du printemps.

  • L’ACI se transforme en Ciné-Liberté, coopérative de techniciens, d’ouvriers et d’artistes destinée à produire collectivement des documentaires et des films romancés.

  • À l’automne 1936, Ciné-Liberté compte 12 000 membres et vise à relier les techniciens du cinéma aux spectateurs.

  • Ciné-Liberté organise des séances consacrées à l’histoire du cinéma, avec Eldorado, La Petite Marchande d’allumettes de Renoir et Octobre de Serge Eisenstein, ainsi que des exposés sur les trucages, la censure et les acteurs.

  • Le 17 mars 1932 naît l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires, à l’appel de Vaillant-Couturier, Barbusse, Romain Rolland et Paul Signac.

5. Engagement des intellectuels et artistes

Points essentiels

  • Dans le camp qualifié de fasciste par le cours, les figures dominantes sont Drieu la Rochelle, Brasillach et Rebatet.

Astuce mémo

Entre 1934 et 1936, deux camps idéologiques s’affrontent.

6. Associations et démocratisation culturelle

★ À maîtriser

📌 Les associations du mouvement culturel se répartissent entre celles dotées d’un statut d’expert et celles qui associent pratique artistique ou scientifique et réflexion théorique.

Compléments

  • Entre l’automne 1936 et l’automne 1937, la section Spectacles et loisirs du mouvement culturel organise notamment un cycle de conférences populaires, avec des interventions de Maurice Dommanget sur la Marseillaise et de Jean Guéhenno sur la culture et la révolution.

7. Intellectuels et engagement politique

Notions clés & Définitions

  • L’Espoir : roman de Malraux consacré à la guerre civile espagnole et aux combattants républicains, à leur dignité, aux raisons de leur lutte et au sens de leur vie

★ À maîtriser

📌 Sous le Front populaire, la littérature est envisagée comme une activité socialisée, attentive à l’œuvre, à la profession dans son milieu social et à l’interprétation des textes, tandis que les écrivains revendiquent aussi un rôle dans la société.

  • Le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA) est créé le 3 mars 1934 sous le patronage d’Alain, de Paul Rivet et de Paul Langevin, représentant respectivement les tendances radicale, socialiste et communiste.

  • Le CVIA cherche à rassembler des intellectuels isolés par leur profession ou leur situation sociale et à les mettre à la disposition des organisations ouvrières.

📌 Dans les années 1930, André Malraux se rapproche du marxisme sans y adhérer ni reprendre les notions de lutte des classes et de dictature du prolétariat, et privilégie la défense de la culture plutôt que l’adhésion au communisme ou au prolétariat.

  • En 1936, Malraux participe à Madrid avec Jean Cassou à un congrès pour la défense de la culture, puis, après le télégramme de soutien envoyé le 18 juillet, obtient 129 appareils avec l’aide de Jean Moulin et Pierre Cot et forme en Espagne l’escadrille de volontaires España le 6 août.

Compléments

  • Entre 1934 et 1936, deux camps idéologiques s’affrontent dans le champ intellectuel par des manifestes et des pétitions ; dans le camp fasciste, Drieu la Rochelle domine avec Brasillach et Rebatet.

  • L’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR), créée en mars 1932 à l’initiative des communistes, participe au rassemblement antifasciste.

  • Le Comité mondial contre la guerre et le fascisme est créé en août 1932 et mobilise notamment Romain Rolland, André Gide, Jean Richard Bloch et Eugène Dabit.

  • Le comité Amsterdam-Pleyel, prolongement du Comité mondial contre la guerre et le fascisme, adhère au rassemblement populaire et organise la journée du 14 juillet 1935.

  • Le CVIA contribue à politiser les intellectuels, constitue souvent une première étape vers leur engagement dans des associations culturelles et renforce le statut social de l’intellectuel.

  • Dans Socialisme fasciste (1934), Drieu la Rochelle exprime son ralliement au fascisme ; en 1936, il adhère au Parti populaire français (PPF) de Doriot.

  • Julien Benda participe aux congrès pour la défense de la culture de 1935 et 1937, intervient à la Maison de la culture et écrit dans Vendredi ou Commune.

  • Jean Richard Bloch intervient au congrès des écrivains de Moscou en août 1934 et défend une alliance durable entre le créateur et la masse, tout en distinguant la culture au sens étroit de la culture de masse.

  • Jean Richard Bloch publie Naissance d’une culture en 1936 et s’engage dans le livre, la presse, la radio et le théâtre.

