QCM : Usages sociaux et politiques du patrimoine (15 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle combinaison d’acteurs contribue à faire reconnaître le patrimoine à l’échelle mondiale, dans ses différentes formes ?

L’ICOMOS, les universités nationales et les associations de propriétaires privés
L’UNESCO, des ONG comme l’ICOM et l’ICOMOS, ainsi que l’UICN
L’ICOM, les tribunaux internationaux et les organismes chargés du commerce mondial
L’UNESCO, les ministères nationaux de la culture et les seules administrations municipales

L’UNESCO, des ONG comme l’ICOM et l’ICOMOS, ainsi que l’UICN

Explication

La reconnaissance mondiale du patrimoine mobilise l’UNESCO, des ONG comme l’ICOM et l’ICOMOS, ainsi que l’UICN, pour diverses formes de patrimoine. Les administrations nationales peuvent intervenir dans leur pays, mais elles ne constituent pas la combinaison d’acteurs décrite ici.

2. Quelle chronologie associe correctement les premières lois de protection du patrimoine aux pays concernés ?

Danemark en 1861, Japon en 1871, États-Unis en 1872 et France en 1913
Danemark en 1913, Japon en 1871, États-Unis en 1872 et France en 1861
Danemark en 1861, Japon en 1872, États-Unis en 1871 et France en 1913
Danemark en 1871, Japon en 1861, États-Unis en 1913 et France en 1872

Danemark en 1861, Japon en 1871, États-Unis en 1872 et France en 1913

Explication

La chronologie est 1861 au Danemark, 1871 au Japon, 1872 aux États-Unis et 1913 en France. Une confusion entre les dates japonaises et américaines inverse à tort 1871 et 1872.

3. Comment les positions du British Museum et de la Grèce diffèrent-elles sur la propriété et le lieu de conservation des frises ?

Le musée réclame leur restitution au nom de l’identité grecque, tandis que la Grèce soutient leur maintien dans un patrimoine mondial partagé.
Le musée les présente comme un patrimoine mondial dont le lieu de conservation est secondaire, tandis que la Grèce les revendique comme un patrimoine national lié à son territoire et à son identité.
Le musée les présente comme un patrimoine national britannique lié à son territoire, tandis que la Grèce les considère comme un patrimoine mondial sans ancrage géographique.
Le musée estime que leur origine territoriale détermine leur propriété, tandis que la Grèce défend leur conservation dans des collections transnationales.

Le musée les présente comme un patrimoine mondial dont le lieu de conservation est secondaire, tandis que la Grèce les revendique comme un patrimoine national lié à son territoire et à son identité.

Explication

Le British Museum met l’accent sur leur valeur de patrimoine mondial et considère secondaire leur lieu de conservation, alors que la Grèce insiste sur leur spoliation et leur lien avec son identité et son territoire. L’idée que la Grèce défend une conservation transnationale inverse les deux positions.

4. Comment Versailles est-il devenu un symbole de la monarchie absolue ?

Construit en 1624 sous Louis XIV puis agrandi par Louis XIII, il a incarné la souveraineté parlementaire
Construit en 1624 sous Louis XIII puis magnifié par Louis XIV, il a incarné la grandeur monarchique et l’absolutisme
Créé sous Louis XIII puis transformé par la Révolution, il a incarné le pouvoir des assemblées élues
Édifié sous Louis-Philippe puis magnifié par Louis-Napoléon, il a incarné la réconciliation républicaine

Construit en 1624 sous Louis XIII puis magnifié par Louis XIV, il a incarné la grandeur monarchique et l’absolutisme

Explication

Commencé en 1624 sous Louis XIII, le château est magnifié par Louis XIV et devient un symbole de grandeur monarchique et d’absolutisme. Son usage républicain ultérieur relève d’une autre période et ne décrit pas son association initiale à la monarchie.

5. Quelle position le British Museum défend-il concernant les frises du Parthénon qu’il conserve ?

Il en conserve 40 % et considère que leur propriété doit revenir à un organisme international.
Il en conserve 60 % et affirme en être propriétaire à perpétuité.
Il en conserve 60 % et reconnaît que leur propriété appartient à perpétuité à la Grèce.
Il en conserve la totalité et affirme en être propriétaire depuis leur découverte.

