QCM : Tensions et gouvernance des mers (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quel terme Camille Parrain a-t-il popularisé pour désigner un territoire maritime approprié, marqué par la mobilité des flux et l’instabilité des limites ?

Le merritoire
La mer territoriale
La haute mer
Mare Liberum

Le merritoire

Explication

Le « merritoire » désigne un territoire maritime approprié dont les flux et les limites sont mobiles. « Mer territoriale » renvoie à une zone juridique, « haute mer » à un espace hors juridictions nationales et Mare Liberum au principe de libre circulation associé à Grotius.

2. Un navire étranger traverse une bande maritime située à 10 milles nautiques des côtes d’un État, sans menacer sa sécurité. Quel régime s’applique à cette bande ?

La ZEE, qui accorde des droits souverains sur les ressources
La haute mer, sans souveraineté étatique sur l’espace maritime
La zone contiguë, limitée aux contrôles douaniers et sanitaires
La mer territoriale, sous souveraineté côtière avec passage inoffensif

La mer territoriale, sous souveraineté côtière avec passage inoffensif

Explication

À 10 milles nautiques, le navire se trouve dans la mer territoriale, qui s’étend jusqu’à 12 milles et relève de la souveraineté de l’État côtier, tout en reconnaissant le passage inoffensif. La zone contiguë ne confère que des contrôles limités, tandis que la haute mer se situe au-delà des juridictions nationales et que la ZEE concerne principalement les ressources.

3. Deux États dont les côtes se font face à moins de 400 milles nautiques revendiquent des espaces maritimes qui se chevauchent. Quel facteur peut compliquer leur délimitation ?

L’absence de juridiction nationale dans toutes les zones revendiquées
Le chevauchement des espaces revendiqués et le statut des îlots
La liberté de navigation, qui fixe à elle seule la frontière maritime
La nature des ressources, sans enjeu de lignes de base ni de frontières

Le chevauchement des espaces revendiqués et le statut des îlots

Explication

Des côtes distantes de moins de 400 milles peuvent entraîner un chevauchement des revendications, compliqué notamment par les îles, les lignes de base et le statut des îlots. L’absence générale de juridiction, les seules ressources ou la liberté de navigation ne suffisent pas à expliquer la difficulté de tracer une frontière.

4. Deux États revendiquent des secteurs qui se chevauchent dans une ZEE. Quelle démarche correspond au principe de délimitation applicable ?

Considérer que les revendications chevauchantes annulent les droits sur les ressources
Rechercher un compromis par négociation, arbitrage ou contentieux
Laisser la liberté de navigation fixer automatiquement la frontière
Étendre unilatéralement la souveraineté territoriale sur toute la zone

Rechercher un compromis par négociation, arbitrage ou contentieux

Explication

La délimitation d’une ZEE est un compromis juridique et géopolitique ; lorsque les prétentions se chevauchent, négociation, arbitrage ou contentieux deviennent centraux. Une ZEE ne devient pas pour autant un territoire national, le chevauchement ne supprime pas automatiquement les droits et la liberté de navigation ne trace pas la frontière.

5. Que désigne le Tribunal international du droit de la mer, installé à Hambourg ?

Une juridiction qui fixe les frontières maritimes entre États sans leur accord
Un tribunal qui statue sur les revendications territoriales liées aux îles
Un organe qui contrôle les activités de pêche dans les eaux internationales
Une juridiction qui examine les litiges sur l’interprétation et l’application de la CNUDM

Une juridiction qui examine les litiges sur l’interprétation et l’application de la CNUDM

Explication

Le Tribunal international du droit de la mer juge les litiges portant sur l’interprétation et l’application de la CNUDM. La Cour internationale de Justice peut, elle, trancher des délimitations maritimes lorsque les États acceptent sa compétence.

6. En 2024, quelle part de la consommation mondiale de liquides pétroliers transitait par le détroit d’Ormuz ?

Environ 10 %
Près de 20 %
Près de 35 %
Environ 50 %

Près de 20 %

Explication

Le détroit acheminait environ 20 millions de barils de pétrole par jour, soit près de 20 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers. Le chiffre de 10 % correspond plutôt à la part du Japon dans les flux pétroliers indiqués, et non à la consommation mondiale transitant par Ormuz.