  • Au congrès des écrivains soviétiques d’août 1934, Malraux prononce « L’art est une conquête » et critique la fonction idéologique de Jdanov, qu’il juge contraire à la liberté de création.

Astuce mémo

La défense de la culture chez Malraux ne se réduit pas à l’adhésion au communisme.

8. Cinéma militant et syndical

★ À maîtriser

  • Jean Renoir réalise La vie est à nous à la demande du PCF pour la campagne législative de 1936 ; le film, diffusé dans les fêtes et meetings du Parti à partir du début d’avril, mêle documentaire, scènes rejouées par des dirigeants et fiction.

📌 Les Bâtisseurs de Jean Epstein valorise la fierté du métier et présente un syndicalisme de proposition à travers des ouvriers restaurant la cathédrale de Chartres, tandis que Les Métallos de Jacques Lemare insiste sur les luttes, les œuvres sociales et l’organisation syndicale.

Compléments

  • La propagande filmique communiste s’appuie sur la qualité artistique des cinéastes et sur l’effort financier du PCF à partir du congrès de Villeurbanne de janvier 1935.

  • La vie est à nous présente une leçon de géographie où les enfants confrontent les richesses de la France à leur misère et attribue celle-ci au contrôle du pays par les « 200 familles » ; le film s’achève sur l’Internationale chantée par une foule de jeunes militants.

  • Sur les routes d’acier de Boris Peskine, réalisé avec le concours du syndicat des cadres CGT et de la SNCF, montre l’organisation syndicale ainsi que la modernité, l’apport économique et les prouesses techniques de l’entreprise.

  • Grèves d’occupations est tourné dans des usines de la banlieue ouest occupées par des techniciens du spectacle en grève et représente un syndicalisme de lutte.

  • La Relève, lancée par la fédération du bâtiment à la fin de 1938, oppose la fierté de la lutte à la fierté du métier et critique la politique gouvernementale en comparant le programme du Front populaire à ce qu’il reste à accomplir.

  • Ces films donnent à voir : une France industrielle, des ouvriers, des manifestations et des fêtes, des pratiques festives comme la goguette, des pratiques syndicales comme les grèves décidées en réunion de cellule

  • Les communes ouvrières de banlieue cherchent à occuper le temps libre, accordent une attention particulière à l’enfance et à la jeunesse et soutiennent des pratiques culturelles de masse.

Astuce mémo

Les Bâtisseurs valorise la fierté du métier ; Les Métallos met davantage en avant l’organisation syndicale.

9. Presse quotidienne et information

Notions clés & Définitions

  • Culture de masse : massification des productions, des vecteurs et des pratiques, c’est-à-dire de tous les maillons de la chaîne culturelle

★ À maîtriser

  • En France, la massification culturelle commence dans les années 1860 avec l’école, le livre et la presse écrite, auxquels s’ajoutent la radio et le cinéma dans les années 1930.

📌 Paris-Soir, racheté en 1930 par Jean Prouvost, tire à 1,8 million d’exemplaires, contre un million pour Le Petit Parisien.

  • En 1939, la presse quotidienne tire entre 12 et 12,5 millions d’exemplaires, soit 20 à 25 % de plus qu’en 1914, et cette croissance profite surtout aux journaux de province.

Compléments

  • L’expression « culture de masse » apparaît dans les années 1930 sous la plume des théoriciens de l’École de Francfort, qui la conçoivent de manière critique comme un facteur possible de nivellement, d’aliénation et d’endoctrinement d’un public considéré comme homogène et passif.

  • Ses techniques de captation comprennent : le sensationnel, les titres accrocheurs, les images choc, l’envoi de grands reporters sur les principaux lieux de l’actualité internationale

  • Paris-Soir affirme dès son premier numéro que le journal doit être vu avant d’être lu et devient le premier quotidien à se doter d’un service photographique.

  • Paris-Soir juxtapose politique intérieure, grands reportages, faits divers, pages littéraires et sport, notamment le Tour de France, sans hiérarchiser les informations.

  • Les grands journaux régionaux modernisés combinent une information nationale et des nouvelles locales précises grâce à des bureaux parisiens, des éditions départementales et des réseaux de correspondants.

  • L’Ouest-Éclair possède 12 éditions départementales et atteint des tirages de 300 000 à 400 000 exemplaires, avec des pointes à 800 000.

10. Hebdomadaires politiques et féminins

★ À maîtriser

  • Dans les années 1930, les hebdomadaires politiques et littéraires se développent et réunissent information politique et littérature pour toucher un public plus large.