Il en conserve 60 % et affirme en être propriétaire à perpétuité.

Explication

Le British Museum conserve 60 % des frises et affirme en être propriétaire à perpétuité. La reconnaissance d’une propriété grecque permanente ne correspond pas à la position revendiquée par le musée.

6. Quelle origine et quel sens ancien sont associés au mot « patrimoine » ?

Le grec « oikonomia », qui désignait les richesses administrées par les souverains
Le latin « patrimonium », qui désignait des héritages paternels transmis de génération en génération
Le grec « politeia », qui désignait les biens détenus en commun par les citoyens
Le latin « monumentum », qui désignait les édifices consacrés au culte des ancêtres

Le latin « patrimonium », qui désignait des héritages paternels transmis de génération en génération

Explication

Le mot « patrimoine » vient du latin « patrimonium », associé aux héritages paternels transmis entre générations. « Monumentum » renvoie plutôt à la notion de monument et ne constitue pas l’origine indiquée pour ce terme.

7. Quel principe la loi française de 1913 établit-elle pour le patrimoine protégé ?

Son caractère inaliénable et imprescriptible
Sa libre vente sous réserve d’une expertise préalable
Sa protection limitée à la durée de vie de son propriétaire
Son transfert automatique à l’État après une période déterminée

Son caractère inaliénable et imprescriptible

Explication

La loi française de 1913 établit que le patrimoine protégé est inaliénable et imprescriptible. Une expertise préalable à la vente ne traduit pas ces principes, qui empêchent l’aliénation et la perte de protection par prescription.

8. Quels sujets peuvent alimenter des débats patrimoniaux contemporains ?

La valorisation du shinto, les pyramides du Louvre et la corrida.
La restitution des frises du Parthénon, les noms de rues et la charte de Washington.
Le déboulonnage de statues aux États-Unis, les noms de rues et la corrida.
La reconstruction de monuments médiévaux, les élections municipales et les collections privées.

Le déboulonnage de statues aux États-Unis, les noms de rues et la corrida.

Explication

Les débats patrimoniaux peuvent concerner le déboulonnage de statues aux États-Unis, les noms de rues ou la corrida. La restitution des frises et la charte de Washington relèvent plutôt des questions de restitution patrimoniale.

9. Quel statut caractérise la charte de Venise de 1964 et quel effet cela peut-il avoir sur les restaurations ?

Elle impose la restauration à l’identique avec force obligatoire, ce qui évite les controverses sur les monuments.
Elle recommande de privilégier les ajouts contemporains, et son application suscite des débats sur les restitutions.
Elle encadre la restauration à l’identique sans être contraignante, et son non-respect peut susciter des polémiques.
Elle régit le retour des œuvres volées pendant la période coloniale, et son application alimente des polémiques.

Elle encadre la restauration à l’identique sans être contraignante, et son non-respect peut susciter des polémiques.

Explication

La charte de Venise encadre la restauration à l’identique, mais elle n’est pas contraignante et n’est pas toujours respectée, d’où des controverses. La considérer comme une obligation juridique générale méconnaît précisément son caractère non contraignant.

10. Quel rôle politique Versailles exerce-t-il depuis 1876, avec des réunions régulières à partir de 2008 ?

Il accueille les ambassadeurs et symbolise la diplomatie de l’État
Il abrite le gouvernement et symbolise l’administration monarchique
Il présente les victoires militaires et symbolise la réconciliation nationale
Il accueille le Congrès du Parlement et symbolise le pouvoir républicain

Il accueille le Congrès du Parlement et symbolise le pouvoir républicain

Explication

Depuis 1876, Versailles accueille le Congrès du Parlement et représente le pouvoir républicain, avec des réunions régulières depuis 2008. L’accueil d’ambassadeurs correspond à un autre usage du château et ne définit pas ce rôle parlementaire.

11. Comment les régimes totalitaires du XXe siècle ont-ils mobilisé le patrimoine pour soutenir leur idéologie ?

Mussolini a promu un nouvel Empire romain, tandis que le IIIe Reich s’est référé à l’héritage du Saint-Empire par l’art gothique.
Mussolini a valorisé l’art gothique, tandis que le IIIe Reich a promu un nouvel Empire romain en Italie.
Mussolini a rejeté toute référence romaine, tandis que le IIIe Reich a fondé son discours sur la culture chinoise traditionnelle.
Mussolini a défendu le patrimoine grec, tandis que le IIIe Reich a privilégié les traditions religieuses japonaises.