7. Quel rôle géostratégique la mer de Chine méridionale joue-t-elle grâce au détroit de Malacca ?

Elle relie la mer Méditerranée à l’océan Atlantique et concentre les flux de gaz naturel.
Elle relie le golfe arabo-persique au golfe d’Oman et canalise les exportations pétrolières.
Elle relie les océans Indien et Pacifique et concentre des routes commerciales ainsi que des ressources.
Elle sépare les océans Indien et Pacifique et limite les échanges entre les pays riverains.

Elle relie les océans Indien et Pacifique et concentre des routes commerciales ainsi que des ressources.

Explication

La mer de Chine méridionale constitue un carrefour reliant les océans Indien et Pacifique par le détroit de Malacca, avec d’importantes routes commerciales et des ressources halieutiques et énergétiques potentielles. Le golfe arabo-persique et le golfe d’Oman sont reliés par le détroit d’Ormuz, non par Malacca.

8. Quand l’évaluation mondiale de la FAO sur les stocks marins a-t-elle été publiée ?

En 2014, avec une évaluation portant sur 2 570 stocks marins
En 2100, avec une évaluation portant sur 2 570 stocks marins
En 2025, avec une évaluation portant sur 2 570 stocks marins
En 2023, avec une évaluation portant sur 2 570 stocks marins

En 2025, avec une évaluation portant sur 2 570 stocks marins

Explication

La FAO a publié cette évaluation mondiale en 2025, en examinant 2 570 stocks marins. L’année 2023 est liée à l’adoption de l’accord BBNJ, et non à la publication de cette évaluation.

9. Quelle comparaison décrit correctement la différence entre les aires marines protégées en haute mer prévues par l’accord BBNJ et l’efficacité concrète de ces aires ?

Le BBNJ crée des aires dans les ZEE, tandis que leur efficacité dépend de la coordination entre États riverains.
Le BBNJ protège les ressources génétiques, tandis que les contrôles déterminent si la navigation peut être autorisée.
Le BBNJ ouvre la possibilité de créer ces aires, tandis que leur efficacité dépend aussi des règles, des contrôles et des moyens mobilisés.
Le BBNJ fixe une protection identique dans toutes les aires, tandis que leur efficacité dépend surtout de leur superficie.

Le BBNJ ouvre la possibilité de créer ces aires, tandis que leur efficacité dépend aussi des règles, des contrôles et des moyens mobilisés.

Explication

L’accord BBNJ fournit un cadre permettant de créer des aires protégées en haute mer, mais leur efficacité repose également sur une réglementation appliquée, des contrôles et des moyens suffisants. Une grande superficie ne garantit donc pas, à elle seule, une protection efficace.

10. Quel État possède le littoral arctique le plus étendu et contrôle l’essentiel des infrastructures de la Route maritime du Nord ?

La Norvège
La Russie
Le Canada
Le Danemark, par le Groenland

La Russie

Explication

La Russie possède le littoral arctique le plus étendu et contrôle l’essentiel des infrastructures de cette route maritime. Le Canada défend également ses intérêts dans la région, mais n’y exerce pas ce contrôle principal.

11. Pourquoi le droit de la mer cherche-t-il à concilier la souveraineté des États côtiers et la libre circulation maritime ?

Parce que la mobilité des navires rend toute délimitation des espaces marins impossible
Parce que l’appropriation des espaces marins doit tenir compte des libertés de circulation et des usages partagés
Parce que les États côtiers administrent la haute mer comme une extension de leur territoire
Parce que les ressources marines sont soumises à une autorité étatique mondiale unique

Parce que l’appropriation des espaces marins doit tenir compte des libertés de circulation et des usages partagés

Explication

Le droit de la mer organise progressivement l’appropriation étatique tout en préservant des libertés de circulation et d’usage. La haute mer, contrairement à ce que suggère un distracteur, se situe au-delà des juridictions nationales et n’est pas administrée comme un territoire côtier.

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Mémorisez les réponses avec 10 flashcards sur Tensions et gouvernance des mers.

Que désigne le « merritoire » selon Camille Parrain ?

Un territoire maritime approprié, caractérisé par des flux mobiles, des limites instables et la profondeur marine.

Quel principe de libre circulation est associé à Hugo Grotius dans *Mare Liberum* (1609) ?

La mer doit rester libre de circulation.

Quelles difficultés compliquent la délimitation des espaces maritimes ?

Les côtes proches, les îles, les lignes de base, le statut des îlots et le tracé des frontières.

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