  • Ses rubriques comprennent :

    • des romans-feuilletons mélodramatiques
    • des conseils sur la maison
    • des conseils sur la mode
    • des conseils sur l’art de recevoir
    • des conseils sur l’éducation des enfants

Compléments

  • Candide, créé par Fayard en 1924, fournit un modèle aux hebdomadaires politiques et littéraires et approche les 500 000 exemplaires en 1936.

  • Gringoire, lancé en 1928 par Horace de Carbuccia et les Éditions de France, atteint 800 000 exemplaires.

  • En 1932, Gallimard lance Marianne, dirigé par Emmanuel Berl ; ce journal républicain antifasciste plafonne à 120 000 exemplaires et demeure le principal hebdomadaire de gauche jusqu’en 1935.

  • Fondé en 1936 par André Chamson, Jean Guéhenno et André Viollis, Vendredi soutient le Front populaire autour de l’antifascisme et du projet d’une société plus humaine.

  • Marie-Claire, créé en 1937 par Jean Prouvost, propose une image de la femme différente de celle du Petit Écho de la mode et cherche à réunir différents publics féminins.

  • Vendu 1,50, un numéro de Marie-Claire représente une demi-heure à une heure de salaire d’une ouvrière et vise d’abord les femmes des classes moyennes montantes.

  • Je suis partout, lancé par Fayard en 1930, tire à 100 000 exemplaires.

  • À partir de 1938, Confidences devient un modèle du « journal du cœur ».

Astuce mémo

Les hebdomadaires de droite élargissent leur lectorat ; Marianne et Vendredi ne parviennent pas à attirer les classes populaires vers la littérature.

11. Hebdomadaires politiques et littéraires

★ À maîtriser

  • Malgré sa présentation élégante et ses photographies, Marianne plafonne à 120 000 exemplaires et reste le principal hebdomadaire de la gauche française jusqu’en 1935, engagé dans la lutte antifasciste.

📌 Les revues de droite élargissent leur clientèle bourgeoise au public cultivé des classes moyennes, tandis que Marianne et Vendredi échouent à attirer vers la littérature les couches sociales inférieures qui ont porté la gauche au pouvoir.

Compléments

  • Les revues offrent des tribunes à des écrivains et intellectuels qui cherchent à exprimer leur engagement politique ou littéraire.

  • Vendredi associe la droite à :

    • les vilenies
    • les égoïsmes
    • les deux cents familles
    • les fauteurs de guerre

Astuce mémo

Les revues de droite élargissent leur public bourgeois ; Marianne et Vendredi peinent à toucher les classes populaires.

12. Renouveau de la presse féminine

★ À maîtriser

  • Dans les années 1930, le journal devient aussi un produit commercial, qui doit s’adapter aux goûts variés et changeants du public et tenir compte du cinéma et surtout de la radio.

Compléments

  • Marie-Claire prétend réconcilier tous les publics féminins, mais son prix de 1,50 représente une demi-heure à une heure de salaire d’une ouvrière et le destine d’abord aux femmes des classes moyennes montantes.

  • Marie-Claire propose notamment :

    • des romans-feuilletons mélodramatiques
    • des conseils pratiques pour tenir sa maison
    • la mode
    • l’art de recevoir
    • l’éducation des enfants

13. Radio entre culture et commerce

★ À maîtriser

  • Le nombre de postes de radio en France atteint 4,1 millions en 1937 et 5,2 millions en 1939, soit une multiplication par quatre au cours de la décennie.

  • Les postes publics privilégient :

    • la musique
    • les concerts
    • le théâtre
    • l’information

📌 Les postes privés traitent la radio comme un produit commercial : ils adaptent les programmes aux goûts du plus grand nombre et recherchent une audience massive pour les messages publicitaires qui financent les stations.

Compléments

  • La France compte 1,2 million de postes de radio en 1932, contre plus de 3 millions en Grande-Bretagne dès 1929.

  • La répartition des récepteurs de radio reste très inégale sur le territoire français.

  • La radio mise sur le son, la voix, la puissance des ondes et l’immédiateté pour diffuser la culture, notamment la musique, et prétend former le goût musical des auditeurs.

  • Le succès de postes privés comme Radio Cité et Radio 37 repose sur une offre de divertissement diversifiée.

  • Les programmes de divertissement privés comprennent la chanson populaire, avec Tino Rossi, Édith Piaf et Charles Trenet, ainsi que des feuilletons comme La Famille Duraton sur Radio Cité.