Mussolini a promu un nouvel Empire romain, tandis que le IIIe Reich s’est référé à l’héritage du Saint-Empire par l’art gothique.

Explication

Mussolini a mobilisé l’idée d’un nouvel Empire romain en Italie fasciste, et le IIIe Reich a utilisé l’art gothique comme référence au Saint-Empire. L’association du nouvel Empire romain au IIIe Reich inverse les deux usages idéologiques.

12. Quelle fonction sociale caractérise le patrimoine ?

Classer les objets selon leur ancienneté et leur valeur marchande
Réserver les monuments aux institutions chargées de leur entretien
Conserver les traces matérielles des seules élites politiques
Rassembler des populations autour d’une transmission et de symboles communs

Rassembler des populations autour d’une transmission et de symboles communs

Explication

Le patrimoine est une construction sociale qui contribue à rassembler des populations grâce à une transmission et à des symboles communs. La conservation des monuments est liée au patrimoine, mais elle ne résume pas cette fonction sociale.

13. Pendant la Révolution française, que fait l’État des biens du clergé et des nobles émigrés, et pourquoi ouvre-t-il notamment des musées ?

Il les restitue aux propriétaires et ouvre des musées pour présenter les collections royales
Il les transforme en biens de l’État et ouvre des musées pour éviter la destruction d’églises et de châteaux
Il les réserve aux institutions religieuses et ouvre des musées pour former des artistes
Il les confie aux communes et ouvre des musées pour financer la reconstruction des palais

Il les transforme en biens de l’État et ouvre des musées pour éviter la destruction d’églises et de châteaux

Explication

Les biens du clergé et des nobles émigrés deviennent des biens de l’État, qui ouvre notamment des musées afin d’éviter la destruction d’églises et de châteaux. Leur restitution aux propriétaires ne correspond pas à cette transformation révolutionnaire.

14. Quel était l’objet du rapport Savoy-Sarr de 2018, et quelle position s’oppose à certaines restitutions ?

Il portait sur la restauration des monuments coloniaux, tandis que certains défendent leur transfert vers des collections privées.
Il portait sur la restitution des frises grecques, tandis que certains considèrent leur conservation comme un patrimoine mondial.
Il portait sur les œuvres volées par les nazis, tandis que certains réclament leur conservation dans un patrimoine européen commun.
Il portait sur la restitution d’œuvres volées pendant la période coloniale, tandis que certains revendiquent leur appartenance au patrimoine français.

Il portait sur la restitution d’œuvres volées pendant la période coloniale, tandis que certains revendiquent leur appartenance au patrimoine français.

Explication

Le rapport Savoy-Sarr de 2018 portait sur la restitution d’objets et d’œuvres d’art volés pendant la période coloniale. La position opposée évoquée dans ce débat consiste à revendiquer ces œuvres comme appartenant au patrimoine français, et non à un patrimoine européen commun.

15. Quelle séquence décrit le transfert des marbres des frises du Parthénon vers la Grande-Bretagne ?

En 1801, le gouvernement britannique les acheta, puis l’ambassadeur obtint en 1816 le droit de les démonter.
En 1801, l’ambassadeur britannique obtint le droit de les démonter, puis le gouvernement britannique les acheta en 1816.
En 1834, la Grèce autorisa leur démontage, puis le gouvernement britannique les acquit en 1842.
En 1816, l’ambassadeur britannique obtint le droit de les démonter, puis le gouvernement les acheta en 1830.

En 1801, l’ambassadeur britannique obtint le droit de les démonter, puis le gouvernement britannique les acheta en 1816.

Explication

L’ambassadeur britannique obtint le droit de démonter les marbres en 1801, et le gouvernement britannique les acheta en 1816. L’ordre inverse confond l’autorisation de démontage avec l’achat ultérieur.

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À quoi sert le patrimoine comme construction sociale ?

À rassembler des populations autour d’une transmission et de symboles communs.

Pendant la Révolution française, à qui sont devenus les biens du clergé et des nobles émigrés ?

À l’État.

En quelle année le Danemark a-t-il adopté sa première loi de protection du patrimoine citée ?

1861.

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