  • Les retransmissions théâtrales proviennent notamment de la Comédie-Française ou de l’Odéon, et les œuvres lyriques de l’Opéra ou de l’Opéra-Comique.

  • Les jeux radiophoniques cités sont :

    • le Crochet radiophonique sur Radio Cité
    • le Concours des fiancés Byrrhe sur Radio Cité
    • Les Incollables sur le Poste Parisien
    • La Course aux trésors sur le Poste Parisien
    • Le Bar des vedettes sur Radio 37
    • Sur le banc sur Radio Cité
  • Les animateurs cités sont :

    • Pierre Dac
    • Saint Granier
    • Claude Dauphin
    • Jean Nohain
    • Maurice Bourdet
    • René Lefèvre
    • Henri Kubnik
    • Jean-Jacques Vital
    • André Gillois
  • En 1928, la France compte, selon les estimations, 850 000 récepteurs radio.

  • Le paysage radiophonique comprend : des postes d’État, notamment Paris PTT, des postes privés à Paris et en province, le poste de la Tour Eiffel, à statut particulier, le Poste colonial, à statut particulier

Astuce mémo

Postes publics : éduquer et cultiver ; postes privés : divertir et attirer la publicité.

14. Cinéma populaire et réalisme

★ À maîtriser

  • En 1938, 4 250 salles de cinéma sont équipées en France, dont plus de 300 à Paris.

  • La production française distribuée compte 175 films en 1933, 150 en 1934 et 135 en 1935.

  • L’engagement à gauche de nombreux réalisateurs a des conséquences esthétiques : le réalisme place la caméra dans les milieux populaires, met en scène des chômeurs, des ouvriers ou des artisans et intègre la critique sociale.

📌 Le réalisme optimiste illustré par Partie de campagne et Le Crime de Monsieur Lange de Jean Renoir, ainsi que La Belle Équipe de Julien Duvivier, cède la place à un réalisme pessimiste à partir de 1938.

Compléments

  • Entre 1930 et 1932, de nouvelles salles équipées en acoustique sont construites pour le cinéma parlant, notamment le Gaumont Palace, le Pathé-Montparnasse, l’Eldorado et le Rex à Paris.

  • Le cinéma attire un public populaire, décrit comme le « public en casquette du samedi soir ».

  • La production cinématographique est soutenue par des magazines populaires comme Cinémonde et Pour vous, plutôt que par des revues théoriques.

  • Les réalisateurs cités sont :

    • Jean Renoir
    • Jean Grémillon
    • Marcel Carné
  • Le Crime de Monsieur Lange de Jean Renoir prône une solution coopérative.

  • Le réalisme pessimiste est illustré par Quai des brumes de Marcel Carné et La Bête humaine de Jean Renoir, tous deux sortis en 1938, ainsi que par La Règle du jeu de Jean Renoir, sorti en 1939.

  • Le cinéma populaire comprend aussi : les films de Marcel Pagnol, comme La Femme du boulanger, les films de Sacha Guitry, les films d’évasion, les opérettes filmées, les comiques troupiers, où Fernandel triomphe

  • Le palmarès de 1937 classe les films ainsi (Cinématographie française) :

    • La Grande Illusion
    • Ignace
    • Carnet de bal
    • Les Perles de la couronne
    • Abus de confiance
    • Double crime sur la ligne Maginot
    • Pépé le Moko
    • Naples au baiser de feu
    • Trois artilleurs au pensionnat
    • Les Rois du sport

Astuce mémo

Réalisme optimiste en 1936, puis pessimiste à partir de 1938.

Tableaux de synthèse

Postes publics et postes privés

DimensionPostes publicsPostes privés
FinalitéÉducation et diffusion culturelleProduit commercial
ProgrammesMusique, concerts, théâtre et informationDivertissements adaptés au plus grand nombre
Financement ou objectifMission culturelleAudience massive pour les messages publicitaires

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Révolution culturelle du Front populaire avec 37 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel rôle les premiers bibliobus financés par l’État jouent-ils dans le développement de la lecture publique ?

2. Quelle mesure Jean Zay prend-il dès le 11 août concernant la scolarité obligatoire ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Révolution culturelle du Front populaire avec 83 flashcards interactives.

Quel fut le premier investissement public dans la lecture publique ?

Le financement des premiers bibliobus par l’État.

Dès le 11 août, de combien Jean Zay prolonge-t-il l’obligation scolaire ?

D’un an.

Quel objectif poursuit Jean Zay en unifiant certaines classes ?

Établir un parallélisme entre le premier cycle des lycées et les écoles primaires supérieures.

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